Legilimancie & avis de Tempête (pv. Moira)
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Severus Rogue
Roméo alangui
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Lun 19 Aoû - 20:05
LEGILIMANCIE &
AVIS DE TEMPÊTE



Un bureau nu, désenchanté. Les piles de parchemin se sont esquivées sous le coup de la colère il y a, de cela, plusieurs semaines. Les portraits ont tacitement choisi le silence. Sauf Albus. Son cadre est roussi, sa toile trouée. Les bras croisés sur la poitrine, nous nous jaugeons. La journée a été longue. Trop longue. Les heures ont défilé, inexorables. @URIEL LEWIS, un de mes anciens élèves est venu ici, ce matin, au petit jour, m’asséner une terrible vérité. Le fils bâtard de @LUCIUS A. MALEFOY a refait surface dans le monde de la magie. Ses intentions demeurent troubles. Sa douleur fait écho à la mienne. Je me souviens. J’ai avoué à Moira et à la cour qui m’a absout de mes crimes un viol. C’était ce soir là. Entrailles lacérées d’un remord. Lucius, lui, a-t-il jamais eu cette même violence lui agitant le creux de l’estomac ? A-t-il éprouvé ce dégoût de lui-même ? Ou a-t-il, comme il ne cessait de l’afficher, été en paix avec ses exactions ?

Comment fait-il pour se regarder dans un miroir ?
Je n’ai jamais pu.
Plus après ce jour.

« Vous vous sentez mieux, Severus ?
- Fermez-la, Albus, ou je vous fais flamber !
- Allons mon petit, vous n’allez pas me tuer une deuxième fois ! »

Un défi.
Un rappel.
Un ouragan.

Fumseck s’est diplomatiquement retiré dans un coin de la pièce, percevant les difficultés que j’ai désormais à me contrôler. Entre ses ailes, une boule de fourrure tremble. Sur les étagères, les livres et les pierres vrombissent. Les vases vidés de leurs lys depuis ma dispute avec Moira tintent. Je ne supporte plus cette fleur, et moins encore les élans de sadismes du portrait d’Albus Dumbledore.

« Comment osez-vous plaisanter avec cela, Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore ! Vous avez beau jeu de me rappeler votre mort alors que vous êtes un foutu portrait ! Une pâle copie ! Une imitation de l’original ! Le peintre a-t-il oublié de vous doter de la retenue de votre original ? Ou des reliquats d’égards qu’il avait pour les sentiments d’autrui ? Vous voulez parier sur le fait que je ne puisse vous faire disparaître ? Vous voulez vraiment parier ? Incendio ! »

La toile s’embrase toute entière. Une gerbe de flammes consume la toile et son encadrement, lèche les portraits des autres directeurs qui poussent des cris d’horreur devant ce spectacle. Seul Phineas Black applaudit. Il n’a, manifestement, jamais beaucoup aimé Albus Dumbledore, même, paraît-il, de son vivant. Lorsque la brûlure se disperse, il ne reste qu’un pan de mur noirci.

« Vous n’avez vraiment aucun sens de l’humour, mon petit Severus ! »

Geste prompt de la baguette. Le portrait s’est matérialisé contre le bureau. Adossé au meuble de chêne rouge verni, Albus Dumbledore dans une toile parfaitement intacte et un cadre plus brillant que jamais me toise, bras croisé sur le torse. J’ai déjà un autre incendio sur les lèvres.

« Tut. Tut. Tut. Pas de geste hâtif, Severus. Vous ne voudriez pas sacrifier ce bureau, n’est-ce pas ? Contrairement à ce portrait, il n’est pas ensorcelé contre la destruction magique.
- Et contre un feudeymon, Albus ? Vous pensez-vous ignifuge à ce point ? Encore un mot, et je vous jure que je fais flamber toute l’école s’il le faut pour détruire cette foutue toile ! Ne. Vous. Avisez. Plus. Jamais. De. Plaisanter. Avec. Votre. Mort ! »

Menace sifflée dans un chuchotement glacial.

« On peut parler de votre irritabilité d’aujourd’hui, si vous préférez. C’est votre rendez-vous avec Moira qui vous met dans cet état ?
- Votre gueule, Albus ! Pour la dernière fois, fermez votre gueule !
- Vos chagrins d’amour vous rendent irritables !
- Je ne discuterai pas de ma vie sentimentale avec un foutu portrait ! Silencio ! »

Et c’est ainsi que la quiétude revient dans le bureau directorial. Je décrispe la main tenant la baguette sans m’être jamais rendu compte de la prise que j’avais sur elle. Les phalanges blanchies par la tension retrouvent un peu de leur hâle. Un geste de l’outil, et voilà le vieux citronné revenu à son pan de mur. Silence religieux. Personne, vraiment, ne semble décidé à risquer l’ire courroucée d’un directeur à peine calmé. Personne sinon ce foutu Albus Dumbledore dont le brillant des iris bleus n’a cessé d’étinceler. Si je retrouve l’auteur de cette toile, je l’assassine. Et tant pis pour la paperasse !

La baguette est remise à sa place, dissimulée par les plis d’une chemise. Les austères robes de sorcier abandonnées pour la soirée. La présidence du dîner de l’école a, une fois n’est pas coutume, été déléguée à Minerva, et doit d’ailleurs tirer à sa fin. L’heure est tardive. Le moment où, après une journée de travail, j’avais coutume de proposer à Moira de passer s’essayer à la légilimancie ici, à l’école. La dernière fois que nous avons fixé un rendez-vous, c’était avant le malheur de ce geste. Cet effleurement des lèvres jusqu’à la pression suave d’un baiser rendu. Vulnérabilité. Les paumes tremblent encore à la mémoire de cet événement. Je laisse courir mes phalanges sur les livres chus ou mésalignés. Ma colère contre Albus semble avoir fait quelque dégâts. Occupé à corriger imperceptiblement l’alignement d’un volume dédié aux enchantements, je prends de profondes inspirations et exhale de longues expirations. Le souffle rythme la pensé, apaise l’intime tourbillon d’émotions contradictoires. Moira aurait du venir ce soir. Je ne l’espère pas.

N’a-t-elle toujours été douée pour l’inattendu ?


915 mots


PUTTING DEATH IN BOTTLE
Moira A. Oaks
Juliette effarée
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Mer 4 Sep - 11:13





décembre 2003

Il a fallu attendre. Attendre que les craintes s’étranglent, que la colère s’amenuise, que les pensées se calment, s’apaisent, s’écoutent… Il a fallu du temps. Des jours. Des semaines. Et l’étirement interminable de dizaines d’heures sombres volées à ses nuits agitées. Combien en a-t-elle passées à fixer le plafond blafard de sa chambre, à réentendre ces mots devenus méconnaissables à force d’avoir été trop disséqués, répétés, adoucis, acérés… Toutes ses réflexions n’ont fait que brouiller ses souvenirs, rendant les images difformes sur la surface de ses paupières closes. Tantôt délicates. Tantôt monstrueuses. Ne restent que les sensations, intactes, effrayantes, l’incompréhension mêlée à la peur de voir un trésor se briser entre ses mains, un regret vicier à jamais une amitié qu’elle prétendait pure. L’a-t-elle finalement jamais été ?

Chaque journée échappée n’a fait qu’appuyer le pincement qui lui blesse le cœur, lui rappelant ce choix qu’il lui faut faire, cette fuite qu’il lui faut achever inévitablement, ce lien qu’il lui faut accepter d’endurer ou trancher brutalement maintenant qu’il mord si profondément les chairs de son poignet. Il n’a fallu qu’un instant, un instant pour que tout s’effondre. Il faudra une vie entière pour savoir ce que deviendront les débris de leur amitié. Que construire sur des ruines, aussi belles soient-elles ?

Il a fallu attendre.
Et venir enfin.

Venir chercher ses réponses. Trouver l’occasion parfaite pour le revoir. Chercher dans le fond de ses prunelles noires les certitudes qu’elle ne trouve plus dans son miroir. Le cœur battant, le pas plus lent qu’à l’accoutumée, elle s’est alors glissée comme à son habitude dans les couloirs quasiment désertés de son ancienne école pour trouver le chemin du bureau directorial. Ils devaient se retrouver ce soir. Comme tous les mois. Mais aucun retour ne l’a jamais tant effrayée que celui-là.

On entend à peine le claquement de son talon sur les pierres. Tout dans sa posture indique cette angoisse qui la poursuit alors qu’elle s’approche des appartements de Severus. Pourtant, elle ne ralentit pas avant de se trouver face aux escaliers majestueux qui conduisent à son bureau. Une inspiration. La main de Moira s’élève pour caresser doucement sur la statue centenaire qui la toise et que la bataille de Poudlard a épargnée. Le mot de passe se glisse timidement entre ses lèvres et la créature se meut sous ses yeux en un grondement sonore. L’escalier se déploie, monte comme un serpent s’élevant vers les hauteurs. Délicieuse allégorie… Un dernier soupir, et Moira monte les premières marches jusqu’à atteindre la porte du bureau.

Derrière elle, le silence. Un silence lourd, âcre, qui prend la gorge et empoisonne l’esprit. Les doigts sur la poignée, le souffle court, la magistrate écoute, s’imprègne, sent jusqu’à s’abreuver des tensions qui filtrent derrière le battant lourd de la porte. Un instant elle hésite encore. Un instant seulement, avant que les gonds ne grincent sous le plat de sa main.

Sa silhouette se coule à l’intérieur, amaigrie par le noir de son manteau d’hiver. Le dos droit, rassurée par les atours de puissance dont elle s’est parée dès le matin, elle apparaît dans toute la splendeur de ses statuts ministériels, forte, confiante, fière. Son chignon parfait laisse ressortir l’angle affirmé de sa mâchoire. Ses mollets fins galbés dans ses bottes noires affinent ses longues jambes perchées sur des talons larges. Tout en elle n’est que le portrait parfait de cette femme qu’elle a souhaité devenir, assurée, conquérante. Tout. Sauf son regard. Car l’imposture est imparfaite, le leurre facile à discerner pour qui la connaît bien. Comment espérer alors convaincre l’homme qu’elle vient débusquer ?

Un pas. Le regard de Severus se lève et Moira se fige comme s’il lui avait brutalement intimé de le faire. Aucun son ne trouble pourtant le silence qui les entoure. Aucune voix ne s’élève. Le directeur et la juge restent immobiles, tous deux sidérés de voir Moira ici ce soir. En a-t-il douté autant qu’elle ? Alors qu’elle se force à respirer, Moira prend le temps d’observer l’homme qui lui fait face. Ses éternelles robes noires de sorcier ont disparu, laissant sur ses épaules le seul tissu d’une chemise dans laquelle a été glissée sa baguette magique. Il a les traits tirés. Le visage fermé. Ses nuits semblent avoir été aussi courtes que les siennes.  

Un clignement. Le regard de Moira se porte sur la forêt de tableaux qui occupe le mur derrière l’imposant bureau directorial. Ses sourcils se froncent alors quand elle remarque la trace noirâtre qui entoure le tableau d’Albus Dumbledore. L’odeur de feu qui assaille ses narines en remplace une autre dont elle remarque immédiatement l’absence. Où sont passés les lys ? Le battement de cœur se fait plus alarmé. Les questions affluent, plus nombreuses encore, quand elle ne demandait que de faire taire celles qui corrompent son esprit. Peinant à respirer, elle se perd un instant, jusqu’à ce qu’un miaulement aigu attire son attention sur sa droite. Pelotonné dans un coin, caché entre les pattes de Fumseck, Morsmordre laisse timidement entendre sa voix, comme pour demander s’il peut sortir sans risque. Le souffle de Moira se fait plus profond. Elle se raccroche à ces seules présences pour retrouver du courage, déterminée à savoir ce qu’il s’est passé ici et à recevoir cette rage qui lui était peut-être destinée. Voilà trop longtemps qu’elle refuse de s’y confronter.

Revenant au sorcier, Moira le regarde de longues secondes. L’anxiété toujours intacte, elle craint de voir ses peur s’être toutes matérialisées devant elle, à lire seconde après secondes tous les signes de cette violence qui s’est emparée du cœur de Severus et dont elle se sait responsable. Les mains serrées en deux poings dans les poches de son manteau, elle se force à ne pas trembler mais peine à dénouer sa voix. Les premiers mots, pourtant si simples, sont une épreuve comme rarement elle en a connues face à lui. Lui qui l’a défendue. Lui qui l’a protégée. Lui qu’elle a soutenu, relevé, consolé. Pensait-elle un jour le craindre autant qu’elle le fait ? Ses mots ne sont qu’un souffle perdu dans l’immensité d’une pièce aux allures de champ de bataille, une supplique pour l’ami qu’il a toujours été.
- Bonsoir, Severus.

(1028 mots)


Severus Rogue
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Mar 10 Sep - 19:46
LEGILIMANCIE &
AVIS DE TEMPÊTE



La voir sur le pas de la porte, soutenir son regard, endurer l’hébétude que laisse le frimas de sa présence. Moira est venue. Détailler sa mine fermée, la fragilité de son regard furetant dans la pièce, s’attardant sur le pan de mur noirci sur lequel j’ai raccroché le tableau après lui avoir intimé le silence d’un enchantement. Sentir se déliter ma colère pour que naisse la terreur et l’émotion de la voir là. Moira est venue. Fragile écho à l’arrière de mon crâne se faisant refrain. Moira est venue. Litanie chantre de mes pensées assourdissant la tempête née sous ma caboche. Moira est venue.

Moira est là.
Choc.

La surprise filtre sur mon visage. La bouche s’entrouvre mais pas un son n’en sort. Frappante apparition que celle-là. Pour un peu, je croirais voir un spectre. Mais non. Elle est là, celle que je pensais avoir rejetée au loin le temps d’un seul geste. Elle est là, la statue de cristal aux pieds ailés, plus rapide qu’Hermès, plus leste que les vents balayant les landes. Elle est là, et je suis sidéré par son apparition.

« Bonsoir, Severus. »

Mots roulés avec douceur. Fraîcheur d’une voix, tremblements que je ne pensais jamais entendre à nouveau, et surtout pas dans l’enceinte de ce bureau. Réponse soufflée dans les ténèbres, quiète. Un murmure rauque d’une voix coupée par la stupeur.

« Bonsoir, Moira. »

Elle est là. L’information revient, encore et encore, frapper ma conscience sans que je ne parvienne à me faire à l’idée de sa discrète et étouffante présence. Le cœur tambourine jusqu’à ce que les oreilles ne sifflent au rythme du sang battant les tempes. Je sens quelque chose monter. Une boule nouant la gorge. Terreur ? Espérance ? Le silence seul répond. Une poignée de secondes encore avant que quelque chose n’agrippe ma cheville. Morsmordre s’est coulé entre mes jambes et tâche d’escalader mon pantalon. La scène est si incongrue qu’elle me ramène sur terre en un éclair. Je me voûte pour attraper l’aventureux chaton et le hisser sur mon épaule. Pelotonné, les griffes engoncées dans le lin de ma chemise. La baguette dépasse à peine de la manche dans laquelle elle a été glissée, frimas d’ébène noir sous la pâleur de la toile. Raclement de gorge.

« Préfères-tu rester ici, ou bien… ? »

Ou bien le lieu habituel. Moira est de ceux que j’invite volontiers loin des regards inquisiteurs de dizaines de portraits n’ayant rien de mieux à faire que de surveiller la vie privée de leur directeur. Serai-je moi aussi insupportable à ce point après mon trépas ? Frisson d’indulgence pour les générations à venir. Inexorable course du temps ne fait qu’accroître l’assemblée pour laquelle le directeur se donne en spectacle.

La plupart de mes rencontres avec Moira se sont faites dans l’étude attenante au bureau où je reçois tout le jour durant, les doléances de mes collègues ou des élèves. Là, nul portrait ne peut venir troubler mes lectures. Livres rares et anciens en ma possession sont enfermés dans cette pièce où je passe volontiers de mon temps libre. Petit espace réduit, doté d’une large fenêtre, d’une petite table basse et de deux profonds fauteuils de lecture. Quel meilleur endroit pour enseigner l’art obscur de la nécromancie, vraiment ? Le coeur tambourine.

« Je comprendrais que tu… euh… ne désires pas un tête à tête. »

Les joues se sont empourprées. Seule Moira doit être capable de me donner le sentiment d’être un adolescent boutonneux aux prises avec la plus jolie fille de l’école tout en sachant qu’il n’a pas l’ombre d’une chance… Enfin, au moins me restera-t-il Morsmordre à câliner lorsqu’elle m’aura vertement envoyé paître, songé-je alors que les larmes menacent d’embrouiller l’encoignure de mes yeux. Rictus nerveux pour agiter la commissure de mes lèvres. Je ne suis définitivement pas fait pour ces situations.

« Je te sers quelque chose ? »


La plus étrange des questions alors que nous nous tenons encore tous deux dans cette pièce, debout, sans savoir par où commencer, manifestement. Dans le silence troublé, une trille s’élève. Je crois que Fumseck se fout de moi.

696 mots


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