Généalogie | pv. Rogue
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Uriel J. Lewis

Uriel J. Lewis
Dr. Mamour
hiboux : 33
Mer 11 Déc - 15:05



Généalogie
Cela fait plusieurs mois, maintenant, que tu portes le deuil de ta mère. Ne pas en avoir été très proche de son vivant ne rend pas plus facile sa disparition. Distante ou proche, froide ou joviale, triste, en colère, brisée, ça restait ta mère. Ta vie a repris son cours mais elle a perdu de sa saveur. Il y a toujours, sur ton palais, ce goût de cendres, et dans ton coeur le poids du véritable secret de ta naissance. Ta croyance t’enjoint à la miséricorde. Prendre en pitié plutôt que haïr. Mais tu ne peux pas t’empêcher de sentir tout ton être se serrer à chaque fois que tu penses à tes origines. Tu es né d’un viol. D’un crime. D’une blessure qui s’est infectée toute la vie durant de ta mère. Tu as vu le jour, certes, grâce à Lucius Malefoy, mais tu as aussi du endurer la souffrance silencieuse de ta mère. Sa distance, ses silences. Tu aurais connu une enfance plus heureuse sans Malefoy, sauf que sans lui, tu n’aurais pas été là non plus pour te faire cette réflexion.

Tu en as parlé avec ton père. Lui seul sait, pour le moment. S’il n’était pas là, tu serais à la dérive, mais tu sens bien qu’il te faut multiplier les ancres. Il a sa propre peine à porter et ne peut pas en plus endurer toute la tienne. Tu as donc résolu de te tourner vers l’autre figure tutélaire qui t’a toujours compris, Severus Rogue. Ton ancien directeur de maison, celui qui t’a recommandé à Sainte Mangouste au sortir de Poudlard. Si Malefoy t’a donné la vie, ton père un foyer aimant, lui t’a offert une carrière. Tu as toujours trouvé que les Serpentards avaient une position particulière à Poudlard : le reste de l’école se méfiait de vous pour avoir été la maison qui avait abrité « tous les sorciers qui avaient mal tourné ». C’était oublier que des mangemorts pouvaient venir des quatre maisons et que tous les serpentards n’avaient pas l’avant-bras marqué au fer rouge. Mais tu as toujours trouvé que certains professeurs encourageaient la mise au ban de la société de tes paires, les poussant à se replier sur eux-mêmes et à se radicaliser. Tu te souviens par exemple de la vieille McGonagall qui avait sa petite préférence pour ses Gryffondor, ou de Dumbledore qui semblait les favoriser éhontément. Tu te souviens encore de cette année où vous aviez gagné la coupe des quatre maisons, mais non, il a fallut que Dumbledore alloue à quatre Gryffondor des sommes astronomiques de points pour avoir « sauvé l’école »… Comme si affronter Voldemort plutôt que d’aller chercher de l’aide était une bonne idée !

Tu y reprenses maintenant avec une bouffée de tendresse. Rogue était tout sauf impartial. Il vous défendait, vous, les vert et argent, parce que personne d’autre ne le faisait… Mais aussi parce que lui-même, dans sa jeunesse sans doute, avait du subir l’ostracisme dont vous étiez les victimes consentantes. Tu n’as pu te rendre compte que des années plus tard, en parlant avec ton père, que la plupart de tes congénères se satisfaisaient de cette position de victimes incomprises. Toi, tu n’as jamais pu t’y résoudre. Tu avais peu d’amis gryffondor, mais la grande majorité de ton cercle amical était composé de serdaigles et pouffsouffles. Tu traînais peu avec tous ces héritiers de la bonne société aristocrate, tu préférais, de loin, les gens plus simples et plus accessibles sans toutes ces traditions pour brider leur spontanéité. Tu te souviens de l’héritier Malefoy se pavanant comme un prince… Ton petit frère. La pensée t’arrache un pincement au coeur. C’est bien pour ça que tu t’es résolu ce soir à venir voir Severus Rogue. Tu lui as envoyé un hibou en début de semaine, il a répondu rapidement comme toujours, et tu es désormais à l’heure prévue. Tu lances une poignée de poudre de cheminette dans l’âtre de la salle de repos des infirmiers de Sainte Mangouste et tu atterris directement dans le bureau de ton ancien directeur de maison. Tu t’epoussettes et lance un evanesco sur le sol pour enlever la suie. Tu lui adresses un grand sourire quoi qu’un peu fatigué après ta journée de travail. D’ailleurs ton badge professionnel d’infirmier à Sainte Mangouste pend toujours autour de ton cou. Tu as encore oublié de l’enlever. Tu te dépêches de l’ôter et le fourrer dans ta poche.

– Bonsoir professeur, merci de me recevoir. Comment allez-vous ?

Tu as toujours su faire la conversation à nul autre pareil, et surtout, depuis quelques mois, tu t’es rapproché à nouveau de Severus Rogue. Le décès de ta mère t’a permis de réintensifier ton contact avec lui : ta mère ne l’aimait pas beaucoup… le côté mangemort, sans doute. Même si on sait désormais qu’il a été un espion pour Dumbledore pendant la guerre, il n’empêche qu’il a connu des situations infernales. Toi, tu lui voues beaucoup de respect pour tout ce qu’il a pu accomplir, mais tu sais que ce n’est probablement pas l’avis de la majorité. Et pour quelqu’un d’aussi traumatisée par les mangemorts que ta mère, tu supposes qu’il devait incarner le mal à l’état brut, peu importe ses actions.
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Severus Rogue

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Ven 3 Jan - 16:34
GÉNÉALOGIE

Que le jour croisse ou décroisse, il est des affres qui demeurent immanquables. Certains sont des souvenirs par trop présents, d’autres sont des craintes lovées dans les tréfonds des entrailles. Mes boyaux se tordent ainsi à la mémoire de certains événements dont je ne suis pas peu honteux et qui souilleront mes mains jusqu’à mon dernier souffle. Avoir livré la prophétie à Voldemort est un de ces crimes, mais ce n’est ni le premier, ni le dernier, et peut-être pas le plus terrible. Il a toujours eu une place particulière sur ma conscience pour avoir conduit au trépas de celle qui fut à la fois ma meilleure amie et mon amour de jeunesse, mais ce n’est pas la seule vie que mes actions ont détruit.

Avant-bras révélé, j’observe la marque de la honte fanée sur ma peau. Je la parcoure du bout des doigts, la porte comme la cicatrice d’un passé douloureux. La tâche s’épanouit sous l’effleurement de mes phalanges, caresse lointaine. J’ai toujours eu les plus ambigus des sentiments pour cette marque. Jadis symbole de l’allégeance folle qui était la mienne, la voici pour signer ma plus grande erreur. Ma plus grande folie. Ma plus grande rédemption. Car les ténèbres ne peuvent que servir à embraser plus férocement encore la plus aveuglante des lumières. Mes années de service auprès des mangemorts a été une terrible méprise. Mes années dans l’Ordre du Phénix m’ont permis d’apaiser un peu ma conscience, mais sans doute pas suffisamment pour me permettre un sommeil paisible la nuit. A chaque seconde de mon existence, je n’ai eu de cesse que d’expier jusqu’au dernier souffle, jusqu’à l’ultime remord mes fautes.

Me pardonnerai-je un jour ? L’avenir seul me le dira. Et lorsque je contemplerai sur mon lit de mort la grande faucheuse, peut-être aurai-je enfin une réponse à apporter à mes tourments. La manche est ramenée sur la pâleur blême de la peau, le poignet reboutonné. S’il est un signe que je ne voudrais pas laisser paraître aux yeux d’Uriel, c’est bien celui-là. Le petit a déjà souffert assez par cette marque quoi qu’il ne le sache pas. Ou pas tout à fait. La nuit où son destin a été scellé fait partie des pires souvenirs que l’on m’a extrait de la mémoire, mais pas un qui fut retenu contre moi. Ou peut-être qu’il le fut sans que les principaux acteurs n’en aient connaissance. Cette nuit-là, j’ai fait partie d’un raid de mangemorts qui n’avaient d’autre mission que de terroriser les nés-moldus et nos opposants. L’un de ces groupes était composé de jeunes femmes. Nous étions nous-même de jeunes homme dévorés par la noirceur de nos actes. Nous avons fondu sur nos proies, qui pour les torturer, qui pour les violer. En temps de guerre nous nous pensions les maîtres du monde. Nous n’étions que des pions arrogants. Et nous avons broyé ces vies. Je me suis maintes et maintes fois demandé si la femme que j’ai blessée et meurtrie cette nuit-là était encore en vie, mais je n’ai jamais osé la chercher, de peur, peut-être, de savoir que mes actes l’auront conduite au trépas ou à la folie.

L’une de ces victimes a vu toutefois son calvaire s’empirer. Neuf mois plus tard, elle était parturiente. Onze ans plus tard, son fils venait à Poudlard et était réparti à Serpentard. Qu’aurais-je pu faire sinon me sentir coupable et le protéger ? Qu’aurais-je pu faire sinon veiller sur cet enfant de née-moldu jeté dans la fosse aux requins ? Qu’aurais-je pu faire sinon me remémorer cette nuit chaque jour, chaque heure, chaque seconde des sept années qu’il passa à Poudlard ? J’ai su très peu de choses de sa vie familiale, seulement quelques scintillements épars laissant voir une vie heureuse avec un beau-père aimant. Qu’aurais-je pu espérer de mieux pour celui qui aurait pu être mon fils si j’avais fait partie des bourreaux de sa mère ? Je n’ai pu, à le voir grandir, que soupçonner l’identité de son géniteur. Un soupçon plus qu’une assertion. Mulciber et Malefoy sont tous deux blonds et hautains. Mais je ne puis croire que Malefoy aurait été assez peu précautionneux pour mettre enceinte une de ses victimes.

Lorsque la cheminée s’active d’un brasier viride, je me suis installé dans le fauteuil derrière mon bureau, un semblant de sérénité retrouvée. Me voici debout pour accueillir le jeune homme. Je sens une appréhension sourde me tordre les boyaux. La guerre a détendu nos bonnes relations, et je n’eus que d’éparses nouvelles de lui après ses années à Poudlard jusqu’à devenir directeur de Poudlard. Me croyant Mangemort, il a, sans doute au grand soulagement de sa mère, cessé de m’écrire. C’st donc le ventre crispé et la gorge nouée que je m’approche de lui pour lui serrer la main, esquissant un sourire en le voyant se débarrasser à la hâte de sa carte professionnelle. Il m’est difficile d’éprouver pour lui autre chose que de la fierté. Son départ dans la vie lui promettait mille tourments, et c’est pourtant un jeune homme bien droit dans ses chausses qui se tient devant moi.

« Bonsoir professeur, merci de me recevoir. Comment allez-vous ? »

Je prends sa paume dans la mienne, la serre chaleureusement.

« Je vous en prie, Uriel, je vous remercie de votre lettre, je suis heureux de vous revoir. »

Et c’est vrai. Il y a peu de mes anciens élèves pour lesquels je me suis investi avec autant d’intensité émotionnelle. Un Serpentard. Le fils d’une des pires expériences de ma vie. Qu’aurais-je fait s’il avait été mon enfant ? Cette question lancinante m’a toujours cisaillé l’estomac. Il aurait pu l’être. Ai-je moi aussi un enfant caché, laissé comme une malédiction à sa mère ? J’ai toujours espéré que non, mais de cela, je n’ai jamais eu de certitude. Y a-t-il un petit Rogue quelque part qui me maudisse d’avoir détruit son enfance et la vie de sa mère ? Y a-t-il un enfant qui fut né et tué par une mère au bord de la folie voyant chaque jour dans les traits de son bambin ceux de son violeur ? La question fait naître un vertige, la main d’Uriel est lâchée comme si elle m’avait brûlée. Je l’invite à s’asseoir, la paume engourdie comme si elle s’était appliquée à caresser un fer chauffé à blanc.

« Je vais bien, et vous, Uriel ? Comment se passe votre travail ? Je crois que vous êtes désormais infirmier à Sainte Mangouste ? »

Poids sur l’estomac. Yeux baissés, papillonnants. Bon dieu, je me sens aussi désarmé qu’un papillon face à un oiseau vorace.
Et il faut le dire, cesser de repousser l’inévitable.

« Je suis désolé pour votre mère, Uriel. Je l’ai appris par la Gazette du Sorcier. Veuillez accepter toutes mes condoléances. »

Je l’observe, presque apeuré de le voir s’écrouler de désespoir dans mon bureau.

1130 mots


PUTTING DEATH IN BOTTLE

Uriel J. Lewis

Uriel J. Lewis
Dr. Mamour
hiboux : 33
Sam 11 Jan - 20:34



Généalogie
Tu es heureux de sentir une certaine cordialité entre ton ancien professeur, désormais directeur de Poudlard, et toi. Tu as vécu un moment difficile quand il a fallu s’en éloigner. Ta mère était sa plus féroce détractrice et te houspillait pour que tu ne t’approches pas de lui. C’est ce que tu as fait pour la préserver, et tu as peu à peu cessé de lui donner des nouvelles ou de le rencontrer. Tu imagines bien pourquoi, maintenant, ta mère était si insistante. Elle avait de quoi haïr les mangemorts avec tout ce qu’ils lui ont infligé. Mais tu ne t’es jamais demandé pourquoi elle détestait spécifiquement Severus Rogue. Tu supposes que ça doit être une haine générale de toute personne portant la marque des ténèbres.

Votre conversation commence comme toutes les autres. Une affaire polie entre un ancien enseignant et un ancien étudiant. Mais pas que. Il y a quelque chose d’autre. Severus Rogue, que ta mère le veuille ou non, et quoi que disent ses opposants, a été un pilier dans ta vie. Fils de sorcière née moldue, tu n’étais personne à Serpentard. Tu n’avais ni nom, ni renom ni argent. Tu n’étais qu’un sous-fiffre destiné à devenir le souffre-douleur de toute une maison. Mais quelqu’un t’a sauvé de ce destin. Severus Rogue, à sa manière. Tu as toujours admiré l’impression qu’il donnait de se foutre complètement de l’avis d’autrui. C’est en le voyant évoluer, les premières semaines à Poudlard, que tu t’es dit que tu pourrais t’inspirer de lui. Tu t’es mis à être aux antipodes de ce qu’on attendait d’un serpentard. Tu as été sympa, avenant, presque charmeur. Et ça a marché. Tout le corps professoral t’a mangé dans la main. Les élèves de Pouffsouffle, Serdaigle, Gryffondor aussi, plus rarement, t’appréciaient. Et surtout, tu as su briller aux yeux de ton directeur de maison. Tu as su lui montrer que le vert et argent pouvait aussi être autre chose que le paria de l’établissement… ou du moins espères-tu qu’il a reçu ce message.

En te mêlant aux autres, tu t’es assuré une forme de protection.
Ce qui se passe à Serpentard reste à Serpentard… Avec toutes les connexions que tu avais, on t’a laissé tranquille de peur qu’un scandale explose. La maison n’avait déjà pas une si bonne image, qu’est-ce que ça aurait été si on apprenait que ses membres malmenaient l’un des leurs ? Qui plus est, un des leurs qui était apprécié par les autres ? Tu as eu de la chance, tu le sais.

Au moment où tu t’apprêtes à répondre à la demande polie de ton ancien professeur, il lâche cependant la bombe. La raison pour laquelle tu es là. Tu le vois mal à l’aise. Tu supposes qu’il n’est jamais facile de savoir quoi faire face à un ancien élève.

– Je vous remercie, professeur. Mon père et moi tenons le coup, même si c’est très dur pour lui. Cela faisait plus de vingt ans qu’ils étaient mariés, tout de même. Nous avons commencé à mettre de l’ordre dans les affaires de ma mère, ce n’est pas évident, mais nous en avons besoin, je crois.

Tu hoches gravement la tête, plus troublé que tu ne le voudrais. Tu te souviens encore de l’intense sentiment de trahison qui t’a bouffé l’estomac quand ton père et toi avez décidé de faire finalement des cartons presque quatre mois après le meurtre de votre être aimée à tous les deux. Tu as encore le ventre qui se tord un peu. Tu as la gorge sèche, tu te la racles avant de reprendre.

– A vrai dire, Professeur, c’est un peu suite au décès de ma mère que je viens vous voir. Il y a quelque chose dont j’aimerais vous parler et sur lequel vous pourriez peut-être m’aider. Je ne sais pas si vous le savez, mais mon père, Jonas Lewis n’est en fait arrivé dans la vie de ma mère que lorsque j’avais trois ans. Lorsqu’il a a épousé ma mère, il m’a aussi adopté et c’est pourquoi je porte son nom aujourd’hui…

Tu te tords les main d’angoisse. Ton masque de jeune homme parfaitement sympathique se fissure et tu sens un peu de cette franchise te revenir. Parfois, il ne faut pas tourner autour du pot.

– Mais il se trouve que le nom de l’homme qui m’a donné naissance figurait dans le testament de ma mère, ainsi que les circonstances exactes de ma conception. Saviez-vous que Lucius Malefoy avait violé ma mère ?


A la réflexion, c’était peut-être un peu trop cash si tu en juges par les glapissements d’étonnement des portraits d’anciens directeurs les plus proches.
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Severus Rogue

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Dim 19 Jan - 18:59
GÉNÉALOGIE


Malgré la gêne qui a commencé à fleurir les premières secondes de notre entretien, je parviens à celer savamment mon trouble. Il faut dire que des années à affronter les plus détestables situations qui soient fini par laisser un peu d’habileté à l’esquive des plus profondes agitations de l’âme. J’ai donc mis au placard de mon esprit la tenace sensation de n’avoir pas réussi à aider Uriel autant que j’aurais dû le faire dans ses jeunes années, l’angoisse de le revoir soudainement, le souvenir prégnant de la mort de sa mère. C’est sa voix, et sa voix seule qui parvient, cependant, à éteindre tout à fait les braises de mes inquiétudes. Il a ce ton doux, calme, posé qui reflète toute la maîtrise de l’infirmier sur ses émotions. Je ne doute pas un seul instant qu’il fasse des miracles dans son métier avec cette force paisible.

« Je vous remercie, professeur. Mon père et moi tenons le coup, même si c’est très dur pour lui. Cela faisait plus de vingt ans qu’ils étaient mariés, tout de même. Nous avons commencé à mettre de l’ordre dans les affaires de ma mère, ce n’est pas évident, mais nous en avons besoin, je crois. »

Un sourire bref traverse mes lèvres tandis que je hoche la tête. Je n’imagine que trop bien combien l’épreuve peut être difficile. Ma mère aussi est partie trop tôt, laissant dans la maison l’infection de son absence. Et mon père, contrairement au sien, était bien trop aviné pour chasser les fantômes d’un passé dans lequel il se noyait, verre après verre. Je me penche légèrement en avant, signe d’intérêt porté à mon interlocuteur. La détresse est à peine perceptible dans ses mots, et je la devine pourtant.
Ou peut-être est-ce le souvenir de ma propre détresse d’alors qui me revient. Puis-je lui dire que j’ai perdu ma propre mère à un âge bien plus jeune que le sien ? Que je comprends sa douleur ? Au moment où je rassemble mes forces pour lui apporter un peu de réconfort, il reprend la parole. Et mon silence respectueux se mue en un mutisme d’horreur.

« A vrai dire, Professeur, c’est un peu suite au décès de ma mère que je viens vous voir. Il y a quelque chose dont j’aimerais vous parler et sur lequel vous pourriez peut-être m’aider. Je ne sais pas si vous le savez, mais mon père, Jonas Lewis n’est en fait arrivé dans la vie de ma mère que lorsque j’avais trois ans. Lorsqu’il a a épousé ma mère, il m’a aussi adopté et c’est pourquoi je porte son nom aujourd’hui… Mais il se trouve que le nom de l’homme qui m’a donné naissance figurait dans le testament de ma mère, ainsi que les circonstances exactes de ma conception. Saviez-vous que Lucius Malefoy avait violé ma mère ? »

Le silence s’est abattu dans le bureau. Les portraits des anciens directeurs sont tétanisés, et je dois certainement avoir l’air tout aussi stupide que ces figures de papier, la lèvre entrouverte, le minois figé. Je suis, je dois l’avouer, ébahi. Non pas qu’il sache, mais que sa mère, miss Mappleton, ait pris la peine de le lui écrire. De le lui avouer. J’ai toujours cru qu’Uriel ne savait rien des circonstances de sa naissance, mais en lisant entre les lignes, je suppose qu’il a toujours su, au moins, qu’il n’était pas le fils de ce « Jonas Lewis ». Je ne l’ai jamais rncontré, pourtant, en cet instant, je suis partagé entre l’horreur de la situation et la gratitude pour cet homme. Car quoi que je puisse avouer : je me sens et me sentirai toujours coupable de cet événement. C’est finalement un raclement sur le bois d’une étagère – Fumseck joue avec une noix – qui me sort de cette hébétude dangereusement quiète. Reprends-toi, Severus.

« J’allais vous proposer du thé, mais je crois que l’on va partir sur quelque chose de plus fort, aux vues des circonstances. Whisky ? Brandy ? »


Le cabinet à liqueur est entrouvert, deux verres, une bouteille. Lorsque l’ambre liquide se fracasse contre les parois lisses et cristallines des récipients, nous voilà en état de vivre l’une des conversations les plus difficiles de mon existence. Je plonge le nez dans le verre, parfume mes lèvres d’une gorgée. Se jeter à l’eau n’a jamais été si difficile, pas même lorsque je me suis égaré dans les bras de Moira. Le gosier s’embrase.

« Je savais ce qui était arrivé à votre mère, oui, Uriel. J’ignorais en revanche qui était exactement l’homme qui a fait tomber votre mère enceinte. J’avais quelque suspicion tout de même. Vos yeux ressemblent beaucoup à ceux de Lucius Malefoy. »

Et maintenant, attendre la tempête. Attendre la colère, attendre les questions. Les doigts blanchissent sous la pression. Les mains sont agripées au verre. Bientôt, le couperet va tomber.

808 mots


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