EVENT #8 | MERVEILLES DE NOËL
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Sorcellerie
GRAND MAÎTRE
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Dim 26 Mai - 1:22
MERVEILLES DE NOËLEvent Général


Dans un silence cotonneux, l’hiver a recouvert le monde d’un épais manteau blanc immaculé. Les charmes glacés de la saison blanche annoncent indéniablement les fêtes de fin d’année à venir. Les élèves sont partagés entre la préparation laborieuse des valises et la tentation de la paresse et des jeux d’hiver. Bonhommes de neige plus originaux les uns que les autres fleurissent un peu partout dans le parc de l’école (mais qui a donc sculpté cette Mort Blanche caressant ce lapin des neiges ???), tandis que les élèves les plus audacieux s’essayent à l’art délicat du patinage sur la surface gelée du Lac Noir. Parfois, une bataille de boules de neige éclate, abusant sans retenue des sorts pour envoyer les projectiles gelés sur la têtes d’autrui. [/justify]

Cette veille de vacances fleure d’autant plus bon que les couloirs de l’école de sorcellerie de Poudlard se sont parés de leurs plus beaux atours. En adéquation avec son environnement naturel, le château dévoile un florilège de statues de glaces. Point de sorcières et mages célèbres, non. Les animaux fantastiques sont à l’honneur : Un majestueux hyppogriffe s’envole presque à l’entrée du couloir du deuxième étage, tandis qu’une sirène se recoiffe paresseusement près des salles de classe de potions. Un dragon agressif garde l’entrée de la salle de classe de Défense contre les Forces du Mal.
Balcons et rampes débordent de compositions florales qui se marient somptueusement avec l’ambiance glacée de la saison. Les sapins surchargés de boules et guirlandes sont dispersés çà et là. Mais la véritable beauté des lieux se dévoile à la tombée du jour. Quand la lumière faiblit à l’horizon, les flammes des torches bleuissent, s’adoucissent, pour offrir un spectacle de jeux de lumières qui régale la rétine du quidam. Des plafonds de des couloirs floconnent des lumières blanches et bleutés comme une pluie de petites étoiles. Beauté et quiétude s’entremêlent avec élégance et goût. La nuit promet d’être magique…
La Grande Salle n’est pas en reste : les quatre longues tables ont disparu au profit d’une piste de danse argentée, bordée par des statues glacées, des sapins floconneux, des fontaines de cocktails, des divans moëlleux et à l’endroit où trône habituellement la tablée des professeurs, un superbe buffet à volonté. Boissons et nourritures se renouvellent à volonté.
Banni des décorations hivernales, le gui, ennemi juré de la quiétude, des cœurs esseulés et de la paix des ménages. Nul ne se fera agresser pour un baiser volé, ne se sentira obligé de répondre à une sollicitation sensée apporter la chance, ne sera la cible de jalousies, ou au contraire, ne se sentira laissé pour compte.
Car ce soir, c’est bal de fin d’année.
Beaux habits, danses et rires sont à l’honneur. Tristes pensées et odieux sentiments sont à laisser au vestiaire. L’esprit de Noël se doit d’apporter joie et espoir à tous. Étant donné les tragédies récentes, ce n’est guère un luxe et tout le monde est preneur d’un peu de bonheur.
Qui est l’organisateur de l’évènement ? Nul ne le sait, il se fait discret. Mais ce n’est certainement Severus Rogue, le directeur de l’école. Il n’aurait certainement invité de lui-même certains groupes de musiciens à la mode. Il se murmure que le groupe Reißen aurait accepté de participer aux festivités en gratifiant l’école de quelques chansons (il se dit aussi que le directeur aurait donné son accord à condition qu’il choisisse personnellement les morceaux qui seront à jouer).
L’orchestre fantôme s’est également proposé, mais leur participation a été poliment refusé. Leur présence jetterait un froid au lieu de réchauffer les cœurs (« et Reißen ? Ils vont à l’inverse les échauffer » a pesté le directeur. ).
La chorale de l’école a également prévu d’ouvrir le bal avec un medley créé par ses élèves. D’abord classique, s’accordant avec les valses traditionnelles, le morceau se rythmera de plus en plus pour terminer sur un air de rock endiablé. Après tout, quelle meilleure occasion de présenter son travail de groupe qu’à ce moment-là ?
Derrière l’innocence, la réalité. Si tous profiteront des festivités, elles seront néanmoins soigneusement encadrées par les Aurors du Ministère de la magie. Mr Potter, en bon Ministre de la magie responsable, n’a autorisé un tel événement que s’il était soumit à protection. Point question de revoir le drame de la Journée Portes Ouvertes. Les professeurs eux-mêmes sont sur la corde raide : chacun est conscient que le terroriste de la dernière fois est probablement quelqu’un d’infiltré à Poudlard. Les suspicions glissent sur chaque professeur et membre du personnel de l’école.
Les Gardiens sont cependant soigneusement dissimulés, pour ne pas plomber l’ambiance bon enfant de ce bal de Noël.
Professeurs, élèves, représentants du Ministère de la magie et groupes musicaux : Sortez vos plus beaux habits. Chapeaux haut-de-forme, chemises formelles, robes de soie ou de tulles, kimonos ou sari… peu importe votre mise, tant qu’elle est adapté à la situation. Créativité n’est pas ennemie de l’élégance.
Ce soir, vous danserez, boirez, chanterez. Peut être trouverez-vous l’âme sœur auprès d’un chevalier servant. Ou bien connaîtrez-vous votre première déception amoureuse. Un bal est propice aux expériences de jeunesse, amusez-vous, abusez des bonnes choses.
Car ce soir, c’est Bal !!


L'event est ouvert aux élèves et membres du personnel de Poudlard, ainsi qu'à cet étrange groupe de musique à la mode Reissen... pour le plus grand malheur du Directeur !

Comme toujours, vous pouvez poster autant de fois que vous le désirez !




Asao Watnabe
MJ
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Lun 3 Juin - 11:06
Le bal de Noël ! La fiesta ! Pour une fois, je suis à l’heure. Ça c’est un brave préfet-en-chef, pas vrai ? Toujours à la pointe de l’amusement. Et comme je suis aussi un fier Pouffsouffle, j’ai opté pour un costume jaune à motifs noirs. Parfaitement. Jaune. Avec des sortes d’anneaux vaguement triangulaires psychédéliques noires. Parce qu’il faut avoir le sens du raffinement jusqu’au bout. Et puis Noir, jaune, rose, on serait presque sur du drapeau allemand ou belge. Et ça tombe bien, parce qu’il paraît qu’il y a un groupe allemand ce soir. Un groupe que je connais pour avoir rencontré son guitariste une fois dans un concert. Je ne peux pas m’empêcher de me marrer intérieurement à ce souvenir.

Mais pour le moment, je suis surtout au pied de l’escalier à attendre ma cavalière. J’en ai chié pour réussir à l’inviter, alors c’est le moment de se la péter à fond. Si. C’est pas tous les jours que Miss Ollivander accepte de sortir avec moi, fût-ce le temps d’un bal ! Alors j’en profite ! J’attends la belle, fièrement, un corsage de roses et de mimosa à la main. Elle n’aura plus qu’à le mettre au poignet, histoire qu’on soit assortis. Je crois que j’ai toujours été un peu romantique dans l’âme, ça va, on va pas s’en faire un fromage si ? J’ai pas encore opté pour la sérénade, je me contrôle… Mais vu qu’elle loge dans l’une des tours du château, la ballade nocturne au ukulélé elle peut encore tomber ! Au pire, j’utiliserai le violon en guise de guitare, ça sera plus romantique que la gratte électrique… je crois. Enfin, avec @Pelagia H. Ollivander, je ne suis pas certain. Elle a un p’tit côté rock quand même. Je me suis toujours demandé d’où ça lui venait. Aux dernières nouvelles, le papy Ollivander, il est plutôt coincé des miches, non ?

Mais bref, trêve de plaisanterie et de batifolage. C’est sérieux, l’amusement ! Donc ce soir, je suis très très sérieux. J’ai même prévu des cadeaux de Noël, c’est pas rock ça ? Comme je repartirai ensuite fêter en famille, autant profiter de l’occasion pour faire Noël avant l’heure ! Et puis bon… J’avoue que je suis un peu tendu aussi. La dernière fois qu’il y a eu un événement à Poudlard, ça s’est fini en attentat. Je n’y étais pas, je roupillais dans un coin au moment où c’est arrivé après avoir gagné un super lot à la pêche aux cadeaux, mais le réveil a été brutal quand il a fallu aider à protéger les moldus et rapatrier tout le monde à l’intérieur. Franchement, pas tous les jours ces conneries.

Je zyeute les aurors présents pour surveiller les réjouissances. Ça a quelque chose de presque réconfortant si le simple fait que leur présence soit obligatoire n’était pas, déjà, en soi, un motif d’inquiétude. Franchement, si le contexte géopolitique merdique, il pouvait se calmer, là, je ne cracherais pas dessus. Ça me permettrait sans doute de profiter plus tranquillement de la radieuse présence de la plus jolie contre-alto de la chorale (et la seule).

507 mots
Edwa D. Black
MEMBRE
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Lun 3 Juin - 13:18




















❝ YULE ❞

Event Poudlard




C’est presque un soulagement de voir venir les vacances. Tu laisses tes épaules s’affaisser de plaisir devant le miroir de la salle de bains où d’autres jeune filles, comme toi, se préparent pour le grand bal de Noël. Les derniers mois ont été éprouvants pour toi : en première ligne lors de l’attentat des journées portes ouvertes, il t’a fallu plusieurs semaines pour te remettre à dormir à peu près correctement la nuit… Et des heures d’ouverture de chocogrenouilles et de pratique de la magie avec ta grande sœur spirituelle : @Veredis S. Beurk ! La préfète en chef, tu lui dois une fière chandelle ! Elle t’a quand même plusieurs fois tenu compagnie la nuit, alors que tu ne parvenais pas à te rendormir. Non, vraiment, ta grande sœur spirituelle, eh ben c’est la meilleure, voilà ! Même ton père il est pas aussi cool (mais bon, il l’est quand même un peu… mais pas trop, parce que tu veux pas le reconnaître ! Zut à la fin !)

Les cheveux tressés remontés sur le crâne, tu as claqué ton argent de poche dans une robe de bal de seconde main (pas les moyens de faire mieux, et la préfète en chef t’a de toute façon indiqué, clin d’oeil à l’appui, que ça n’avait pas vraiment d’importance quand on était un peu bon en métamorphose. Par chance, tu adores ça, la métamorphose). VEREDIS t’a aidé à la bidouiller un peu à coup de sortilèges pour en changer notamment la couleur. Non parce que c’est bien beau le rouge Gryffondor, mais franchement, le bleu clair, c’est quand même plus classe. Et puis ça va bien aux blondes. Quoi ? On va pas te reprocher en plus d’être un peu girly, non ? Vu comment le Directeur et ton père se sapent, honnêtement, faut bien que quelqu’un remonte un peu le niveau chez les Serpentards.

La robe bleu clair à manches longues avec une jupe bouffante, donc, c’est fait. Des petits cristaux scintillent sur le tulle de la jupe, courtoisie de Veredis. C’est vraiment la meilleure. Tu ne t’es pas maquillée, tu n’aimes pas ça. Tu as juste piqué un iris en papier dans tes cheveux. Tu y as fait passer un paquet de chocogrenouilles à coup de métamorphosis, et ça vaut le coup : les reflets dorés de l’emballage sont du plus bel effet. Tu es donc ravie comme une princesse, voilà. Un seul problème à l’horizon : tu n’as pas de cavalier. Non. Pas parce qu’on ne te l’a pas demandé, non, non. C’est plutôt que tu as refusé systématiquement tous les garçons, de Serpentard ou non, qui t’ont proposé. Tu as décidé que, comme ta maman, tu serais une femme forte et progressiste : donc le bal, tu y vas toute seule, comme une grande, et puis zut !

C’est le nez en l’air que tu remontes des cachots pour aller dans la grande salle. Tu vois du coin de l’oeil que deux-trois garçons te regardent. Tu leur adresse un grand sourire avant de te fondre dans la foule naissante et rejoindre une table occupée par tes copines de Serpentard. Certaines ont des cavaliers mais d’autres sont seules comme toi. Qu’importe, ça ne vous empêchera pas de passer une bonne soirée, c’est certain. Surtout si le jus de citrouille coule à flots. Tu remarques des aurors dans le coin, et tu demandes rêveusement :

« Vous croyez que le Ministre sera là ? »





:copyright: Code de Phoenix O'Connell - 587 mots
Remy Nott
MODÉRATRICE & MJ
hiboux : 13
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Jeu 6 Juin - 17:28
Merveilles de Noël




Quelle horreur !
Un bal !


UN BAL !


Le genre de truc qu’Ambroise aurait adoré et dans lequel elle m’aurait traînée.
A la place, j’ai Winnie Carrow. Et Ijaya… et toute la panoplie des filles qui rêvent de me voir assister à la petite fête. A croire que le gros fantasme du moment, c’est de me transformer en une adorable Cendrillon.


Ai-je eu mon mot à dire ? Non, bien sûr. L’occasion de me grimer en une adorable poupée est trop tentante pour mon entourage scolaire, et nombreuses ont été les filles complices de mon supplice. Tout a été commandé, acheté, et parfois même retouché. Winnie a été le chef d’orchestre de cette farce. Et me voilà coincée dans le dortoir, en robe au dégradé rose et aux motifs strass floraux, une fleur blanche et rose en tulle dans les cheveux, et afin de ne pas trop me rebuter, mes pieds ont été élégamment habillé de ballerines accordées au reste de la tenue. J’ai au moins eu le choix des bijoux, les plus discrets possibles.


- Magnifique !


Une de mes camarades de Poufsouffle s’extasie devant ma tenue. L’effet poupée ressort bien, et sa main tapote machinalement une petite boite laquée.
- Il ne manque qu’une chose.
Son sourire s’élargit en ouvrant la fameuse boite. A ma plus grande consternation, je découvre une palette de maquillage aux coloris pastels variés. Je tente la fuite, mais je me fais cerner par les autres filles.
- Oh allez ! C’est juste pour ce soir ! Tu vas être superbe !


Je ressors plus tard de la salle commune de Poufsouffle, avec la pénible impression d’être déguisée pour le carnaval. Les filles m’ont même prise en photo pour le journal de l’école. C’est un sentiment de honte qui m’accompagne durant cette soirée. Heureusement, je n’ai pas de cavalier. La chose m’aurait achevée sinon.
J’avance vers la Grande Salle lentement, le pas traînant et faisant… et bien disons-le crûment… la gueule. Malgré les efforts des filles, je m’efforce d’assassiner toute trace de féminité. Exit le sourire enjôleur de ces jeunes femmes de magazine, et bonjour la grimace des mauvais jours. Bye bye le maintien de reine, saluez les épaules voûtés de la gamine qui en a assez de sa semaine de cours. Et si vous pensiez croiser une jeune fille au pas léger et gracieux… ah ah… quelle déception. Le pas est lourd, la semelle peine à décoller des dalles et on m’entend arriver depuis l’autre bout du couloir.


Raaaaaah !! Je suis sûre que je vais croiser mon père quelque part entre ma salle commun et la Grande Salle. Ou alors, il est déjà là-bas, appareil photo à la main dans l’espoir d’immortaliser la soirée de bal où son petit bébé va défiler en princesse. Oui, vous ne rêvez pas… mon père, que j’adore tout plein, hein ! m’appelle son petit bébé devant les autres élèves. Bon, après, ça ne me dérange pas tant que ça. La plupart des gens trouvent ça mignon. Mais parfois… c’est un peu lourd.


Je finis par oublier mes malheurs à force d’admirer la décoration travaillée de l’école. J’aime bien Noël. Les boules de neige, le patinage, les cadeaux et surtout… surtout ! Les repas de fête !!! De la nourriture à foison ! Plus de mets qu’on ne peut en rêver. Je me réveille de mes songes alimentaires en ayant un filet de salive qui pend de ma bouche. Je m’essuie d’un revers de poignet.
Mes pas m’ont menée jusqu’à la Grande salle. Il y a encore peu de monde, je souffle d’autant plus que pour le moment, on me remarque à peine. Je me glisse discrètement vers le buffet et contemple la montagne de petits fours et de petites bouchées. J’ai faim rien que de regarder et j’entends mon estomac gronder, exigeant une ponction du buffet sur-le-champ. Les boissons font également envie, et je déploie tout mon bon sens pour ne pas me ruer sur cette table tentatrice, espérant que quelqu’un ou quelque chose vienne me détourner de cette vision appétissante.


676 mots

Codage par Libella sur Graphiorum
Pelagia H. Ollivander
ADMINISTRATRICE & MJ
hiboux : 926
pictures : EVENT #8 | MERVEILLES DE NOËL 190414104816782268
Putting pink in Hogwarts | Candy stealer | Never joking about wandcrafting | REGULAR FACE

EVENT #8 | MERVEILLES DE NOËL 190414115319928550
Rock and Roll | Flying free | Still never joking about wandcrafting | DISGUISED FACE
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Jeu 13 Juin - 20:24
MERVEILLES DE POUDLARD
Event



Je ne pensais pas qu’Asao me proposerait de l’accompagner au bal. Sourire aux lèvres, je jette un dernier coup d’oeil au miroir lové dans le dortoir que j’occupe avec pléthore d’autres filles de Gryffondor. La plupart s’enorgueillissent de leurs allures de princesses, et j’ai cédé, j’avoue, à la pression de mes comparses. Bustier d’or incrusté de perles et longues jupes de tulle virevoltent autour du corps aux épaules dénudées. Le doré, c’est classe, c’est gryffondor, on ne va pas se mentir. Cheveux remontés sur la nuque, j’avise le tout d’un œil critique… Ce n’est tellement pas moi. J’entends bien les exclamations des voisines. Leur capitaine d’équipe de quidditch est ma-gni-faï-que. C’est la voix haut perché d’une jeune anglaise ayant piqué à son italienne de mère qui sonne dans le dortoir. Mais je ne suis toujours pas convaincue… Humpf.

Baguette à la main, je suis prête. Un coup de poignet réduit les imposantes jupes de bal jusqu’au dessus des genoux, arrachant aux plus conservatrices de mes comparses une exclamation outrée. Commentaire à mi-voix.

« Oh c’est bon, Mel, on est en 2003 ! »

Nouvelle agitation de la baguette sur les chaussures. Les talons dorés se parent de noir clouté. Escarpins deviennent bottines rock bien plus plates.

« De toute façon, j’aurais fini par avoir mal aux pieds avec ces talons.
- Mais Pel, ta robe était si belle !
- Elle l’est toujours ! »

Sourire en coin, je n’en ai pas fini. La baguette se retrouve lovée entre les doigts tandis que je vais farfouiller dans mon coffre, les cascades de tulle s’éparpillant autour de moi. Ah ! Parfait ! Je savais que je l’avais planquée dans un coin. Une étroite veste de cuir noir vient se jeter sur mes épaules sous l’oeil catastrophé des sorcières de mon entourage.

« Mais Pel, on dirait ces moldus avec leurs accoutrements bizarres ! Tu es sûre que tu ne veux pas nous laisser arrang… Non ! Ne défais pas tes chev… ! »

Mais il était bel et bien trop tard. Melody, charmante septième année de Poudlard pétrie de culture sorcière et d’une famille ayant pignon sur Ministère depuis moult générations me vit défaire le chignon qu’elle avait pris tant de temps à faire. Un flot de boucles roses dégringola sur les épaules tandis que les traits du visages se faisaient un peu plus anguleux. De ce visage mature que j’emploie parfois pour aller à des concerts de métal. J’hésite… lunettes de soleil rondes ou pas ? Allez ! Les verres fumés finissent sur mon nez. Par-fait !

Devant l’oeil médusé de Melody, je daigne finalement lui offrir une explication.

« Mon cavalier, c’est @Asao Watnabe
- Ah. »

Sourire aux lèvres, mains dans les poches du blouson, je lance à la cantonade un « ciao les girls, j’y vais ! » pour achever de jeter un froid. Le coeur bondit d’exaltation dans la poitrine. Quoi que je joue les petites filles sages et les héritières rangées de Garrick Ollivander, je n’en demeure pas moins une jeune femme de goût : comprendre, une nana qui aime un tant soit peu le rock. Parce que zut, c’est pas parce que le monde de la magie est resté coincé en 1512 qu’il doit en aller de même pour son impétueuse jeunesse ! La preuve : je suis là.

Je dévale les escaliers pour trouver en bas, dans un complet jaune parfaitement excentrique un Asao m’attendant avec une mine un peu inquiète, manifestement. Mon sourire s’élargit tandis que je lui colle une bise sur la joue.

« Alors, le prince charmant, quel programme pour ce soir ? »


572 mots


Eirian Almasdóttir
MEMBRE
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Jeu 13 Juin - 21:51
De mémoire de petite Verbena, Eirian n'a jamais eu l'occasion de voir un tel événement de cette ampleur. Cela avait commencé il y a quelques semaines, par des murmures à peine audibles dans les couloirs, des confessions dans la salle commune et enfin des réunions dans les chambres : le bal était au centre des conversations. Le fameux bal que l'école n'avait pas réorganisé depuis le Tournoi des Trois Sorciers au temps de Harry Potter. Bon, déjà, la fillette ne savait pas en quoi consistait ce Tournoi, mais ça avait l'air important. Tandis que le bal... Qu'est-ce qu'un bal ? La jeune Verbena n'en avait jamais vu. Lu, quelques fois, dans les vieux classiques de sa bibliothèque de son village, mais entre son imagination et la réalité, il y avait peut-être une sacrée différence ? Pas réellement, mais disons que les coulisses d'un tel événement, ça, ça lui étaient totalement inconnu.

Ces derniers jours, l'enfant avait beaucoup observé ces camarades dans un silence résultant d'une fascination et incompréhension totale. D'abord avec le sujet des garçons - et des filles - sujet dramatique de jeunes gens horrifiés à l'idée de danser seul, qu'on les juge pour cette solitude, ou bien bercés par le jeux de l'amour où chacun rêvait d'inviter la personne de ses rêves... jusqu'aux sanglots. Eirian en avait vu, des adolescents en larmes parce que leur coeur a été broyé par un refus. C'était un jeu singulier à ses yeux de petite fille, qui n'avait aucun intérêt et était pour le moins des plus étranger dans sa petite vie de Verbena. Pourtant, les garçons, c'était un sujet qui faisait beaucoup soupirer ses petites camarades, avec leurs bouilles rêveuses et les joues toutes rouges. Alors pourquoi chez elle cela ne lui faisait aucun effet ? Tout juste un haussement d'épaules ou de sourcils. Peut-être parce que, inconsciemment, elle se sentait encore loin d'avoir l'âge des premiers papillons dans le ventre, profitant de l'innocence et la naïveté de l'enfance tant qu'elle pouvait encore.

Mais c'était là une première barrière qu'elle sentait se poser entre elle et une partie de ses camarades. Il y avait ensuite le fossé, bien plus étrangers à la petite Verbena, celui de la coquetterie et de la mode. Plus les jours du bal se rapprochaient et plus ça gloussait, ça s'échangeait des journaux et magazine, ça se conseillait, ça dépensait... Tout ça pour des produits de beautés et des vêtements. Très vite, les lits dans les dortoirs se remplissaient de belles robes et de parures, clinquantes, brillantes, éblouissantes même, raffinées bien souvent. Luxe, désirs matériels, l'apparat, tous se mélangeaient dans ces essayages intempestifs entre les amis devant une petite Verbena muette, assise en tailleur sur son lit, le regard mortifié et hagard.

Le fossé, qui se creusait petit à petit, mais sûrement, commençait à être douloureux. Cette terrible sensation de ne pas appartenir à ce monde, à ne pas sentir d'être des leurs. Parce qu'Eirian n'était pas matérialiste, ne se parait pas pour la beauté, pour faire valoir sa beauté par orgueil, pour plaire à quelqu'un, pour qu'on le regarde, pour être la plus belle, ou simplement pour se faire plaisirs. Elle n'aimait ni ne comprenait cet acte. Et que dire, aussi, de cet argent gaspillé dans cette folie matérielle et physique, elle qui économisait précieusement son héritage parental. Jamais elle ne pourrait dilapider ses économies pour de telles... futilités. Elle qui marchait toujours pieds nus dans la forêt, la boue jusqu'aux genoux, qui chassait les proies pour se nourrir et prendre leurs peaux ?

Peut-être que c'était cette différence, entre les deux mondes, qui la rebutait tant et la faisait appréhender un tel événement. Le Jour J, l'enfant avait regardé les préparatifs de ses camarades d'un froncement de sourcils, cherchant à comprendre, à les comprendre. Mais malgré ce manège, cela restait définitivement incompréhensible. Incompatible avec son éducation et ses moeurs. La salle commune se vidait peu à peu, certains la questionnant sur ses projets pour la soirée : avait-elle trouvé quelqu'un pour danser ? N'était-elle toujours pas habillée ? Quelle était sa tenue de bal ? Assistera-elle à l’événement ? Ils ne reçurent comme toute réponse qu'un haussement d'épaule et un regard fuyant. Pas sûr que cela aidaient à arranger son image de petite Verbena, mais là, les mots lui manquaient tant elle ne trouvait pas elle-même comment exprimer cette gêne qu'elle éprouvait face à ce bal.

Eirian resta un moment seule devant le feu de cheminé des Poufsouffles avant de prendre son petit chemin dans la salle de classe des études runiques avec pour seule compagnie son corbeau, Muninn, sa théière de Poufsouffle, son plaid auto-chauffant, une bougie éternelle à la pomme et cannelle qui sied bien à l'hiver, et son manuscrit qui lui avait confié sa Völva pour l'étude de ses runes. Silence. Petit cocon pagan. A la lueur du feu. Les narines bercées par un doux parfum familier. À étudier pour sa famille. Demain, elle retournait enfin les voir, pour deux semaines. Enfin ! Et là, dans ce lieu qui lui rappelait sa maison, elle se sentait enfin apaisée, loin de toute cette égocentrisme. Et pourtant, elle avait du mal à se concentrer dans son travail, parce qu'une question venait la titiller. Au début, ce n'était qu'un petit chuchotis, puis des marmonnements et enfin un bourdonnement incessant impossible à retirer de sa caboche : à quoi ça ressemble un bal de Sorciers ?

C'est ainsi qu'elle se retrouva à descendre les escaliers, suivant la cacophonie des festivités. Elle tenta d'oublier ces regards se posant sur elle, incrédules et surpris, face à une enfant pieds nus, d'une longue tunique blanche ceinturée et un couvre-épaule de peau d'ours, là où était perché un sinistre corbeau. Mal à l'aise au possible dans ce monde de luxe, les joues de la fillette étaient d'un rouge vif, le regard fuyant et les pas nerveux. C'était difficile, pour ses frêles épaules, à porter leurs jugements et incompréhensions, mais Eirian voulait juste jeter un coup d'oeil, un petit coup d'oeil de rien du tout... Ainsi, elle se mit dans l'ombre, près de l'ouverture, et observa le Grand Hall paré pour les festivités et, finalement, outre la surprise, cela ne fit que renforcer son malaise et un douloureuse boule à l'estomac fit son chemin : l’événement était à l'image même des participants, criarde, luxueuse, raffinée, dérangeante...

Un gloussement se fit à sa droite, une adolescente de septième année la jugea d'un rire moqueur et condescendant avant de s'engouffrer dans la salle. L'attaque, Eirian le prit aussi bien à l'estomac qu'à la gorge ; une bille acide lui remontait l’œsophage. Ça frissonnait aussi, le long de sa colonne vertébrale,  comme si le froid avait réussi à l'atteindre jusqu'à se loger dans ses veines. Statique. Crispée. Sueurs froides. Souffle coupé. Colère. Dégoût. Et Muninn croassa sinistrement. Son chant la rassurait quelque peu, écho lointain de ses histoires de divinités nordiques, et levant son regard de détresse sur son familier, elle frotta doucement le bout de son nez sur son pelage ébène. L'oiseau lui répond et picorant affectueusement son front. Sourire triste et amère, mais ça réchauffait le coeur.

Adossée contre un coin de mur, en face de l'entrée de la grande salle et loin de la portée des lueurs des torches, l'enfant prit le temps d'observer cet étrange festivité, bien loin de ses sabbats habituels. Cherchant des visages familiers, elle prit le temps de chercher le regard de @Severus Rogue. Elle lui offrit un sourire fade, triste, sans joie, mais de cette once de familiarité et d'affectuosité qui lui était propre. Son regard était terne aussi, amère et luisant d'une légère détresse. D'un mouvement léger de tête, elle le salua et le souhaita de cette manière silencieuse une bonne soirée. En espérant que l’événement lui était à son goût, contrairement à la petite Verbena perdu dans cette tradition de l'héritage de sa défunte mère.
1304 mots


Between Two Worlds
Engel Bauer
ADMINISTRATRICE
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Jeu 27 Juin - 9:02
Merveilles de Noël
ft. Hogwarts


Décembre 2003

- Engel !
Ca vrille à mes tympans. Mes paupières se plissent d’inconfort alors que je serre un coin de l’oreiller dans lequel j’enfonce ma tête comme une autruche. Zven vient de débarquer dans la chambre et met un petit coup dans un des pieds du lit qui vibre sous mon poids. Je grogne sans bien comprendre ce qui lui prend. Depuis quand est-ce que cet abruti me réveille ? Lui qui passe son temps à prier pour que j’arrive à pioncer…
- Qu’est-ce que tu veux, putain ?
- Il est dix-sept heures !
- Et alors ?
- “Et alors” ?
Il semble vraiment surpris, ce con. Je fronce les sourcils en tentant d’émerger. J’ai la tête lourde comme une enclume à trop voir s’accumuler les heures sans véritable sommeil. J’avais enfin réussi à m’effondrer, putain… Echappant un long soupir, j’essaye d’ouvrir les yeux mais les referme immédiatement, soudain agressé par la lumière. La bonne idée d’avoir des murs entièrement vitrés…

Après quelques secondes, je parviens à me redresser à moitié pour croiser le regard de Zven qui me fixe, les bras croisés sur… un costard blanc ?
- Qu’est-ce que c’est que ce truc ? je grommelle en passant une main sur mes yeux épuisés.
- Je savais que t’allais oublier.
- Oublier quoi, bordel ? Tu vas arrêter avec tes devinettes, là ? Je suis pas d’humeur.
- Le bal de Poudlard, connard.

Coup de massue. Ce putain de bal… J’avais été le premier à accepter l’invitation d'un certain Regulus Black, à m’esclaffer devant le joli carton que nous avions reçu pour nous demander d’assurer le show devant les gentils protégés du Ministère. L’occasion était trop belle. Trop ironique. Je ne sais quels élèves ont demandé à ce que nous soyons présents ce soir, mais je me souviens m’être immédiatement promis de leur offrir le concert le plus démentiel qu’ait jamais connu ce vieux château rien que pour le plaisir de faire enrager toute l’Angleterre. Si nous pouvons séduire en plus quelques nouvelles têtes parmi les jeunes ce soir, cela vaut bien quelques heures encore privé de sommeil. Mais le réveil n’en est pas moins rude.

J’entends les pas de Zven s’éloigner vers la pièce d’à côté et sa voix qui lance depuis le dressing :
- Où t’as mis ton costume ?
Avec un long soupir, je m’affale de nouveau dans mon lit et lâche, grinçant :
- Hors de question que je mette ce putain de déguisement. T’as vu la dégaine que t’as là-dedans ? Je tiens à ma dignité.
Hypocrisie éhontée que Zven ne relève même pas alors qu’il revient déjà avec les deux cintres qu’il jette plat sur le lit. Une manche de la chemise m’atterrit sur l’épaule sans susciter la moindre réaction de ma part.
- Allez. Lève-toi et enfile ça. Nous fous pas en retard.
Troisième soupir. Je sais que je ne gagnerai pas la partie. Je me retourne sur le dos en passant une main dans mes cheveux en bordel alors que Zven tire un paquet de cigarettes de sa poche et glisse un filtre entre ses lèvres. Comme j’aimerais tout envoyer balader, me couper du monde et me retourner sur ce putain de matelas pour dormir jusqu’à l’été prochain… Mais le regard du guitariste continue de me toiser derrière mes paupières closes. Je le sens comme si je le voyais. Et je n’ai pas le courage de me battre aujourd’hui.

D’un mouvement raide, je parviens miraculeusement à me tirer de la couette pour m’asseoir sur le bord du lit. Le bruit d’un briquet résonne alors dans la chambre et je lance froidement à la diva qui me sert de pote :
- Fume pas dans la piaule. Va cloper dehors, putain.
Il hausse les sourcils, un sourire amusé aux lèvres.
- C’est nouveau, ca ?
Je me tire du lit sans même le regarder et me traîne jusqu’à la salle de bain d’un pas lourd.
- Allez, barre-toi !
Zven sourit en tirant une première latte avant de retourner dans le salon pour gagner le balcon.
- Je reviens dans dix minutes. Magne-toi. Tout le monde t’attend.
Je sais que c’est faux, mais je ne réponds pas. Je me souviens encore des lamentations de Xaver et de ses refus répétés de jouer devant les « tafioles » de Poudlard. Les inimitiés entre écoles semblent être encore bien vivaces plus de vingt ans après que nous avons tous quitté Durmstrang. Il a fallu l’argumentation inébranlable du claviériste, seul membre du groupe à avoir fait toute sa scolarité dans le château écossais pour le faire céder, même si je crois que c’est surtout l’avoir mis au défi de « montrer à ces couilles molles d’Anglais ce qu’on appelle le ‘métal allemand’ » qui l’a enfin convaincu de chanter à ce qu’il appelle depuis « la foutue kermesse ». Il a tout de même fallu lui laisser toute liberté dans le choix de la chanson d’ouverture pour qu’il arrête définitivement de nous casser les couilles avec ce concert. On sait qu’il sera là. Comme tous les autres. Mais je me doute qu’il n’a toujours donné aucun signe de vie pour ce soir et qu’il se pointera comme une fleur, dix minutes avant notre entrée en scène, après une crise de nerfs de Zven et deux infarctus d’Allan. Je sais comment ça marche…

Torse nu devant le miroir de la salle de bain, j’essaie de me défroisser la gueule à coups d’eau froide avant d’arranger mes cheveux en plaquant les épis sous mes doigts mouillés. J’ai une tronche à faire peur, mais il paraît que c’est un peu le projet. Alors je reviens dans la chambre pour attraper mes fringues toujours abandonnées sur le lit. Après un dernier soupir, j’enfile le bas de costume, puis la chemise que je rentre dans le pantalon et j’attrape la paire de bottes neuves que nous nous sommes tous fait faire pour l’occasion. Tout est entièrement blanc, une idée d’Andreas qui disait que ça faisait plus classe. On a tous compris qu’il avait surtout dans l’idée de rajouter une prof de Poudlard à l’immensité de son tableau de chasse. La ceinture bouclée, je passe mes boutons de manchette devant la glace et examine enfin la tronche que j’ai dans ce foutu costard. Je n’ai jamais aimé en porter, toujours agacé par l’inconfort du tissu et l’impression de me faire passer pour quelqu’un que je ne suis pas. J’ai au moins réussi à nous épargner la cravate pour compléter le tableau. Ça m’évitera de montrer que je ne sais toujours pas les faire…

Je me détaille un moment, forcé de constater que le batteur a plutôt raison sur le rendu du truc. J’aurais pourtant rêvé pouvoir lui dire le contraire. Mais ça ne rend définitivement pas si mal. Je passe la veste, blanche elle aussi, quand Zven reparaît dans la chambre. Il s’approche, les yeux légèrement plissés et gronde un « Fais voir. » avant d’arranger mon col d’un geste sûr, comme un grand frère. Il passe une main vigoureuse sur mes épaules avant de s’éloigner d’un pas, en continuant de m’examiner, puis lâche un « Voilà. Passable. » qui me fait sourire. Connard. Il lance enfin d’une voix enjouée :
- Alors ? On y va ?
Je récupère un paquet de clopes et mes clés sur la table de nuit, puis glisse ma baguette magique dans la poche intérieure de ma veste avant de répondre un « Ouais. » légèrement moins enthousiaste. Zven se redresse alors et tapote deux fois son épaule gauche pour m’inviter à m’y accrocher. Dernier soupir. Foutus transplanages…

La musique d’ambiance a envahi la grande salle de Poudlard. Sur la scène, nos instruments sont prêts à faire trembler les murs, mais il reste quelques minutes avant le coup d’envoi du concert. Les gars sont en train de finir de se préparer dans les couloirs improvisés en coulisses pour la soirée, comme au bon vieux temps de nos concerts étudiants. La ressemblance ne serait pas pour ne déplaire si ce n’était pas pour jouer dans cette école de malheur. Je n’ai aucun bon souvenir de ces murs, pas plus que de ceux qui vivaient à l’intérieur. Revenir ici a quelque chose de foncièrement désagréable et pourtant je ne peux m’empêcher d’en tirer quelque part l’impression de prendre ma revanche sur cette période sombre de ma vie. On m’a renvoyé de Poudlard il y plus de vingt ans. Et voilà qu’on m’y reçoit aujourd’hui comme un invité de marque. La vie a parfois ce petit quelque chose de délicieusement diabolique.

Pour l’heure, élèves et professeurs arrivent encore au compte-goutte, tirés à quatre épingles dans leurs tenues de soirée. Placé quelque peu en retrait, j’observe mon environnement avec ce regard acéré qui me caractérise, la main droite crispée autour d’un verre d’une boisson démesurément sucrée et évidemment sans alcool. Quelle plaie… Mes yeux passent d’invité en invité, cherchant à reconnaître les rares personnes que j’ai dû croiser par le passé. Je souris en distinguant la tignasse flamboyante du plumeau que j’ai rencontré à un concert il y a quelques semaines. @Asao Watnabe m’a l’air plutôt bien parti avec la petite qu’il a à son bras, et ce malgré son choix de fringues absolument ignoble. Je prends une gorgée de mon verre en riant rien qu’à le regarder et grimace en sentant le liquide tapisser ma langue. Putain, ce truc est vraiment infâme… Je me force à avaler et fronce légèrement les sourcils en détaillant la cavalière du jeune musicien. Elle est trop loin pour que je la voie distinctement, mais je jurerais l’avoir déjà croisée quelque part. Pourtant, je n’arrive pas à m’en souvenir… Cela me reviendra sûrement plus tard.

Je continue mon observation et croise les regards de deux balourds qui doivent tout faire ici sauf donner des cours à une armée de pré-pubères. Le Ministère semble avoir dépêché une jolie délégation d’Aurors pour l’occasion. Quoi de plus normal après le fiasco de leurs foutues portes ouvertes ? Aucun des gosses de Zven, Allan ou Jeremiah n’a été victime des attaques, heureusement pour ce pays. J’en aurais cramé chaque parcelle si l’on avait touché à un seul cheveu de leurs têtes.

Je jette un coup d’œil à ma montre. Encore vingt petites minutes avant de faire trembler cet endroit. Un discret sourire affine mes lèvres à cette seule idée. Poudlard n’oubliera pas notre passage en ses murs de sitôt. J’en fais le serment.


roller coaster

(1740 mots)



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Lemony Anderson
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Mar 2 Juil - 13:46

   
Merveilles de Noël
Noël n'est pas un jour ni une saison, c'est un état d'esprit.

Le mois de décembre avance de plus en plus sans que ne disparaisse cette étrange sensation de malaise. Si je l’avais mis au départ sur le compte du stress et de la fatigue des évènements qui avaient suivi les portes ouvertes, je commence à me tourner vers une nouvelle cause possible : une expression de ma culpabilité à l’approche l’anniversaire de ce qui est arrivé à ma mère, de mauvaises pensées que je somatiserais d’une façon ou d’une autre. Ou peut-être que je devrais aller voir l’infirmière au moins. Bah… Toujours est-il que je manque cruellement de distractions et de choses dont me réjouir : Noël est une fête familiale, mais ma famille tombe en ruine depuis que ma mère ne vit plus avec mon père. Ce ne sera pas terrible pour autant, on ira chercher mon grand-père, et on mangera en parlant littérature scientifique. Mais papa partira se cacher pour sangloter en ayant pensé à maman à un moment, et pépé en profitera pour me demander quand est-ce que je lui ramène une jeune fille à épouser parce qu’il serait grand temps que je pense à fonder une famille. Définitivement pas ce que j’avais en tête gamin quand j’imaginais les fêtes de noël une fois devenu adulte. Alors, même si je ne suis plus un étudiant, ce bal de noël tombe parfaitement. Je ne sais pas ce qui a pris au directeur d’accepter le groupe Reißen, mais je crois que c’est ce qui a le plus fait partie de mon enthousiasme autour de l’évènement (ça et les statues de glace). Mais c’est un changement de ton pour le château qui me rend parfaitement curieux. Je suppose que je devrais craindre une nouvelle catastrophe, au moins par acquis de conscience, mais la présence d’aurors et mon envie de me changer les idées me poussent à un optimisme qui ne m’est pas commun. Aujourd’hui, c’est le bal de noël.

J’ai pour l’occasion investi dans une tenue de soirée de velours bleu nuit, sous laquelle apparaît gilet couleur argent auquel j’ai épinglé le pins de serdaigle gagné dans le jeu organisé par Thelma. J’ai échangé mes lunettes contre des lentilles de contact, et je porte sur la tête un petit chapeau haut de forme décoré d’une plume de paon. En croisant mon reflet, je ne peux m’empêcher de penser que je suis une caricature. La pensée est amusante. Je me demande si j’aurais simplement l’occasion de danser, et avec qui ? L’idée de m’imaginer danser le rock avec Yolanda Yeabow m’arrache un ricanement, ça aurait au moins le mérite d’être très drôle (mais sait-elle au moins danser le rock Yolanda?). Je ne veux même pas me poser la question pour Severus et Minerva. Alors que je vais pour quitter mes appartements, Turing se jette sur mes pieds, bien décidé à en découdre avec mes lacets. J’attrape le chatons doucement et le soulève jusque devant mes yeux. « Qu’est-ce que mes chaussures vous ont fait Mr. Turing ? Je dois y aller et vous laisser seul un moment, mais elles ne sont pas responsables. » Comme seule réponse, mon nouvel ami ronronne de contentement. Il aime bien être porté, ce qui m’inquiète pour le futur parce que bien sûr, quand j’ai décidé que je pouvais me permettre d’adopter un chat, il a fallu que j’en choisisse un qui une fois adulte allait devenir énorme. Ca s’est fait sans préméditation cela dit, l’animal est juste celui qui est venu se coller le premier à moi quand je suis rentré dans l’animalerie. Je flatte le chaton de quelques caresses derrières les oreilles et le pose sur le lit, avant de me détourner pour me rendre d’un pas léger à la Grande Salle.

Je m’émerveille du changement de décor alors que la nuit tombe et que j’avance lentement dans les couloirs. C’est pour ce genre de choses que j’aime autant la magie, c’est totalement irrationnel et idiot, les sortilèges et enchantements que j’admire en marchant dans le château n’ont qu’un but décoratif… Mais c’est de la belle magie, et ça touche une corde particulièrement sensible chez moi. En arrivant dans la Grande Salle, je m’applique à ne pas fixer les Aurors présents et pour me diriger vers le buffet de la table des professeurs. Je suis décidément admiratif du travail qui a été abattu aux cuisines. Bon, qu’est-ce que je goûte en premier ?

  (728mots)
   
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Bianca H. Selwyn
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{Ancienne disciple de Nicolas Flamel} {Ex-Mangemort} {Ex-détenue d'Azkaban} {Allergique au Veritaserum} {Agent de l'Ordre d'Hermès}
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Mar 2 Juil - 14:51
625 mots
Il n’a fallu à l’alchimiste que quelques minutes pour être prête. Ce n’est pas vraiment par choix, c’est plutôt qu’absorbée dans ses travaux, elle a laissé le temps filer sans retenue. Elle s’est donc pomponnée à la hâte, a sorti des armoires une robe de bal de sa jeunesse, l’a purgée de la légère odeur de poussières qui flottait dans son sillage. Elle n’a que trop peu d’occasions de faire la fête. Vêtue de soie française bleu pâle, elle se remémore encore les dernières fois qu’elle a pu porter ce type de vêtement. Sa petite princesse, @Athéna P. Selwyn, était encore si jeune, à l’époque. Et Nicolas comme Pernelle étaient en vie. La guerre lui serre la poitrine d’une indicible nostalgie. Oh, elle sait bien que Pernelle serait la première à la gourmander : il faut profiter de la vie, chérir les trésors que l’on a. Et Bianca en a un inestimable : Athéna.

Dos nu, gorge ornée d’un seul anneau d’or monté sur une chaîne, Bianca est resplendissante comme la femme qu’elle était à Paris, à Nice, à Marseilles. La vie française lui manque atrocement. Encore une chose que la guerre lui a arrachée. Sur son avant-bras nu, la marque des ténèbres a fané, mais elle la porte comme un défi jeté à quiconque la croise, de même que le numéro de détenue d’Azkaban qu’on lui a infligé à la base de la gorge, miroir de ceux portés par de si grand nombres de ses condisciples. Bianca ne tire aucune honte de cette marque là, au moins est-elle en paix avec elle-même. C’est déjà plus que beaucoup ne pourraient le dire. La prison a été pour elle une épreuve. Nul n’abandonne de gaieté de coeur ses enfants, mais elle l’a libérée au moins d’une grande part de sa culpabilité. Cela ne rendra pas la vie à ses six victimes, mais il fallait au moins une expiation.

Mais elle continue de voir leurs visages dans ses cauchemars.

Châle léger jeté sur les épaules, la voici prête à descendre dans le hall. Contrairement à nombre de ses collègues, elle a hâte d’assister aux réjouissances et d’y retrouver aussi sa fille. C’est d’ailleurs elle qu’elle cherche du coin de l’oeil dans la foule. Elle n’a pas osé s’imposer dans les préparatifs de bal de la fillette, de peur qu’elle ne pense que sa mère la couve de trop. De peur, aussi, que ses petites camarades se moquent d’elle. Bianca ne sait jamais comment se comporter vis à vis de cette fillette qu’elle a abandonné malgré elle. La parderonna-t-elle un jour ? Elle ne saurait le dire. Elle l’espère, du plus profond de son coeur. Tout ce qu’elle veut, pour sa fille, c’est le bonheur. Est-ce trop demander au destin que d’épargner à son enfant les tourments qu’il lui a infligés ?

Elle scrute le hall, note les exquises décorations. Il faudra qu’elle songe à aller féliciter @Regulus Black pour cette merveilleuse organisation. Elle n’aurait jamais su qu’il était derrière tout ça si elle n’avait entendu deux elfes de maison évoquer un certain directeur broyant du noir à la perspective de festivités. Tout en cherchant sa fille des yeux, Bianca aperçoit @Lemony Anderson furetant du côté de la table des victuailles. Elle n’a jamais eu de goût particulier pour les moldus mais ne les méprise pas pour autant. A dire vrai, l’enseignant la rend un peu curieuse. L’attrait de l’exotisme, on pourrait dire ça. De son temps, les cours d’étude des moldus étaient une plaisanterie.

« Bonsoir, Monsieur Anderson » fait-elle en s’avançant pour prendre un verre, son accent français roule ironiquement entre les dents. Elle a pris de mauvaises habitudes de prononciation à Beauxbâtons. Ses yeux glissent sur l’homme avant de retourner scruter le hall pour veiller sur sa petite princesse. Comme toutes les mères, elle est inquiète, même si la soirée est encore jeune.

« Comment se sont passés ces premiers mois d’enseignement ? Les jeunes gens ne vous causent pas trop de souci ? » Elle pourrait faire sa ‘mère inquiète’, mais elle n’ose pas s’enquérir frontalement de sa fille.
MERVEILLES DE NOËL
Lemony Anderson
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Mar 2 Juil - 16:45

   
Merveilles de Noël
Noël n'est pas un jour ni une saison, c'est un état d'esprit.

Les petits fours sont délicieux. Je me demande quel goût a celui-là ? Ou alors… Je suis tiré de mes pensées par la voix d’une de mes collègues. J’ai commencé à prendre le pli d’appeler mes collègues par leurs prénoms (ça a été particulièrement difficile pour mes anciens professeurs). Cependant, @Bianca H. Selwyn entre dans cette catégorie très précise de personne ayant le don pour me mettre mal à l’aise - il faudra plus qu’une année à Azkaban pour faire oublier au né moldu que je suis les crimes commis par les Mangemorts, et si elle peut bien avoir elle-même les mains propres, elle a fait parti du problème. D’ailleurs, elle affiche clairement la marque, sans honte. Ce détail gâche pour moi la grâce de sa tenue – mais c’est réconfortant, je pense que sans cela elle pourrait presque me faire penser à ma mère. En fait, plus j’y pense, plus je me demande comment elle peut oser l’afficher sans rougir et venir me parler – à moi ! Un an à Azkaban pour elle, des années de terreur pour moi, une lettre m’accusant d’avoir volé ma baguette, et une convocation à laquelle je ne suis jamais allée de peur de ne pas en ressortir… J’ai entendu dire que l’on faisait venir des détraqueurs lors de ces interrogatoires – mais pour punir d’un crime imaginaire inventé par des arriérés. Des amis disparus... J’inspire doucement pour lui adresser un sourire, quitte à enterrer la hache de guerre, autant que ce soit fait pour Noël… Et puis bon, c’est une ancienne Serdaigle, une grande alchimiste, je suis persuadé que discuter avec elle pourrait être parfaitement plaisant ; mais je ne me sens pas de l’appeler par son prénom, surtout quand elle-même n’utilise pas le mien. « Bonsoir Mrs. Selwyn. » Son regard va dans la salle, et je devine qu’elle y guette Athéna. Cela me rend plus doux, peut-être parce que ma mère me manque, je suis toujours un peu attendri par les élans maternels, même les plus discrets. En écoutant sa question, je me demande si l’on demande encore à des personnes comme Minerva, qui font presque partie des murs, si ses cours se passent bien ? Est-ce qu’il y a une limite d’ancienneté moyenne à partir de laquelle cela cesse d’être un sujet de conversation ? « Plutôt bien, je vous remercie. Ce n’est pas à vous que j’apprendrais qu’il y a quelques têtes de mules j’imagine, mais dans l’ensemble, je suis très satisfait. » Alors que je vais pour me servir un verre d’un pichet au hasard, je me retourne vers elle. « Vous voulez un verre ? A votre place, je goûterais cette tarte là bas, elle est délicieuse. » J’ai assisté à pas mal de soirées mondaines organisées par ma mère, d’expérience je sais que quand on ne danse pas, avoir un verre en main donne une certaine contenance. Quelqu’un qui serait seul dans un coin de la salle, un verre dans sa main, donnerait tout de même l’impression de participer à l’évènement quand bien même il ne participerait à aucune conversation. D’ailleurs, est-ce qu’on a proposé à boire aux Aurors ? « D’ailleurs, je tiens à dire qu’Athéna m’a particulièrement impressionné ce mois-ci. Elle a rendu un travail en équipe avec une étudiante plus âgée, et elles ont été plus rapides que tous les autres groupes de la classe – et très efficace dans la répartition des tâches. C’est un plaisir d’avoir des étudiantes aussi appliquées qu’elle. » Mon sourire est sincère, et les pensées qui m’assaillaient plus tôt ont parfaitement disparues. C’est Noël ! Et ni cette sensation d’engourdissement dont je n’arrive à me défaire, ni l’absence de ma mère, ni la marque sur le bras de ma collègue ne devrait pouvoir me gâcher ça. « Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de discuter avec vous depuis mon arrivée il est vrai... » Je n’ai jamais cherché à discuter avec vous serait plus juste. « … mais je me questionne sur votre matière. Je n’ai pas le souvenir d’avoir vu cette option quand j’étais jeune. Quelle est la différence exactement avec les potions ? » Je suis sincèrement curieux, après tout, je suis un chimiste chez les moldus, et le parallèle avec son art est trop facile à faire pour que je ne l’interroge pas.

  (716mots)
   
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