Une étude en blanc [Hekate]
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Piers A. Elliot
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Ven 10 Mai - 16:49
Une étude en blancPiersHekate


28 novembre 2003 - vendredi, 17h
Mon regard quitte enfin le parchemin sur lequel je suis penché depuis des heures qui me semblent être des jours, pour se poser sur le vitrail grâce auquel la lumière se déversait enfin dans mon bureau.

Pas trop tôt...

Il avait fait un temps de merde toute la journée, et maintenant que mon rapport était bouclé, là, ok, j'avais droit à un peu de soleil ? Belle mentalité ! Je ne retiens pas un long soupir –c'est pas comme si l'infirmerie était blindée de monde pour témoigner de la lassitude de leur infirmier favori. Seul Hermès, perché sur l'un des paravents, semble désireux de me tenir compagnie.
Franchement, tant mieux.
Cette rentrée n'a pas été plus tendre avec moi que les précédentes. Entre l'attentat au Ministère qui avait provoqué un véritable défilé d'élèves en PLS, et celui de la réunion des anciens qui m'avait rappelé les grandes heures des urgences de Sainte Mangouste... J'espère que la suite de l'année va pas être sur la même note, j'aimerais vivre au moins jusqu'à 50 ans. Machinalement, je me lance dans le contrôle des lits de l'infirmerie. A mon arrivée, la bonne vieille Pomfresh m'avait mis en garde contre les facéties auxquelles les élèves se livraient plus que volontiers dans cet endroit qui n'avait pourtant rien demandé. J'aurais cru que bosser à Poudlard se révélerait reposant après Sainte Mangouste, eh ben je vais vous dire tout de suite : j'avais tort. Complètement. Ou plutôt, j'avais sous-estimé le manque de respect des microbes qui infestaient les couloirs du château. Plus d'une fois, j'avais du virer les boîtes à flemme cachées sous les oreillers –au grand dam des élèves qui comptaient en profiter– ou secouer les draps pour les débarrasser d'une couche conséquente de poudre à vomir...
Aujourd'hui semble être une exception. Les draps sont propres, à défaut d'être frais, et ni les lits ni les tables de chevets ne semblent porter les stigmates d'un quelconque plan pour sécher les cours.
Merrrrrlin ! Pour changer, c'est Hermès qui me tire de mes pensées. Il sautille joyeusement sur le paravent –contrairement à moi, il apprécie toujours avoir de la visite. Je bloque une fraction de seconde. J'ai encore oublié de fermer la porte, heureusement que ce fichu piaf est là pour servir de carillon. C'est le moment de sourire, Piers. Allez, fais un petit effort, tu peux y arriver. Je sais même pas pourquoi je me fatigue encore à essayer. Je sais bien que dans trente secondes, le sourire aura disparu face à l'annonce de Merlin-sait-quel problème stupide. Je me prépare psychologiquement, fais volte-face... et je dois admettre être surpris de ne pas tomber sur un élève.

He...

Attends, Piers. Mollo sur le tutoiement, ça se trouve elle accompagne un lardon. Reste poli.

..hé, bonjour, professeur Murphy. Entrez, je vous en prie.

Haussant un sourcil, j'incline légèrement la tête, essayant de voir si quelqu'un se cache derrière elle... ce qui serait étonnant, après tout. En tant que prof de runes, ce n'est pas exactement mon fournisseur numéro un d'incidents. Je suis pas fou, elle a l'air seule. Et en bonne santé. Pas de sang, pas de bosse, pas le teint livide ni de pustules ou de tâches d'une couleur inhabituelle sur le visage. Ben merde, elle se serait perdue ? Ça m'arrangerait. Dommage que j'y croie pas une seconde.

T'accompagnes pas un élève Hekate ? Qu'est ce qui t'amène ?


- 600 mots -
Hekate R. Murphy
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Jeu 6 Juin - 6:57
Une étude en blanc


Ft @Piers A. Elliot ( 1 120 mots )

Sur le bracelet de cuir passé qui mord son poignet, le cadran poli égrène les dernières secondes qui la sépareront de la fin de la journée, pulsant en rythme de l'artère radiale qui serpente son tracé bleuté sous la peau blême. Les reins appuyés contre son bureau, les paumes en appuis négligeable sur le bureau, elle observe les élèves devant elle se préparer à ranger leurs affaires au plus vite, pressés de trouver en l'achèvement de ce cours la fin d'une longue journée d'étude.

-[…] la prochaine fois, je veux vingt centimètres de parchemin sur la symbolique des runes Fehu, Uruz et  Thora, ainsi que la manière dont celle-ci change lorsqu'elles sont inversées. Ca sera tout. Bonne soirée !

Un vague murmure répond à sa salutation, tandis qu'elle se redresse pour rejoindre son fauteuil et commencer à refermer livres et parchemins qui traînent, éparses, sur la surface du bureau. La salle se vide bien rapidement, faisant disparaître derrière la porte qui se referme le dernier murmure d'élève heureux d'en avoir terminé. Pour aujourd'hui. Le battant de bois chuinte sur ses gonds, la clenche cliquette. Et le dos de la professeur se voûte. Ses traits, l'espace d'un instant, se tirent un peu sous la fatigue qu'elle tente de chasse d'une paume fraîche passée sur son visage. Pour elle aussi, la journée avait été interminable.

L'atmosphère est gorgé d'eau, et chaque respiration laisse entrer un froid glacial et vivifiant dans ses poumons et l'Irlandaise retrouve un instant une énergie nouvelle au contact de l'air frais. Décembre approche, et la neige qui enveloppe déjà le château présage le retour de Yule. Comme elle avait hâte… Les nuits, ces nuits sans fins qu'elle avait fini par redouter se raccourciront alors  lorsque viendra le temps du solstice d'Hiver. Un renouveau attendu, une renaissance espérée. Un nouveau départ. Et elle… Elle sera toujours là.

D'un froncement de sourcils impérieux, la Sorcière oblige les pensées funestes à regagner l'ombre dans un coin de sa tête, là où elle entreposait jusqu'à présent tous les soucis dont elle n'avait certainement pas l'intention de s'occuper pour l'instant. Bien évidemment, qu'elle serait encore là. Il lui fallait terminer son année. Espérer partir avant relevait de la folie. Sa folie lui manquait, énormément. Tout au mieux pouvait elle espérer, prier même, pour que l'année prochaine, lorsque reviendrait le temps de Yule, elle ne serait plus là. Qu'elle assisterait à la fin de la longue agonie du Soleil dans une journée sans jour, quelque part au Danemark. Ou sur l'un des fjord qu'elle chérissait tant.

Un rayon de lumière filtre par une fenêtre patinée par le mauvais temps, éclaire sa progression. Lorsqu'elle passe devant l'ouverture, elle sent sa timide chaleur hivernale lui caresser la peau, faisant jouer sur ses cheveux noirs retenus en chignon par sa baguette. Un ultime adieu avant d'aller se coucher. Il aurait déjà dû disparaître derrière l'horizon, à cette heure-ci. Mais il s'était attardé, pour survivre à la pluie et aux nuages. Et son coeur se gonfle un peu d'allégresse. Tout irait bien.

Ses talons claquent, encore et encore, sur les pierres dures et se profile devant elle la porte ouverte de l'infirmerie. Piers était là, visiblement. Il n'avait pas encore abandonné son poste, et ne partirait pas avant un moment, si elle en croyait les quelques fois où elle était venue lui rendre visite à des heures plus tardives que celle ci. D'un index replié, elle frappe deux coups secs contre la porte, plus par simple convenance que pour réellement l'avertir de sa présence.

Son oiseau se charge de ça pour elle. Il coâsse d'une voix bien trop humaine pour que ça ne soit pas dérangeant en sautillant, et la jeune femme le fixe, les yeux plissés de suspicion. Elle ne l'aimait pas trop, ce piaf, et ce même si il ne lui avait jamais rien fait et qu'il fallait bien lui reconnaître un côté adorable lorsqu'il sautillait ainsi. Mais il avait une tête à juger tout le monde. Et si il avait bien un être vivant qui aimait toiser tout le monde, c'était elle. Pas question qu'elle se laisse voler son plaisir préféré par une pintade sous prétexte qu'elle savait parler. Pour toute réponse, et parce qu'elle était quelqu'un de profondément mature, elle lui tira la langue.

Le muscle labial venait de rejoindre l'abris de ses lèvres lorsque Piers apparut hors de sa cachette. Sa salutation entraîne une contraction musculaire chez la brunette, qui se traduit par un haussement du sourcil droit, et une frémissement narquois de la commissure droite, et elle se détourne définitivement de l'oiseau.
- Professeur Murphy ? Entrez ? Je pensais qu'on avait dépassé ce stade là, Piers. Je dois avouer que je suis un peu déçue. "
Elle sourit, franchement amusée, et l'espace d'un instant, les fossettes dans ses joues détendent ses traits tirés. Du pouce, elle désigne la porte par dessus son épaule.

-Bonjour à toi aussi. En fait si. Il attend dehors à se vider de son sang, mais je me suis dis que tu m'en voudrais si je venais dégueulasser ton infirmerie toute propre.  

Hekate glisse une main dans la poche arrière de son jean, tandis que l'autre vient prendre place sur la forme souple de sa hanche, par dessus le cuir de sa ceinture. Bien sûr qu'elle n'était pas venu accompagner un élève. Il y avait relativement peu de risques à assister à un cours d'Oghams et de Runes. A moins qu'ils ne soient blessés par elle même - et Morrigan seule savait combien elle en rêvait parfois pour certains, les blessures les plus graves consistaient à une coupure sur un bord un peu tranchant de parchemin, ou à se laisser tomber un livre sur les doigts. Rien ne nécessitant des soins d'urgence, même si à entendre les gémissements de certains, l'amputation paraissait parfois la seule option pour conserver la vie et la santé du pauvre marmot.

-En fait, je viens savoir si tu avais une potion de sommeil sans rêves pour la pauvre âme que je suis. J'aurais pu aller demander à Black, mais j'hésite entre jamais de la vie et plutôt mourir.  

D'ordinaire, elle aurait demandé à Nas. C'était sa référence. Mais lui envoyer un message dévoilerait à coup sûr son manque de sommeil, et non seulement elle ne voulait pas l'inquiéter mais elle n'était pas en état de lui expliquer pourquoi est-ce qu'elle passait ses nuits à s'user les yeux sur les bouquins plutôt qu'à s'endormir sagement comme l'entièreté du château. Il faudrait qu'elle lui parle des cauchemars. Et elle n'allait certainement pas leur faire ce plaisir !

- Tu peux dire non, bien sûr. Mais je suis sûre que tu auras des scrupules à laisser ta pauvre collègue dans cet état. Sauf si tu es un monstre. Auquel cas, ok, je respecte ça.

lumos maxima


GEALACH DUBH

You'll never beat the Irish
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Piers A. Elliot
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Mer 14 Aoû - 10:55
Une étude en blancPiersHekate


28 novembre 2003 - vendredi, 17h
L'idée qu'un étudiant puisse attendre poliment devant ma porte tout en pissant le sang me tire un rictus amusé, qui ne dure évidemment pas.

L'idée me déplairait pas je t'avoue, mais ça risquerait de faire un peu désordre, tu crois pas ?

Je hausse donc les épaules, revenant à ma sempiternelle expression neutre -quoi que j'ai entendu dire que ça me donnait l'air de me faire chier. Pas que ce soit tout à fait faux, cela dit.

Bah, faut bien faire attention. T'aurais pu tomber sur une bagarre de couloir ou que sais-je. Et puis tu sais, pour moi, les runes, c'est du chinois.

J'avais pas vraiment estimé utile de me fader des plombes d'études d'un alphabet saugrenu, fut-il doté de pouvoirs magiques. Ma mère avait insisté pour que je me colle à l'arithmancie, et les soins aux créatures magiques étaient pour ainsi dire obligatoires à mon projet de devenir médicomage ; mieux valait être capable de reconnaître au premier coup d’œil la bestiole accrochée à la tronche de ton patient et savoir comment la gérer, non ? Avec en prime les cours d'alchimie avant les ASPIC, mon emploi du temps d'étudiant était déjà bien assez chargé pour que je ne m'encombre pas de ça en prime.
Sa requête me tire de ma réflexion, et je retiens in extremis une grimace -mes sourcils, en revanche, s'envolent dès que j'entends "potion de sommeil sans rêve". C'est que cette saleté est loin d'être donnée ! Je me gratte la nuque, réfléchissant à toute vitesse. Evidemment, j'en ai à l'infirmerie, mais c'est typiquement le genre de mixture que je suis pas censé distribuer à la légère, ne serait-ce qu'à cause de l'accoutumance qu'elle peut provoquer chez les consommateurs trop réguliers. Je retourne vers mon bureau, derrière lequel se trouve l'armoire dans laquelle toutes les potions un peu utiles à l'exercice de mon métier sont soigneusement conservées. Je marche lentement, essayant de prendre ce temps pour réfléchir.
Je finis par prendre ma décision et me cale contre mon bureau, à moitié assis, les bras croisés sur ma poitrine, et Hermès volette dans la pièce pour venir se poster sur mon épaule. Je croise son regard inquisiteur, espérant y trouver un élément de réponse. T'es vraiment con, Piers, c'est juste un piaf.

L'idée qu'on me voie comme un gros méchant monstre est pas forcément pour me déplaire, ça diminuerait bien de moitié la quantité de sensibles qui viennent pleurer dans mes robes à la première égratignure... Mais il paraît que mon boulot reste quand même d'aider les gens.

Un pli soucieux vient barrer mon front tandis que je pianote nerveusement sur mon avant-bras, le regard rivé à Hekate. Sa demande est particulièrement précise, trop pour que soit quelque chose de nouveau pour elle, si vous voulez mon avis. Hermès, ses petites griffes enfoncées dans mon épaule, semble tout aussi désapprobateur.

Tu te doutes que ce genre de breuvage doit être distribué avec le plus grand soin et, dans le cas des stocks de l'infirmerie de Poudlard, sur avis médicomagique.

Evidemment, je pourrais aussi ne pas être tatillon, lui filer une dose et en préparer une autre avant d'aller me pieuter, ni vu ni connu. Mais j'ai été connu à Sainte Mangouste comme un crevard intraitable et zélé, c'est pas pour rien, et c'est surtout pas pour passer pour un bisounours dès ma troisième rentrée.

Si je te file ta potion, c'est en tant que traitement. Ce qui fait automatiquement de toi une de mes patientes. J'vais pas te faire un dessin, mes patients en général je leur parle avant de leur filer quoi que ce soit, et tu vas pas y couper.

De toute façon, si elle veut sa foutue potion, elle a quoi, une poignée d'options ? Demander poliment à notre collègue adoré, le Maître des Potions en titre ; essayer de lui en chourer une dose si tant est qu'il en ait ; s'en fournir sur le Chemin de Traverse pour une somme raisonnable ; me provoquer en duel pour aller se casser les dents sur les protections de mon armoire ; ou me convaincre du bien-fondé de sa requête. Cette dernière option est sûrement la moins  douloureuse, mais certainement la plus éprouvante.
Bref, je me redresse, ferme la porte de l'infirmerie d'un coup de baguette négligent, et fais le tour de mon bureau pour m'y asseoir. Je rajuste les pans de ma robe émeraude, vestige de mes années à l'hôpital magique, et joins les mains devant moi histoire de ne pas me mettre à jouer avec ma plume ou ma baguette magique, innocemment posée à portée. S'il y avait eu des cours de posture dans mon cursus, j'aurais enchaîné les Optimal.
D'un geste de tête, je désigne l'une des deux chaises en face de moi à Hekate. Hermès, curieux, étire ses ailes pour se poser sur mon avant-bras, son regard inquisiteur allant de la professeure à moi, sans oser rompre le silence - ça, c'est le boulot d'Hekate. Pour une fois que j'ai pas envie de lui lancer un sortilège de mutisme, elle a intérêt à en profiter.

- 896 mots -


HRP : désolée pour l'attente @Hekate R. Murphy :smi4:

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