QUÊTE | L'A.L.CO.O.L FRAPPE FORT !
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Sorcellerie

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GRAND MAÎTRE
hiboux : 449
Mar 17 Sep - 21:02
L'A.L.CO.O.L. FRAPPE FORT Quête


Le chemin de Traverse est toujours un lieu bien aimé : les passants vont et viennent, s’arrêtent dans les commerces, y trouvent de quoi faire plaisir ou se faire plaisir en plus des courses plus nécessaires comme cet affreux livre de potions recommandé par le professeur Black. Le marché de Noël a été un franc succès pour tous les commerçants : les gallions et mornilles ont coulé à flots, les achats aussi. Florian Fortarôme est désormais en rupture de stock de glace chaude à la prune. Tristesse ! Et cela n’a rien à voir avec cette petite miss Ollivander qui lui a pillé ses stocks contre monnaie sonnante et trébuchante ! Enfin, il lui reste bien assez de matière première pour la réunion du jour. Car c’est chez Fortarôme que se réunissent aujourd’hui tous les commerçants du monde magique de Grande Bretagne. Il a arrangé pour l’occasion l’intérieur de son salon. Car non, Fortarôme ne fait pas que terrasse sur le Chemin de Traverse : il est aussi le détenteur d'une petite salle de réception située dans la bien nommée Pré-Au-Lard... Oh, ça demande à tout le monde de se déplacer un peu, mais au moins, ici, en semaine, on est à l'abri des oreilles indiscrètes : car il s'en trame des choses dans cette mystérieuse confrérie ! Et voilà Florian qui se surprend à écoute les théières siffler et guetter la clochette à sa porte d’entrée. Il n'est pas le doyen de l'assemblée, mais il est certainement le meilleur organisateur de réceptions qui soit !

Comme chaque année, Janvier est le mois off des commerçants du monde magique. Après les fêtes et le marché de Noël, plus personne n’a une noise en poche. C’est donc l’occasion pour ceux qui ont fait grassement leur chiffre d’affaire de se retrouver et décider des occasions d’animer la vie londonienne (et anglaise) à nouveau. Fera-t-on quelque chose pour cette merveilleuse fête commerciale qu’est la Saint-Valentin ? Et cette idée de fêter Pâques ? En tous cas, il faudra marquer le coup de l’été et de la rentrée scolaire.

Car oui… le commerce est une activité sérieuse !

Comme tous les ans, Florian Fortarôme se fait un devoir d’accueillir tout le monde, et même quelques extras. Sont bien sûr conviés les vieux commerçants qui ont fait la renommée du Chemin de Traverse comme la famille Ollivander, grand-père et petite-fille ou les Fleury dont on accueille bien volontiers jusqu’aux plus jeunes bambins. Mais les nouveaux commerçants comme Abasinde ou N’Da, ou encore les Weasley sont aussi bienvenus. Ceux officiant hors du chemin de Traverse font aussi le chemin, il n’est donc pas rare de voir un Beurk ou un Fjalarsson grossir les rangs de l’assemblée… Ce dernier s’est-il bien remis de sa blessure, d’ailleurs ? Fortarôme se le demande bien…

Mais en tous cas, c’est ça, l’esprit de l’A. L. CO. O. L.  – l'Association Légendaire des COmmerçants Opulents Londonniens – on accueille tout le monde pour peu que ses liens soient suffisamment resserrés avec le monde de la négoce !



L'event est ouvert à tout personnage majeur ou mineur ayant des liens avec le monde du commerce : il peut être détenteur d'un commerce, membre de la famille d'un commerçant, conjoint ou petit ami de l'un d'entre eux.

L'enjeu de votre quête ?
Sociabiliser, bien sur... mais aussi... avoir une prise directe dans la création des prochains events du forum !
Alors ? Vous en êtes ?




Orion Fleury

Orion Fleury
MEMBRE
hiboux : 429
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Lun 30 Sep - 21:52
Ses parents s’accordent à dire qu’Orion est un bon fils. Au-delà d’une certaine auto-congratulation, il se cache sous cette idée celle qu’ils vont pouvoir l’emmener dans leurs pérégrinations. Il ne rechigne jamais à donner un coup de main à la librairie. Classer les livres, inventorier le stock et autres tâches ingrates qui évitent de faire faire des heures supplémentaires aux employés ou permettent de travailler une fois la porte fermée. Orion n’est pas un ouvrier très efficace, se laissant facilement distraire par un livre qu’il n’a pas lu. Mais enfin, il participe, c’est important.

Im-por-tant. Tel est le mot martelé par son père lorsqu’il lui a rappelé que l’association du quartier se réunissait bientôt. Orion n’est pas commerçant lui-même mais les aidants des commerçants peuvent s’y rendre. Ollivander se fait représenter par la petite-fille, par exemple. La mère d’Orion, en tant qu’épouse de commerçant, conjoint aidant par défaut, s’est toujours débarrassée de cet encombrant privilège. L’aventure, oui. Les créatures fantastiques, re-oui. La réunion associative, jamais. Elle laisse ce qui ressemble à une corvée ou un plaisir au fils et au mari.

Fleury Père et fils, on pourrait en faire un duo s’il y avait une plus grande transmission qu’un amour immodéré des livres. Fleury père et fils se retrouvent à la librairie directement. Fils y arrive échevelé, avec un air lointain qui trahit une après-midi studieuse à Gringotts entrecoupée de rêvasserie. Aldric a compris qu’il y avait une femme derrière tout cela depuis, oh, des jours. Il n’en s’en vante pas parce qu’il n’y aucun mérite, n’importe qui peut lire sur le visage d’Orion comme un livre ouvert, ce qui ressemble à une blague pour un fils de libraire. « J’ai oublié l’heure. » s’excuse-t-il. On fera semblant d’y croire. « Et j’avais dit à Josiah qu’on y allait ensemble. J’ai pas pensé. » A quoi pense-t-il ? A qui pense-t-il, oui. Orion leur cache de qui il s’agit et Aldric n’en est que plus méfiant. Quelqu’un qu’ils ne devraient pas connaître ? Quelqu’un qu’ils n’apprécieraient pas ? Ce n’est pas Abasinde, donc, Orion n’est tout de même pas distrait au point de laisser échapper ce nom si facilement. Il s’en va en premier, laissant le soin d’éteindre les lumières en partant.

Orion ouvre paresseusement un livre qu’il adore pourtant, tout en ayant une folle envie de le repousser. Que va-t-il à cette réunion de commerçants dont il ne fait même pas partie alors qu’il pourrait être avec Dahlia ?

Ah zut. Il avait promis et se souvient en plus de cela que la rouquine est déjà en mission ce soir. C’était donc pour ça. Il repousse son livre en soupirant. Idée sotte. Il a envie de noyer quelqu’un sous un incessant babillage pour parler de son bonheur – ce qui en fait un ami passablement insupportable si tant est qu’on ait l’ombre du moindre coup de mou – et se trouve privé d’interlocuteur. Il compte en parler à Josiah. Josiah, interlocuteur parfait qui s’est souvent laissé entraîner ou a souvent entraîné des virées dans des bars. Entente parfaite de deux célibataires qui ne cherchent pas la même chose ; littéralement. Josiah avait l’air de bien aller. Orion regrette de n’avoir pas pris le temps d’une entrevue lors du marché de Noël. Tout s’est enchaîné si vite ! Les finances de la librairie sont au beau fixe mais c’est le début d’une période de vache maigre. Dans quelques temps, ce seront déjà les beaux jours. Qu’est-ce que Josiah fait, au juste ?

Un visiteur pousse la porte et Orion se lève aussitôt, réflexe pavlovien en entendant la clochette de l’entrée. Gamin, il s’est pourtant vite lassé de contempler ce ballet de visiteurs du haut de la rambarde d’escalier. Voilà Josiah ! Orion est tout sourire, ravi de le voir. Il a un mal incroyable à ne pas laisser son souvenir s’affaisser trop vite lorsqu’il aperçoit, juste derrière Josiah, le-mec-froid-qui-vend-de-la-poudre-cheloue. Dont il soupçonne depuis que c’est un commerçant et que Josiah doit partager des intérêts économiques avec lui. Economiques, les intérêts ?

Pas du tout le planning. Il serre amicalement la main aux deux. « Filons chez Fortarôme, je crois que nous sommes pile à l’heure. » Inutile de leur proposer une boisson, Florian a tout ce qu’il faut. La porte est fermée de l’intérieur, la cheminée envoie de la suie par trois fois.

Orion ne se souvient pas d’avoir rencontré les Fortarome, ils ont toujours fait partie du paysage du chemin de Traverse. Il prend quelques nouvelles superficielles du tenancier, le genre qu’on donne et prend des amis de la famille qui ont toujours fait partie du paysage. Il se sert un verre. Josiah et son pote le rejoignent. L’ancien Poufsouffle réalise avec un rien d’effroi qu’il n'a pas retenu le prénom de cet ami tout à l'heure. Trop contrarié de le voir débarquer sans préavis.

Pas de panique, on fait toujours l’appel des propriétaires et des boutiques en début de réunion. Le temps que tout le monde s’installe, prenne un verre, parle un peu affaires … Ce n’est pas trop long, il devrait donner le changer. Fleury père est déjà en grande conversation à l’autre bout de la salle. Aucun secours à espérer de ce côté. « J’ai noté deux trois suggestions dans mon carnet, ce n’est pas l’année où je suis inspiré mais c’est vrai qu’en général, tout le monde a quelque chose à proposer. Il y a une bonne émulation. » Josiah, de grâce, joue ton rôle de personne civil et jovial.


To dream the impossible dream
To fight the unbeatable foe ; to bear with unbearable sorrow ; to run where the brave dare not go ; to right the unrightable wrong ; to love pure and chaste from afar ; to try when your arms are too weary ; to reach the unreachable star

A. Josiah N'Da

A. Josiah N'Da
MODÉRATRICE
hiboux : 480
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Lun 30 Sep - 22:31




L'A.L.CO.O.L. frappe fort
Josiah fouillait dans tous ses pots et bocaux, jusqu’à ce qu’il trouve ce qu’il cherchait : sa bourse pleine de poudre de cheminette. Charmant. Le voyage jusqu’à Pré-Au-Lard où il était invité se ferait le plus simplement comme ça. L’A.L.CO.O.L. organisait son annuelle réception, permettant les mondanités de se faire entre les différents commerçants du chemin de traverse, et cette année, c'était Florian Fortarôme qui recevait. Il s’agirait de se mêler à la foule, de discutailler avec les autres commerçants du Chemin de Traverse, de créer des relations, d’en entretenir d’autres, et surtout, de s’assurer que son commerce pourrait faire de 2004 une nouvelle année fructueuse. Vêtu de ses plus beaux atours, il remonta la rue pour pousser la porte d’Omarchand’sable où l’attendait @Nasiya Abasinde. S’approchant de son comptoir et attrapant le regard de son amant, il fit un tour sur lui-même, arborant sa nouvelle cape fraîchement reçue du Bénin. Rouge et violette principalement, des vévés vaudous décoraient tout son dos. « T’aime ? Je l’ai reçue hier, Kayodé me l’a envoyée. » Une de ses sœurs aînées, intermédiaire principale dans les commandes de sapes de Josiah. « J’ai demandé à Orion de nous filer son conduit de cheminée. T’es prêt ? »

Bientôt, nos deux bonshommes aux chausses enneigées frappaient à la porte vitrée de la librairie des Fleury : c’était en effet leur cheminée qu’ils allaient emprunter pour atterrir à Pré-au-Lard. Faire partie des plus anciennes familles du Chemin de Traverse avait quelques avantages, dont celui de voir ses conduits de cheminée reliées à tous les endroits un peu importants dans le monde du commerce magique, comme par exemple l’antre des Fortarôme à Pré-au-Lard. @Orion Fleury les accueillit dans la librairie familiale, en les faisant passer entre les rayons pour finalement atteindre l’appartement. Il avait l’air ailleurs, et sous-entendait qu’ils étaient presque en retard. Ce n’était peut-être pas faux, mais l’intérêt là-dedans était de dire qu’ils étaient presque en retard ; donc, ils ne l’étaient pas. Ils firent la conversation sur le chemin, s’imaginant déjà là-bas. « Tu verras Nas’, Florian prépare toujours de délicieux amuses-bouches, on va se régaler ! » Josiah jetait un coup d’œil à Orion, dans l’attente que celui-ci confirme ses dires. C’était la première réunion de l’A.L.CO.O.L. à laquelle Nasiya était officiellement invité, notre béninois avait hâte de pouvoir partager tout cela avec lui. Le libraire, ou fils de libraire, ou peu importe, semblait définitivement préoccupé par autre chose, et ne répondit pas. Il n’avait même pas demandé son nom à Nasiya. Se connaissaient-ils déjà ?

Devant la cheminée, Josiah s’élança le premier. Il laissa sa bourse aux deux hommes, attrapa une poignée de poudre, et s’exclama clairement « Réception Fortarôme, Pré-Au-Lard ». Le voyage dura quelques secondes et bientôt, il atterrissait au milieu de l’antre du glacier dans un nuage de cendres. Il souffla – ce qui n’améliora pas sa situation : c’était bien sympa, ce réseau de cheminée so british, mais ce n’était pas bien pratique quand on portait de longues capes. Tout cela n’eut toutefois plus beaucoup d’importance quand il releva le crâne pour croiser le regard de la dizaine d’invités qui se pressait déjà autour de la table du buffet. Un sourire éclatant naissait sur son visage alors qu’il se retournait pour accueillir à leur tour ses deux compères.

Les premières mondanités effectuées, ils se retrouvèrent près du buffet pour discutailler. Ce fut Orion qui entama la discussion : « J’ai noté deux trois suggestions dans mon carnet, ce n’est pas l’année où je suis inspiré mais c’est vrai qu’en général, tout le monde a quelque chose à proposer. Il y a une bonne émulation. » Josiah s’amusa de l’apparente timidité de son ami, qui l’étonnait définitivement ce soir par son espèce de nonchalance. « Et bien alors Orion, tu n’as pas bien fait tes devoirs ? Mais qu’avais-tu donc en tête ? ». Il soupçonnait une femme, bien sûr, mais n’en dit pas plus, se contentant d’un sourire malicieux. Tournant la tête vers Nasiya, et surtout, passant une main dans son dos, il ajouta : « tu ne m’as pas laissé le temps de te présenter à Nasiya, tout à l’heure. Nasiya Abasinde, vendeur de potions à la boutique O’Marchandsable, mais il t’en parlera bien mieux que moi. Et donc, Orion Fleury, fils et héritier – arrête-moi si je me trompe – du libraire Aldric Fleury, de la librairie Fleury et Bott. », officialisa-t-il donc entre eux. Orion, s’il avait été un peu attentif ces six dernières années, ferait le lien entre le maître aux potions et le Nas’ des histoires de Josiah. « Et toi mon amour – en français – tu as trouvé quelques idées ? ». Parce qu'il s'agissait de cela, après tout. Effectuer quelques mondanités, certes, mais surtout échanger autour des projets qui émuleraient le chemin de traverse. Et au passage, Josiah se permettait d'accomplir un autre objectif, à peine plus tacite, celui de s'afficher officiellement au bras de son aimé.

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We built sandcastles that washed away. I made you cry when I walked away, and although I promised that I couldn't stay, baby, every promise don't work out that way.
by wiise

Nasiya Abasinde

Nasiya Abasinde
Champion du RPathon
hiboux : 167
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Sam 2 Nov - 23:29

L'A.L.CO.O.Lfrappe fort

Faisons danser Londres



Ce n’est pas de bon coeur que je me suis apprêté ce matin-là, revêtant avec grommellement un pantalon en toile bleu royal et un col-roulé blanc des plus seyants. Il faut apparemment faire bonne impression auprès de ces blancs-becs de commerçants - enfin, de toute façon, qui trompé-je en faisant croire qu’un Africain pouvait sortir de chez lui en étant habillé autrement que terriblement bien ? Comme pour confirmer mes paroles, Josiah pénètre dans ma bâtisse et, en s’approchant, prend bien le soin de faire un tour sur lui-même. Un grand sourire dévore mon visage alors que je le dévisage de haut en bas, saluant d’un hochement de tête la nouvelle acquisition.

- À croquer, Aimé !

Je fais le tour du comptoir et viens jouer avec le tissu, une petite expression admirative au faciès. C’était une vraie belle pièce, et tous les regards allaient se tourner d’admiration vers son bel amant. Je relâche la cape et relève les yeux vers lui, mes grognements revenant aussitôt qu’il fait référence à Orion et la réunion. Je ne dis rien et me contente de suivre son pas, les mains fourrées dans les poches de mon gros manteau de laine attrapé à la va-vite.

Mon sourire est factice lorsque nous entrons dans la librairie des Fleury, et ma main presque rude lorsqu’elle vient serrer celle de ce fameux Orion qui nous accompagnait. Le bougre ne s’est à nouveau pas présenté, ni n’a fait l’effort de m’adresser deux trois mots directement, et cette impolitesse d’anglais commence à sérieusement me trifouiller les nerfs. Enfonçant à nouveau mes mains dans mes poches, mes sourcils froncés et la mâchoire serrée, je me contente de les suivre alors qu’on rejoint les appartements privés pour utiliser leur cheminée. Josiah semble avoir à coeur de nous faire discuter, il s’exclame combien les amuses-bouches sont délicieux, et je me retiens de rouler des yeux. Je n’allais pas discuter gastronomie avec un anglais, de une, et certainement pas avec ce gamin à qui il manquait les dents de sagesse et de politesse. Je ne réponds rien, et n’ai pas l’occasion de toute façon de plus discuter, car la cheminée nous fait face. Josiah me fourre son sachet de poudre de cheminette entre les mains après en avoir pris une pincée. À peine s’est-il évaporée que je saisis une pincée à mon tour et, sans un mot, tend la bourse au nouveau-né.

- Réception Fortarôme, Pré-au-Lard, grommelai-je toutefois suffisamment clairement pour me retrouver, Dieu merci, au bon endroit.

Avec un soupir agacé, j’époussète mes épaules et mon torse, où la suie a trouvé la bonne idée de venir s’étaler, et me décale de quelques pas pour ne pas gêner le gamin Fleury. À peine nous a-t-il rejoint toutefois qu’il s’échappe saluer les quelques personnes qu’il connaissait, et je me tourne avec une grimace vers Josiah. L’enthousiasme de mon amour, toutefois, fait dégonfler toute ma hargne, et je soupire de l’être mou et amoureux que je suis devenu. Décrispant mes traits, je m’efforce d’arborer un sourire au moins un minimum avenant, et me débarrasse de mon manteau qui me cachait sous une montagne de laine. Dégageant les épaules, je reprends peu à peu les habitudes commerciales qui me sont propres, et m’évertue à saluer les personnes que nous croisons en nous dirigeant vers le buffet. Oui, oui, effectivement, c’est ma première année ici, Nasiya Abasinde, enchanté — non, A-ba-sssssinde, avec un S, comme serpent, oui, c’est cela, merci bien, au plaisir.

Ma mâchoire commence à faire mal, mes lèvres se fendent, mon soupir est à deux doigts de se faire évanouir toute la compagnie présente. Et, pourtant, il me faut continuer — pire encore, il me faut converser avec ce bougre de Fleury. On s’est retrouvés à nouveau à ses côtés, près du buffet, et si les amuses-bouches ont au moins la gentillesse d’être effectivement délicieux, il me faut tout de même faire l’effort de ne pas y concentrer toute mon attention. Le bonhomme lance la discussion, parlant de deux-trois suggestions sans en dire davantage, pauvre garçon ne serait pas beaucoup inspiré. Peut-être a-t-il la tête encore trop dans les couches pour songer à commerce ?

Josiah reprend rapidement le dessus de la conversation, et sa main vient se glisser dans mon dos. Si je me tends d’abord devant ce contact public, mon coeur s’agitant follement - voilà donc que ce fou concrétisait devant tous ce qui n’avait été jusqu’alors qu’échangé au creux d’un lit ! -, je finis par me laisser aller à son bras, le poids de mon corps basculant légèrement vers lui.

Voilà, enfin sommes-nous présentés l’un à l’autre. Je baisse les yeux vers Orion, le sourcil gauche haussé, hésitant, mais je finis par lui adresser un sourire presque moqueur :

- Il était temps d’apprendre votre nom, Monsieur Fleury. Vous êtes donc libraire, c’est cela ? Je gratte nonchalamment ma barbe naissante et poursuis : Comme l’a précisé Josiah, je tiens O’Marchandsable, je me spécialise en potions de rêve… un art peut-être trop lointain du sérieux d’une librairie pour que vous en saisissiez toutes les nuances, toutefois.

Mes lèvres s’écartent en un sourire, pour tout chacun des plus normaux et rassurants, mais Josiah saura y déceler l’animosité qui s’en échappe, aussi ne suis-je pas étonné de le voir relancer la discussion, m’enjoignant à discuter des futurs projets en tête. Son mon amour, en français, toujours, finit de m’avoir tout entier. Invisible aux yeux des anglais, qui ne savent que très peu voir les nuances sur une peau dont la couleur leur est si étrangère, une grosse tache de rougeur pourtant vient balayer mes joues, bien trop déstabilisé d’entendre ce mot d’affection utilisé si publiquement. Je couve Josiah du regard, priant silencieusement pour qu’Orion ne sache pas associer le mot amour au mot love, et me racle la gorge, gêné, avant de répondre :

- Eh bien, ma foi, je trouve que ce pays manque d’occasion de danser, de découvrir des cultures et il serait bien bon d’y organiser un Carnaval. L’opportunité pour chacun d’y défiler, d’y exprimer ses talents, de se réunir autour de festivités, d’y mettre des pop-up stands, quoi de mieux que pour attirer les foules et faire gonfler le business ? Et puis, je rajoute, un sourire dans la voix, un Carnaval, par Jésus, cela mettrait du soleil dans la grisaille londonienne, ne penses-tu pas ?

@"Les commercants" 1067 mots
Awful


† WE'LL MAKE EACH OTHER MAD AND WE'LL BE CRAVING IT

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