Une belle journée d'hiver
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Eirian Almasdóttir

Eirian Almasdóttir
MEMBRE
hiboux : 305
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Ven 28 Juin - 16:30
Eirian laissa pleinement Leïlan s'exprimer, sans lui accorder un regard. Même s'il n'y avait pas le contact visuel, l'enfant l'écoutait, attentivement, en faisant les cents pas au bord du lac avec son corbeau. La neige, même ici, faisait toujours ce bruit particulier quand on y enfonçait le pieds et ce timbre avait quelque chose de bien rassurant, et familier, pour la petite Verbena. Celle-ci s'amusa donc, en silence, à s'enfoncer dans les mottes de neige, une oreille pour la petite Serdaigle, l'autre pour ses camarades. C'était quand même agréable de les entendre crier et rire, c'était la mélodie du bonheur ça, de l'insouciance aussi, loin des problèmes de la vie d'adulte. Pourvu qu'elle n'atteigne pas trop vite cet âge-là ! Quoi qu'il en soit, elle comprenait que, pour certains, les enfants soient bruyants ; ça hurle de tous les côtés en allant facilement sur les aiguës, c'est surexcité et ça dit toujours tout haut ce que ça pense tout bas. Soit. Et vu sous cet angle, Eirian comprenait très bien cette envie de s'y extraire et vit même en cette jeune fille son petit reflet : il est vrai que, il y a des jours, où elle préférait rester enfermée dans la salle de classe d'études des Runes et des Oghams pour lire un peu avec une bonne tasse de thé. Oui, cette petite tranquillité dans la solitude a du bon, mais... C'était triste en réalité !

Quand on y pense, oui, on a tous ce petit moment où on veut voir personne, mais Eirian est frappée par l'asociabilité de cette fille ! Non, parce que, la jeune Verbena avouait elle-même qu'il y a des moments où c'est agréable de ne pas être seule et être entouré de vie. De faire des rencontres, et tout. Bon, certes, elle avait encore du mal à se faire accepter en général par sa différence et certains aînés lui parlaient comme une demeurée sous prétexte qu'elle n'y connaissait rien à la culture magique qui relève des Sorciers de l'Ordre d'Hermès... Mais tout n'était pas à jeter ! Elle aimait bien @Asao Watnabe, @Ava Jones, Monsieur @Severus Rogue - surtout Monsieur Severus - et passer du temps avec eux ! C'est agréable, on apprend plus et on se sent... appréciée ! Mais quand Eirian écoutait la jeune Serdaigle, elle ne trouvait pas ce compromis dans son discours. Ni une réel envie de s'ouvrir aux autres, ou d'être avec les autres. Juste « les gens sont nuls ». Enfin, c'est comme ça que la petite Poufsouffle l’interprète. Et c'est triste en fait de penser comme ça, même pour la petite Verbena rancunière et avec son bout de jugeote envers la moitié de son Héritage magique. C'est vrai quoi, Monsieur Severus, bien que grognon et Sorcier de l'Ordre d'Hermès, est super comme compagnon de beuverie - de thé, évidemment ! -

Alors, oui, elle fit une légère grimace, flattant toujours le torse bombé de son Muninn sur son épaule, et répondit à sa camarade avec la sincérité qui lui était propre :

Je comprends ce que tu veux dire mais... Tu sais, l'être humain est un être social !

Ça, cette phrase, elle l'avait lu dans un livre, elle l'aimait beaucoup, tant elle le trouvait criant de vérité. Il y avait même cette petite voix de fierté, menton levé, lorsqu'elle le dictait à voix haute.

Personne n'est faite pour la solitude et un jour, tu vas le regretter ! Tu peux encore changer, mais c'est triste... Il n'y a vraiment rien qui te plait quand tu es avec quelqu'un ? Avec les autres ? Oui, ils sont bruyants et parfois, ils nous ressemblent pas et ils sont méchants... Mais pas tous tu sais !

616 mots


Between Two Worlds

Invité

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Sam 29 Juin - 11:56
Pendant que je parle la jeune fille devant moi continue de marcher. Ses pieds chaussés s’enfoncent dans la neige à chaque fois qu’elle les pose sur le sol pour avancer. Et chaque pied retiré forme un trou dans la neige à l’endroit où il était posé avant. M’écoute-t-elle ? J’imagine que oui. Au fond, je ne sais pas si ça m’importe réellement. Mais elle m’a posé une question donc ma réponse devrait l’intéresser. Et puis… On peut faire plusieurs choses à la fois. Marcher dans la neige ne requiert pas une immense attention et c’est certainement largement possible d’écouter quelqu’un parler en même temps. Je ponctue mon discours d’un petit soupir pensif. Ce n’est pas très joyeux tout ça. Mais la vérité elle-même n’est pas toujours joyeuse si on la regarde en face. Il est bien facile de s’en détourner, de ne voir que le paysage, les rires et les sourires. Mais à certains moments elle s’impose. Froide et presque douloureuse. En ce moment là, face à une inconnue, je me trouve confrontée à cette réalité. Pourtant je ne la trouve pas si douloureuse. Froide oui, désagréable. Ce n’est pas facile d’admettre tout ça. Qui je suis et ce que je suis. Car c’est la vérité. Qui au final fait un peu mal. J’aime être seule. Je n’aime pas être avec les autres. Ça induit trop de souffrances. Car les humains sont des êtres perfides. D’abord gentils pour mieux nous amadouer, ils nous mettent ensuite sur le côté, comme un enfant jette un jouet usé. Je ne les aime pas, c’est tout. Les mauvaises expériences forgent l’esprit et rendent plus fort.

Néanmoins les paroles de la jeune sorcière me font grimacer. Elle semble totalement sérieuse et absolument sincère, mais je trouve ces dires étranges. Voir dérisoires. Un être social ? L’humain ? Moi ? Quelle drôle de d’idée. Je me demande où est-ce qu’elle a entendu ça. Mais elle a l’air tellement contente de cette phrase que je n’ose pas la contredire. Et puis, peut-être a-t-elle raison. Il y a bien des moments où je trouve agréable d’être avec les autres. Mais ces moments sont rares et c’est souvent quand je suis en cours, forcée de travailler en groupe, que je m’en rend compte. Pour l’oublier à la sortie de la salle lorsque ces personnes se bousculent et chahutent pour passer les premier. Ces mêmes élèves à qui quelques minutes plus tôt j’avais adressé la parole pour le cours. C’est fou ce que les gens changent en si peu de temps. À croire que le cours les transforment.

Quoi qu’il en soit, les paroles de la jeune fille sont bien sérieuses. Pourtant elle n’a pas l’air bien vieille, mais j’ai l’impression d’entendre un adulte. Mes parents. "Essaye de parler aux autres" me disaient-ils pendant les vacances "Tu vas voir c’est bien." Je secoue doucement la tête en repensant à ces paroles plus qu’idiotes. Comment s’ouvrir aux autres lorsque votre vie de famille vous apprend qu’il vaut mieux être seul que compter sur quelqu’un ? Je ne sais pas comment interpréter ces paroles qui, d’après mes parents, sont sages. Je laisse mon regard dériver sur le paysage. La lueur de la neige entre dans mes yeux, et cet amas de flocons semble parler. Par sa blancheur, il nous dit que l’hiver est là, tout partout. Mais malgré ça, les arbres restent debout, les branches dénudées de leurs feuilles restent tendues vers le ciel. Le lac est beau lui aussi, ainsi gelé. Calme, sans mouvement, froid et lumineux. Et tout ça, c’est l’espoir. L’espoir et l’attente du retour du printemps qui fera tout revivre. N’est-ce pas plus intéressant d’observer la nature, le spectacle qu’elle nous offre ? D’imaginer ce qu’elle pense et ce qu’elle dit ? Moi j’aime ça. En ce moment c’est calme, mais parfois, lorsque le vent se lève, la pluie et la neige tombent, ça devient bruyant, presque chaotique. Et à certains moments je trouve même que le spectacle auquel j’ai le droit représente bien ce qu’il se passe à l’intérieur de moi même. Tandis que les élèves… Veulent que je parle, et si je ne parle pas, j’ai le droit juste à du blablatage incessant. Sauf s’ils n’ont pas la patience et préfèrent abandonner. Dans ce cas je suis contente. Mais il est vrai qu’à certains moments agréable. Quand je ne me sent pas agressé ni dérangée, j’aime parler. Enfin, surtout écouter, mais la compagnie des autres peut s’avérer intéressante. C’est ce que je tente d’expliquer avec un demi-sourire à la jeune fille : «Si, il y a certains moments où c’est intéressant d’être avec quelqu’un. On peut apprendre des choses ou discuter comme aujourd’hui. Mais il y en a d’autres où j’aime être seule dans le calme. Mais les élèves sont parfois particulièrement désagréables et embêtants. Même moi des fois je sais que je le suis, après tout j’aime bien savoir des trucs. Donc justement… Autant rester seule plutôt que d’embêter et d’être embêtée, non ?» Je la regarde avec curiosité avant d’ajouter doucement «C’est vrai qu’ils ne sont pas tout méchants, mais ça on ne le sait qu’après un bon moment. Et c’est pareil pour l’inverse d’ailleurs : parfois on se dit que telle personnes est gentille alors qu’au fond elle devient méchante une fois qu’elle nous connaît bien.» Je soupire en repensant à ma famille. C’est exactement ça. Tout allait bien, ils étaient gentils, jusqu’à l’Arrivée. Bien sûr, faire des généralités n’est pas vraiment un bonne idée ni une bonne chose. Car après tout chacun est différent. Donc je ne peux pas savoir à l’avance. Peut-être que je pourrais prendre un peu plus de risques, mais je ne pense pas que ce soit vraiment intéressant. Pourquoi prendre des risques alors que la nature est une compagnie sûre ? Je sourie pensivement «Et puis tu sais, la nature c’est chouette aussi. Beau, souvent calme et forcément gentille.» Enfin, je crois. Du moins je n’ai jamais rencontré de nature méchante… Et je ne voudrais pas que cela m’arrive.

1001 mots

Eirian Almasdóttir

Eirian Almasdóttir
MEMBRE
hiboux : 305
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Sam 29 Juin - 16:11
Mhmm... Eirian fut quelque peu pensive. C'était un point de vue intéressant, parfaitement recevable dans un sens mais, ça manquait un peu d'objectivité à son goût. Beaucoup même. Yeux plissés, la Verbena semblait vouloir décortiquer ce curieux personnage tandis qu'elle caressait machinalement le plumage de son ami ailé. Cette fille, elle parlait comme quelqu'un de blessé, qui en veut au reste du monde, ou plutôt à tout ceux qui pourraient relier sa blessure. C'est comme Aslak, l'un des ami les plus proche de son Tonton Osgeir : depuis qu'il s'est fait piquer par une guêpe plus jeune, il déteste tout ce qui est lié de près ou de loin à ces parasites volants, comme les abeilles et les bourdons, pauvres petits ! D'après lui, ce sont tous que des petits... bref, ne soyons pas vulgaires ! Ben là, Leïlan lui rappelait un peu Aslak dans un sens : pour qu'elle parle ainsi, à coup de « restons seul pour éviter d'être embêté et de toute façon, on peut pas savoir qui se trouve en face et peut bien caché son jeux » c'est parce que des humains l'ont blessé, non ? Alors oui, elle avait raison dans un sens, mais le ton qu'elle employait dans sa voix trahissait vraiment un opinion manquant de recul et écho d'une certaine souffrance. Pauvre petite, Eirian espérait que ce n'était pas trop grave, mais n'étant pas son amie ou un proche, la petite Pouffsouffle estima qu'elle ne devait pas s'y mêler ; ça serait mal polis d'avoir une curiosité mal placée dans une telle situation, non ? De toute façon, si Leïlan veut en parler, pourquoi pas, mais ça ne sera pas elle qui lui arrachera les informations !

Eirian hocha donc pensivement la tête, comme pour lui montrait qu'elle comprenait, enfin dans un sens, sont point de vue et fit volte face pour continuer son chemin sur les mottes de neige. Du moins, jusqu'à que son oreille perçoive une remarque bien... singulière.

Quoi ?

La Verbena s'était retournée à une telle vitesse que Muninn croassa d'agacement par ce geste brusque qui aurait pu le désarçonner de son épaule. Quant à sa petite Maîtresse, elle dévisageait Leïlan de grands yeux éberlués, prenant le temps d'assimiler l'information :

La nature... « forcément gentille » ?

Un petit rire nerveux prit l'enfant et celle-ci secoua la tête en jetant un regard circulaire. Elle se gratta nerveusement la nuque, fit une grimace et ça semblait cogiter dans sa petite tête puisqu'elle gardait un instant le silence. Fallait bien organiser ses pensées à ce moment précis, car ça fusait de toute part et un flot de parole chaotique et sans liens menaçait à tout moment de sortir des lèvres de la fillette. Non, d'abord, on respire, on réorganise et on dit. Voilà !

Tu le pense vraiment ?

Eirian espérait vraiment qu'elle ne se prenait pas au sérieux, mais en même temps, cela ne l'étonnerait pas. En fait, on y réfléchissant bien, ça serait même une réaction parfaitement logique pour un être civilisé vivant dans des cités urbaines. Un soupir, et l'enfant s'avança auprès de Leïlan, mettant son poing sous les serres de Muninn qui vint s'y poser. À la force du bras, elle tendit l'oiseau à la jeune Serdaigle, à porté de bec de ce dernier. Un sourire singulier flottait sur ses lèvres.

Muninn n'attendrait qu'une seule occasion pour manger tes orbites...

L'enfant replia le bras pour faire face à son rapace, caressant affectueusement son poitrail plumeux avant de continuer de cette même voix posée et d'un sourire affectueux :

Si je meurs avant lui, il m'arrachera les yeux de mon cadavre pour les manger...

Elle déposa un baiser sur le bec charognard et le reposa à nouveau sur mon épaule.

Oui la nature c'est... « gentil » quand on est un humain qui vit dans la ville et qui a un... un... comment ça s'appelle déjà ?

Un petit regard échangé entre elle et l'oiseau de mauvais augure avant de reprendre plus enjoué :

Ha oui ! Un jardin ! C'est ça ! Ben oui, on est au vingt-et-unième siècle ! Si tu as faim, tu vas acheter ta nourriture, si tu as froid tu as des couvertures, tu as un toit sur ta tête, tu es au chaud quand tu travailles, tu as de l'électricité pour ne pas avoir froid, avoir de l'eau chaude, et t'éclairer ! Et à côté, tu as des gentils petits oiseaux qui gazouillent et des jolis papillons avec des jolis petits lapins...

L'enfant perdit son sourire qui semblait obscurcir son visage.

Dis, Leïlan... Est-ce que tu connais la nature ? Est-ce que tu sais comment vivre avec elle ? Est-ce que tu dois chasser ta nourriture ? Est-ce que tu dois l'éventrer, lui retirer les tripes, lui arracher la peau ? Est-ce que tu laves cette peau pour te couvrir ? Est-ce que tu as déjà eu froid ? Tu es déjà sortis dans la neige et aller abattre un arbre, avec les doigts gelés, pour récupérer son bois pour nourrir le feu ? Tu as déjà était suivi par des bêtes quand tu marches dans la forêt ? Est-ce que tu les as déjà entendu crier ? Est-ce que tu as été poursuivi par une meute ? Est-ce que ces bêtes tourne autours de ta maison et des autres membres de ton village ? Est-ce que tu t'es réveillé avec tes moutons morts et éventrés ? Est-ce que tu savais qu'il existe des plantes qui peut te tuer en quelques minutes, des bêtes qui peut te tuer d'un coup de patte, un coup de mâchoire ou une simple piqûre si tu es tout seul ? Tu as déjà dormis toute seule dans la forêt avec quelqu'un pour surveiller le camps ?

Elle haussa les épaules et reprit :

Il y a des mammifères qui mangent leurs propres enfants s'il est trop faible. Il y a des insectes qui mangent leur amoureux. Il y a des bêtes qui font même des alliances pour tuer et partager la viande ! Il y a des créatures qui savent exactement comment te piéger et il te blesse et joue avec toi pendant que tu meures très, très, très lentement... D'ailleurs, tu savais que les tueurs en série utilisent les cochons pour cacher un cadavre ? Ça mange tout ! Et il y même des fourmilières qui te mangerais en ne laissant que tes os ! Et il y a même des insectes qui peuvent rentrer dans ton corps, contrôler ton cerveau et te forcer à te suicider pour ensuite manger ton cadavre ! Même l'eau est terrible...

Elle se tourna vers ses camarades sur le lac gelé et un sourire étira ses lèvres :

Les mammifères sont bêtes : ils traversent la glace parce qu'ils croient que c'est solide... Et puis, pouf ! Tu tombes dans l'eau ! Et elle va geler tous tes membres... Et toi tu vas nager pour retrouver la terre mais à chaque fois que tu t'appuieras sur la glace pour te lever... Pouf ! Elle se brise encore ! Et toi tu vas nager, encore et encore, jusqu'à que tu ne sentes plus tes membres et que tu coules... Et la glace va manger ton corps, et tous les poissons, et va à nouveau geler l'eau pour qu'une autre victime marche bêtement dessus !

Nouveau haussement d'épaules tandis qu'elle reporta son regard sur Leïlan :

Dans certaine forêt, tu meures sans te rendre compte... Tu mourras dans ton sommeil et tu ne le sauras jamais ! Mais tu sais, l'humain est le mammifère le plus intelligent ! Car il a crée les outils pour survivre à la nature, il appris à l'apprivoiser et il l'apprend même à la créer ! Alors oui, maintenant avec la Science Moldue, comme on a appris avec Monsieur Lemony, ben tu peux vivre tranquillement ! Avec de la nourriture dans ton frigo, des draps que tu achètes, d'un seul geste tu peux faire apparaître la lumière, faire cuire ta viande en peu de temps, réchauffer tout ta maison, laver ton linge... Ha ! Tu as déjà lavé ton linge dans une rivière sous la neige ? Tu ne sens plus tes doigts et ils deviennent tout rouge ! Tu peux même te déplacer sans effort grâce aux voitures et tout... Même quand tu sors dehors, tu as tout pour te protéger de la nature avec tes vêtements bien chaud, tes trucs que les humains utilisent pour camper sans soucis, et avec même des produits et tout !

L'enfant croisa les bras et soupira, faisant une petite moue.

Leïlan... Il n'y a pas de nature « gentille » ou « méchante »... La nature est... sauvage, imprévisible et sans pitié... C'est tué ou être tué, la loi du plus fort et de la chaîne alimentaire. Tu ne le voies pas, car tu es protégée, tu vies à l'intérieur des villes, tu as la technologie, le confort et loin de la sauvagerie... Mais si tu savais ce que c'est de vivre dans la nature, tu ne dirais pas qu'elle est gentille... Tu aurais peur d'elle et tu apprendrais à survivre...

L'enfant prit une grande inspiration, observant encore une fois ce paysage enneigé ; c'était peut-être beau et calme, mais elle voyait toujours comme l'annonciateur d'une saison rude et difficile à vivre dans sa forêt perdu en plein dans les Highlands. Au moins, il y avait le soutien et le réconfort des proches qui donnaient cette sensation particulière à l'enfant de joie nostalgique et d'angoisse. C'était ça, vivre réellement, non ? Avoir peur de mourir et profiter, que dis-je, savourer chaque petit moment de réconfort qu'on lui tendait...

... Mais oui ! C'est pour ça qu'elle aimait l'hiver ! C'était grisant par ce rapport si primitif de la survie qui la relie un peu plus aux principes philosophiques de ses ancêtres ! Mais oui ! Alors un sourire rayonnant apparu sur son petit minois tandis qu'elle croisa à nouveau les mirettes de Leïlan :

Merci ! Grâce à toi, je comprends mieux pourquoi j'adore l'hiver !

Et hop, elle se remit en route, toute joyeuse en fredonnant une ancienne chanson norroise avec Muninn, qui a prit son envol, et qui l'encerclait dans les airs. Entre deux pas, la Verbena se retourna vers la jeune Serdaigle et lui demanda d'un ton tout enjoué :

Tu viens ? Moi je rentre, je vais prendre un chocolat chaud !

Ha oui, c'est vrai, l'avantage de passer l'Hiver à Poudlard : ici, le chocolat chaud n'était pas une denrée rare et elle pouvait en boire autant qu'elle en voudra. Et après une tel moment de philosophie de vie, retrouver les racines et ces moeurs qu'elle craint autant qu'elle vénère, Eirian sentait qu'elle avait bien fini sa journée et qu'elle pouvait même la clôturer en beauté en se prélassant dans un bon feu de cheminé et en vidant les stocks de chocolat dans les cuisines près de sa salle commune. D'ailleurs, rien que pour ça, Eirian aimait Helga Poufsouffle, même si elle était sorcière de l'Ordre d'Hermès !

En tout cas, chui contente d'avoir parlé avec toi, t'es quand même une fille assez sympa... et j'espère qu'un jours tu trouveras des amis !

Le timbre de voix et le sourire était sincère. Après tout, elle n'était pas méchante, juste une petite humaine blessée qui a besoin d'être entourée, choyée et de voir que la vie social ben, ça pouvait aussi apporter son lot de bonheur et que, pour ça, il fallait pas hésiter à s'ouvrir aux autres même au risque de se blesser. C'est pas grave, tant qu'on sait se relever après ! Hein ?

Devenir son amie ? Mhmm, Eirian n'était pas sûr que Leïlan soit intéressée par un éventuel lien, bercée par la certitude qu'elle était encore un drôle d'oiseau aux yeux de nombreux de ses camarades... Et surtout, après avoir échangé avec elle, la jeune Verbena pense que Leïlan partagera le même avis que les autres et fuira la jeune Poufsouffle comme la peste.
2 022 mots


Between Two Worlds

Invité

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Dim 30 Juin - 23:07
La fin de mes paroles n’auraient pas dû avoir lieu. Du moins ç’aurait été certainement mieux si je m’étais arrêté à mon avant-dernière pensée. Oui, mon discours aurait pu cesser à l’arrivée des humains et de leur infidélité si bien cachée. Mais qu’y puis-je ? J’avais envie de laisser une note d’espoir après tout ça. Un espoir vite détruit par la jeune fille en face de moi qui a l’air stupéfaite de mes paroles. Qu’ai-je donc dit de si terrible ? La nature que je connais est bien gentille. Pour le moment en regardant autour de moi, je vois joie et sourires, mêlés certes à peu de tristesse et de souffrance. Les arbres ont perdus leurs branches et le paysage semble bien morne par ce blanc et ce marron de partout. Mais c’est si lumineux qu’il est bien difficile pour moi de le trouver de la méchanceté dans cette nature qui est une des rares compagnie que j’apprécie. Mais Eirian ne semble d’accord, et elle crois même que je ne suis pas sérieuse. Moi, pas sérieuse ? Ça ne m’arrive jamais. La jeune fille semble décidée à me prouver que j’ai tort. Que ce que je dis est faux. Mais il n’y a pas de problèmes, moi je veux bien la croire. Elle que je ne connais presque pas doit certainement mieux s’y connaître que moi, vu qu’elle fait de la magie avec des Runes.

Sauf qu’elle est décidée à parler. À prouver. Son corbeau près de ma tête, je regarde l’oiseau aux plumes noirs tandis qu’elle évoque les capacités de la bête. C’est un charognard, donc oui il la mangerait si elle meurt avant lui. Sans hésiter, et pas que les yeux je pense. Mais est-ce vraiment de la méchanceté ? Il se nourrit. Sinon il va mourir. J’observe la jeune sorcière avec curiosité tandis qu’elle continue de parler. J’ai l’impression presque de sentir dans sa voix comme du dégoût. Ou autre chose. Ironie, moquerie. Je grimace en l’entendant décrire tout ça. C’est donc comme ça qu’elle voit les choses ? Qu’elle me voit, moi ? Une humaine avec une vie facilité par la ville. En même temps elle a pas tort. Mais pas entièrement raison. Si on arrive à voir des lapins, ce sera enfermés dans une cage ou… Morts sur le bord de la route. Mais je ne dis rien. Faudrait éviter de paraître malpolie alors qu’elle m’explique quelque chose. Mordant ma lèvre inférieure, je me concentre. Des images et du son passent rapidement dans ma tête, se suivant les unes aux autres. Des traces de pas dans la neige, humains et animaux. Des cadavres de bêtes à dépecer. Des doigts dans l’eau hivernale. Des arbres couchés dans les flocons. Des animaux aux crocs acérés qui n’attendent qu’une chose : manger. Je ne voyais pas ce côté-là. Est-ce vu comme égoïste de ne pas penser au côté totalement sauvage de la nature ? Je la vois comme on me la propose, calme, belle, blanche, froide, chaude, colorée, bruyante, animée. La façon de vivre fait que l’on voit les choses différemment. Et je ne dis pas que ce sont des bêtises ce qu’elle dit. Car il y a des personnes qui vivent ainsi. Eirian en fait certainement partie. Sinon elle n’en parlerait pas comme ça.

Estomaquée par tant de précision dans ces paroles directes, je la regarde sans rien dire. Je dois paraître idiote à ses yeux, ainsi debout, à l’écouter décrire une vie différente de la mienne sans rien dire. Mais je n’ai rien à dire. Tout simplement. Si c’est pour risquer de me faire rembarrer par mes paroles non réfléchies, autant me taire. Et la jeune fille ne semble pas avoir finit car elle se retourne vers les élèvent qui jouent sur le lac gelé et continue de parler. Je retiens un soupir, sans savoir si la tournure que prend la conversation me plaît ou non. Je pense que oui. Il faut dire que c’est assez intéressant de voir le point de vue de chacun. De plus celui d’une personne, même plus jeune que moi, qui semble côtoyer la nature à chaque instant, même chez elle. Mais ce point de vue, aussi juste soit-il, est assez sombre. Ne faut-il pas toujours chercher -et trouver- un point positif à tout ce que l’on vit ? Enfin, je suis mal placée pour penser ça. Mais je pense qu’elle y va un peu fort avec tout ça. Je ne suis pas forte, mais j’ai l’impression qu’elle méprise tout ça. La science moldue, leurs objets, leurs technologie. C’est bien dommage, mais chacun a ses habitudes pour vivre. Moi j’ai grandit avec tout ça, dans tout ça. Mais je veux bien comprendre qu’elle n’aime pas forcément ça. Du moins c’est l’impression que j’ai.

Je lâche mon soupire sur sa conclusion. Sauvage et imprévisible sont des mots justes pour décrire la nature. Mais ne sommes-nous pas tous ainsi ? Chaque jour qui passe on risque d’être tué. Par la nature, par un humain, par une maladie qui se révèle… C’est vaste la nature. Mais il n’y a pas qu’elle qui nous fait du mal. Les humains entre eux se font du mal. Leur technologie nous fait du mal. Les paroles prononcées, les gestes faits. Et puis la souffrance est réciproque. Nous tuons chaque jour des arbres, des fleurs, des animaux. Pour nous nourrir et nous chauffer, certes, mais également parfois pour rien. Et c’est, d’après moi, ce qui nous différencie de la plupart des animaux. Certains humains tuent pour le plaisir, pour l’envie. En comparaison, la nature peut paraître gentille. Mais je crois simplement que ça dépend des gens.

La conversation a l’air de s’arrêter là. Car elle cesse de parler, inspire profondément et observe le parc blanc. Je ne sais pas quoi dire. Quoi remarquer. Sans la vexer, sans la contredire, car ce n’est pas ce que je veux. Je veux… Écouter. Étudier. Découvrir. Apprendre. Pas besoin de parler pour ça. Mais pour éviter qu’elle pense que je ne l’ai pas écouté, je murmure simplement «Je n’avais jamais envisagé les choses sous cet angle…» C’est d’ailleurs peut-être une chose à approfondir, seule au calme. Je sourie à la jeune fille. Écouter le point de vue des autres reste toujours aussi intéressant, et cette personne a un point de vue bien particulier.

Le changement de la petite personne me surprit beaucoup. Car tout d’un coup, un sourire vient sur son visage tandis qu’elle prononce une phrase particulièrement surprenante. Qu’ai-je fais pour ainsi lui faire comprendre qu’elle aimait l’hiver ? Je lui lance un regard étonné mais content également. Tant mieux alors, je l’ai un peu aidé ça veut dire. Je sourie à nouveau car aider est une chose positive dans une vie de solitaire. Et puis, elle est amusante cette fille. Pas méchante d’ailleurs, un peu surprenante et étrange mais… On est comme on est, c’est à dire tous différent. Lui parler, même si je n’ai pas prononcé beaucoup de phrases comparé à son discours sur la nature, a été une affaire plutôt agréable, malgré la difficulté.

L’hiver prend le dessus de notre discussion, et c’est joyeuse qu’Eirian s’éloigne en chantonnant, le corbeau volant au-dessus d’elle. Mon regard la suit avec curiosité, me demandant intérieurement où elle va comme ça. Sans dire au revoir ? Je hausse pensivement les épaules avant qu’elle ne se retourne et me demande si je viens. Aller où ? Peut-être rentrer est une bonne idée. Après tout, c’est l’hiver, et pas forcément la meilleure des saisons pour rester dehors sans bouger. Elle prononce un mot magique, chocolat chaud. C’est bon ça, alors je me décide et la suis en acquiesçant joyeusement «C’est pas une mauvaise idée.» Je me demande où est-ce que je peux trouver ça. Mais j’imagine qu’en demandant aux Elfes, ils pourront m’en donner un. Ma tête se tourne vers la jeune fille dont la voix semble bien sincère. Je ne savais pas que quelqu’un un jour serait content de parler avec moi. Peu habituée à ce genre de paroles, je laisse échapper un sourire timide «Heu… Merci ? Moi aussi j’ai bien aimé parler avec toi.» Je fronce les sourcils, embêtée. Ce n’est pas mon truc, ce genre de paroles. Mais je ne peux pas m’arrêter là quand même ! «Tu sembles avoir des habitudes différentes de la plupart des gens, mais c’est intéressant. Et puis tu es gentille aussi !» Oh non, Leïlan, c’est pas possible… Je me gronde intérieurement. On n’utilise pas le mot intéressant pour décrire une personne voyons ! Ma lèvre souffre un bon coup puis j’adresse un sourire contrit à la jeune fille. C’est vexant non, ce genre de qualification ? Soupirant, j’en conclue que finalement, je ne suis vraiment pas forte pour tenir une conversation correcte. Mais qu’importe ? Je suis ainsi. Mais ce n’est certainement pas le meilleur moyen de se faire des amis. En ai-je envie ? Je ne sais pas. Mes parents le veulent. Ils ne peuvent absolument pas m’y forcer après tout. "De toute façon, on a tous notre façon de voir et de classer les choses et les gens. À quoi bon surveiller ce qu’on dit ? Un jour ou l’autre, les mots sortiront et on sera forcément démasqué." Je sourie sombrement à cette idée. Tant pis. Je classe les gens comme je veux !

1552 mots

Eirian Almasdóttir

Eirian Almasdóttir
MEMBRE
hiboux : 305
pictures : Une belle journée d'hiver - Page 2 190218090309833479
Jeu 4 Juil - 1:41
La petite Eirian ralentit sa démarche afin d'observer par-dessus son épaule cette étrange petite Serdaigle. On ne pouvait pas dire que leur discussion était, réellement, tout mignonnet, la Verbena savait très bien qu'elle fut quelque peu froide et critique envers la jeune Leïlan alors qu'elle 'avait absolument rien demandé. Et pourtant celle-ci lui lança, comme ça, avec ce qui semblait être de la pure sincérité, qu'elle avait bien aimé parler avec elle. Cela surprenait bien évidemment la jeune Poufsouffle ; comment pouvait-elle dire ça alors qu'elle avait quelque peu mis une distance entre elles dès le début par sa méfiance et qu'elle l'ait sermonné au sujet de son point de vu au sujet du monde merveilleux - et cruel - de la vie sauvage ? Oui, même maintenant Eirian continuait a être un peu sur ses gardes ; elle était tellement habitué que certains de ses camarades la regardent de travers et la juge à cause de sa magie, ses moeurs et son mode de vie, que là, se retrouver face à jeune adolescente lui assurant qu'elle avait passé un bon moment alors qu'elles avaient peu échangé, ben... C'était perturbant pour la jeune Verbena. Elle se payait peut-être de sa tête ? Non, non, elle semblait vraiment sincère et elle continuait même dans son élan de gentillesse qui tournait quelque peu... dissonant à l'oreille d'Eirian.

Des habitudes différentes de la plupart des gens ? Ha ! Si elle savait ! C'était justement là tout le problème de son manque d'intégration dans cette école et c'était aussi le sujet de malveillance de ses camarades donc, oui, c'était singulier d'entendre ça dans la bouche d'une des élèves en tant que remarque positive. C'était si surprenant pour la petite Poufsouffle qui n'était guère habitué, qu'un sourcil se haussa bien haut sur son front, la dévisageant à nouveau dans son uniforme de bleue et de bronze. Non, vraiment, elle avait beau chercher, elle ne percevait pas de perfidie dans ses paroles. Et elle eut même l'audace d'ajouter qu'elle était gentille ! Vraiment bizarre cette fille, mais... Eirian avoua à contre-coeur : cela faisait du bien d'entendre un tout autre discours envers sa petite personne. Bon, elles étaient bien différentes, la Verbena jugeant Leïlan comme une innocente idéaliste, solitaire et associable, mais ça changeait un peu de son milieu runique et antique. Si cette Serdaigle l'acceptait comme elle était, malgré ses défauts, alors, cela suffit pour la cadette et c'était assez encourageant pour entretenir une relation pacifique et amicale envers sa camarade.

Est-ce que les deux fillettes allaient, à présent, être les meilleures amies du monde ? C'était peut-être un peu trop tôt pour l'envisager ainsi, mais disons qu'elles commençaient bien ; elles avaient une bonne base, chacune en sachant ce que l'autre pouvait lui réserver : Leïlan sera une amie idéaliste et pas très affective avec autrui et de l'autre côté, Eirian, une petite Verbena cynique et critique. Quel drôle de duo ! Est-ce qu'il allait survivre aux prochaines années scolaires ou cela se détériora au fil de leurs rencontres ? Eh bien, le temps le dira et le chocolat chaud fut la première édifice de leur lien fraîchement gagné.

526 mots


Between Two Worlds

Invité

Invité
Dim 21 Juil - 15:59
Eirian semble bien surprise par mes paroles, aussi j’espère qu’elles ne l’ont pas mise en colère. Pourtant je n’ai rien dit de si… Étrange, si ? Certainement n’a-t-elle pas l’habitude qu’on lui dise ce genre de chose. Pourtant… Elle semble connaître beaucoup de choses sur la nature. Sujet que j’apprécie. Malgré les paroles qui peuvent être considérés comme froides ou du moins assez directe de la jeune sorcière. Mais ça ne sert à rien d’essayer de faire attention à ce que l’on dit, surtout sur un sujet tel que celui-ci. Ce sont néanmoins des mots à retenir et à étudier dès que possible. Où et quand, c’est à moi de voir. Je pourrais passer à la bibliothèque, même si une promenade dehors serait plus amusante. Mais pour le moment il y a autre chose programme, et mes pieds foulent tranquillement la neige derrière la petite Poufsouffle, faisant voleter les flocons froids autour de mes chaussures. L’idée d’un chocolat chaud me plaît bien, après une conversation qui pourrait paraître plus qu’étrange aux yeux de certains dans le froid de l’Hiver ça ne peut que faire du bien. Chaud et sucré, liquide. Une des activités pendant laquelle j’arrive à me détendre un peu lorsqu’il y a des gens autour de moi. C’est une chose positive lorsqu’on veut essayer de se faire des amis. Des amis… Qu’est-ce que c’est réellement ? Quand est-ce qu’on sait que telle ou telle personne est un ou une ami(e) ? D’abord inconnu, la personne devient une connaissance, puis un camarade et peut-être même un ami. Mais… Où est la limite ? La différence entre chaque, la frontière ? Je ne sais pas. Pas faire la différence. Mais qu’importe ? L’important est que j’arrive à parler un minimum.

Quoi qu’il en soit je ne vais pas refuser un chocolat chaud. Et puis Eirian n’est pas juste une personne comme les autres, une de ses inconnues que je regarde de loin. Au moins je sais un peu qui elle est. Une fille directe et sérieuse qui semble connaître vraiment beaucoup de choses. Petit à petit j’imagine que j’apprendrais à savoir distinguer les différents "rang" que l’on attribue aux être humains.

Désolée pour mon retard Eirian :smi62:

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