Une étude en blanc [Hekate]
 :: Vivre folles aventures ϟ :: Domaine de Poudlard :: Infirmerie

Piers A. Elliot

Piers A. Elliot
Lucky Luke du RP
hiboux : 258
Ven 10 Mai - 16:49
Une étude en blancPiersHekate


28 novembre 2003 - vendredi, 17h
Mon regard quitte enfin le parchemin sur lequel je suis penché depuis des heures qui me semblent être des jours, pour se poser sur le vitrail grâce auquel la lumière se déversait enfin dans mon bureau.

Pas trop tôt...

Il avait fait un temps de merde toute la journée, et maintenant que mon rapport était bouclé, là, ok, j'avais droit à un peu de soleil ? Belle mentalité ! Je ne retiens pas un long soupir –c'est pas comme si l'infirmerie était blindée de monde pour témoigner de la lassitude de leur infirmier favori. Seul Hermès, perché sur l'un des paravents, semble désireux de me tenir compagnie.
Franchement, tant mieux.
Cette rentrée n'a pas été plus tendre avec moi que les précédentes. Entre l'attentat au Ministère qui avait provoqué un véritable défilé d'élèves en PLS, et celui de la réunion des anciens qui m'avait rappelé les grandes heures des urgences de Sainte Mangouste... J'espère que la suite de l'année va pas être sur la même note, j'aimerais vivre au moins jusqu'à 50 ans. Machinalement, je me lance dans le contrôle des lits de l'infirmerie. A mon arrivée, la bonne vieille Pomfresh m'avait mis en garde contre les facéties auxquelles les élèves se livraient plus que volontiers dans cet endroit qui n'avait pourtant rien demandé. J'aurais cru que bosser à Poudlard se révélerait reposant après Sainte Mangouste, eh ben je vais vous dire tout de suite : j'avais tort. Complètement. Ou plutôt, j'avais sous-estimé le manque de respect des microbes qui infestaient les couloirs du château. Plus d'une fois, j'avais du virer les boîtes à flemme cachées sous les oreillers –au grand dam des élèves qui comptaient en profiter– ou secouer les draps pour les débarrasser d'une couche conséquente de poudre à vomir...
Aujourd'hui semble être une exception. Les draps sont propres, à défaut d'être frais, et ni les lits ni les tables de chevets ne semblent porter les stigmates d'un quelconque plan pour sécher les cours.
Merrrrrlin ! Pour changer, c'est Hermès qui me tire de mes pensées. Il sautille joyeusement sur le paravent –contrairement à moi, il apprécie toujours avoir de la visite. Je bloque une fraction de seconde. J'ai encore oublié de fermer la porte, heureusement que ce fichu piaf est là pour servir de carillon. C'est le moment de sourire, Piers. Allez, fais un petit effort, tu peux y arriver. Je sais même pas pourquoi je me fatigue encore à essayer. Je sais bien que dans trente secondes, le sourire aura disparu face à l'annonce de Merlin-sait-quel problème stupide. Je me prépare psychologiquement, fais volte-face... et je dois admettre être surpris de ne pas tomber sur un élève.

He...

Attends, Piers. Mollo sur le tutoiement, ça se trouve elle accompagne un lardon. Reste poli.

..hé, bonjour, professeur Murphy. Entrez, je vous en prie.

Haussant un sourcil, j'incline légèrement la tête, essayant de voir si quelqu'un se cache derrière elle... ce qui serait étonnant, après tout. En tant que prof de runes, ce n'est pas exactement mon fournisseur numéro un d'incidents. Je suis pas fou, elle a l'air seule. Et en bonne santé. Pas de sang, pas de bosse, pas le teint livide ni de pustules ou de tâches d'une couleur inhabituelle sur le visage. Ben merde, elle se serait perdue ? Ça m'arrangerait. Dommage que j'y croie pas une seconde.

T'accompagnes pas un élève Hekate ? Qu'est ce qui t'amène ?


- 600 mots -

Hekate R. Murphy

Hekate R. Murphy
MEMBRE
hiboux : 356
pictures : Une étude en blanc [Hekate] 1569190336-tumblr-o01dtrbddu1rftd23o4-500
Jeu 6 Juin - 6:57
Une étude en blanc


Ft @Piers A. Elliot ( 1 120 mots )

Sur le bracelet de cuir passé qui mord son poignet, le cadran poli égrène les dernières secondes qui la sépareront de la fin de la journée, pulsant en rythme de l'artère radiale qui serpente son tracé bleuté sous la peau blême. Les reins appuyés contre son bureau, les paumes en appuis négligeable sur le bureau, elle observe les élèves devant elle se préparer à ranger leurs affaires au plus vite, pressés de trouver en l'achèvement de ce cours la fin d'une longue journée d'étude.

-[…] la prochaine fois, je veux vingt centimètres de parchemin sur la symbolique des runes Fehu, Uruz et  Thora, ainsi que la manière dont celle-ci change lorsqu'elles sont inversées. Ca sera tout. Bonne soirée !

Un vague murmure répond à sa salutation, tandis qu'elle se redresse pour rejoindre son fauteuil et commencer à refermer livres et parchemins qui traînent, éparses, sur la surface du bureau. La salle se vide bien rapidement, faisant disparaître derrière la porte qui se referme le dernier murmure d'élève heureux d'en avoir terminé. Pour aujourd'hui. Le battant de bois chuinte sur ses gonds, la clenche cliquette. Et le dos de la professeur se voûte. Ses traits, l'espace d'un instant, se tirent un peu sous la fatigue qu'elle tente de chasse d'une paume fraîche passée sur son visage. Pour elle aussi, la journée avait été interminable.

L'atmosphère est gorgé d'eau, et chaque respiration laisse entrer un froid glacial et vivifiant dans ses poumons et l'Irlandaise retrouve un instant une énergie nouvelle au contact de l'air frais. Décembre approche, et la neige qui enveloppe déjà le château présage le retour de Yule. Comme elle avait hâte… Les nuits, ces nuits sans fins qu'elle avait fini par redouter se raccourciront alors  lorsque viendra le temps du solstice d'Hiver. Un renouveau attendu, une renaissance espérée. Un nouveau départ. Et elle… Elle sera toujours là.

D'un froncement de sourcils impérieux, la Sorcière oblige les pensées funestes à regagner l'ombre dans un coin de sa tête, là où elle entreposait jusqu'à présent tous les soucis dont elle n'avait certainement pas l'intention de s'occuper pour l'instant. Bien évidemment, qu'elle serait encore là. Il lui fallait terminer son année. Espérer partir avant relevait de la folie. Sa folie lui manquait, énormément. Tout au mieux pouvait elle espérer, prier même, pour que l'année prochaine, lorsque reviendrait le temps de Yule, elle ne serait plus là. Qu'elle assisterait à la fin de la longue agonie du Soleil dans une journée sans jour, quelque part au Danemark. Ou sur l'un des fjord qu'elle chérissait tant.

Un rayon de lumière filtre par une fenêtre patinée par le mauvais temps, éclaire sa progression. Lorsqu'elle passe devant l'ouverture, elle sent sa timide chaleur hivernale lui caresser la peau, faisant jouer sur ses cheveux noirs retenus en chignon par sa baguette. Un ultime adieu avant d'aller se coucher. Il aurait déjà dû disparaître derrière l'horizon, à cette heure-ci. Mais il s'était attardé, pour survivre à la pluie et aux nuages. Et son coeur se gonfle un peu d'allégresse. Tout irait bien.

Ses talons claquent, encore et encore, sur les pierres dures et se profile devant elle la porte ouverte de l'infirmerie. Piers était là, visiblement. Il n'avait pas encore abandonné son poste, et ne partirait pas avant un moment, si elle en croyait les quelques fois où elle était venue lui rendre visite à des heures plus tardives que celle ci. D'un index replié, elle frappe deux coups secs contre la porte, plus par simple convenance que pour réellement l'avertir de sa présence.

Son oiseau se charge de ça pour elle. Il coâsse d'une voix bien trop humaine pour que ça ne soit pas dérangeant en sautillant, et la jeune femme le fixe, les yeux plissés de suspicion. Elle ne l'aimait pas trop, ce piaf, et ce même si il ne lui avait jamais rien fait et qu'il fallait bien lui reconnaître un côté adorable lorsqu'il sautillait ainsi. Mais il avait une tête à juger tout le monde. Et si il avait bien un être vivant qui aimait toiser tout le monde, c'était elle. Pas question qu'elle se laisse voler son plaisir préféré par une pintade sous prétexte qu'elle savait parler. Pour toute réponse, et parce qu'elle était quelqu'un de profondément mature, elle lui tira la langue.

Le muscle labial venait de rejoindre l'abris de ses lèvres lorsque Piers apparut hors de sa cachette. Sa salutation entraîne une contraction musculaire chez la brunette, qui se traduit par un haussement du sourcil droit, et une frémissement narquois de la commissure droite, et elle se détourne définitivement de l'oiseau.
- Professeur Murphy ? Entrez ? Je pensais qu'on avait dépassé ce stade là, Piers. Je dois avouer que je suis un peu déçue. "
Elle sourit, franchement amusée, et l'espace d'un instant, les fossettes dans ses joues détendent ses traits tirés. Du pouce, elle désigne la porte par dessus son épaule.

-Bonjour à toi aussi. En fait si. Il attend dehors à se vider de son sang, mais je me suis dis que tu m'en voudrais si je venais dégueulasser ton infirmerie toute propre.  

Hekate glisse une main dans la poche arrière de son jean, tandis que l'autre vient prendre place sur la forme souple de sa hanche, par dessus le cuir de sa ceinture. Bien sûr qu'elle n'était pas venu accompagner un élève. Il y avait relativement peu de risques à assister à un cours d'Oghams et de Runes. A moins qu'ils ne soient blessés par elle même - et Morrigan seule savait combien elle en rêvait parfois pour certains, les blessures les plus graves consistaient à une coupure sur un bord un peu tranchant de parchemin, ou à se laisser tomber un livre sur les doigts. Rien ne nécessitant des soins d'urgence, même si à entendre les gémissements de certains, l'amputation paraissait parfois la seule option pour conserver la vie et la santé du pauvre marmot.

-En fait, je viens savoir si tu avais une potion de sommeil sans rêves pour la pauvre âme que je suis. J'aurais pu aller demander à Black, mais j'hésite entre jamais de la vie et plutôt mourir.  

D'ordinaire, elle aurait demandé à Nas. C'était sa référence. Mais lui envoyer un message dévoilerait à coup sûr son manque de sommeil, et non seulement elle ne voulait pas l'inquiéter mais elle n'était pas en état de lui expliquer pourquoi est-ce qu'elle passait ses nuits à s'user les yeux sur les bouquins plutôt qu'à s'endormir sagement comme l'entièreté du château. Il faudrait qu'elle lui parle des cauchemars. Et elle n'allait certainement pas leur faire ce plaisir !

- Tu peux dire non, bien sûr. Mais je suis sûre que tu auras des scrupules à laisser ta pauvre collègue dans cet état. Sauf si tu es un monstre. Auquel cas, ok, je respecte ça.

lumos maxima


GEALACH DUBH

You'll never beat the Irish
©️️ FRIMELDA

Spoiler:
 

Piers A. Elliot

Piers A. Elliot
Lucky Luke du RP
hiboux : 258
Mer 14 Aoû - 10:55
Une étude en blancPiersHekate


28 novembre 2003 - vendredi, 17h
L'idée qu'un étudiant puisse attendre poliment devant ma porte tout en pissant le sang me tire un rictus amusé, qui ne dure évidemment pas.

L'idée me déplairait pas je t'avoue, mais ça risquerait de faire un peu désordre, tu crois pas ?

Je hausse donc les épaules, revenant à ma sempiternelle expression neutre -quoi que j'ai entendu dire que ça me donnait l'air de me faire chier. Pas que ce soit tout à fait faux, cela dit.

Bah, faut bien faire attention. T'aurais pu tomber sur une bagarre de couloir ou que sais-je. Et puis tu sais, pour moi, les runes, c'est du chinois.

J'avais pas vraiment estimé utile de me fader des plombes d'études d'un alphabet saugrenu, fut-il doté de pouvoirs magiques. Ma mère avait insisté pour que je me colle à l'arithmancie, et les soins aux créatures magiques étaient pour ainsi dire obligatoires à mon projet de devenir médicomage ; mieux valait être capable de reconnaître au premier coup d’œil la bestiole accrochée à la tronche de ton patient et savoir comment la gérer, non ? Avec en prime les cours d'alchimie avant les ASPIC, mon emploi du temps d'étudiant était déjà bien assez chargé pour que je ne m'encombre pas de ça en prime.
Sa requête me tire de ma réflexion, et je retiens in extremis une grimace -mes sourcils, en revanche, s'envolent dès que j'entends "potion de sommeil sans rêve". C'est que cette saleté est loin d'être donnée ! Je me gratte la nuque, réfléchissant à toute vitesse. Evidemment, j'en ai à l'infirmerie, mais c'est typiquement le genre de mixture que je suis pas censé distribuer à la légère, ne serait-ce qu'à cause de l'accoutumance qu'elle peut provoquer chez les consommateurs trop réguliers. Je retourne vers mon bureau, derrière lequel se trouve l'armoire dans laquelle toutes les potions un peu utiles à l'exercice de mon métier sont soigneusement conservées. Je marche lentement, essayant de prendre ce temps pour réfléchir.
Je finis par prendre ma décision et me cale contre mon bureau, à moitié assis, les bras croisés sur ma poitrine, et Hermès volette dans la pièce pour venir se poster sur mon épaule. Je croise son regard inquisiteur, espérant y trouver un élément de réponse. T'es vraiment con, Piers, c'est juste un piaf.

L'idée qu'on me voie comme un gros méchant monstre est pas forcément pour me déplaire, ça diminuerait bien de moitié la quantité de sensibles qui viennent pleurer dans mes robes à la première égratignure... Mais il paraît que mon boulot reste quand même d'aider les gens.

Un pli soucieux vient barrer mon front tandis que je pianote nerveusement sur mon avant-bras, le regard rivé à Hekate. Sa demande est particulièrement précise, trop pour que soit quelque chose de nouveau pour elle, si vous voulez mon avis. Hermès, ses petites griffes enfoncées dans mon épaule, semble tout aussi désapprobateur.

Tu te doutes que ce genre de breuvage doit être distribué avec le plus grand soin et, dans le cas des stocks de l'infirmerie de Poudlard, sur avis médicomagique.

Evidemment, je pourrais aussi ne pas être tatillon, lui filer une dose et en préparer une autre avant d'aller me pieuter, ni vu ni connu. Mais j'ai été connu à Sainte Mangouste comme un crevard intraitable et zélé, c'est pas pour rien, et c'est surtout pas pour passer pour un bisounours dès ma troisième rentrée.

Si je te file ta potion, c'est en tant que traitement. Ce qui fait automatiquement de toi une de mes patientes. J'vais pas te faire un dessin, mes patients en général je leur parle avant de leur filer quoi que ce soit, et tu vas pas y couper.

De toute façon, si elle veut sa foutue potion, elle a quoi, une poignée d'options ? Demander poliment à notre collègue adoré, le Maître des Potions en titre ; essayer de lui en chourer une dose si tant est qu'il en ait ; s'en fournir sur le Chemin de Traverse pour une somme raisonnable ; me provoquer en duel pour aller se casser les dents sur les protections de mon armoire ; ou me convaincre du bien-fondé de sa requête. Cette dernière option est sûrement la moins  douloureuse, mais certainement la plus éprouvante.
Bref, je me redresse, ferme la porte de l'infirmerie d'un coup de baguette négligent, et fais le tour de mon bureau pour m'y asseoir. Je rajuste les pans de ma robe émeraude, vestige de mes années à l'hôpital magique, et joins les mains devant moi histoire de ne pas me mettre à jouer avec ma plume ou ma baguette magique, innocemment posée à portée. S'il y avait eu des cours de posture dans mon cursus, j'aurais enchaîné les Optimal.
D'un geste de tête, je désigne l'une des deux chaises en face de moi à Hekate. Hermès, curieux, étire ses ailes pour se poser sur mon avant-bras, son regard inquisiteur allant de la professeure à moi, sans oser rompre le silence - ça, c'est le boulot d'Hekate. Pour une fois que j'ai pas envie de lui lancer un sortilège de mutisme, elle a intérêt à en profiter.

- 896 mots -


HRP : désolée pour l'attente @Hekate R. Murphy :smi4:

Hekate R. Murphy

Hekate R. Murphy
MEMBRE
hiboux : 356
pictures : Une étude en blanc [Hekate] 1569190336-tumblr-o01dtrbddu1rftd23o4-500
Lun 23 Sep - 3:29
Une étude en blanc


Ft @Piers A. Elliot ( 1 123 mots )

Ca n’était pas de gaieté de coeur qu’elle était venue rendre visite à Piers aujourd’hui. Ca n’était pas non plus une de ses fois où elle se pointait dans son bureau pour l’embêter, chronométrant mentalement le temps qu’il mettrait avant d’enfin la foutre dehors. En fait, il était littéralement son dernier espoir, avant qu’elle ne reprenne les mauvaises habitudes qui consistaient à s’enfiler une demi bouteille de Single Malt avant de se coucher. Ca avait des avantages, mais la gueule de bois du lendemain matin était un inconvénient bien trop conséquent pour qu’elle puisse continuer d’utiliser cette méthode radicale, bien qu’elle ait l’avantage de faire taire plus ou moins les cauchemars et les voix qui avaient fait leur nid dans son crâne.

“ Ca vaa. Je n’enseigne pas aux premières années. 15 ans, je trouve que c’est un bel âge pour mourir. En plus, le sang ne tâche pas la pierre, c’est plutôt une bonne chose. ”

A l’instant même où elle le voit se mouvoir, son sourire se transforme en grimace, et elle ne parvient même pas à retenir l’impulsion de pur agacement qui lui fait lever les yeux au ciel. Voilà pourquoi elle ne venait jamais le voir. Il était trop tatillon, trop zélé pour en faire un collègue qu’elle aurait pu piller tranquillement. Nom des dieux de bordel, ce qu’elle détestait quand les gens commençaient à poser des questions !  Il lui apparaît clairement que même si son pas le dirige vers son bureau, il n’a nullement l’intention d’ouvrir l’armoire siégeant derrière pour docilement lui tendre la petite fiole qu’elle est venue quérir. Tout compte fait, elle aurait peut être bien dû demander à Nasiya. Mais il y aurait encore eu des questions.

Pourquoi personne ne voulait la laisser dormir ? Elle allait finir par se défoncer à la mandragore, et ils auraient tout gagné. Le piaf, perché sur l’épaule de son propriétaire, continue de la fixer de ses petits yeux désapprobateurs et la jeune femme semble un instant persuadée qu’il vient de percer à jour toutes les insultes qui se fracassent contre les murs de sa tête. Dans le doute, elle réitère un geste exécuté quelques minutes plus tôt et lui tire la langue.

“ Aider les gens ? ”

Un petit rire s’échappe de ses lèvres.

“ C’est vrai qu’à ta tête, on dirait que tu es ravi. Je t’aurais plutôt vu en détraqueur. Ou en bourreau Qui est le conseiller d’orientation qui t’a dit que c’était une bonne vocation ? Sans doute pas le même que le mien, il m’a dit que je ne ferais rien de ma vie et je dois avouer que pour le moment, l’enfoiré ne s’est pas trompé.”

Sa posture vint singer la sienne, lui faisant croiser les bras sur sa poitrine tandis qu’il entonne l’éternel refrain des prescriptions médicamenteuses soumises à ordonnance, ou quoi que ce soit qui puisse franchir la barrière de ses lèvres. A vrai dire, elle ne l’écoutait que d’une oreille, bien trop occupée à savoir si elle irait s’abaisser à frapper à la porte de Black. Rah, bien sûr que non. Et quelque chose lui disait que Piers le savait parfaitement. Connard.

“ Super, sur avis médicomagique. J’ai un avis sur la question, et tu es médicomage. Que demande le peuple ? ”

Dans un soupir, elle fait glisser son poids d’un pied à l’autre alors que claque derrière elle la porte de l’infirmerie dans un petit chuintement qui n’augure absolument rien de bon. Elle l’aurait bien rouverte immédiatement, si elle n’avait pas eu peur de passer pour une abrutie devant son charmant collègue. Et devant sa grosse pintade de compagnie. La clôture de sa seule sortie lui fait comprendre qu’elle ne s’en sortira pas avec une des pirouettes habituelles. D’une main ferme, elle attrape sa baguette et la coince entre ses dents, le temps de refaire un peu mieux le capharnaüm qui lui sert de chignon et l’y replanter, bien à sa place.

C’est bon, Piers… Je te demande pas un traitement, je te demande un coup de main. Potion de sommeil sans rêves, tranquillisants pour chevaux, qu’est-ce que j’en ai à foutre. Je vais pas la revendre au marché noir. Et oui maman, je promets que je ne m’en servirais pas pour sécher les examens. Alors, dis, je peux ?

Non mais voilà qu’il s’assoit, maintenant, sous les yeux horrifiées de la sorcière toujours debout devant lui. Qu’est-ce qu’il comptait faire, au juste, là ? Lui demander de parler ?‌ De se confier ? Si il y avait bien une personne à qui il lui semblait parfaitement impossible de dire quoi que ce soir, c’était bien Piers. Son air de s’emmerder profondément n’invitait pas à la confidence. Elle le savait bien, elle avait exactement le même ! Et elle voyait à présent combien c’était agaçant. D’un signe de tête, il lui désigne la chaise qui lui fait face, provoquant sur le visage blême et cerné de l’Irlandaise un haussement de sourcils qui aurait pu se traduire universellement par un joli petit chapelet d’insultes.

Tu fais quoi, là ? Tu veux que je te parles ?… Je t’en prie, Piers. Tu veux vraiment qu’on entre dans ce jeu là ? Toi qui veux entendre ce que j’ai à dire, et moi qui te dis exactement ce que tu veux entendre… C’est futile.

Le silence lui répond. Effectivement, il semblerait bien que c’était ce qu’il voulait entendre. Que Morrigan l’achève maintenant. Hekate jeta un rapide coup d’oeil vers la porte, considérant rapidement l’idée de passer une nouvelle nuit désagréable et sans sommeil et dans un soupir - en traînant les pieds pour faire bonne mesure - elle se laisse tomber sur l’assise inconfortable du fauteuil.

“ Très bien, Docteur Freud. ”

Rapidement, elle remonte sa jambe pour venir appuyer son talon contre le bord de la chaise, et dépose ses bras croisés sur son genou. Bien qu’elle se soit assise, il paraissait difficile qu’elle se force à évoquer quoi que ce soit.

"Je fais des cauchemars. Je..."

Je vois des choses.

Qui ne se sont pas encore produites.

Je vois l’avenir, tête de piaf.

"Sans doute est-ce dû à ma famille merveilleuse qui a laissé en moi un grand vide, ça m’a dévastée, sois-en certain. Je suis très triste, ça me hante encore."

Et pour faire bonne mesure, et ponctuer sa raillerie, elle retint quelques secondes son souffle, laissant perler au coin de ses yeux des larmes de crocodiles qu’elle essuya de la pointe de son majeur.

Soupir.

" Ecoute, Piers. Je suis fatiguée, d’accord ? J’ai pas envie de parler, pas envie de m’épancher et encore moins d’écouter des conseils que de toute façon, je ne suivrais pas. Tout ce que je veux, c’est monter me pieuter et passer une, UNE SEULE nuit calme. Rien de plus. Sois gentil, rends moi service. … Et dit à ton piaf d’arrêter de me regarder."


lumos maxima


GEALACH DUBH

You'll never beat the Irish
©️️ FRIMELDA

Spoiler:
 

Piers A. Elliot

Piers A. Elliot
Lucky Luke du RP
hiboux : 258
Lun 23 Sep - 11:27
Une étude en blancPiers@Hekate R. Murphy


28 novembre 2003 - vendredi, 17h
Je l'écoute badiner un peu, sans forcément rebondir sur ce qu'elle dit -autant être honnête, j'ai pas non plus envie d'y passer la nuit. Cela dit, je dois admettre être surpris par sa soudaine agressivité. Oh, il faut pas déconner hein, c'est clairement pas le genre de remarque qui va me faire pleurer, et encore moins plier. Si j'avais du me coller en PLS sous mon bureau chaque fois qu'on m'avait fait remarquer que j'étais désagréable, j'aurais plus vite fait de changer de carrière et d'aller élever des Veaudelune en Patagonie. Je ne peux m'empêcher de rétorquer :

J'ai essayé les concours pour devenir Détraqueur, mais il paraît que j'étais trop cassant pour eux.

Un nouveau rictus étire brièvement mes lèvres. Enfin, pas trop longtemps non plus, qu'elle aille pas croire que je m'amuse. Qu'elle le veuille ou non, j'ai toujours fait de mon mieux dans ce boulot pour arranger les problèmes des gens, de préférence à long terme, et pire encore : je tire une certaine fierté de ma capacité à le faire. Ce qui m'inquiète dans son comportement, c'est qu'elle n'a paradoxalement pas l'air d'être là pour aller mieux, mais juste pour obtenir ce qu'elle veut.
J'écoute sa petite histoire, éprouvant ce qui ressemble à s'y méprendre à une pointe de déception en constatant qu'elle me fait à nouveau perdre mon temps.
A mon tour de peser mes options. Je peux y aller au forcing, évidemment, mais elle est loin d'être suffisamment impressionnable pour que j'aie une chance raisonnable d'y arriver. Je peux aussi m'escrimer à essayer de la convaincre, mais ça nécessiterait vraisemblablement des trésors de diplomatie dont je ne m'estime pas vraiment capable en l'état actuel des choses. Je pourrais aussi  essayer de lui lancer un sort, mais l'expérience m'a appris que les gens réagissaient assez mal à ce genre d'expérience. Il ne me reste plus qu'une solution, et de loin pas ma préférée : me montrer sincère.

C'est sûr que si tu me dis ce que tu penses que je veux entendre, on y est encore l'année prochaine. Mais franchement, Hekate, des cauchemars ? La dernière fois que j'ai entendu parler d'un gosse qui faisait des cauchemars assez puissants pour en perdre le sommeil, il avait une cicatrice sur la tronche et à ce qu'on dit, un lien télépathique avec le plus gros psychopathe de l'époque. Libre à toi de me prendre pour un con, mais je ne suis pas un distributeur d'hypnotiques.

Merde, Piers, pas la peine de l'envoyer complètement chier non plus. Je me rencogne sur mon fauteuil, le regard dur. Je pose une main sur le dos d'Hermès, le contact avec son plumage ayant le don de me rasséréner. Je ne sais pas si ce qu'elle dit sur sa famille est vrai, mais ce n'est pas le genre d'excuses que je prends à la légère.
Je ferme les yeux une demie-seconde, essayant de me concentrer et de rassembler tout ce qu'il me reste de bonne volonté.

Ecoute. Tu sais que tout ce que tu dis dans ce bureau est placé sous la protection du secret médical, pas vrai ? Et Hermès, que tu l'aimes ou non, n'est pas une balance.

Je pose les yeux sur mon mainate. Il parle, certes, mais moins bien que son prédécesseur, à ma plus grande tristesse. Bon, je lui parle moins aussi, et je lui ai consacré moins de temps... Il faudra que je rectifie le tir, un jour. Concentre-toi, bordel. Je me redresse un peu, me penche sur le bureau.

Admettons que je te file une dose. Tu vas passer une bonne nuit, youpi, félicitations ! Et après quoi ? Tes... cauchemars, ou Merlin sait quoi, vont reprendre, je me trompe ? Et là, tu feras quoi ? Tu mendieras où tu pourras pour avoir une nouvelle dose ? Tu erreras dans les couloirs jusqu'à ce que ton corps ne suive plus ? Tu sais sûrement comment ça se passe quand tu te prives de sommeil. Tu bouffes n'importe comment, ton cœur ne suit plus. Tu mourras peut-être pas littéralement du manque de sommeil, mais même la magie sera impuissante à te ramener si tu fais une attaque.

Et puis, ne parlons même pas des symptômes à plus court terme : fragilité psychologique, dépression, anxiété, comportement addictif... autant de choses que j'observe ce soir-même. Le sommeil a quelque chose de si normal et anodin que certains ont tendance à sous-estimer son importance et son impact ; mais le problème d'Hekate semble bien plus profond.
Tu sais bien que les cajoleries et les menaces habituelles n'auront aucun effet. Plus je la regarde, plus elle me semble désespérée autant que réticente à me parler. Il ne me reste qu'à jouer mon va-tout : le chantage.

Ecoute, je vais être honnête avec toi : à titre personnel, j'en ai franchement pas grand-chose à cirer de ce qui t'arrive. Le truc, c'est que professionnellement, si tu me dis rien, je peux juste traiter les symptômes, et pas la cause. Et quand je prendrai un abonnement chez l'apothicaire pour produire assez de potions de nuit sans rêve pour abrutir une armée, certains collègues vont commencer à se poser des questions. Regulus, déjà. Et notre cher employeur, Rogue. Tu sais comme moi qu'il me posera des questions, et je ne pourrai pas éluder éternellement. Si tout ce que j'ai à lui dire, c'est que tu as des cauchemars, comment tu crois qu'il va réagir comment ? Qu'il va me faire un bisou sur le front et me féliciter pour ma gentillesse ? Je pense plutôt qu'il va se débrouiller pour piller ta réserve d'alcool et t'envoyer manu militari chez un psychomage que tu ne connaîtras ni d'Eve ni d'Adam. Si ça te sent plus enviable, libre à toi de retourner à tes pénates et d'attendre que la situation devienne complètement hors de contrôle. Ou alors tu fous ta fierté au placard dix minutes et tu me laisses essayer de régler ton problème à la source.

Merlin, ça faisait des années que j'avais pas parlé autant en aussi peu de temps. J'attrape ma baguette pour approcher et réchauffer ma théière, avant d'en verser deux tasses. Malgré mes provocations, j'espère vraiment que Hekate n'est pas venue uniquement prendre sa came et qu'elle restera un peu. Allez, essaie de te montrer conciliant un peu. Mon regard se pose sur Hermès.

Allez, à ta cage Hermès.

Voilà l'un des rares "ordres" que j'ai réussi à lui apprendre. Il incline la tête, curieux, puis s'envole, passant dans l'arrière-bureau que je referme derrière lui. J'espère que t'es contente, j'en ferai pas plus tant que tu n'y mettras pas du tien.

- 1181 mots -

Hekate R. Murphy

Hekate R. Murphy
MEMBRE
hiboux : 356
pictures : Une étude en blanc [Hekate] 1569190336-tumblr-o01dtrbddu1rftd23o4-500
Sam 5 Oct - 0:02
Une étude en blanc


ft. @Piers A. Elliot ( 1 164 mts )


Serait-ce une plaisanterie ? Il se mettrait à faire des blagues, l'enfoiré ? C'était elle, normalement, qui était pince sans rire, et voilà qu'il lui volait la vedette. Ses sentiments vis-à-vis de Piers avaient toujours été mitigés. Elle n'avait techniquement rien à lui reprocher. Il faisait correctement son travail - parfaitement, pour être honnête, mais le dire lui aurait arraché la gueule- cependant à cet instant précis, elle lui aurait bien collé un pain. C'était certainement pas comme ça qu'elle aurait eu ce qu'elle était venue chercher, mais ça aurait eu le mérite de détendre considérablement ses nerfs dont elle sent la boule lourde pulser lentement dans son ventre. Peut être qu'elle aurait le temps de bondir par-dessus le bureau pour lui faire bouffer ses phalanges avant qu'il n'attrape sa baguette… Ca se tentait, non ?
Non, bien sûr que non. Le manque de sommeil, en plus de creuser de lourdes cernes violacées sous ses yeux, mettait sa patience - déjà bien amoindrie au cours des années - à rude épreuve.

" Trop cassant, peut être pas, mais au moins ça a le mérite d'expliquer pourquoi t'es seul. Et avant que tu ne rebondisses en te servant de cet argument contre moi, sache que je suis seule parce que je suis une connasse. C'est différent."

Sa petite fable sur sa famille merveilleuse n'ayant pas réussi à atténuer la méfiance de Piers à son égard, Hekate se refonce un peu plus sur l'assise du fauteuil, remontant ses jambes fines pour les croiser en tailleur. Puisqu'elle était vraisemblablement là pour un bon moment, autant s'installer confortablement.

" Parfaitement, Piers, des cauchemars. Je ne veux pas que toi, tu sois au courant. Alors ouais, je me contenterais de parler de cauchemars, parce que c'est véritablement ce que c'est, vu ? Des putains de cauchemars. Maintenant, je me retiens de t'insulter, alors par Morrigan ne me compare pas à Potter. C'est méchant et mesquin."

Ses yeux se plissent légèrement.

" Et quand bien même je te dirais la vérité, je te prendrais toujours pour un con, mon p'tit chou."

Et surtout, quand bien même. Si elle lui disait véritablement ce qui hantait ses nuits, ce qui lui faisait redouter le sommeil au-delà de l'image… La croirait-il ? Elle n'était pas reconnue pour être une personne stable, et si la rumeur n'était pas franche, elle était déjà persuadée que ses frasques couraient parmi les professeurs. A tout hasard, elle aurait préféré en parler à Camille. Quoi que. Non plus. Lui, c'était son copain de bonbons, et en bonne adepte du compartimentage sentimentale, ca n'était pas non plus une bonne idée.
Alors ? Accepterait-il la vérité ? Sans doute. Il était médicomage, il avait sans doute déjà dû voir bien pire. Mais si il mettait cela sur le compte d'une quelconque pathologie bizarre ? Peut être que c'était ça. Qu'elle était folle.

Suivant le trajet de la main de son collègue, elle repose son regard sur le petit oiseau perché sur son épaule tandis que Piers se penche doucement sur son bureau.

" Balance ou pas, il a l'air trop fourbe pour être honnête."

Malgré sa rudesse évidente, elle sent pourtant qu'il aimerait l'aider. Plus par conscience professionnelle qu'autre chose, mais c'était déjà ça. Cette envie - bien dissimulée - de lui apporter son aide entreprend d'attiser le dilemme qui bouillonne dans son cerveau. Putain, elle le déteste pour ça.

" Ca recommencera. Que je t'en parle ou pas, ça recommencera. C'est pas d'une thérapie dont j'ai besoin, c'est de… j'en sais foutrement rien, d'ailleurs. Ca me fout en vrac, ça me bousille lentement et pourtant ça partira jamais. Ca fait 28 ans que je traite ça comme je peux, et ça fonctionne. Plus ou moins bien, et plus ou moins longtemps. Tu peux rien faire, hormis me filer ce que je viens gentiment te demander."

Si il croit que les menaces énoncées vont la faire plier, il se fourre le doigt dans l'œil. Dépliant un instant ses jambes, elle calque sa position sur la sienne, les mains croisées et posées au niveau des poignets sur la surface lisse de son bureau, penchée en avant.

" J'ai une déformation hypertrophique du côté gauche, mon p'tit chat. Les attaques cardiaques, ça me pend au nez, sommeil ou pas, et c'est sans doute ça qui finira par me tuer, si cette conversation ne le fait pas avant. Si tu veux me faire peur, trouve autre chose."

Mais il a raison. Déjà elle sent changer chez elle son caractère. Hekate n'avait jamais été quelqu'un de calme. De reposé et d'agréable. Mais son agressivité trahit présentement l'hypersensibilité qui ne peut être traité que par des heures de repos bien méritées. Son appétit s'est fait yoyo, et ce n'est qu'une question de temps avant que la fatigue ne vienne entâcher la qualité de son enseignement. Ce qui serait sans doute suivi d'un renvoi ou, comme Piers le pressentait, d'une obligation désagréable de se rendre une fois par semaine chez un psychomage pour parler. L'idée même lui colla un frisson de dégoût. Qui avait une heure par semaine à gâcher de la sorte ?
Son regard s'était fait vague, fixant sans les voir les deux tasses qu'il venait de remplir d'un coup de baguette, diffusant dans l'air immédiat une odeur chaude et agréable de thé brûlant. La voix grave de son collègue lui fait retrouver la terre ferme. Mais ce n'est pas à elle qu'il s'adresse, mais plutôt à son drôle de piaf, qui après un regard curieux, regagne d'un battement d'ailes sa cage dans la pièce d'à côté. Mouvement stratégique. Il accédait à une de ses demandes. Le fils de …

Dans un soupir excédé, la tête de la jeune femme vint tomber entre ses bras, frappant tout doucement et volontairement  le bord du bureau. Elle est coincée. Et maintenant, elle veut du thé.

" Très bien."

Elle se redresse, et se saisit de la petite tasse qu'elle tient bien serrée dans ses mains blêmes, sentant la brûlure que le liquide exerce sur son épiderme, malgré la porcelaine.

" Avant toute chose, sache qu'à la moindre remarque déplacée, je t'enfoncerai ta baguette là où le soleil ne brille pas. Et que si il y reste assez de place, j'y joindrai ton oiseau; ca vaut aussi si j'apprends que tu as bavé un seul mot de cette conversation en dehors de ce bureau."

Rapportant avec elle son petit trésor tout chaud, elle reprit sa position initiale, en tailleur sur l'assise du fauteuil. Un petit silence s'installe, simplement ponctué par le léger soufflement sur sa tasse pour en chasser la buée.

" Je vois des choses."

Suspicieuse, la jeune femme relève légèrement le regard pour le défier de justement faire une remarque dont il a le secret. Tout, dans son attitude, montre les crocs pour dissimuler la fragilité qu'elle sait visible dans son regard hanté, et qui lui fout la gerbe.

" Qui ne se sont pas encore produites. Je vois l'avenir, si tu préfères. Par flashs. Principalement quand je m'endors ou quand je me réveille. J'ai aucun contrôle dessus. Crois moi, j'ai essayé. Maintenant, vas-y, petit malin. Guéris moi à la source."

lumos maxima


GEALACH DUBH

You'll never beat the Irish
©️️ FRIMELDA

Spoiler:
 

Piers A. Elliot

Piers A. Elliot
Lucky Luke du RP
hiboux : 258
Sam 5 Oct - 21:57
Une étude en blancPiers@Hekate R. Murphy


28 novembre 2003 - vendredi, 17h
Le petit échange de piques se poursuit. Allez, Piers, sois sympa et laisse-lui le dernier mot si ça peut lui faire plaisir. Je me contente d'un haussement d'épaules ; être seul n'a jamais été quelque chose de négatif à mes yeux, bien au contraire ! Mais vu l'attention que mes anciens camarades de classe et actuels collègues ont l'air de porter à la vie privée d'autrui, j'ai fini par me faire à l'idée que cet aspect de mon existence serait souvent regardé d'un œil critique.
Je me contente de guetter les mouvements et expressions d'Hekate, écoutant attentivement ce qu'elle peut avoir à me dire, me faisant violence pour ne pas l'interrompre tout en sirotant mon thé. Il aurait mérité d'infuser un peu plus, d'ailleurs. Je tique à son premier élément d'explication. Une cardiomyopathie hypertrophique ? Sale histoire, du genre où j'aimais pas spécialement mettre les mains lors de mes années Sainte Mangouste. Du bout des doigts, je rapproche mon Atlas de l'anatomie sorcière. Si on en vient à des problèmes d'ordre cardiaque, autant dire que je suis pas qu'à moitié dans la merde : ça fait des plombes que j'ai rien fait de plus que stabiliser ce foutu muscle. Réfléchis, bon sang ! C'est peut-être une maladie de Fabry ? Non, chez les femmes hétérozygotes, elle reste généralement légère... et quand bien même, ça lui ferait une belle jambe d'avoir un joli nom à donner à son problème ; elle a raison, il n'existe à l'heure actuelle aucun traitement. Aucun fiable en tous cas ; il faudra que je me renseigne à mon prochain passage à Sainte Mangouste sur les traitements expérimentaux en cours... si tant est qu'elle accepte de s'y soumettre, avec les risques que ça présente.
Je pose ma main gauche sur la couverture du pavé, pensif, tandis qu'elle brise un long silence songeur. A son agressivité redoublé, je sens que je touche enfin au but, ou plus exactement à la vérité... et ce qu'elle me dit me laisse sans voix. Enfin, plus précisément, je manque de m'étouffer avec ma gorgée de thé, ne reprenant que de justesse ma convenance. D'un geste lent et mesuré, je repose ma tasse, l'observant intensément à la recherche du moindre signe de mensonge. Sa respiration est normale, de même que sa déglutition et sa nictation. Pas de trace de transpiration, d'agitation ou d'immobilité forcée. Par le cul velu de Merlin, elle est sérieuse ? J'ai signé pour un paquet de choses en me faisant embaucher à Poudlard, mais certainement pas pour des problèmes d'ordre divinatoire. Si j'avais su, j'aurais suivi cette option à l'époque, mais très franchement, je doute que j'en aurais eu quelque chose à cogner quand j'étais adolescent. Pour autant, il est strictement hors de question que je m'avoue vaincu.

J'admets... que je m'attendais à pas mal de choses, mais pas à ça.

Mes mains viennent encercler ma tasse de thé, cherchant quelque réconfort dans sa chaleur. Je comprends mieux sa méfiance ; je suppose que c'est pas le genre de choses que tu peux dire à n'importe qui, du moins pas sans passer pour le dernier des illuminés. Ok Piers, on fait chauffer les neurones. Qui d'autre tu connais qui a des visions ? Malheureusement, la liste est plutôt courte, puisqu'elle se limite à la brave Sybille Trelawney. Et autant dire qu'elle, pour ce que j'en sais, non seulement elle ne contrôle pas ses visions mais en plus elle n'en garde même pas le souvenir. C'est sûr que ça doit vachement lui faciliter la vie. Presque autant que ça complique la mienne...
Bon, j'ai pas soixante solutions, il faut quand même que je trouve quelque chose à dire à Hekate. Mais sans que ça passe pour un foutage de gueule en bonne et due forme, ça va être coton. Le plus facile serait de lui sortir un blabla niais et plat sur le fait que c'est une bénédiction ou Merlin-sait-quoi dont il faut qu'elle se serve, mais vu l'état dans lequel ça la met, c'est clairement perdu d'avance -en plus d'être un coup à me prendre un pain. Et inutile de minimiser l'impact du truc, ce serait presque pire.
Au final, le souci, c'est que les visions relèvent de la magie plus que de la physiologie -et ça, ça veut dire que je suis foutrement incapable de traiter le problème. Autant dire que je préférerais mourir étouffé dans un sac d'engrais à base de bouse de Veaudelune plutôt que de l'admettre. Hekate est venue me trouver pour que je règle son souci, elle ne partira pas sans une prescription digne de ce nom.
Mécaniquement, je pianote sur mon bureau. Mon regard se perd sur le mur derrière ma collègue alors que je passe mentalement en revue les chapitres des cinq volumes de Mille et uns stigmates dont je me souviens. Evidemment, aucun ne traite de visions ni même de divination, ce qui est quand même globalement accepté dans la société sorcière comme quelque chose de plutôt positif -après tout, on qualifie bien ça de don en général. Et du côté de la médecine moldue ? Il y a peut-être quelque chose à tirer...

Laisse-moi une seconde.

Me levant, je vais chercher dans ma bibliothèque un carnet de notes dans lequel j'ai inscrit mes différentes observations sur la médecine et les maladies moldues peu présentes ou reconnues dans le monde sorcier. J'attends tout juste d'être à nouveau assis pour commencer à le feuilleter vivement. Mon regard finit par s'arrêter sur un feuillet qui retient mon attention... peut-être qu'un antipsychotique pourrait faire effet ? Je retiens de justesse une grimace ; non seulement rien ne garantit le résultat de ce traitement, mais en plus je risquerais d'empirer la situation sur un coup de malchance.
En tous cas, je comprends mieux pourquoi elle tenait tant à se shooter aux somnifères. Je suppose qu'à sa place, je préférerais m'assommer sous des tonnes de potions plutôt que de subir ça régulièrement. Cependant, même cette compréhension nouvelle ne suffit pas à me convaincre de simplement accéder à sa demande. En plus, prendre deux minutes pour réfléchir à tout ça me fait réaliser une chose : il me manque des données pour réfléchir à un traitement alternatif.

Bon, si je suis si con que tu sembles le croire, tu comprendras bien qu'il va me falloir quelques infos supplémentaires. Aussi incroyable que ça puisse paraître, je peux imaginer que ce soit fatigant d'avoir des visions. Si tu me demandes une potion de sommeil sans rêve, c'est que ça bloque les visions, je suppose ? Tu as déjà essayé quelque chose de plus costaud ? Une potion de transe par exemple ?

Ca me rappelle la boutique qui a ouvert récemment sur le Chemin de Traverse, qui propose des potions de sommeil personnalisées. J'hésite à lui proposer, puis me rappelle l'avertissement sur la potentielle dépendance inscrit sur le panonceau. Maudits soient Merlin et sa barbe mitée, on est dans le pire des cercles vicieux. Quoi qu'on fasse, tant que la solution envisagée relève de l'ordre la potion, on risque la dépendance, si faible soit le dosage. La vraie question, c'est de savoir si le problème vient des visions en elles-mêmes ou du manque de sommeil qu'elles provoquent.

Est-ce que... Ok, je comprends bien que t'as pas du en parler à tout le château, mais est-ce qu'il y a d'autres personnes au courant pour tes visions ?

Putain, quelle angoisse. Y a une raison pour laquelle j'ai pas choisi la psychomagie : les thunes. Et une autre : le fait que je suis nul pour ce genre de trucs. Pourtant, je me rappelle un truc de ma première année d'études : la santé mentale est hyper importante et impacte le reste, et il paraît que ça fait du bien d'en parler parfois. C'est bien pour ça que je l'ai forcée à rester à la base. Bordel, je me sens si paumé que mes pensées tournent en rond.

Comme je l'ai déjà dit, tout ce que tu dis dans ce bureau y reste. Tu peux me prendre pour un con autant que tu le souhaites, mais tu sais ce que je vaux comme professionnel. Et quand t'es dans ma branche, si t'es pas foutu de la boucler, tu vaux tripettes parce que tu te fais virer. C'est peut-être pas un Serment Inviolable qu'on passe, mais on en est pas loin.

Et tu vas où comme ça, Piers ? Tu vas lui dire que tu veux bien devenir son copain pour qu'elle te raconte ses rêves flippants ? Mais bien sûr, elle va y croire, à 100%. Pour la millième fois, je suis pas un foutu psychomage !

Je pense que ça pourrait être bénéfique que tu gardes pas ça pour toi. Vu que ton médicomage traitant est un gros con, tu vas sûrement vouloir envisager d'autres solutions. Tu as déjà essayé de consigner ça dans un carnet ? Y a des gens à qui tu peux en parler ?

Dans le cas contraire, ça veut dire que je suis son meilleur recours, et ça, par Merlin, c'est un truc que je souhaiterais à personne sur le long terme -et que je me souhaite pas non plus, dans l'absolu.

- 1608 mots -

Hekate R. Murphy

Hekate R. Murphy
MEMBRE
hiboux : 356
pictures : Une étude en blanc [Hekate] 1569190336-tumblr-o01dtrbddu1rftd23o4-500
Dim 6 Oct - 22:01
Une étude en blanc


ft. @Piers A. Elliot ( 1 312 mts )


On y était.  Le silence avait remplacé les piques qu'elle lui lançait avec acharnement depuis qu'il avait tout de go refusé d'accéder à sa demande. Du moins avoir eu avec elle une discussion nécessaire mais dont elle se serait bien passé. Le visage songeur du médicomage juste en face d'elle lui échappait totalement tant elle était plongée dans des tiraillements intérieurs qu'elle ne pensait pas revivre. Ca n'était hélas pas un problème dont on pouvait parler librement. Une maladie aurait plus agréable, en fin de compte. On suscitait toujours autant des émotions désagréables. La pitié. La compassion. Mais les désordres physiques étaient reconnus. On avait des preuves, des marques, des symptômes. C'était quelque chose de particulièrement simple à prouver. C'était sans doute pour ça qu'elle avait consentit à avouer en premier lieu le léger désagrément qui pesait sur son corps depuis sa naissance. Une grossesse entière passée repliée sur le côté gauche avait naturellement ralenti le développement des organes internes et de légers problèmes moteur. Rien de terrible, des picotements dans les doigts sous la fatigue. Un muscle qui tremble. Tout au plus une faible force musculaire qui entraînait une petite faiblesse cardiaque et un essoufflement  rapide. La cigarette n'arrangeait rien…

Quelles preuves pouvait-elle apporter à ce qu'elle venait de balancer, elle ? Pas de diagnostique médical. Pas d'examen. Peut être qu'en se forçant un peu, elle aurait pu lui faire une petite prédiction de rien du tout. Mais tout comme elle, il n'aurait pas eu les moyens de le vérifier. Et imaginer de nouveau la sensation douloureuse de son cerveau se comprimant sous le défilé de flashs et de lumière ne lui semblait pas vraiment enviable. Il était hors de question qu'elle se fasse du mal pour les beaux yeux de Piers.

Pour la première fois depuis qu'elle est entrée dans sa petite infirmerie parfaitement rangée, il semble perdre son calme caractéristique et cet air presque pédant qui a toujours le don de donner à Hekate des envies sauvages d'émasculation. Malgré la crainte que sa parole soit remise en doute, la jeune femme ne peut qu'esquisser un sourire moqueur en entendant le léger gargouillis qu'il produit derrière sa tasse. Parfaitement maîtrisé - il fallait l'admettre - le trouble laisse place à une observation médicale.


" Ca, j'en doute pas. Nouveau tournant dans ta carrière, pas vrai."

Son sourire moqueur s'effaça à l'instant même où elle leva la main pour porter la tasse de thé à ses lèvres, y laissant une légère trace de rouge à lèvres. La gorgée de boisson chaude réchauffa lentement son œsophage, venant diffuser sa chaleur agréable au cœur de sa poitrine. Il la croyait. Il ne la pensait pas folle. Ou si c'était le cas, il le cachait bien. Et même si c'était le cas, elle lui était reconnaissante que s'abstenir de toute remarque, moqueuse ou négative.  Mais l'immobilité et l'odeur agréable du thé avait un effet secondaire déplaisant. Déjà, elle sentait ses paupières devenir plus lourdes et sa nictation, un peu plus rapide qu'à l'accoutumée, l'aidait à dissiper le flou du sommeil qu'elle se refusait. Pour compenser, ou du moins pour attirer ailleurs l'attention de son cerveau, elle tripotait calmement l'ourlet de son jean, ou laissait sa jambe droite trembloter légèrement. Bouger aidait à rester éveillée.
Sans savoir pourquoi, le silence de Piers le rendait plus agréable à ses yeux. L'Irlandaise pouvait voir, à la manière dont ses doigts pianotaient sur le bureau, qu'il se creusait les méninges afin de trouver quelque chose à dire. A faire. D'un signe vague de la main, Hekate balaya ses excuses, le laissant se lever pour reporter son attention sur sa tasse de thé qu'elle vidait doucement, à force de petits gorgées.

L'atmosphère se troubla bientôt de simples bruits de pages que l'on tourne alors qu'il se plongeait dans le carnet de note qu'il vient de rapporter, sous le regard mi-curieux mi-suspicieux de la jeune femme. Malgré son envie évidente de l'aider, elle doutait fort qu'il ne trouve dans ses bouquins une quelconque manière de " régler le problème à la source", comme il s'était plu à le lui répéter plus tôt. Sans quoi, elle aurait déjà trouvé. Depuis son adolescence, Hekate épluchait les livres de médicomagies, de divinations, de pathologies diverses et variées afin de trouver de quoi remédier à tout ça. Même au cours de ses voyages, elle avait fait choux blanc. Peut être ne cherchait-elle pas dans la bonne direction. Peut être avait-elle eu tort de baisser les bras, mais il  lui apparaissait clairement que ce problème était impossible à résoudre.


" Non."

Hekate secoua la tête, reposant sa tasse vide sur le bord du bureau, regrettant déjà la douceur du thé.

" Ca ne bloque pas les visions. En fait, je me suis rendue compte qu'elles apparaissent surtout au moment des phases de sommeil lent léger. A l'endormissement, et à chaque renouvellement d'un cycle de 2 heures, je suppose que c'est parce que je ne suis pas en état de les repousser.J'en ai rarement, voir pas du tout pendant le sommeil profond, et quand je suis réveillée, j'arrive un peu à les réguler… La potion de sommeil sans rêves m'aide à passer directement d'une légère somnolence à un sommeil profond. J'ai fais pas mal de cocktails de somnifères moldus."

Elle se mordilla la pulpe du pouce.

" Mais la dépendance est bien plus forte que pour les potions, et les nausées au réveil sont insupportables. Quant à la potion de transe, j'ai.. Ouais. On va dire que j'ai déjà tenté plus d'une fois, y'a quelques années. C'était pas joyeux. Et pas une solution."

Aussi clairement que si il avait été là, la voix de son cher Nasiya résonna dans son crâne. Les réminiscences du sermon qu'il avait dû lui faire plusieurs fois depuis qu'ils s'étaient rencontré, vingt ans plus tôt. Les potions n'étaient pas une solution. Fut un temps où il avait même refusé de lui en fournir, pour endiguer la dépendance qu'elle refusait de voir et que lui avait clairement vu. Son cher amour… Qui allait probablement la tuer si il apprenait qu'elle était venu demander des potions de sommeil à quelqu'un d'autre que lui, le grand spécialiste.  

" Au château ? Non, tu es le seul, hormis Severus. En dehors, et bien.. C'est un truc de famille, alors ma mère et mon frère. Il y a @Nasiya Abasinde, aussi. Il bosse sur le chemin de Traverse et est particulièrement doué pour les leçons de moral. Comme toi. "

Sa grand-mère maternelle avait souffert du même problème, c'était de notoriété publique, dans la famille. Malheureusement, elle était décédée avant que Kate n'ai pu savoir comment elle avait réussi à gérer le bordel que ça foutait dans son crâne. Avant même que ses propres visions ne se déclenchent. On avait retrouvé la vieille dame dans sa maison, le gaz ouvert. A 87 ans, on avait supposé qu'elle s'était endormie en faisant chauffer de l'eau pour le thé. Mais plus d'une fois, Kate s'était demandé si l'accident en était vraiment un. Si ca n'était pas le cas, elle pouvait comprendre son geste.

Un petit rire s'échappa de ses lèvres.

" Oh un peu que c'est un serment inviolable. Si tu parles, je te tue, et je fais bouffer ton corps au Calamar du Lac Noir. C'est aussi simple que ça."

Menacer Piers de mort lui redonna un léger contrôle de la situation, et elle se mit à respirer plus librement.

" Pas de carnet. Et je n'en parle pas. Les gens ont une horreur étrange pour ce qui est de l'avenir. Ca génère des angoisses inutiles et j'aime trop peu de monde pour me permettre de leur causer du soucis, du moins quand je peux l'éviter. Toi… toi je m'en fous. Tu as sans doute connu pire, et ton manque de compassion fait que tu ne te laisseras pas affecter. Ca m'arrange. Mais maintenant, tu comprends pourquoi j'ai besoin de cette potion. A moins que tu n'ais autre chose à proposer, évidemment."


lumos maxima


GEALACH DUBH

You'll never beat the Irish
©️️ FRIMELDA

Spoiler:
 

Piers A. Elliot

Piers A. Elliot
Lucky Luke du RP
hiboux : 258
Lun 7 Oct - 0:29
Une étude en blancPiers@Hekate R. Murphy


28 novembre 2003 - vendredi, 17h
Un nouveau tournant dans ma carrière, c'est bien le moins qu'on puisse dire : généralement, les gens viennent me voir pour un problème que je suis censé être en mesure de régler, pas pour un truc totalement mystique. Cela étant dit, je serais bien en peine de nier le fait que ce nouveau challenge, d'ordre tout à fait inédit de surcroît, me plaît énormément.
Avec le recul, son état expliquait beaucoup de choses sur son comportement... et surtout sur son agressivité. Ce n'était pas vraiment le genre d'argument qu'on pouvait ressortir dans une discussion lambda pour expliquer une pointe de susceptibilité. J'en venais à me demander combien de fois elle s'était heurtée à l'incrédulité et au mépris de ses interlocuteurs.
Ouvrant un tiroir verrouillé de mon bureau, j'en tire un épais bloc-notes. M'emparant d'une belle plume de hibou flambante neuve, je commence à griffonner quelques notes, usant et abusant d'abréviations et de raccourcis, rendant le compte-rendu proprement incompréhensible à un éventuel lecteur trop curieux. Sur ce genre de cas complexes, impossible de tout retenir sans prendre de notes, qui me permettront avec de la chance d'arranger un tant soit peu la situation de ma très chère collègue.
J'en profite pour réfléchir un peu à sa remarque sur le futur. C'est vrai qu'en ce qui me concerne, j'ai aucune foutue envie de savoir comment les choses vont partir en couille ; déjà, savoir que ça va péter me colle suffisamment le blues pour que je me passe du détail. Alors, avoir ce savoir tout en sachant pertinemment que les personnes concernées préféreront se boucher les oreilles en chantant faux plutôt que de l'entendre ? Proprement insupportable.
J'inscris avec une attention quasi-religieuse tous les détails qu'elle peut me donner. Je ne la remercierai évidemment pas de me faciliter à ce point la tâche en me fournissant d'emblée des données précises. On voit qu'elle a longuement analysé son problème. Par le bide adipeux de Merlin, depuis combien de temps elle se traîne ça ? Vingt huit ans ? C'est bien ce qu'elle a dit non ? Bordel, je peux difficilement imaginer la charge mentale que ça doit représenter. Une fois tout pris en note, je pose le bloc-notes sur la table et le fais pivoter de sorte que Hekate puisse en contrôler le contenu.

Je vais juste garder ça sous le coude, histoire de rien oublier à l'avenir. Parce que comme tu l'as compris, je suis trop con pour simplement m'arrêter là.

Je me redresse un peu sur mon fauteuil, parfaitement conscient que la suite du programme va profondément déplaire à la petite Irlandaise. Remets une couche de la technique du mainate mon p'tit Piers, elle a fait ses preuves.

Je vais te filer ta potion de sommeil. Soyons honnêtes, à cette heure de la journée je vais probablement pas sortir une solution miracle de mon chapeau pointu. Tu vas sûrement te foutre de ma gueule ad vitam, mais quand je suis devenu médicomage à part entière, j'ai juré de tout faire pour soulager les souffrances. Et que ça me plaise ou non -merde, que ça TE plaise ou non-, tu es aussi concernée que les autres par cette promesse.

Je pianote encore une paire de fois sur mon bureau, cherchant la meilleure façon d'amener ce qui va venir -en vain. Pour gratter un peu de temps, je quitte mon fauteuil, baguette en main, déverrouillant mon étagère afin d'en tirer un petit flacon scellé. Je le pose sur le bureau, entre nous deux -mais un peu plus proche de moi que d'elle.

Une potion de sommeil sans rêve concocté par ton Détraqueur préféré. Tu vas passer une nuit aussi paisible que faire se peut, et dans les meilleures conditions possibles.

Enfin, les meilleures à mes yeux. Et certainement les pires pour elle.

Tu vas rester à l'infirmerie, sous surveillance médicale pour la nuit.

Je ferme brièvement les yeux, me préparant psychologiquement au torrent d'insultes qui va très certainement suivre. Bon, pas que ça m'atteigne vraiment, mais c'est toujours une douloureuse perte de temps et un moment dénué de valeur médicale. Je la laisse exprimer son... désarroi... aussi longtemps qu'elle le désire, avant de reprendre.

Je vais contrôler ton activité cérébrale au cours de la nuit, de manière non invasive évidemment. Sans trop entrer dans le détail, s'il s'avère que ton cerveau s'agite pendant tes visions d'une façon qui ressemble à une autre... pathologie, je pourrai m'atteler à développer une potion ou un traitement alternatif sur mesure.

Ça, Piers, c'est un poil prétentieux de ta part. T'es pas mauvais en potions, mais en développer une ? Bon, la bonne nouvelle, c'est que d'après les infos données par Hekate, je pourrai mettre @Severus Rogue et @Nasiya Abasinde dans le coup : un maître des potions incontesté et un spécialiste du sommeil... à nous trois, on devrait certainement pouvoir trouver une solution viable. Bon, les chances qu'on développe une solution miracle qui ne nécessite pas une prise régulière sont quasiment inexistantes, mais peut-être qu'une potion plus adaptée aura moins d'effets secondaires indésirables.
Se pose encore la question de l'accoutumance. Je n'ai jamais eu l'occasion de lire une recherche sur les facteurs de dépendance dans les potions. Encore un point sur lequel mes collègues potionnistes pourront peut-être m'éclairer. Dans le doute, il faudra aussi que j'envoie un hibou à mes anciens collègues de Sainte-Mangouste. Bon, pas à Strickland, qui me déteste depuis le cas Oaks. Et pas non plus à Benson, qui n'a pas digéré que je mentionne ses infidélités alors qu'il était en consultation avec sa femme. Andrews pourrait me dépanner. Enfin, il aurait pu si la dragoncelle ne l'avait pas emporté l'année dernière. Bon, je vais pas me prendre la tête : j'enverrai un message au petit Lewis, avec une bonne dose de chance il aurait de meilleurs contacts que moi au sein de l'hôpital.
Ma décision prise, je reporte mon attention sur Hekate. Il va falloir que je double les protections sur les verrous des portes. Et sur ceux de mon armoire à pharmacie. Et aussi celles de la porte de l'arrière-bureau, je ne voudrais pas qu'elle s'en prenne à Hermès en mon absence. Au moins, le bon côté de la potion de sommeil, c'est que si je pique un somme pendant sa surveillance elle ne risque pas de se réveiller et de m'étrangler au beau milieu de la nuit.

Donc je te résume le deal : je te fournis des potions de sommeil quand tu as besoin d'une nuit tranquille, et en échange tu me laisses étudier ce qui t'arrive sur le plan médical. Je me doute que ça a déjà été fait, mais je préfère l'observer par moi-même.

Je m'accorde quelques mois d'enquête avant d'admettre que le cas est au-delà des compétences de la médicomagie moderne. Enfin, quelques mois, si tant est que Hekate ne prenne pas la poudre d'escampette d'ici là. La bonne nouvelle, c'est que maintenant, je sais que j'ai de nouveaux alliés. Et en plus, ce sont des gens que je n'ai pas encore eu l'occasion de me mettre complètement à dos.

Si t'y mets du tien, je ferai mon possible pour avoir... autre chose à te proposer, comme tu dis. C'est mon boulot, après tout.


- 1276 mots -

Notes dans le carnet:
 

Hekate R. Murphy

Hekate R. Murphy
MEMBRE
hiboux : 356
pictures : Une étude en blanc [Hekate] 1569190336-tumblr-o01dtrbddu1rftd23o4-500
Dim 10 Nov - 1:47
Une étude en blanc


ft. @Piers A. Elliot ( 859 mts )
Il y avait quelque chose de particulièrement rassurant à voir avec quelle rigueur Piers consignait sur son énorme bloc notes tous les détails qu’elle voulait bien lui donner, détails accumulés après des années de recherches infructueuses. En quelques sortes, son empressement à rédiger un compte rendu qui n’omettait aucune information lui laissait présager qu’effectivement, il allait l’aider. Hekate ne se nourrissait pourtant pas d’illusions. Elle savait parfaitement si il y avait eu un remède quelconque pour faire disparaître ce don maudit des dieux, elle l’aurait trouvé. Non, elle n’en était plus à chercher des solutions, simplement des palliatifs. Peut être était-elle trop défaitiste, mais elle avait passé tant d’années à espérer, à entretenir ne serait-ce qu’une maigre lueur… Bordel, à trente-cinq ans, elle était fatiguée, et quand bien même cela lui arrachait la gueule de l’avouer, mais Piers se dessinait comme le dernier espoir d’une nuit calme et sereine. De manière saine, cela dit. Elle aurait très bien pu faire comme au bon vieux temps, et s’enfiler une bouteille de scotch en espérant tomber, mais donner cours avec la gueule de bois était totalement exclue.

Hekate balaya l’air de la main.

Prends des notes si ça te plais. Si j’ai d’autres informations qui me reviennent, je viendrais te mettre au courant. Mais je pense avoir tout… Heum. J’ai aussi des douleurs à la tête, quelques secondes avant une vision. Comment te l’expliquer. C’est un peu comme la douleur fulgurante que tu peux avoir en buvant ou en mangeant trop vite quelque chose de glacé.

Voilà. Maintenant il savait à peu près tout. Elle déléguait la recherche du soulagement entre ses mains de médicomage. Peut être que lui était le plus à même à trouver une solution. Et si ça n’était pas le cas… Et bien elle aurait toujours essayé.

Comme il avait dû s’y attendre, c’est un soupir de soulagement qui vient accueillir la déclaration de son collègue. Il allait céder. Lui donner la potion de sommeil tant méritée.

Putain, merci.

Pendant un instant, l’air hautain qu’elle s’efforçait tous les jours de conserver se dissipa et il sembla que les cernes qui entouraient ses yeux se faisaient plus profondes, et que sa peau blanche laissait transparaître un peu plus le bleuté de ses veines. Une nuit de plus sans sommeil, et elle finissait par disparaître totalement. A devenir aussi transparente que Nick Quasi-Sans-Tête, ou que la Dame Grise.

Cependant, il avait quelque chose dans l’attitude de Piers qui lui intimait de rester sur ses gardes. Ses doigts qui pianotaient sur les accoudoirs de son fauteuil n’augurait rien de bon. Pourquoi est-ce qu’il paraissait aussi gêné ? Hekate plissa les yeux. Une nuit paisible ? Dans les meilleures conditions ? Détraqueur préféré ? Bordel, il lui cachait quelque chose, le fils de mangemort. Ses iris dorés se perdirent dans le liquide contenu par la petite fiole qu’il venait de déposer sur le bureau.

Accouche, Piers !
- Tu vas rester à l'infirmerie, sous surveillance médicale pour la nuit.
- QUOI ?! POURQUOI ? Nan, pas pourquoi ! C’est hors de question ! Je te demande une solution, pas que tu m’observes comme un vulgaire crapaud à trois têtes ! J’suis pas un modèle pour la science, ok ? J’vais pas passer la nuit dans ta putain d’infirmerie simplement pour satisfaire ta curiosité médicale !

Finalement, elle pouvait très bien se passer de lui ! Une nuit de plus à ne pas dormir, et ensuite, elle se résoudrait à aller voir Nasiya pour qu’il accepte de lui offrir, l’espace de quelques temps, une des potions dont il avait le secret. Bien sûr, elle serait obligée de lui parler, à lui aussi, mais elle préférait ça à rester ici pour passer la nuit.

Hekate allait se lever pour quitter les lieux. Et puis elle baissa un instant les yeux sur les mains blêmes qu’elle serraient sur ses genoux. De qui elle se moquait ? Elle avait besoin de lui. C’était des foutaises de se mettre dans un tel état. Elle voulait juste dormir…

Je… Ouais. Soit.

Et plus elle y réfléchissait, plus les lits qui s’étendaient le long des murs lui paraissaient confortables… Et la présence de cette insupportable petit con était rassurante. Si jamais la potion ne fonctionnait pas, elle ne se réveillerait pas seule. Elle aurait quelqu’un à côté d’elle. Quelqu’un qui saurait pourquoi elle afficherait ce regard hanté.

Mais si je prends cette potion, je n’aurais aucune vision, si tout se passe comme prévu… Tu peux toujours essayer de voir si quelque chose se produit, mais je suis persuadée que tu ne verras rien. Si vraiment tu as envie de voir ce qui se passe dans mon crâne, il faudrait une potion moins puissante que celle de sommeil sans rêves.

Hekate passa une main sur son visage.

Mais pas.. Pas ce soir. Je suis trop fatiguée, d’accord ? Je veux juste dormir. Une fois que je serais reposée, ouais, je viendrais passer une nuit sans m’assommer de potions. Là, je veux juste pioncer. Ici ou ailleurs, je m’en fous… Deal.

Ouais. Deal.

“ A quelle heure tu veux que je revienne ? T’as des conditions particulières ? Des conneries comme pas de bijoux, ou pas fumer une heure avant de se pieuter, j’en sais rien.
lumos maxima


GEALACH DUBH

You'll never beat the Irish
©️️ FRIMELDA

Spoiler:
 

Contenu sponsorisé

Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum