Quelques comptes à rendre, entre deux goulées (sev)
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Camille Nott
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Dim 31 Mar - 19:34
Gnôle, ma bonne amie


Ding Dong

Minuit s’ébruitait comme les prolégomènes d’une torse conjoncture. Insatiable, l’èbe nègre  graillait les derniers brandons du demi-jour. Crachant ses inquiétantes anfractuosités sur l’empyrée, toit du monde qui appréciait d’un soupirail maternant les impairs ‘des Hommes’, il s’épreignait de ‘les’ écraser sous son carcan. Morsure de la grande hostile contre la carogne des égrillards.

Étiolement d’une entropie. Halbrené tel un piaf à qui on l’avait écorché les empennés,  Nott s’était laissé choir dans l’inflexion rembourrée de sa bergère ‘chesterfield’, en cuir marron. Les moldus avaient parfois, souvent même, de l’or dans les mains. Les phalanges mignotaient les coudes potelés de son fauteuil, pétrissant avec humeur,loin d’être gaillarde, sa bienséante épluchure. Chiatiques élucubrations agaçaient  sa désescalade mentale. Les sourcils s’étreignaient dans une cabriole gourmée. Embryon d’une migraine dont l’épicentre n’était nul autre que son baudet de directeur, @Severus Rogue. Il aurait été encore plus facile de coqueter avec un gobelin. Le plaisir n’aurait certes pas été le même.

L’agio folâtrait sur la bouteille d’un Master of Malt, cent-cinq ans d’âge. C’était esbroufant de voir à quel point l’eau-de-vie avait cette faste mainmise sur son ichor. Une goulée suffisait à épuiser sa migraine dans l’inconsistance. Magique ?  Un cristal vide larmoyait sur le flanc droit du Master of Malt. En bon citoyen, il était dans l’astreinte de venir à son secours ! La bouteille sanglotait dans l’évidure du verre. Mielleux nectar. Pigment cuprifère. Sa suavité dulcifiait la muqueuse de sa gargue. Lécheuse capiteuse. Ô diable Severus ! L’heure était à l’incurie.

Le deuxième éperonnait déjà le troisième du quatrième. Il appréciait rapidement le corollaire grisant de la rinçonnette. Les fiels qui lui grignotaient un peu plus tôt le bourrichon s’étaient doucement disséminés. Il ne restait plus qu’un véniel émoi.   […] Je ne vais quand même pas lui faire un gâteau en chocolat en forme de cœur avec écrit dessus « Je t’aimARGH….Bon…au pire….je peux toujours manger le gâteau. […]  Cacophonie psychique. La migraine lui sirotait à nouveau l’échine cervicale, préludant son attenante éclosion. «  Rah il m’énerve ! » Cinquième becquée, plus triviale.


(c) AMIANTE


Royal misanthrope

Il grogne et boude, mais ne mord (presque) pas.
Severus Rogue
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Sam 13 Avr - 18:21
GNÔLE


Phalanges baguenaudent gaiement sur le bois vernis d’un imposant bureau. Agacement perceptible pianote à côté d’une tasse vidée de sa tisane. Chaton mignon s’est enroulé sur le sommet d’une bibliothèque tandis que Fumseck s’est exilé par-delà les cimes de la Forêt Interdite pour s’en aller chasser le fruit à coque abondant en cette saison. Ça, ou bien les friandises abandonnées par quelque élève gourmand pris en flagrant délit de grignoterie illicite.

« Vous attendez quelqu’un, Severus. »

Une affirmation plus qu’une interrogation. Un des portraits du bureau directorial, au moins, est encore parfaitement éveillé. Albus Dumbledore fait étinceler de malice le lac bleu de ses iris. Même sur toile, il est démoniaque. Il eût fallu cramer tout ses portraits. Est-il déjà trop tard? J’admets la chose de mauvaise grâce.

« Camille Nott. Je l’avais exilé dans le bureau de son grand ami Rosier le week-end dernier… Il était censé venir me voir à son retour pour m’offrir les documents attestant de son enregistrement en tant qu’animagus…

- Et vous l’attendez toujours.
- De toute évidence, Albus.
- Pourquoi n’allez-vous pas voir ce pauvre petit ?
- Ce ‘pau...’ non mais Albus, vous déconnez, sérieusement. C’est lui qui surgit nu…
- Une vue intéressante, vous en conviendrez
- … dans mon bureau, et c’est lui le pau– …
- Et puis il est de bonne volonté !
- … –vre petit ? Vous déraillez, espèce de vieux citronné !
- Ma mort vous a rendu moins respectueux qu’avant, mon petit Severus. Vous étiez plus courtois de mon vivant. »

Le silence se fait, choqué. Les doigts ont cessé leur valse à quatre temps et contretemps sur le rebord de l’office. L’agacement se mue en écorchement. Bref instant.

« Vous devriez vraiment perdre l’habitude de plaisanter avec cela, Albus.
- Voyons, soyez réaliste, Severus. Vous m’avez tué, vous ne pouvez plus vraiment me faire de mal.
- Vous étiez moins cruel de votre vivant.
- L’étais-je ? »

L’était-il ? Froissement de noires étoffes tandis que le corps se déplie. Chaton ronronne dans son sommeil tandis que ma main se perd quelques instants sur le corps chaud et recroquevillé de Morsmordre. Instant de tendresse arraché au fracas d’une dispute d’outre-tombe. Je sais pertinemment pourquoi il fait ça. Tentative de désacralisation de la mort et de la vie. Effleurement, effeuillement de culpabilité à ôter de mes épaules. Je sais qu’il s’efforce de se rendre plus cynique que moi, pour me décharger des conséquences morales et mentales de mon geste. Mais bien que mon procès ait tranché en ma faveur, je peine à voir l’assassinat perpétré comme une euthanasie. Ronronnement sous la paume, petite patoune engoncée dans le creux du pouce. Dernier effleurement qui laisse l’endormi au pays des songes. Je me relève et quitte la pièce. Question à la criée.

« Vous allez quelque part, Severus ?
- Voir Nott. »

Et la porte du bureau se referme en silence, assourdissant les commentaires que le vieux fou aurait pu avoir l’heure de m’égrener. Quiets couloirs. Croiser l’un ou l’autre collègue. Salut courtois. Les préfets ne tarderont pas à s’en aller roupiller, laissant la seconde partie de la nuit au bénéfice des seuls enseignants. Porte entrebâillée. Soupirail poussé. L’atmosphère se tamise du fort arôme d’alcool tandis qu’une silhouette s’est voûtée sur verre à demi-vidé. Lichette lapée. Et la voix de gueuler.

« Rha ! Il m’énerve ! »

La porte s’enclot sur le corridor. Le pas est léger. Aussi discret que possible. S’approcher d’une cible alcoolisée est chose aisée. La bouteille est pointée de la baguette. « Evanesco » marmotté. Le verre subit la même félonie et la paume de Camille Nott se referme sur le vide. Baguette rangée, flacon claqué sur la table dans un bruit sourd. Clac.

« Et puis-je connaître l’identité de celui qui t’énerve suffisamment pour t’empêcher d’honorer ton rendez-vous avec ton supérieur hiérarchique ? As-tu oublié que tu étais censé venir me payer une petite visite pour discuter de ton avenir dans cet établissement, ou bien ton job t’importe-t-il si peu que tu te permettes de snober le directeur et de te rendre ivre ? »

La voix a résonné sèchement. Sur la table, un flacon de potion de sobriété. Je contourne Camille Nott, tire une chaise toute proche et m’assois face à lui. Quelque chose me traverse l’esprit. Je n’avais jamais vu Camille Nott dans un tel état de détresse. Je l’ai connu fanfaron, pétulant, fêtard, insupportable, dénudé, hérisson, farceur, explosif. Jamais…. Fragile ?

« Qu’est-ce que tu fous, Nott ? Tu attaques Fumseck, tu apparais dans mon lit sous forme de Hérisson.Tu te dénudes dans mon bureau. Tu bois. C’est quoi le projet au juste ? Tu ne crois pas que Rosier et toi en avez assez fait pour me pourrir la vie quand on était adolescents? Tu veux remettre le couvert une fois adulte ? On a quarante ans, par Merlin ! Tu as une fille ! Tu veux vraiment lui annoncer demain que tu as été viré de ton boulot pour comportement déplacé ? »


884 mots


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Camille Nott
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Dim 26 Mai - 19:54
Gnôle, ma bonne amie


Il rôdaillait dans les catacombes de ses dragons innommés. Tranquillement. La conscience éparpillée. Les pulpes mignardaient le cristal où prélassait son puits d’ébriété. Baguenaude alcyonienne. Il était bien, si bien.

« Evanesco »

Par les couilles de Voldemort ! Si tenté qu’il en ait déjà eues ?

Luette familière. Manifestation du ‘malin’ plutôt qu’angélophanie. La présence de son directeur souventefois attendue était rondement maronnée, l’espace de ‘cet’ instant. ‘Celui-là’ même où il s’était permis de l’exproprier de son entremet, son eldorado. Démon ! Même Voldemort s’était déjà dénoncé plus benoît à son égard.  «  Snape ! » sifflait-il avec ire contre son palais. Schlague furibard. Commissures rognées d’animosité. Le maraud pleurait un soupir rembruni.  Inopinée était la densité avec laquelle il récusait la présence de sa Némésis, l’importun éphémère.

Les phalanges dansottaient dans l’abîme, prospectant après les fourvoyés.
Quelque chose les avait détrônés. Une œillade d’abord investigatrice fondait sur la fiole. Une fois acquise, les lèvres de l’imbriaque se retroussaient, chatouillées de susceptibilité. L’humeur n’était guère à la frugalité.

« Effectivement, j’ai oublié. J’avais quelques…priorités » Fallait-il préciser la gnôle ? Sa melliflue concubine. Elle seule fléchissait le moindre de ses ressentiments. « Loin de moi l’envie de te snober. Je n’étais pas d’humeur. Notre entrevue n’aurait guère été…productive. » La gorge rognonnait plus que ronronnait. Majeur et index accointaient sans chaleur la fiole d’abstinence. « On ne peut même plus s’abreuver tranquillement… » Abord d’une calembredaine qui n’en était pas une.

L’intérêt s’éconduisait vers le portrait lustré de constance du trouble-fête. Épilogue prématuré.  Il devinait tout de même un liard d’inconciliabilité. Les flexuosités qui s’ébrouaient sur son étroite façade trahissaient une ardeur loin d’être amitieuse.

Cobalt contre onyx. L’ondulation familière louvoyait sa barbaque. La mûre rinçonnette ne faisait qu’étayer cette tiédeur. La carcasse remuait, se rétractant grièvement en étuve.  Un soupçon d’alerte verdoyait rapidement. Snape en string frou-frou rose. Snape en tutu rose. Snape embrassant Hagrid !!! –  L’entrain accoisé, il supputait plus avisé d’essuyer les estampilles éthyliques avec la ‘limonade’ dont l’avait ‘affablement’ gratifié son directeur. « Bon, j’imagine que je ne pourrais de toute façon pas terminer ‘tranquillement’ ma soirée… »  Les lèvres s’inféraient finalement sur l’embout de la fiole pour en éponger le contenu. Insipide générosité. Filandreux soupir et moue pétrissaient le personnage. « Tu aurais pu travailler le goût. Il laisse à désirer… » Maugréait-il en appréciant avec humeur les derniers rogatons de whisky s’épuiser. Entièrement abstème, et plutôt hargneux. Il pouvait néanmoins réprimer le branle que lui déclenchait Severus.

Les esquisses orales de Severus amorçaient une oblongue nuitée. Les rotules se croisaient dans une étreinte astiquée, la mandibule prélassée sur l’échine de sa main, coude intronisé sur l’aileron droit de son siège, phalanges folâtrant les ourlets de ses lèvres. Il pourrait presque considérer cette proximité avec suffisance si son interlocuteur ne le canonnait pas de calomnie. Si on s’en tenait à ses allégations, il avait tout l’artifice du peccant breneux. Un débroussaillage était de rigueur.

« Certes, je ne suis pas un parangon de vertu, mais je me dois de clarifier certains points… » La gorge décapée, un râlement pondéré fondu contre ses incisives, Camille jaugeait avec conscience son vis-à-vis. « Bon, j’avoue ne pas avoir été des plus corrects avec Fumseck. Je réagis parfois sous le coup de…’l’émotivité’ quand je suis en hypoglycémie. Ça paraît puéril. J’assume. J’aime les sucreries et l’alcool. Il y en a qui aiment porter des froufrous roses… » Sans aucune allégorie à l’égard de sa vieille branche @Archibald Rosier. Bien sûr. « … D’autres faire des longs et ennuyeux puzzles, faire un truc bizarre qu’on appelle le sport pour ‘soit-disant’ se défouler, et j’en passe. J’ai mes vices et je m’excuse pour la maladresse que j’ai déployée à l’égard de ton oisele…phénix. » Réajustement adéquat.

« Quant à mon apparition surprenante dans ton lit. Figure-toi que je suis tout ce qu’il y a de plus innocent, même si je suis sûr que ce mot ne coïncide pas avec mon personnage sous ta noire caboche »
Il en était même convaincu. « Je fais régulièrement mes rondes sous ma forme animagus. Le problème, c’est que mon sens de l’orientation laisse à désirer. Moira et Archibald, même s’il n’est une référence dans ton répertoire, pourront en témoigner. La raison de mes ‘quelques’ retards…Je m’étais donc égaré devant ce que je suppose être maintenant la porte de tes appartements, pensant être devant les miens. Je suis donc naturellement rentré. Pris de fatigue, je n’ai pas spécialement calculé la différence de décor. Ton lit sentait bon, je m’y suis donc endormi. Voilà tout. » Voilà tout ? Vérité qui prêtait presque à une lapalissade.  Les phalanges s’acoquinaient l’une l’autre, s’enjoignant dans une pantomime. L’éclat inébranlable de ses agates témoignait une authenticité qui ne prêtait à l’arlequinade. « Pour la suite des évènements…Je pense avoir réagi sous le coup de « l’émoi » ? Je m’étais mis en tête de tenir sous ma forme animagus jusqu’à mon potentiel plan d’évasion. Ton charmant oiseau en avait décidé autrement. Je crois que même en hérisson, il ne m’apprécie guère. L’idée de dévoiler mon petit secret n’était pas pour me réjouir, loin de là. La finalité de notre dernier entretien a été la simple conséquence d’une envie. »  Pour ne pas dire ‘désir’. Par finalité, il évoquait les mignardises que ses lèvres s’étaient permises sur la sapidité miellée de son col. Une incartade qui résultait plus d’un caprice assouvi. « Et non la conséquence d’une gaminerie sournoise que je partageais volontiers avec Archibald à nos jeunes années »  Comprendrait-il seulement ce qu’il signifiait par ‘envie’ ? Ce mot allait sûrement glisser sur les rails de son imperméabilité. Mur d’inscience. Il entendait mais ne voyait pas. « Merci de me rappeler mon âge. Mes vingt ans me manqueraient presque… » Soupir moulu d’agitation. Lacs viscéral à l’évocation de sa pouparde.  Son besoin d’affleurer constamment sa bulle d’une aile paternelle le résignait dans une caducité certes déguisée, mais pourtant bien évidente. «  J’espère ne pas être viré. J’ai besoin d’elle…»  Il n’était pas assez vaniteux pour se targuer d’un besoin réciproque à l’égard de sa mouflette.  Une franchise bien trop inhabituelle dans leurs parlotes soulignait ses syllabes.  

« Tu ne vois vraiment rien? » Affirmation plus qu’interrogation ponctuait ses dires. « J’en avais envie Severus…et ne je joue pas… » Peut-être la redondance allait-elle enfin percuter contre la muraille de son étanchéité ?


(1131 mots)
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Lun 27 Mai - 18:41
GNÔLE




Les appartements de @Camille Nott miroitent d’ombres et d’incertitudes. Le lieu est une énigme presque aussi impénétrable que l’irritable bonhomme qui y séjourne. Je me suis assis face à lui, bras croisés, prunelles encolérées. Je détaille chaque changement sur la face du garnement, détaille l’insondable profondeur de ses pupilles. Comment diable peut-on sembler si innocent et si coupable à la fois ?

Son babillement informe danse dans le silence de mon ire.

« Effectivement, j’ai oublié. J’avais quelques…priorités. Loin de moi l’envie de te snober. Je n’étais pas d’humeur. Notre entrevue n’aurait guère été…productive. »

Le sourcil se lève. Incrédulité se fait combustible à ma hargne. Que Merlin me prête force de ne pas le tuer tout de suite. @Moira A. Oaks ne saurait me sortir de ce mauvais pas, même si de mon point de vue, lorsque j’envisage l’homme aviné et fracassé devant moi, ce serait faire honneur à sa fille que de la rendre orpheline. La violence éthylique de mon père flambe dans ma mémoire et je me demande, un temps, juste un infime temps, si Nott a déjà levé la main sur sa progéniture derrière portes closes.

« On ne peut même plus s’abreuver tranquillement…
- Certainement pas dans une école, Nott. »

Tiens… D’habitude, c’est le nom du Ministre qui se fait insulte sur le roulement de ma langue… Dirait-on que le petit Potter a un challenger de taille en la personne de l’incompréhensible Camille Nott. Rien dans le comportement de cet homme ne me paraît avoir de cohérence. Je le pensais adulte. Je l’ai vu se comporter en adulte les rares fois que nous fûmes en présence du Seigneur des Ténèbres. A présent que la menace noire s’est délitée, tout semble partir à vau l’eau… Il n’est tout de même pas nostalgique de ses années de service, si ?

« Bon, j’imagine que je ne pourrais de toute façon pas terminer ‘tranquillement’ ma soirée… »

Et l’image de Nott empoignant le flacon avec réluctance vient briser le fil de mes pensées. Je le vois faire grise mine tandis qu’il grimace au goût de la potion. Ses sourcils froncés se font miroir des miens.

« Tu aurais pu travailler le goût. Il laisse à désirer…

- Ce n’est pas censé être bon, Nott. Ce type de potion est censé te rappeler pourquoi se rendre ivre est une mauvaise idée ! »

Je le vois adopter une désinvolte position tandis que crachouillent mes reproches sur le pavé. Pour un peu, je le croirais indifférent à son destin. Grands Dieux, que Merlin m’aide à venir à bout de cet irresponsable ! Car il l’est, manifestement. Irresponsable, inconséquent, irritant, incroyablement insupportable ! Que peut-il être d’autre quand même sa fille a plus de jugeotte que lui. Contrairement à son père, je n’ai jamais eu l’ombre d’un reproche à faire à la pétulante Remy Nott. Elle partage, il est vrai, la folâtrerie paternelle, mais ne m’a jamais particulièrement donné de prétexte à irritation… pas plus que le père, en tous cas.

« Certes, je ne suis pas un parangon de vertu, mais je me dois de clarifier certains points…  Bon, j’avoue ne pas avoir été des plus corrects avec Fumseck. Je réagis parfois sous le coup de…’l’émotivité’ quand je suis en hypoglycémie. Ça paraît puéril. J’assume. J’aime les sucreries et l’alcool. Il y en a qui aiment porter des froufrous roses… D’autres faire des longs et ennuyeux puzzles, faire un truc bizarre qu’on appelle le sport pour ‘soit-disant’ se défouler, et j’en passe. J’ai mes vices et je m’excuse pour la maladresse que j’ai déployée à l’égard de ton oisele…phénix. »

Le glissement de la langue m’arrache à peine un haussement de sourcil. L’ire est déjà à son paroxysme, et les fausses excuses ne m’apaisent pas, elles me glacent. L’ondoiement d’une colère serpente sous le derme qui se hérisse. Ne pas lui sauter à la gorge. Quelques sucreries ne valent pas d’attaquer un être vivant… Ou Nott a-t-il si peu de respect pour l’existence d’autrui fut-elle animale ?

« Quant à mon apparition surprenante dans ton lit. Figure-toi que je suis tout ce qu’il y a de plus innocent, même si je suis sûr que ce mot ne coïncide pas avec mon personnage sous ta noire caboche . Je fais régulièrement mes rondes sous ma forme animagus. Le problème, c’est que mon sens de l’orientation laisse à désirer. Moira et Archibald, même s’il n’est une référence dans ton répertoire, pourront en témoigner. La raison de mes ‘quelques’ retards…Je m’étais donc égaré devant ce que je suppose être maintenant la porte de tes appartements, pensant être devant les miens. Je suis donc naturellement rentré. Pris de fatigue, je n’ai pas spécialement calculé la différence de décor. Ton lit sentait bon, je m’y suis donc endormi. Voilà tout. »

Soit… aussi étonnant que cela puisse paraître, le hérisson perdant son sens de l’orientation, je veux bien l’accepter.

« Pour la suite des événements…Je pense avoir réagi sous le coup de « l’émoi » ? Je m’étais mis en tête de tenir sous ma forme animagus jusqu’à mon potentiel plan d’évasion. Ton charmant oiseau en avait décidé autrement. Je crois que même en hérisson, il ne m’apprécie guère. L’idée de dévoiler mon petit secret n’était pas pour me réjouir, loin de là. La finalité de notre dernier entretien a été la simple conséquence d’une envie. Et non la conséquence d’une gaminerie sournoise que je partageais volontiers avec Archibald à nos jeunes années »

Le sourcil qui s’était un peu abaissé retourne brûler les sommets d’un front où poudroient quelques mèches blanches. Une envie ? Merlin me pardonne, cette fois, je me le fais ! Par quoi commencer ? Un Avada Kedavra ? Une veine palpite le long de ma gorge tandis que mon visage se crispe imperceptiblement. Intérieurement, fureur bouillonne. Des excuses. Encore. Je ne sais même pas par où commencer. Je ne sais même pas si je serai capable de ne pas le déchiqueter de mes mains. J’entends à peine la déploration de ses vingt ans perdus et l’émotif aveu de son besoin de la présence de sa fille. Ce cri de désespoir à peine murmuré serait peut-être bien la seule chose qui pût tempérer un peu le souffle de ma colère.

« Tu ne vois vraiment rien? J’en avais envie Severus…et ne je joue pas…
- ‘Tu en avais envie’… c’est ça ton excuse ? »

La voix s’est faite sépulcrale. Un grondement bas, rauque. Un chuchotement glacial. J’ai toujours eu la colère froide, la revanche polaire. Héritage maternel. Au moins je ne suis pas totalement semblable à mon père dont je partage la hargne haineuse. Je me lève pour juguler l’envie de recourir aux poings. Cette décharge d’adrénaline, je ne la connais que trop bien. Effrayante. Cela faisait bien longtemps que je ne l’avais ressentie. Quand Potter s’appropria ma pensine. C’est la dernière fois que la maîtrise de mon esprit vacilla pour laisser filtrer un flot de violence.

« Je veux bien croire ton manque d’orientation sous la forme d’hérisson… Mais dis-moi pourquoi je devrais garder dans mon personnel un homme irresponsable, alcoolique et violent ? Tu es professeur ici. Tu es censé montrer l’exemple à tes élèves. Dis-moi donc quel genre d’exemple tu montres en te rendant ivre, attaquant un animal ou en t’exhibant parce que tu ‘en as envie’ ? Et tu sembles refuser d’affronter les conséquences de tes actes en n’honorant pas tes convocations et en me servant comme excuse pathétique que tu en as ‘envie’. »

Les accents belliqueux bouillonnent. L’image de mon père, un tesson de bouteille à la main, flamboie dans ma mémoire.

« En dépit de l’inimitié qui nous lie, Nott, je t’ai donné une chance. Je pensais que tu serais capable de te comporter de façon responsable pour enseigner aux élèves l’étendue de ton indéniable savoir. Tu es compétent Nott, ça n’a jamais été le problème. Ton problème, c’est ton comportement. Si tu étais un élève, tu aurais déjà été renvoyé. Alors dis-moi, Nott, pourquoi diable devrais-je te garder en tant que professeur et directeur de Serpentard alors que ta fille est manifestement plus responsable que toi ? Peut-être que te renvoyer serait une bénédiction pour elle. Dis-moi, Nott, dans un accès de rage ou sous l’emprise de l’alcool, l’as-tu déjà attaquée comme tu as attaqué Fumseck ? L’as-tu déjà frappée ? Dois-je te faire arrêter pour avoir levé la main sur ta propre fille en plus de te défaire de ton boulot ? »

Silence. Les dernières effluves de la tempête se dissipent. L’ambiance s’est assombrie, toute lumière de la pièce semble avoir été drainée.

« Donne moi une seule bonne raison, Nott. Une seule bonne raison de ne pas te renvoyer ni faire venir séance tenante les aurors à Poudlard. »

1501 mots


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Camille Nott
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Dim 23 Juin - 17:37
Gnôle, ma bonne amie


Soustrait à la vindicte ‘snapienne’, il déplorait déjà  le retour anxiolytique de sa bibine. Mordication crânienne. Incursion d’une géhenne. Les  méninges tirebouchonnaient dans une épitase.  Severus avait cette prédisposition à l’escagasser. Un sentiment sans nul doute partagé. La modulation adamantine de sa gutturale ne pronostiquait rien d’allègre.

« Ivre ? Allons, tu pousses le bouchon severus. J’étais juste ‘pompette’… »

D’accord. Il était bien saturé.

Il était absolument superfétatoire de vouloir absoudre   ses travers dans une couverture quelconque. Être en goguette le déprisait derechef.  Chaloupaient sur un soupir étouffé des lèvres assainies. Il voyait sa veillée d’alacrité avortée dans une igue, labourée par les fulgurations de son directeur. Et pourtant sous ce linceul de contrariété se tapissait un affect à ‘mettre sous le boisseau’. (1) Bien plus qu’une bluette. Une ardeur qui s’était ébauchée à l’âge ingrat. Moult litiges s’étaient contractés dans son jeune esprit baigné de flottement, bien qu’il n’en exhibait à l’époque, et toujours à l’instant qu’une agaçante et calculée outrecuidance. Le berceau de cette affinité restait abstrus.

‘Excuse’ ?  Pantois devant une accusation qui se diaprait plus en opprobre, Nott se colorait d’un pousse de perplexité. C’était sans équivoque maintenant. Severus était un véritable aliboron pour l’affectif. A se demander s’il avait apprécié d’un quelconque émoi pour une tierce personne. Lily ? Sans nul doute. Il était ‘un peu’ envieux de cette dévotion qu’il employait à son égard ainsi qu’à son gnard populaire.

« Je n’ai sans doute pas bien formulé ma phrase. Vu comme ça, ça ressemblait plus à un caprice… »

N’en était-ce pas un ? D’apparence versatile, cet engouement était pourtant bien plus. Nott baguenaudait toujours dans des ‘pas de clerc’ (2) en présence de l’imprenable forteresse qu’était Severus. Tout semblait si implexe avec lui.  Leur babillage n’était que l’esquisse d’une bisbille en perspective. Sans doute titubait entre eux une trop généreuse inscience pour pouvoir apprécier une quelconque bonace entre leurs syllabes. Ou peut-être étaient-ils tout simplement deux cabochards ?

A quel moment la situation s’était-elle dérogée ? Un battement saillait hors de la prosodie cardiaque. Le gosier du directeur grondait d’une ire moricaude.  Rien ne prophétisait la rémittence. Quelque chose d’affriandant moitissait de son animosité. Attendez ! Venait-il vraiment d’apprécier un Severus courroucé comme…séduisant ? Prenant serait plus juste ? C’est cela, prenant. (…)

La calomnie qu’il lui crachait à la gueule sur sa soûlographie n’était qu’un graillon dans une flaque. Certes, son inclination dévoyée n’était en rien une cachotterie, mais il ne s’était jamais exhibé d’une quelconque inconvenance devant le soupirail de ses élèves. L’épiloguer pour une débauche qu’il claquemurait consciencieusement dans son intimité l’agaçait bésef.

« Je ne vois pas en quoi je me suis montré irresponsable en tant que professeur ? Mon inclination pour l’alcool touche ma vie privée et n’impacte en rien sur mon travail, tout comme le détail de ma forme animagus. Certes, j’aurais ‘peut-être’ dû le déclarer. Personnellement, je me contentais bien de le garder secret. Je ne vois pas en quoi ça change pour toi qu’il en reste ainsi.  Si ça peut calmer ton courroux subjectif, ma foi je veux bien m’y soumettre… »

Que ne ferait-il pas par amour ?

Par Salazar ! Pourquoi le canonnait-il ainsi avec autant d’assiduité ? Le soumettait-il à la loi du Talion ? Était-ce sa pénitence pour les années de turlupinade à ses côtés avec Rosier ? Rancuneux ce cher directeur, avec un cran d’atermoiement qu’il jugeait un liard étendu.

Alors dis-moi, Nott, pourquoi diable devrais-je te garder en tant que professeur et directeur de Serpentard alors que ta fille est manifestement plus responsable que toi ? Peut-être que te renvoyer serait une bénédiction pour elle. Dis-moi, Nott, dans un accès de rage ou sous l’emprise de l’alcool, l’as-tu déjà attaquée comme tu as attaqué Fumseck ? L’as-tu déjà frappée ? Dois-je te faire arrêter pour avoir levé la main sur ta propre fille en plus de te défaire de ton boulot ?

Cuspide à vive. Poitrine camarde sous le poids d’accusation de pendables insinuations. L’esquisse d’une chimère. Son momignard battu ? Comment pouvait-il seulement le concevoir ? La plus draconienne des sanctions dont elle avait été sujette avait été une ‘pinchette’ sur la truffe, agrémenté d’une privation de boustifaille qu’il avait finalement rognée, désabusé devant la moue défaite de son petit brontosaure. La contenance s’effruitait dans une grimace marrie.  Le stigmate du sinistre s’instillait sans mégarde sous sa caboche. De candides ardeurs qu’il avait soustraites au sort impardonnable, sous le règne du Lord. Jamais il ne s’était acquitté de cette insanité. Chaque jour, la gueule de ces innocents petiots infestait sa conscience. Remy aurait pu être l’une d’entre eux, s’il n’avait pas été parmi mangemorts. Cette simple conjecture le faisait tressaillir d’aversion.  Portrait ord, couvert de crasse. Ignominie.

« Pardon ? »

Froissé, pour ne pas dire ulcéré et désenchanté, le père de famille s’était lacéré de son siège, abordant  sans liant son vis-à-vis, les phalanges grignotant les accoudoirs voisins avec roideur. Les amandes accrochaient avec gravité leurs jumelles. Moult affectivités violaient ses prunelles, d’ordinaire impénétrables ; l’indignation, le courroux, le dégoût mais surtout, un viscéral dégrisement. « Voilà un portrait saisissant, pour ne pas dire pathétique, que tu as de moi… »  Les commissures échancrées pour contenir la gargamelle de criaillerie, Camille se dissipait finalement du proche horizon de Severus, blessé. « Toi, tu juges sans connaître. Moi qui te pensais plus poreux que ça. Je suis déçu » La boite à Pandore déchargée, le fiel vomi sur sa Némésis. « Tout les soiffards ne sont pas ton père ou ta mère, Snape ! » Nul besoin d’être divinatoire pour saisir l’embryon de ses calomnies. Un noir désir de froisser sa conscience comme il venait de s’inviter ouvertement à le faire. « Sans doute ton père… » Comme le sien. Des darons qui témoignaient d’égards pour le moins ‘particuliers’. Il ne comptait plus les fois où son tendre paternel avait exploité le sort Endoloris à son attention. « Tu restes fermé dans ta boursouflure d’entraperçu. Certes, les asticotages des jeunes années ne t’ont sûrement pas aidé à concevoir une meilleure image. Je ne peux t’en blâmer… J’aurais peut-être fait pareil, ou bien pire. »  Merde. Cette effervescence lui donnait soif. À grand regret, le ricochet déplorable de l’assuétude.

« Tu penses que je bois simplement pour me distraire ? »  Soupir désabusé. Rictus amer. Si seulement tel était le cas, il serait un simple poivrot. Severus aurait alors toutes les bonnes allégations de l’apprécier comme pathétique.

« Les images valent mieux que des mots »  Le professeur reconsidérait son siège, renouant avec sa posture précédente. Ses quinquets trahissaient une certaine réticence. Cloître abscons.  À demeure croupissait dans l’insondable son esprit. L’art de l’occlumancie l’avait étayé à verse sous l’injonction de Voldemort. Résidait en Archibald le seul quidam à s’être invité dans son barathre.  Il n’avait pourtant d’autre choix pour dessiller les yeux de l’ignorantin. « Tu devrais y jeter un coup d’œil… » L’exhortait-il d’une gorge caverneuse. L’index droit agaçait la tempe.  L’enclin n’était guère éloquent mais le lascar aspirait à quelques clarifications autour du ‘zèbre léger’ en qui le personnifiait Severus. Exaspération bourgeonnait devant son étroit croquis. « Profite Snape ! » La gorge ronronnait de raillerie.  

Dans l’igue de ses nébuleuses, une porte crochetée.


[FLASH BACK]


« Putain Rosier ! Tu te fous de ma gueule ? »

‘Rosier’. Substantif mollardé avec dépréciation du fraîchement promu ministre du département des mystères.

« C’est ton nouveau poste qui te monte à la tête ? T’es devenu con à ce point ? »

Épique portrait d’un Nott coloré. Chers étaient les incidents où le poli maraud se ployait à ses affects, sauf en présence du gibier de potence qu’était Archibald.

« Voyons mon petit hérisson d’amour, vois-y une occasion d’aider le ministère. Tu me demandais justement une idée pour nourrir ton temps libre. Tu me sembles las en ce moment. Je t’offre l’opportunité de sortir des sentiers battus.» Gorge onctueuse. Le diantre se nourrissait de ses desseins dans l’aisance de l’ottomane, sa bagatelle pour une ‘paphose’ moldue née sous l’empire d’un certain Louis XV.

« Donc j’ai dénigré ma famille jusqu’à maintenant pour retourner ma veste et jouer les petits disciples auprès de Voldemort ?  J’accepte beaucoup de choses de ta part Archi, mais là tu m’en demandes beaucoup trop ! » Le marbre s’était fardé d’un cinabre éruptif. Furibard, Nott désappropriait son ami de ses aiguilles à tricot.  « Tu m’écoutes ? »

Labres voraces. Clignement finaud. L’ogre de mistoufle l’avisait avec bercement. Le croque-mitaine était béant de singularité.

« Calme-toi mon choupet. Je suis très sérieux. J’ai besoin d’un fureteur parmi les cafards. Tu es le mieux placé pour t’infiltrer parmi ces moucherons de part ton sang et tes qualités en tant que sorcier et…’fouinard’. Je me souviens de Poudlard. Tu étais un vrai petit rat.  Remercie-moi plutôt. Papa Nott va être aux anges de voir son gnard regagner le chemin de la sagesse ! »

Camille vitupérait contre son ami.

« Maudis sois-tu, toi et tes idées à la con ! »

Il n’avait pas décliné l’offre pour autant.

[FIN]


[ ANOTHER FLASH]


Une autre porte se disloquait. Se pétrissaient dans la relique les cendres d’une lancinante cicatrice.

« Tue-les »  Susurre mielleux d’Alecto Carrow. L’éclat de ses prunelles brillait de cruauté. Ses phalanges dansottaient sur son échine. Mégère. « Il ne faudrait pas décevoir notre Seigneur… »  Ses lèvres ronronnaient de diablerie.

Devant le bourreau se dressait une brochette de mignards moldus. Ils n’avaient sans doute pas plus de dix ans. Jeunes suppliciés, ignares de leur dénouement. Et en vertu de ? La virginité d’un boyard sang ? Billevisée !

Lèvres écorchées dans une affection accablée. La  baguette affleurait la perspective des infortunés poupons, presque flageolante. « Fu fu …Où est passée ta paire de couilles, Nott ? »   Vif, les phalanges harponnant crûment la gorge de sa consoeur, la baguette toujours braquée sur les lardons. « Scelle-moi donc ces lèvres de vieille gatte si tu ne veux pas subir le même sort qu’eux » Articulation tranchante. La langue claquait sèchement contre le palais.

Une dernière lucarne désabusée, les dents oppressées dans un crissement coi avant que le sort impardonnable ne s’émancipe.

« Avada ke… »


[FIN DU FLASH BACK]

[FLASH BACK]


Jamais deux sans trois ?

Le dernier.

« Cam ? Tu es complètement ivre ?!  »

Voix abrupte. Affolement sous un rideau d’harangue.
« Moins fort Momo »  Gorge gutturale. Misère se glissait sous son ciboulot après un ‘rafraîchissement’ outrancier de brandy.

Inondant sa bulle d’alacrité, Moira s’était enjointe à sa guenilleuse carcasse. Aveuli dans l’arcure de son fauteuil, une bouteille à moitié vide rompue entre des phalanges, arborant une piètre fresque. Pitoyable il était.

« Qu’est-ce que tu fais là ? »

Un élancement flétrissait sa joue droite. Une giroflée s’était dévoyée. Il n’avait eu le temps de saisir cette douleur que sa sœur de cœur dardait son abajoue gâtée par une main chaperonne.

« Pardon pardon…Tu ne réponds pas à mes lettres depuis quatre mois ! Je m’inquiète Cam… Reviens…cette existence te détruit. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais ça ne peut plus durer ! »

Lourd fardeau écrasait sa charogne. Gavées d’un dolent mésaise, les lucarnes s’apostaient dans celles de la jeune femme.

« J’ai fait quelque chose d’horrible… »


[FIN DU FLASH BACK]

And the last…

[ FLASH BACK]

« Mon petit troll »

Velléité de s’absoudre de son absentéisme. Le paternel désolé affriandait quelques imminences auprès de son petit brontosaure froissé. Cabocharde, Remy se suffisait autour de son bricolage moldu, résolue à bouder son père. Croquignolet mômichon  ajustée dans un racoin du salon, daron logé dans son sillon, patient. Planté au sol,  il goberait autant de mouches qu’il faudrait pour se racquitter de son éclipse.


[FIN DU FLASH]

« Argh… Ce n’est vraiment pas agréable… »

Exhiber sa profondeur était loin d’être riant.



(Ps : on imagine que ta chaise a des accoudoirs <3)

Vocabulaire :

(1) Expression métaphorique sur les secrets cachés qui doivent être divulgués, tirée de l’évangile selon Matthieu.
(2) = avec maladresse

(2086 mots)


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Il grogne et boude, mais ne mord (presque) pas.
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Lun 24 Juin - 22:01
GNÔLE



L’ire fracasse toute cohérence de la pensée, muant impressions en certitudes, a priori en vérités générales. Le faciès affaissé de Camille Nott ne m’inspire plus guère que l’inimitié belliqueuse qui fut nôtre, mienne, pendant de si longues années. Il fallut que j’endure sa présence dans les couloirs de l’école puis dans les rangs des mangemorts. Pourquoi diable me suis-je imposé sa présence en tant qu’enseignant ? Un fol espoir, peut-être, d’offrir une vie meilleure à ceux qui, comme moi, ne trouveront jamais emploi après les affres de la guerre. Parce qu’ils appartiennent au camp des vaincus. Mais j’aurais dû savoir qu’un mangemort comme Camille n’aurait aucune commune mesure avec une victime de guerre comme Bianca ou Lawrence. Ce sont eux, peut-être, que j’aurais dû accueillir ici au lieu de cet homme refusant même de reconnaître son état.

« Ivre ? Allons, tu pousses le bouchon severus. J’étais juste ‘pompette’… »

Le sourcil se lève, le poing se serre à en blanchir les phalanges d’une bile nouvelle. Résiste, Severus, résiste à l’urgente pulsion qui te parcoure l’échine. Je me force à relaxer les mains, les bras, les épaules. Tension et pulsion refluent jusqu’à se celer sous l’impassibilité d’un masque. Heureuses étaient ces heures où le silence et l’étude dans les lieux les plus improbables de Poudlard me tenaient loin des mauvaises plaisanteries de Potter et compagnie, mais aussi de celles de Nott et Rosier. Ni en sécurité dans les couloirs, ni même au sein de ma propre maison. Elle était belle, la glorieuse Poudlard accueillant tous les jeunes sorciers.

« Je n’ai sans doute pas bien formulé ma phrase. Vu comme ça, ça ressemblait plus à un caprice… »

Sans déconner.

« Je ne vois pas en quoi je me suis montré irresponsable en tant que professeur ? Mon inclination pour l’alcool touche ma vie privée et n’impacte en rien sur mon travail, tout comme le détail de ma forme animagus. Certes, j’aurais ‘peut-être’ dû le déclarer. Personnellement, je me contentais bien de le garder secret. Je ne vois pas en quoi ça change pour toi qu’il en reste ainsi.  Si ça peut calmer ton courroux subjectif, ma foi je veux bien m’y soumettre… »

Nouvel aveuglement fait siffler de colère ma voix. Glacier dédaigneux. Le mépris ne se cèle même plus sous un vernis policé. Déception. Qu’avais-je espéré ? Offrir une seconde chance à cet homme en signe de paix ? Mais de quel symbole pacifié peut-on faire la grâce à un homme-enfant à ce point incapable de maturité ?

« Ton cas est plus grave que je le croyais, Nott, si tu n’es ni capable de juger de ton état d’ébriété et des effets que cela engendre sur la qualité de tes cours ni capable de comprendre que tu es hors la loi et que je n’ai aucune envie de payer, en tant que supérieur hiérarchique, pour tes imbécillités. »

Potter n’a besoin que d’une raison… Un seul prétexte pour venir fourrer sa tignasse indomptable dans les affaires de mon établissement. Écrin de possessivité soudaine vis à vis de ces hautes murailles, de ces pierres pâles enchâssées dans une gangue de verdure et de grisaille. L’Écosse n’a jamais été ma patrie, mais Poudlard devint ma maison, au moins dans ma vie d’adulte. Qu’en pensais-je, adolescent ? Frimas titille la carne lorsque j’éructe une dernière série de menaces. Et c’est le drame.

« Pardon ? »

J’arrache enfin, presque avec satisfaction, un sursaut de la carne pathétique de mon enseignant. Sera-ce le dernier remous avant le renvoi ? Peut-être me frappera-t-il ? Qu’il me fasse ce plaisir de lui coller une plainte aux trousses. Pourquoi l’avais-je engagé déjà ?
Ah oui.
Emmerder Potter.

« Voilà un portrait saisissant, pour ne pas dire pathétique, que tu as de moi… »

S’il savait… S’il imaginait… Un souffle à peine, perdue sous le son de sa voix. Une épave, Nott. C’est cela que je vois lorsque je te regarde.

« Toi, tu juges sans connaître. Moi qui te pensais plus poreux que ça. Je suis déçu  Tout les soiffards ne sont pas ton père ou ta mère, Snape !  Sans doute ton père… »

Le museau s’affine dangereusement. Mes lèvres ont blanchies, fin trait barrant à peine un visage où le neutre ennui peine à se maintenir. L’explosion toute proche. La nuque se crispe en l’attente d’un heurt qui ne vient jamais. Presque surprenant.

« Tu restes fermé dans ta boursouflure d’entraperçu. Certes, les asticotages des jeunes années ne t’ont sûrement pas aidé à concevoir une meilleure image. Je ne peux t’en blâmer… J’aurais peut-être fait pareil, ou bien pire. Tu penses que je bois simplement pour me distraire ?
- Il n’y a aucune bonne raison de boire, Nott. »

Froid couperet lâché dans la glace.

« Les images valent mieux que des mots »

La tempe du poivrot est tapotée de longues phalanges blêmes. Est-il sérieux ? Mon sourcil se carapate sur les hauteurs d’un front ridé de consternation. L’incrédulité s’est parée d’un rictus dédaigneux. Simple mesure de précaution de peur qu’il ne se joue, une fois encore, de moi. Ce ne serait qu’une occurrence parmi tant d’autres.

« Tu devrais y jeter un coup d’œil… Profite Snape ! »

Rire bref, sans joie, chargé de tout le mépris que j’y puis faire tenir.

« Je doute de profiter de quoi que ce soit dans ta tête, Nott, Legilimens. »

Les images se succèdent, étourdissantes. Dispute avec Nott. Enfants à assassiner. Moira auprès de lui. Pointe de jalousie. Remy Nott. Au torrent d’informations succède un calme brisé par la seule voix de Nott.

« Argh… Ce n’est vraiment pas agréable… »

Agitations contraires sous la caboche. Il faut un temps de silence. L’empathie est si bien gelée dans mon coeur que ma première réaction serait de rire. Un rire caverneux suivi d’une exclamation cruelle. C’est tout ? Tout ce qu’il a fallu pour te briser ? Des enfants  ? Mais la pensée ne franchit mes lèvres. Compréhension n’est pas acceptation. La voix s’est un peu radoucie, cependant. L’ire retombe lentement, retourne bouillonner à un niveau acceptable. Bouillonne contre quelqu’un d’autre.

« Rosier… évidemment. »

Qui d'autre pour risquer jusqu'à la santé mentale d'un ami pour son propre avancement. L'immoralité de la situation me fait presque vaciller dans une morbide hilarité. Le labre s’étiole en un sourire dur. Je cherche l’oeil de l’ancien mangemort, le trouve. Soutiens son regard.

« Si ton expérience explique ton besoin d’oublier, Nott, ça n’excuse rien. L’alcool n’est qu’une fuite. Tu bois parce que tu refuses d’affronter ce que tu as dû faire… Et ne viens pas me dire que je ne comprends pas. Tu sais très bien que dans cette pièce, tu n’es pas le seul à avoir du sang d’enfant et d’innocents sur les mains. »

Je n’arrive pas à réchauffer ma voix. Après la tempête d’une aveuglante colère, me voici agacé.

« J’aurais toutes les raisons de boire, comme d’autres, comme Bianca Selwyn. L’alcool n’est pas une putain de solution ! »

Debout, me voici face à Nott, un doigt inquisiteur sur la poitrine de l’autre.

« Tu es professeur ici, directeur de la maison Serpentard. Tu. Es. Censé. Montrer. L’exemple ! Quel exemple, vraiment, pour les élèves et pour ta fille que de voir leur responsable, leur père sombrer dans l’alcool le soir ! Affronte tes démons, trouve toi un psy, tue Rosier si ça te fait plaisir, mais fais quelque chose, Nott ! »

L’heure de l’ultimatum. La voix s’est faite de glace. Pas une once de compassion. Je devrais le virer, alors pourquoi essayé-je ce dernier mouvement pour le tirer de sa merde ?

« Tu as le choix : soit tu gardes ton métier de professeur et tu arrêtes de boire en te faisant aider s’il le faut. Soit tu choisis l’alcool et tu peux faire tes valises tout de suite. Dans tous les cas, tu es déchu de la direction de Serpentard. Je ne confierai pas la sécurité et la paix d’esprit des élèves de notre maison à un alcoolique ! »

Les orbes noires crament de résolution. Choisis, Nott, et choisis bien.

1504 mots


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Camille Nott
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Dim 30 Juin - 21:08
Gnôle, ma bonne amie


Les cafards de ses soupiraux semblaient aiguayés dans l’opprobre. Mis à nu après avoir entrebâillé le tombeau de ses vestiges, il digérait malaisément cette prestation. Macération cagnarde. Défrichement épidermique. Duraille alternative que celle-ci. Les quelques chicots qu’il venait de délayer n’étaient la pellicule que de quelques tripotages. Il se prémunissait bien d’étaler les sinuosités de son cénotaphe. La grande sorgue se présentait presque unguineuse pour ces minots à côté des sévices auxquels ils avaient été acculés. Hideuse monstruosité empiétait sa charogne. Derniers outrages. Le sort impardonnable était un canard parmi ces morbides défloraisons. Abominable seigneur des ténèbres. A priori, il ne négligeait pas que par sa truffe mais aussi par sa comminatoire vésanie. Monstre ? Ils l’étaient tous. Tous ceux qui avaient embrassé sa cause. Il les avait tous ‘baisés’ comme des gorets. Tranchant prestidigitateur.

Honni des sorciers pour sa putative foi. Dénouement qu’il supportait cahin-caha.  ‘J’aurais du t’envoyer à la merde Archi’. L’esquisse d’une vive cogitation. Averti, il ne pouvait que s’objurguer lui-même. Frivolité que d’incriminer semblable. @Archibald Rosier n’avait été que la semence d’une aberration. La suite s’était pliée sous sa prétention. Fêlure grignotait peut-être sans nul doute son caillou  ‘Il est juste fou’ _ mais ignominie brossait son propre personnage. Fange vorace dilapidait sa carcasse. Plâtre de nébulosités.

Alors, pourquoi après avoir exhibé une miette de ses reliques se sentait-il aussi piètre ? Misérable ? C’était l’appréciation que lui faisait endurer Severus. Crobard d’une pitoyable mouscaille. Trou d’homme à l’éclat contempteur. Égal à lui-même. Le saut-de-loup (1) de mésaise s’affouillait de jure. Monsieur Snape avait l’égoïste aisance de le faire sentir minable. ‘Quelle qualité…’

Une merde dans une onde d’ânerie. ‘Ça pourrait être un chouette titre de livre ?’

« Je suis d’accord avec toi… »

Comment ?

Unbelievable ! Snape et Nott unanimes. Il fallait buriner ça dans la caillasse !

« Je fuis mes problèmes. Plutôt mes souvenirs. Ça marchait plutôt bien… »

Capitulard devant cette lapalissade qui déguisait une létalité en perspective, ses épaules se courbaient d’un tort. Gibier de potence qu’il était. Dessillement d’une piteuse vraisemblance. Finalement, il n’était peut-être juste qu’une éponge de tord-boyaux.

« Je le sais, Severus. Tes mains sont aussi crapoteuses que les miennes. Comment fais-tu ? Tu sembles tellement imprégné d’une respectable contenance ! Tu t’es fait botoxé l’esprit ? »  Soupir désabusé. Finalement, peut-être était-il juste plus ‘ébranlable’ qu’un tiers ? Malgré son intransigeance pour moult domaines, sa sensiblerie s’avérait ‘à tout berzingue’ (2) chatouilleuse.

L’agacement pondérait toujours le gosier du cadet. Jurement mental pour cette entrevue. Gnard à qui l’on chantait pouilles. Il détestait ça. C’était pourtant l’unique dégorgeoir vers une ombre de comprenoire, pensait-il tout du moins.

L’allusion à son amie Bianca lui écorchait les lèvres d’une risette bilieuse. Deux suppôts de Bacchus intimes dans une fantasque accointance. ‘De vrais téteurs’.

‘Tuez Rosier ?’ Il devinait l’agrément que Severus pourrait en aguerrir.
Malgré les foucades de son ami, son frère, il ne concevait pas une telle insanité. Il pourrait néanmoins tuer Citrouille. Chat teigneux !

L’épilogue affleurait le grondement du directeur. L’impératif modulait  la sentence. Remous gondolaient sous sa caboche. Gamahuchage d’un frémissement sur son épiderme. Verdict chargé.

Allonger la rinçonnette ou s’accaparer de ses obligations en tant qu’homme fait ?

Embryon d’un dilemme qui n’en était pas vraiment un. Aigrelet, le poids de la véracité. Il ne voulait pas d’un horizon où son personnage ne serait qu’un téteur de pétrole. Rude était de l’admettre.

« Soit… »

Les articulations claquaient dans une cadence progressive tandis qu’il lacérait sa stature de son siège. L’échine dessinée dans une rectitude équilibrée, les mandorles époussetaient avec égard la pièce. Le diableteau disposait sa baguette dans une inclination explicite. Semblant de tabernacle, clos.

« Alohomora »

L’armoire s’entrebâillait comme une honteuse rosière. (3) En son intimité se muchaient un auguste flabellum de bouteilles. Whisky mouchetait la rondelette pelletée. Torsion des commissures dans un fard amer.

Écho mordicant.

« Evanesco »

Quelque chose se contractait sous le sternum. Boyaux ourdis. L’étreinte avec les responsabilités était suffocante. La pesanteur de l’assuétude grattait déjà sa langue d’une cuisante siccité. Criarde sensibilité. La pucelle déflorée de son bien n’était plus que dérisoire. Ne subsistait plus du placard qu’un arrière-goût de vitriol.

Rictus persifleur. Dérision léchait son palais. Camille piquait d’une œillade évasive son vis-à-vis.

« Tu auras une double satisfaction dans l’histoire , mon cher Severus. Mon sevrage et un Rosier jaloux de ta prestation. »

Combien de fois n’avait-il pas déjà entrepris de le nettoyer de sa faiblesse ? Sans fortune.

« Vos exigences sont-elles assouvies, directeur ? »

Vouvoiement emprunté. Soupçon d’animosité, le temps d’une éphémère susceptibilité.


- (1) : large fossé
- (2) : vite
- (3) pucelle


(839 mots)

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Jeu 25 Juil - 10:52
GNÔLE



La rencontre a été brève et surprenante d’efficacité. Je cligne un peu des yeux, hébété lorsque Camille reconnaît avec une désarmante et douloureuse simplicité s’être abîmé dans les vapeurs d’alcool pour oublier ses crimes. Raidissement parcoure le dos. Je comprends, en cet instant, tout l’agacement que @MOIRA A. OAKS peut éprouver à l’écoute de mes jérémiades lorsque vient le temps de s’apitoyer sur son sort. Je comprends enfin ses raisons de me claquer au visage les pires heures de mon passé pour me faire réagir. Futée Moira, je lui dois désormais des excuses et un présent. Un sourire amusé déchire l’encoignure de ma lèvre, tempère ma fureur. Je me ressaisis bien vite : il ne faudrait pas que ce sombre amusement passager fût mal interprété.

« Je le sais, Severus. Tes mains sont aussi crapoteuses que les miennes. Comment fais-tu ? Tu sembles tellement imprégné d’une respectable contenance ! Tu t’es fait botoxé l’esprit ? »

L’amusement revient, enflammé d’une dureté dans le regard. Prunelles inquisitrices fouillent dans les lacs pâles de Camille Nott. Ne comprend-il pas ? Ne devine-t-il pas ? On dirait que non, il va falloir expliquer.

« Je fais ce que j’ai à faire pour pouvoir me regarder sans ciller un jour dans un miroir, Nott. »

La phrase est sèche, le ton adouci.

« Il serait plus simple pour moi de mourir : alors je vis, et j’expierai chacun de mes crimes jusqu’à la mort. Je fais non pas ce que je veux mais ce qui est juste, ce qui doit être fait. »

Sens du devoir exacerbé par ces années de pénitence qui courront jusqu’au trépas. Le dos s’est raidit tandis que Camille attrape sa baguette, ouvre sa cache secrète – C’était donc là qu’il planquait bibine – et fait disparaître les bouteilles sous mon œil impassible. Il semblerait qu’il ait choisi de conserver son métier après tout. Je n’en conçois aucune joie ni aucun dépit. Sentiments asséchés devant ce spectacle qui me paraît lointain, comme vu au travers d’un prisme diffractant la clarté de la pièce dans ma mémoire. Souvenirs fracassés, actuels. Je contemple les émois qui filent sur le vis de Camille, traversent ses prunelles d’émotions contradictoires.

« Tu auras une double satisfaction dans l’histoire, mon cher Severus. Mon sevrage et un Rosier jaloux de ta prestation. Vos exigences sont-elles assouvies, directeur ? »

La hargne soudaine de Camille n’a rien d’étonnant. Ressent-il déjà les effets du manque ? La bouche se contracte en un rictus sévère.

« Que les choses soient bien claires entre nous, Nott : je n’éprouve aucune satisfaction personnelle à te faire arrêter l’alcool ou à te voir picoler. Je n’ai aucun orgueil dans ton sevrage et ta résolution, et ne suis pas en compétition avec ce chien de Rosier pour tes affections. Je n’ai pas d’exigences particulières : si tu préférais quitter ton poste au profit de la bouteille, je n’en aurais pas conçu plus de joie ou de dépit qu’actuellement. »

Un temps.

« Si tu arrêtes l’alcool, si tu choisis de prendre ta vie en main, Camille, fais-le pour toi : pas pour moi, pas pour ta fille, mais pour toi. C’est à toi que tu rends service en arrêtant l’alcool. Contrairement à ce que tu sembles penser, à quarante-six ans, la vie ne s’achève pas : il te reste du temps pour construire autre chose de ton existence. Faire autre chose que de noyer tes crimes dans une bouteille. Réfléchis Nott ! Est-ce que c’est le souvenir que tu veux laisser à tout le monde, ta fille en premier chef ? Ta vie n’a-t-elle valu que par les morts que tu as laissé sur ton passage ? N’as-tu rien fait d’autre ? N’as-tu pas envie de faire quoi que ce soit d’autre ? »

La voix s’éteint, vibrant encore dans la nuit.

« Repose-toi, Nott, allons tous nous coucher. Demain, j’annoncerai à @Regulus Black qu’il est le nouveau directeur de Serpentard, je suis cependant heureux de n’avoir pas à chercher un nouveau professeur d’arts obscurs au milieu de l’année. Arrange-toi pour que cela reste ainsi. Tu passeras à Sainte Mangouste ou à l’Infirmerie d’ici la fin de semaine pour prendre contact avec un accompagnant pour t’aider dans ton sevrage. »

Un ordre.

Les prunelles d’ébène accrochent une dernière fois les saphirs translucides de Camille.

« Tu peux t’en sortir, Nott. Tu as le droit de vivre et de te libérer de tes fautes. »

Et la haute stature de s’en détourner pour quitter le bureau.
Ai-je bien fait de lui donner cette seconde chance ?
784 mots


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