Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien. | Carys & Lemony
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Lemony Anderson
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Dim 23 Juin - 21:55




Ma chère Carys,

J’espère que ma lettre te trouvera en forme. Nous n’avons pas eu le temps de beaucoup échanger avant les tristes évènements des portes ouvertes le mois dernier, et pas eu l’occasion de se recroiser après, j’en suis vraiment désolé, et je me suis dit que j’allais t’écrire pour réparer cette injustice.

Que te dire ? Tu m’as interrogé sur ma matière, alors je vais commencer par là. Est-ce que tu avais pris sciences moldues en option quand tu étais étudiante ? Je sais que moi oui, et clairement, ma matière n’a plus rien à voir avec cette option. Bien que j’en manque toujours, j’ai bien plus de temps et de moyens que mon professeur d’alors. Je fais travailler mes élèves par thème, et j’en profite pour évoquer des éléments divers. Pour te donner une idée, ce mois-ci, je travaille sur l’espace, et mon cours est pensé en modules qui permettront à mes étudiants d’étudier la physique, la chimie, la biologie, l’informatique et la robotique, mais aussi de l’histoire des sciences et de la culture moldue. Je ne suis pas mécontent d’avoir trouvé ce mode de fonctionnement, mais je ne fais bien sûr pas l’unanimité (déjà parce que ma matière n’intéresse pas du tout en soi bon nombre de mes élèves). Après, même la bibliothèque n’est pas adaptée à une pratique sérieuse des sciences (si tu savais le nombre de conneries que j’ai pu lire, basées sur des livres clairement douteux traitant de la technologie moldue… Une honte!) En dehors de cela, les choses se passent plutôt bien. Le club journal tourne bien, j’en suis assez satisfait. Je m’entends bien avec une bonne partie de mes collègues, et les quelques autres me tolèrent avec un pacifisme affiché assez appréciable. J’ai même bu quelques verres avec le professeur @Yolanda Yeabow l’autre soir ! Elle gagne à être connue finalement. On a parlé d’Ariane un peu, elle a évoqué ce qui est arrivé à ton père… Enfin bref. C’est assez incroyable d’être revenu ici après toutes ces années, mais ça me fait bizarre. (Au passage, Serdaigle est bon dernier pour le moment en ce qui concerne la Coupe des Quatre Maisons, et ne rien pouvoir vraiment y faire va me rendre fou, mais passons.)

Je compte passer Noël avec mon père, c’est l’anniversaire de l’accident de ma mère, et c’est toujours le pire moment de l’année pour lui (et sans doute un peu pour moi). Ça m’inquiète un peu, je dois le dire, de passer ces fêtes avec lui sans maman pour égayer la maison. Mais je l’ai abandonné pendant trop d’années, je ne peux certainement pas me défiler aujourd’hui, il a besoin de soutien. Je me demande parfois si je devrais le forcer à me laisser l’emmener voir un médicomage, si elle peut être sauvée de ce qu’elle a par la magie – mais cela sonne comme la confirmation que les conséquences de ma lâcheté ont provoqué sa folie, et j’ai peur de ça. Et puis, si c’est cela, y a-t’il quoique ce soit qui puisse encore être fait ? Excuse-moi, ce n’est pas une chose très joyeuse à évoquer par lettre, mais avec ce qui est arrivé à ton père, j’ai pensé que tu pourrais comprendre…

Est-ce que tu as prévu d’aller au marché de Noël ? Je compte y passer pour faire quelques achats, on pourrait aller boire une bierraubeurre si tu es disponible ?

Je t'embrasse.
Lemony
code par sobade - 770mots





   



   Nam et ipsa scienta potestas est
Carys Vaughn
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Lun 15 Juil - 1:09
Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rienft. Lemony Anderson


Oh mon Lemony,

Comme ça me fait plaisir de recevoir ta lettre ! Ne t’excuse pas, veux-tu, nous avons tous été diablement occupés, et je n’ai pas non plus pris les devants. J’ai beau dire partout et à tout le monde qu’il me tarde de vous parler et de vous voir comme avant, la vie en fait autrement. Bref, c’est un grand plaisir.

Je vois que tu as la mémoire plus active que la mienne, avec tout ce qui s’est passé j’en avais oublié que j’avais eu le temps, évidemment, de te questionner sur ta matière. Vu que je t’avais déjà eu comme enseignant particulier pour en découvrir davantage sur le monde moldu, je ne me suis pas rajoutée cette option à Poudlard, non ! Pour être honnête, je me suis contentée des matières strictement nécessaires à mon entrée en formation de langue-de-plomb, devant travailler le français, l’histoire du monde celte et les bases de magie celtique pour les épreuves d’entrée à Paris. Enfin, je m’étale ! Je veux bien croire que le gouvernement actuel soit plus propice à verser les fonds nécessaires à l’enseignement des sciences moldues… même si je t’avoue ne me faire qu’une très vague idée de ce que ça pourrait représenter. De ce que tu me dis, cela a l’air finalement très intensif, vu tout ce qu’il y a comme lacunes à rattraper, j’imagine que le format thématique est le plus approprié pour y mêler le plus de connaissances possibles. Tu dis que tu ne fais pas l’unanimité, as-tu eu des soucis auprès de parents ou, pire peut-être, de certains collègues ? Je sais bien que tu es une âme gentille, mon doux ami, et je suis peut-être la guimauve la moins bien placée pour te dire ceci, mais j’espère fortement que tu ne te laisses pas faire ! Je n’ai aucun doute sur tes capacités à prouver le bienfondé de l’études des moldus — non, pardon, des sciences moldues — et j’espère bien que tu tartines de savoir quiconque vient te faire des reproches ! Tu me feras remonter si cela va plus loin que de simples reproches, un ami bien placé à la Gazette pourra peut-être t’aider à moucher les imbéciles.

Plus je m’étale plus je réalise d’où me vient ma confusion d’il y a quelques lignes : tu me parles de sciences moldues depuis tout à l’heure, hors à notre époque, si je ne m’abuse, ce n’était qu’une vulgaire étude des moldus. Ton cours s’axe donc maintenant sur le pan scientifique simplement, c’est bien cela ? Par simplement, je ne dévalorise pas, tu comprends bien. J’imagine pourtant d’ici le cri scandalisé d’Orion s’il apprenait que tu ne fais découvrir que les raisonnements d’Einstein au lieu de les inviter à apprécier de bons Agatha Christie — forcément, du Christie. D’ailleurs, qui donc est chargé de la bibliothèque ces temps-ci ? Madame Pince a-t-elle pris sa retraite ? Ça aurait été, j'en suis persuadée, une oreille attentive à tes récriminations contre les traités prétendument moldus qu’ils proposent aux moldus. Ils ont dû être choisis à la va vite, sans oeil professionnel ou du moins connaisseur, et Madame Pince serait scandalisée d’apprendre qu’elle offre un savoir floué dans sa précieuse bibliothèque… plutôt que de te tourner vers le corps professoral qui râlera sûrement que chacun a ses moyens en rade, peut-être tenter l’appétit de savoir monstrueux de notre chère madame Pince, si Poudlard l’héberge toujours !

Ah, moi qui m’exclamait plus haut sur tes collègues, j’en avais déjà oublié que tu me parlais de tes amitiés et tolérances. Tant mieux si tout se passe plutôt bien, ce doit être un confort et une tranquillité de vie bienvenue. Je ne suis pas surprise de savoir que tu as apprécié converser avec Yolanda, si j’ai maintes choses à lui reprocher, je ne pourrais jamais lui nier son intelligence vive et l’intérêt des conversations qu’elle peut tenir. Je t’avoue toutefois que je ne lui parle jamais d’Ariane — j’ai déjà l’impression de la trahir en ayant et en continuant de côtoyer aussi facilement, presque, sa propre mère, que je ne pourrais me pardonner de divulger le peu de choses qu’elle me raconte à la personne dont elle a cherché à fuir. Peut-être est-ce idiot de ma part, de ne pas chercher à apporter un peu de confort à Yolanda, qui ne sait rien, ne doit que souffrir… que lui as-tu dit, toi ? Cela me fait bizarre, aussi, que ce soit elle qui te parle de mon père. Votre conversation fut assez intime, dis-moi, j’espère qu’elle ne t’a pas croqué tout cru ! Enfin, trêves de plaisanteries, je serai bien curieuse de savoir ce qu’elle a pu te dire sur mon père. Vous avez parlé de son assassinat ? Tiens, j’y pense, je n’ai pas eu l’occasion de te le raconter, l’occasion ne s’y prêtait pas, et rapidement plus du tout, mais je pense avoir relancé la machine quant à l’affaire de mon père. Je ne suis pas forcément très à l’aise à l’idée de t’en parler ici, par courrier, fais-moi penser à t’en glisser un mot à notre prochaine rencontre.

Ne t’excuse certainement pas de me parler de ton Noël qui approche — à quoi sert une amie si tu ne peux lui conter tes inquiétudes ? Je ne peux pas dire que je comprends les doutes qui te prennent, mais Noël n’est jamais aisé pour moi non plus, et je peux au moins compatir à cela. Je ne pense pas que ça soit une proposition qui t’aide énormément, mais sache que je t’accompagnerai avec amitié dans ce moment difficile si tu as besoin, ou simplement l’envie, de ma présence. N’hésite pas à m’en parler. C’est vraiment une bonne chose que tu fasses enfin le pas en avant, d’y retourner à ce moment-là. Je t’avoue ne pas savoir si ton père sera réceptif à la médicomagie, si pour lui la magie est déjà liée aux douleurs de votre famille, mais je ne peux pas te cacher que je trouve cela être une excellente idée. Nous ne sommes plus à l’aube des années 80, où Sainte-Mangouste paniquait devant chaque victime des Mangemorts — leurs prouesses se sont décuplées, et la magie est de plus en plus comprise. Que ce soit de base magique ou non, ils sauront tout de même déceler là où le bat blesse et, peut-être, au moins, proposer une explication, concrétiser ce qui te hante sans forme depuis tant d’années. Ôte toi déjà de l’idée que tu sois d’une façon ou d’une autre responsable de cette tragédie, mon ami — c’est un poids qui pèse bien trop lourd pour nos épaules, et je ne crois pas que nos parents aimeraient que nous vivions avec cette angoisse dans la gorge. De plus, cela ne changera en rien la situation. Tout ce que nous pouvons essayer de faire, ce sont de micros-actions, de petites décisions, qui apaisent peu à peu ce tumulte. J’imagine sincèrement cette décision-là, d’avoir un verdict magique, t’aider dans la bonne direction. Tant bien même rien ne puisse être fait — tu auras tout de même la certitude d’avoir tout fait, là, maintenant, tant que cela compte encore, pour changer les choses.

Je te dis cela avec facilité aujourd’hui, car mon pas en avant a été effectué il y a peu — mais je serais bien mauvaise de faire comme si je ne comprenais pas combien tu peux être retenu par tant de pensées et de douleurs. Sache en tout cas que je te soutiendrai peu importe ta décision, et que mes connaissances magiques te sont dévouées s’il s’avérait que la magie avait eu un impact réel sur ta mère.

Je valide en tout cas fortement l’intention d’aller boire une bièraubeurre au marché, cela me permettra de te parler des dernières avancées pour mon père ! J’y passe tous les jours en rentrant du travail et n’ai pas encore eu l’occasion d’en profiter, c’est un comble. Le bureau est évidemment sans dessus dessous avec les évènements du mois dernier, les enquêtes nous apportent du fil à retordre, mais si tu te doutes bien que je ne peux pas t’en siffler un mot, tu imagines bien que c’est d’une complexité et d’une ignominie sans nom…. et bien trop fascinant ! Je ne devrais pas l’avouer, mais je suis dans un état de fébrilité qui me rappelle mes premières années de métier, où chacun des projets m’enthousiasmaient de leur retors. Ça me rappelle surtout mes projets d’études parisiens, des heures calfeutrées dans les bibliothèques des pays celtiques, à extorquer tout ce que l’on pouvait d’un simple symbole.

Enfin, mon courrier se fait si long, je m’en excuse — tu sais comme je peux être volubile quand je m’emballe, il semblerait que la fatigue de tout écrire à la main ne tarisse pas mon enthousiasme. J’espère ne pas t’avoir trop décontenancé par la longueur de ce parchemin, je te promets d’être plus concises dans la suite de notre échange, et de mettre moins de temps à répondre, surtout ! Je réalise que cela fait deux trois jours que je m’attaque morceaux par morceaux à ce courrier, durant mes instants de pause, et voilà que cinq jours se sont presque écoulés depuis ton envoi. J’imagine bien que les moldus ont plus rapide, pas vrai ?

Allez, je t’embrasse fort, au plaisir de lire ta réponse,
Carys

PS: Nous devons dans tous les cas nous organiser un Noël entre nous, entre amis ! J’y pensais il y a quelques semaines, et ça me paraît maintenant obligatoire ! Quand êtes-vous en vacances, à l’école ? Nous fixerons cela en fonction !

1589 mots



   

Nid wy'n gofyn bywyd moethus,
Aur y byd na'i berlau mân:
Gofyn wyf am galon hapus,
Calon onest, calon lân.
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