Cweorth | pv. Moira
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Valur Fjalarsson

Valur Fjalarsson
MEMBRE
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Dim 14 Juil - 16:28


CWEORTH | @MOIRA A. OAKS
Il est tard, presque trop tard pour aller importuner quelqu’un à cette heure indécente. Pourtant, Valur a vu sous la porte de Moira de la lumière. Il sait qu’elle est encore au travail à… un coup d’oeil à sa montre lui apprend qu’il est une heure du matin. Est-ce qu’elle dort, parfois ? C’est une question qu’il se pose fréquemment. Mais voilà, personne ne l’attend à la maison : son enfant est à Poudlard, en sécurité. Il peut lui-même se permettre de découcher s’il faut passer une nuit à parler. Il a trouvé Moira un peu distante ou distraite ces derniers temps. Depuis l’épisode Lestrange, en fait. Il faut dire que c’était une rude mission au cours de laquelle le duelliste s’est illustré par sa désobéissance… Son argument lors de son audit ? « Je n’ai pas à travailler sous les ordre d’une gamine à peine diplômée dont le CV tient sur un mouchoir de poche ». Pas certain que cela l’aide beaucoup. Aussi, en attendant le verdict, a-t-il été temporairement rétrogradé à la paperasse du bureau. Il s’en accommode assez bien pour le moment.

C’est un moment de passage et de transition. Il est en attente d’une décision finale. Lorsqu’elle sera prise, et seulement à ce moment là, il choisira sa réaction. Mais ce n’est pas sa propre situation qui préoccupe l’islandais. C’est plutôt celle de la présidente sorcière. Elle travaille trop, dort trop peu. Il lui faut lever un peu le pied avant que ne se délite ce qui lui reste de santé mentale. Même les guerriers ont le droit à un peu de repos. Il S’est approché de la porte, a laissé flotter une hésitation puis est entré. Comme ça, sans frapper. Il a poussé si doucement la porte qu’elle n’a pas fait mine de l’avoir entendu pénétrer dans son bureau. Elle a l’air perdue dans des piles de dossiers, les sourcils froncés, la baguette à portée de doigts, toujours. Il reste là, dans l’encadrement de la porte, adossé au battant clos. Elle finira bien par se rendre compte qu’il y a quelqu’un. Absorbée dans son travail, il la voit se masser les tempes, se frotter les yeux. La fatigue guette. Enfin, elle lève les yeux. Une intuition ? L’a-t-elle entendu ? Une envie de prendre une pause ? C’est à ce moment là qu’il choisit de rompre le studieux silence.

– Bonsoir Moira.

A-t-elle sursauté ? Il ne saurait pas le dire vu le trop faible éclairage. Peut-être. Peut-être pas. Toujours est-il qu’il s’avance vers elle pour tirer la chaise qu’elle réserve d’habitude à ses visiteurs et s’y installer.

– Ne devrais-tu pas t’accorder un peu de repos à cette heure tardive ?

Il attend sa réponse en tirant un objet de la poche intérieure de son vêtement. Dans une petite bourse de toile, une cornaline polie par le passage des eaux et du sable sur le rivages. Sa surface encore légèrement irrégulière accroche les clartés. Mais c’est le symbole gravé à sa surface, surtout, qui attire l’attention.


Cweoth

– Tiens. La prochaine fois que tu viendras risquer ta peau sur le terrain, tu pourras prendre ça avec toi. C’est Cweoth, une rune de l’ancien Royaume de Northumbrie.

Bourru et passant du coq à l’âne. Ça convient bien à Valur. Il sait, en outre, qu’il a pu capter ainsi son attention. Pour une fois que le fabricant travaille avec une rune anglo-saxonne plutôt que norroise… Il faut dire que ça ne lui déplaît pas. C’est exotique. Il la laisse découvrir la pierre et commente avec amusement.

– Je me suis dit qu’elle t’irait bien. Elle représente le feu sacré, ou plus exactement le processus de transformation par les flammes. De la partie basse accrochée à son combustible jusqu’à la partie haute des fumées dans les cieux. C’est une puissante rune de purification par le feu, ce qui est déjà très utile en soit, mais pas seulement. Elle permet de brûler aussi la magie ennemie, d’annihiler ses effets.

Une rune de chamane.
Une rune de guerrier.

La rune parfaite pour Moira.
Il ne reste plus qu’à lui apprendre à s’en servir.


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Moira A. Oaks

Moira A. Oaks
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Lun 22 Juil - 14:16





décembre 2003

Ses yeux fatigués relisent le même paragraphe pour la troisième fois sans que les mots n’acceptent encore de se graver dans sa mémoire. Moira survole les sigles sans plus chercher à les comprendre, réalise à la fin de chaque ligne qu’elle n’a aucune idée de ce que disaient les phrases précédentes. Un soupir s’échappe de ses narines. Elle vient encadrer ses tempes de son pouce et son index, ferme les yeux quelques longues secondes en inspirant plusieurs fois. La mission Lestrange a amené son lot de rapports beaucoup trop techniques pour une heure aussi tardive. Mais Moira a pris du retard. Elle peine à se concentrer depuis plusieurs jours, contrecoup évident du fiasco de leur début de mission, bien qu’elle s’obstine à le nier. L’état de Kingsley Shacklebolt est toujours critique et les guérisseurs de Sainte Mangouste, malgré leurs sourires encourageants, gardent cette inquiétude dans le regard que Moira a déjà trop vue au cœur de la guerre pour ne pas la reconnaître. Ils ne savent pas encore si le directeur du bureau des Aurors s’en sortira et la seule idée de perdre un ami aussi précieux emprisonne l’esprit de la juge dans des questionnements sans fin qui rongent jusqu’à ses dernières capacités de réflexion.

La mise au placard de @Valur Fjalarsson n’a pas facilité non plus leur retour de mission. Le maître duelliste a été condamné à la paperasse en attendant que ses supérieurs directs décident de sa sanction pour son insubordination sur le terrain. Cela aurait dû être le rôle de Kingsley… Moira déglutit en revenant au même paragraphe qu’elle tente une quatrième fois de déchiffrer. Mais la migraine qui guette depuis deux longues heures déjà la fait peiner plus encore. Voilà plusieurs semaines que des mots de têtes récurrents lui empoisonnent la vie, elle qui n'avait jamais jusque là eu de raison de se penser migraineuse. Sa faible capacité de réflexion la fait divaguer encore sur d'autres sujets bien loin que le contenu assommant du rapport. Le souvenir de la défense de Valur lui revient encore en mémoire : nonchalance insolente et sifflements acides… Il y a longtemps qu’elle n’est plus surprise de le voir mordre ainsi, et tout aussi longtemps qu’elle défend ses agissements déraisonnables pour peu qu’ils servent les missions qui lui sont confiées. Qu’importent les détails du plan qui n’ont pas été respectés. Plusieurs des Aurors présents avec eux pour l’arrestation de Rabastan Lestrange ont affirmé que son intervention a été décisive tout le long de l’opération, un argument que Moira n’a cessé de répéter à ses supérieurs pour lui éviter une mise à pied. Sa plaidoirie semble lui avoir octroyé un sursis. Le tout est que ce dernier dure assez longtemps pour qu’on ne sache plus vraiment pourquoi Fjalarsson s’est retrouvé à écrire les compte-rendus et ouvrir le courrier. Les choses devraient se tasser rapidement si Prewett n’en fait pas une affaire personnelle. Tout le monde ici après tout a des chats bien plus importants à fouetter.

Echappant un soupir las, la Présidente-Sorcière s’empare d’une plume pour enfin signer le bas de la page du rapport et récupérer une autre feuille du dossier qu’elle étale devant elle. Mais elle ne parvient pas à s’en imposer la lecture. Ses doigts fins viennent frotter délicatement ses paupières qu’elle garde closes de longues secondes. Consciente que la nuit est déjà bien avancée, elle s’interdit de regarder l’heure depuis un long moment déjà pour s’éviter d’affronter la preuve de son inefficacité. Elle devrait sans doute rentrer, reprendre tout cela demain. Mais elle n’arrive pas à s’y résoudre. Ses yeux se rouvrent alors, se perdent un instant dans la pénombre qui a envahi le plus clair de son bureau.

C’est alors qu’elle voit l’ombre.

Son cœur se fracasse contre ses côtes. Dans un réflexe brusque, sa main se plaque sur sa baguette posée juste à côté d’elle. Les muscles raides, les yeux écarquillés, elle manque de lever le bras quand elle le reconnaît soudain et il lui faut quelques secondes pour entièrement relâcher en un long soupir la tension qui s’est emparée de son corps.

Valur.

Un sourire délicat adoucit ses traits fatigués alors qu’elle porte une main à son front, passe sur la peau froissée de son visage avant de venir croiser le regard perçant du duelliste.
- Valur… Pardonne-moi. Je ne t’ai pas entendu entrer.
Doucement, sa main vient reposer sa baguette sur le côté, toujours à portée depuis que les menaces se sont faites plus pesantes autour d’elle. Les tensions dans l’air n’ont cessé de s’accumuler ces dernières semaines, galvanisées par les attentats et les prises de paroles de Narcissa Malefoy et ses soutiens, et Moira sait combien son rôle fait d’elle une cible toute trouvée pour quiconque voudrait ébranler le Ministère. Ce qui-vive permanent trouble ses nuits depuis plusieurs semaines, rien de trop handicapant encore pour l’empêcher de travailler correctement, si ce n'est ces maux de têtes que le manque de sommeil semble rendre de plus en plus fréquents. C’était le cas tout du moins avant cette dernière mission.

La Présidente-Sorcière se tourne de nouveau vers l’Islandais alors qu’il tire la chaise face à elle et s’installe avec ce naturel qui a depuis longtemps teinté leur relation. Moira et Valur se connaissent depuis de longues années à présent, et l’affection qu’ils se vouent les dispense des attentions protocolaires qu’elle conserve avec la plupart de ses collègues de travail. La remarque de l’Auror, toute attendue soit-elle, a le mérite de la faire sourire et elle répond sans chercher à maquiller les vacillements fatigués de son timbre :
- Je devrais surtout en avoir déjà terminé avec ce fichu dossier depuis des heures si seulement j’arrivais à me concentrer plus de quelques minutes…
Un soupir se glisse entre ses lèvres qui s’étirent en un sourire éreinté. L’aveu est offert avec une sincérité désarmante, surprenante pour quiconque ne connaît pas le lien qui les unit tous les deux. Moira observe le duelliste sans vraiment le voir alors qu’il tire quelque chose de sa poche intérieure et ses sourcils ne se froncent que lorsqu’il sort d’une petite bourse de toile une pierre d’un rouge profond qui capte immédiatement son regard. La surprise et la fatigue l’empêchent de comprendre tout de suite de quoi il s’agit, et ce n’est que lorsque Valur lui tend son présent qu’elle remarque le symbole gravé sur la surface polie.

Les battements de cœur de la magistrate se précipitent alors qu’elle se sent happée par la beauté de la pierre. Elle écoute avec attention chaque mot du duelliste, comprend seconde après seconde la valeur de l’objet qu’elle tient dans sa main comme un trésor qu’elle craint à tout instant d’abîmer. La voix de son ami s’éteint sans qu’elle n’y réponde tout de suite, laissant un silence ému retomber entre les murs rassurants de son bureau. Cherchant ses mots pendant de longues secondes, Moira déglutit avant d’oser enfin recroiser le regard de Valur. Son timbre est balbutiant, troublé par l’émotion que sa fatigue l’empêche de contrôler.
- Valur, c’est… Tu n’aurais pas dû…
Mais elle se tait, consciente qu’un refus serait inenvisageable avec un homme du tempérament de l’Islandais. Elle lui a toujours trouvé un air rustre, brut, presque sauvage, déstabilisant parfois quand on n’y est pas habitué. Mais sous sa carapace de viking, elle n’a pu que voir la loyauté infaillible qui imprègne son cœur et cette attention qu’il conserve avec tous ceux qu’il considère comme faisant partie de son cercle. Encore aujourd’hui, Moira sait combien elle lui est reconnaissante de l’y avoir fait entrer.

- Elle est magnifique, dit-elle alors simplement, ses doigts caressant distraitement la surface de la pierre comme pour en apprendre chaque aspérité.
Le sourire ému qui illumine ses traits tremble alors quelque peu quand une considération on ne peut plus pragmatique se glisse entre ses lèvres fines. Elle demande, soudain légèrement gênée :
- Mais tu te souviens que je ne sais pas utiliser les runes ?

(1318 mots)


Valur Fjalarsson

Valur Fjalarsson
MEMBRE
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Mer 24 Juil - 11:58


CWEORTH | @MOIRA A. OAKS
C’est avec nonchalance que le duelliste observe le visage de Moira. Elle a l’air fatiguée, épuisée, même. Ses mots s’embrouillent prononcés d’une voix faiblarde. Valur ne peut s’empêcher d’éprouver une pointe d’inquiétude. Elle se surmène, décidément. C’est la maladie de ces hermétiques : jamais fichus de savoir quand écouter leur corps et prendre du repos. Considèrent-ils la pause comme une faiblesse, le sommeil comme un abandon ? Ou peut-être est-ce le mal de ceux qui s’immergent par trop profondément dans leur travail. Lorsque son enfant n’est pas à la maison, lui aussi peut parfois passer une nuit au boulot ou deux.

Il ne faut pas être grand clerc pour savoir qu’elle est au bout du rouleau. Esquisses de gestes pour attaquer lorsqu’il arrive dans son office, puis aveu de ses difficultés à la concentration. Il opine gravement sans la quitter des yeux. Il voit les émotions traverser la jeune femme, trouble, reconnaissance. De mémoire, il ne l’a jamais vue aussi fragile. Voilà qui achève de le convaincre que son présent tombait à pont nommé. Il balaie l’embryon de protestation d’un geste de la main.

– Sottise. Il faut bien que quelqu’un couvre tes arrières vu l’incompétence de certains dans le service.

Mauvaise foi évidente, mais il en a toujours un peu gros de sa mise à pied, même s’il essaie de l’appréhender avec philosophie. Cela ne serait certainement pas arrivé s’il avait été en Islande, et pour cause : le spectre de ses origines étrangères et son usage des runes est bel et bien ce qui continue de le discriminer. Cela le courrouçait au début, et puis il a fini par s’y faire de façon assez exemplaire. Ce n’est pas comme s’il avait vraiment le choix de toute façon.

Enfin, il peut au moins voir que son cadeau semble faire plaisir à Moira. Il en lâche un sourire satisfait. Il y a au moins une personne dans ce foutu ministère capable d’apprécier son travail, et elle est là, devant elle, la cornaline gravée dans les paumes, à lui objecter très justement qu’elle ne sait pas se servir des runes. Le sourire de Valur s’étire.

– Et c’est le moment parfait pour apprendre à le faire : tu vas me faire le plaisir de ranger ta paperasse qui pourra bien attendre demain matin et de venir t’asseoir sur ce canapé, là.

Valur préfère ne pas se demander combien de fois elle a dormi sur ce sofa plutôt que de rentrer chez elle : il n’a pas de bureau attitré, mais ses collègues l’ont aussi, parfois, retrouvé assoupi sur le canapé qu’ils se partagent en salle de repos, Hvitur endormi à côté du canapé. Son malamute sommeillait tranquillement lorsqu’il a quitté son office pour venir voir Moira sans faire de bruit. Il sait qu’il retrouvera son compagnon de chasse placidement assoupi à son retour. Il se lève lui-même pour occuper un des côtés du canapé et y attendre Moira pendant qu’elle s’affaire à son bureau.

– Ce n’est pas bon de t’épuiser comme ça. Comment comptes-tu au juste mettre la lie de l’humanité en taule si tu es trop épuisée pour tenir debout ? Allez, viens. Tes dossiers ne s’envoleront pas et tu as dans la main de quoi t’aider à retrouver un peu de concentration.

La pierre brille toujours dans la paume de la magistrate.

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Ven 9 Aoû - 8:32





décembre 2003

Le sourire fatigué de la juge s’élargit quelque peu à entendre les piques nullement dissimulées du duelliste. Ses rebuffades et ses railleries ont toujours fait partie de ce personnage haut en couleurs que Moira a rapidement apprécié. La rune dans sa main se réchauffe au contact de sa paume. Elle passe son pouce sur la gravure d’un geste distrait et pourtant minutieux, comme pour examiner chaque irrégularité de la pierre. Le travail de Valur a toujours été particulièrement méticuleux dès qu’il s’agit des runes. Il l’est aussi dans ses combats sur le terrain, à sa façon. Comme toujours, l’emballage pèche plus que le présent, et c’est bien cette manière abrupte qu’il a de livrer ses talents qui irrite bon nombre de ses collègues de travail. Mais la juge ne s’est jamais vraiment attachée à la forme quand le fond prouve à lui seule les intentions de quelqu’un. Elle n’a jamais douté du respect de Valur, pas plus que de sa loyauté envers son pays d’adoption, ou envers elle. Ainsi se moque-t-elle bien de cette nonchalance apparente avec laquelle il lui a donné la pierre, tout comme elle ne lui tient jamais rigueur de ses méthodes brusques dans son métier d’Auror. Ce sont elles qui leur ont permis d’arrêter Lestrange. Définitivement.

Après une seconde où il tente une dernière fois de la convaincre de finir la relecture de ce dossier, l’esprit de la juge s’allège enfin de ce poids en acceptant la proposition de l’Islandais, et c’est avec un sourire résigné mais sincère qu’elle rassemble tous ses papiers d’un mouvement rond de sa baguette magique avant de les enfermer sous clé dans un tiroir de son bureau. Un dernier verrouillage magique apposé sur la serrure la libère définitivement de ce poids pour cette nuit et elle le rejoint, ses doigts caressant toujours la cornaline dans sa main. Elle souffle en s’asseyant dans les coussins :
- Trop de sagesse pour une heure aussi tardive, Valur…
Un sourire étire encore la commissure de ses lèvres alors qu’elle ajoute, plus grave :
- Je crois que je repousse le plus possible ce moment avant de dormir, quand plus rien n’est là pour attirer ton attention et que tu n’as plus que tes réflexions pour te tenir compagnie. Les miennes m’effraient trop ces derniers temps pour que je souhaite m’attarder avec elles sans personne pour m’aider à les fuir... Kingsley ne s’est toujours pas réveillé. J’ai encore reçu aujourd’hui la veuve de Johnson qui est terrorisée à l’idée d’élever leurs deux enfants toute seule. Et une partie de moi sait que nous aurions pu déplorer bien d’autres pertes.
Son regard vient capter celui de Valur avant de laisser entrevoir un bref instant cette terreur qu’elle a ressentie en entendant le gémissement du duelliste lorsque le sortilège de Lestrange l’a frappé. Rarement son cœur s’était si violement contracté, fracassé contre ses côtes à l’idée de perdre un ami trop précieux pour être jamais remplacé.
- Comment vont tes côtes ? glisse-t-elle avec tendresse en jouant distraitement avec sa pierre dans une main.

Puis, reportant son attention sur la rune qu’elle appréhende encore assez difficilement, elle fronce délicatement les sourcils et lance d’un air déterminé malgré sa fatigue évidente :
- Je ne garantis pas d’être une très bonne élève dans mon état. Mais je te promets de faire de mon mieux. Montre-moi !
Et dans le fond de sa voix vibre l’excitation chaleureuse de ces enfants que l’on retrouve au fond de soi quand on se voit offrir un nouveau jouet.

(585 mots)


Valur Fjalarsson

Valur Fjalarsson
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Jeu 22 Aoû - 10:06


CWEORTH | @MOIRA A. OAKS

La magistrate a vraiment l’air au bout du rouleau. Valur ne cesse de se le dire à chaque fois qu’il vient visiter tardivement son bureau. Mais cette fois-ci, elle a l’air encore plus fatiguée qu’à l’accoutumée. Il l’a vue se masser les tempes à plusieurs reprises, froncer les sourcils et se passer la main sur la visage. Elle donne trop, Moira : trop pour son pays et pour son travail. C’est à se demander si elle a une vie à côté de son activité, des aspirations autres. Il faudra qu’il lui pose la question, un jour. Mais pas ce soir : ce n’est pas temps de discuter de ces choses là. Pas quand il la voit enfin refermer ses dossiers et accepter de lâcher un peu du leste en venant s’assoir à côté de lui. Marmottement bourru.

– Y’a pas d’heure pour la sagesse, Moira.

Il l’écoute lâcher enfin ce qu’elle a sur le coeur. Il se doutait bien que c’était pas seulement un histoire de paperasse en retard : la rencontre avec Lestrange a vraiment laissé des séquelles, on dirait.

– Shacklebolt va se réveiller, va. Il ne raterait pas l’occasion de m’offrir encore un cadeau ridicule à cette fête que vous appelez Noël.

C’était quoi la dernière fois ? Ah oui, un livre moldu « draguer pour les nuls »… Kingsley a manifestement la rancune taquine : lors de l’arrivée au Ministère de l’Islandais, il a refusé de participer à l’échange de cadeaux de Noël expliquant avec son air bourru habituel qu’il n’était ni celte ni chrétien et que cette fête n’avait aucun sens pour lui, pas plus que Yule célébrée encore par certaines familles conservatrices du monde de la magie anglais. Manifestement, plus qu’une tradition religieuse, c’était surtout un rituel social que de s’offrir des cadeaux à cette époque, et cela avait courroucé une poignée de jeunes anglais au sang chaud… C’est susceptible, l’auror anglais de base. Depuis ce crime de lèse-majesté, chaque année, Kingsley Shacklebolt, le très sérieux et très plaisantin directeur du département de la justice lui offre un cadeau parodique… Auquel il réplique lors du solstice d’été et de la fête des récoltes en août ! Et leur échange de cadeaux incongrus fait systématiquement rire tout le département, parait-il. Le T-shirt moldu affichant une tasse de café disant à un pot à lait « c‘est parce que j’suis noir, c’est ça ? » qu’il lui a offert l’an dernier était pourtant du meilleur goût. Kingsley l’avait même porté au travail le jour même et il le garde dans son bureau comme vêtement de secours depuis. Il n’y a pas de petite victoire.

– Et tu sais bien que la veuve Johnson ne sera pas lâchée dans la nature : tous les collègues du département vont l’aider à traverser cette mauvaise passe. Elle est bien entourée. Je sais qu’Abott et sa femme étaient chez elle, ce soir, pour l’aider à mettre un peu d’ordre dans leur maison. Et les côtes vont bien : je suis retapé de pied en cap.

Y’a plus qu’à obtenir le droit de retourner sur le terrain si les hautes autorités ont fini de le punir injustement (ou presque). Et surtout, ne pas mentionner sa sortie de l’hôpital contre avis médical ni l’achèvement de ses soins à coup de mixtures jugées douteuses par les soigneurs de Sainte Mangouste au village Verbena qui constitue l’essentiel de sa clientèle en matière d’achat de runes.

– C’est pas compliqué, tu vas voir.

Il s’est assis en tailleurs sur le canapé à côté de Moira. D’un geste souple, il referme la paume de Moira sur la pierre et garde le poing de sa voisine sous sa main. Il la sent trembler un peu.

– Ferme les yeux, concentre-toi sur la pierre. Fais connaissance avec elle. Tu la sens sous ta paume, tu sens son poids, sa chaleur, sa texture. Ne pense qu’à elle, qu’au motif qui est gravé à sa surface, qu’au pouvoir qu’elle porte.

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Moira A. Oaks

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Ven 30 Aoû - 9:27





décembre 2003

La présence de Valur l’enveloppe comme une couverture rassurante, adoucissant ses craintes et réchauffant son cœur. Alors que sa voix vibre délicatement dans son bureau, Moira réalise combien le silence lui a pesé jusque-là, un silence qu’elle a désiré pourtant pendant des jours, le temps de retourner dans sa tête des centaines de fois le déroulement de la capture de Rabastan Lestrange. Comment aurait-ils pu sauver Johnson ? Quel élément a trahi Kingsley ? Comment Malefoy peut-il se jouer ainsi de toutes leurs barrières jusqu’à s’infiltrer dans une brigade d’Aurors pour une mission aussi périlleuse ? S’il avait été leur ennemi déclaré, elle ne serait déjà plus de ce monde et n’aurait sans doute pas été la seule à trouver le trépas de sa main cette nuit-là.

Son aveuglement l’enrage depuis des jours entiers, se nourrit de son inquiétude qui continue de lui rappeler chaque jour qu’un deuxième sorcier périra peut-être de la main de Lestrange. Shacklebolt toujours entre la vie et la mort pourrait être la prochaine perte du Ministère, une de celles dont on ne se remet jamais vraiment. Pourtant, Valur apparaît comme une étincelle dans la nuit trop sombre de la juge, un visage affable au sourire communicatif alors qu’il tente de la rassurer comme il le peut. Sa diversion fonctionne quelques secondes au moins, le temps pour Moira de glisser entre deux souffles :
- Ce serait un sacrilège en effet ! Nous parions chaque année sur celui de vous deux qui aura la meilleure idée. J’ai gagné cinquante mornilles contre Sanders grâce à ton tshirt de l’an dernier. Il n’a même pas cherché à argumenter !

Son sourire, bien que sincère, s’évanouit pourtant bien vite quand ils évoquent la famille endeuillée de Johnson alors que Valur tente une nouvelle fois d’apaiser les craintes de la magistrate. Moira n’est pas surprise d’apprendre que le couple Abott s’est déjà rendu auprès de la veuve et de ses enfants. Leur sollicitude et leur bienveillance ont toujours suscité chez elle une grande tendresse.
- C’est bien, dit-elle simplement, pensive et avec une pointe de timidité qu’elle tente de dissimuler derrière la finesse de son sourire.

La pierre qui se réchauffe au contact de sa main attire doucement son attention alors que Valur se propose de s’essayer pour la première fois à la manipulation des runes. A côté d’elle, il s’est installé en tailleur, prêt à tenter de l’ouvrir à la magie de son monde. Le cœur de Moira accélère subtilement dans sa poitrine mais aucun frisson ne vient contracter sa main quand le runiste la recouvre de la sienne, preuve d’une proximité entre les deux mages qui les a depuis longtemps fait accepter l’innocence de ces quelques gestes. La Présidente-Sorcière tremble légèrement, de fatigue sans doute, et d’une certaine appréhension qu’elle tente de dissimuler en respirant plus profondément.

Ecoutant les conseils de Valur, elle ferme les yeux avec docilité et se laisse guider par les trémolos de sa voix. Il lui faut quelques secondes pour se débarrasser des dernières pensées qui occupent son esprit et se concentrer uniquement sur la pierre. Sa respiration ralentit. Sous la paume rassurante de Valur, elle laisse légèrement courir son pouce sur la surface polie de la pierre. Le calme revient lentement dans son cœur. Elle se laisse guider, silencieuse, appliquée, comme la jeune fille vêtue de rouge qu’elle était bien des années plus tôt dans les couloirs immenses d’un vieux château écossais.

(569 mots)


Valur Fjalarsson

Valur Fjalarsson
MEMBRE
hiboux : 85
Jeu 5 Sep - 10:13


CWEORTH | @MOIRA A. OAKS

L’étau des souvenirs pourrait devenir une mâchoire propre à déchiqueter l’estomac si le duelliste se laisse embringuer par la tentation de la nostalgie. Mais il ne le fait pas. Ses Dieux cueilleront Kingsley si son heure est venue. Ils l’emporteront vers un paradis où il pourra reposer auprès des plus grands guerriers de son temps. Ceux qui sont honorablement tombés au combat comme lui l’accueilleront. Il le sait. Malgré tout, il espère ne voir cette heure que bien plus tard. Il faut garder espoir. Il le faut.

- J’espère te faire gagner tes paris deux années de suite, alors : j’ai déjà trouvé le cadeau de Kings.

Sourire malicieux plein de facétie. Cette année, il est certain de gagner. A vrai dire, c’est cette petite mésaventure avec Lestrange qui lui a inspiré le cadeau qu’il a prévu de faire à son vieil ami… Oh, le joueur pourrait vous dire à vous, stalkers de rp, ce qu’il a prévu de faire, mais ce serait beaucoup moins drôle. Contentons-nous de nous dire que Valur y pense avec une mine amusée où brille une tranquille assurance. Il va gagner, il en est certain. Il faut juste que Kings se réveille à présent…

Et il est temps de se glisser dans une ambiance nouvelle. La nuit est noire, le bâtiment silencieux. Personne ne passe dans les couloirs, aucun pas ne vient troubler la concentration de Moira. Le fabricant de runes l’a guidée comme il a pu sur les premiers pas, mais il sait qu’elle doit d’abord se détendre seule. Sous sa main, il sent Moira se relâcher. Elle commence à se détendre, manifestement. Alors il retire tout doucement sa propre main pour la laisser seule avec la rune. Sa voix est à peine un soupir.

- Quand tu te sens suffisamment familière avec la rune pour essayer d’appeler son pouvoir, dis-le moi. Je te guiderai.

Et il attend tranquillement. Il se souvient lui-même des premières fois qu’il a appris à se servir de ses runes. Ses parents n’avaient pas agit autrement avec lui. Il était resté assis, Feru dans la main pendant de longues heures avant que la rune ne vienne lui chatouiller la paume dans un crépitement de magie. Il se demande combien de temps il faudra pour qu’il en aille de même pour Moira. C’est difficile, souvent, d’apprivoiser un nouveau focus. Il suffit de voir la tête qu’il a fait quand sa sœur lui a fait agiter une baguette. Deux trois moulinets du poignet et puis il a décrété que c’était pas pour lui, toutes ces conneries.

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Sorcellerie

Sorcellerie
GRAND MAÎTRE
hiboux : 449
Ven 1 Nov - 15:11
Intervention MJCweorth
échec limité | Trouver le pouvoir d'une rune est un exercice difficile. Moira essaie de se concentrer, mais la fatigue et sa migraine ne l'aident guère. A un moment, il lui semble bien qu'elle devine quelque chose, comme une caresse chaude et rassurante affleurant sa conscience, mais bien vite, la sensation lui échappe, et elle ouvre les yeux dans ce bureau, soudainement trop grand, trop noir, trop froid.

Moira A. Oaks

Moira A. Oaks
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hiboux : 673
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Lun 4 Nov - 18:14





décembre 2003

Ses paupières closes se plissent légèrement quand la fraîcheur de l’air revient mordre la peau fine de ses phalanges. La main de Valur s’en est allée et pendant un instant, la tension regagne ses muscles à se sentir seule, abandonnée avec sa rune sur le canapé, perdue dans ses sensations, ses attentes et son appréhension. Elle se force à ne pas rouvrir les yeux, prend une inspiration plus grande pour calmer les battements précipités de son cœur. La voix de Valur l’enveloppe. Elle ne se focalise que sur lui et la chaleur tendre de la pierre nichée dans le creux de sa main. Distraitement, ses doigts reprennent leur valse discrète sur la surface de la rune. Moira respire encore de longues secondes, puis murmure :
- Je suis prête.

Sa voix a sonné plus sûre qu’elle ne le pensait. Très bien. Ne reste plus qu’à appeler ce pouvoir dont elle a vu son ami user maintes fois. Sans cesser de caresser la pierre, Moira approfondit sa respiration, se concentre sur ses sensations. Les souvenirs de ses premières expériences une baguette à la main lui reviennent : la manière dont on lui avait appris à faire appel à sa magie, à la concentrer sur son focus. Mais sa baguette est restée sagement sur le bois de son bureau et elle ne tient plus que cette pierre. Inspiration. Autour d’elle, il n’y a que le silence et les mots de Valur qui tournent dans son esprit. La juge se concentre. Elle attend de sentir quelque chose. Une vibration. Un picotement. Un instinct. Quoi que ce soit.

Son front se plisse à un nouveau pic de sa migraine. Elle serre un moment les dents pour tenter de ne pas perdre le fil, se raccroche à la voix du Scandinave pour ne pas lâcher prise. Les secondes passent. Des minutes peut-être. Jusqu’à ce que ses sourcils se froncent…
- Attends…
Elle n’ouvre pas les yeux. Sa main se presse avec plus de fermeté autour de la pierre. Elle croit sentir une chaleur s’en dégager, d’abord discrète, puis trop prononcée pour ne venir que de sa paume.
- Je crois que je sens quelque chose…
Elle écoute Valur, suit chacun de ses conseils. Le pouvoir est là, à portée de main, elle en est sûre, comme dans chaque baguette qu’il lui a été donné de toucher. Elle peut faire quelque chose. Elle en est sûre.

Mais bien vite, la sensation balbutie. La douleur entre les tempes de la Présidente-Sorcière s’intensifie, ronge ses pensées pour toutes se les accaparer. La chaleur de la rune s’atténue. Les doigts de Moira se referment brusquement autour de la pierre, s’enroulent autour d’elle comme pour l’empêcher de s’échapper. Mais elle disparaît progressivement, jusqu’à ne plus laisser derrière elle que la tiédeur de sa main.

Relâchant ses muscles en un soupir, Moira rouvre les yeux et met quelques secondes à revenir à Valur. La déception imprègne ses prunelles et sa main libre vient passer mollement entre ses sourcils alors qu’elle soupire :
- Je l’ai perdu…
Faiblement, la magistrate déglutit avant de se redresser, le visage légèrement crispé par les courbatures qui se rappellent à elle.
- Excuse-moi, Valur… Je peine à me concentrer ce soir. Je ne dors pas très bien depuis un moment. Et il y a ces maux de tête qui refusent de m’abandonner… Je n’arrive plus à rien.
Un semblant de colère vibre dans le fond de sa gorge alors qu’elle achève sa dernière phrase. Les journées depuis la capture de Lestrange lui semblent interminables et ses manquements de plus en plus fréquents. Trop fréquents.

Reportant son attention sur la pierre, elle laisse son pouce caresser une fois encore le symbole qu’a gravé Valur. Un sourire revient étirer légèrement la commissure de ses lèvres alors qu’elle tend la rune au duelliste.
- Tiens, et si tu me montrais, plutôt ? J’aimerais voir ce que cette petite merveille est capable de faire avant de tomber de fatigue.

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