Sollicitations | Severus & Lemony
 :: Vivre folles aventures :: Domaine de Poudlard :: Bureau directorial

Lemony Anderson
MEMBRE
hiboux : 217
pictures : Sollicitations | Severus & Lemony PaleEmotionalFox-small
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 7 Juin - 15:45

 
Sollicitations
Les curieux sont toujours dupes de leur curiosité. Ils expliquent tout et ne comprennent rien. | @Severus Rogue & @Lemony Anderson
Je suis fatigué. Je crois que ça a commencé juste après l'ouverture de Poudlard aux familles et aux anciens élèves, le stress, l'agitation, la peur... Le départ de tout le monde m'a laissé engourdi et fébrile, et le temps n'a pas encore réussi à me permettre de reprendre pleinement les moyens. Je devrais peut-être aller voir l'infirmière ? Bah... C'est juste un peu de fatigue, je compense en troquant le thé par du café. Cependant, j'imagine que ce malaise général n'adoucit pas mon caractère, et je me suis trouvé bien plus irritable ces derniers temps que je ne l'avais été depuis longtemps. D’abord, avec Ariane par lettre, qui me reprochait d’avoir cédé une photo d’elle à sa mère sans son accord, et à qui je crois avoir répondu très froidement que je ne voulais pas être au milieu de leurs différents ; ensuite mon père le week end dernier, à qui j’ai dit qu’il ne pouvait pas comprendre avant de partir (une vraie injustice de ma part pour le coup) alors qu’il me demandait si je prévoyais d’écrire un article prochainement ; et finalement, pas plus tard que ce matin, la bibliothécaire de Poudlard. Mais j’ai tenu des comptes. Depuis le début de l’année, dix neufs élèves différents m’ont rendu trente sept devoirs ridicules et farfelus, et ce en s’appuyant sur six différents livres disponibles dans cette bibliothèque, et pour le coup, je ne peux pas blâmer mes étudiants qui ont vraiment tenté de faire des recherches. Une honte. Alors, sans doute à cause de la fatigue, en remarquant encore la mention d’un des ouvrages alors que je corrigeais une copie je me suis laissé emporter. Bien sûr, il n’était certainement pas nécessaire de venir troubler le calme de la bibliothèque un jeudi en m’écriant que si ces livres étaient à nouveau proposés aux étudiants je les détruirai tous, et peut être que j’aurais simplement du aller trouver Rogue sans passer mes nerfs sur la bibliothécaire quand elle m’a gentiment demandé de voir avec lui sans se plaindre de mon comportement. Bon. Je lui enverrai un mot d’excuse. Et une fleur. Voilà. Fort heureusement, si je suis impulsif je reste assez vif d’esprit pour ne pas avoir l’idée de venir faire le même esclandre au milieu d’un cours donné par le directeur, et c’est bien plus calmement que je me dirige vers son bureau alors que l’après midi se termine.

Si on excepte l’incident de la bibliothèque, ce n’était pas si négatif que je me mette en colère. Au contraire, cela m’a décidé à aller trouver Rogue, ce que j’aurais du faire depuis un moment déjà. Et à réfléchir posément à ce dont j’ai besoin. Bien sûr, ce n’est pas la première fois que je me pose la question (c’était d’ailleurs déjà l’objet de ma lettre à Hermione Granger), mais il y a un monde entre se demander ce qui pourrait être amélioré et en faire la demande – surtout quand on est aussi persuadé que moi que la majorité des sorciers n’y verront aucun intérêt. Mais Rogue, comme Hermione d’ailleurs, me semble être un homme de raison, et je me dis qu’il entendra peut être. Je suis arrivé en haut de l’escalier en colimaçon, et je frappe – il est de toute façon trop tard pour reculer. Une voix m’invite à entrer, et alors que je pousse la porte, je ressens cette même sensation étrange de fourmillements que lors de mon entretien. Je ne sais pas dire si c’est Rogue, parce qu’un de mes anciens professeurs, ou ce lieu qui m’impressionne le plus. Le bureau des directeurs de Poudlard. Ce que ce château a de merveilleux, c’est que chacun de ses recoins fourmille de l’histoire du monde magique, et partout où l’on va on peut se dire "je me tiens sans doute sur les pas de certains des plus grands sorciers de ces derniers siècles", ce bureau plus qu’ailleurs. Je tente un sourire faible, je me sens un peu minable et piteux après ma colère de ce matin, et il m’a fallu lutter contre mes instincts pour aller le trouver, me répéter que je suis un adulte maintenant et qu’il ne me renverra pas dans ma salle commune en ôtant des points à Serdaigle au passage. « Bonjour professeur Ro-directeu-euh... Severus. » Je tire nerveusement sur ma chemise et soupire. « Pardon, je suis fatigué. » J’ai flanqué mes mains dans mes poches, par habitude, et je sens mon dos courbé, et ma tête qui tente de rentrer dans mon cou, comme si j’avais encore dix sept ans et qu’on allait me traité comme cela. Je me demande si c’est une faiblesse de mon caractère, un manque d’habitude (je suis à peu près certain d’avoir été plus à l’aise avec mes professeurs en Allemagne) ou la cicatrice qu’auront laissé les insultes et les menaces – à force de lire des horreurs sur son sang, on finit par s’inquiéter d’être jugé par lui même face à ceux qui ne s’y abaisseraient certainement pas. Mon regard papillonne vers les tableaux de directeurs affichés, je connais chacun de leur nom et pour une majorité d’entre eux, je pourrais citer les dates de leur vie et mort et de leur présidence de Poudlard, voir même leurs exploits pour ceux qui en ont accomplis. Je tire une certaine fierté de cette connaissance, mais je n’ai pas le souvenir d’avoir un jour été réellement attiré par la réalisation d’exploits moi-même. Peu m’importe de devenir maître de potion ou de sortilèges, la connaissance de ce monde a pour moi un plus grand attrait que sa pratique. Aujourd’hui pourtant, si je veux apprendre, je ne pourrais pas me contenter de lire, et ce n’est pas simplement pour parler des ouvrages de la bibliothèques ou de problèmes matériels que je suis ici. Je crois que ça m’effraie, que je suis terrifié à l’idée d’essayer et d’échouer, et je n’ai toujours pas réussi à vraiment me persuader moi-même qu’il s’agissait de la meilleure solution. En parler à Hermione par lettre, c’était une chose, mais ça… Je crois que si j’ai perdu mon sang froid, c’est parce que cette colère m’a fait l’effet d’un ultimatum pour moi-même : maintenant, il faut aller voir Rogue, et se convaincre soi-même que c’est faisable pour convaincre les autres. Peine perdue : le propre de la pensée critique, c’est le doute. « Merci de prendre le temps de me recevoir, je euh... » Mais ça aussi, il pourrait comprendre. « Je ne sais pas vraiment par où commencer. »

(1084 mots)
 
code by bat'phanie



   



   Nam et ipsa scienta potestas est
Severus Rogue
Roméo alangui
hiboux : 1913
pictures : Sollicitations | Severus & Lemony UQKrvcx
TEATIME is always epic with englishmen | ALWAYS in love with his dear Lily | BOOKS lover | MAGISTER es potionis
Voir le profil de l'utilisateur
Mar 10 Sep - 19:01
SOLLICITATIONS


Heures pensives ont filé sans que je ne puisse les retenir entre mes mains. Songes éveillés ont tourbillonné dans les ténèbres. Craintes et résolutions. Attentes et espérances. Une nouvelle rentrée pour prendre la suite des précédentes, et je me sens toujours si peu légitime à présider depuis mon office. Fumseck s’est posé sur le bureau, couvant le monceau de paperasse administrative sur lequel j’aurais dû avancer. Je n’y ai rien fait. Perdu dans l’abîme du passé, la main effleure sans les sentir les flammèches liquides de l’empennage de Fumseck. Plumes virevoltent. Lissage du coin du bec. Le phénix s’est toujours montré beaucoup trop conciliant quand il s’agissait de laisser courir les paumes sur ce trésor vivant, piégé dans un éternel cycle. Un phénix peut-il être tué ? Un phénix a-t-il une orgine ? Une première naissance ? D’où viennents leurs œufs ? En ont-ils seulement ? Tant de réflexions métaphysiques s’accrochent à la seule existence de l’oiseau miraculeux.

L’écharpe de rêveries se brise lorsqu’un coup discret est porté à la porte. Le phénix tressaille à peine. Pourquoi s’inquiéter alors que la main qui le flatte n’a quitté son encolure. Doigts effleurent une dernière fois la collerette de plumes de l’oiseau à demi-assoupi. Les yeux vifs se closent lentement, le cou se rentre pour ne laisser qu’une sphère de plumes de laquelle dépassent un cimier et un bec acéré. Tendresse d’un sourire avant que ne reprenne la valse du temps : si Fumseck passait beaucoup de temps sur son perchoir à l’époque de Dumbledore, je ne crois pas l’y avoir vu plus d’une dizaine de fois depuis ma prise de fonction. En revanche… couver mes papiers… C’est à peine extirpé du chaos de mes pensées que j’autorise le visiteur à entrer, ne sachant pas, contrairement à la légende urbaine, qui se trouve derrière la porte. Albus non plus ne savait pas tout songé-je avec un demi-sourire tandis que s’ouvre l’huis.

Lemony Andersson. Une surprise à n’en pas douter. Je ne l’ai que peu croisé en tête à tête depuis la rentrée. J’ai toujours l’impression de le terroriser… Longdubat aussi, je continue de le terroriser. Je suppose qu’à trop semer le vent, on finit par récolter la tempête, fût-elle de crainte ? Je l’observe avec attention tandis qu’il rentre. Quelque chose a dû se passer pour qu’il pousse la porte de mon bureau alors que je semble lui inspirer tant de crainte. Il balbutie et voûte les épaules devant le croquemitaine, attendant peut-être d’être dévoré. Mais je n’ai plus eu envie d’être ce monstre depuis des années.

« Bonjour professeur Ro-directeu-euh... Severus. Pardon, je suis fatigué. »

Geste de la main vers le siège en face du bureau, prenant soin de ne pas éveiller Fumseck par la brusquerie d’un mouvement à proximité. Je n’ai pas envie de prendre un coup de bec perdu, merci bien.

« Asseyez-vous, Lemony. Un peu de thé ? Quelque chose de plus fort ? »


A peine semble-t-il m’entendre, pris dans je-ne-sais quel tourbillon de pensées. Damned, l’affaire doit être grave.

« Merci de prendre le temps de me recevoir, je euh...  Je ne sais pas vraiment par où commencer. »

L’esquisse d’un sourire étire l’encoignure d’un labre demeuré figé à l’entrée du jeune professeur. L’honnêteté me pousse à reconnaître qu’il serait aisé de se moquer de la détresse du jouvenceau tant il paraît, en cet instant, un oisillon tombé du nid, tirant nerveusement sur sa chemise, se contorsionnant. Je suppose que je peux m’accorder le luxe de l’indulgence à cet instant : il n’y a aucun chaudron à faire exploser devant lui, ni même de Seigneur des Ténèbres avide de le faire tuer pour la seule consistance de son sang. Ton neutre.

« Asseyez-vous, Lemony. »

Je répète, un demi-sourire aux lèvres. D’un claquement de doigt, une bouteille de spiritueux et deux verres se matérialise à côté d’un impassible Fumseck. Je serre les deux verres et en pousse un vers le jeune professeur. Qui aurait cru que j’encouragerais à boire Lemony Andersson, le plus honnête des Serdaigles de cet établissement, qui aurait pu, si le professeur Wilson n’avait repris le job au pied levé, finir directeur des aigles de l’établissement ?

« Prenez une gorgée, respirez à fond, et commencez par ce qui vous amène dans ce bureau, Lemony : je vous promets de vous écouter sans vous interrompre, sans remarque acerbe, sans retenue ni sans retirer des points à Serdaigle. »

Verra-t-il la flamme amusée qui brille dans mon œil, ou bien est-il trop terrorisé pour cela ? Verre à la main, je laisse les vapeurs du brandy embaumer la pièce tandis que la liqueur tournoie au fond du récipient. Pour un peu, je croirais entendre Fumseck ronfler.

783 mots


PUTTING DEATH IN BOTTLE
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum