Pater nostre - Drago
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Lucius A. Malefoy
MODÉRATRICE & MJ
hiboux : 519
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Sam 19 Jan - 14:19


Pater Nostre
« Crame, pleure. Le sang des innocents ruisselle. Eventration, naissance. Le bambin venu au monde déplaît et fascine. Le fils du père jeté dans le fleuve d'ancestrales aspirations se débat pour pousser son premier cri. »

Le corps s’est encastré dans le petit salon. Hère fatigué, échine harassée. La fuite, la peur. Une fois n’est pas coutume, les traits sont anciens, usés. Wilson a pris des vacances, Malefoy est revenu. Deux jours. Précieux temps passé parmi les siens. Incartable, intraçable, le mignard petit blondinet a pris son week-end en disparaissant de la surface du globe pour une poignée d’heures. Le vêtement précieux drape les aristocrates lignes, s’étire sur le torse, longe les jambes. Lucius Malefoy est celui qu’il a toujours été : austérité d’un masque, silences d’agneaux dont la pureté illumine la toison blonde d’une pâleur séraphine. Son infiltration à Poudlard n’est connue que de la seule Narcissa. Sa chère, sa tendre. Dame duquel il se fait le bras armé. Colère, résignation. Le pion instrumentalisé à nouveau. Quelle irone que le mot gravé sur les armoiries des Malefoy soit « Ne jamais plier l’échine devant les puissants ». Maison régalienne n’a plus de couronne. Déliquescence touche même le sang bleu. L’empire s’est délité. Que reste-t-il de la révérée splendeur d’antan ?

Étirer le vieux dos empesanti de trop de regrets. Qu’aurait-il pu faire différemment ? Tout ? La marque noire sur le bras de son fils justifie à elle seule la décadence de toute sa maison. Offrir au maître sa propre chair. Lâche. Sale. Le paon ne parade plus. Vie d’ombres lui suffit, passant rarement par les couloirs de son ancienne demeure. Douleur ravivée à chaque pas dans un luxe qu’il ne mérite plus. Dégoût dégoutte sur le parquet. Sang de l’innocent qu’il a envoyé à l’abattoir. Qu’est-il sinon un traître à son sang ? Même les Weasley n’ont pas autant fait honte à leur nom que lui. Maître du monde devenue lie des enfers. Quel espoir reste-t-il ? Quelle raison de survivre demeure ? Plusieurs fois, la lame a couru le long de la veine, hésitant à entailler la peau flétrie par les épreuves. Et toujours cette marque affadie, mais bien réelle. Vestige d’un temps de servitude à ramper dans la fange et la merde d’autrui.

Pourquoi donc hasarder ses guêtres jusqu’à la maison familiale ? Jusqu’au domaine irant son coeur d’une juste colère contre sa personne ? Aucun ne l’attend, aucun ne le désire. Narcissa est peut-être plus encline à laisser à l’écart de leurs conversations les fautes du patriarche, mais elle ne peut cacher la tristesse embuée de calcul derrière son œil froid. A-t-il aimé ? A-t-elle aimé ? Drago fut-il fruit d’un égarement amoureux ou d’un devoir consenti ? La réponse est plus effrayante que la question. Décennies glaçantes ont filé, pour la première fois, le coeur refroidit palpite un peu. Battement fébrile, faible. Trop tard, sans doute. Il eût fallu que cela vienne plus tôt. Il attend. Immobilité silencieuse. Quiètes pupilles dissèquent les ombres encloses à la tombée de la nuit. Le père attend un fils endeuillé. Viendra-t-il ? Parabole du fils prodige s’inverse. C’est le père qui a fauté et doit désormais faire amende honorable. Il ne pourrait tenir rigueur à la chair de sa chair, @Drago Malefoy de désavouer son lignage.
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Jeu 7 Fév - 20:00
pater nostre



Râle épaisse.
Moelle vibre, trémule.
Granule à souhait.

- Tuer

Octave.
Une voix. Un autre.
Façonné, fomenté à l'aube assassine.
Glaise charogne pétrie, éructée des synapses endoloris. Née du séjour en cellule. Se souvient-il... Humidité et noirceur l'ont dégueulé au creux des nerfs. Une carrure noire sur les putrides rivages. Jumeau malsain, gémeau satyre. Qui mouille l'échine, qui creuse la moelle. Murmures rayonnent à l'oreille, caillebottent ichor et laminent tissu conjonctif. Desseins morbides bourdonnés, haletés jusqu'aux méninges. Qu'est-il? Qu'est-elle? Chimère, mirage, folie de sa créole bobèche? Graine de chagrin, fruit de son ire ? Œuvre féale à son maître, possessive et jalouse, protectrice et sournoise. Poudre de chafouinerie, liqueur d'entropie. Qui coule, qui brûle métaphyse. Accointance grenat, névrose diffuse sous la brunâtre toison d'un adulte redevenu petiot lardon. Si Astoria est partie, il n'en est pas plus seul.

- Il est coupable. Ce Potter

Pensées méphitiques.
Horreur sarcle neurones, nimbe dendrites. Phonème d'une être meublant l'espace. D'un intrus dans son crâne... Démence chuinte. Déni, vérité ratiboisée aux confins de l'esprit. Il est Drago Malefoy. Pas un dingo prompt à St-Mangouste!

Océan noir.
Vêpres d'orval.
Ombrageux murmures.
Tourmente lèche les cieux anthracites.
Sur les rives entropiques, blondin vivote, barbote dans vaste fatras. Grégal contre os, froid sur carne, orseille au tragus, il vogue, rame sous crachins de platine, tel un cavalier pâle.  L'astre malin corrode l'abîme lorsque s'évangélise Drago à l'orée familiale. Quoique le terme semble désuet dans le cadre Malefoy. Fanum en miettes où l'égide paternelle n'est plus que broutilles. Almes crotales tronqués par les stigmates d'avanie. Peuvent-ils renaître de leurs cendres, comme le sémillant phénix? La moelle crevée de chimères nie moindre utopie. Traumatisme gratine l'échine, se luxe d'obusite. Depuis le Céleste, diamant sur négresse semble toiser verve bohémien. Sorgue des tortueux, fief des louvarts. Imprudence d'une balade au clair obscur. Fort heureusement, moindre bissêtre est éludé sous l'odyssée du rondelet Mani.

"Flamel..."

Opale auréole, boursouflet sur crête. Pelote, nivéen coussinet froufroute sur toison carmélite. Créature lacère charisme du haut de son croquignolet duvet. Fraîche acquisition, consolation post-mortem. Caristade, rocambolesque présent de Camille Nott. Gueule ahurie lorsqu'avorton échoua entre ses paumes pour frotter son poil et couiner tendresse.  Depuis, jeunot s’accommode de l'évaltonné poucet. Giboulée exhibe humeur pour toupiner au summum de sa brioche et défeuiller sculpture de kératine. Outre ses talents de fanfaron, toison se carmine lorsque se glaviotent bises mensongères. Bon à savoir.

L'hiver lèche, la blancheur assassine.
Hiémale saison où s'envolent les bernaches et se nichent les quadrupèdes. Crotté de neige, transi de froid, l'ophite baroudeur lorgne poudreuse crachée du zénith avant de glisser pénates dans l'ostiole du claustral sérail. Modique chaleur, humble clarté l'accueillent dans l'artère dépeuplée de l'ostal. Epuré de sa casaque, boucané d'un moulinet de férule magique, Drago raccoise flocon sur calebasse d'une fugace flatterie. A l'instant, fâcherie hogne, nombril chapitre creux d'éléphant. Il y a des entrailles à nourrir. L'inévitable appétit. La soupe aux carottes est depuis longtemps digérée. Se pointe t'il jusqu'à la cuisine pour y chaparder viennoiseries mitonnées à l'aurore.  Sucre pétille, chocolat gourmande le palais. Suçotant dernières miettes sur doigts d'albâtre, piaillements chatouillent tympan, troll blanc gambille sur citrouille. Compris... Obole de galette, rognures fourrées dans la pelucheuse margoulette. Flamel trémousse fourrure de gloutonnerie. Petit goulafre!

Rejoignant le hall, Drago réalise son reflet - sans gloire sans magnitude - dans le miroir de la muette artère. Un chemise blanche engloutie sous un pull vert sans col. Un pantalon noir cintrant fines gambettes. Cireux, aminci sous plis d'étoffe, le crotale observe le pâle écho de soi-même. Une couenne rachitique tenant sur maigres gigots. Il est loin, l'émerillon de Poudlard.... Un verre de whisky lui réchaufferait le gosier. Aussi prend-il le chemin du salon, où il ne s'étonne d'y voir flammes léchées l'âtre. La matriarche ne doit être loin.  Caléfaction riffaude peau moite et lessive squelette de moindres rhinites. Des premiers pas dans le vaste boudoir, l'ocelle accule silhouette dans l'enclos de sofas. Crampe, espalette s'enflamme. Si c'est bien blondeur qui trône sur fauteuil en cuir, il n'est nullement celui de Narcissa. Lui?! Que fait-il ici? Drago loupe une systole, titube, se fige, hésite, lorgne le paternel avachi sur voltaire. Lèche de surprise. Piétiné, émoussé sous bisbille d'humeurs, se chauvit-il à la vue de l'ocre félon.

- Le Judas. Il t'a traité comme un cochon à l'abattoir.

La ferme.

"Toujours vivant..."

Déception ou consolation? Sans versifier, il fouille réponse. Ne saurait pourtant dénouer l'arantèle, l'entropie de sa brioche. Chétive frontière entre hargne et tendresse. Les passés s'enchevêtrent, joyeux et cruels, jusqu'à l'épilogue de leur alme ruine.

"Pourquoi aujourd'hui?"

Curiosité.
Trop tôt? Trop tard?
Condoléances obligées?
Incertitude scalpe cortex tandis qu'il rallie le mini-bar pour s'y offrir cristallin d'alcool. N'ose t'il s'approcher, fouler périmètre du psylle, bercé de marasmes, d'aversion cadette. Depuis son angle de mire, darde t'il bleu d'azur sur galantin, scrute t'il galbe suranné faire florès. La fugue semble lui réussir. Il est loin, le clopinard, le disgracieux pouilleux, couinant sous la cime du Seigneur des Ténèbres.. Que pense-il, là de suite? A défaut de 'recevoir une avoinée' de son morveux, croit-il se faire gloser de moult vilenies? Voir le morveux 's'en moquer comme de colin-tampon' du retour inopiné de son daron? Ni l'un ni l'autre. Marmouset sur la dérive des certitudes. Sans pagnoterie, sans toupet, gondolé d'une panicule d'énigmes. Sujet à pupillance. Prêt ou non s'abreuver de parénèses ficelés du goulot senior. Ventricule tremble sous brocarts, veines se dilatent. Grassouillet Flamel mâchonne crin de cheveu au suaire d'anxiété.



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(c) DΛNDELION
Lucius A. Malefoy
MODÉRATRICE & MJ
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Mar 19 Mar - 21:18


Pater Nostre
« Crame, pleure. Le sang des innocents ruisselle. Eventration, naissance. Le bambin venu au monde déplaît et fascine. Le fils du père jeté dans le fleuve d'ancestrales aspirations se débat pour pousser son premier cri. »

Suave belladone clamse dans le hall des Malefoy. Voûtes plafonnent au dessus des corps alanguis et tendus. Mols dans leur chair mortelle. Crispé sous les tempêtes ravageant les caboches. La carne souple répond à la vocifération silencieuse des reproches. De la haine. Des désirs inassouvis de sang et de violence. Veules pulsions. Battoirs prêts à frapper. Et l’un, et l’autre se dévisagent. Père et fils. Moment suspendu dans la hargne d’une quiète observation. Prudentia. Sénèque gueule ses ordres, tempête ses appels à la mesure. Le Stoïque fige un masque austère sur la face du père.

La face du pair.

Drago n’est plus le fils depuis longtemps. L’a-t-il un jour été, ce dragon élevé pour le combat, pour la lignée ? A-t-il un jour compté en tant qu’enfant ? En tant que puer fragile que l’on choie contre la chaleur d’un torse et dans la douceur d’une étreinte ? A-t-il été ce fils que l’épouse offrit en pâture à l’exigence d’un Seigneur dans sa maisonnée ? Oligarques erreurs, ancestrales attentes. Le système s’est sclérosé jusqu’à réduire le nombre de marmots gambadants dans les jardins au seul être torturé jeté devant lui.

Pourquoi n’ont-ils jamais eu d’autres enfants ?

La flamme paternelle s’allume trop tard dans l’oeil et le coeur décharnés d’un vieillard. Se musser sous le masque juvénile d’un petit prodige n’est rien. Fontaine de Jouvence illusoire, Faucheuse n’en retiendra pas plus son coup pour autant. Viendra un moment où la vie sera cisaillée, et où la douceur à peine flétrie du derme se fera glace roide puis bouille véreuse. Humus l’engloutira… ou l dégueulera peut-être, os lavés de ses boyaux, sur le rivage. Trouvera-t-on crâne blanc de son sépulcre profané ? Se mirera-t-on dans le vide de ses orbites ? Memento mori et danse macabre sont tous proches. L’encre dévore l’échine, grignote la force. Le temps fuse vers l’inexorable, infuse chaque pensée d’une morbide couleur.

Serpent.

L’échine s’est dégoupillée du fauteuil. Stature haute frôlant les pavages du sols. Combler l’espace entre son fils et lui. Rester à bonne distance. Hésitation ronge les fibres de ce corps mû comme un pantin pendant de trop longues années. Soupir étrange. Souffle de vie et de mort respirant déjà la putride puanteur des adieux. Encore vif, mais pour combien de mois ? « Toujours vivant, oui… J’en éprouve un égoïste contentement et une altruiste affliction. » La voix n’a plus rien des modulation doucereuse du politicien. Sécheresse vive aux accents lissés, chuchotement affaibli ricochant dans l’absolu d’un silence. Main tendue, suspendue dans l’air glacé de retrouvailles inattendues. Presque un effleurement sur la joue avant que la paume ne se suspende dans le vide et ne retombe le long du corps. Étreinte esquissée, retenue, refoulée. Serait-elle bienvenue ?

Un pas. Un seul, c’est tout ce qu’il faut pour que la clarté inonde le visage troublé de l’aristocrate jadis impavide. La clarté céruléenne des prunelles est nuageuse, troublée de voiles clairs. Une étrange lumière y brille. Profondeur d’une étincelle inédite. Rédemption ? Le coeur est serré, étreint d’angoisse, broyé de la certitude d’avoir causé tant de mal à ce qui aurait dû être le centre de son existence.Anathème. Blasphème contre la vie. Contre l’existence même. Parjure et Hérésie. Qu’ont fait les inquisiteurs ? Et l’âme toute entière crame et saigne sur le bûcher du remord. « Je suis désolé, Drago. » Pour quoi ? Pour tout. Mauvais père. Piètre mentor. Inique mangemort. Punitions du père ont marqué le fils d’un sceau de servitude injurieuse. Il ne peut même pas se retrancher derrière l’amour qui a flambé entre deux êtres, prélude à une conception. Ce n’était que du devoir. Faire venir héritier sur cette terre. La voix n’est qu’un souffle, les prunelles célestes ne lâchent pas le dragon d’ombres mouvantes. « Il est trop tard, sans doute, pour que tu me pardonnes, mais je serai là pour toi, désormais, aussi longtemps que je le pourrai. Aussi longtemps que tu me le permettras. »
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