Sollicitations | Severus & Lemony
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Lemony Anderson

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Ven 7 Juin - 15:45

 
Sollicitations
Les curieux sont toujours dupes de leur curiosité. Ils expliquent tout et ne comprennent rien. | @Severus Rogue & @Lemony Anderson
Je suis fatigué. Je crois que ça a commencé juste après l'ouverture de Poudlard aux familles et aux anciens élèves, le stress, l'agitation, la peur... Le départ de tout le monde m'a laissé engourdi et fébrile, et le temps n'a pas encore réussi à me permettre de reprendre pleinement les moyens. Je devrais peut-être aller voir l'infirmière ? Bah... C'est juste un peu de fatigue, je compense en troquant le thé par du café. Cependant, j'imagine que ce malaise général n'adoucit pas mon caractère, et je me suis trouvé bien plus irritable ces derniers temps que je ne l'avais été depuis longtemps. D’abord, avec Ariane par lettre, qui me reprochait d’avoir cédé une photo d’elle à sa mère sans son accord, et à qui je crois avoir répondu très froidement que je ne voulais pas être au milieu de leurs différents ; ensuite mon père le week end dernier, à qui j’ai dit qu’il ne pouvait pas comprendre avant de partir (une vraie injustice de ma part pour le coup) alors qu’il me demandait si je prévoyais d’écrire un article prochainement ; et finalement, pas plus tard que ce matin, la bibliothécaire de Poudlard. Mais j’ai tenu des comptes. Depuis le début de l’année, dix neufs élèves différents m’ont rendu trente sept devoirs ridicules et farfelus, et ce en s’appuyant sur six différents livres disponibles dans cette bibliothèque, et pour le coup, je ne peux pas blâmer mes étudiants qui ont vraiment tenté de faire des recherches. Une honte. Alors, sans doute à cause de la fatigue, en remarquant encore la mention d’un des ouvrages alors que je corrigeais une copie je me suis laissé emporter. Bien sûr, il n’était certainement pas nécessaire de venir troubler le calme de la bibliothèque un jeudi en m’écriant que si ces livres étaient à nouveau proposés aux étudiants je les détruirai tous, et peut être que j’aurais simplement du aller trouver Rogue sans passer mes nerfs sur la bibliothécaire quand elle m’a gentiment demandé de voir avec lui sans se plaindre de mon comportement. Bon. Je lui enverrai un mot d’excuse. Et une fleur. Voilà. Fort heureusement, si je suis impulsif je reste assez vif d’esprit pour ne pas avoir l’idée de venir faire le même esclandre au milieu d’un cours donné par le directeur, et c’est bien plus calmement que je me dirige vers son bureau alors que l’après midi se termine.

Si on excepte l’incident de la bibliothèque, ce n’était pas si négatif que je me mette en colère. Au contraire, cela m’a décidé à aller trouver Rogue, ce que j’aurais du faire depuis un moment déjà. Et à réfléchir posément à ce dont j’ai besoin. Bien sûr, ce n’est pas la première fois que je me pose la question (c’était d’ailleurs déjà l’objet de ma lettre à Hermione Granger), mais il y a un monde entre se demander ce qui pourrait être amélioré et en faire la demande – surtout quand on est aussi persuadé que moi que la majorité des sorciers n’y verront aucun intérêt. Mais Rogue, comme Hermione d’ailleurs, me semble être un homme de raison, et je me dis qu’il entendra peut être. Je suis arrivé en haut de l’escalier en colimaçon, et je frappe – il est de toute façon trop tard pour reculer. Une voix m’invite à entrer, et alors que je pousse la porte, je ressens cette même sensation étrange de fourmillements que lors de mon entretien. Je ne sais pas dire si c’est Rogue, parce qu’un de mes anciens professeurs, ou ce lieu qui m’impressionne le plus. Le bureau des directeurs de Poudlard. Ce que ce château a de merveilleux, c’est que chacun de ses recoins fourmille de l’histoire du monde magique, et partout où l’on va on peut se dire "je me tiens sans doute sur les pas de certains des plus grands sorciers de ces derniers siècles", ce bureau plus qu’ailleurs. Je tente un sourire faible, je me sens un peu minable et piteux après ma colère de ce matin, et il m’a fallu lutter contre mes instincts pour aller le trouver, me répéter que je suis un adulte maintenant et qu’il ne me renverra pas dans ma salle commune en ôtant des points à Serdaigle au passage. « Bonjour professeur Ro-directeu-euh... Severus. » Je tire nerveusement sur ma chemise et soupire. « Pardon, je suis fatigué. » J’ai flanqué mes mains dans mes poches, par habitude, et je sens mon dos courbé, et ma tête qui tente de rentrer dans mon cou, comme si j’avais encore dix sept ans et qu’on allait me traité comme cela. Je me demande si c’est une faiblesse de mon caractère, un manque d’habitude (je suis à peu près certain d’avoir été plus à l’aise avec mes professeurs en Allemagne) ou la cicatrice qu’auront laissé les insultes et les menaces – à force de lire des horreurs sur son sang, on finit par s’inquiéter d’être jugé par lui même face à ceux qui ne s’y abaisseraient certainement pas. Mon regard papillonne vers les tableaux de directeurs affichés, je connais chacun de leur nom et pour une majorité d’entre eux, je pourrais citer les dates de leur vie et mort et de leur présidence de Poudlard, voir même leurs exploits pour ceux qui en ont accomplis. Je tire une certaine fierté de cette connaissance, mais je n’ai pas le souvenir d’avoir un jour été réellement attiré par la réalisation d’exploits moi-même. Peu m’importe de devenir maître de potion ou de sortilèges, la connaissance de ce monde a pour moi un plus grand attrait que sa pratique. Aujourd’hui pourtant, si je veux apprendre, je ne pourrais pas me contenter de lire, et ce n’est pas simplement pour parler des ouvrages de la bibliothèques ou de problèmes matériels que je suis ici. Je crois que ça m’effraie, que je suis terrifié à l’idée d’essayer et d’échouer, et je n’ai toujours pas réussi à vraiment me persuader moi-même qu’il s’agissait de la meilleure solution. En parler à Hermione par lettre, c’était une chose, mais ça… Je crois que si j’ai perdu mon sang froid, c’est parce que cette colère m’a fait l’effet d’un ultimatum pour moi-même : maintenant, il faut aller voir Rogue, et se convaincre soi-même que c’est faisable pour convaincre les autres. Peine perdue : le propre de la pensée critique, c’est le doute. « Merci de prendre le temps de me recevoir, je euh... » Mais ça aussi, il pourrait comprendre. « Je ne sais pas vraiment par où commencer. »

(1084 mots)
 
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Severus Rogue

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Mar 10 Sep - 19:01
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Heures pensives ont filé sans que je ne puisse les retenir entre mes mains. Songes éveillés ont tourbillonné dans les ténèbres. Craintes et résolutions. Attentes et espérances. Une nouvelle rentrée pour prendre la suite des précédentes, et je me sens toujours si peu légitime à présider depuis mon office. Fumseck s’est posé sur le bureau, couvant le monceau de paperasse administrative sur lequel j’aurais dû avancer. Je n’y ai rien fait. Perdu dans l’abîme du passé, la main effleure sans les sentir les flammèches liquides de l’empennage de Fumseck. Plumes virevoltent. Lissage du coin du bec. Le phénix s’est toujours montré beaucoup trop conciliant quand il s’agissait de laisser courir les paumes sur ce trésor vivant, piégé dans un éternel cycle. Un phénix peut-il être tué ? Un phénix a-t-il une orgine ? Une première naissance ? D’où viennents leurs œufs ? En ont-ils seulement ? Tant de réflexions métaphysiques s’accrochent à la seule existence de l’oiseau miraculeux.

L’écharpe de rêveries se brise lorsqu’un coup discret est porté à la porte. Le phénix tressaille à peine. Pourquoi s’inquiéter alors que la main qui le flatte n’a quitté son encolure. Doigts effleurent une dernière fois la collerette de plumes de l’oiseau à demi-assoupi. Les yeux vifs se closent lentement, le cou se rentre pour ne laisser qu’une sphère de plumes de laquelle dépassent un cimier et un bec acéré. Tendresse d’un sourire avant que ne reprenne la valse du temps : si Fumseck passait beaucoup de temps sur son perchoir à l’époque de Dumbledore, je ne crois pas l’y avoir vu plus d’une dizaine de fois depuis ma prise de fonction. En revanche… couver mes papiers… C’est à peine extirpé du chaos de mes pensées que j’autorise le visiteur à entrer, ne sachant pas, contrairement à la légende urbaine, qui se trouve derrière la porte. Albus non plus ne savait pas tout songé-je avec un demi-sourire tandis que s’ouvre l’huis.

Lemony Andersson. Une surprise à n’en pas douter. Je ne l’ai que peu croisé en tête à tête depuis la rentrée. J’ai toujours l’impression de le terroriser… Longdubat aussi, je continue de le terroriser. Je suppose qu’à trop semer le vent, on finit par récolter la tempête, fût-elle de crainte ? Je l’observe avec attention tandis qu’il rentre. Quelque chose a dû se passer pour qu’il pousse la porte de mon bureau alors que je semble lui inspirer tant de crainte. Il balbutie et voûte les épaules devant le croquemitaine, attendant peut-être d’être dévoré. Mais je n’ai plus eu envie d’être ce monstre depuis des années.

« Bonjour professeur Ro-directeu-euh... Severus. Pardon, je suis fatigué. »

Geste de la main vers le siège en face du bureau, prenant soin de ne pas éveiller Fumseck par la brusquerie d’un mouvement à proximité. Je n’ai pas envie de prendre un coup de bec perdu, merci bien.

« Asseyez-vous, Lemony. Un peu de thé ? Quelque chose de plus fort ? »


A peine semble-t-il m’entendre, pris dans je-ne-sais quel tourbillon de pensées. Damned, l’affaire doit être grave.

« Merci de prendre le temps de me recevoir, je euh...  Je ne sais pas vraiment par où commencer. »

L’esquisse d’un sourire étire l’encoignure d’un labre demeuré figé à l’entrée du jeune professeur. L’honnêteté me pousse à reconnaître qu’il serait aisé de se moquer de la détresse du jouvenceau tant il paraît, en cet instant, un oisillon tombé du nid, tirant nerveusement sur sa chemise, se contorsionnant. Je suppose que je peux m’accorder le luxe de l’indulgence à cet instant : il n’y a aucun chaudron à faire exploser devant lui, ni même de Seigneur des Ténèbres avide de le faire tuer pour la seule consistance de son sang. Ton neutre.

« Asseyez-vous, Lemony. »

Je répète, un demi-sourire aux lèvres. D’un claquement de doigt, une bouteille de spiritueux et deux verres se matérialise à côté d’un impassible Fumseck. Je serre les deux verres et en pousse un vers le jeune professeur. Qui aurait cru que j’encouragerais à boire Lemony Andersson, le plus honnête des Serdaigles de cet établissement, qui aurait pu, si le professeur Wilson n’avait repris le job au pied levé, finir directeur des aigles de l’établissement ?

« Prenez une gorgée, respirez à fond, et commencez par ce qui vous amène dans ce bureau, Lemony : je vous promets de vous écouter sans vous interrompre, sans remarque acerbe, sans retenue ni sans retirer des points à Serdaigle. »

Verra-t-il la flamme amusée qui brille dans mon œil, ou bien est-il trop terrorisé pour cela ? Verre à la main, je laisse les vapeurs du brandy embaumer la pièce tandis que la liqueur tournoie au fond du récipient. Pour un peu, je croirais entendre Fumseck ronfler.

783 mots


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Lemony Anderson

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Dim 10 Nov - 21:22

 
Sollicitations
« Asseyez-vous, Lemony. Un peu de thé ? Quelque chose de plus fort ? » J’acquiesce à sa proposition de quelque chose de plus fort, et de toute façon il avait déjà sorti le brandy avant que je ne lui en fasse signe. Je pense, avec une certaine ironie, qu’à ce train là j’aurais bu avec tous mes collègues avec lesquels je ne pensais pas boire un jour avant de boire avec Camille. Enfin bref.

« Prenez une gorgée, respirez à fond, et commencez par ce qui vous amène dans ce bureau, Lemony : je vous promets de vous écouter sans vous interrompre, sans remarque acerbe, sans retenue ni sans retirer des points à Serdaigle. » Attendez voir… Mais il se paye ma tronche là ? Rogue est capable… d’humour ? Grande nouvelle. Cela ferait un titre extraordinaire pour le journal de l’école. Cependant, je ne me sens pas de rire à gorge déployée avec lui dans l’immédiat, et je grogne en ravalant ce qu’il me reste de fierté (soit, ce qu’il ne vient pas de moucher en quelques mots). « Trop aimable...  » Je prends une gorgée de brandy, et remets sur mon nez mes lunettes pour sans doute la douzième fois depuis que je me suis assis. Je me sens stupide, et je me dis qu’il vaut mieux que j’enchaîne avant de ne plus en avoir le cœur. « Il est possible que j’ai fait une scène d’une façon parfaitement déraisonnable à notre chère bibliothécaire pas plus tard que ce matin. Écoutez… Je ne sais pas comment faisaient mes prédécesseurs - » Enfin, si j’ai peut-être une idée : en étant parfaitement incompétents. Cela dit, si jamais il devait y en avoir quelques uns de chers à son cœur (oui, bon... qu’il appréciait ?), je ne voudrais pas le vexer en insultant ses amis « mais il est urgent qu’un certain nombre de livres traitant des sciences moldues soient retirés de la bibliothèque - et qu’un certain nombre d’autres soient achetés. » Je me rends compte de combien c’est mal dit après avoir fini ma phrase. « Comprenez-moi bien, je ne suis pas un fervent défenseur des autodafés, et je pense que la lecture, toute lecture, est bénéfique. Mais à moins de créer une étagère Théories fumeuses des sorciers sur le monde moldu, ce qui me semble compromettant dans une école, il y a un certains nombres de titres qui n’ont rien à faire dans cette bibliothèque. » Je lui tends la liste que j’ai rédigé. « Il n’y ici que ceux que j’ai pu trouver moi-même ou qui ont été cité par mes élèves dans leurs travaux. Je ne sais pas vraiment si cette liste est exhaustive. Cependant, s’il était possible de m’allouer un budget, je peux fournir une liste d’incontournables en sciences ou en littérature vulgaire moldue qui devrait permettre de pallier à ce soucis. » Je prends une nouvelle gorgée de brandy pour me donner de la contenance. C’est vrai que ça aide. Je comprends encore mieux pourquoi maman avait toujours un martini à la main. J’inspire. Bon, aller, partons pour une gorgée de plus. Qu’est-ce que je peux me sentir idiot… « Il y a un autre soucis dont je voudrais discuter avec vous. Voyez-vous, je suis bien à mal d’expliquer à mes étudiants un certain nombre de notions du monde moldu pour la raison très simple qu’un certains nombres de recherches n’ont jamais été menées. Je… Bon, par exemple, en ce moment, je propose un cours sur la composition de la matière : il me paraît plus que probable que l’on me questionne sur la composition de la matière magique et… Et bien, à moins que vous n’ayez connaissance de sources que je n’ai pas su trouver, il n’y a quasiment aucun travaux sérieux de physique ou de chimie qui traite ces questions. » Je replace mes lunettes, une fois de plus. Il faut vraiment que je perde cette habitude. « Enfin voilà, ce sont des recherches que je pense pouvoir amorcer seul, voir mener à bien si je reçois de l’aide. Seulement, mon domicile est dans le Londres moldu où je pense que l’on ne me permettra pas de faire des expériences – à raison pour le coup, et je souhaiterai savoir si vous m’autoriseriez, si je trouve un lieu adapté et sûr, à les mener à Poudlard. » Je vais pour boire une nouvelle gorgée de brandy mais me ravise – il serait de mauvais ton de boire trop vite quand on fait ce genre de demandes. « Cela bien sûr si j’arrive à obtenir l’autorisation de modifier quelques appareils moldus, ce qui, étant donné que c’est Arthur Weasley qui délivre ces dites autorisations et que je l’ai peut être un peu insulté la dernière fois que je l’ai vu, n’est pas certain non plus, mais je pense pouvoir obtenir l’aide de Miss Granger dans ce sens. » Je me racle la gorge. « Enfin voilà. » Je me rends compte que j’ai parlé très vite tout du long, sans le laisser m’interrompre ou me questionner. Tant pis, je prends une nouvelle gorgée de liqueur et tente après cela de soutenir sans regard, toujours mal à l’aise malgré l’alcool qui me réchauffe déjà les joues.

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Ven 20 Déc - 20:45
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A lire par-delà les épaisses montures du timide – et néanmoins décidé – Lemony Anderson, il m’apparaît que la boutade, c’était peut-être trop tôt. Je me souviens bien du serdaigle : patient, intelligent, travailleur et indescriptiblement timide. Je suppose que je dois avoir encore, auprès de lui l’image du vieux professeur acariâtre qu’il ne fait pas bon contrarier sous peine de sévères conséquences. C’est en lui versant un verre de brandy que j’espère le déstresser un peu. j’ai appris qu’offrir un verre d’alcool suffit souvent à « casser » l’image de l’ancien professeur et délier les langues. Je l’espère suffisamment libéré pour confier ce qui semble indubitablement peser sur sa conscience. Le nez du jeune enseignant se perd dans son verre, ses paumes tremblent un peu jusqu’à ce qu’il se lance. Je l’écoute, fidèle à ma promesse et le laisse égrener le fil de ses pensées.

« Il est possible que j’ai fait une scène d’une façon parfaitement déraisonnable à notre chère bibliothécaire pas plus tard que ce matin. Écoutez… Je ne sais pas comment faisaient mes prédécesseurs - »

Je garde un visage neutre, notant mentalement d’aller voir la bibliothécaire. J’espère qu’il ne me l’a pas traumatisée. Il paraît que les calmes sont ceux qui ont les plus vives colères. Je ne doute pas que notre jeune Lemony, qui bouillonne intérieurement d’incertitudes et de peurs, ne peut qu’avoir l’ire explosive. Le château tient toujours bon, j’en déduis donc qu’il n’a pas dû mettre le feu à l’office de notre pauvre amie.

« mais il est urgent qu’un certain nombre de livres traitant des sciences moldues soient retirés de la bibliothèque - et qu’un certain nombre d’autres soient achetés. »

La demande. J’opine imperceptiblement. Il me semble en effet que nul renouvellement des rayonnages de la bibliothèque n’aient été fait en ce domaine… Et n’ayant jamais suivi les cours d’étude des moldus – ni de sciences moldues – je dois bien reconnaître n’avoir pas la moindre idée de ce qui se trame dans ce domaine… Par chance, l’homme de la situation est devant moi. Je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire amusé, bien vite ravalé, lorsqu’il semble prendre conscience que son propos sonne comme une invitation à la censure.

« Comprenez-moi bien, je ne suis pas un fervent défenseur des autodafés, et je pense que la lecture, toute lecture, est bénéfique. Mais à moins de créer une étagère Théories fumeuses des sorciers sur le monde moldu, ce qui me semble compromettant dans une école, il y a un certains nombres de titres qui n’ont rien à faire dans cette bibliothèque. »

Il me tend une liste que je saisis et étudie avec attention. Sans grande surprise, la plupart d’entre eux m’est parfaitement inconnue, mais les titres sont édifiants.

« Il n’y ici que ceux que j’ai pu trouver moi-même ou qui ont été cité par mes élèves dans leurs travaux. Je ne sais pas vraiment si cette liste est exhaustive. Cependant, s’il était possible de m’allouer un budget, je peux fournir une liste d’incontournables en sciences ou en littérature vulgaire moldue qui devrait permettre de pallier à ce soucis. »

Je laisse le regard caresser le parchemin, acquiesçant cette fois plus gravement. Indubitablement, il semblerait que notre petit Serdaigle soit devenu grand et ait réussi haut la main sa première demande de budget avec preuve à l’appui. Je m’apprête à lui répondre par l’affirmative alors qu’il reprend la parole. Fidèle à ma promesse, je le laisse évoquer sa nouvelle demande. Après tout, il est si bien parti que je m’en voudrais de le revoir balbutier de frayeur.

« Il y a un autre soucis dont je voudrais discuter avec vous. Voyez-vous, je suis bien à mal d’expliquer à mes étudiants un certain nombre de notions du monde moldu pour la raison très simple qu’un certains nombres de recherches n’ont jamais été menées. Je… Bon, par exemple, en ce moment, je propose un cours sur la composition de la matière : il me paraît plus que probable que l’on me questionne sur la composition de la matière magique et… Et bien, à moins que vous n’ayez connaissance de sources que je n’ai pas su trouver, il n’y a quasiment aucun travaux sérieux de physique ou de chimie qui traite ces questions. Enfin voilà, ce sont des recherches que je pense pouvoir amorcer seul, voir mener à bien si je reçois de l’aide. Seulement, mon domicile est dans le Londres moldu où je pense que l’on ne me permettra pas de faire des expériences – à raison pour le coup, et je souhaiterai savoir si vous m’autoriseriez, si je trouve un lieu adapté et sûr, à les mener à Poudlard. »

Je demeure pensif quelques instants, m’efforçant d’enregistrer toutes les informations qu’il égrène. A mesure qu’il avance dans son exposé, il semble parler de plus en plus vite. Ses joues se sont empourprées sous le coup de l’alcool et de l’émotion. Note à soi-même, ne pas laisser Lemony boire plus d’un verre si l’on veut être capable d’encore l’entendre parler en distinguant les mots les uns des autres.

« Cela bien sûr si j’arrive à obtenir l’autorisation de modifier quelques appareils moldus, ce qui, étant donné que c’est Arthur Weasley qui délivre ces dites autorisations et que je l’ai peut être un peu insulté la dernière fois que je l’ai vu, n’est pas certain non plus, mais je pense pouvoir obtenir l’aide de Miss Granger dans ce sens. »

Raclement de gorge qui promet une conclusion du meilleur aloi.

« Enfin voilà. »

Bon, pour la conclusion du meilleur aloi, on repassera. C’est un peu décevant. Le silence s’installe, presque assourdissant après le tumulte des explications du jeune homme. Je pourrais faire durer un peu plus le suspens, mais un élan de pitié me pousse à lui répondre.

« Je crois que ce doit être tout à fait envisageable d’améliorer le catalogue de la bibliothèque. Comme vous le savez, le cours de ‘sciences moldues’ est tout jeune, commandé par notre cher ministre... »

L’inimitié Rogue / Ministre est après-tout une tradition que je me dois de perpétuer, au moins pour donner le change.

« Il semblerait donc qu’il nous faille aller avec les décisions politiques des puissants et continuer d’offrir les meilleures ressources d’apprentissage à nos élèves. Je n’ai moi-même jamais suivi l’option d’étude des moldues, et puisque le cours de ‘sciences moldues’ est désormais un incontournable du programme scolaire, il est de mon devoir de direction d’accéder à votre requête. Fournissez-moi une liste d’ouvrages que vous voulez voir ajoutés aux rayonnages de la Bibliothèque, et ils seront commandés dans les plus brefs délais. »


Geste vers la liste d’ouvrages incriminés ;

« Je vais également proposer à notre collègue bibliothécaire de ranger ces ouvrages dans la réserve. Quoi qu’ils ne soient pas vraiment précieux ni anciens, ils pourraient toujours servir si quelqu’un souhaitait d’aventure étudier le discours porté sur les moldus par les sorciers du dix-neuvième siècle. »

… Ou du vingtième.

Je joins les paumes, les avant-bras sur le bureau. Doigts s’entremêlent. Il est évident que la véritable requête de Lemony était bien la seconde, et non pas les ouvrages. N’importe quel directeur, à moins d’être irrémédiablement aveuglé par des discours extrémistes, aurait accepté l’achat de nouveaux ouvrages. La conduite d’expériences sur la matière à Poudlard est en revanche une autre paire de manches. L’école n’est pas un laboratoire et, surtout, elle abrite une multitude d’élèves à qui il pourrait potentiellement arriver malheur en cas de raté. Inutile de cacher ma circonspection.

« Quant à votre seconde demande, Lemony, il faut que nous en discutions davantage avant toute décision. Pourriez vous m’en dire un peu plus sur la nature des expériences que vous envisagez ? Je ne suis pas contre le progrès des connaissances de notre monde, mais il faut bien que nous nous accordions sur le fait que la sécurité des élèves doit passer première : il ne faudrait donc pas que les élèves puissent être blessés de quelque façon que ce soit par la conduite d’expérimentation dans un lieu qui ne soit pas prévu à cet effet. Il faut donc que vos expériences n’endommagent pas les barrières protectrices de l’école et qu’elles ne risquent pas de provoquer d’accidents pouvant mettre en danger la vie des élèves. Que vous viviez dangereusement un est un choix personnel – bien que je préfèrerais que vous ne vous blessiez pas, bien sur – mais la sécurité des élèves doit demeurer notre priorité. »

Aussi ironique que cela puisse paraître : je n'ai jamais été réfractaire aux aventures scientifiques... et il faut bien dire que j'en ai conduit bon nombre ici, dans ces cachots, lesquels avaient les murs suffisamment épais pour soutenir de puissantes barrières protectrices. J'aurais pu faire exploser mon bureau que l'on n'aurait pas même senti un tremblement dans les couloirs. C'était, à l'époque, Albus Dumbledore qui avait largement contribué à sécuriser mon bureau... serais-je moi-même assez adroit pour faire de même pour le havre que me réclame Lemony ?

1504 mots


PS : tellement désolée pour le retard Embarassed


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Dim 19 Jan - 15:47

 
Sollicitations
Si Rogue m’a écouté avec attention pendant mon laïus – c’était stupide. C’était stupide n’est-ce pas ? Je pourrais presque entendre ma mère me dire d’inspirer et de me calmer, Rogue, son brandy à la main et sa façon de sourire font échos à son souvenir, les jours où je lui présentais mes exposés ou mes travaux. Attendez… Est-ce que je viens de comparer Rogue à ma mère en pensées ? Mais ça ne va pas du tout mon pauvre Lemony, pas du tout. Je reprends une gorgée, et je serais tenté de remercier la science et Merlin que ce soit le moment où il choisisse de parler. « Je crois que ce doit être tout à fait envisageable d’améliorer le catalogue de la bibliothèque. Comme vous le savez, le cours de ‘sciences moldues’ est tout jeune, commandé par notre cher ministre... » Emphase sur le cher. Je fais un signe de la main. Je sais, sans cela je n’aurais sans doute jamais postuler, et je me moque bien des inimitiés entre Rogue et Potter. Je fais ça pour les étudiants, et pour qu’on arrête de considérer les sciences moldues comme une sous discipline sans intérêt. Il continue de parler, et accepte. Je lui adresse le premier de mes sourires à ne pas être nerveux depuis que je suis assis. Merveilleux. « Je vais également proposer à notre collègue bibliothécaire de ranger ces ouvrages dans la réserve. Quoi qu’ils ne soient pas vraiment précieux ni anciens, ils pourraient toujours servir si quelqu’un souhaitait d’aventure étudier le discours porté sur les moldus par les sorciers du dix-neuvième siècle. » J’acquiesce. Ça pourrait faire de très bons travaux sur la méthode scientifique avec les dernières années. Si l’accès à ces livres est restreint, ça me va. « Merci. » Je me demande si certains idiots ne se serviront pas de ce prétexte pour avancer qu’on cherche à leur cacher la vérité sur le monde moldu. Est-ce que je ne suis pas un peu trop pessimiste ? Je ne sais pas. Il a joint ses mains, et c’est vraiment la réponse à ma dernière demande. « Quant à votre seconde demande, Lemony, il faut que nous en discutions davantage avant toute décision. Pourriez vous m’en dire un peu plus sur la nature des expériences que vous envisagez ? » Ce n’est pas un non catégorique. Ce n’est pas un non catégorique ! Je pourrais l’embrasser. Enfin, pas vraiment, mais voilà. « Je ne suis pas contre le progrès des connaissances de notre monde, mais il faut bien que nous nous accordions sur le fait que la sécurité des élèves doit passer première : il ne faudrait donc pas que les élèves puissent être blessés de quelque façon que ce soit par la conduite d’expérimentation dans un lieu qui ne soit pas prévu à cet effet. » J’écarquille les yeux. Mais… Quel genre d’expériences ont pu être menées dans cette école pour qu’il puisse penser que l’on ne prioriserait pas la sécurité des élèves ? Je ne suis ni idiot, ni fou. « Il faut donc que vos expériences n’endommagent pas les barrières protectrices de l’école et qu’elles ne risquent pas de provoquer d’accidents pouvant mettre en danger la vie des élèves. » Pour qui est-ce qu’il me prend ?

« Que vous viviez dangereusement un est un choix personnel – bien que je préférerais que vous ne vous blessiez pas, bien sur – mais la sécurité des élèves doit demeurer notre priorité. » Je n’arrive absolument pas à contrôler un éclat de rire. Je pose mon verre de brandy sur la table pour ne pas le renverser, et pose ma main gauche sur ma mâchoire pour essayer de contenir mon amusement. Vivre dangereusement ? Moi ? Rogue a de l’humour. Enfin, j’espère. « Je ne suis pas un Gryffondor, Rogue. Je ne suis pas stupidement téméraire. » Je tousse pour essayer de chasser ce qu’il me reste d’envie de rire. « Hem. Excusez-moi. En plus, c’était stupide et inutilement mesquin, il y a des griffons raisonnables. » Enfin… Bref ! « Il est évident que je ne compte pas mener d’expériences qui puissent mettre en danger qui que ce soit – dans un premier temps et dans l’enceinte de ce château au moins. » Étrangement, mon rire m’a redonné la contenance et le calme que j’aurai sans doute du avoir dès mon arrivée. Mes mots sont plus mesurés, et ma diction plus fluide. « A dire vrai, je ne sais pas encore exactement comment m’y prendre. La première série d’expériences à mener tiendrait déjà à modifier le fonctionnement des appareils de mesure moldu, pour leur permettre de quantifier la magie ou de la distinguer – et de rendre compte de leur sensibilité pour les expériences futures. En soi, ce sera déjà quelque chose de particulièrement coûteux - en terme de temps je veux dire, je peux parfaitement m’occuper de l’investissement financier que cela représente. » Dans un premier temps aussi, j’imagine, encore que. La famille Anderson a un certain patrimoine moldu, que je pense que mon père se fera une joie de mettre à la disposition de son fils unique au nom de la science. Enfin, ce sera simple pour le matériel de base, microscopes et ce genre de chose, aucun soucis, après à terme, il faudra trouver un endroit qui accepte de vendre à un particulier scanner et IRM j’imagine. « Et ce pour la bonne raison que je ne sais pas vraiment par où commencer. » Je reprends une gorgée de brandy. Ah, ça va être passionnant ! Mener des recherches, des vrais recherches, dans un domaine que si peu de sorciers ont daigné approfondir. « Ensuite, il s’agira principalement d’observations à mener. Rien d’explosif. Peut-être un peu de radiations, mais rien qui ne puisse être vraiment dangereux et confiné. »  C’est par excès de zèle que je l’évoque, on peut effectivement se demander si la modification de microondes et IRM ne pourraient pas avoir un effet. Je préfère prévoir large, mais je ne pense pas en être à étudier avec des instruments tels que ceux-là avant d’avoir mener nombre d’expériences en amont. « Pour commencer, j’aimerai étudier la composition d’un objet inanimé en comparaison avec un objet identique enchanté. Ensuite, ce pourrait aussi être fait avec des plantes aux propriétés magiques, des potions, des sorts qui auraient une incarnation physique persistante... » Des sorciers ? Non, ça je me garde bien de lui dire, ça pourrait lui faire peur. Mais après tout, il doit bien y avoir une raison scientifique pour laquelle certaines personnes peuvent faire de la magie et d’autres non ? Je chasse la pensée vite, ce serait passionnant mais ça n’est certainement pas une priorité. « Et il y aura toujours la question d’obtenir le droit de modifier ces objets de toute façon. Est-ce plus clair pour vous comme ça ? » J’ai hésité à lui demander si c’était rassurant, mais j’aurais trop peur que cela soit pris pour une tentative de le chambrer.

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