{PELIAH} l'arbre de la paix n'est pas le baobab
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A. Josiah N'Da

A. Josiah N'Da
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Jeu 27 Juin - 14:21




l'arbre de la paix n'est pas le baobab
Ses pas étaient étouffés par la neige qui recouvrait les pavés du Chemin de Traverse. Josiah sortait de la librairie avec quelques livres sous le bras, attachés entre eux par une ceinture de cuir. @Orion Fleury les lui avait débusqués il ne savait trop où. Il s’agissait d’ouvrages sur la pratique – de niche – du tatouage rituel dans un clan de lycanthropes d’Amérique du Sud. L’un d’entre eux était une édition unique, publiée au XVIIIème siècle. Son ami allait finir par le ruiner avec de pareilles reliques, absolument irrésistibles à l’œil curieux du tatoueur. En rentrant vers son salon, Josiah fit un détour, pour passer devant la fameuse boutique d’Ollivander, seule de toute la rue à vendre des baguettes magiques. Le pauvre bigre, vieux fou, avait le monopole sur cette pratique pourtant essentielle à la communauté magique anglaise. Cela faisait quelques semaines qu’il lorgnait, à nouveau, sur les créations du vieil homme, qui n’avait pourtant pas manqué de le vexer, il y avait de cela deux ou trois ans. La dernière fois qu’il s’était laissé aller à rêver d’une baguette, il s’était bien vite ravisé, témoin du racisme absolu dudit spécialiste. Garrick Ollivander lui avait proposé une baguette en bois de baobab, « parce que c’est un arbre africain, n’est-ce pas ? ». Par Ogun, quelle rage l’avait pris quand il avait entendu cela. Il avait refusé de toucher au bout de bois, et s’était lancé dans une réplique infinie sur cet arbre sacré, abri des mauvais esprits, que le sorcier avait visiblement charcuté pour en faire une baguette. A l’écouter, Mr. Ollivander n’aurait pas pu émettre pire affront. L’homme n’avait pas pu en placer une, il avait laissé passer l’esclandre, et s’était contenté de sursauter, un peu, quand Josiah avait claqué la porte derrière lui. Ce soir-là, notre béninois fier de son sang avait écrit une lettre infinie à @Nasiya Abasinde, qu’il n’avait heureusement jamais envoyée. Deux pages pour décrire la scène, tous ces détails qui l’avait échauffé, et ça se terminait par quelque chose qui ressemblait à : « tu avais complètement raison, concernant les anglais. J’en ai fini avec eux, je me barre et je te rejoins. Où es-tu ? ». Coup de sang. La lettre avait été enfermée, à la fin de la soirée, dans ce petit coffret dans lequel étaient empilées une dizaine d’autres lettres qu’il n’avait jamais envoyées, avec des petits artefacts ayant un jour appartenu à son amant. Il n’avait plus pensé à cette affaire de baguettes pendant des années, mais y était revenu, en tombant à nouveau sur cette lettre, alors qu’il s’appliquait à ranger son appartement.

Une autre personne avait été témoin de la scène. La fille, ou peut-être même la petite-fille du fabricant de baguettes, s’était tenue là, derrière le comptoir. Josiah avait vu ses cheveux changer de couleur au rythme que sa voix se haussait contre le vieil homme, mais il n’en avait rien fait. En relisant les quelques lignes qui la décrivait dans la lettre pour Nasiya, il s’était souvenu de cette petite, et se demandait maintenant ce qui lui permettait de tels changements capillaires … Un don de métamorphomagie, peut-être ? En tout cas, cela faisait quelques semaines maintenant que Josiah passait devant la boutique de baguettes, et jetait des regards qu’il voulait discrets à l’intérieur. Il avait remarqué que la jeune fille n’était pas toujours là, et en s’attardant un peu, il en avait déduit qu’elle ne venait à la boutique que le week-end. Que faisait-elle, le reste du temps ? Elle semblait trop âgée pour être encore à l’école, et pourtant, elle avait visiblement un emploi du temps très strict, puisqu’elle n’apparaissait jamais sur le chemin de traverse en dehors de ces fins de semaines. On était ce jour-là un samedi, et Josiah était à nouveau allé s’approcher de la boutique, pour vérifier sa théorie. Mais, avant de parvenir jusqu’au lieu d’espionnage, il avait en fait remarqué dans la foule une tignasse rose, assez rare chez les sorciers anglais. C’était la couleur que choisissait d’ordinaire la jeune femme, un coup-d’œil appuyé en plus lui permis de confirmer que c’était bien elle. Il ne l’avait vue que de loin, dans la pénombre de la boutique, mais il était certain de se souvenir de son visage. Il traversa ainsi la foule, pour atteindre son niveau et l’arrêter. Tendant sa main, et lui adressant un sourire chaleureux tel qu’il savait les faire, il dit : « Miss Ollivander, je ne me trompe pas ? Je crois que j’ai assez lorgné sur votre boutique, et que mes dieux me disent d’aller à votre rencontre en croisant nos chemins sur ce pavé. Puis-je me présenter, ou êtes-vous pressée ? ».

Il était probable que la demoiselle se souvint parfaitement bien de qui il était. Pourtant, Josiah espérait que ça ne soit pas le cas, pour pouvoir travailler avec elle sans que trop d’a priori ou de rancœur ne viennent les séparer. Car en effet, Josiah avait certains plans, pour la jeune femme. Ce n’était pas pour rien qu’il avait lorgné sur son profil pendant de longues semaines, lui qui n’était pas d’ordinaire attiré par la gente féminine. Loin de vouloir l’inviter à dîner, et encore plus loin de vouloir la suivre jusque dans une ruelle sombre, il voulait toutefois bien lui adresser une proposition que certains pourraient qualifier d’indécente. La faire travailler dans le dos de son aïeul, est-ce que ça se faisait ? Mais bon, « dans le dos », allons, comme vous y allez ! peut-être pas ! Bien libre à elle d’en parler au vieux crouton, c’était seulement que Josiah se refusait à remettre un pied dans sa boutique. Il avait toutefois remarqué qu'elle ne se tenait pas immobile, aux côtés d'Ollivander. Au contraire, celui-ci semblait affairé à lui transmettre son savoir, il avait l'air de vouloir la former, sans doute lui apprenait-il des choses. Ainsi, à défaut que ce soit lui qui lui trouve une baguette qui saurait correspondre à sa magie, elle, l’héritière dont il ne connaissait pas encore le prénom, pourrait être celle qui lui en fabriquerait une...

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Pelagia H. Ollivander

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Ven 28 Juin - 15:47
ARBRE DE PAIX & BAOBAB



Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Un coup le soleil étincelle de mille feux par les verrières de Poudlard, le suivant, il filtre en timides rayons par les petits carreaux enfumés de la boutique familiale. Des années que je propose à mon grand-père de refaire l’intérieur des lieux en quelque chose de plus moderne. Je me suis rendue à l’évidence : pour l’espace, la clarté et la lumière, il faudra attendre qu’à mon tour, je sois propriétaire de l’endroit. Quelques années de patience, au moins.

Je viens ici chaque week-end, avec la bénédiction de @Severus Rogue depuis deux ans. J’ai commencé mon apprentissage, comme il est de coutume dans la famille, à mon dix-septième anniversaire. Seul petit problème technique en raison de la guerre : je vais toujours à Poudlard. Il a fallu trouver un compromis. Car ça, pour être à cheval sur la tradition, mon grand-père l’est. On ne pourra certainement pas le prendre en défaut sur ce point. Jamais. Je me souviens encore du premier gobelin qui a passé la porte de l’échoppe après la promulgation de la loi sur les êtres magiques. Vert refus de mon grand-père de lui vendre une baguette. Je me souviens aussi de la mirobolante amende que nous avons pu payer pour discrimination. Et mon grand-père de continuer de refuser de vendre aux gobelins. Soupir de lassitude.

C’est à ce moment qu’un hibou choisit de débouler par le carreau le plus proche du comptoir. La patte est allégée de son fardeau, les phalanges égarées dans les broussailles de plumes. Mignon ce petit-duc. Le pli m’est adressé par @Valur Fjalarsson, un fabricant de runes avec lequel j’ai pris contact il y a quelques temps pour en apprendre davantage sur le fonctionnement des foci verbenae. Le coeur papillonne dans la poitrine lorsque je déplie le bref message. En un mot comme en cent il a dit oui. Il accepte de me rencontrer ! Je sautille sur place dans un élan de joie, fais un tour sur moi-même et brandis dans un geste de victoire la lettre glissée entre mes doigts.

« Youhouuuu! »

Oui c’est puéril, et alors ? Je regarde l’horloge murale ! Pile poil pour la pause ! Mon grand-père est absent aujourd’hui, parti en vadrouille sur les terres de feu pour une réunion avec Narcissa Malefoy. Honnêtement, je préfère ne pas savoir ce qui se trame là-bas. C’est plus sûr comme ça. C’est donc avec joie et volupté que j’attrape une veste de cuir, mon porte-monnaie – les bourses, c’est vraiment bon pour le siècle dernier – et que je file affronter les rues du chemin de traverse : je dois fêter ça.

Et pour fêter ça, une seule solution.
Florian Fortarôme et ses glaces au chocolat !

Nez en l’air, sourire sur le visage, crème glacée à la main, je vadrouille quelques instants dans la rue, profitant de l’air frais de ce mois de Décembre jusqu’à ce qu’un drôle de bonhomme surgisse devant moi. Peau sombre, vêtements excentriques mais de bon goût, c’est, je crois, le tatoueur du Chemin de Traverse. Nous sommes déjà passés devant sa boutique avec @Asao Watnabe, mais je me souviens surtout de l’esclandre qu’il avait faite à la boutique Ollivander il y a quelques années, suite à une remarque – de mauvais goût, il faut l’admettre – de mon grand-père.

« Miss Ollivander, je ne me trompe pas ? Je crois que j’ai assez lorgné sur votre boutique, et que mes dieux me disent d’aller à votre rencontre en croisant nos chemins sur ce pavé. Puis-je me présenter, ou êtes-vous pressée ? »


Je le jauge prudemment avant de glisser ma paume dans la sienne.

« Monsieur. »

Un temps.

« Je me souviens de vous. »


Un sourire poli, une dernière bouchée pour finir la boule de glace achetée chez Florian pour fêter ma victoire. Je me sens toute disposée à laisser sa chance à n’importe quelle proposition après une journée si bien entamée.

« Je n’ai rien d’urgent, mais il faut que je garde la boutique familiale : j’étais juste sortie prendre une petite pause. »

Une petite glace, plutôt.

« Si vous m’y accompagnez, on pourra discuter ; il n’y a jamais grand monde à cette heure-ci. »


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A. Josiah N'Da

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Sam 6 Juil - 11:10




l'arbre de la paix n'est pas le baobab
D’où sortait cette envie de baguette ? Josiah s’en sortait bien, ou en tout cas, suffisamment bien, avec la paume de ses mains et le bout de ses doigts. C’était toutefois un désir qui était arrivé rapidement après son arrivée à Londres, quelques années à regarder les anglais manier leur bout de bois avaient suffi pour émoustiller notre jeune homme jusqu’à le pousser vers l’un des Péchés dont il n’était pas d’ordinaire le partenaire. L’Envie … Il avait pourtant l’impression de ne rien vouloir prendre aux anglais. Il les trouvait trop pâles, trop coincés, trop polis. Et les sorciers anglais, en particulier, il les jugeait trop serrés d’esprit, trop classiques, ils paraissaient avoir manqué deux-cents ans de mode, à force de s’empêcher de regarder les moldus, pourtant génies dans leur genre. Josiah, londonien depuis six ans, n’avait pas adopté leurs coutumes, il ne prenait pas le thé à cinq heures, ne portait pas de chapeau pointu, et pourtant, il rêvait de posséder ce qui était le plus intrinsèque au sorcier anglais : sa baguette magique. Ne disons pas cela tout haut, ou l’on risquerait de voir ressurgir les pamphlets du Ministère de ‘97, soupçonnant les nés-moldus d’avoir volé leurs baguettes aux vrais sorciers, ceux au sang pur. Ça aussi, quelle idiotie. Une décennie de guerre, froide ou active, pour des affaires de sang. De l’Envie à l’égard des anglais alors, vraiment ?
Peut-être ne s’agissait-il pas seulement des anglais, peut-être qu’explorer une autre piste se révèlerait être plus fructueuse pour comprendre ce furieux désir. La mère de Josiah aussi utilisait une baguette. C’était une américaine, d’origine béninoise de façon très lointaine, certes, mais formée à la magie elle aussi au travers de ce focus, à l’institut de magie d’Ilvermorny. C’était parce que Josiah était né sur le continent africain qu’il était allé à Uagadou, et qu’il avait ainsi appris à utiliser la magie sans l’usage d’un tel medium. Mais s’il était né aux Etats-Unis, à la Nouvelle-Orléans comme sa mère avant lui, et sa fratrie après lui, il compterait sans nul doute parmi ceux qui manient des bouts de bois. Ainsi, peut-être qu’il ne s’agissait pas tant d’imiter les anglais que de chercher à ressembler à un membre de sa propre famille. Une fratrie de vingt mômes, et pas un qui n’était exactement comme lui. Il n’avait pas eu le droit, ou peut-être l’opportunité, d’apprendre cette magie-là, mais peut-être que ça lui aurait réussi ? Peut-être aurait-il été un sorcier extraordinaire, plutôt que de devoir tracer des disques à l’encre noire au centre des paumes pour parvenir à canaliser cette magie libertine qui ne semblait pas toujours vouloir lui obéir ? Peut-être que ça lui aurait permis d’être plus proche de son frère et de sa sœur orléanais, auxquels il ne parlait que peu, et ce même si la mioche avait posé ses valises à Pré-au-Lard, et qu’il s’était promis, en même temps qu’à sa mère, qu’il s’occuperait d’elle. Parce que ne pas utiliser de baguette, être allé à Uagadou, tout ça, ça ne l’avait pas vraiment rapproché de sa brochette de frères et de sœurs béninois. Certains paraissaient même à des étrangers, notamment ceux qui étaient nés après son départ pour Uagadou. Si un autre naissait là, si son père se mariait à nouveau, peut-être ne le connaîtrait-il même pas. Six ans qu’il n’avait pas posé ses pieds au Bénin. Inquiétante étrangeté.

Si nous assemblons ces deux hypothèses, peut-être arriverons-nous à une conclusion. Et s’il s’agissait là de venir se créer une identité de sorcier propre ? Ni celle d’un anglais, ni celle d’un Sinclair, celle d’Aimé Josiah N’Da. Aujourd’hui, il se décrivait comme un sorcier né dans une province Fon du Bénin, d’un père chef de tribu et d’une mère américaine, au beau milieu d’une fratrie de vingt rejetons, pratiquant une magie sans baguette, vaudoue et du Bénin et de la Nouvelle-Orléans, tatoué de la tête aux pieds. Tout cela portait à confusion. Devenir un sorcier londonien, tatoueur et amoureux, magicien accompli avec et sans baguette, semblait une perspective plus claire. Pas parce qu’il y avait de la norme à cette description, Josiah était tout sauf normal, mais plutôt parce qu’il s’agissait d’éléments qui serviraient à le décrire lui, sans en passer par sa famille, qui lui était bien souvent étrangère. En bonne narratrice omnisciente, ce sont des choses que je sais, et que je choisis de partager. Pas certain en revanche que Josiah en fût véritablement conscient. Il savait toutefois que son chemin avait par deux fois croisé celui de la jeune Ollivander, et prenait ça comme un signe que lui envoyaient ses dieux d’en passer par elle. Elle avait les cheveux roses et mangeait une glace de chez Fortarôme. Elle allait lui plaire, il en était certain. Prudente, elle glissa sa main froide dans la sienne. Pourtant, elle n’avait pas l’air de manquer d’audace. Il s’agissait d’être assez culottée pour manger une glace au mois de décembre. Ça plût à notre sorcier, qui de son côté devait fournir des efforts pour faire preuve de témérité. Il y en avait d’autres pour lesquels c’était chose innée, et elle avait l’air de faire partie de ceux-ci. Il lui en faudrait, pour la mission que lui confierait Josiah.

Elle lui dit qu’elle se souvenait de lui, et Josiah n’entendit pas dans sa voix de ressentiment. Tant mieux, c’était là un sentiment avec lequel il n’aimait pas travailler. Trop fatiguant. Peut-être cachait-elle son jeu, mais là encore, l’hypocrisie n’était pas un sentiment avec lequel il aimait évoluer. A nouveau, elle n’avait pas l’air d’être de ceux-là. « Je n’ai rien d’urgent, mais il faut que je garde la boutique familiale : j’étais juste sortie prendre une petite pause. Si vous m’y accompagnez, on pourra discuter ; il n’y a jamais grand monde à cette heure-ci. » Un sourire chaleureux naquit sur les lèvres de Josiah, qui lui emboîta le pas alors qu’elle se retournait vers sa boutique. Derrière lui traînait sa cape en laine waxée. Il avait chaud, parce qu’il était excité, et qu’il avait eu le malheur de se faire tatouer un homme encapuchonné sur le bras qui l’empêchait de craindre les températures trop froides. Mais il ne faisait jamais trop froid en Angleterre, ni trop chaud, d’ailleurs. C’était un pays trop poli pour proposer à ses habitants de tels extrêmes. On n’était pas en Sibérie, alors Josiah subissait ce double effet : celui du tatouage et celui de la laine. Si l’on parlait en termes de Péchés Capitaux, on pouvait dire que Josiah était un habitué de la Gourmandise et de l’Orgueil. Vouloir bien s’habiller, s’acheter des fringues, être élégant, détonner dans la rue, sentir que la plèbe le regardait, tout cela étaient des choses qui lui plaisaient. Il voulait donc pouvoir sortir dans la rue avec des capes en laines recouvertes de tissu wax, même si ça lui donnait un peu chaud, parce qu’il chérissait ces regards étonnés qu’il recevait quotidiennement. Mais là, il regrettait cette superficialité. Il aurait voulu être sorti sans cette cape aux motifs verts et oranges, car si l’on rajoutait à la laine et au tatouage l’excitation, on crevait de chaud.

« Si vous vous souvenez de moi, alors vous vous souviendrez de la requête que j’ai faite à votre … grand-père, c’est cela ? D’ailleurs, peut-être devrons nous commencer par là ? » Tentative qui n’était pas trop osée, même si Josiah soulignait là sa méconnaissance du monde magique anglais. Certainement aurait-il dû connaître l’arbre généalogique d’une telle famille, la seule qui fabriquait des baguettes magiques en Angleterre, et pourtant, c’était typiquement le genre de chose qui l’ennuyait. Il préfèrait demander. « Je suis Josiah, Josiah N’Da, sûrement plus connu sous mon nom d’artiste, voodoo’s child. Tatoueur vaudou sur le chemin de traverse, donc. Et vous ? » Si tout fonctionnait, nos deux créatures colorées travailleraient quelques temps ensemble. Il fallait donc impérativement commencer par là : apprendre à se connaître, gommer les impressions peut-être faussées du passé, et comprendre le personnage en face duquel on se tenait. Josiah devait s’appliquer à admettre que dans l’affaire, c’était elle la professionnelle et lui le client, ce qui n’était pas chose habituelle, ni aisée. S’en remettre à l’autre, pour un grand solitaire comme il l’était, était loin de l’évidence, et pourtant, ça serait tout à fait nécessaire dans cette affaire de baguettes.
En savoir un peu plus sur elle, ne serait-ce que son prénom, l’aiderait certainement. Et puis pour elle, elle allait devoir s’appliquer à fabriquer une baguette magique à un homme qui savait se montrer particulièrement exigeant. Elle devrait savoir qu’il ne serait pas toujours tatillon, pointilleux et infernal, d’où ces présentations, absolument obligatoires. Parce que Josiah savait aussi être respectueux du travail, particulièrement si celui-ci était bien fait, s’il était acharné, s’il participait à la création de quelque chose de beau. C’était cela dont finalement, Josiah était certain. Ensemble, ils travailleraient à créer quelque chose d’intelligent et de novateur, il s’agirait là d’un travail qui requerrait la science de la jeune femme, sa patience à lui, et leur Art à tous les deux.

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Pelagia H. Ollivander

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Lun 29 Juil - 11:29
ARBRE DE PAIX & BAOBAB



Je suis toujours prudente en affaires : mon pépé m’a toujours dit de me méfier des clients chiants tout disposés à vous dire comment faire votre métier. Josiah N’Da sera-t-il de ceux-là ? Pour le moment, je ne suis pas encore certaine. Je l’envisage du regard, scrute sa complexion… Il a l’air plutôt sympa, s’il faut être absolument honnête. Toutefois, je me souviens aussi de la vitesse à laquelle a dégénéré sa rencontre avec papy la dernière fois qu’il a passé les portes de la boutique. C’était il y a quelques temps, déjà, plusieurs mois… années ? Mais je me souviens encore de mon papy lorgnant la porte de sa boutique avec surprise après qu’elle ait été claquée violemment dans un accès de rage. Le pauvre vieux n’avait rien vu venir. Moi-même je ne suis pas sûre d’avoir compris comment la dispute a pu prendre de telles proportions. J’avais donc choisi stratégiquement de m’abstenir de tout commentaire et aller faire du thé.

Sympa, mais caractériel, donc.
Et probablement un peu orgueilleux aussi, si l’on en juge par sa mise.

Toutefois, il ne ma donné aucune raison personnelle de me méfier de lui ou de lui refuser au moins une oreille attentive. Il voulait une baguette, si ma mémoire est bonne. Cela tombe bien, c’est la spécialité de la maison. Et un client est un client. Plus pragmatique que mon grand-père, je ne refuse pas une commande, surtout si elle est payée rubis sur l’ongle. C’est donc placidement que je tourne la clef de la porte de la boutique, le fait entrer, et vient me placer derrière le comptoir pour l’écouter. La lettre reçue de Valur est restée là, dépliée dans un élan de joie. Je m’empresse de la replier et de la celer contre mon coeur dans une poche intérieure de ma veste.

« Si vous vous souvenez de moi, alors vous vous souviendrez de la requête que j’ai faite à votre … grand-père, c’est cela ? D’ailleurs, peut-être devrons nous commencer par là ? Je suis Josiah, Josiah N’Da, sûrement plus connu sous mon nom d’artiste, voodoo’s child. Tatoueur vaudou sur le chemin de traverse, donc. Et vous ? »

Le temps, c’est de l’argent, me dit toujours papy. Autant aller directement dans le vif du sujet. J’opine gravement.

« Pelagia Ollivander, je suis la petite fille et l’apprentie de Garrick que vous avez effectivement déjà rencontré. Vous vouliez donc une baguette magique ? Pourriez-vous m’en dire davantage ? »

Ne pas poser tout de suite la question qui fâche, ne pas poser tout de suite la question qui fâche, ne pas…

« Et si nous commencions plutôt par les raisons exactes de votre dispute avec mon grand-père afin de nous assurer que l’épisode ne se reproduise pas ? Je ne me souviens pas bien de ce qui s’était dit et mon grand-père comme moi avons été pour le moins… étonnés de votre soudaine réaction. Mais quoi qu’il en soit, je ne crois pas que la porte de la boutique résiste à un nouveau coup de sang, et je détesterais devoir faire venir un artisan pour la retaper. »

Une flamme amusée crame ma pruenelle. Qu’avait-on dit déjà ? Ah oui ne pas poser la question qui fâche. Zut !

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A. Josiah N'Da

A. Josiah N'Da
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Mer 21 Aoû - 14:00




l'arbre de la paix n'est pas le baobab
A nouveau, Josiah pénétrait l’antre des Ollivander. Un instant, au moment de suivre Pelagia en montant la petite marche qui séparait la rue de la boutique, il se demanda si le vieil homme serait là. Certainement aurait-elle eu le tact de l’emmener ailleurs si ça avait été le cas, au vu de leurs antécédents. Mais les vitres fumeuses et les lumières tamisées de la boutique empêchait de voir ce qu’il se passait à l’intérieur, impossible donc de savoir avant d’entrer si Garrick Ollivander allait se trouver là, debout derrière le comptoir. Josiah avait encore parfaitement l’image en tête du sorcier très appliqué à sa tâche, content de pouvoir enfin sortir cette baguette un peu rare du placard. Il chassa de son crâne le souvenir alors qu’il passait à son tour la porte de la boutique, espérant pouvoir laisser l’événement au passé. Ollivander grand-père était effectivement absent, si seulement ça pouvait être le cas dans une boutique à laquelle il semblait appartenir. Comme un vieil olivier dans un paysage grec, on ne l’imaginait pas ailleurs que là, entre les baguettes qu’il avait lui-même créées, avait-il même une vie hors de sa boutique ? Visiblement oui, puisqu’il n’était pas là, et que pourtant, le magasin de baguettes restait ouvert. Certainement même survivrait-il à son décès, comme il avait survécu à ceux d’autres Ollivander avant lui. Josiah n’était même pas anglais, et pourtant, la célébrité de cet homme, l’unique fabricant de baguettes d’Angleterre, et toutes les légendes urbaines construites autour de lui, était parvenues jusqu’à ses oreilles. Puisqu’il vivait sur le Chemin de Traverse, c’était une mythologie qui pouvait l’atteindre facilement. Ajoutez cela à la liste des raisons qui poussaient Josiah à vouloir posséder une de ces baguettes. Ne garantissait-ce pas une classe absolue que d’avoir une baguette achetée chez le seul fabricant de baguettes d’Angleterre, tirant son savoir-faire de générations de sorciers exerçant ce métier et gardant jalousement leurs techniques ?
Comme la dernière fois qu’il était rentré dans cette antre, il laissa son regard se perdre entre les rayons hauts et poussiéreux de la boutique. Il s’imaginait petit garçon, prêt à rentrer à Poudlard, achetant une baguette comme tant d’autres de petits garçons de dix ans. Cette pensée lui arracha un sourire. Il aurait été bien mignon, vêtu de cet uniforme noir et ennuyeux que portent tous les mioches anglais. Alors que son regard glissait entre les centaines – milliers ? – de boîtes, Pelagia se présentait. Il ne l’écoutait qu’à moitié, sincèrement fasciné par le lieu, comme au premier jour. La voix de la jeune femme se perdait dans les méandres des baguettes : « Vous vouliez donc une baguette magique ? Pourriez-vous m’en dire davantage ? ». Le lieu manquait de lumière. C’était une caractéristique commune aux sorciers anglais, qui aimaient, allez savoir pourquoi, se terrer dans ce qui semblait être des trous à rats. Des maisons, des appartements, des boutiques sombres et humides. Le lieu manquait par ailleurs d’un bon vieux sortilège epousseteur de poussière. Toutes les mères moldues allergiques aux acariens qui devaient se déclencher une crise de toux en passant la porte … Infernal. Josiah secoua le crâne, ce n’était pas son commerce, après tout, ils faisaient bien comme il voulait. Reflexe de vieux réac’.

Que lui avait-elle demandé ? De lui en dire davantage ? Il n’avait pas bien écouté, elle semblait l’avoir remarqué, puisqu’elle avait renchérit sans attendre sa réponse : « Et si nous commencions plutôt par les raisons exactes de votre dispute avec mon grand-père afin de nous assurer que l’épisode ne se reproduise pas ? » Elle devait avoir quoi, dix-huit ou dix-neuf ans ? Elle semblait déjà dotée d’une finesse quasiment démagogique dans sa façon de vendre. Oubliez la connotation péjorative que peut avoir ce mot, Josiah trouvait cette qualité fort à propos dans la boutique d’un homme dénué de toute qualité diplomatique. « … quoi qu’il en soit, je ne crois pas que la porte de la boutique résiste à un nouveau coup de sang, et je détesterais devoir faire venir un artisan pour la retaper. » Et pourtant, mademoiselle, la boutique mériterait d’être entièrement retapée. Mais certainement n’était-ce pas à lui de le lui faire remarquer, Josiah tint sa langue alors qu’il laissait parcourir ses doigts sur les meubles en bois ancien qui encombraient la pièce. « Ne parlons pas de votre grand-père, je ne voudrais pas lui manquer de respect face à vous. Je vais vous parler de moi, d’accord ? » Il chercha son regard, et se demanda si entre temps, ses cheveux n’avaient pas un peu changé de couleur, ce qui le laissa étonné. Ça devait être l’affreuse lumière de cette boutique. « Par mon père, je suis issu d’une tribu africaine qu’on appelle les Fon. Je pratique une magie que vous appelez voodoo, apprise à la fois dans ma tribu, mais aussi à Uagadou, l’école de magie africaine dont vous avez sans doute entendu parler. Je n’ai pas besoin de baguette pour pratiquer cette magie, mes mains sont mon seul focus ». Il tendit ses paumes vers la jeune femme, laissant apparaître clairement les disques noirs qu’il s’y était tatoués, pour stabiliser cette magie qui avait parfois tendance à prendre un peu trop de libertés. « Je vis au Royaume-Uni depuis six ans, et je joue depuis quelque temps avec l’idée de me faire plus anglais en adoptant l’une de vos habitudes, celles d’avoir un bout de bois entre les mains pour concentrer la magie qui parcourt mon corps, et surtout mes doigts. » En grande partie parce qu’il avait les moyens de le faire, à vrai dire. Il n’en avait pas besoin, évidemment. Mais l’idée était amusante, ça constituerait un nouveau défi pour lui, un nouveau pied de nez à son père qui honnissait ce genre de pratiques. « Alors bien sûr, je poussai votre porte, parce que vous êtes les seuls fabricants de baguette d’Angleterre et tarlatata » ne pas se laisser glisser sur la pente définitivement boueuse qui s’offrait à lui. « Voyez-vous mademoiselle Ollivander, je veux que vous fassiez avec moi ce que vous faites avec tous vos autres clients. Je veux être comme ces enfants qui s’apprêtent à rentrer à Poudlard et qui sentent une baguette entre leurs doigts s’associer parfaitement à leur magie. Je suis tatoueur, vous le savez n’est-ce pas ? Je travaille quotidiennement avec ces phénomènes-là, avec mes encres qui se mêlent à la peau de mes clients, et ainsi, à leur magie. Je trouve ça parfaitement fascinant. » Ne le dites pas, mais certains tatouages ne fonctionnent pas sur certains clients. Ça fait mauvaise pub d’admettre qu’il faut parfois plusieurs tentatives avant de trouver la combinaison parfaite, celle qui est admise par la magie du sorcier, définitivement maîtresse dans ce corps qui lui est parfaitement soumis. Pourtant, ça arrivait, parfois, que ça rate, et qu’il faille réessayer, encore et encore, charcuter la peau du client, mélanger les ingrédients, pour que ça fonctionne.
Par Wata, que n’avait-il chaud, avec sa cape en laine. D’un coup d’épaule, avec une souplesse féline, il laissa glisser ce vêtement loin de son corps, s’interrompant un instant dans son discours pour plier la laine convenablement et la tenir, pliée en deux autour de son bras. « Je ne prétendrai pas savoir mieux que vous ce qui pourra me convenir. Vous êtes la professionnelle, n’est-ce pas, et je déteste quand mes clients ont le culot de m’adresser des conseils alors qu’ils n’y connaissent rien. Peut-être sera-ce la plus commune des baguettes en bois de … de quoi, d’orme, de chêne, c’est ça, qui est typique ? … peut-être sera-ce celle-là qui me correspondra. Je n’aurai qu’une exigence, Ms Ollivander. Pas de baobab. » Et il s’en tint là, pour l’instant au moins. Elle pourrait le questionner, si elle voulait. En attendant, il se retournait pour laisser à nouveau son regard se perdre entre les rayons. Elle ne pourrait pas le voir, mais sous le t-shirt noir qu’il portait, au-dessus de son très souple pantalon en wax bleu, était déjà relié à sa magie un baobab. Or, pour celui-ci, il n’avait pas eu besoin de tailler l’intérieur d’un arbre sacré, il n’avait pas eu le culot de provoquer les mauvais esprits en charcutant le bois habité et vivant de cette magnificence. Il l’avait fait tatouer à l’occasion d’une cérémonie sacrificielle qui n’avait rien eu d’anodin. Ce n’était pas un tatouage parmi tant d’autres, pas une baguette parmi tant d’autres.
L’idée qu’une créature blanche probablement habillée de vert-kaki ait pu bondir sur l’un de ces arbres divins pour ainsi tailler dans sa chair faisait naître en Josiah cette furie. Ollivander avait pourtant dû se rendre compte, en fabriquant cette baguette, que ce bois avait quelque chose de spécial, de compliqué, de sombre, au moins. Il ne pouvait pas être aussi ignorant que ça, il avait dû sentir qu’il avait entre ses mains un bois qui abritait tous les mauvais esprits, et qu’il n’était pas bienvenu de l’utiliser comme on le souhaitait, de façon païenne et inattentive.
Elle pourrait le questionner, à vrai dire, il adorerait lui expliquer, lui raconter, lui parler de lui, de sa tribu, de leur magie, de leurs croyances... L’enfer avait été de présumer qu’il aimerait cette baguette en bois de baobab parce qu’il était noir – africain, donc. Ce racisme (sûrement dénué de malice, mais pas moins réel) couplé de cette ignorance avait été la première complication dans les relations unissant le tatoueur et le fabricant de baguettes du Chemin de Traverse. On n’était toutefois pas obligé d’en rester là, particulièrement quand se tenait entre eux deux cette jeune femme visiblement douée en diplomatie …

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Pelagia H. Ollivander

Pelagia H. Ollivander
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Putting pink in Hogwarts | Candy stealer | Never joking about wandcrafting | REGULAR FACE

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Mer 30 Oct - 10:30
ARBRE DE PAIX & BAOBAB



Par chance, il semblait bien que la Bérézina de la dernière interaction en date de Josiah N’Da avec les Ollivander ne soit pas amenée à se reproduire. Je n’ai pas menti à mon interlocuteur lorsque je lui ai dit que la porte ne survivrait pas à une nouvelle dispute : l’huis de bois fané a toujours semblé une bien piètre protection pour les baguettes ici fabriquées… Semblé seulement, puisque des générations d’Ollivander ont renforcé les locaux de leur magie, leurs enchantements, leur finesse.

« Ne parlons pas de votre grand-père, je ne voudrais pas lui manquer de respect face à vous. Je vais vous parler de moi, d’accord ? »

J’opine, un demi-sourire aux lèvres. A priori il a décidé de jouer sur la corde diplomatique et, comme chacun sait, une mornille est une mornille. Je ne voudrais certainement pas passer à côté d’une vente pour de basses questions d’ego. Ce qui ne veut pas dire nécessairement qu’il faille s’aplatir ventre contre terre devant le client. Si ce dernier est roi, il ne faudrait pas qu’il devienne dictateur. C’est alors que commence le conte de Josiah.

« Par mon père, je suis issu d’une tribu africaine qu’on appelle les Fon. Je pratique une magie que vous appelez voodoo, apprise à la fois dans ma tribu, mais aussi à Uagadou, l’école de magie africaine dont vous avez sans doute entendu parler. Je n’ai pas besoin de baguette pour pratiquer cette magie, mes mains sont mon seul focus »

Je jette un œil à ses tatouages, me mettant immédiatement à réfléchir. Comment vont-ils réagir, ces tatouages, à la présence d’un autre focus si proche ? Ils seront en contact immédiat avec la baguette, il y aura donc une interaction entre ces deux éléments… Est-ce que ça démultiplira la puissance de la magie de Josiah… ou est-ce que ça la bloquera ?

« Je vis au Royaume-Uni depuis six ans, et je joue depuis quelque temps avec l’idée de me faire plus anglais en adoptant l’une de vos habitudes, celles d’avoir un bout de bois entre les mains pour concentrer la magie qui parcourt mon corps, et surtout mes doigts. Alors bien sûr, je poussai votre porte, parce que vous êtes les seuls fabricants de baguette d’Angleterre et tarlatata… Voyez-vous mademoiselle Ollivander, je veux que vous fassiez avec moi ce que vous faites avec tous vos autres clients. Je veux être comme ces enfants qui s’apprêtent à rentrer à Poudlard et qui sentent une baguette entre leurs doigts s’associer parfaitement à leur magie. Je suis tatoueur, vous le savez n’est-ce pas ? Je travaille quotidiennement avec ces phénomènes-là, avec mes encres qui se mêlent à la peau de mes clients, et ainsi, à leur magie. Je trouve ça parfaitement fascinant. Je ne prétendrai pas savoir mieux que vous ce qui pourra me convenir. Vous êtes la professionnelle, n’est-ce pas, et je déteste quand mes clients ont le culot de m’adresser des conseils alors qu’ils n’y connaissent rien. Peut-être sera-ce la plus commune des baguettes en bois de … de quoi, d’orme, de chêne, c’est ça, qui est typique ? … peut-être sera-ce celle-là qui me correspondra. Je n’aurai qu’une exigence, Ms Ollivander. Pas de baobab. »

J’ai croisé un bras sous la poitrine, l’autre main pianote sur ma joue. Je suis pensive, le nez plissé dans la réflexion. Les dernières phrases prononcées par Josiah se sont égarées dans les rouages de mon esprit et le silence s’installe. Un cas difficile est un cas exaltant, celui de Josiah est par conséquent une fascinante énigme.

« Pourquoi voulez-vous une baguette magique, outre la volonté de vivre pleinement les coutumes de votre nouvelle patrie ? Eprouvez-vous de la difficulté à utiliser votre magie avec vos tatouages ? La baguette magique n’est pas qu’un simple accessoire de mode, comme vous le devinez. C’est un moyen de canaliser votre magie d’une certaine façon… Cela pourrait avoir de sérieuses répercussions sur vos capacités magiques, j’espère que vous en êtes conscient ? Vous pourriez avoir des difficultés à faire ce que vous étiez jadis capable de faire avec vos seuls tatouages pendant quelques temps… le temps de vous adapter, en somme. »

D’un geste du poignet, j’ouvre un tiroir tout proche pour en sortir un morceau de parchemin vierge et une plume auto-encreuse d’un affolant rouge vif. Je tire le tabouret tout proche du comptoir et m’installe en invitant Josiah à jeter un œil à ce que je m’apprête à dessiner sur le parchemin. Une silhouette humaine avec une croix à l’emplacement du coeur.

« ça, c’est un sorcier de base. La croix, ici, représente son coeur magique, c’est à dire la source de sa magie. Pour canaliser cette puissance, il faut un focus, dans votre cas, jusqu’à présent, les tatouages. Ceux-ci vont vous aider à diriger votre magie jusqu’à l’endroit où vous la manipulerez, à savoir, vos mains. »

Des fils sont dessinés jusqu’aux mains du petit bonhomme.

« Vous avez appris à canaliser ces flux grâce à vos mains depuis votre plus tendre jeunesse. Votre magie est habituée à utiliser ce processus. En outre, votre focus n’est pas seulement un outil, c’est aussi une vision du monde. Quelqu’un qui utilise comme focus des runes ne pensera pas à la magie comme vous ou comme moi. Quelqu’un qui utilise comme focus sa voix non plus. Vous voyez ce que je veux dire ? Le focus est en grande partie un objet culturel qui conditionne votre magie à fonctionner d’une certaine manière. »

Du bout de la plume, j’ajoute une baguette dans la main du personnage.

« Avec une baguette, votre magie sera obligée de fonctionner différemment. Au lieu d’être canalisée par vos tatouages, qui sont au nombre de deux et font partie intégrante de votre corps, elle ne sera plus canalisée que par une baguette, objet solitaire et externe à votre corps. Cela ne vous paraîtra probablement pas très naturel. Il est possible que vos tatouages rejettent la baguette en bloquant le flux magique, de sorte que la puissance de vos paumes pourrait endommager le point de contact entre vos mains et le bois de la baguette. Par ailleurs, pour utiliser une baguette, il vous faudra aussi apprendre à faire de la magie différemment. Vous devrez sans doute reprendre le programme d’étude de Poudlard pour vous familiariser avec cet outil. »

La mine s’est faite pensive.

« Il est évident que je ne puis faire avec vous « comme je fais avec les enfants qui viennent à la boutique », dans le sens où si je vous mets une baguette entre les mains et que votre tatouage réagit mal, je pourrais perdre la baguette ou vous pourriez perdre votre main… Je suis certaine que vous y tenez, à votre outil de travail, et je tiens à ma baguette. »

Les phalanges caressent la joue. Je suis songeuse.

« Mais faire cohabiter deux focus ensemble est un défi extrêmement intéressant… Alors peut-être pourrions-nous vous fabriquer une baguette sur-mesure afin qu’elle soit reconnue par vos tatouages et ne vous cause aucun dommage ? »


1173 mots


A. Josiah N'Da

A. Josiah N'Da
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Mar 5 Nov - 17:53




l'arbre de la paix n'est pas le baobab
Josiah avait eu son moment pour discuter, pour exposer ses envies, il était désormais temps de laisser la professionnelle parler. Elle avait les cheveux roses, elle ne devait pas dépasser les vingt ans, et pourtant elle avait l’air de connaître son sujet. Sûrement était-ce le cas, sûrement son grand-père l’avait-elle formée dès son plus jeune âge. Lui aussi, à dix-huit ans, il commençait déjà à être doué en matière de tatouages, et s’il n’avait pas eu un peu de chair fraiche pour s’entraîner, si quelques âmes généreuses ne lui avaient pas fait confiance, il n’aurait jamais progressé. Il était donc question de devenir la chair fraiche d’une ado aux cheveux roses. Quelque chose lui disait toutefois que ça ne serait pas si terrible. Ce quelque chose, c’était son air grave. Comme beaucoup de ces enfants qui avaient vécu la guerre trop jeunes, elle parlait comme une adulte, et s’adressaient à eux comme si elle en était une aussi. « J’espère que vous en êtes conscient ? » , lui assénait-elle. Josiah tiqua, bien sûr. Ça aurait été quelqu’un d’autre, peut-être l’aurait-il rabroué. Mais elle n’avait pas l’air de vouloir l’infantiliser, seulement de vouloir marquer son territoire. C’était tout à son honneur, alors notre tatoueur garda le silence. Plus que ça, il l’écoutait attentivement, secouait le crâne, la suivait du regard. Quand elle l’attira vers le bureau pour lui faire un croquis, il lui emboita le pas, content de la voir prendre toute cette affaire très au sérieux. Elle racontait une histoire de foci, de culture et de baguette, Josiah se laissait porter au son de sa voix, jugeant qu’il répondrait à toutes ses questions – la plupart fort rhétoriques – plus tard. La démonstration était passionnante. « Il est possible que vos tatouages rejettent la baguette en bloquant le flux magique, de sorte que la puissance de vos paumes pourrait endommager le point de contact entre vos mains et le bois de la baguette. » évidemment, il n’avait pas pensé à tout cela. Il faut dire que son grand-père s’était montré bien moins pointilleux, il n’avait pas exposé tout cela, ne l’avait pas autant questionné. Josiah avait l’impression d’assister à un moment intime, Ms. Ollivander semblait être en train de réfléchir à voix haute. Le processus de création avait déjà commencé, et c’était tout à fait passionnant. Il en devenait du même coup bien moins difficile de faire confiance à une ado aux cheveux roses.

« Vous devrez sans doute reprendre le programme d’étude de Poudlard pour vous familiariser avec cet outil. » Un sourire naquit sur le visage du Béninois. Ne serait-ce pas fascinant et exaltant de devoir apprendre des formules en latin pour pouvoir faire fonctionner un bout de bois ? L’exercice l’emballait tout à fait, au moins autant qu’il laissait la jeune femme pensive. Alors qu’elle continuait de penser tout haut, elle reprit l’infantilisation, ce qui fit à nouveau tiquer Josiah, qui s’était pourtant dit de ne pas prendre ça trop à cœur. Ce n’était certainement pas du mépris à son égard qu’elle voulait transmettre quand elle le reprenait sur sa suggestion de faire comme avec les enfants qui rentrent à Poudlard : « Si je vous mets une baguette entre les mains et que votre tatouage réagit mal, je pourrais perdre la baguette ou vous pourriez perdre votre main… Je suis certaine que vous y tenez, à votre outil de travail, et je tiens à ma baguette. » A nouveau, il dû se mordre l’intérieur de la joue. Elle se trompait, mais elle semblait avoir encore des choses à dire. Il pourrait la reprendre plus tard. Il se félicita de cette retenue quand il entendit la jeune femme lui proposer de lui créer une baguette sur-mesure. Il n’en aurait pas espéré autant, si bien qu’un grand sourire naquit sur son visage, laissant apparaître ses dents très blanches.

Ainsi, avant de la reprendre sur les sujets qui lui avaient fait hausser le sourcil, avant de l’infantiliser un poil à son tour – c’était ce qu’elle méritait, après tout – Josiah lâcha : « Je ne pouvais rien demander de mieux, Ms. Ollivander. Je serai ravi de travailler avec vous autour de ce projet. Ça sera tout à fait exaltant. » S’approchant à nouveau du croquis qu’avait griffonné la jeune femme, il reprit : « Je dois toutefois vous reprendre, si vous me le permettez. Effectivement, il faudra prendre en compte comment réagira la baguette avec les ingrédients qui ont servi à la concoction de l’encre de mon tatouage, je n’y avais pas du tout pensé, et ça sera bien sûr beaucoup plus difficile que ce que j’ai laissé apparaître. Ne croyez pas toutefois que je suis comme un enfant de onze ans qui n’a jamais appris à contrôler sa magie et qui récupère pour la première fois tel focus entre les mains. » Cela faisait six rentrées qu’il était postiché sur le Chemin de Traverse sur toute la fin du mois d’Août, il avait donc vu nombre de fois des étincelles jaillir dans la boutique d’Ollivander et parfois même des choses exploser, quand un petit gamin mettait entre ses mains une baguette magique qui ne lui correspondait pas. Il s’était souvent dit que si de telles scènes apparaissaient, c’était beaucoup plus parce que les gamins anglais n’avaient aucune maîtrise sur leur magie que parce que ces baguettes ne les avait pas choisis. Pas question bien sûr de nier l’indéniable. Evidemment que sorcier et baguette devaient s’associer pour fonctionner de façon optimale, toutefois, on voyait bien qu’une fois leur magie mieux maîtrisée, les sorciers pouvaient se servir d’autres baguettes sans que pareils dégâts soient à déplorer. « Vous savez, je peux sentir la magie parcourir mon corps, Ms. Ollivander. Du bout de mes orteils jusqu’au sommet de mon crâne, et bien sûr, jusqu’au bout de mes doigts. J’ai appris à la reconnaître à peu près au même moment où j’ai appris à marcher, c’est comme ça qu’on faisait, chez nous. Je ne risque pas de faire exploser la baguette, j’en suis certain, tout comme je suis certain de pouvoir me servir de ces disques si j’en ai besoin, en laissant la magie alimenter ce focus… » à nouveau, il montrait ses paumes à la jeune femme, avant de tendre un index pour le pointer sur le dessin qu’elle avait créé quelques minutes auparavant. « ou la sentir se répandre jusqu’au bout de mes doigts et pas dans ma paume, si je veux plus de précisions ! » il asséna une pichenette au bonhomme qui prit vie, pour se mettre à remuer son corps filigrane. « Je crois donc pouvoir dire avec une certaine assurance que sauf si vous me constituez un focus fort grossier, je devrais m’en sortir pour ne pas faire exploser la boutique. » et ce fut le bonhomme qui, à sa place, cligna un œil.

« Comment voulez-vous procéder ? En tout cas, rien de tout cela me fait bien peur. Je ne suis pas associé à une telle vision du monde, comme vous l’entendez. J’ai grandi dans un village extrêmement vaudou, puis j’ai été scolarisé dans une école qui accueillait à peu près tous les élèves du continent africain – je vous laisse imaginer combien de cultures ça fait – et pendant dix ans, rien que ça ! Puis j’ai vécu chez ma mère, à la Nouvelle-Orléans, où l’on pratique encore une autre forme de vaudou … Et j’ai beaucoup voyagé, j’ai sur le corps des tatouages qui m’attachent à tant de différentes formes de magie que je ne saurai plus les compter. Apprendre des formules latines, m’y consacrer, demander des leçons privées à un mage anglais doué ne me pose aucun problème. » Sa voix se voulait rassurante, il parlait de façon sérieuse, point du tout ironique, parfaitement prêt à mettre en place tout ce qu’il faudrait pour réussir à maîtriser ce nouvel outil magique. « Je suis un enfant capricieux, Ms. Ollivander. Au milieu d’une fratrie de dix-sept gamins, il faut l’être un peu. Mais je suis aussi particulièrement acharné, et l’idée ne m’a pas quitté depuis que je suis sorti en trombe de ce même magasin il y a des années de cela. Je ne veux pas une baguette pour une raison particulière, je veux une baguette, et c’est tout. Mais j’en prendrai soin, et je l’utiliserai à bon escient, correctement. J’essaierai d’en comprendre le fonctionnement, et me plierai à vos exigences. »

Josiah s'arrêta là, ne voulant pas donner plus de raisons à Pelagia de l'infantiliser. Il continuait de jouer du bout du doigts avec le bonhomme, attendant la réplique de la jeune femme.

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