Emprises (H. Jean)
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Harry J. Potter

Harry J. Potter
Prince de Machiavel
hiboux : 320
Ven 6 Sep - 11:33


EMPRISES
« Crachats éructés sous la pluie de glaviots. Fiertés gueule. Fierté d'être un géant d'or sur son trône de sable.  »

Odorat titille le cerveau tandis que le ventre gargouille. Au faîte du monde de la magie, le Ministre n’en est pas moins homme. Comme tous, il a ses besoins. Se sustenter en est un, et non des moindres. Vingt heures. Quand était son dernier repas ? Aux matines. Rien d’étonnant à ce que la tête lui tourne et l’estomac gargouille. C’est merveille qu’il soit parvenu à repousser si longuement ses besoins pour la grâce d’un monceau de paperasse accumulé sur son office.

Foutues signatures.

Souplement, la carcasse se déplie. Sèche et forte. Capable de porter lourdes charges, d’aller vite, de résister aux pires conditions qui soient. Albus Dumbledore a merveilleusement ciselé le sauveur du Monde de la Magie. Les coups et les privations l’ont rendu fort. Le manque d’affection l’a rendu avide d’aimer et de pacifier. Quel dommage que le vieillard ne soit parvenu à expurger cynisme et bon sens de son âme. Les souvenirs captés dans le crâne de Severus Rogue l’ont fait basculer. Un porc pour l’abattoir. Du bétail. Une marionnette. A présent qu’il a accompli sa part de la prophétie, qu’est-ce qui empêcherait le Ministre de bâtir sa propre destinée ? Le Choixpeau lui avait promis grandeur en suivant la voie de Salazar Serpentard. Peut-il s’en faire digne héritier spirituel ? Tom Elvis Jedusor a quêté la grandeur dans les ténèbres. Albus Dumbledore s’est gargarisé de la trouver dans la lumière. Peut-il l’effleurer en suivant simplement son chemin et en s’accaparant les occasions offertes ? La bataille finale lui a donné le temps nécessaire à l’élaboration d’un plan susceptible d’offrir enfin au Monde de la Magie ce dont il manquait si désespérément : la paix. L’abandon. La promesse de jours heureux et tranquilles. Il suffirait que chacun lui confie de son plein gré sa lucidité. Berger menant ses troupeaux. Voilà ce qu’il est. Un guide. Les autres s’étaient rêvés maîtres.

Tout en suivant son affamé estomac, ladre se jette sur les routes jusqu’au bureau voisin. « Hermione ? » Voix douce propre à faire lever la tête à la belle créature engoncée dans pareil enfer administratif. Elle s’épuise ce mois-ci, tout comme il s’éreintait la précédente lunaison. « Tu as assez travaillé, Hermione. Viens manger, t’accorder une heure de pause, tu finiras ensuite et nous rentrerons à la maison. » Il l’héberge depuis deux ans, maintenant. Il l’avait jadis attirée à lui dans l’étreinte d’une fraternelle embrassade lorsqu’il avait appris la cassure de ses fiançailles. Culpabilité tordant boyau. « Viens. » Paume tendue pour effleurer le dos d’une main crispée encore sur la plume. Ordre et demande. Voix inflexible. Caresse. Elle lui fixe souvent limites lorsqu’il s’égare dans le monde de la politique. Il lui en donne tout autant lorsque le corps s’oublie au profit du pur esprit. Deux reliques meurtries par la guerre à l’aube de leurs vingt-cinq ans. Prématurée vieillesse.

Et les voilà tous deux autour d’une table écartée de tout. Baguette tournoie, murmure. « Assurdiato ». Ministre avide de garder privée la moindre de ses conversations, surtout avec cette tendre lionne qu’il côtoie depuis maintenant une décennie et quelques poussières. Astre lointain. Elle flamboie pourtant de ce courage, de cette force, de cette droiture. S’étonner de ce que Moira ne l’ait encore ravie sous son aile. L’entrée est posée devant eux. Serviette élégamment dépliée sur les cuissots. « Comment vas-tu, Hermione ? » Lancer les hostilités, une goulée d’inquiétude fondue dans l’émeraude luisante.
code by bat'phanie

H. Jean Granger

H. Jean Granger
Lionne émérite
hiboux : 116
Ven 20 Sep - 14:16




















❝ EMPRISES ❞




Tu as pris l’habitude de travailler tard et âprement. Généralement, tu attends de t’épuiser, de t’effondrer, jusqu’aux heures les plus tardives de la nuit. T’abandonner corps et âme dans le travail te permet d’oublier les combats, les blessures, les cicatrices. Cela te permet d’oublier ce qui constitue Hermione Jean Granger pour focaliser ton esprit sur autre chose. Tu as besoin de ne plus ressentir cette sensation de vide, de mort à l’intérieur. Tu as besoin d’exercer ta froide logique pour que la douleur n’ait plus de prise sur toi. C’est ce que te permet ce travail. Et tu as, aussi, besoin de chaleur humaine. C’est pour ça que tu as si facilement accepté l’idée de vivre, presque, avec Harry au Square Grimmaud. Bien sur, tu as ton propre appartement, mais en réalité, tu es plus souvent chez lui que chez toi. Il y a des vêtements à toi dans l’une des chambres d’amis et ta brosse à dents dans la salle de bains. C’est quand même un signe.

Être proche d’Harry est une façon de retrouver un semblant de normalité. Tu as, pour lui, l’affection que tu pourrais avoir pour un frère. Et ce frère là aurait vécu les mêmes épreuves que toi. De bien pires épreuves, même. Forcément, tu t’es sentie attirée par cette figure aussi cassée que toi. Tu as su que te lancer à sa suite dans une entreprise de réforme du monde magique était ce qu’il fallait faire. Et tu l’as fait. Le code Granger sur la condition des êtres magiques est un premier pas.

Une voix ô combien connue te fait sortir de tes papiers. Tu lèves la tête pour apercevoir Harry, dans l’encadrement de la porte, Tu te passes une main sur le visage. Alors qu’il te propose d’aller manger, tu te rends soudainement compte que tu pourrais dévorer un loup. Tu le dévisages : il a l’air aussi harassé que toi. Cela seul aurait pu te pousser à accepter. Tout le mois passé, déjà, tu lui as dit qu’il travaillait bien trop !

« Tu as raison, une pause nous fera du bien à tous les deux. »

Comme pour confirmer tes dires, ton estomac se met à gargouiller furieusement. D’un geste de la baguette, tu réordonnes l’ensemble des parchemins jetés sur ton bureau et les enferme soigneusement dans ton coffre personnel. C’est que tu es toujours très soigneuse et un brin paranoïaque : le meilleur moyen que personne ne connaisse un secret est bien de ne pas le laisser traîner. Tu emboites le pas de ton ami, le coeur réchauffé par la mention de cette « maison » où vous rentrez ensemble depuis deux ans, maintenant.

En un éclair, vous voici au Dragon Gourmet, le restaurent qui régale une partie des habitués et travailleurs du Ministère. Vous avez votre table, au fond du restaurent. Celle où le Ministre et son bras droit dînent régulièrement avant de retourner travailler jusqu’à des heures tardives. Un assurdiato plus tard, vous voici tranquilles. Tu ne peux pas t’empêcher de te moquer d’Harry :

« J’espère que tu as songé à remercier le professeur Rogue d’avoir créé ce sortilège. »

Le prince de sang mêlé est derrière cette invention. Tu te souviens de ta réaction face à ce livre, de ta terreur qu’il ait été créé par un dangereux psychopathe… découvrir que c’était le livre de Rogue t’avait mis un coup : comment diable as-tu pu ne jamais reconnaître son écriture manuscrite ? En plus, cet ouvrage était dans la salle de potions… évidemment qu’il appartenait à Rogue qui venait, à l’époque, juste de reprendre le poste de défense contre les forces du mal !

« Je vais bien… C’est difficile en ce moment de boucler tous ces dossiers, mais… je tiens bon. »

Un faible sourire.

« J’ai vu Ronald, l’autre jour au chemin de Traverse quand je suis passée devant la boutique… J’ai fait demi-tour. Je suis ridicule de ne même pas oser croiser mon ex, pas vrai ? »

Les digues ont lâchées, tu te tords les mains sur la table.

« Et puis… Harry ? Si je décidais un jour de quitter le Ministère pour poursuivre une autre carrière, est-ce que… tu m’en voudrais ? »

Tu lèves les yeux vers ton ami. Cela fait des mois que tu y penses, mais tu n’as jamais encore osé lui en parler. Tu te sens mise à nu et tu as peur, surtout, de sa réaction. Tu sais combien vous avez travaillé tous deux pour en arriver là… pourtant, le Ministère… tu n’es pas sûre que ça suffise à te rendre pleinement heureuse.



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