Sapere aude - Lemony Neil Anderson
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Lemony Anderson
MEMBRE
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Mer 20 Fév - 17:50

Lemony Neil Anderson
Corne de Licorne
Nom Anderson ; Prénoms Lemony Neil ; Âge 29 ans ; Date de naissance 22 mai 1974 ; Lieu de naissance Londres ; Signe astrologique Gémeaux ; Nationalité Anglais ; Statut Civil célibataire ; Préférences sexuelles bisexuel ; Statut du sang né moldu ; Tradition Ordre d’Hermès  ; Baguette bois cèdre et crin de licorne pour le cœur ; Patronus une chouette ; Dons / Pouvoirs / Particularités d'épaisses lunettes noires aux verres épais encadrent mon regard, sauf occasions où j'investis dans les lentilles (ces jours là, je pleure beaucoup : ça pique) ; j'utilise le moins possible la magie dans les actions de la vie courante, vieille habitude prise de quand je vivais avec des moldus. Activité Professionnelle, études, métier, autre Professeur de Sciences Moldues à Poudlard et professeur référent du club de journalisme, anciennement rédacteur au Chicaneur
CARACTÈRE & ANECDOTES
arrogant Ma mère dirait que je suis fidèle à mes idées et prêt à les défendre. Alors oui, mais c'est juste une façon élégante de décrire ma fierté opiniâtre qui pourra même occasionnellement me rendre rapidement désagréable si je n'aime pas ce que l'on me dit. Et si, l'article "Des moyens de transports moldus : l'aéronautique et l'avenir du balai." était très bien écrit et est très bien construit, seuls les imbéciles arriérés qui refusent l'étude sérieuse des sciences moldues l'ont critiqué. Enfin presque. Bref. curieux Je ne suis arrivé à Serdaigle par hasard, j'ai soif de nouveaux savoirs, et hérité de mes parents d'une curiosité pour toutes les choses de la vie (mais surtout si ça a la réputation d'être difficile à comprendre). Impulsif Et là, ma mère dirait que je suis vif d'esprit et de paroles, et que j'ai le sens de la répartie. Alors que le type qui m'a traité de "tapette" alors que j'étais en rencard avec un jeune homme charmant dirait certainement "Il a cru qu'il allait pouvoir me casser la gueule avec sa carrure de fillette, bah du coup je l'ai séché." Notez que c'était pendant la guerre, et que je ne voulais pas lancer un sort sur un moldu alors qu'on m'accusait d'avoir volé la baguette d'un autre sorcier - l'honneur est ainsi sauf. Sarcastique ... Il faut une autre démonstration ? froid N'allez pas croire que je ne puisse pas être chaleureux ou empathique avec mes proches, c'est simplement que je peux être... difficile à atteindre. Peu expressif au premier abord, mon orgueil et ma méfiance peuvent me transformer en porte systématiquement close quand on n'a su toucher ni mon esprit ni mon cœur.  savant S'il est une forme de connaissance que je vénère, c'est la culture académique, scolastique, universitaire... Si l'on étudie toute sa vie, peut-être a t'on appris quelque chose au moment de sa mort. têtu Je reconnais que je change difficilement d'avis, mais je crois qu'Emma a beaucoup insisté, le jour de notre rupture, sur le fait que je pouvais même être "vraiment de mauvaise foi". créatif je pianote sur un piano, je prends des photos, j'aime écrire des poèmes, compositions et anagrammes...
CURRICULUM VITAE
Apprendre une mauvaise nouvelle par écrit est toujours plus dur, beaucoup plus, que de l’apprendre de vive voix. Vous devinez pourquoi j’en suis sûr. Lorsqu’on vous l’annonce à voix haute, vous n’entendez cette mauvaise nouvelle qu’une bonne fois. Mais si vous la découvrez par écrit, que ce soit dans un journal, dans une lettre, ou griffonnée sur votre avant-bras au feutre indélébile, chaque fois que vous la relirez, vous revivrez encore et toujours le désarroi de la première fois.
- Lemony Snicket

Vieille habitude héritée de mon père, j’archive toutes les nouvelles importantes. Cependant, il n’est pas toujours aisé, en lisant son journal ce matin, de départager avec justesse et objectivité si les nouvelles du jour marqueront notre temps. Parfois bien sûr, c’est tout le contraire, et sont précieusement archivés les journaux des jours où le regretté ministre de la magie Henry Stones a été retrouvé mort, le retour d’Harry Potter des mois après la bataille de Poudlard, la victoire des Harpies de Holyhead en 1995 – quelle saison !, le décès d’Albus Dumbledore ou même une copie de la vieille cassette de mon père « Appolo 11 » qui est à l’entrée juillet 1969 de mes archives personnelles, quand bien même je n’étais pas né pour le voir. Certaines archives, je les garde pour des raisons personnelles : ainsi j’ai conservé ma lettre de Poudlard, mon admission à l’université, la totalité de la propagande anti-nés moldus de l’année 1998, le journal de mon jour de naissance – bien qu’il ne s’y soit rien passé de particulier, ou les invitations aux galas organisés par ma mère pour chacun de mes anniversaires. Puis il y a les revues scientifiques, où il est le plus souvent impossible de trancher du génie révolutionnaire des articles : dans ce cas, tout conserver et les classer par sujets abordés dans la bibliothèque. Rajoutez une étagère pour tous les comptes rendus de lecture que j’ai pu faire… Et la bibliothèque en elle-même, bien sûr.

J’ai remarqué quelque chose d’ailleurs. Quand je n’aime pas un livre que je lis, une fois que je l’ai fini je le range et je ne le touche plus. Quand je n’aime pas les nouvelles d’un des journaux que j’ai archivés, je ne peux m’empêcher d’aller lire et relire le papier, ou mon regard divague souvent à l’endroit où je sais avoir les avoir classés. Combien de fois je suis allé lire ce numéro ? « Édition Spéciale : la Menace Sang de Bourbe » Essayer de comprendre comment j’aurais pu voler à un autre sorcier une baguette qui m’avait choisi dans la boutique d’Olivander, essayer de comprendre ce qui me rendait inférieur, essayer de comprendre en quoi j’étais une menace, une vermine… Tout ridicule que soit ce torchon, il me revient sans cesse entre les mains, et avec lui cette sensation d’être écrasé sur le sol par un poids insupportable…

**
*


J’ai refait ce rêve dernièrement. Ce n’est pas vraiment un rêve, c’est une sorte de souvenir magnifié par les années. Ce genre d’oasis dans votre mémoire, un petit évènement que vous vous êtes raconté tellement de fois que vous vous y projetez à la troisième personne, comme si vous n’étiez plus qu’un spectateur de votre bonheur passé. Ce n’est pas grand-chose comme moment, mais pour une raison ou une autre, mon cerveau l’a archivé quelque part, et il y retourne tout seul. Je dois avoir cinq ans, j’ai encore les lunettes aux montures épaisses et l’œil droit caché d’avant l’opération… Et l’une de mes dents repousse, ce qui donne à mon sourire un côté bancal un peu ridicule, mais que Maman trouve a-do-rable. Je suis assis dans la bibliothèque, et je crois que j’étais encore dans ma période dinosaures. J’étais simplement heureux, comme dans la plupart de mes souvenirs d’enfance. Papa est entré dans la bibliothèque, et me demande ce que je lis avant de partir à la recherche d’un nouveau livre pour moi. Il dit que je suis précoce, parce que j’arrive déjà assez bien à lire tout seul les mots des livres encore plein de dessins qu’il ne cesse de m’offrir. Je crois que ça le rend un peu fier, mais je me rends bien compte que les livres qu’il lit lui, ils ne comportent aucune image, à part des courbes parfois. « Papa, je crois que tu dois être l’homme le plus heureux du monde avec tous tes livres. » Je ne me souviens pas en détail de la conversation. Mais je peux presque sentir ma voix vibrer sur mes lèvres alors que le petit garçon regarde mon père avec admiration et adoration. Il sourit, il vient s’asseoir sur le bras du fauteuil et m’ébouriffe les cheveux. « Il n’y a pas que les livres qui me rendent heureux tu sais. »

Il y a quelque chose d’incroyable dans la joie que m’apporte ce souvenir. Je sens mon cœur dans ma poitrine, vingt-cinq ans plus tard, comme à l’époque. Des fois j’aimerais avoir cinq ans encore, pour prendre mes parents dans mes bras comme à cette époque où c’était normal.

Cependant, tout heureux que ses mots m’avaient rendu, je ne les avais pas vraiment compris à l’époque. Enfin, je me doutais bien que mon père parlait de sa famille, mais je ne comprenais pas pourquoi cette famille le rendait heureux. Je ne savais pas lire les livres sérieux comme lui, et maman… Ah maman. J’ai mis longtemps à comprendre ce que ma mère faisait dans nos vies, et j’ai mis longtemps à comprendre ma mère tout court, d’ailleurs. Enfant, je ne comprenais pas du tout ce que faisait ma mère de sa vie. Elle était rarement éveillée quand j’allais à l’école, et quand je revenais elle était juste là, un verre de martini à la main, dans lequel elle buvait souvent sans qu’il ne soit jamais vide, à ne rien faire. De temps en temps, elle sortait de sa torpeur pendant quelques jours, et elle organisait une sorte de grande fête où elle récoltait de l’argent pour une association. Là, elle s’occupait de tout, et, bien que je m’y ennuyais tout le temps, tout le monde lui répétait que c’était très réussi. Le reste du temps, elle prenait la pause, son cocktail à la main, sur un des canapés ou fauteuils, ou quand il faisait beau sur la terrasse. Elle m’a appris d’incroyables recettes de cocktails, mais à huit ans j’ignorais pourquoi on pouvait vouloir passer sa journée à boire des martinis sur la terrasse perdu dans ses pensées… Et puis j’ai grandi, et j’ai compris. Il y a plusieurs raisons possibles que chacun pourra trouver, mais ce peut être le cas quand, par exemple, vous êtes considéré comme un être inférieur par les sorciers parce que vos parents n’ont aucun pouvoir magique, ou alors quand votre fils unique voue une telle admiration à son père que vous êtes totalement éclipsée, et que ce même fils se demande si vous êtes légitime à être dans sa vie.

*
**


Donc. J’étais assis et je prenais le petit déjeuner. Je n’avais pas encore lu le journal du jour, mais j’y avais pensé, et de fil en aiguille mon esprit était parti visiter le souvenir de cette édition spéciale du 12 janvier 1998, La Menace Sang de Bourbe… Presque quatre ans maintenant, beaucoup de changements mais toujours cette furieuse envie d’un martini. Le hibou arrive, le journal tombe sur la table.

jenesaispas Granger et le Ministre Potter a écrit:
jenesaispas nouveau code sur les Statuts de Sang jenesaispasjenesaispas
jenesaispasjenesaispas privilèges liés à un statut de Sang sont abrogés jenesaispas

Certains mots m’ont sauté aux yeux. Comme s’ils se détachaient du reste. Bien sûr, aujourd’hui, je connais ce numéro par cœur, jusqu’à la moindre virgule, mais certains mots m’étaient arrivés plus fort et plus vite que les autres. Première réaction, vérifier si l’information est bien présente dans tous les journaux. Oui. Bon. Ce serait vrai ? Oh bordel, ce serait vraiment vrai ?

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*


Quand j’ai quitté Poudlard, quand j’ai posé mes valises dans ma chambre chez mes parents après ma dernière année, je me souviens avoir fixé un moment le mur sur lequel était attachée une écharpe Serdaigle. Et maintenant ? C’est ma mère qui m’a tiré de ma torpeur. Elle était appuyée contre la porte, magnifique à son habitude, deux verres de martinis à la main. « Et maintenant ? » J’ai pris le martini qu’elle me tendait sans me répondre, et je lui ai souri bêtement. Elle m’a caressé le visage, l’air mélancolique. « Et maintenant, qu’est-ce que tu comptes faire honey ? » Tous les petits garçons pensent que leur maman est la plus belle, mais je n’ai jamais rencontré personne qui ne trouve pas Audrey Anderson magnifique, même aujourd’hui. Bien sûr, puisqu’elle est ma mère, je sais que ma parole ne pourrait suffire, mais elle a des grands yeux noirs et ses longs cils font généralement consensus. C’est un regard profond, expressif, et toujours tendre pour moi. J’ai compris ce jour-là pourquoi mon père aimait ma mère. J’ai compris ce qui dans cette tendresse pouvait être si beau que l’on ne veuille plus que ça pour le reste de sa vie. Le fait de comprendre ça, ça brisé une barrière que j’avais érigé moi-même entre ma mère et moi. Nous nous sommes rapprochés. J’ai compris qu’elle n’avait jamais réussi à décider ce qui devait après au moment de la vie auquel je venais d’arriver. Maman vivait de la fortune de son père, un banquier américain, en attendant de décider à quoi elle voudrait le plus occuper sa vie. Ce n’est pas qu’elle ne trouvait rien qui aurait pu lui plaire, c’est que tout lui plaisait trop. Elle était curieuse et admirative de tout, et cela la rapprochait beaucoup de mon père. Alors elle allait de loisirs en découvertes, utilisant des galas de charité à chaque fois que cela redevenait sa nouvelle lubie. Comprendre cela aussi m’a rapproché de ma mère. Mais ce jour-là, alors que je revenais juste de Poudlard, un martini à la main et la main de ma mère sur ma joue, je ne savais pas non plus, ce que je voulais pour après.

*
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Dossier de Lemony Anderson a écrit:
Lemony Neil Anderson, fils d’Audrey et William Anderson, tous deux moldus, a intégré le collège de sorcellerie Poudlard à la rentrée 1985. Très bon élève, magicien compétent quoique ne brillant pas particulièrement avec sa baguette, sans doute par manque de pratique, mais trainant trop tard dans les couloirs et ayant parfois des soucis de discipline et de concentration.
Note : aucune aptitude au vol en balai.

Notes obtenues aux BUSEs :
Sortilèges : E
Métamorphose : A
Potions : O
Botanique : O
Défense contre les Forces du Mal : A
Histoire de la Magie : O
Astronomie : E
Étude des Moldus : O
Arithmancie : O

Notes obtenues aux ASPIC :
Sortilèges : E
Potions : E
Botanique : A
Histoire de la Magie : O
Étude des Moldus : O
Arithmancie : O

Membre actif du club de journalisme de sa deuxième à sa septième année.
Pour des raisons personnelles, Mr. Anderson n’a pas souhaité intégrer une formation sorcière dès la fin de sa scolarité à Poudlard. Son dossier lui a été remis.

Je n’étais pas vraiment à ma place à Serdaigle. Enfin, je veux dire… Je n’ai jamais été plus à ma place qu’à Serdaigle. C’est juste… J’étais trop moldu pour Poudlard, trop attaché à mes racines et à ma culture. Je m’y suis fait des amis bien sûr, de la même façon que je m’en étais fait à l’école élémentaire : un petit groupe de personnes qui toléraient ma présence quand cela je décidais que je ne voulais plus rester seul. C’était fascinant Poudlard, les murs, la bibliothèque, le quidditch, les échecs… Oh par Merlin les échecs sorciers ! Les images animées, les sortilèges, les créatures magiques, les potions, une toute nouvelle lecture de l’histoire ! Je voulais toujours sortir, je voulais qu’on réponde à toutes mes questions, même si ce n’était pas le sujet : pour moi tout était merveilleux. Mon père avait été incroyablement furieux d’apprendre qu’aucun enseignement des sciences dites moldues n’était proposé avant la troisième année, et que cela soit optionnel – il m’envoyait des cahiers pour travailler toutes les semaines. Cependant, il y a toujours eu quelque chose… Des vieilles habitudes moldues, une nostalgie de certaines technologies m’ayant fascinées enfant et qui n’existaient pas ici.

**
*


Ce qui m’a sauvé de la guerre, ça a été cette indécision, à la sortie de Poudlard, sur ce que je voulais faire. J’ai passé l’été qui a suivi à siroter des martinis en jouant au piano, me rêvant tout d’un coup musicien alors que mes dernières leçons remontaient à mes dix ans. Papa avait l’habitude de voir Maman passer ainsi ses journées oisive, c’était normal pour lui. Mais tout comme moi j’avais mis des années à comprendre que ma mère ne passait pas ses journées à rien faire, mais qu’au contraire elle s’instruisait de mille et une façon sur le monde autour d’elle, Papa ne comprit pas mes rêves et mes doutes, et me trouve un emploi à la bibliothèque de l’université où il travaillait. Deux ans plus tard, quand on annonça officiellement que Celui dont on ne doit pas prononcer le nom était revenu – que ce n’était plus uniquement des rumeurs, j’avais presque parfaitement réintégré le monde moldu. J’avais rencontré à l’un des galas de ma mère une moldue, Emma, brillante et adorable avec qui je vivais – nous avions même adopté un chat, l’argent de la famille de ma mère et les contacts de mon père m’avaient permis de me remettre à niveau pour tenter de devenir étudiant. Bien sûr, je revoyais parfois des anciens camarades, et j’allais aux matchs des Harpies. Mais je m’étais intégré dans un monde qui n’était pas le magique, repris des habitudes moldues pour donner le change et finit par ranger ma baguette dans mon bureau. Et puis, archivé au 18 du mois de juin de l’année 1996, la une de la Gazette du Sorcier « Celui dont on ne doit pas prononcer le nom de retour » sous-titré « bataille au département des mystères, Cornelius Fudge et plusieurs témoins ont reconnu le mage noir ». Cornelius Fudge n’avait pas encore rendu son poste que je prévoyais déjà ma fuite. Je connaissais déjà un peu des discours de haine que l’on proférait à l’égard des gens comme moi, et je savais ce que signifiait sang de bourbe. Ça ne se réglerait pas comme ça cette histoire, et il était hors de question que je reste alors que mon statut de sang allait me transformer en bouc émissaire pour une partie des personnes qui se préparaient au combat. Le doute s’était déjà immiscé en moi, comme en beaucoup, au cours des mois précédents, mais la certitude était terrifiante. La guerre allait me donner raison bien sûr, mais sur le coup, cela fut surtout vu comme une marque de lâcheté. Je coupais les ponts avec le monde sorcier, à l’exception des journaux que je continuais à recevoir, et je partais en Allemagne dans une université moldue, me cacher en étudiant la chimie (j’avais toujours aimé les cours de potion à Poudlard, c’est ce que j’avais trouvé de plus proche et prenant dans le monde moldu). Cela brisa ma relation avec Emma, et m’éloigna de mes amis sorciers restés en Grande Bretagne. J’ai suivi la guerre à travers les journaux et les nouvelles, abreuvé de propagande de tous les côtés. Et la fin de celle-ci aussi, de loin, méfiant, inquiet que la tendance s’inverse à nouveau. Et puis le retour d’Harry Potter. Mais je n’arrivais pas à revenir, moi, ni en Angleterre, ni dans le monde magique. Quelque chose de terrible, une injustice affreuse demeurait, et la rage m’interdisait de revenir. Et puis, dans les nouvelles, j’apprenais que, le 3 janvier 2002, les privilèges liés à un statut de Sang étaient abrogés. J’avais mon diplôme moldu en poche, mais je mourrais d’envie de retrouver mes amis, les matchs des Harpies, ou de discuter de magie et d’histoire de la sorcellerie avec quelqu’un… Et je ne sais pas, cette nouvelle… C’était un peu d’espoir. Bien sûr, la riposte ne tarderait pas à arriver, sous la forme d’une lettre ouverte, mais j’avais déjà fait mes bagages pour rentrer – et je ne change jamais d’avis.

*
**


Quand on souhaite se faire engager quelque part, ne pas insulter la personne sensée devenir notre patron est une règle de bienséance basique, et pourtant souvent peu évidente. Par exemple, le jour où j’ai voulu revenir dans le monde magique et postuler pour intégrer le nouveau bureau de recherches sur l’Artisanat Moldu, tout partait bien. Arthur Weasley avait l’air sincèrement emballé par l’étude sérieuse des moldus, des moyens insuffisants mais existants lui avaient été alloué. Non, c’était prometteur. Je me suis laissé emballer alors, j’ai expliqué que, selon moi, il fallait aller plus loin que simplement étudié les objets de l’artisanat moldu, mais aussi les concepts de leurs sciences. Est-ce que la physique et la chimie moldue ne pouvait pas nous permettre de mieux comprendre les potions ? Est-ce que l’astrophysique ne devait pas nous servir de support pour comprendre l’astronomie ? Est-ce que le niveau très avancé de la recherche en mathématiques ne devait pas être utilisé en arithmancie ? Enverrait-on un jour un sorcier dans l’espace ? Il faut faire tomber certaines barrières entre nos mondes, ce n’est qu’en utilisant les connaissances des deux groupes que nous pourrons vraiment appréhender justement le monde qui nous entoure. Et pourquoi pas pousser plus loin, créer un vrai lien entre le monde de la recherche moldue et sorcière, un vrai partage de connaissance qui permettrait d’élever toute l’humani-… Oui, les canards en plastique sont des objets passionnants.

Est-ce que ce bureau n’est qu’une vaste blague ? Est-ce que les moldus sont encore vus comme de la vermine, alors que sur bien des aspects, ils nous ont rattrapés ? Nous avons les hiboux, ils ont les mails et internet, nous avons les sortilèges, ils ont la bombe atomique, nous avons les potions, ils ont la recherche sur les souches de maladies mortelles et rares… Est-ce qu’il ne serait pas tant de penser à eux comme les égaux des sorciers, et sortir définitivement de l’âge sombre d’arrièrisme dans lequel nous sommes ? Les mentalités évoluent bien sûr, mais si peu … Alors peut-être, revoir le problème à la racine, donner des bases justes en sciences moldues aux sorciers, dès leur plus jeune âge, afin que cette génération revoit ses préjugés et aille plus loin que ce que nous arrivons à faire ? Même déçu par le Ministère, je suis resté plein d’espoir en voyant Prima Nocta où l’on donnait de vraies bases aux enfants, et en constatant que les sciences moldues devenaient obligatoires dès la première année à Poudlard. Je voulais en être, mais j’arrivais trop tard, je m’étais caché trop longtemps en Allemagne sans oser revenir. Jusqu’à l’annonce, en mai dernier « L’école de sorcellerie Poudlard recherche nouveau professeur en sciences moldues pour la rentrée de septembre 2003 ».

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24 décembre 1997 a écrit:
De : Audrey Anderson
A : Lemony N. Anderson
Objet : JOYEUX NOËL !
CC : photo1846.jpeg

Coucou mon chéri !
Est-ce que tu peux m’envoyer une heure à laquelle tu seras joignable ce soir, que nous t’appelions avec père ? J’organise bien sûr un gala, et les fonds que je récolterai seront reversés à un institut de recherches – ça va être excitant ! Penses-tu que tu pourras venir ?  

Nous avons refait la terrasse, je t’ai mis une photo en pièce jointe, qu’est-ce que tu en penses ? Tu nous manques.

Je t’aime, joyeux Noël !
Gros bisous.
Maman.

Ps :  Tu as reçu une convocation au Ministère de la magie ici, quelque chose à propos du fait que ta baguette ne serait pas à toi. Ton père l’a brulée. On comprendra si tu préfères rester en Allemagne, mais préviens nous. Et ne t’inquiète pas, il n’y toujours aucune trace de où tu es vraiment à la maison, sauf sur l’ordinateur. Ils savent utiliser les ordinateurs, les sorciers ?

J’ai imprimé quelques mails, pour mes archives personnelles, et quelques pages internet aussi. Avec cette archive-là, on est pile dans ce qu’il y a de plus personnel dans les documents que j’ai classés et rangés. Ce mail, qui n’a l’air de rien, cette photo de la terrasse où maman prend la pose, un cocktail à la main et un sourire aux lèvres… Un mail que je n’aurais jamais cru conserver ainsi, relire aussi souvent. Et pourtant, comme ce sont les derniers mots intelligibles adressés par ma mère, j’ai pour ce souvenir une adoration quasi religieuse.

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C’est plaisant, d’être en route pour Poudlard, plusieurs années après. Je ne m’étais pas rendu compte combien le château m’avait manqué. Il a beaucoup changé bien sûr, comme tout le monde, à cause de la guerre. Après mon échec lors de mon entretien pour rejoindre le ministère, le hasard et la chance m’avait emmené au Chicaneur (je n’aurais jamais pu croire que mon implication au club journal à l’époque où j’étais élève pouvait me permettre de trouver un travail). C’était amusant et passionnant, c’était un travail dans le monde sorcier, c’était une occasion de m’intégrer enfin à la communauté magique, j'étais libre de ce que je voulais écrire et même si ça n’a duré qu’un peu plus d’un an, c’était une merveilleuse expérience. Mais ce n’était certainement pas ce que je voulais faire pour tous les jours de ma vie. L’offre de professeur en sciences moldues, pour remplacer la personne qui m’avait eu comme élève quelques années plus tôt m’avait conduit à déposer ma démission pour rêver de revenir ici. J’ai regretté que ma mère ne puisse pas me conseiller sur la meilleure façon de me faire engager, elle avait toujours eu un talent certain pour trouver des relations à faire jouer dans une situation donnée, même quand le temps a fait des ravages sur tous les liens un jour tissés. Mais je m’étais bricolé une solution moi-même, rappelé au bon souvenir du professeur qui s’apprêtait à partir « sans vous, j’aurais bien été incapable d’obtenir un Optimal à mes ASPIC en études des moldus, et aujourd’hui je sollicite à nouveau votre aide et votre enseignement blablabla », fait valoir que mes études me permettaient même de devenir professeur des sciences chez les moldus (alors apprendre les sciences moldues aux sorciers devenait un exercice semblable à apprendre sa langue à des étudiants étrangers, et j’avais étudié la pédagogie, moi), et prié en attendant le courrier de Poudlard qui m’annoncerait si j’avais été pris. L’attente avait été insupportable. Et puis le hibou était arrivé, et avec lui, la lettre aux armoiries de l’école.

**
*


Ce que j’ai pu aimer Emma. J’étais encore à la bibliothèque de l’université quand je l’ai vue pour la première fois, une étudiante en fin de maîtrise, de lourdes boucles rousses encadrants un visage couvert d’une constellation de taches de rousseur. Magnifique, rayonnante. J’avais balbutié en enregistrant ses livres. Le hasard l’avait fait venir à l’un des galas de ma mère, qui nous avait jeté dans les bras l’un de l’autre en me voyant rougir. Emma était brillante, érudite, curieuse, magnifique, rayonnante, joviale. Je me suis rendu compte très vite à Poudlard que le monde magique allait certainement m’éloigner de mes proches moldus. Je partageais avec mes parents ma fierté d’avoir compris le théorème de Pythagore ou de maîtriser les verbes irréguliers, mais la fierté d’avoir réussi à maîtriser tel sortilège, la magie pour remplacer la technologie et les sciences qui étaient les seules véritables passions de mon père… Nous avions trouvé une sorte de compromis où nous essayions tous de continuer à nous intéresser à l’univers de l’autre, mais je ne serais probablement pas resté dans le monde moldu sans Emma. J’avais trop peur que ces choses nous éloignent, Emma et moi, que je m’en suis éloigné. Quand je la quittais à contre cœur pour partir en Allemagne, presque deux ans après notre rencontre, et alors que nous vivions ensemble, elle ignorait toujours que j’étais un sorcier. En revenant, j’ai appris qu’elle était fiancée, et qu’elle ne voulait plus jamais me voir, bien sûr. Elle m’avait bien envoyé un message de réconfort quand maman avait été attaquée. Je crois que je n’avais pas répondu.

Mon père aimait aussi follement ma mère. Il était heureux de se savoir près d’elle, apaisé par elle. C’était un bel amour romantique, une sorte de petit conte de fée qu’ils s’étaient racontés l’un à l’autre et dans lequel ils vivaient depuis leur rencontre. C’était charmant à voir. Papa était un chercheur en astrophysique, professeur d’université qui avait deux raisons à sa vie : son travail et sa femme. Je pense que s’il m’aime moi, c’est parce que je suis un peu d’eux. Je devais m'appeler Neil, tout comme Neil Amstrong, modèle de mon père 'comme tous les astronautes ou cosmonautes d'ailleurs), mais ma mère avait eu au dernier moment comme lubie la volonté de m'appeler Lemony, et malgré la certitude qu'il avait depuis cinq ans avant ma naissance que, s'il avait un fils, il s’appellerait Neil, il avait volontiers céder pour lui faire plaisir. La voir comme elle est maintenant… Je crois que ça le tue un peu à chaque fois.

La maison a été forcée au début de l’année 1998, du mobilier détruit, et ma mère, qui était seule à la maison un verre de martini à la main sur le canapé bleu du petit salon, secouée. Aucun médecin moldu n’a jamais su ce qui lui était arrivé, ni pourquoi elle restait dans un état apathique constant, rarement troublé par un éclat de rire nerveux ou une crise de panique. Aucun policier moldu n’a jamais réussi à identifier les coupables, c’était pour eux comme si les meubles avaient été brisés et déplacés sans être touchés. Mon père a mis des mois à me prévenir, il a fallu qu’Emma m’envoie ce message de compassion pour que je l’apprenne. Tout le monde a accepté que c’était l’œuvre de criminels moldus particulièrement doués et le quartier a été pris de paranoïa quelques temps. Et peut-être oui, une maison riche et silencieuse, pourquoi pas, je ne sais pas ce qui a disparu ce jour là et dans tous les cas je suis revenu trop tard pour avoir le dernier mot de cette histoire. Mais, la vieille de ce jour funeste, je ne m’étais pas présenté au ministère suite à ma convocation.  

*
**


C’est étrange, d’être le professeur et non plus l’élève. De donner et retirer des points – et de regarder le sablier de Serdaigle en grommelant sans pouvoir rien n’y changer sans faire de favoritisme, être le collègue de ceux qui ont un jour été mes professeurs, ne plus être soumis au règlement le soir (mais être tellement moins tenté de l’enfreindre). Essayer de s’intégrer quand même, même si un cours où l’on n’utilise pas sa baguette magique, ce n’est pas ce qui fait le plus rêver les élèves. La neutralité de l’établissement qui est importante pour pouvoir donner le meilleur enseignement à tous ne fait cependant pas l’unanimité, et ma matière reçoit même des critiques de certains étudiants. Je me suis porté volontaire pour devenir le professeur référent du club de journalisme, pensant en moi-même que si Poudlard me déplaisait au moins je pourrais y penser au Chicaneur. Pas que je n’aime pas être à Poudlard, bien au contraire… J’avais juste peur, en arrivant, d’avoir gardé un souvenir trop magnifié de mes études pour vraiment apprécier le château et la vie ici. Je pense parfois à la cérémonie de la répartition ou à la première fois où j'ai du me rendre au chemin de traverse avec mes parents (ma mère aussi émerveillée que moi, mon père surpris de tout et dubitatif) pour essayer d'invoquer un patronus... Mais il n’en est rien, il semblerait la guerre a trop gâché mes souvenirs sorciers, et c’est comme si je redécouvrais tout à nouveau sans que la nostalgie n'altère mon plaisir. Je crois que pour la première fois depuis des années, je me projette dans le monde magique, j’y suis heureux et plein d’espoir. Et je ne veux plus fuir.

FT.Ben Whishaw ; Pseudonyme Ghanimathos ; Âge 23 ; Comment as-tu trouvé le forum ? J'ai cédé l'appel de la sirène YY. ; Un petit mot à ajouter ?  :smi46:  ; Ta fréquence de connexion Plusieurs fois par semaine




   



   Nam et ipsa scienta potestas est

Invité

Invité
Mer 20 Fév - 18:08
Cette bouille *. *

Je ne connaissais pas du tout ce monsieur, mais je valide ! Il est trop chou *. *

J'ai donc désormais très hâte de découvrir ce personnage !

Bonne chance pour ta fiche <3 naturellement, si tu as la moindre question, le Tout-Londres s'efforcera de te répondre (Ou le staff, en tous cas <3)

Ne me reste qu'à te souhaiter la bienvenue et lancer des paillettes pour saluer ce personnage très prometteur sur le début d'histoire <3

Invité

Invité
Mer 20 Fév - 20:23
cette trogne si rare :shocked:
j'aime :leuv:

mais je proteste :smi9:
si peu d'informations sur cette fiche,
j'exige plus :smi24:
j'exige la suite :meuh:

bienvenue petit hibou :cloud:
Winnie Carrow
MEMBRE
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LITTLE BAT
Sapere aude - Lemony Neil Anderson Eb35f7bfe2771b91097188d5f871a33c
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Mer 20 Fév - 20:55


BEN OMYGOSH :smi9: :smi9: :smi9: Ce choix trop divin! :smi10: Je plussoie totalement!!!!!! :leuv: :smi19: :smi17:

Mais quelle fiche vide! J'ai faim! Faim d'informations croustillantes! vite vite :smi44: :smi51: :smi62:

Bienvenue parmi nous petit pissenlit :smi13: bonne chance pour la suite de ta fiche! Vite, remplis là :smi98:


Bisou poutou
Orion Fleury
MEMBRE
hiboux : 415
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Mer 20 Fév - 22:33
Oooh, le peu qu'on peu en lire donne tellement envie de connaître la suite ! :smi15: La suite, la suite ! (et bienvenue, ça va sans dire :leuv: )


To dream the impossible dream
To fight the unbeatable foe ; to bear with unbearable sorrow ; to run where the brave dare not go ; to right the unrightable wrong ; to love pure and chaste from afar ; to try when your arms are too weary ; to reach the unreachable star
Lemony Anderson
MEMBRE
hiboux : 225
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Jeu 21 Fév - 18:51
Merci pour l’accueil ! :smi53:
Je travaille à la suite :smi58:



   



   Nam et ipsa scienta potestas est
Moira A. Oaks
ADMINISTRATRICE
hiboux : 544
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Ven 22 Fév - 2:04
Notre professeur de sciences moldues est arrivé ! Champagne ! :smi41:

Bienvenue très cher Lemony !
J'aime beaucoup ton début de fiche ! Hâte de découvrir la suite ! :smi46:
Yolanda Yeabow
MEMBRE
hiboux : 102
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Ven 22 Fév - 10:39
Bienvenueeeee carooottteeeeee  What a Face :smi4: :smi19:

YY et moi avons hâaaaate de rejouer avec toi !!!
Edwa D. Black
MEMBRE
hiboux : 239
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Ven 22 Fév - 21:07
Bienvenue sur le forum :smi40:

Un ancien journaliste prof de sciences moldues ! Mais que c'est génial :smi46:

Invité

Invité
Sam 23 Fév - 8:55
Bienvenue Mister :smi56:
J'aime beaucoup la bouille choisie et puis prof de sciences moldues, c'est top Wink

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