Fuyons ! (ft. Caro)
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Eirian Almasdóttir

Eirian Almasdóttir
MEMBRE
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Sam 15 Juin - 20:08
Encore un cours de plus. Même les cauchemars subits dans son sommeil étaient plus agréables que d'assister au cours de Sortilège. Parce que, de un, les terribles songes ne l'ont jamais empêché de se rendormir la nuit suivante, ne l'ont jamais fait sentir aussi misérable, ne l'ont jamais causé de terribles crises d'angoisses au bord des larmes et n'ont jamais fait naître une haine aussi viscérale dans son coeur. Elle. Eirian. Petit bout de chou toute souriante qui n'a même pas peur du grand et terrible Severus Rogue. Mais non, à chaque fois qu'elle devait se rendre au cours de Ernst Wilson, ça étreignait sa poitrine, ça pourrissait le coeur d'un sentiment obscurs. Colère. Vengeance. Rancune. Si certains petits sorciers en herbes colportaient sur le dos de la jeune Verbena un sinistre avenir dans la lignée du Lord Voldemort, c'était bien en cette heure de cours qu'Eirian voulait leur donner raison ; tandis qu'elle sentait les runes se gorger de ses sombres sentiments, elle rêvait d'une douce métamorphose, terrible et crainte, afin de leur montrer que ce Lord n'était rien, absolument rien avec ses vulgaires petits sorts de magie « noire », contrairement à la colère d'une Verbena. Elle voulait leur montrer, à tous, l’étendue de la malveillance de cette magique runique quand on les amenait à l'éveil de la pourriture du monde.

Et puis, tout retombait comme un soufflé, quand l'image de ses proches lui vint violemment à l'esprit. Qu'est-ce qu'ils penseraient d'elle si elle se laissait aller dans la voie obscur ? Osgeir, Ragnhild, Orwenn... Est-ce qu'ils seraient en colères ? Tristes ? Ou pire, déçus d'elle ? Et que penseraient Papa et Maman ? Surtout Maman, elle qui était des leurs ? Alors vint l'accablement. La honte. Et toute l'énergie s'en était allée, accablée par le désespoir. Elle ferait tellement de peine à son entourage si elle ne se montrait pas conciliante. Pire, en rejetant ainsi avec autant de haine ce qui faisait un Sorcier de l'Ordre d'Hermès, c'était envers sa mère qu'elle se montrait irrespectueuse. Elle tacherait l'honneur et l'héritage de sa lignée maternelle.

Alors voilà, elle devait se retrouver là, à suivre ses petits camarades qui s'engouffraient peu à peu à l'intérieur de la salle de classe. Et elle les enviait, terriblement. Parce que là, se figeant dans le couloir, elle embrassa l'angoisse naissante et le chagrin au fond de sa gorge. La fillette n'était pas comme eux, elle n'éprouvait ni plaisirs ni sentiment d'attachement à cette matière. Juste une terrible torture où durant une heure, elle allait se perdre, perdre son essence, perdre ce qu'elle sentait être, une Verbena, pour se plier à leurs exigences, leurs visions des choses, perdre son individualité pour suivre le mouvement, sous des regards malveillants, sous leurs jugements, sous leurs moqueries, sous leurs humiliations...

Ses bras se croisèrent. Geste futile pour se rassurer, se prendre elle-même dans ses bras, pour se protéger, réchauffer son petit coeur endoloris. Le soupir qui franchit sa barrière tenta d'expier cette boule d'angoisse aux creux de son ventre, en vain. Son souffle, elle l'entendit presque en écho et c'est ainsi qu'elle se rendit compte qu'elle était seule dans le couloir. Les autres étaient tous rentrés, à l'intérieur de la salle de classe, à quelques pas d'elle. Tous ? Un autre froissement de tissus sur sa droite et le visage de la petite Verbena se retourna.

Petit moment de flottement, le temps de comprendre qui avait bien quelqu'un derrière elle, et pas n'importe qui. Cette peau, cette belle peau au couleur chocolat, cette nuance de pigmentation qu'elle n'avait plus revu depuis ses années londonniennes, elle l'a reconnaissait. Caroline-Emma, la petite fille qui défiait le professeur Ernst Wilson, pour son désamour envers le cours de Sortilège. Et à ce moment, Eirian sentit quelque chose se tissait irrémédiablement avec la fillette. Là, toutes les deux debout en silence dans le couloir où résonnaient les voix de ces petites camarades installés à leurs bureaux. Loin de ce cauchemar. De leur cauchemar. Les deux rejetés de l'Ordre qui luttent contre la pression, contre cette obligation, à chaque cours, inlassablement. Pour rester elle-même.

Elle la comprenait.

La voix du professeur Ernst Wilson résonna enfin, éveilla à nouveau la conscience d'Eirian et attisa un nouveau sentiment en elle, une nouvelle pensée. L'enfant marcha. Au chemin inverse. Son épaule frôla le petite Serdaigle, s'éloigna de la salle de classe de quelques pas et puis se retourna. Son regard, elle l'ancra des les iris de la petite fille de couleur et elle attendit. Qu'elle lui réponde avec son silence. Qu'elle lui prenne cette main tendue inexistante. Qu'elle accepte ou non cette invitation folle que toutes deux rêvaient : sécher.
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Between Two Worlds

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Sam 15 Juin - 20:43
FUYONS !



Tout le monde le sait : la magie, c’est pour les tapettes. Quoi que ce mot veuille dire, d’ailleurs, je suis pas trop sûre : je l’ai entendu une fois dans la bouche d’un « grand » du collège du coin. J’aurais sans doute pu demander à ma maman, mais je n’ai pas osé. J’ai bien senti que ce devait être insultant. Bon, disons que c’est pour les faibles, la magie. Voilà. Et c’est vrai quoi : j’ai bien observé les sorciers. Ils font voler des trucs au lieu de se baisser pour les ramasser. Les font venir au lieu d’aller les chercher. C’est un peu comme ceux qui veulent pas calculer et utilisent une calculatrice pour faire deux plus deux.

Alors que tout le monde sait que ça fait quatre.

Ce fait posé, on comprend bien que le cours de sortilèges est, avec le cours de métamorphose, le moins susceptible d’attirer mon attention. Ma maman, elle dit toujours que les plus faignants, ce sont aussi les plus ingénieux. J’en suis donc arrivé à la conclusion, après quelques cours passés à apprendre lumos et wingardium leviosa que les sorciers étaient particulièrement faignants. Or mon papa, il a toujours dit que l’effort payait. Donc les sorciers doivent être très pauvres. C’est ce que j’ai écrit à ma maman dans ma dernière lettre. Je lui ai aussi demandé si je pouvais rentrer à la maison faire des vraies études au lieu de perdre mon temps ici, mais c’est une autre histoire, ça.

Je sais que mes parents ont voulu bien faire. Quand on est venus les voir pour leur dire que j’étais sorcière, ils ont paniqué. Mais il n’y a pas eu de signe avant-coureur que ma maman a dit. Mon père a demandé si ça arrivait souvent que des enfants magique naissent dans des familles sans pouvoir… Bon, il a aussi demandé, concerné, si c’était une plaisanterie particulièrement élaborée, mais ça, on pouvait pas vraiment lui reprocher. Quand il s’est avéré que Minerva McGonagall était particulièrement sérieuse et qu’en plus elle pouvait se transformer en chat, il a bien fallu discuter et se mettre d’accord sur ce qui était le mieux pour moi. Que j’apprenne à me servir de mes pouvoirs, elle a dit. C’est à ce moment-là que j’ai su que ça allait être la merde. Et ça, je sais très bien ce que cela veut dire.

Je boude, donc, depuis près de quatre mois maintenant. Je. Ne. Veux. Pas. Être. Ici. Et j’en massacre la syntaxe si je veux. Moi, je voulais aller à l’école, comme tout le monde, mais surtout au collège du quartier avec mes copines. On en est réduits à s’écrire des lettres parce que la wifi ne passe pas ici. Franchement, ça craint. Et bien qu’on s’écrive régulièrement, je sens bien tout ce que je manque là bas. Des nouveaux amis, des nouveaux profs, des nouveaux centres d’intérêts. J’ai l’impression que la vie me file entre les doigts, continue sans moi pendant que je reste ici, bloquée à me morfondre sur mon temps perdu.

J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes. On est deux, là, dans ce couloir, soudainement figées par une intime compréhension. La classe s’engouffre pour aller assister au cours d’Ernst Wilson, un américain sympa – on peut au moins reconnaître ses qualités – mais qui a le malheur d’être un sorcier. Et elle est là, devant moi. Elle a mon âge, Eirian Alma-quelque chose. J’ai jamais retenu son nom aux belles consonances nordiques. On a en commun cette attitude de défiance, cette mine boudeuse… et la voilà qui, besace sur l’épaule, elle se détourne. Bien sur que je la suis. Le pas se presse, clopine sur le carrelage comme la pluie bat le pavé londonien. Au dehors, les noires nuées promettent mille tempêtes. Je l’entraîne par l’épaule dans un couloir tout proche du troisième étage. Je chuchote rapidement.

« La salle du club de journalisme doit être déserte à cette heure-ci, tu veux qu’on y aille ? Je m’appelle Caroline-Emma, au fait : tu peux m’appeler Caroline ou Caro ! »

La salle est à l'étage en dessous, et je crois que l'on pourra y rentrer sans problème : après tout, je m'y suis déjà cachée plusieurs fois en journée.

692 mots + réponse - 6h

Eirian Almasdóttir

Eirian Almasdóttir
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Sam 15 Juin - 21:46
Fuir. Les petits clapotent sur le carrelage, se firent plus pressant. Eirian ne regarda pas derrière son épaule, comme si elle craignait de voir le professeur Ernst Wilson les jugeait à l'encadrement de la porte. Il était pas question qu'elle se laisse facilement entraîner dans ce cours cette fois. Ensembles, elles seront plus fortes, et s'il voulait qu'elles étudient les sortilèges, il faudra qu'il les ramène par la peau des fesses d'abord ! Et cette idée, douce rébellion, berça son coeur d'une délicieuse allégresse. Les lèvres eurent un soubresaut, nerveux, se brisant dans un sourire amusé. Elle retint cette petite boule qui menaçait de jaillir de ses lèvres, ça tressaillaient dans sa cage thoracique et sa gorge. La seule solution était de maintenir sa respiration, le temps que ça s’affaisse, que ce petit rire ne s'en aille pas pour la trahir car le silence et la discrétion étaient de mise si elle voulait avoir une chance de gagner la partie. Oui, clairement, c'était un jeu qui commençait. Elle ne savait pas ce que pensait Caroline d'Ernst Wilson, mais pour la petite Eirian, rien de méchant, même si elle haïssait son cours. Elle trouvait qu'il était assez sympathique, à sa façon, et elle serait contente que ce très cher Professeur Ljósálfar accepte le défi. Comme ça serait amusant, non ?! Et la voila à présent en train de comploter avec cette fille, dans le couloir voisin, grand sourire aux lèvres :

Je connais ton nom, répondit-elle d'un murmure. Moi c'est Eirian.

Tu ne sais pas si c'est le début d'une grande amitié ou d'une grande emmerde, mais ça, ça sera pour plus tard. Chaque chose en son temps. Pour l'instant, il fallait trouver une stratégie et l'esprit de la jeune Verbena marcha à plein régime pour trouver LA cachette du siècle. Secouant la tête, Eirian jeta un coup d'oeil dans le couloir où se déroulait le cours avant de reprendre d'un murmure :

Dans les romans de policiers, il faut jamais que le crime remonte au meurtrier... Il faut que rien ne rappelle à lui... On est des enfants, il pensera sûrement qu'on se cachera dans les salles de classes et de clubs... C'est trop classique ! Les toilettes aussi... Ha ! Et la bibliothèque ! Et si on prend nos salles communes, c'est pas mieux...

Ça bouillonnait dans cette petite caboche et Eirian commença à se ronger les ongles avec nervosité. Combien de temps restait-il encore avant qu'Ernst Wilson comprenne le coup monté ? S'il le comprends et s'il se décide de les retrouver ! Peut-être qu'il en aura rien à faire et les deux fillettes pourront ainsi passer une heure en paix. Ha, oui, mais elles n'étaient pas sûr. Alors, pour l'instant, il faudra se cacher, c'est le minimum syndicale.

Et il ne faut pas qu'on se cache dans un endroit qu'il connait... Monsieur Ernst connait la salle commune de Serdaigle et je crois qu'il travaille aussi au club de chant... Il faut qu'on trouve un endroit où il ne pourra pas nous soupçonner...

Une idée de génie la frappa de plein fouet, stoppant la mâchoire qui mâchouillait le bout de ses doigts pour y faire apparaître un grand sourire mesquin et sournois :

Une salle de professeur...

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