(pelagia) Pour une rose
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Mingjue Lin
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Jeu 25 Juil - 15:55


POUR UNE ROSE
RP - avec la superbe @Pelagia H. Ollivander


C’était une belle journée d’hiver déjà copieusement entamée qui vit l’élégant diplomate chinois sortir des appartements mis à sa disposition à Londres. Ceux-ci n’étaient pas spécialement élaborés, mais clairs et confortables. Simples et dépouillés aussi. Il avait à coeur de ne pas s’étaler en possessions matérielles. Des rouleaux précieux couverts d’idéogrammes l’avaient accompagné de Pékin, et une unique photo officielle affichant sa famille trônait sur une table basse. On pouvait y voir sa mère, son petit frère avec son épouse et ses enfants, son cher fils, sa maîtresse avec ses deux jeunes filles. Son épouse était absente du tableau ce jour là. Elle avait refusé de figurer sur le cliché et, lassé de devoir quotidiennement se battre, Mingjue avait abdiqué. C’était donc bien cette photographie là que ses gens pouvaient avoir sous les yeux. Le clan Lin au faîte de sa gloire, ou presque. Mingjue n’écrivait d’ailleurs pas à son épouse mais à son fils, sa mère et sa maîtresse. Cette dernière était tout ce que Mingjue aurait voulu recevoir par la grâce du mariage : douce, patiente et franche. Elle était l’une des rares personnes sur cette terre qui pût le recadrer lorsqu’il déviait de la voie qu’il s’était promis d’emprunter : une voie qui rendrait fier son père.

Mais sa chère et tendre avait un défaut majeur : elle était présentement absente. C’était bien cela qui avait poussé Mingjue à voleter dans quelque autre bras depuis son arrivée à Londres. Ce jeune euthanatos, notamment, @PAVEL D. MONROE avait fait le plaisir de ses nuits comme il espérait avoir fait la satisfaction des siennes. Il suivait avec intérêt l’infiltration au Ministère de ce jeune homme, guettant le moment où il serait découvert. Car certains étaient sur ses talons. Lors de leurs dernières entrevues, Pavel avait eu l’air particulièrement stressé en début de soirée, mais cela n’avait empêché ni l’un, ni l’autre, de s’abandonner dans l’étreinte passionnée d’une aventure qui courait désormais depuis six bons mois. Pavel avait cependant disparu, désormais, depuis un bon mois. Mingjue avait signalé sa disparition après avoir attendu presque toute la nuit son amant, mais rien ne semblait être fait en haut lieu pour retrouver le délicieux euthanatos, au grand dam de celui pour lequel d’exutoire il était devenu confident. C’était fou, à y bien penser, ce qui pouvait se dire sur l’oreiller de part et d’autre.

L’angoisse au ventre, Mingjue avait même glissé un mot au Ministère chinois pour aider à retrouver le garçon : il leur avait indiqué la préciosité de Pavel en tant qu’informateur, et l’on avait promis de lui envoyer un peu de support. Mais pour l’heure, rien n’y faisait, pour le plus grand malheur du diplomate. Celui-ci avait décidé de s’accorder ainsi, en ce début de samedi après-midi, une petite promenade sur le chemin de Traverse. Il marchait, le nez en l’air, ne cessant de découvrir de nouveaux petits détails auxquels il n’avait pas prêté attention jusqu’à présent. Mais rien n’y faisait, il était mélancolique : ses terres lui manquaient et, il devait bien l’admettre, Pavel aussi. Tandis qu’il marchait, un nouveau souvenir naquit dans sa mémoire comme pour ajouter à sa déprime passagère : elle était grande, fine, les cheveux roses. Son sourire était ravissant, franc et délicat. Et sa voix avait trouvé dans son coeur un écho inattendu : @PELAGIA H. OLLIVANDER aussi se mit à lui manquer. Il ne l’avait pourtant que peu vue pendant l’été : ils avaient discuté, plaisanté, puis elle avait fait marche arrière, soudainement mal à l’aise, en comprenant le sens véritable des propositions qu’égrenait pour elle Mingjue. Beau joueur, il s’était excusé platement et l’avait laissée retourner à sa vie. Il ne l’avait pas recroisée depuis, mais peut-être que la voir pourrait lui apaiser le coeur, un peu ?

C’était irrationnel, stupide. Et cela pourrait sans doute être extrêmement malvenu aux yeux de la jeune femme. Pourtant, il lui fallait la voir. Il se mit en marche vers la boutique Ollivander, longeant ses petites fenêtres étroites et y cherchant du regard la flamboyante masse de cheveux roses de la belle. Peut-être ne travaillait-elle pas ce jour-là ? La boutique ne semblait guère occupée que par le vieillard qu’il croisait en semaine. Dépité, Mingjue se remit en route, traînant un peu la patte, engoncé dans son habit traditionnel. Malgré son impassibilité coutumière, ceux qui le connaissaient vraiment bien pouvaient s’apercevoir de la lassitude peinte sur ses traits. Il avait renoncé et accepté que ce n’était guère sa journée lorsque, sur l’un des stands du marché de Noël, occupée à lorgner des instruments de musique, il la vit. Il ne devinait son profil qu’à demi sous la crinière flamboyante de ses cheveux, et pourtant, il la reconnut immédiatement. Il s’approcha d’elle doucement, nouant ses mains derrière son dos pour être certain de ne pas la toucher involontairement.

- Bonjour, mademoiselle Ollivander. Comment allez-vous ?

Et maintenant, il priait pour qu’ils n’en viennent pas à une confrontation violente devant témoin.
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Sam 27 Juil - 16:50
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Il y a des jours où il faut accepter que l’univers tout entier conspire à vous faire perdre la tête, et simplement faire le dos rond. Ce matin, en me levant à Poudlard, je me suis pris le pied dans une porte, cassé un ongle en empoignant mon sac et ne suis pas parvenue à régler correctement l’eau des douches de sorte que j’ai oscillé entre brûlure et engelure. Puis, en descendant rafler quelque chose pour le petit déjeuner, j’ai vu que cet imbécile de septième année avait piqué le dernier croissant français. Bougonnant, je m’en suis allée jusqu’au chemin de traverse en mordant dans un muffin alors que je me serais damnée pour de la pâte feuilletée. Une fois sur place, j’ai percuté dans la rue une dame âgée qui a déboulé à toute vitesse d’une ruelle adjacente, ait enduré ses réprimandes sur la « vie dissolue que les jeunes mènent de nos jours » ainsi que son œil dédaigneux sur la couleur de mes cheveux. Le rose a viré au rouge, et des mèches colériques flamboient désormais sur mes épaules. Je suis allée travailler auprès de mon grand-père, ai servi deux clients capricieux, envoyé paître un colporteur, et me voici enfin libre jusqu’à seize heures.

Le pas lent, je déambule dans le marché de Noël, un sandwich à la main, la tignasse toujours aussi flamboyante. J’espère que le rouge de mes cheveux suffira à prévenir les potentiels prédateurs de l’imminence d’un danger. Au prochain imprévu, je sors les griffes. Proie toxique. Je suis prête à en découdre ! Et un temps, au moins, tout semble se calmer. Je flâne de stand en stand jusqu’à m perdre au stand de la bonne affaire dans l’allée des embrumes. En lisière de l’endroit, la foule est bien moins compacte autour de ce stand. Amusée par ce qu’il propose, je prends le temps de détailler l’étal des yeux. Un monumental bric-à-brac s’amoncelle jusqu’au ciel : les jeux sorciers d’allure suspecte répondent à de vieilles éditions limitées que l’homme a dégoté Dieu seul sait comment. Et au milieu de tout ça, une petite frimousse blanche mignonne joue avec le capuchon d’un stylo !

« C’est à vous le chat ? »

Je suis franchement curieuse. L’homme prend un air de conspirateur.

« Ah, une connaisseuse, la petite demoiselle ! Ce chaton est très spécial ! Regardez bien ! »

L’homme se recule un peu puis bondit près du chaton en criant un « bouh » sonore. Apeuré, le pelage de l’animal se met à gonfler et se teinter du plus bel ébène.

« Il change de couleur ?
- C’est un chat métamorphe… Un métamorphochat !
- Non ? Sérieux ? »

J’en suis toute éberluée.

« Comme les métamorphomages, mais en chat ? »

Je veux m’en assurer. L’homme bombe le torse, sûr, désormais, de son importance.

« Bien évidemment, ma p’tite dame ! Et pour vous, prix spécial : six cent mornilles seulement ! Une affaire à saisir ! »

Je fronce les sourcils, intriguée.

« Il n’est pas illicite, votre chaton, au moins ? »

Un air outré beaucoup trop grandiloquent pour être vrai se peint sur le visage de mon vis à vis.

« Bien sur que non ! Il est vrai, cependant, que vous ne pourrez pas trouver pareille merveille sous le sabot d’un cheval ! Il faut avoir ses petites entrées dans les bons milieux ! »

Un coup d’oeil au vendeur à qui je ne confierais pas même un balai cassé, un coup d’oeil au chaton qui me lorgne de ses grands yeux bleus, la frimousse redevenue blanche. Et puis merde !

« Je prends ! Il a des papiers ? »


Les mornilles changent de main, le carnet de santé - sans doute faux - du petit échoit dans ma poche, le chat dans mes bras. L’espiègle petit bout se trouve en réalité être une petite chatte. Il me faut donc un nom pour elle. Les grands yeux s’entrouvent, une patte balaie les moustaches lascivement.

« Mimi ! »

Et c’est ainsi que la petite Mirrormere, aux billes aussi placides que des lacs paisibles et aussi brillantes que les étoiles échoit en ma garde. Mon humeur s’en trouve grandement améliorée. Je reprends paisiblement ma marche, chaton dans les bras, le nez en l’air, la bourse vide. Toutes mes économies y sont passées, mais je ne regrette rien en voyant la petitiote  ronronner gaiement dans mes bras. Je reviens vers les stands du marché de Noël plus… traditionnel dirons-nous. Bijoux, livres, bijoux, tiens, musique ! Je m’approche, la mignarde sur l’épaule, détaillant les flûtes et les partoches. Qu’est-ce que je pourrais bien prendre pour @ASAO WATNABE ? C’est alors que je me pose cette question existentielle qu’une voix douce, aussi légère que les brises du zéphyr me caresse les tympans.

« Bonjour, mademoiselle Ollivander. Comment allez-vous ? »


Ma paume se crispe involontairement sur le chaton qui plante ses griffes en représailles dans mon doigt. Je me force à relâcher ma prise, le coeur désormais tambourinant dans la poitrine. Comment aurais-je pu oublier cette voix suave et l’accent étranger – chinois, exactement – qui l’accompagne. J’avais espéré qu’il ait compris que je n’étais pas intéressée la dernière fois… Il s’était très civilement comporté quand j’avais refusé ses avances : contrairement à beaucoup d’hommes il ne m’avait pas insultée, ni n’avait sous-entendu que je n’étais qu’une allumeuse qui l’avait chauffée avant de me défiler. Plus important encore, il n’avait pas fait l’esquisse d’un geste pour prendre de force ce que je lui refusais de gré. Pour tout cela, je lui suis infiniment reconnaissante. Mais cela ne suffit pas à me détendre. Je pivote, sur mes gardes, prête à détaler aussi vivement qu’un lapin de garenne.

« Monsieur Lin, bonjour. »

Je ne sais vraiment pas quoi lui dire. Toute la belle alchimie que nous avions, lorsqu’il me parlait de la Chine, de sa famille, de sa tradition s’est envolée, dissolue dans la gêne.

« Je vais bien, et vous ? Vous vous plaisez toujours à Londres ? »

Les phalanges se perdent avec douceur dans le pelage de Mimi, geste rassurant. La petite ronronne, lovée contre mon coeur, moustaches mussées sous la paume. Un sourire tendre m’échappe.

« Vous restez encore longtemps au Royaume Uni ? »

Pourquoi ai-je demandé ? Aspiré-je à son départ… ou désiré-je le revoir ?

1082 mots


Mingjue Lin
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Sam 27 Juil - 17:45


POUR UNE ROSE
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Tout plein de son admirable composition, Lin Mingjue n’en menait pas large pour autant. On lui avait appris depuis tout petit la valeur de la modération et de la tranquillité. Pourtant, lorsqu’il voyait la jeune femme devant lui, fraîche, pimpante, et sans doute aussi peu à l’aise que lui compte tenu de la situation, il ne pouvait s’empêcher de sentir son coeur jaillir hors de sa poitrine et le sang lui battre aux tempes. Elle ouvrit la bouche pour lui répondre avec une étonnante courtoisie. Cela ne fit que lui remplir les oreilles de la plus suave des mélodies et l’âme d’un respect nouveau pour la jeune demoiselle Ollivander. En un mot comme en cent, tout son être brûlait soudainement d’un amour aussi fou que soudain et qu’irrationnel. C’était là ce que n’importe quel auteur aurait décrit comme « un bon gros coup de foudre ».

Mais le tableau qu’offrait la belle était irrésistible : les cheveux à mi-chemin entre le rouge et le rose, un adorable petit chaton serré contre la poitrine. Ses joues s’étaient emperlées de vermeil, trahissant son émoi, et ses mots tintaient presque timidement dans cette belle journée. Lorsqu’elle le salua d’une voix mélodieuse, il opina, acceptant la salutation. Il lui fallait toute sa contenance pour ne pas joindre les mains au niveau du visage et s’incliner en signe de respect. Mais il avait constaté que les anglais trouvaient généralement cela pittoresque ou ridicule, souvent les deux à la fois. Autant se passer d’être moqué lorsqu’il le pouvait. La belle reprit la parole pour lui demander de ses nouvelles. Même s’il se doutait qu’elle faisait simplement la conversation pour dire d’être polie avant de s’esquiver sur un prétexte, l’homme ne put s’empêcher de trouver l’attention délicate. Un sourire naquit sur ses lèvres avec légèreté.

– Je me porte très bien, mademoiselle. La vie à Londres est pleine d’agrément.

Celui de la voir, notamment. Mais il se tut avant de se vendre, et hocha gravement la tête.

– La culture anglaise, aussi, est fascinante. J’ai découvert l’autre jour cette pâtisserie que vous appelez « scones », c’était très bon. Mon retour définitif en Chine n’est pas encore prévu, je le crains. J’aurai, cependant, quelques jours au cours des fêtes de fin d’année pour retourner voir ma famille.

Son fils, surtout, lui manquait. Ils s’écrivaient beaucoup, mais rien ne remplaçait le plaisir de tenir contre soi la chair de sa chair, le sang de son sang. Son fils était le centre de son monde. Plus important, même, que l’exquise jeune femme devant lui. Un sourire doux flottait sur son visage tandis qu’il se remémorait les au-revoir déchirants adressés à son fils malgré la réserve coutumière qui était la leur. Père et fils faisaient décidément la paire.

– J’aurais aimé que mon fils pût venir découvrir Londres à son tour, mais il est de son devoir de rester en Chine. En mon absence, c’est lui qui gouverne notre clan.

Simplicité d’un aveu. Le devoir passait bien souvent avant l’agrément. En outre, cela ne lui ferait pas de mal de revoir le domaine où il était né et dans lequel il avait grandi.

– Et vous, mademoiselle Ollivander ? Comment se passent vos études ? Vous chantez toujours ? La chorale de votre école donne-t-elle parfois des concerts ouverts au public ? J’aurais grand plaisir à venir vous écouter si cela vous agrée et si je le puis.

Lui offrir une brassée de roses rouges en coulisses. Le délicieux rêve s’effaça contre les récifs de la réalité : comment espérer qu’elle ne me fuie pas si je ne cessais de la courtiser alors qu’elle m’avait signifié son désintérêt pour tout ce qui pourrait impliquer son coeur comme son corps ? Ne restait donc qu’à profiter de ce qu’elle était prête à donner dans la mesure du raisonnable : le plaisir de sa compagnie, l’ivresse de sa voix.
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Lun 29 Juil - 12:17
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Je me suis écartée un peu du stand d’instruments de musique, serrant contre moi Mirrormere, le chaton nouvellement acquis. Celui-ci semble insensible au trouble de sa maîtresse et s’est pelotonné dans mes paumes, blanc, touffu, duveteux. Les yeux mi-clos, il se laisse sagement bercer, la queue balayant ma gorge de son immaculé plumeau. Sentir la chaleur de ce petit bout d’à peine quelques mois contre mon coeur me rassure, mine de rien. Cela me donne quelque chose auquel m’accrocher tandis que je recroise le diplomate chinois. Ce gars m’a toujours profondément troublée : son impassibilité le rend difficile à décrypter, et sa politesse exquise et raffinée me paraît toujours un peu dérangeante. Il est si composé, sa maîtrise de lui-même est si grande que je me demande, parfois, s’il est capable de spontanéité. Oh, on s’est trop peu croisés au cours de l’été, je ne pourrais donc pas prétendre le connaître. Peut-être est-il tout autre dans l’intimité… mais je ne suis, soudainement, plus certaine d’avoir envie de savoir ça.

« Je me porte très bien, mademoiselle. La vie à Londres est pleine d’agrément. La culture anglaise, aussi, est fascinante. J’ai découvert l’autre jour cette pâtisserie que vous appelez « scones », c’était très bon. Mon retour définitif en Chine n’est pas encore prévu, je le crains. J’aurai, cependant, quelques jours au cours des fêtes de fin d’année pour retourner voir ma famille. J’aurais aimé que mon fils pût venir découvrir Londres à son tour, mais il est de son devoir de rester en Chine. En mon absence, c’est lui qui gouverne notre clan.

Incertaine, je hoche la tête courtoisement. Il me rappelle lui-même qu’il a une famille, et il m’a pourtant éhontément déclaré ses sentiments cet été… Quel genre d’homme est-il ? Est-ce que la fidélité matrimoniale ne signifie rien en Chine ? Oh, je suppose que son mariage ne doit pas être heureux s’il saute sur tout ce qui bouge au prétexte d’un voyage diplomatique. Pourtant, il y a quelque chose qui me pousse à ne pas fuir tout de suite. Un nuage, peut-être, passé sur son visage au moment où il évoque son fils. Était-ce une erreur fatale ? L’avenir seul me le dira.

« Et vous, mademoiselle Ollivander ? Comment se passent vos études ? Vous chantez toujours ? La chorale de votre école donne-t-elle parfois des concerts ouverts au public ? J’aurais grand plaisir à venir vous écouter si cela vous agrée et si je le puis. »

Un sourire timide fend mes lèvres malgré moi. Je ne sais pas bien pourquoi. Le fait qu’il ait ses mains dans le dos, m’assurant que je n’ai pas à craindre d’attouchement, ou son regard franc peut-être ? Le fait qu’il n’ait pas de baguette sous la main, ou bien le fait qu’il soit à bonne distance ? Ou bien peut-être le fait que cet été, nous avons beaucoup plaisanté, discuté, flirté même, avant que je ne me rende compte qu’il était sérieux lorsque je ne faisais que m’amuser ? Comment aurais-je pu savoir que je lui plaisais vraiment ? Il y avait, entre nous, une sorte de connivence étonnante. S’est-elle délitée sous le coup du malaise ? Je me détends un peu.

« Tout va bien, Monsieur Lin. La chorale est toujours active, mais je crains que l’essentiel de nos concerts soit donné au sein des murs de Poudlard. Si vous aimez la musique, il doit toutefois y avoir de quoi vous satisfaire les oreilles sur Londres, non ? »

Un petit sourire en coin. Cherché-je à ce qu’il me dise que c’est moi qu’il désire écouter ? Je n’en sais rien. L’idée me traverse l’esprit. Une idée stupide qui franchit mes lèvres avant même que je ne puisse la retenir.

« Cela vous dit de m’accompagner boire un café sur le Chemin de Traverse ? C’est qu’il commence à faire frisquet… Le chaton, vous comprenez, il ne faudrait pas qu’il tombe malade. »

Mais bien sur.

529 mots


Mingjue Lin
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Mar 6 Aoû - 18:27


POUR UNE ROSE
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C’était presque intoxiquant pour Lin Mingjue de se retrouver ainsi en présence de Pelagia. La jeune femme était si proche, esquissant un délicieux sourire timide. Evidemment qu’il ne pouvait contenir les battements désordonnés de son coeur. Il se sentait soudainement comme un jeune adolescent découvrant les prémisses de l’amour à chaque fois que la douce et grave voix de la jolie anglaise venait lui faire vibrer les tympans. Le dos droit, les mains jointes dans le creux des reins, il s’interdisait pourtant de laisser transparaître le moindre émoi. Il ne voulait certainement pas faire fuir la belle. Elle lui faisait déjà la grâce de rester avec lui, de discuter malgré la folle gêne qui s’était installée entre eux la première fois qu’il lui avait proposé de revenir avec lui à son appartement et qu’elle l’avait gentiment mais fermement éconduit.

Rien ne se passerait entre eux, lui avait-elle assuré, un sourire contrit sur les lèvres. Et pourtant, la jeune femme lui répondait courtoisement. Pis, elle l’invitait à prendre un café au prétexte – maladroitement touchant – du chaton. Un sourire léger naquit sur les lèvres du dignitaire tandis qu’il délaçait ses longs doigts pour approcher avec précaution la main du chaton, prenant garde à ne caresser que la fourrure du petit animal et non pas la douce main qui le tenait. Il suffit pourtant d’un effleurement avec le poignet de Pelagia pour qu’une agréable petite étincelle crépite à la surface de sa peau. Il retira doucement la main.

– Comment s’appelle ce petit ange ?

Le chaton avait ronronné entre ses doigts.

– Allons donc nous abriter, puisque vous le voulez bien. Puis-je vous inviter au salon de thé derrière Gringotts ? L’endroit est plus paisible que le Chaudron Baveur. 

Plus paisible, le petit salon de thé l’était. Mingjue faisait à dessein cette proposition : la paix du lieu lui permettrait une agréable discussion en compagnie de la jeune fille. Il pourrait alors distinguer le moindre des accents de cette voix qui le fascinait tant. La mélodie des vocalises de la jeune femme était enchanteresse. Plus pure que la plus claire des sources, plus suave que le miel. C’était un ravissement que de l’entendre faire rouler entre ses dents le moindre mot de sa langue maternelle. Et quel plaisir ce serait que de l’entendre chanter ? Elle avait certainement suffisamment de tessiture pour apprendre d’autres formes de magie. Elle pourrait changer la face du monde avec cette voix-là. En avait-elle seulement conscience, cette sirène sans merci ?

C’était un terrible coup de foudre qui le prenait là, Mingjue le savait pertinemment. De ceux qui vous lacèrent le coeur et l’âme. Le Taoïsme avait toujours prôné l’hédonisme, non pas par une sexualité débridée comme certains s’accordaient à le croire, mais par l’émerveillement de la pluralité des formes de la nature. Cette voix-là méritait certainement que l’on s’enchantât en l’écoutant.

Il la guida donc sur la voie du café, ouvrant la porte et s’effaçant pour la laisser entrer. Il tira ensuite la chaise pour la laisser s’installer et vint s’asseoir face à elle autour d’une petite table ronde. L’ambiance était feutrée, plus douce que le Chaudron Baveur qui était un lieu de passage, plus mature aussi. Les boiseries étaient chaleureuses, les tables nettes, le roulement des conversations discret.

– Savez-vous ce que vous prendrez, Pelagia ?

A l’approche du serveur, le prénom de la jeune fille lui a échappé. Il attend désormais que naisse la tempête.
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Mer 21 Aoû - 21:00
POUR UNE ROSE



J’essaie de me détendre et dieu sait que c’est difficile en présence de Mingjue Lin. J’essaie de relaxer les épaules, d’afficher un air désinvolte, comme aux temps jadis, mais la vérité est qu’il est parfaitement impossible pour moi de n’être pas sur mes gardes lorsqu’il est dans le coin… Ce qui est stupide, en vrai. L’étiquette chinoise ne semble pas permettre à ceux qui la respectent scrupuleusement le moindre écart de conduite… Ou en tous cas, tel paraît être le cas chez les Lin. Je tente de ne pas bondir à chaque souffle qu’exhalent ses lèvres. Entreprise pour le moins compromise lorsque ses longs doigts viennent effleurer le pelage de Mimi et que cette traîtresse s’avise de ronronner d’aise sous les phalanges fouillant sa peau. Saleté songé-je avec tendresse tandis que crépite sur ma main la chaleur de la sienne. Le feu m’est monté aux joues.

« Comment s’appelle ce petit ange ?
- Mirrormere, ça vient d’un bouquin de Tolkien… J.R.R. Tolkien, un auteur moldu anglais. »

Mais un très bon auteur moldu anglais ! Cela fait des années que j’empêche mon pépé de se délester de mes romans moldus : ce n’est pas parce que nous savons que la magie existe qu’il faut empêcher les moldus d’écrire dessus ! Sinon, il n’y aurait jamais eu d’Aragorn dans le monde, ni de hobbits, et la face de la terre s’en serait trouvé grandement enlaidie !

« Allons donc nous abriter, puisque vous le voulez bien. Puis-je vous inviter au salon de thé derrière Gringotts ? L’endroit est plus paisible que le Chaudron Baveur. »

J’opine lorsqu’il m’entraîne dans un salon de thé à l’ambiance feutrée où je ne suis que trop rarement rentrée. Il faut dire que les petits salons huppés ne sont pas ce à quoi je suis la plus accoutumée. Ce seraient plutôt bars, boites de nuit et concerts rock, ma cam, comme qui dirait. J’ai, toutefois, assez de souplesse d’esprit pour m’adapter au lieu. La chevelure a viré à un mauve paisible, bien moins agressif que le rose bonbon qui colore habituellement la tignasse. Je m’assure poliment auprès du personnel que la présence du chaton n’est pas contraignante, expliquant que je viens d’en faire l’acquisition et que je n’ai pas eu le temps d’aller le déposer en sécurité chez moi. Une lueur d’assentiment : Mimi semble le bienvenu si j’en juge par l’air extatique peint sur les visages ici-bas. Le serveur approche. Avant que je n’ai pu dire un mot, la voix de Mingjue s’est élevée, troublante.

« Savez-vous ce que vous prendrez, Pelagia ? »


Mon prénom roulé entre ses lèvres, pétri de son accent m’envoie des frissons dans l’échine. Pourquoi diable me suis-je aventurée dans cette singulière expérience ? Pourquoi ai-je accepté ce thé ? Un élan de timidité me fait coite pendant une seconde ou deux, puis la commande se forme posément sur mes lèvres.

« Je vais prendre un thé noir à la cerise, s’il vous plaît. »

Thé noir. Cerise. Aucun risque, pas vrai ? C’est une commande qui ne prête pas à confusion et ne permet aucune équivoque grivoise, si ? Je préfère me méfier. Quelqu’un a parlé de paranoïa ?

« Hm… pardon, je ne suis vraiment pas à l’aise. »

Aveu piteux.

« Je n’arrive pas à savoir ce que vous espérez de cette rencontre, c’est… euh… ça me met mal à l’aise. »

Voilà, c’est dit. Enfin. Les joues sont empourprées, et j’ai conscience de me couvrir de ridicule. Contre mon coeur, un adorable petit chaton blanc ronronne et sombre dans la quiétude d’un sommeil bien mérité. Sa petite poitrine se teinte de taches argentées à chaque expiration, témoignage de son bien être, espéré-je. Et que personne ne me rappelle que c'est moi qui ai, maladroitement, proposé d'aller boire un verre, merci.

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