[Flashback] Hello, I'm glad you exist || Moira
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Piers A. Elliot
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Ven 23 Aoû - 13:47
Hello, I'm glad you exist@Piers A. Elliot@Moira A. Oaks


Flashback - Juin 1998

Et voilà, madame, votre mornille.

Attachée au bout de ma baguette, couverte de morve, la piécette argentée tourne lentement. Mrs Rowland la regarde d'un air dégoûté, s'emparant d'un mouchoir pour récupérer son bien. Le petit Ayden, l'air béat comme la plupart des lardons, se met à rire, heureux de ne plus avoir ce bout de métal dans le pif.

Voyez avec la sorcière d'accueil et d'orientation pour la suite.

Sans attendre de réponse, je me mets à griffonner mon compte-rendu, signifiant clairement la fin de cette consultation. Le papier, à peine signé, se replie sur lui même et s'envole en direction du bureau d'accueil.

A peine la porte fermée derrière les Rowland, je pousse un long soupir. Si j'ai signé pour les urgences, c'était pas pour sortir des choses triviales d'orifices qui le sont parfois moins. Par chance, un regard sur l'horloge au mur m'indique qu'il est l'heure de prendre une pause. Enfin, dans quelques minutes, mais on est pas à ça près, hein ?

Direction donc le couloir ; pas question que je reste enfermé dans ma salle de consultation en attendant le prochain dossier. J'entame les cents pas dans le long couloir derrière nos bureaux. Quelques collègues y traînent déjà, apparemment trop flemmards pour aller jusqu'à la salle de pause. Par chance, ils ont le bon goût de faire comme si je n'existais pas et de me fiche une paix royale. J'en profite pour récupérer mes prochains dossiers. Pas de bol, aujourd'hui, je suis en charge des niveaux moins et pas urgents -en d'autres termes, les trucs chiants. Une lecture rapide m'indique que mon après-midi ne va pas être beaucoup plus folklorique que ma matinée. Des maux de tête de la veille, des infections de la peau -sûrement des éclaboussures de potion ratée-, des douleurs à la gorge -"mais un rhume, en juin, c'est pas possible, si ?"- et toutes sortes de joyeusetés de cet acabit.

C'est pas la bouffe de la cafétéria qui va me remonter le moral. C'est tout de même un miracle, dans un monde où la magie permet de faire cuire n'importe quel aliment à la perfection avec un niveau de connaissances en cuisine quasi-nul, que l'on puisse encore servir quelque chose d'aussi infâme à manger. Je tâche de ne pas y penser ; mais difficile de se concentrer sur des cas aussi intéressants que ceux dont j'ai hérité pour me changer les idées. Au final, je laisse comme souvent mon esprit vagabonder et mes oreilles traîner -rien de mieux pour dissuader mes collègues de copiner que d'être informé des derniers ragots pour mieux leur renvoyer en pleine figure.

Bordel, même les on-dit sont décevants aujourd'hui. Pourquoi tout le monde semble si surpris d'entendre que Benson trompe sa femme ? Ça fait des mois que c'est le cas. Et l'herpès de Luciana surprend vraiment quelqu'un ? Incroyable. Et incroyablement ennuyeux. Quelque chose finit néanmoins par attirer mon attention : la voix -un peu trop stridente à mon goût- de mon collègue Daxton.
Un vrai dragon cette nana ! Et ça vient se faire soigner pour un petit bobo comme ça, vous y croyez ? Rire convenu des autres, reprise des moqueries. Imitation d'une voix de femme, sans gêne et sans talent. C'est moi, Moira l'in- C'est plus qu'il ne m'en faut. Un geste de baguette le fait taire avant même que je ne quitte ma chaise, laissant en plan le genre de flan à la vanille qui oscille placidement dans son assiette. Mes dossiers sous le bras, je me dirige vers la table de Daxton d'un pas tranquille... et arrache de ses mains celui qu'il agite devant lui, en proie à un mélange de panique et d'agacement. Pris de court -ou habitués à mes excentricités peut-être-  ses pairs semblent s'amuser de la situation.

Donne-moi ça, abruti. Avant de foutre en l'air la réputation du service.

Je jette négligemment mes propres cas sur son plateau, dans un bruit retentissant. Un geste de baguette lève le mutisme de l'autre urgentiste qui, encore bouche bée sous le coup de l'étonnement, garde pour mon plus grand bonheur le silence. Inutile d'en rajouter. Un regard méprisant, une volte-face. Sale con. Deux mots qui résonnent dans le réfectoire, qui m'atteignent sans me toucher. C'est pas la première fois que je les entends, et certainement pas la dernière. Un nouveau geste de baguette, et mon plateau repas s'envole gaiement vers les chariots porte-plateaux disposés dans un coin. Inutile de s'y attarder -le dossier que j'ai en main désormais m'intéresse bien plus. Effectivement, la blessure dont il est question sur le dossier ne semble pas si grave -une fracture de l'épaule. Pas d'urgence vitale, et rien qui ne soit au-delà de mes capacités.

Moira... ça fait combien de temps que je ne l'ai pas vue ? Depuis le début de la guerre, au moins. Depuis que s'envoyer des hiboux est devenu risqué, en fait. Depuis que mon service s'est retrouvé débordé... et je n'ose pas imaginer la charge de travail dont la Justice a hérité dans la foulée. La bonne nouvelle, si elle est dans notre salle d'attente, c'est qu'elle est encore en vie -et je l'espère, en un seul morceau, sans compter son épaule. Un nouveau regard à l'horloge -celle du couloir, qui retarde de trois minutes- m'indique qu'il me reste encore un peu de temps avant de devoir reprendre du service. Mais... On ne fait pas attendre Mrs. Oaks.

Addison, je reprends les dossiers du médicomage Strickland pour l'après-midi. Je lui ai déjà transféré les miens.

"Très bien, médicomage Elliot." La phrase est mécanique, répétée mille fois, à laquelle je ne prête même plus attention.

La salle d'attente est blindée. Incroyable de voir tous ces gens et de se dire qu'ils sont presque tous là pour un truc débile qu'ils auraient sûrement pu régler eux-mêmes d'un coup de baguette. En général, je ne fais pas vraiment attention à ces gens -je me contente d'appeler leur nom, et ils ont intérêt à se magner pour me suivre vers la salle d'examen. Mais là, je sais précisément ce que je cherche. Mon regard scanne la pièce encombrée, des regards pleins d'espoir levés vers moi. Je finis par la trouver, longue chevelure blonde, silhouette droite et élancée. Je retiens un rictus -si le bruit venait à courir que je sais sourire, ma réputation en prendrait un sacré coup.

Oaks, Moira. En salle de consultation numéro 3, je vous prie.

C'est, en règle générale, le moment où je me barre comme si ma vie en dépendait. Pour elle, cependant, je peux faire une exception. Sourire contenu quand elle se lève, se retourne. Étincelle de reconnaissance, de chaleur dans le regard. Pas de signe d'affection trop criant -pas en public du moins-, mais le plaisir de la revoir est indéniable.

- 1204 mots -
Moira A. Oaks
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Ven 6 Sep - 9:57





flashback - juin 1998

Bruissement confus, gémissement diffus, inquiétude palpable… Les semaines qui ont passé depuis la bataille de Poudlard ne semblent pas avoir apaisé la fièvre qui occupe toujours les urgences de Sainte Mangouste. Assise sur un des sièges froids de la salle d’attente, Moira patiente depuis quelques heures déjà, observe la vie qui grouille autour d’elle, fébrile, chancelante, battante, si éloignée du calme du vieux cottage familial dans la campagne près de Leighterton. Ici, la peur et la haine vibrent encore dans les éclats de voix. On s’inquiète pour ses proches, pour sa vie, pour sa jambe… On reste sur ses gardes, la guerre encore trop proche, ses stigmates encore trop visibles. On se rassure presque de voir quelques malheureux venus pour des soins triviaux : une coupure à la main faite en servant le gigot, une piqûre de bestioles inconnues qui ont fait doubler un pied de volume, un jeune garçon au teint blanchâtre qui dit avoir mal mis ses cache-oreilles avant de rempoter sa mandragore… Londres se reconstruit, se rassérène, reprend confiance. Mais les menaces pèsent encore, glissées dans les regards et les murmures. La paix n’est encore qu’un mirage lointain.

Moira n’est de retour dans la capitale que depuis ce matin, mais il lui arrive déjà de regretter l’air boisé de la clairière dans laquelle elle et ses parents ont trouvé refuge. La petite maison de Leigherton leur a permis d’échapper aux mangemorts des semaines durant. Depuis avril, protections magiques n’ont pas cédé, pas plus que le Repello Molduum qui a tenu tous les non-mages à l’écart. Les jours se sont succédé dans l’attente de nouvelles de la capitale, de cette ultime bataille qu’on n’en finissait plus d’attendre et que la chute du Ministère ne faisait qu’augurer. Dans le silence lourd de la campagne anglaise, Moira n’entendait que la douleur hurler dans son épaule, la fracture lancer sous les chairs, qu’elle ne pouvait qu’essayer de faire taire grâce au peu de soins que ses parents pouvaient lui octroyer. Avec le temps, la douleur s’est tarie, ne laissant qu’une souffrance diffuse vriller ses nerfs lors de mouvements trop audacieux. La gêne qui s’est ancrée dans son bras droit s’est depuis entérinée, comme destinée à l’empêcher d’oublier cette nuit trop sombre qui a failli lui coûter la vie.

Un instant, la juge clos les paupières et, comme chaque fois, les mêmes souvenirs se peignent dans son esprit : deux silhouettes sombres affublées de masques, des rayons de lumières dévastant l’intérieur de son appartement, un Repulso craché d’une voix rauque et le choc violent qui a fait s’écraser son épaule sur le coin d’un meuble. Craquement sonore. La juge sent encore son articulation se disloquer sous sa peau. La sensation lui fait froncer les sourcils alors que la douleur se remet discrètement à lancer dans son bras, comme un baroud d’honneur avant que les médicomages ne la fassent définitivement disparaître. Une inspiration. Elle a promis à Severus de se soigner avant de repartir chasser les criminels de guerre. Il est temps d’en finir avec cette blessure.

Le claquement des portes battantes à sa droite la fait sursauter. Un brancard traverse la salle, poussé par deux infirmiers. L’homme sur le matelas semble inconscient. Partout dans la pièce, les regards se lèvent à son passage. Les pleurs d’enfants se mêlent aux grognements des blessés les plus graves. Des échauffourées éparses ont encore lieu dans toute l’Angleterre. Certains mangemorts en pleine débandade exploitent chaque heure qu’il leur reste à détruire le plus possible en représailles de la mort de leur maître. Des sorciers sans histoire se sont lancés dans des vendettas meurtrières, aveuglés par le deuil d’un enfant, d’une mère ou d’une sœur. Beaucoup n’en reviendront pas. Les plus chanceux arrivent ici, marqués à vie par le sortilège d’un mage noir qu’ils ont eu la folie de sous-estimer. Car rien n’est plus dangereux qu’un homme qui n’a plus rien à perdre.

Moira respire. L’appréhension du diagnostic qu’elle attend depuis de trop longues semaines lui prend la gorge depuis de longues heures. La fuite n’est pourtant plus une option. Elle n’est plus impatiente que d’en finir.  

Soudain, elle l’entend. Son nom. Et une voix… Une voix qui fait immédiatement trembler son coeur alors qu’elle lève brusquement le regard pour chercher le visage chaleureux d’un ancien camarade de classe qu’elle n’a plus croisé depuis des mois entiers. Son corps se déplie avec une lenteur confondante alors que ses yeux s’aimantent à ceux de Piers et bien que l’homme reste presque impassible, elle ne peut s’empêcher de reconnaître cette lueur si propre à son regard qu’il conserve encore quand il le pose sur elle. Sans attendre, Moira la rejoint, tentant de retenir l’empressement de ses pas pour conserver cette pudeur si chère à l’ancien Gryffondor. Son sourire, pourtant, démontre déjà toute la joie qui est la sienne de le voir ici.
- Piers, souffle-t-elle simplement une fois à sa hauteur. … Tu es là.
En vie. Ici. Près d’elle. Une présence tendre à laquelle se raccrocher dans le chaos qui s’est emparé de son monde et de sa tête. Là où elle l’attendait sans vraiment en avoir conscience.

L’émotion tremble dans ses prunelles alors qu’elle l’accompagne jusqu’à la salle de consultation et attend sagement que son ami referme la porte derrière eux. Ce n’est qu’une fois protégés des regards curieux qui pouvaient peser sur leurs épaules qu’elle entoure celles du médicomage de son bras gauche dans une étreinte instinctive qu’elle n’a pas la force de réprimer. Le serrant délicatement contre elle, elle semble enfin se départir du poids lourd que lui impose son statut de juge enfin rentrée d’exil pour ne plus être que Moira, la jeune Gryffondor que l’homme a rencontrée sur un terrain de Quidditch et qui ne s’est depuis jamais éloignée.
- Je suis si heureuse de te voir… glisse-t-elle à son oreille avant de desserrer son étreinte et de tenter de dissimuler le rouge venu délicatement lui empourprer les joues.

Reculant d’un pas pour laisser Piers respirer, Moira replace timidement une mèche de ses cheveux derrière son oreille avant de revenir croiser le regard du médicomage. Elle cherche ses mots un instant, encore légèrement troublée, et articule enfin :
- Comment les choses se passent ici depuis la bataille de Poudlard ? Je viens tout juste de rentrer à Londres. Tant de choses se sont passées… Comment va Neil ? Étais-tu là quand tout s’est déclenché ?

(1063 mots)


Piers A. Elliot
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Ven 6 Sep - 13:02
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Flashback - Juin 1998
Ses mots m'amusent. Evidemment que je suis là, où voudrait-elle que je sois si ce n'est à rafistoler des sorciers malhabiles ? Son étreinte, dans un premier temps, me surprend. Mais quelque part, je sais que j'aurais dû m'y attendre. Un temps d'hésitation, et mes mains se posent délicatement dans le creux de ses reins. Je me demande à quand remonte la dernière fois que j'avais pris quelqu'un dans mes bras. C'est honnêtement étonnant que je me rappelle encore comment on fait. Il y a quelque chose de profondément réconfortant à ce contact, une chaleur humaine que je côtoie chaque jour sans jamais vraiment la toucher. Je suis tenté de me laisser simplement aller à cette étreinte, les yeux clos, profitant d'une fragrance que je n'avais plus sentie depuis trop longtemps. Mon instinct professionnel pourtant reprend vite le dessus ; un détail infime, qui me renvoie à la raison de sa présence ici. Elle n'est pas gauchère. Les quelques mots griffonnés en haut de son dossier dansent dans mon esprit : fracture de l'épaule.
Je la relâche, la laisse reculer, m'apprêtant à la faire s'installer sur la table de consultation. Je retiens cependant mon geste lorsqu'elle prend la parole. Il est vrai que cela fait plusieurs mois que nous n'avons pas échangé. Et se retrouver à l'hôpital a, paraît-il, quelque chose d'intimidant. Autant utiliser les quelques grammes de compassion survivants pour elle.

Eh bien... En toute franchise, c'est la routine. On a eu de la chance qu'il n'y ait pas plus de problèmes à l'hôpital. Ça nous a surtout donné plus de travail, et on a eu quelques démissions. Les mages noirs font rarement dans la dentelle, comme tu sais, et c'est pas le genre de choses que tout le monde peut voir au quotidien sans craquer.

Posant le dossier de Moira sur une tablette à proximité, je vais ouvrir la petite fenêtre donnant sur la cour intérieure -non pas pour avoir de l'air frais, mais pour permettre à Hermès de nous rejoindre. Le mainate et Moira se sont déjà rencontrés : il va jouer un peu avec ses cheveux, sautillant sur son épaule valide comme s'il avait deviné ce qui l’amenait ici, puis prend sa place habituelle, perché sur un crâne miniature posé sur le bureau. Je l'observe quelques secondes, perdu dans mes pensées.

Neil... il a eu un p... un petit p...

Je ferme les yeux de longues secondes, une main cachant le bas de mon visage. Les images de l'opération sont encore fraîches dans ma mémoire, et pour cause : elle remonte à un mois à peine. Mon cœur bat à cent à l'heure, et à mon plus grand regret, ce n'est pas lié au fait qu'une jolie femme se trouve juste en face de moi. Je prends une profonde inspiration. Concentre toi un peu, Piers. Et évite les occlusives. Les yeux braqués sur mes mains, nouées sur mes genoux, je m'efforce de reprendre.

Neil a aff...ronté les M...angemorts, c'est un Auror a...près tout. Et il a re...çu un sort à la... la jambe. J'ai réussi à la sauver mais... il va b...boiter toute sa vie.

Un échec Piers. Cette opération était un échec, ton échec. Au fond, je sais que ce n'est pas vrai. Je n'aurais pas pu faire mieux, et un autre médicomage n'aurait probablement pas sauvé sa jambe. Et pourtant, me voilà renvoyé à ce gamin timide que j'étais à Poudlard, incapable d'aligner trois mots sans avoir besoin de faire une pause, le tout en parlant à la vitesse d'un escargot catatonique. Mes doigts pianotent nerveusement sur le bord du bureau. Il faut que tu te calmes, Piers. Je me force à arrêter de bouger. A détacher mes pensées de la table d'opération sur laquelle Neil est étendu, dans un coin de ma mémoire.

Ça ira. Il... il s'en remettra. Et au moins, maintenant que c'est fini, je n'ai plus peur de le voir arriver en pièces détachées. Tu t'en doutes, on a eu des patients dans un sale état et... c'était pas tous les jours jolis à voir. J'étais là le premier jour, jusqu'au dernier. J'aime à croire que j'étais utile ici.

Et voilà que je me mets à radoter. Paradoxalement, je me suis récemment découvert une propension à combler le silence -peut-être afin d'enterrer mon bégaiement derrière le bruit.

Et toi ? J'ai cru comprendre que tu avais quitté Londres pendant un temps.

C'est ce qu'ont fait beaucoup de sorciers, en vérité. Qu'ils aient rejoint leur famille à l'étranger, ou qu'ils se soient simplement réfugiés dans la campagne anglaise, Londres avait été déserté par une bonne partie de sa population. Mes parents, dans un rarissime accès d'empathie, m'avaient d'ailleurs proposé de les rejoindre à mon tour sur les terres du clan, peu connues du reste du monde sorcier, et où, au final, aucun Mangemort n'avait mis les pieds durant la guerre. En même temps, il aurait fallu être rudement retors pour aller chercher des noises à une douzaine de péquenots perdus dans les Highlands.

Tu as eu bien raison, si tu veux mon avis. Même si...

D'un geste de tête, je désigne son épaule, m'emparant du dossier resté à portée de main. En même temps, je ne sais pas pourquoi je m'épuise à m'user la rétine sur ces papiers ; à part le nom de la patiente et sa blessure, il ne contient aucune information pertinente.

Il va falloir que tu me racontes comment tu t'es fait ça, que je puisse te réparer dans les règles de l'art.

Après tout, qu'elle soit mon amie et que je sois ravi de la revoir ne change rien au fait qu'aujourd'hui, elle est là en tant que patiente. Je me dois de la traiter comme telle, enfin presque -pour elle, je veux bien être gentil. Des fractures, j'en ai vu un paquet après tout, de tous les os et de toutes les sources possibles et imaginables. Que ce soit un accident de balai -les plus courants- ou un dragon domestique qui aurait été un peu trop vigoureux dans ses câlins à son inconscient propriétaire -plus rare mais pas inédit-, la palette était large... et tout bon médicomage sait que l'information est la source du bon traitement.
Je l'invite donc enfin à s'asseoir, d'un geste de main accompagné d'un très léger sourire... et à me raconter ces derniers mois.

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