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Archibald Rosier
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Lun 10 Juin - 14:36
what did do expect?
L’ignorance universelle.
Une onde béotienne, la résonance à l’inculte.
Une immense lyre vibrant d’ambition et d’appétence, d’ire et de frustration. Le flux des lacunes qui roule, qui module angoisse à l’orée clairvoyante. Amertume du gingembre, acidité du citron, lourdeur tendre. Un foyer d’humeurs berçant le sein jusqu’à l’os. Un accent éternel sur les chevauchées du monde.

Dans le fossé en cuir du canapé, broche et laine en main, gainé dans un tailleur sur mesure, Archibald flânoche, gringotte, tournicote cheville à l’eurythmie des flammes oxydantes dans l'âtre.

Il imagine sans peine le marteau des chimères qui poulope contre ventricule et noircit chicots de liesse. Le fleuve des curiosités roulant jusqu’au seuil de son palais pour gratifier commotion sur le chêne poli de l’herse fortifiée.

Il imagine sans peine la chair moite, la crampe au gosier et la bile sous nombril. Les chloroplastes en ébullition dans le putride cytoplasme. Il imagine avec sourire la chrysalide de verve qui frissonne d'ignescence sous l'opalin épiderme.

Comment en aurait-il pu être autrement ?

Dans le suaire de son pâle ennui, enneigé des veloutes verveine qui roulent dans l’éther, l’impérieux crotale s’hérisse loin du cuir pour gondoler parmi marbre et granit jusqu’à l’embouchure de son alcyonien sérail. Une porte derrière laquelle s’embusque l’agneau noir, la goule austère. Flanqué sous ophite sarrasine, un maigre échalas, un teint cireux, des sombres onyx.

« Severus »

La rondeur d’un sourire convulse le labre. Un tison galvanise la rétine. Le prénom se love avec onction sur gourmandes papilles. Est-ce surprise de voir bourgeonner la monacale corneille à l’orée de sa tanière ? Du tout. Pas après la clôture de Poudlard. Trois jours se sont étiolés depuis... Avec l'impatience de voir débagouler le beau martyr à ses pieds.

« Si j’avais su ta venue, j’aurai arboré ma plus belle tenue  »

Un parfum de tilleul écume les nobles haillons, les souquenilles d’une timide nuance. Bleu d’ébène nitrate la couenne. Le sénile python se dore avec pep et renardie sous la roche sculptée en arche.

« Que puis-je pour ton joli croupion ? »

Séant à première vue trempé. Crachins célestes, jacasse cavatine. C’est un déluge qui fleurit sur le domaine et mouille les marches du perron. Un anthracite firmament, un infini de cendres chouinant, vagissant promesses d’orage. C’est un serpent de layon qu’il faut emprunter depuis la route jusqu’au seuil, après une expédition sous la cime des arbres séculaires. Transplaner ? Un sortilège inhibe cette malice et contraint à franchir le Rubicon et s’embroussailler dans le terrier d’un vipérin louvart.

« Puis-je t’inviter à rentrer ? »

(c) AMIANTE

Severus Rogue
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Mar 25 Juin - 9:02
SORTIR LES GRIFFES



Aulnes et cyprès s’inclinent dans le domaine s’étendant à perte de vue sous mon œil. La maison familiale Potter. Un pèlerinage singulier. L’ancienne demeure de Lily faite musée, protégée sous cloche de verre. Rien n’a bougé depuis cette nuit-là. Recueillement. Dans ces ruines funèbres, le vacillement de ma vie se joue. Je vois encore la rousseur de Lily se répandre comme une flaque de flammes sur le parquet, goutter jusqu’à l’essence de mon être, en embraser les sens d’un profond désespoir. Lorsque je l’ai tenue contre moi, je n’entendais plus les pleurs de l’enfant à ses côtés.

Le fils de James.
Il eût du mourir à la place de sa mère.

Des années durant, je suis venu expier ici mes tourments. Contempler mon œuvre. Rouvrir ma blessure encore à vif, y trifouiller profondément jusqu’à ce qu’il ne reste le sang comme horizon.

Sang.
Larmes.
Désespérance.

Le pèlerinage de ce soir a pourtant saveur particulière. Je n’avais raison de venir me hasarder devant cette bicoque éventrée d’où suintaient des lambeaux de mémoire. Impulsion personnelle, folle, presque, née de la nécessité de venir à Godric Hollow pressé par d’autres affaires. Rosier. Il me fallut faire un détour. Rosier pouvait attendre. Qu’elle m’aide. Elle. Lily. La belle rousse de glace. La belle dame sans merci qui a conservé sur mon coeur tout son empire sans jamais me faire la grâce du pardon. Est-ce pour cela qu’elle n’a jamais cessé d’exercer sur moi son irrésistible fascination ? Parce qu’elle m’a tout refusé, son coeur, sa main, son amitié, même. Les souvenirs de notre dispute crament ma mémoire d’un sceau insupportable. Honte. Désarroi. Et comme pour répondre à mes silencieux regrets, il se met à pleuvoir.

L’eau fraîche lava les larmes qui s’étaient aventurées sur la sécheresse de mes joues, les noyant dans un torrent d’orage. Onde ruisselle, cascade, me voilà trempé. Cela ne me fait accélérer le pas. Même au coeur de la tourmente, honorer sa mémoire est plus important que tout. Même que la vengeance.

Car c’est bien elle que je viens arracher envers et contre tout à Godric Hollow ce soir. Vengeance. Une saveur particulière, âpre en bouche, amer sur le palais. Je l’ai déjà goûtée à une reprise, au moins : tuer le père. Le premier meurtre. Le seul qui ait sans doute jamais compté. Parricide. Ce n’était qu’un moldu. Un ivrogne. Une épave. Nott. Je me suis mis en marche vers le domaine Rosier. La pluie battante m’obscurcit la vue dans un amas de gouttelettes virevoltantes. Le ciel a manifestement larmes à déverser. Pleure-t-il pour Lily ou pour ce que je suis résolu d’arracher à Rosier jusque dans son sang ? Un aveu.

Le pas s’assouplit, les enjambées s’allongent sur le sentier de rocaille menant au manoir. Adresse fut malaisée à trouver. Quel dommage que mon pass pour les archives du Ministère s’étende à l’annuaire interne des employés. Paupières clignent pour chasser l’eau. Baguette marmotte un « impevius ». Et le vêtement s’assèche, repousse l’eau. La toile gorgée de larmes se décharge de sa froide et moite lourdeur en une flaque ruisselant à mes pieds. Étrange sensation que celle de l’eau froide ruisselant sur mon crâne alors que mon corps est au sec.

L’allée du domaine est remontée jusqu’aux hauteurs d’un perron où je fais carillonner la sonnette. Le souffle se fait erratique, le temps d’un battement d’angoisse, et puis l’expiration profonde que je m’impose vient chasser mon angoisse. Les images de mon incarcération au Ministère jaillissent et refluent alors que la porte s’ouvre sur la haute stature de Rosier. Celui-là même qui fut cause de tous mes tourments. En neuf mois à subir ses moqueries sans le voir, sans le reconnaître, j'ai eu le temps d'ourdir son meurtre au moins cent fois.

« Severus »

Lèvres serrées, je demeure silencieux. Qu’y a-t-il à répondre à l’évidence ?

« Si j’avais su ta venue, j’aurai arboré ma plus belle tenue. Que puis-je pour ton joli croupion ? »

Sourcil se hausse imperceptiblement. Il est aussi insupportable que Nott. A l’aune des souvenirs de ce foutu hérisson, il est même probablement pire. En avais-je un jour douté ? J’ai été par trop occupé à fuir leur duo pour me soucier de la dynamique interne de leur assemblée. Une erreur à n’en pas douter, que je paie probablement aujourd’hui.

« Puis-je t’inviter à rentrer ? »

Choisir. Promptement. Deux excès flambent. Le serpent et le lion. La froide mélodie du meurtre et l’impulsion sauvage du coup. Cette dernière l’emporte. Une fois n’est pas coutume. Avant même que je ne puisse m’accorder le temps de la pensée, de la pesée précise de mon acte, le corps s’est mis en mouvement. Un pas vers Rosier, le dos se cambre, le poing se lève. Et va finir sa course dans la mâchoire de l’homme. Craquement sourd se répercute dans les os du bras, phalanges secouées par le coup.

Il ne l'a pas volée.

Rien que pour voir la surprise passer dans le regard de Rosier, je le referais. J’ai tiré la baguette de ma manche et tiens en joue Rosier.

« Je pense plutôt t’inviter à sortir Rosier. Nous avons des comptes à régler. S’il le faut, je viendrai chercher tes excuses dans le sang. »

Je suppose que Lily n’avait pas tort quand elle se moquait de mon brin de théâtralité.

854 mots


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Archibald Rosier
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Sam 29 Juin - 11:27
De rouge et noir.
Épigramme de douleur.
C'est le bélître gourmade, l'échine en déroute, la craquelure, le fard au suçoir. C'est la berdouille chiffonnée d'euphorie. C'est l'égide à reculons, sur la dérive des muscles, démacadamisé de sa dantesque aumône.

Ode à Némésis.
Caristade andrinople, couronne de péchés.
N'est-il plus délectable pastel que la fracture des canevas? N'est-il plus respirable bouquet qu'un pavot noir mué irato? Un gratin d'étamines fleuris dans la phlébotomie des humeurs? Cristal de fureur, pureté de colère, peinture apothéotique d'un poussin mué coq. Alors comme ça, ce marchand de tapis pouvait se fustiger comme une vieille cagne?  Délicieux DÉLICIEUX! Que Jupiter en soit témoin. Oh Severus, fais-moi rêver...

Un pouce vient butiner la semence cassis bavochant la tangente d’un benoît sourire. Grande Bête noircit, se dore d’une liesse cancéreuse, fredonne vipérine scolie, glousse fatuité.  

« Tu es plein de surprises mon petit Severus »

Sortir ?
Parabole d’onyx par-delà le grand échalas, vers l’horizon saucé à l’excès.
Au risque de tremper son dispendieux cachemire ?

« Par ce temps ? Hors de question, je porte du Burberry. Un prix au-delà de ton éducation »

Carissime sur la chair.
A-t-on déjà douté ? Pléthore de fastes couture Ymir* et le glaviote comme alme sultan d’un riche Orient. D’une flambée d’oxygène, la mine lézardée, un sourire permanent, s’adonise t’il avec scandale devant le tatouif admonesté, affoué d’un fraisil d’impertinence.

« Allons…hum, peux-tu éclairer ma lanterne sur toute cette agitation ? »

Ronronne.
Dis mois, DIS MOI !
Conte-moi les fables de ton encéphale, crache-moi tes férines mercuriales...

« Serait-ce la fois où je t’ai dis qu’elle était trop bien pour toi ? »

Lily. Belle Lily. Rouge comme l’Amour, rouge comme la Mort. Ruine de Sappho*. Joute du ventricule, langue fourchue. Une algarade aux confins du luciférien cloaque, aux sinus des milles avernes…

« Ma foi ça remonte à loin »

Débris d’adolescence. Où ils n’étaient ni suppôt ni moines. Poison de curiosité, sulfureuse camaraderie dans l’houache des atypiques mectons. Camille et Archibald. Archibald et Camille. Nott et Rosier. Les Implaçables, méphistophélique dyade. Hati et Skoll gravitant de rêves et de promenades.

« Alors ? Que me reproche Beau Judas? »

Vomir Chaos sous les rivages noirs.
Quel reproche? Le sait-il sous putride nombril.



Légende
*Ymir : géant de glace de la mythologie nordique
*Sappho: poétesse grecque, fondatrice de la maladie d'amour, connue pour sa chute des sommets de Leucade
Hati & Skoll : engeance de Fenrir, loups poursuivant Sol dans le firmament

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Severus Rogue
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Dim 30 Juin - 17:09
SORTIR LES GRIFFES



Ombre flageolante tremble sur l’arrête des phalanges. Sous le vermeil d’un cruor étranger, la cruauté d’une marque bleuit à même la peau. Chair fracassée, capillaires explosés sous le coup de l’impact. Le nez de Rosier rougit la pâleur de son teint. Et l’averse de battre le pavé. L’autre semble impassible, quelque chose luit dans la glace de son œil. Un froissement imperceptible, frôlement intangible d’un émoi trop bien mussé. Quelque chose s’agite sous sa caboche. La poitrine laboure le vêtement asséché par magie tandis que l’autre constate l’étendue des dégâts du bout des phalanges. Ongles se font griffes sous le carmin. Lui ai-je brisé le nez ? Même en proie à une probable douleur, l’ogre du département des mystères reste indéchiffrable. Illisible à moins de lui broyer les défenses mentales. A défaut de lui bousiller le nez, je pourrais continuer de le frapper.

Secousses s’agitent dans le thorax. Violence débridée se fait le héraut de la faiblesse. Je me contiens. Inspiration lente, imperceptible. Un voile d’air pour reprendre contenance alors que la morgue de mon aîné vient me titiller le tympan. Cynisme ?

« Tu es plein de surprises mon petit Severus. Par ce temps ? Hors de question, je porte du Burberry. Un prix au-delà de ton éducation »

Un grondement bas agite le poitrail. Cordes vocales roulent sur le passage de l’air tandis que se lève un sourcil. Furor sur le bout des phalanges une nouvelle fois sans que la baguette magique n’ait cessé de viser le torse de l’infâme bellâtre. Veut-il jouer au plus con ? Me voilà ramené des années en arrière. Et toujours ce pâle lac bleu pétillant, cette indéchiffrable prunelle qui me nargue comme il en allait aux temps jadis. Et le bec s’ouvre à nouveau.

« Allons…hum, peux-tu éclairer ma lanterne sur toute cette agitation ? Serait-ce la fois où je t’ai dis qu’elle était trop bien pour toi ? Ma foi ça remonte à loin… Alors ? Que me reproche Beau Judas ? »

Sang bouillonne comme celui d’un stupide gryffondor le ferait. Ecume de rage imperceptible sinon à la pâleur subite d’un labre pincé. Fines lèvres, si fines que la bouche en devient une ligne infranchissable, dégorgée de toute couleur. Et la prunelle noire flamboie d’une lueur mauvaise. Soif de sang. Peut-être devrais-je le tuer, lui qui se plaît à jouer les sots. Qu’aurais-je à gagner à rentrer dans son jeu de mondanités, de palabres et de plaisanteries grotesques s’engouffrant dans les failles les plus minimes pour détruire l’adversaire. Technique insidieuse. Mais je dois au moins remercier Rita Skeeter pour cela. Sa biographie, Severus Rogue : scélérat ou saint ? m’a permis, sinon de m’apaiser, d'apprendre à juguler au moins un peu mieux les bouffées de colère qui m’enflamment l’être lorsque l’on vient fouler au pied ce que mon âme a de plus précieux. Lily. Toujours elle.

D’un geste brusque, la baguette magique est écartée, juste assez pour que le corps se ploie en avant et crochète le cachemire, visiblement si précieux aux yeux de Rosier. Coup sec, voilà l’homme arraché à l’abri sécurisant de son petit intérieur et repoussé violemment sur le petit chemin caillouteux, sous la pluie battante. Aussitôt, l’onde se met à ruisseler sur le crâne et le vêtement, les gorgeant pareillement. Et cette longue baguette noire effilée de se faire fleuret à nouveau, brandi vers l’hère. Mouvement du poignet tandis que fuse un diffindo informulé. Une longue entaille déchire l’étoffe sur le devant, caresse à peine la peau nue d’une balafre d’où s’étiole une unique goutte de sang que vient absorber la toile lacérée. Un bien dispendieux buvard.

« Je ne tolère pas les refus, Rosier. »

Avertissement. Unique. Il n’y en aura pas deux pour l’abjection que représente à mes yeux le directeur du département des mystères. Sous l’averse groulante, ma voix se fait tempête. Grondent le tonnerre lorsque les éclairs pourraient bien jaillir de ma baguette à tout instant.

« Par quoi préfères-tu commencer, Rosier ? Tes petites visites lors de mon incarcération après la chute du Seigneur des Ténèbres, ou le fait que tu aies sacrifié à ton ambition personnelle le peu de santé mentale qu’il restait à la seule personne assez stupide pour te considérer comme un ami en envoyant Nott prendre la marque ? »

Choisis.
Choisis bien.
Les deux se paieront.

732 mots


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Jeu 15 Aoû - 12:23



Disgrâce des astres.
Moïse sous la glaire céleste.
Noé dans le spume hivernale.
Mouillé comme un canard dans l'eau, le désuet crotale cabane* sur layon de gravelles, loin de la péninsule chaude de l’ophite spéos. Diable, quelles manières ! Quelle rudesse, quelle benoîte torgnole pour émousser son immaculé plastron ! A l’horion dédicacé sur sa carne jurassique se griffonne la saillie d’une moue contrariée. Doucement, un appendice papillonne sur le scion de cruor, en pince les ourlets grenats et s’imagine la délicieuse escarpe scindant la pulpe. Mais déjà Tlatoc* barbouille et saccage ‘à tire-larigot’, tapisse l’amaranthe dans une huile improbable.

« Je l'aimais bien cette chemise »

Un présent de @Moira A. Oaks.
Une dogaresse au fin museau. A-t-il déjà laissé s’enchatonner bagatelles sur l’un de ces cadeaux ?

Ah!
Mais la vaudevillesque paresse s’érode en un sable épais. Un bourdon, une semonce désossée à l’orée toxique des lippes rachitiques. Là voilà ! Belle et fiévreuse, la toile d’un tragique mythe.  Achille et Hector prompts à s’irradier dans les eaux tumultueuses.  Le grief résonne et ricoche dans la lymphe ophidienne, fauche l'éternelle indolence de son inépuisable ricine*. Entre le masque et la brume, atrophiée de sa rondeur sereine, sculptée d’une crasse chimère, l'orbite gravite jusqu'aux agates et coudoie dans un sémillant orogène le gouffre abyssal d’un furieux corbac.  Il ose?

« La plus grande erreur de ma vie »

Peut-être l'unique peccavi jusqu’au blafard suaire d’une aube candide.
Ils étaient jeunes et cons. Ravagés par l'insouciance du long terme, gonflés d'ardeur et de curiosité. Con d'avoir proposé, con d'avoir accepté. Archibald et @Camille Nott, gémeaux de sinoques. Une poignée de vésanie intronisée au sempiternel dans la culpabilité du premier et la turpitude du second. Mais de quoi se mêle-t-il?

« Prends garde Severus »

Sommation dans l'anfractuosité de l'octave.
Il ne glousse ni badine, persiffle cyanure entre ses chicots burinant fielleux grime. Sous les larmes de la voie lactée s'émulsionne la tectonique d'un grignon d'ire.  

« Hogne à foison sur mes taquineries, maronne à pléthore sur mes défauts, mais ne t'aventure pas dans les affaires des autres »

Surtout pas dans les siennes.
Les failles du ventricule et le chancre des remords dessous la conque soupçonnée invulnérable. Et pourtant s'il le prétend il ne l'est pas.  Une écaille faillible, un brèche où faufiler curios risquerait fractures et cahot au-delà de toute morale. Un linceul de sépulcre à son incorruptible pénitence depuis l’oblation du frère dans le cloaque des galvaudeux, depuis Vestales rougies entre ses bras.

« Je n'ai pas de griefs à recevoir d'un couard qui a envoyé sa bien-aimée au corbillard parce qu'il n'a pas su cacheter sa gueule! »

Barbarie parfume rodomontade.

« Je te trouve bien dissonant de gloser sur mes bévues »

Ignorant le déluge piétinant leur allure, l'eau gorgeant la kératine, le coton et le polyester, roulant en saignées de cristal sur la géométrie des binettes. Ignorant Ran* furibarde sur leurs malingres omoplates, Archibald contemple sans faillir, cambre la margoulette d’un rictus hostile.  

« Qu’attends-tu de moi? Pourquoi es-tu venu ici? Des excuses? Tu n'en auras pas »

Il en aura.
La semaine des quatre jeudis.
Quand l’âne braira dans la mer.
Quand les veaux danseront sur la glace.

Jamais.
Vraiment ?

L’écho d’un orgueil.
La charité inféconde.
L’antique nuit sans étoiles.
Sous fiérote égide se fracasse l’écume endiablée des mépris passés.  Et pourtant, s’il est ‘fier comme Artaban’, il l’admire ce bouseux... Au fond des synapses, humble et gauche, s’enchâsse l’épave de quelques égards. Depuis le bulbe de leurs jeunes printemps, c’est un halo timide et avide, une facule pour l'inextinguible portefaix.

« Nous voilà bien mal engagé...Tu veux te défouler? Fais donc, que j'admire à quel point Voldemort serait fier de son clébard, que j'applaudisse tes performances sous l'œil témoin d’Astrée »
                                               
Avec quelle aquarelle vas-tu te pavaner ?  Vas-tu ‘décrocher la timbale’ ? Dans un pastel de sarcasme, Archibald s’interroge sur la couleur que prendras leur nébuleux tango, loin des pie-grièches et fouinards, loin des yeux du tribunal.  

« Que viens-tu chercher qui n'est possible ou que tu ne sais déjà, Severus ? »

Pourquoi n’as-tu aimé mes visites, toi qui étais si seul dans l'abîme ?
A rayonner comme un impossible à l’oubli.
A gorger le silence de comptines fossiles.
Pourquoi cette immuable avanie depuis nos souffles juvéniles ?
Pisse vinaigre des joies, oh Severus, déchaîne toi.
Serais-tu mon pousse-cul* ?
Ma ruine ?

Dans la tempête primitive, il frissonne, s'impatiente.


Lexique
*Cabaner (au sens chavirer, être renversé)
*Ricine (protéine très toxique produite par un arbrisseau)
*Ran (divinité des tempêtes marines)
*Tlatoc (dieu aztèque, divinité des eaux)
*Pousse-cul (Agent subalterne qui amène les gens en prison)

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Severus Rogue
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Mer 11 Sep - 5:09
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L’averse bat le pavé, détrempe les jardins sans doute soigneusement entretenus du petit manoir lové dans les profondeurs de Godric’s Hollow. Branches ploient sous la pluie, se courbent sous la tempête. Capes alourdies d’eau, ruissellement sur la face. Et les ténèbres grondent. Les facéties de Rosier m’exaspèrent. Est-il seulement possible d’avoir une conversation sérieuse avec qui se pique de jouer les fols pour amuser la galerie ? Amuse-t-il seulement la galerie ou cherche-t-il à me pousser au bout de ma fureur ? Bien malin qui pourrait lire dans l’esprit et le jeu de cet homme. Je n’ai jamais prétendu avoir cette finesse-là. Contrairement à ce que beaucoup supposent, je ne suis pas de ceux qui affectionnent les mille et une subtilités de la politique. A se demander pourquoi Potter me fait confiance pour lui prêter main forte…

« Je l'aimais bien cette chemise »

Babillements de Rosier se font menace sous l’ire brûlante de mes rétines. Le sourcil danse dans les mèches détrempées plaquées sur mon front.

« La plus grande erreur de ma vie… Prends garde Severus »

Les mots lacèrent le silence, aiguillonnent ma colère comme le taon taquine le bovin dans sa pâture. Le sang bat aux tempes, bat le tempo de mon être. Je pourrais l’entendre palpiter jusque dans la jugulaire.

« Hogne à foison sur mes taquineries, maronne à pléthore sur mes défauts, mais ne t'aventure pas dans les affaires des autres. Je n'ai pas de griefs à recevoir d'un couard qui a envoyé sa bien-aimée au corbillard parce qu'il n'a pas su cacheter sa gueule!
- un couard ? Quel est celui qui a envoyé au front son meilleur ami ici ? J’ai peut-être causé la mort de Lily et James Potter, Rosier, mais je n’ai jamais préposé mon entourage au meurtre et à la torture d’enfants ! Mon sale boulot, je le fais moi-même ! Peux-tu en dire autant ? »

La voix gronde, glacial dans la tourmente. La réaction de Rosier me fait me demander soudainement ce qu’il sortira de cette discussion. Comme l’écho à mes pensées, sa gouaille se fait entendre à nouveau dans les ronflements de sa voix suave. Que viens-je chercher là ? Que viens-je quérir de ce coup de sang si typiquement gryffondor ? James Potter n’aurait sans doute pas réagi différemment. La baguette cible toujours le myocarde d’Archbald Rosier.

« Qu’attends-tu de moi? Pourquoi es-tu venu ici? Des excuses? Tu n'en auras pas. Nous voilà bien mal engagé...Tu veux te défouler? Fais donc, que j'admire à quel point Voldemort serait fier de son clébard, que j'applaudisse tes performances sous l'œil témoin d’Astrée. Que viens-tu chercher qui n'est possible ou que tu ne sais déjà, Severus ? »

Sourire en coin. Dur. Ruisselant de ressentiment.

« Des excuses ? Crois-tu que j’en ai quelque chose à foutre de tes excuses ? Ce n’est pas à moi que tu devrais les présenter, Rosier, mais à Nott. Pour lui, au moins, tu représentes autre chose qu’un petit politicien engoncé dans ses magouilles. »

Bien trouvée celle là. Il faudra que je la note pour les jours où Potter m’enquiquine. A mesure que je parle, ma colère retombe, mon cerveau se délie de son aveuglement. J’observe plus attentivement la carcasse de mon vis à vis, scrute ses réactions.

« Deux choses, Rosier. Je viens chercher les raisons qui t’ont poussées à agir de la sorte, et je viens te mettre en garde : ne t’avise pas de te mêler à nouveau de ma vie de quelque façon que ce soit. Je pourrais te tuer, bien sûr : ton cadavre ne pèserait sans doute pas beaucoup sur ma conscience… mais il serait bien plus amusant de te voir te justifier devant un tribunal. J’imagine déjà les gros titre : ‘Archibald Rosier, le prodigieux directeur du département des Mystère, le nouveau Seigneur des Ténèbres ?’ La presse adorera ce genre de scandale. »

Menace éructée, ennemi soigneusement étudié. Je n’ai été si mortellement sérieux qu’à de rares occasions au cours de mon existence. Rosier a le don de me pousser hors de moi. Sans doute aurais-je pu l’amocher un peu plus pour faire bonne mesure, mais je ne me fais pas confiance pour le laisser en vie. Moira m’en voudrait sans doute beaucoup si je lui ajoutais de la paperasse.

783 mots


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