(valur) Traduire c'est trahir.
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Mingjue Lin
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Ven 16 Aoû - 15:16


TRADUIRE C'EST TRAHIR
RP - avec le très viking @VALUR FJALARSSON


Les heures succédaient les unes aux autres dans les murs du Ministère. Bureau pâle où un sombre jour d’hiver s’écoulait trop lentement. Penché sur son ouvrage, l’envoyé du Ministère Chinois ne prêtait cependant pas grande attention à son environnement. Les reliures souples et feuilles fines de livres chinois si familiers s’étaient ouverts devant lui. Une feuille de parchemin se dépliait élégamment tandis que, une fois n’était pas coutume, ce n’était pas un pinceau mais bel et bien une plume de faisan que l’homme avait en main. Tout à son ouvrage de traduction pour le compte du Ministère anglais, il en oubliait aisément les saisons qui défilaient et les heures qui s’enfuyaient. Le fracas du monde pouvait bien attendre qu’il ait achevé son écrit.

Cela faisait maintenant presque une année complète qu’il était venu en Angleterre et il avait admirablement réussi son office : Harry Potter, tout aux troubles internes de son pays, n’avait, pour l’heure, pas pris parti pour les Hongkongais que le gouvernement chinois tentait d’écraser depuis quelques années, maintenant. L’absence d’action de la part du Ministre anglais était, aux yeux du très taoïste Mingjue, une action en soi. Et l’une de celles qui lui étaient favorables. Cette pensée le réconfortait au milieu de la tourmente : Pavel avait disparu, Pelagia lui avait mis un râteau, et des nouvelles inquiétantes lui étaient parvenues le matin même lorsque sa mère avait trouvé son fils unique utiliser – plutôt bien, semblait-il – une baguette magique. Une baguette magique !

La discussion par poudre de cheminette lui avait permis de faire apparaître sa tête dans le foyer du domicile où les braises moribondes avaient pris la forme de son visage. Il avait vu l’air contrit de son fils, la colère de sa mère et la mine soucieuse de sa maîtresse qui tentait de protéger le fils de la famille de l’ire paternelle. En colère, l’était-il ? Déçu, plutôt. Déçu que son fils fît le choix la voie de la facilité plutôt que le difficile exercice de la voix. Soupir de lassitude plutôt que colère froide. Il avait secoué la tête dans le feu et annoncé sa décision de voir l’enfant le rejoindre en Angleterre où il pourrait superviser lui-même son éducation. Personne ne s’y était trompé : c’était bel et bien un exil temporaire et cela affaiblissait le clan. Mingjue pouvait compter sur sa mère et sa maîtresse, mais il aurait aimé aussi pouvoir faire reposer quelques unes de ses attentes sur les épaules de son fils. Un fils peut-être trop jeune pour ce qui l’attendait, à bien y réfléchir. Mingjue avait du grandir vite, trop vite. Pouvait-il accorder à son fils le luxe d’une adolescence plus tranquille ?

C’était à cela et au texte qui l’occupait que Mingjue appliquait toutes ses pensées. La traduction était un art difficile mais gratifiant. Quelque chose qu’il pouvait faire avec aisance pour s’occuper un peu, et « rendre service » au jeune ministre. Mais aucun service n’était jamais gratuit, ni au Royaume Uni, ni en Chine. Et cela, le Ministre comme lui le savaient pertinemment après tout.

510 mots (c) Liu
Valur Fjalarsson
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Jeu 22 Aoû - 12:46


TRADUIRE C'EST TRAHIR | @MINGJUE LIN

Valur à la paperasse administrative, c’est à peu près aussi con que Prewett chef d’équipe. C’est ce que se dit le duelliste d’élite en regardant les piles de parchemins amoncelés sur le bureau où on l’a collé d’office depuis deux semaines. Deux semaines. Est-ce que les gens ont une idée d’à quel point c’est long tout ce temps à remplir des dossiers ? Heureusement qu’il y a Hvitur installé à côté du bureau. Quoi ? Il allait quand même pas le laisser tout seul à la maison toute la journée, si ? Il se penche pour lui gratter la tête entre les deux oreilles, arrachant un bâillement au malamute à ses côtés. La promenade l’a manifestement un peu fatigué. C’est pas plus mal : l’exercice, c’est important pour ces chiens-là. Et son loup est comme la prunelle de ses yeux.

Il farfouille dans les dossiers, avisant ce qu’il aura à faire dans la journée puis se met à l’ouvrage. Des contraventions… Sérieusement ? Et pourquoi c’est à un duelliste de s’occuper de vérifier la comptabilité de contraventions d’excès de vitesse de balais ? Pourquoi c’est pas le bureau des transports qui s’occupe de ça ? C’est ce qu’on appelle une vraie rétrogradation : à tous les coups, tous les services se sont filé le mot pour lui refourguer les dossiers dont personne ne veut s’occuper…

Il s’affaire Valur. L’islandais n’a pas grand-chose de mieux à faire que de trier des papiers, remettre en ordre des dossiers, régler des irrégularités. Bref, précisément l’idée qu’il se fait d’un châtiment divin… ça doit être ça l’enfer sur Terre. Les heures passent, la tête dans le guidon. La plume gratte les parchemins. Ça paraît interminable. Un vrai supplice de Tantale dont Valur voit enfin la fin lorsque des babines décidées le forcent à prendre un pause : Hvitur exige d’aller déambuler un peu après sa sieste ! Le viking a passé presque toute la journée le cul vissé à sa chaise. Il se déploie, rouillé. Une petite balade va lui faire du bien, et il a justement une traduction à aller demander !

– Allez ! Hvitur, on y va !

Le chien est tout heureux d’obéir à l’injonction donnée d’une voix réjouie par son maître dans sa langue maternelle. La promenade est un horizon plaisant pour les deux. Ils s’élancent dans les couloirs, Hvitur en tête, Valur sur ses talons, courant et dérapant.

– Chaud devant !
– Fjalarsson, qu’est-ce que tu fous ?
– Livraison expresse au service de traduction !

Les excuses sont faites pour s’en servir et le jappement satisfait de Hvitur suffit à lui seul à justifier cette course effrénée dans les étages. Les escaliers sont dévalés, les couloirs de service empruntés plutôt que de prendre les ascenseurs. L’avantage, c’est qu’on y croise moins de monde ! Un dérapage contrôlé et deux sprints plus tard, le voilà au service convoité. Alors ? Que doit-il faire traduire ? Du russe et du chinois. C’est bon ça : les plumes à traduction automatique, c’est très bien, mais pour certains documents, il vaut bien mieux avoir l’expertise humaine. Surtout quand ça touche à la sécurité du territoire. Ça, ou bien il a fallu à un moment booster les cours de langue en Angleterre, parce que traducteur, c’était moins glamour qu’auror. Valur sait pas bien, et il préfère ne pas poser la question. En tous cas, le voilà devant la porte du collègue russe. Le colis est déposé civilement, Hvitur gagne un câlin, et ça repart. Valur se dirige enfin vers le bureau du bien connu diplomate chinois qui tue le temps en bossant pour le Ministère au lieu de se la couler douce comme tous les diplomates : si ça ne force pas un peu de respect, ça ? Parce qu’objectivement, son salaire d’employé du Ministère, @MINGJUE LIN n’en a sûrement pas besoin. Valur frappe à la porte du bureau : Mingjue a au moins le privilège qu’il ne tape pas l’incruste de force sans s’annoncer comme il peut le faire avec @MOIRA A. OAKS. Il entre, en revanche, sitôt les coups frappés à la porte : faut pas déconner non plus. Le respect de l’étiquette, c’est surfait.

– Bonjour monsieur Lin.

Il aurait pu dire « yo », mais ça aurait sans doute moins satisfait le diplomate. Et puis qu’il soit content, on lui donne du « monsieur », déjà. Il aurait pu l’appeler Mingjue !

– Je me permets de vous apporter des documents à traduire. Vous pensez avoir le temps d’ici la fin de semaine ?

S’excuser d’interrompre le travail d’autrui, c’est surfait, aussi.

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