Gant de velours [Carys & Moira]
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Moira A. Oaks

Moira A. Oaks
ADMINISTRATRICE
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Jeu 4 Juil - 7:20





octobre 2003

Quelque chose se brise dans le regard de Carys et le cœur de Moira se perd dans une arythmie détestable, ébranlé par ces regrets qui l'assaillent déjà à devoir refuser à cette jeune femme une faveur dont elle comprend parfaitement le besoin qui l'anime. Les règles, les procédures… Toutes ces barrières l'enragent. Mais la juge reste l'une des premières à les défendre, à les créer même, parfois, parce qu'elle sait combien elles sont nécessaires pour protéger l'institution qu'elle sert. Et, bien que sa position lui permette sans doute d'user de passe-droits sans alerter quiconque, elle s'y refuse presque systématiquement, incapable d'assumer de telles incartades sans se trouver illégitime à la place qu’elle occupe depuis qu’elle a quitté Poudlard. Mais, à en croire ce que lui a raconté la jeune langue de plomb, tous ses collègues n'ont pas la même conscience professionnelle.

Gardant un regard doux sur Carys, Moira termine sa phrase avec un sourire contrit :
- Décevant, je sais… Mais je rouvrirai le dossier, Carys. Vous avez ma parole.
Elle devine aisément les rancœurs qui doivent être les siennes, et cette impression qui doit la saisir à voir tous ses aveux incapables de faire bouger si rapidement les choses. Que valaient des promesses, même venant de la Présidente-Sorcière, face à des années de lutte stérile contre l'inertie de la machine judiciaire ? Moira ne peut en tenir rigueur à la jeune femme et se contente donc de conserver une expression affable, encourageante, qui puisse la rassurer à défaut de la convaincre que tous ses efforts ne seront pas vains.

Le léger acquiescement de la langue de plomb rassure quelque peu Moira, assez pour qu'elle ose la prévenir des autres conséquences que ses révélations pourraient avoir, à commencer par les soupçons qui ne pourront s'empêcher de peser sur Yolanda Yeabow. Il faut convoquer tout son professionnalisme pour que la juge garde un visage impassible quand son esprit s'embrase à savoir une piste sur cette femme enfin susceptible de donner les preuves qu'elle attend depuis des années pour lui faire payer ses crimes. La mystérieuse disparition des éléments incriminants dans son dossier n'a jamais fait que renforcer les certitudes de Moira quant à sa culpabilité, et les dernières révélations de sa belle-fille, bien que nullement dirigées contre Yolanda, résonnent chez la magistrate comme une première victoire après une succession interminable d’échecs. L'enquête rebondit. L'armure se fendille. Et Moira s'engouffre dans la brèche, bien décidée à trouver enfin la faiblesse de sa sulfureuse rivale.

L'horreur qui se dessine un instant sur le visage de la langue de plomb retient cependant l'exaltation de la juge qui ne peut oublier le choc que peut incarner une telle présomption pour la belle-fille de Yeabow. Un frisson parcourt Moira quand elle voit Carys se faner sous ses yeux, incapable de savoir comment se positionner face à une telle révélation. L'hésitation transparaît dans chaque crispation de son visage alors qu'elle finit par s'asseoir, visiblement atterrée, et Moira se redresse, fait quelques pas vers elle sans toutefois se permettre de pénétrer trop avant dans son espace. Le murmure qui s'échappe des lèvres de la jeune femme est déchirant. Et Moira répond, avec une douceur plus appuyée encore qu’auparavant :
- Rien n'est encore dit, Carys. Je ne fais que vous préparer à cette éventualité si jamais elle devait se montrer crédible. Mais ne vous torturez pas injustement l'esprit. Nous aurons tout le temps de penser à de telles choses quand nous aurons des éléments susceptibles de nous faire croire à son implication dans cette affaire.
Son regard continue de l’envelopper, se voulant rassurant malgré le chaos qu’elle devine dans l’esprit de la jeune femme. Les secondes s’écoulent sans que la magistrate ne presse le temps car elle sent les doutes de Carys. Elle sent ses craintes, toutes les peurs qui lui enserrent la gorge comme si elle avait abattu sa dernière carte, et son inquiétude fait quelque peu trembler la juge qui réalise seconde après seconde la responsabilité qu’elle a choisi d’accepter. Dorénavant, elle sait qu’un lien inébranlable la lie à Carys et qu’elle ne pourra jamais plus s’autoriser à le briser. Cette confiance donnée de manière si pure, cette sincérité imprégnée dans chaque nuance de ses iris… Moira ne peut l’oublier. Et à l’instant où la vérité lui éclate au visage, un léger frisson vient parcourir son échine sous sa veste de tailleur. Mais rien n’altère la fermeté de sa résolution.

La voix de Carys s’élève enfin de nouveau, légèrement moins frêle alors qu’elle se rassure sur la fermeté de sa décision, et la force dont elle fait preuve devient pour Moira la plus belle source d’inspiration. La Présidente-Sorcière se redresse, retrouve l’assurance que le monde lui connaît, et elle répond avec un timbre encourageant :
- Vous êtes si jeune, Carys, et vous avez déjà traversé tant de choses… Toutes ces épreuves ne devraient jamais s’abattre si tôt. Mais elles ont forgé la femme que vous êtes. Ayez confiance en votre force. Vous saurez faire face. Je le sais.  
Un sourire accompagne sa dernière phrase alors que la langue de plomb se perd quelques instants dans ses pensées. Et un soulagement délicat s’empare de Moira quand elle remarque l’ombre d’un sourire passer enfin sur ses lèvres fines. L’invitation qu'elle lui propose étire un peu plus le coin des lèvres de la magistrate qui souffle sur un ton malicieux :
- Oh, ça m’arrive, Carys. Ça m’arrive...
Puis, laissant un sourire plus affirmé glisser sur ses lèvres, elle ajoute :
- Venez. Le premier verre est pour moi…
D’un signe de tête, elle invite Carys à quitter son bureau et fait les premiers pas vers la sortie. En quelques secondes, elle retrouve toute la prestance de sa posture, et une tendre malice revient habiter son regard, une malice qui ne la quitte plus de toute la soirée.


(970 mots)



Fin du RP


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