Jolies guibolles entrent dans la danse ft. H. Jean Granger
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Nasiya Abasinde
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Ven 5 Avr - 0:24

Jolies guibolles entrent dans la danse

Douce Granger, te laisseras-tu tenter ?


Frisson. Sa langue joue avec la peau sur mon cou, ses lèvres viennent s'arrêter trop longuement à la démarcation de ma pomme d'Adam, et je déglutis. Des années sans lui, et je deviens fou sous ses doigts. Sourire narquois. Il murmure des mots sales, il a pris confiance, mon beau chaton. Je glisse mes doigts dans ses cheveux, mais déjà il m'échappe, il grommelle des histoires au ministère, des réunions avec d'autres diplomates, et je grogne. Ses doigts bronzés, déjà pâlis par la terne ambiance londonienne, viennent caresser mon torse, et de gestes doux il m'apaise de promesses de soirée folle. Je repousse sa main et me redresse, ce soir on verra. Déjà je me rhabille, drapé dans une longue chemise aux teintes ocres, pantalon fluide enfilé en vitesse. Il lève les yeux au ciel, Josiah, toujours aussi lassé de mes élans d'humeur. On a perdu l'habitude, après des années loin de l'autre, des années à ne pas savoir si on respirait encore le même air, on ne sait plus comment se parler, comment s'adorer. Encore sait-on toujours se toucher, c'est bien suffisant.

Je dévale les escaliers, adresse un salut grognon à Noah qui me rend un sourire narquois. Un joli doigt élancé lui donne seule réponse, et son sourire de suite se transforme en fou rire. Symphonie habituelle de mes matinées. Je m'effondre dans mon atelier, jetant un regard mauvais aux potions qui m'attendent. Les clients s'enchainent, le succès ne tarit pas, et ma liste s'allonge de jour en jour. Je n'aime pas ça. Les potions, cela prend du temps, les rêves, ça se trafique sur la durée, lentement, gentiment, avec amour, passion - il va falloir que je suspende les commandes spéciales. Trop de gens malheureux, dans cette ville. Trop d'âmes perdues en recherche d'un frisson de bonheur, d'une onde de plaisir.

Josiah claque la porte d'entrée, Noah est toujours plongé dans son fou rire, et je me prends la tête entre les mains. Elles tremblent encore. Soupir. Long soupir. Je me redresse, sort dans la cour derrière l'atelier, et fouille dans mes poches pour trouver quelques feuilles de mandragore. Quelque taffes plus tard, je suis de retour dans l'atelier - toujours autant de bordel, de potions à préparer. L'envie de tout plaquer est toujours là, pressante, se glissant dans toutes mes veines, me contaminant l'esprit. Londres, la grisaille, Josiah qui me caresse, qui m'enlace, qui fuit en réunion, pas trop vite, attachons-nous lentement, redécouvrons-nous, tant de temps est passé.

Je grogne et, d'un geste, enfile des gants, pour protéger ma bague, et empêcher les restes de mandragore d'infecter les ingrédients. Les heures défilent, alors que je me plonge dans les commandes, rêve de chasse poursuite ici, rêve de plongée infinie là, rêve de chaînes et de soupirs pour ce dernier. Chacun se révèle à moi, si facilement. Ils préfèrent s'abandonner à un pauvre étranger, un homme trop charmant, qu'ils ne reverront jamais, pensent-ils. Sauf qu'ils reviennent, et ils reviennent, et j'en sais bientôt plus sur eux que leur propre partenaire, ou leur génitrice.

Main sur mon épaule. Le jus de sangsue reste suspendu au dessus du chaudron, mes yeux se tournent vers Noah, air fatigué. Il est rare que je n'entende pas mes clients arriver. À son air un peu embêté, c'est encore un spécial. Une visite privée s'entend, apparemment. J'ôte mes gants, masse mes tempes, et un sourire nonchalant tombe sur mes lèvres. Qui donc vient se frotter à moi, pour que Noah ait besoin de venir me voir ?

Je repousse les voiles qui séparent la boutique de l'atelier, et me glisse derrière le comptoir. Une femme élégante, visage encore plein de jeunesse, cheveux remontés, dos crispé. Elle n'est pas à l'aise. Mon sourire nonchalant se fond en un rictus amusé. C'est la belle Granger, si je ne m'abuse. Sainte Granger, douce Granger, figure docile et forte auprès du cher Ministre. Que viennent faire ses tendres petites guibolles dans mes contrées ? Je garde le silence quelques instants, laissant mes yeux se perdre sur tout ce que ma boutique propose. Des étagères entières, du sol au plafond, qui sont remplis de stocks tout prêts, de potions pré-définies, pour toutes sortes de besoins. Des rêves qui font rire, d'autres qui font se serrer le coeur d'amour. Des amphores de toutes les formes qui se rentrent dedans, et une illusion qui laisse paraître le liquide comme des petits grains de sable. Noah a eu l'idée, pour cette illusion. Wassim et lui y ont travaillé plusieurs jours, avant qu'il ne disparaisse. Ça plait beaucoup, aux clients. C'est exotique, vous comprenez.

Toujours silencieux, je contourne le comptoir et viens me placer derrière sa silhouette délicate. À une distance respectable, mais presque inadmissible, ma langue se délie et vient souffler :

- Alors, mademoiselle Granger, comment vais-je vous faire rêver ce soir ?
Awful
H. Jean Granger
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Sam 13 Avr - 14:42




















 ❝ JOLIES GUIBOLLES ❞

ft. @"Nasya Abasinde"




   C’est en feuilletant des rapports d’inspection que tu as entendu pour la première fois parler de cette boutique. Nouvelle ouverte sur le Chemin de Traverse, inquiétante et fascinante à la fois. Tu en entends le meilleur comme le pire, et sans cesse, pour toi qui ne rêve plus, cette boutique prend des allures d’interdit.

Trafiquer ses rêves, s’en amputer, tu connais. Cela fait plusieurs années que tu carbures à la potion de sommeil sans rêve. Tes nuits ressemblent à ces vides noirs, oppressants et revigorant. Un oubli te prend. Sitôt le liquide lapé, tu t’effondres sur ton oreiller et tu laisses l’oubli t’engloutir. Rêver est un acte intime, ultime. C’est l’apanage de ceux qui ont encore une personnalité, des aspirations. En as-tu ? Tu ne saurais dire. Comme beaucoup, tu es de ceux et celles que la guerre a fracassé de l’intérieur.

Cela se voit. Tes cicatrices, tu les exhibes. Robe élégante dévoilant les traces de torture sur tes jambes. Le dos de ta main à nu est aussi zébré des sévices que tu as subis. Tu n’as jamais totalement récupéré ta dextérité avec tes doigts, d’ailleurs, et leur sensibilité s’en est trouvée un peu amoindrie. Et puis il a ces blessures que tu ne peux exposer et que l’on devine. Sous ta robe, de nouvelles toiles d’araignée blanche et argentées. Magie noire. Traces blanches sur ta peau claire. Et il y a, enfin, ces cicatrices que personne ne peut entrevoir ni deviner. Celles de ton âmes.

Ce sont celles-là qui t’ont finalement fait pousser la porte de l’échoppe. Un peu honteuse, un peu exaltée. Tu ne pensais pas voir un jour une boutique comme ça. Est-ce seulement légal ? Le dossier est venu sur ton bureau parce que d’autres se posent la même question. Tu ne sais pas trop quoi en penser, alors tu t’es mise un coup de pied aux fesses et tu as franchi le seuil. Coup d’oeil, sourire au tenancier. Tu lorgnes avec curiosité les étagères, tu lis les étiquettes. Tu sais que tu as été reconnue. Qui ne te connais pas, de toute façon ? Ta pomme fait régulièrement la une, alors… Si on t’avait dit un jour que le laideron de service à la toison crépue finirait par jouer les beautés souriantes et photogéniques dans la Gazette du sorcier… Comme quoi, le destin a un drôle de sens de l’humour.

Tu te déplaces avec précaution. Tu ne veux rien casser par un geste malhabile et tu ne veux pas laisser percevoir ton trouble. Cette boutique, c’est ta boite de Pandore. Ton Graal et ton Enfer. Tu fuis tes rêves, tu les évites parce qu’ils finissent invariablement par te montrer des morts, par te faire endurer ce que tu as vécu et ce que tu aurais pu vivre. Malefoy. Avery. Nott. Carrow. Lestrange. Des noms qui déchirent tes songes.

Ron aussi.

Tu préfères ne pas y penser.

C’est perdue dans tes réflexions que te trouve un nouveau venu. Le proprio, manifestement. Tu ne le vois pas arriver, tu ne l’entends pas approcher. Aussi, lorsque sa voix résonne un peu trop proche de ton oreille, tu tressailles. Accents veloutés roulent entre d’inhabituellement sombres lèvres. Quoi que l’on en dise, il y a trop peu de couleurs sur les carnes des sorciers de la Vieille Angleterre. Tu peines à reconnaître l’accent mais tu te souviens du nom de l’homme pour l’avoir lu dans le dossier échu sur ton bureau.

« Monsieur Abadinde je présume ? » Le nom te paraît tellement étrange, tellement exotique à prononcer. « J’espère que je n’ai pas mal prononcé votre nom. »

Sourire éclatant. De ceux que tu offres aux caméras et aux journalistes. L’on ne remarque généralement pas qu’il ne fait que peut étinceler ton regard, malgré la douceur de ton expression.

« Je dois dire que j’étais curieuse de découvrir cette boutique dont on parle partout depuis quelques temps. Vous pourriez me faire rêver en m’expliquant ce que vous y faites, par exemple. Ce serait une bonne façon d’étancher ma curiosité. »
   



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Nasiya Abasinde
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Lun 22 Avr - 9:53

Jolies guibolles entrent dans la danse

Douce Granger, te laisseras-tu tenter ?


Des frissons secouent la jeune femme, quelque secondes à peine, suffisamment longtemps seulement pour que je le réalise. Mes lèvres se tordent en un sourire enjôleur, ravi d’avoir posé mes premières marques. Le charme se teinte de moquerie, à peine perceptible, lorsque sa voix s’élève et que mon nom se dénature sous sa langue. Je hausse les épaules, fataliste sur-enjoué, et murmure :

-  Ah, très chère, qui ici n’écorche pas mon nom ? Abasssinde, si vous le voulez bien. Sss, comme un serpent, je me faufile, vous voyez ?

Sourire se fait presque carnassier. Je m’éloigne pourtant d’un pas alors que le visage de l’enfant se teinte d’un sourire éclatant. Sourcils se froncent. Souffle froid. À peine quelques pas faits dans ma demeure, quelques paroles échangées, et déjà ces fausses politesses, ces sourires qui ne ravissent que les journaux. Aucun oeil qui pétille, aucune ridule amusée au coin des lèvres, pas de dos relâché, tout transpire la bonne tenue. Ah, évidemment. Ô Marchand’Sable n’hérite que des rescapés, des gens blessés, malheureux. Ceux-là ne savent plus être doux, honnête, les sourires heureux n’ont plus de saveur entre leurs lèvres. La visite est donc purement personnelle. Douce compagne de Potter ne vient pas me fouiner l’arrière-boutique, menée par envie de justice et de droiture. Petit pas sur le côté, voilà qui la tente bien plus. Elle reprend la parole, et un élan de bienséance sorti de je ne sais où me pousse à laisser fleurir un sourire modeste lorsqu’elle cite le succès récent de ma boutique. Sourire qui prend un air bien plus enthousiaste à son envie d’en apprendre plus sur mes talents. Si l’oeil de mon vis-à-vis est terne de joie de vivre, il brille tout de même de lueurs d’intelligence, et je n’aime rien tant que d’échanger avec individu capable de suivre. J’hésite, quelques instants, sur la démarche à suivre : discussion commerciale ou envolée lyrique sur les milles et une merveille que cache la confection des rêves ?

-  Mademoiselle Granger, vous imaginez bien que je ne vais faire que redoubler votre curiosité - mes secrets ne seront jamais qu’à moitié livrés, et cela vous rendra folle. Je le sais bien, je connais votre regard, j’avais le même en découvrant cet art fabuleux. Mais venez, je vous en prie, prenez place ici, vous aurez une vue d’ensemble sur mes travaux.

Ma main se glisse habilement derrière son dos, demeurant en surface, frôlant à peine sa robe, alors que je la guide vers le comptoir, où un tabouret élevé se tient. Alors qu’elle s’installe, je m’adosse à ses côtés et fais un large geste englobant la boutique :

-  Je n’ai jamais travaillé en endroit restreint avant cette chère boutique, aussi mon art est-il pluriforme et puise-t-il dans les manes de toutes les sorcelleries. Il prend sa base dans un domaine très classique, dont vous connaissez j’imagine toutes les possibilités : l’art des potions. Toutes ces petites fioles sont donc de simples liquides à ingérer, quelques petites gouttes vous entendez bien, pour s’envoler.

Mon regard se plante dans le sien et, alors que mes mains se mouvent adroitement, une fiole s’envole depuis l’étagère gauche pour venir flotter sous les yeux de ma curieuse cliente. Distraitement, deux de mes doigts continuent leurs mouvements circulaires, gardant l’objet à bonne hauteur.

-  Certains distillent la mort, quand d’autres s’échinent à transposer la chance en liquide. Ma chère, ici, nous nous contentons de vous faire rêver. Si cela facilite votre compréhension, imaginez une potion de sommeil simple - vous connaissez, je crois.

Cela se voit à ses yeux. Tous ne le discerneront pas, mais j’ai encore la chance d’être un talentueux potioniste, et d’être aidé par certaines connaissances asiatiques. Elle a le regard des gens qui dorment pour dormir, qui ne connaissent pas les bras de Morphée, les nerfs tendus de ceux qui donneraient tout pour revoir, au moins une fois, l’imaginaire des rêves.

-  Prenez donc cette potion de sommeil, et pimp it up, comme vous dites. À chaque exemple, mes doigts reprennent une ronde spéciale et diverses fioles viennent nous entourer :  Certains préfèrent les rêves doux et tendres, les souvenirs de vacances. D’autres encore sont en recherche d’adrénaline, de sueurs froides. Il y a de tout, pour tout le monde. Peut-être voulez-vous quelqu’un qui arracherait lentement les boutons de cette robe ? J’ai cela aussi pour vous, et évidemment, en toute confidentialité. Vous imaginez bien que certains n’aspirent pas à ce que tout le monde sorcier connaisse leurs désirs les plus enfouis.

La ronde de mes doigts s’immobilisent enfin, et toutes les fioles disparaissent aussitôt, se transposant immédiatement à leur emplacement. J’adresse un sourire à la jeune femme alors que je me décale du comptoir, venant lui faire face.

-  Aucun risque dangereux à noter, évidemment une possible accoutumance, il s’agit tout de même de potion, mais mes dosages sont particulièrement précis. Suivez-les, et vous vous contenterez de faire de beaux rêves quand bon vous semble.

Je dévisage de longues secondes le minois qui me fait face, m’attardant quelque peu devant ses lèvres charnues, relevées, son regard curieux. Même si Josiah n’est pas là, je sens le regard de Noah qui me pèse depuis l’autre côté de la boutique. Mes lèvres s’avancent, les mots se forment dans mon esprit, et déjà j’entends le soupir lassé de mon mentor alors que je murmure :

-  Évidemment, vous n’êtes pas une femme comme les autres… et peut-être serez-vous plus intéressée par l’arrière-boutique ?

Mon bras se tend et mes doigts se déplient, pointant le voile d’ocre qui cache l’entrée du jardin secret, l’atelier enfumé qui plonge au coeur de tous les soucis des bonnes gentes qui viennent se trouver chez moi. Qu’importe ce que m’en dira Noah après, combien Josiah me tapera sur les doigts en rentrant, une femme de son acabit vaut bien mieux que les fioles prêtes-à-boire que je sers au premier venu. Si les commandes spéciales me pèsent déjà trop, je peux toutefois creuser un peu de temps supplémentaire pour ces tendres guibolles. Encore faut-il qu’elles fassent les quelques pas nécessaires vers l’antre au secret. Mes doigts, toujours tendus, mes yeux, toujours pétillants, et mon sourire, toujours aussi enjôleur, attendent patiemment sa réponse.
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H. Jean Granger
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Sam 13 Juil - 19:59




















❝ JOLIES GUIBOLLES ❞

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Dire que tu n’es pas à ton aise dans cette boutique est un euphémisme. Tu as beau tenter de te convaincre que tu as poussé ces portes en toute innocence, ta voix t’a trahie lorsque tu as mal prononcé le nom de ton hôte. Tu t’excuses immédiatement le plus platement du monde.

« Pardon, Monsieur Abasinde »

Tu le laisses te guider dans la boutique. Tu sens sa main dans ton dos et fais immédiatement un pas un peu plus rapide dans l’espoir de rompre le contact. Depuis ta rupture avec Ronald, tu ne supportes plus que difficilement le contact physique, et celui-là n’est certainement pas le bienvenu. Tu as senti tes muscles se crisper. Quelque chose te hurle de partir. Tu ne sais plus bien ce que tu fais là. De partir, et de faire un rapport au Ministère ? Mais sur quelle base ? Rien dans ce qu’il te dit ne te permet de déclarer son commerce comme suspect. A dire vrai, le rapprochement physique passé, tu te détends un peu. L’adrénaline qui t’a fait réagir si vivement retombe un peu, et tu peux, avec lui, regarder la boutique. Tu opines lorsqu’il parle de potion de sommeil et l’écoute désormais plus attentivement. Ton cerveau carbure au cours de son speech, comme au bon vieux temps. C’est une sensation plaisante que celle de se perdre dans des connaissances. Car celles-ci sont dépourvues de conscience et d’émotion. Pile ce qu’il te faut pour lâcher prise.

« Mais mettons que l’on vous demande un rêve avec une personne précise ou renvoyant à un souvenir précis ? Comment ferez-vous ? Allez-vous extraire de la mémoire de la personne les souvenirs correspondants pour bâtir vos rêves en flacon ? »

Une autre question te taraude l’esprit.

« Et vous parlez de jolis rêves, mais… sont-ils comme des films sur lesquelles la personne n’a pas de prise ou s’apparente-t-on à un rêve lucide où la personne peut agir, infléchir son rêve, et, si elle fait de mauvais choix, peut-être le transformer en cauchemar… Mettons qu’un rêveur décide de commettre un meurtre dans l’espace du rêve, par exemple ? »

Tes questions sont de pure nature scientifique. A dire vrai, tu es un peu mal à l’aise avec l’idée que ces potions puissent agir aussi précisément dans ton crâne. La potion de sommeil sans rêve que tu prends a cela de commode qu’elle bloque tout. Les rêves agréables comme les souvenirs du champ de bataille. Et chacune des cicatrices de ton corps pourrait mener à une nouvelle nuitée de cauchemar.

Puis il t’invite en arrière boutique. Ton coeur se met à battre férocement. Le sourire enjôleur de l’homme te met à nouveau mal à l’aise. Sont-ce des préjugés racistes ? Tu ne le penses pas, mais il faudra sans doute que tu en parles avec ta médicomage psychologue la semaine suivante. Non, il y a quelque chose d’inquiétant dans le pouvoir de cet homme. Son sourire avenant, sa main tendue… Il te rappelle par trop les premières lignes que l’on égrènerait pour présenter un piège. J’étais entrée dans cette boutique, et le gérant était sympa... Après quelques secondes de flottement, tu secoues poliment la tête, les mains jointes. Sait-il que tu gardes toujours ta baguette magique dans ta manche ? Kingsley Shacklebolt t’a fait fabriquer un holster comme ceux qu’affectionnent certains aurors pour pouvoir l’attraper immédiatement en cas de pépin. Fol-Oeil était de ceux-là.

« Je ne voudrais certainement pas vous forcer à déserter la boutique si un autre client devrait arriver. Ne serait-il pas plus commode pour vous, que nous demeurions ici afin de pouvoir surveiller votre commerce ? »

Tu n’as pas survécu à la guerre pour suivre aveuglément les gens dans de sordides arrières-boutiques. Même si une petite voix te glisse qu’elle n’a peut-être rien de sordide et que tes élans paranoïaques sont malvenus.



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Dim 1 Sep - 16:09

Jolies guibolles entrent dans la danse

Douce Granger, te laisseras-tu tenter ?



Mon regard ne quitte pas la féroce Granger des yeux, dont je vois dans ces prunelles désemparées la honte d’avoir mal prononcé mon nom. Mes yeux pétillent d’autant plus, et je fais un geste de la main pour indiquer que cela n’est rien, âme tendre que je suis. Je ne veux pas la laisser s’enfermer dans sa gêne, au risque de la voir s’échapper en courant, mais elle récupère très rapidement et m’offre un sourire des plus éclatants. C’est à mon tour de me tendre, et de grimacer intérieurement. Je n’en laisse rien paraître, pourtant, et la guide aussitôt vers le comptoir au fond. Si ma main cherche à se glisser sur son dos, son pas s’accélère et bien vite mes paumes ne frôlent plus du tout son corps. Je ne dis rien, évidemment, et mon comportement ne change aucunement — contact physique en moins. Tous ne sont pas à l’aise avec ceci, encore moins ces sacrés anglais, et autant ne pas brusquer la seconde main du Ministre, cette boutique n’a pas encore toutes les sacro-saintes autorisations.

Aussitôt, captivé par le regard réceptif que je sens peser sur moi, mes paroles se délient, et mon amour de mon art prend le dessus. Je lui explique ainsi les premières notions à connaître sur les potions que je vends, sans trop rentrer dans les détails, ne souhaitant pas effrayé la douce biche. Biche pourtant se transforme en taureau lorsqu’elle se redresse légèrement sur le tabouret, l’air de réfléchir intensément, et que l’interrogatoire débute. Mes babines se retroussent, et je frémis de plaisir. Enfin, quelqu’un de sensé et d’intéressant qui franchit les portes de cet établissement ! Oh, j’avais certaines perles dans ma clientèle, mais aucun pourtant ne s’était intéressé à la technicité du produit, bien trop intéressé par les effets. Je me sens vibrer, et tente pourtant de juguler mon intérêt pour son enthousiasme scientifique.

- Tututut, aucun réalisme chez nous, vous ne voyez pas cette grosse banderole qui pend derrière nous ?

Joliment décorée de la main de Josiah, un énorme PAS DE RÉEL s’affichait gras et fort sur une toile derrière le comptoir. Certes, le panneau était un peu perdu dans tout un éclectique de décoration presque bohème, mais il était tout de même là, et primait dans toutes conditions.

- L’idée de ces potions est de vous faire décrocher du réel, de vous faire rêver pour de vrai. À quoi bon consommer si c’est pour se limiter à ce que le cerveau sait déjà faire — piocher dans ce qu’il connaît pour vous entourer du sable de Morphée ? Je prends ce sable, et le synthétise, si vous le voulez. Vous ne verrez pas la tête de Potter, ni la mienne, dans vos songes, je vous rassure. C’est un simple élément de sécurité sur lequel je me suis promptement arrêté dans mes recherches. Comme toutes potions, les miennes peuvent entraîner dépendance… à grande échelle. Ajoutez-y du réel, et cela devient de la petite, minuscule échelle. Le réel remodelé est bien plus attirant que celui qui nous incombe réellement, vous comprenez le danger de s’y réfugier.

Mon sourire se fait plus posé, presque songeur, lorsqu’elle parle alors du format des rêves. Je n’avais jamais eu à concrètement expliquer cela à quelqu’un qui cherche autant à décortiquer l’objet. Je la rassure pourtant aussitôt :

- C’est un subtil mélange entre les deux, un rêve techniquement pré-déterminé, mais dont les décisions effectuées pendant le rêve peuvent entraîner d’autres boucles à se mettre en place. Un peu comme un… jeu de rôle, si vous le souhaitez, votre cerveau établit des propositions, et votre personne de rêve est le dé lancé qui choisira telle ou telle option. Elles sont synthétiques, suffisamment larges pour que vous ne le réalisiez même pas, faites de sorte à ce que vous imaginiez les déroulés venir d’une envie profonde et réelle, mais sont donc totalement fabriquées et donc très soigneusement organisées. C’est un coma artificiel, d’une certaine façon, contrôlé de A à Z, mais dont vous ne réalisez que c’est le cas qu’à 0,9%, peut-être même moins. Il n’y a aucun risque donc de se retrouver à commettre un meurtre — sauf si, bien sûr, c’est le type de rêve que vous ayez demandé, et que ce paramètre rentre dans une des boucles décidées. Ce processus compliqué, et très long, explique la gamme limitée de produits qui sont vendus en libre-service, puisqu’il a fallu pour chacun réfléchir à toute la logique des boucles internes, quasiment illimitées, mais tout de même d’une certaine façon restreintes pour qu’elles ne dégénèrent pas… Suis-je plus clair ainsi ? Je ne peux pas vous livrer tous les secrets de fabrication, ainsi que la logique au comment les boucles s’adaptent à l’imaginaire de chacun, il faut bien laisser un peu de mystère à ma magie, vous voulez bien ?

Devant l’intérêt qui brille dans ses yeux, je ne peux pas y échapper. Je dois voir jusqu’où cette enfant aimerait voir ces boucles poussées, jusqu’où elle accepterait que son imaginaire s’emporte, et je ne peux décemment pas lui proposer mes simples vulgaires produits. Je me sens déjà palpiter à l’idée de lui concocter une préparation rien qu’à elle, ne tiens pas garde du soupir agacé de Noah devant mon intrépidité, et me concentre sur son visage à elle, ses traits toujours pleins d’une réflexion et d’un intérêt scientifique poussé. Mes lèvres articulent alors l’invitation magique, mes babines se redressant aussitôt d’un air câlin.

Quelques secondes restent alors en suspens, mes mains prêtent à saisir le voile pour dévoiler l’arrière-boutique, mon cerveau déjà en ébullition, et le verdict tombe, fatal. Ses mains se retrouvent, se serrent l’une contre l’autre, d’un air très poli, très distant, et elle secoue la tête. C’est un non, un non de ceux qui savent refuser, le font diplomatiquement vingt fois par jour, et je sens déjà mon enthousiasme retomber comme un soufflé. Son excuse, cela dit, des plus polies et attentionnées, gonfle mon esprit de rire, et je sens déjà un bref raclement de rire m’échapper.

- Pas de crainte, Mademoiselle Granger, restons donc ici à veiller sur mon noble commerce, j’apprécie votre sécurité élémentaire… Autant vous inviter dans mon camion à glace, c’est cela ? osai-je avec un petit clin d’oeil, avant de reprendre plus sérieusement : Je m’avoue toutefois quelque peu déçu, alors sachez que cette proposition vous reste grande ouverte si un jour vous décidez de franchir le voile… en attendant, comment puis-je vous tenter ?

Et d’un geste, je fais glisser la liste des potions toutes faites vers elle, un sourire tranquille aux lèvres. Qu’à cela ne tienne, d’ici quelque mois, tendre agneau claquera des jambes pour moi.

Awful


Spoiler:
 


† WE'LL MAKE EACH OTHER MAD AND WE'LL BE CRAVING IT
H. Jean Granger
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ft. @"Nasya Abasinde"




   Parler potions a un effet assez immédiat sur toi. Tu sens tes muscles se décrisper et tes épaules retombent légèrement, signe que tu es plus à ton aise que lors de ton arrivée dans la boutique. Il semblerait qu’il en faille peut pour t’effaroucher et tout aussi peu pour te détendre. Tu restes toutefois sur tes gardes, curieuse et vaguement suspicieuse à la fois. Tu dévisages ton vis à vis pendant qu’il te parle. Il a une mine assez joviale et sympathique, le premier choc passé. Il semble doué pour mettre les gens à l’aise et tu lui trouves une sacré fibre commerçante. Tu affiches un air pensif.

« Pas de réel, donc… Mais mettons, Monsieur Abasinde, que je vous demande un scénario précis, en vous décrivant les personnages… comment pourrez-vous être certain que je ne vous aurai pas décrit une personne existante dans mon entourage mais que vous ne connaissez tout simplement pas ? En outre… les études, moldues notamment, montrent que le cerveau profite du sommeil pour réorganiser les éléments de la journée… des éléments donc réels. Comment pouvez-vous vous assurer qu’il n’y aura pas d’interaction entre votre produit et un souvenir récent que le cerveau fera, par exemple, basculer de la mémoire à court terme à celle à long terme ? »

Ton esprit carbure à pleine allure. C’est vaguement excitant de discuter avec Nasiya Abasinde de ses produits. Tu as beau te dire que tu lui poses toutes ces questions pour la science et pour ta curiosité personnelle, la vérité est toute autre : tu commences à envisager les limites et les avantages du produit… Après tout, tu n’es pas une grande consommatrice de potion de sommeil sans rêve pour rien ! Tu te doutes bien qu’il ne te dira rien de ses secrets de fabrication, il te le confirme lui-même, mais tu ne peux t’empêcher de sourire et répliquer :

« Bien entendu, les illusionnistes gardent toujours leur truc dans leur manche… »

Hey ! Toi aussi, tu es allée au cirque quand tu étais petite.

« Mais le fait que vous ne disiez rien ne m’empêchera certainement pas de vous poser des questions ! »

Puis le charme se rompt. Tu refuses d’aller en arrière boutique avec lui. Tu ne t’expliques pas cette défiance. Peut-être les reliquats des combats, des tromperies. de la guerre. Si tu en avais un jour douté, tu viens d’en avoir confirmation : tu es vraiment pétée en morceau, ma pauvre fille ! Tu entends Nasiya Abasinde en rire avec une désinvolture presque vexante. Tu aurais presque envie de lui voler dans les plumes et de le rembarrer pour la peine. Tu sens quelque chose palpiter au fond de toi. De la colère. Tu ne sais pas quel âge a ton vis à vis, ni ce qu’il a vécu, mais tu es à peu près certaine qu’il n’a pas connu les combats, et que si on l’avait jeté dans la tourmente qui fut la tienne, il rirait moins de toi à l’heure actuelle. Ta fierté t’invite à te lever, à faire fi de ta curiosité pour quitter cette foutue boutique, mais quelque chose au fond de toi te fait lorgner sur la liste que tu rapproches finalement de tes yeux. La curiosité l’a emporté.

Curiosité… ou bien autre chose.

Mais tu n’oublies pas le trait d’humour du propriétaire de la boutique. Tu entends ton sang palpiter aux tempes. Tu sais que tu as tendance à être un peu vicieuse quand tu es en colère… Et pourtant, cette-fois là, tu es la première surprise en t’entendant remarquer d’un air détaché :

« C’est une sacré collection que vous avez là, entre l’enfance, l’ailleurs, le plaisir, la sérénité, le vacarme, l’eau à la bouche… Qu’en ont dit les services d’encadrement du commerce magique du Ministère ? »

… Tu ne te savais pas aussi vindicative.
   



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