La nuit tous les chats son gris {{Pavel}}
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Orion Fleury

Orion Fleury
MEMBRE
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Sam 19 Jan - 14:53

@Pavel D. Monroe & Orion Fleury
Le métier de briseur de sorts ne consiste pas qu’à courir le vaste monde. Une expédition se prépare, aussi bien physiquement que mentalement. Les employés de Gringotts peuvent compter sur un bon équipement de base, qu’ils aiment remplacer par des effets plus personnels. Mais pour le reste, c’est à eux de préparer le terrain. Au fil de ses missions, et parce que ses origines grecques en faisaient un bon candidat pour cela, Orion a acquis des rudiments dans plusieurs langues, contemporaines ou anciennes. Toujours utile de savoir à quoi on va être confronté dans un lieu sacré bardé de malédictions pour quiconque osera l’ouvrir.

A l’instar de bien des choses, les sortilèges subissent les outrages du temps. Beaucoup de menaces grandiloquentes et piquées d’une vive imagination sont réduites à l’impuissance par le lent écoulement du temps. Orion est convaincu que s’ils en étaient conscients, les sorciers qui ont passé autant d’heures (ou fait passer autant d’heures à leurs esclaves) pour confectionner ces menaces auraient fait autre chose à la place. Pour le reste, il ne va pas pleurer sur leur sort. Tout le monde finit par mourir tôt ou tard, et le jeune homme ne respecte guère cette volonté de tout emporter dans la tombe. Dire que certains d’entre eux faisaient emmurer vivants leurs compagnes ou leurs serviteurs. Quelle idée grotesque. C’est à cause d’initiatives de ce genre qu’ils doivent enjamber des squelettes, c’est du plus mauvais effet et d’une hygiène assez douteuse. On n’a pas idée de priver le monde magique de ses objets les plus précieux et d’en profiter pour tuer d’autres êtres humains.

Voilà les raisons pour lesquelles Orion Fleury travaille dans la salle d’études de Gringotts, sorte de gigantesque bibliothèque tout à fait à son goût. La fin de la journée approche, le jour est déjà tombé. Il y a plusieurs heures maintenant qu’il inscrit une traduction, certes approximative, des derniers textes qu’a laissé un seigneur sorcier il y a plusieurs siècles de cela. Un type qu’il juge tout bonnement infréquentable. Il n’aura aucun remord à ramener ses effets personnels après avoir ouvert son dernier tombeau. Tombeau dont le type promet que ce tombeau sera votre tombeau, ce qui était déjà extrêmement vulgaire comme menace à l’époque où elle a été écrite. Il y a des gens qui n’ont pas le sens des convenances, songe-t-il en relisant la liste des pièges mortels présumés et leur pourcentage de probabilité. Tout cela contribue, au milieu d’autres recherches historiques, minéralogiques, astronomiques, anthropologiques, à constituer un dossier pré – fouilles archéologiques de Gringotts. Le dossier qu’il monte commence à atteindre une épaisseur convenable.

Bien sûr, les gobelins pourraient eux-mêmes étudier les textes mais le rapport des briseurs de sort au danger serait bien différent. Penchés sur des parchemins puants et des objets corrodés par la rouille et corrosifs pour des mains nues, ils se font une meilleure idée de ce qui les attend peut-être. Pour le reste, un salaire fixe déjà sympathique mais une bonne part variable selon ce qu’ils ramènent suffit à faire pousser des ailes à tout le monde. Ce n’est pas seulement l’état de délabrement de la maison qui a permis à Orion de devenir si vite propriétaire de sa chaumière. Hormis le risque mortel, c’est tout de même une très bonne situation.

Il sort dans la cour intérieure pour fumer une cigarette et se frotter les yeux. Il a pu laisser ses affaires dans la salle d’études. Il ne craint pas que ses collègues essaient de s’approprier ses recherches. Ils sont solidaires les uns avec les autres. Rien qu’à voir la manière dont ils se sont relayés pour s’occuper de la veuve de Wilden. Ils ont été la voir régulièrement, les uns après les autres, pour l’aider à surmonter cette perte pour gérer avec elle les aspects les plus éprouvants du quotidien. Gringotts avait versé une pension décès rubis sur l’ongle, comme ils savent le faire. Les visites se sont espacées quand elle s’est remise en ménage. Elle n’était pas vraiment une amie pour Orion, mais il allait la voir par sens du devoir lui aussi. S’il avait une famille (science-fiction) et mourrait en mission (plus réaliste), il serait aussi content de savoir qu’on s’occupe de son conjoint. Un gobelin sorti prendre l’air lui demande du feu et Orion s’exécute bien volontiers. Les gobelins ne sont plus les créatures voisines mais inaccessibles de son enfance. Ils partagent d’autres moments. La ségrégation que leur font vivre les sorciers les dissuadent de se voir hors du bureau, mais à Gringotts, tous sont acceptés sans distinction de genre ou de race.

Petite distinction de patrimoine, quand même, selon les clients. Une gobelin avec qui Orion s’entend très bien lui a un jour expliqué qu’elle reconnaissait les clients les plus fortunés à leur air tout à fait pouilleux. Après s’être assuré qu’il ne portait pas une chemise défraîchie (non) et aurait dû y voir un message personnel, le sorcier a demandé des précisions. Elle lui a expliqué que les airs de propriétaires terriens de certaines grandes familles sont bâtis sur un château de cartes et que leurs comptes ont été vidés par des années d’insouciance. A l’inverse, les voyageurs mystérieux et crasseux disposent d’un pouvoir d’achat certain. Entre ces extrêmes, il n’y a que le commun des mortels dont il fait lui-même partie. Une autre fois, il a eu droit à la visite guidée des foyers de dragons que la banque garde en sous-sol. C’est vraiment un bon job, songe-t-il en parlant de la pluie et du beau temps avec le gobelin qui rentre au chaud.

Orion en fait autant et décide en revenant à sa table de travail qu’il a suffisamment trimé comme cela. Il continuera demain. Il repose les livres sur les étagères, empaquette soigneusement ses affaires et les envoie dans une sorte de tube relié en sous-sol, qui les range harmonieusement pour lui. Il se frotte encore les mains l’une contre l’autre pour les réchauffer et quitte la salle en saluant d’un sourire les quelques collègues qui lèvent la tête vers lui à ce moment-là. Il ne veut pas déranger les autres.

Les mains dans les poches, Orion rejoint le hall central. Son caban est toujours boutonné, il fait un froid glacial dehors même si la banque est bien chauffée. Il s’avance vers la sortie en jetant comme toujours un œil autour de lui. Il lui semble reconnaître une silhouette familière, si bien qu’il ralentit le pas jusqu’à s’arrêter tout à fait. Quelques secondes sont nécessaires pour qu’il remette l’homme du Ministère. Pavel, son sauveur il y a quelques mois de cela quand il cherchait désespérément son chemin dans le Ministère. Pavel qu’il a revu quelques fois depuis. Un cracmol, d’après ce que ses amis du Ministère lui ont expliqué un soir. Orion n’en a guère tenu compte. Cracmol ou pas, quelle importance ? D’autant que quelqu’un a commandé une autre tournée peu après, il était bien en peine de réfléchir aux carrières s’ouvrant aux cracmols et se demander si les choses ont changé avec Potter. Il s’approche, le sourire aux lèvres. Il l’aime bien, Pavel. Pour le peu qu’il en connaisse.

« Bonsoir monsieur Monroe. Vous allez bien ? » demande-t-il en lui tendant la main.


code by EXORDIUM. | environ 1200 mots | deux références films, exercer son métier ?


   


To dream the impossible dream
To fight the unbeatable foe ; to bear with unbearable sorrow ; to run where the brave dare not go ; to right the unrightable wrong ; to love pure and chaste from afar ; to try when your arms are too weary ; to reach the unreachable star

Pavel D. Monroe

Pavel D. Monroe
ADMINISTRATRICE & MJ
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Lun 18 Fév - 22:42
VISITE À GRINGOTTS


Floraux bouquets pépient dans les ombres. Senteurs abandonnées. Qui une chair concupiscente, qui un parfum fané, qui une pâtisserie engloutie, qui la fraîcheur d’un shampoing. Explorer les ruelles nuitamment procure toujours un frisson d’allégresse. Avide de voyager. De sentir. D’un pas lent, je remonte l’allée des Embrumes. M’exhale de ses boyaux tortueux. Sombres machines où clamsent les faibles et clament les forts. Je fais partie de ces derniers, même si le vent tourne ces jours-ci. Il me faut donc préparer voyage à la hauteur de mes errances. Les étoiles gueulent dans le ciel, goulée lunaire aspire leur cri et crache lumière. A l’ouest, le jour meurt encore un peu. Ne reste de lui qu’un flamboiement céruléen couché sur un horizon déjà trop chargé. Et le monde ploie. Ploie sur le côté.

Grigotts. Bâtisse d’opale et d’or. Marbre vibrant dans la pénombre. Aura grandiloquente du coeur de toute chose. Car le monde peut se mentir. Le monde peut dégueuler bons sentiments, je sais ce qu’il en est, moi. Capitalisme. La maille est le nerf de la guerre. Le pouvoir rutilant coulant entre les doigts. Et comme toute puissance, elle se doit d’être parcimonieusement employée. Elle le fut en de nocturnes rencontres les jours passés. Contrat. Propre. Pas une goutte de carmin. Tant mieux, j’aime la netteté apaisante d’un poison rapide, d’une dague astucieusement placée, d’une nuque déchaussée. Colonne vertébrale a tremblé sous la caresse de mes paumes. Infime faiblesse interceptée le long du pilier de toute vie. Si beau lorsque cet amas d’os et de disques s’emboitent et jouent les uns sur les autres, les uns avec les autres dans une perfection ployée sous le joug d’une tête au port régalien. Si merveilleux lorsqu’un seul geste suffit à détruire cet équilibre précaire. Mouvement. Vacillement, Balancement. La valse commence alors sous la pression d’une poigne ajustée.

Quitte à tuer, autant sentir palpiter la vie que l’on fauche, comme une œuvre d’art dont on recueille la note seule, tintant dans les ténèbres. Glas. Son écho fait vrombir la nuit d’un accent particulier. Et ce corps résonnant encore tout plein de ses exactions est en chemin. Le pas mesuré. L’air raréfié dans le poumon. La démarche souple. Paumes resserrées sur l’anse d’une sacoche de cuir. Bandoulière passée par-dessus l’épaule. Les pièces sont soigneusement roulées dans du papier. Pas une ne tinte dans la besace. Et je suis pourtant riche. Les biens familiaux garnissent le caveau où dorment les sommes arrachées aux cadavres. Commanditaires me paient pour enterrer leurs problèmes. Chaque pièce reçue est une part de l’âme que je soustrais.
Au mort.
Au vif.
Relation d’affaire.

Une voix claironne à l’instant où je reconnais la silhouette postée aux abords de la mère de marbre veillant sur le Londres Magique. Orion Fleury. Bouille sympathique croisée au Ministère. Gentillesse avenante. Revu parfois, de loin, lorsque mes pas me conduisaient sur les routes de Traverse. Voix étudiée, main serrée avec la franchise d’un sourire.

« Monsieur Fleury ! Quel plaisir de vous revoir. Je vais bien, et vous ? Comment se passent vos activités de… pardonnez moi, vous travaillez à la Banque, je crois, mais je ne suis pas sur de ce que vous y faites ? »


L’étudiant avec attention, je suppose qu’il pourrait être briseur de sorts ou installateur de dispositifs de sécurité. Quelque pouvoir tempête sous ce minois jovial.

555 mots (et c'est beau)


SWEETNESS & MURDER

Orion Fleury

Orion Fleury
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Sam 9 Mar - 23:01

@Pavel D. Monroe & Orion Fleury
Poignée de mains chaleureuse plus que cordiale. Orion doit avouer qu'il est surpris de voir ici Pavel. Peut-être s'imaginait-il qu'il vivait en marge de la société ? Soupçonnait-il des gages si peu conséquents qu'il ne puisse guère épargner ? Mais avec la guerre, ma foi, tout le monde a perdu l'envie de se faire un bas-de-laine. Gringotts est la meilleure solution pour laquelle ils puissent opter. Orion qui a déjà fait des tours de chariot et peut attester que la sécurité est aussi bonne que possible. L'ennui, c'est bien que les truands disposent de magie aussi.

« Je ne crois pas que nous ayons déjà détaillé le sujet. » rassure Orion. Il se souvient de conversations polies mais assez superficielles. Il est vrai qu'ils n'ont jamais été formellement présentés et que lorsqu'il se trouve dans un lieu rempli de tout le gratin magique, Orion se laisse moins aller à la discussion. Il était important qu'il puisse rassurer Pavel, si ce dernier avait besoin d'être rassuré. Après tout, ils étaient sur son lieu de travail à lui, si bien que le briseur de sorts avait beau jeu de connaître sa profession. « Je fais partie des employés qui parcourent le monde, je suis briseur de sorts. C'est un très beau métier - en tout cas, à mes yeux. » glisse-t-il avec un sourire. Car qui sait si Pavel n'aurait pas rêvé de cette carrière ? Orion imagine avec naïveté mais égards que son quotidien au Ministère doit ennuyer ce client de Gringotts. Il ne lui vient pas à l'idée que cet homme puisse mener une double, une triple vie. Cela ne lui viendrait pas, personnellement, en tête. « Laissez-moi deviner, vous voulez accéder à votre compte alors que nous sommes à un quart d'heure de la fermeture ? » Il rajouterait bien que c'est avoir là le goût du risque mais il n'est pas sûr qu'ils se connaissent assez pour laisser se déployer tout son sens de l'humour.

Peut-être après, et avec des blagues dont il serait plus sûr.

Orion invite Pavel à le suivre d'un geste, direction les nombreux comptoirs. Le fils Fleury n'est pas pour le népotisme, mais il est très heureux d'avoir ses entrées auprès des gobelins aussi. Malgré ce fameux sens de l'humour, d'ailleurs. Orion s'avance au comptoir, introduit Pavel comme un aimable employé du Ministère auprès du gobelin (moins aimable à cette heure-ci) qui leur jette un regard noir. Ou pour filer la métaphore, disons qu'il jette un regard gris foncé au volubile briseur de sorts, qu'il reconnaît comme étant quelqu'un qui ne manque jamais de respect aux collègues et propose des pâtisseries à intervalles assez réguliers pour qu'il fasse un effort.  « Moui. » accepte le gobelin sans desserrer tout à fait les lèvres. « Il faudra faire vite, hein, pas le moment de remettre du bazar en ordre sinon je vous récupère demain matin. » « Je suis sûr que monsieur Monroe n'entendait pas excéder l'amplitude horaire. » « Mettons-nous en route. » impose le gobelin en récupérant son trousseau de clés et en ouvrant la marche.

Le briseur de sorts se retourne vers Pavel. « Je suis toujours content lorsque l'occasion se présente de faire un tour de la maison-mère mais si vous préférez régler vos affaires seul ne vous en faites pas, j'aurais d'autres occasions de visiter les souterrains. » annonce-t-il poliment. Si Pavel veut qu'il prenne congé, Orion le fera pour ne pas s'imposer. Ou il l'attendrait ? Ce serait aussi bien de prendre un verre avec lui, l'occasion est en tout cas trop belle pour ne pas en profiter, mais Orion garde de l'éducation familiale la peur de s'imposer et une sensibilité qui le mettent bien en peine de faire de tels choix. Il conserve une posture d'attente, espérant que Pavel est moins effacé une fois sorti du Ministère.           

 
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Pavel D. Monroe

Pavel D. Monroe
ADMINISTRATRICE & MJ
hiboux : 785
Mer 27 Mar - 22:07
VISITE À GRINGOTTS



Fleurs écloses dans les cieux jettent l’affriolante de leurs couleurs vespérales. Un temps quiet, calme et serein où l’on peut à loisir rencontrer les badauds et faire affaire. Les portes de Gringotts ne sont jamais totalement fermées à qui a de l’argent ou qui vient faire affaire. Même à un quart d’heure de la clôture, et surtout pas pour ces Euthanatoï étranges. Il y a toujours un service de nuit pour peu que l’on ait les bonnes entrées. Quelle ironie. Les chasseurs de vampire y côtoient parfois leurs proies venues, elles aussi, gérer leur patrimoine. Les vicissitudes du monde matériel n’épargnent nul immortel.

Cette même paume qui palpait la froideur d’un cadavre quelques jours plus tôt empoigne doucement celle d’Orion Fleury, avec courtoisie, bonhomie presque. La voix de l’employé de Gringotts se fait gentille prévenance, attise le sourire, attise la chaleur d’une rencontre heureuse à ces heures indues.

« Je ne crois pas que nous ayons déjà détaillé le sujet. Je fais partie des employés qui parcourent le monde, je suis briseur de sorts. C'est un très beau métier - en tout cas, à mes yeux. »

L’enthousiasme palpite derrière la modeste retenue. Assez pour transparaître dans l’allégresse clamant son empire sur les vocalises paisibles de l’homme. Orion Fleury est de ces présences discrètes, tranquille qui ne peuvent que m’arracher une égale liesse. Ces gens simples, souples, ouverts à la nouveauté. Ces êtres qu’il fait bon côtoyer, sans inique jugement. Il y a sans doute autant de noirceur dans le coeur d’un lapereau que dans celui de monsieur Fleury. Pour une fois, me voici sur le chemin des lumières. Cela ne m’arrive que trop rarement ces derniers jours. Mon œil pétille.

« Vraiment ? Je crains de n’être pas bien familier des travaux à Gringotts. En quoi consiste votre profession, au juste ? Je suis très curieux, je dois dire. »

Bingo sur le métier. Je suis secrètement fier de n’avoir pas perdu la main pour jauger les gens. Depuis la répétition de mes rencontres avec le vampire @Augustus Rowle ou avec @Archibald Rosier, je commençais à m’inquiéter. La voix propose. Un hochement de tête fait disposer.

« Laissez-moi deviner, vous voulez accéder à votre compte alors que nous sommes à un quart d'heure de la fermeture ?
- Tout à fait. Il faut savoir vivre dangereusement et affronter les œillades agacées des gobelins. »

Les deux compères s’engouffrent dans le hall. J’observe avec curiosité Orion Fleury interagir avec les gobelins. Il semble qu’il soit non seulement briseur de sorts, mais encore plutôt bien intégré. C'est bon à savoir. Sourire pensif mussé légèrement sous un masque courtois.

« Il faudra faire vite, hein, pas le moment de remettre du bazar en ordre sinon je vous récupère demain matin.
-  Je suis sûr que monsieur Monroe n'entendait pas excéder l'amplitude horaire.
- Mettons-nous en route. »

J’opine. Sage enfant à qui on donnerait le bon Dieu sans confession. Pour un peu, le lustre d’une auréole flamboierait au dessus de ma tignasse.

« Je suis toujours content lorsque l'occasion se présente de faire un tour de la maison-mère mais si vous préférez régler vos affaires seul ne vous en faites pas, j'aurais d'autres occasions de visiter les souterrains.
- Il n’y a rien de sensible, je souhaite simplement faire un dépôt dans le coffre familial des Monroe , coffre numéro 317. Venez donc. »

Ma main farfouille dans une poche intérieure jusqu’à crocheter l’acier ancien d’une clef qui ne paie pas de mine. Rouillée et ancienne, elle paraît presque aussi miteuse que son propriétaire. Celui-ci nous fait signe de lui emboîter le pas.

Les wagonnets nous attendent. Instruments de torture entre mille, s’il en est. Séants posés, nous voici lancés à vive allure dans les cavernes et galeries qui rongent les entrailles de la terre sous Gringotts. Beaucoup s’effraient de la dangerosité de ces moyens de locomotion… je dois avouer que je ne fais pas exception à la règle. C’est une mine légèrement blafarde que je présente au monde lorsque nous arrivons au coffre demandé. Le Gobelin s’écarte, sans un mot, lanterne à la main. La porte est petite, alourdie de son fer rouillé, perchée à flanc de falaise. Un ruisseau glougloute lugubrement en contrebas. La clef tourne dans la serrure. Une première série d’enchantements se lève en cliquetant. J’entaille mon pouce avec un couteau de poche et appose sur le métal une goutte d’écarlate : la porte s’ouvre.

« Ma famille est un peu paranoïaque avec ses biens depuis qu’une lointaine cousine à nous a eu ces ennuis d’addiction dans le monde moldu… Tragique destin que celui de Marilyn Monroe, vous ne trouvez pas ? » Soupir théâtral. J'ai toujours adoré raconter cette histoire, quand bien même elle n'est que partiellement vraie : l'actrice célèbre est bien de notre famille, mais ses déboires n'ont jamais impacté le moindre du monde nos existences. Mais ces récits font assez souvent pleurer dans les chaumières.

La porte s’est ouverte sur un coffre parfaitement organisé. Aucune pile pièces ne s’entasse à même le sol. Tout est enclos savamment dans des coffres soigneusement enclos et protégés. Je me dirige promptement vers l’un d’entre eux portant mon patronyme et y dépose mes gains de la semaine. Ah ça… mon père n’a jamais plaisanté avec l’argent. Partageant le coffre avec son fils et son frère, il a bien fallu prendre des mesures précises. L’office perpétré, je crochète un petit paquet qui disparaît dans une poche intérieure de ma veste. Quelqu’un a-t-il vraiment besoin de savoir que je me promène avec du poison ?

La porte du coffre est refermée ; voici qu’il va falloir prendre le chemin du retour vers la surface. J’en suis verdâtre rien que de songer à la nouvelle virée dans ces wagons de malheur.

1008 mots


SWEETNESS & MURDER

Orion Fleury

Orion Fleury
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Mar 9 Avr - 22:17

@Pavel D. Monroe & Orion Fleury
Il est rare, si rare, que les gens ne posent pas la question de ce qu'est son métier par pure politesse. Dans la demande de Pavel, le briseur de sorts sent de la sincérité. Il n'a que trop peu à ses yeux l'occasion de parler de ce métier qui le fascine. La vocation qu'il s'est découvert à l'âge de cinq ans, la tête déjà barbée de nombreuses histoires d'aventure. Il n'en fallait pas plus pour qu'il ne s'entiche de la possibilité de faire de sa vie une aventure. Les autres types d'aventure, même amoureux, ont toujours revêtu moins d'éclat. Sa vie amoureuse, s'est écrite plus tard à son échelle. Mais à onze ans, Orion tombait amoureux avec cet certitude des épiphanies religieuses et qui lui avait fait sentir qu'il devait devenir briseur de sorts.

Il n'y eut rien d'étonnant à ce qu'il lise compulsivement tout ce qui avait été écrit sur le réseau des banques sorcières, les explorations de monuments, l'archéologie moldue et sorcière. Tout ce qu'il était possible de découvrir sur Gringotts en Angleterre, pour un prophane de l'institution, fut découvert par ses soins. Il en vint à rédiger de premières fiches pour prendre des notes et les ordonner. Certaines de ses lectures avaient mentionné un examen d'entrée. Il fut évidemment prêt dès le premier passage, l'enthousiasme évident mais tempéré de détails sur la réalité crue du métier, rassura les gobelins. Ce n'était donc pas qu'un doux rêveur.

Orion s'efforce de ne pas donner cette image, mais il y a des dizaines de choses qu'il aimerait expliquer à Pavel et dont il sait qu'elles ne sont pas classées secrètes, il a fait ses fiches et son code couleur pour en être sûr. « Eh bien nous parcourons le monde pour retrouver des artefacts magiques qui permettront notamment d'enrichir l'état de connaissances. Très concrètement, nous partons en voyage de reconnaissance après avoir étudié les lieux d'énergie magique probable. Une fois que nous avons recueilli assez d'éléments de topographie, une autre équipe sera envoyée pour explorer les lieux et ramener les objets magiques d'intérêt. Notamment. » Notamment car soyons honnêtes, Gringotts ne fait pas de philantropie mais du commerce. « Si vous connaissez le monde moldu, c'est un mélange entre archéologue et commissaire-priseur. Notez que dans certains pays, Outre-Manche par exemple, il faut avoir étudié l'histoire de l'art et l'archéologie pour y parvenir, ce qui est tout à fait sensé. »*

Tout ceci est rendu public pour les sorciers. Orion doute que l'homme du Ministère connaisse les métiers moldus, quoi qu'on ne sait jamais. Tout le reste fait partie des arguments attirants ou repoussants pour les candidats à Gringotts.

Ces entrefaites les emmènent jusqu'au chariot. La chambre 317 n'évoque rien au briseur de sorts, mais il éprouve peu d'intérêt pour l'argent de ses contemporaines ou leurs illustres familles. Les Fleury n'ont manqué de rien, ni amour ni lectures possibles. Leurs parents se sont arrangés pour leur cuisiner de quoi ne jamais s'endormir le ventre vide, avec plus ou moins d'agrément entre deux. Orion en a gardé la certitude qu'il ne lui faudrait pas grand-chose d'autre pour vivre dignement. Tous les romans qu'il lit corroborent d'ailleurs cette théorie.

C'est sans le vouloir qu'il remarque une longue série d'enchantements nécessaires pour déverrouiller le coffre. Le tour de wagonnet ne l'a pas rendu malade, mais la froide assurance avec laquelle l'homme du ministère s'entaille la main, ça, oui. Sur un niveau de conscience éloigné comme un bord d'horizon, une pensée fugitive passe. Il faut avoir vécu certaines choses pour se faire mal comme ça sans frémir. L'idée s'évanouit aussi rapidement qu'elle est arrivée, ne laissant qu'un sentiment de gêne chez Orion. Celui-ci cesse de faire ses poches, cherchant désespérément les réglisses qu'il garde toujours au besoin. Crise de glycémie, chagrin de gamins, problème de mauvaise haleine, les petites billes noires ne l'ont jamais déçu. Noires, luisantes. C'est quelque chose d'autres, lié à cette famille Euthanatoï dont il se souvient avoir vu briller des tatouages. Avec effroi. Cette impression elle-même prend le large aussi tôt. Sensible comme il est, Orion gagnerait à se concentrer pour influencer son mode. Mais ce ne serait pas le même jeune homme enthousiaste et évaporé que l'on connaît et aime. La vie est dure, mais c'est la vie.
Monroe a pris quelque chose et referme aussitôt le coffre. Comme un chien qui s'ébroue d'un bain, le briseur de sorts se secoue de ces lointaines pensées. « Est-ce que vous voulez une réglisse ? Ca peut vous aider à … Vous sentir un peu mieux. » propose-t-il en tendant la boîte à Pavel. « Ca vaut aussi pour vous, cher ami » minaude-t-il auprès du gobelin qui hausse la tête et lâche, du bout des lèvres juste pour le goût.


* La joueuse certifie la véracité de ces affirmations, pour s'être elle-même posé la question avant de faire autre chose

 
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Pavel D. Monroe

Pavel D. Monroe
ADMINISTRATRICE & MJ
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Mar 7 Mai - 11:24
VISITE À GRINGOTTS



Miroitent les agapes d’une nuit pleine d’étoiles. Promesse à l’horizon tandis que le dehors est laissé sur le pas de la porte et que le marbre blanc de Gringotts referme ses paumes sur mon âme. De conversation en considération. De négociation en assentiment poli, nous voici, Orion Fleury et moi dans les dédales affreusement exaltant du lieu le plus sûr du monde magique à deviser de son métier.

« Eh bien nous parcourons le monde pour retrouver des artefacts magiques qui permettront notamment d'enrichir l'état de connaissances. Très concrètement, nous partons en voyage de reconnaissance après avoir étudié les lieux d'énergie magique probable. Une fois que nous avons recueilli assez d'éléments de topographie, une autre équipe sera envoyée pour explorer les lieux et ramener les objets magiques d'intérêt. Notamment. Si vous connaissez le monde moldu, c'est un mélange entre archéologue et commissaire-priseur. Notez que dans certains pays, Outre-Manche par exemple, il faut avoir étudié l'histoire de l'art et l'archéologie pour y parvenir, ce qui est tout à fait sensé. »

Inclination polie de tête, un sourire fin sur les lèvres. Nul besoin de se demander pourquoi certains euthanatoï font ce choix de carrière. L’entreprise semble passionnante et dangereuse. De quoi faire bouillir le sang aventureux de la plupart de ses paires.

« Cela paraît passionnant. Vous avez dû voir pas mal de pays. Êtes vous allé en Grèce, parfois ?  »

Choix d’une destination au hasard parmi le spectre des possibles. La Grèce, berceau de l’Ordre d’Hermès, fief de la tradition rayonnante serait sans doute un lieu initiatique des plus prometteurs pour qui se veut briseur de sorts et dénicheur de merveilles magiques. La trogne se fronce pourtant d’une mine concernée. Le cœur exulte. J’aime jouer avec les émotions de mes vis à vis. Quelle meilleure affaire que la mascarade que je m’apprête à lui servir ?

« Mais dites-moi… emporter avec vous des artefacts de puissance appartenant à d’autres cultures, d’autres traditions peut-être… cela ne pourrait-il être considéré comme… du vol ? Ces maisons ensorcelées, ces objets maudits que vous désenvoûtez… n’ont-ils été placés là pour une raison ? Est-ce bien le droit de Gringotts de décider de ce qui doit être désenchanté ou non ? »

Reproche a souvent été fait à l’Ordre d’Hermès de s’approprier les pouvoirs et les connaissances des autres traditions pour mieux rayonner. Combien ont été annexés ? Combien ont vu l’essence de leur culture délitée dans les pratiques d’un système ? Combien de sorts enseignés à Poudlard sont-ils nés des considérations d’autres civilisations ? Pensée triste, indulgente presque, pour ces êtres qui apprennent la magie sans se remémorer son origine, sa corporéité. Chant viscéral. Me fais-je chantre des anciennes lois du monde ? Sans doute un peu. Passéisme. Et nostalgie es temps perdus.

Mais la discussion m’intéresse vraiment. Je n’ai jamais eu ce type de discussion avec un briseur de sorts auparavant. Les réflexions papillonnent sur le bout de mes lèvres tandis que j’affiche la plus ingénue des lueurs d’intérêt.

Puis vient le temps de la mascarade. En approchant du coffre 317, mon coeur palpite sous le coup de l’adrénaline. Je jauge du coin de l’oeil l’impassibilité d’Orion Fleury, presque surpris. Je m’attendais peut-être à un peu de curiosité de sa part. A la place, il semble plutôt gêné, indisposé même. De quoi éveiller quelque intérêt chez moi. En revenant d’avoir accompli mon office, scellant le coffre à nouveau, je le vois farfouiller frénétiquement dans ses poches jusqu’à trouver une poignée de billes noires et luisantes qu’il nous tend au gobelin et moi.

« Est-ce que vous voulez une réglisse ? Ca peut vous aider à … Vous sentir un peu mieux.

- Avec plaisir, merci. »

Et nous voici, réglisses sur la langue, à nouveau cavalcadant sous les voûtes de Gringotts. Une flambée au loin fait étinceler les parois. Alors que notre wagonnet accélère, nous pouvons deviner dans les grottes aménagées par les gobelins un immense dragon aux écailles délavées polir la roche de son feu jusqu’à la faire luire comme du diamant. La colère de l’animal laisse peu de place au doute quant à son déplaisir d’être là. Un éclair fugitif me permet de voir que le coffre ainsi gardé est non-loin du 192. Note mentale. Qui sait, l’un de mes paires pourrait vouloir se piquer d’un défi à la hauteur de ses attributions en cambriolant Gringotts un jour ?

C’est toujours verdâtre, mais l’arrière-goût de réglisse dans la bouche et un flacon de poison dans la poche que je reviens enfin à la surface après ce périple. Toujours aussi désagréable. On m’y pourrait croire plus accoutumé que cela, pourtant.... Mine à demi-émerveillée peinte sur le visage malgré sa pâleur livide.

« Ai-je rêvé ou il y a des dragons en bas ? »

Cil froncé du Gobelin claquant la langue près de nous. Il n’est jamais bon signe qu’un visiteur commente le système de sécurité de la Banque.
840 mots


SWEETNESS & MURDER

Orion Fleury

Orion Fleury
MEMBRE
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Mer 8 Mai - 23:34

@Pavel D. Monroe & Orion Fleury
En Grèce ? Une écume de prudence effleure Orion, mais il juge l'homme du ministère bien trop sans danger pour se méfier. « Oui. Notamment personnellement. J'avais mes raisons. » Les raisons ? Renouer avec une famille qui l'a considérablement effrayé. Il voulait bien découvrir de nouvelles traditions, pas rencontrer des meurtriers. Pris de panique, l'adolescent qu'il était s'est claquemuré et jugé de ne pas y remettre les pieds. S'il est retourné dans ces contrées, une force invisible, un vague dégoût et une colère, le dissuadaient de prendre contact avec la famille maternelle. Lui faut-il encore des relations familiales ? Alors qu'il a ses sœurs, leurs parents, quelques Verbanae ? Le jeu n'en valait pas la chandelle. Il ne parvient que difficilement à cautionner ces meurtres, et s'abstient de savoir pourquoi et comment ses collègues Euthanatoï obtiennent leurs tatouages.

La magie Euthanatoï le fascine, ce qu'il faut faire pour l'utiliser le révulse.

Revenir à la surface le laisse un rien déboussolé. Il a eu le temps de réfléchir à la précédente question de Pavel. Aussi répond-il négligemment. « Qui sait quels systèmes de sécurité Gringotts renferme ? Et vous n'avez pas vu la salle de pause !». Malice qui lui fait pétiller le regard. Il a compilé toutes les sources externes puis internes sur la banque sorcière. Loin de vouloir organiser un cambriolage, Orion est ingénument passionné par cette institution. Il n'ignore pas le nombre de dragons (bien qu'il soit approximatif) et leur espèce, les autres créatures, et bien sûr, le clou du spectacle : les sortilèges de protection. Il en a essayé des variantes plus faibles et indolores pour sa propre habitation, ravi de sa découverte. La magie offre des subtilités dont bien des moldus seraient envieux. « Si vous daignez prendre un café, je vous explique les subtilités de ce grand débat entre récupération et bien commun. Je suis intarissable sur le sujet, et par égard pour vous, il me semble que vous trouverez plus confortable d'être assis pendant ces explications. »

Une fois à l'air libre, Orion prend la tête du duo et indique un café à l'homme du ministère. Un endroit cossu, peu cher, à la clientèle bigarrée mais sans affiliation politique extrême. Le bar lui semble donc remplir les principaux critères. Orion commande une petite bière. Sa journée de travail est fini, il lui semble qu'il peut tout à fait se détendre. Il ignore si Pavel consomme de l'alcool, aussi a-t-il réfléchi à la quantité qu'il convenait de prendre pour ne pas sembler être un grand buveur. En présence de @Hekate R. Murphy (poke), par exemple, il se serait donné moins de mal.

Tout à ses explications, Orion accorde une attention relative autour de lui. Il se sent en confiance. Le briseur de sorts s'étonne régulièrement que si peu de gens s'intéressent au métier de briseur de sorts sous l'angle théorique. La question de Pavel n'aurait pu lui faire plus plaisir. Dire que ses camarades se plaignaient pour partie de devoir apprendre ces théories ! Il était passionné par le sujet, construisant des frises chronologiques, des cartes détaillées dont il se servait comme support pour essayer de leur rendre aussi passionnante qu'à lui cette histoire.

« La question que vous posiez est celle qui a permis de poser les bases de la profession de briseur de sorts et du réseau de banques sorcières dont Gringotts est la cheffe-de-file. Plusieurs pays, parmi les grandes nations sorcières de part le monde, disposent de leur propre institution centralisée. Elles se sont regroupées lors de la conférence de Paris, en 1562, au terme de deux ans de débat menée en public dans la communauté sorcière par deux grands mages.

Hidelgarde de Westphalie, considérée comme maîtresse à penser des partisans de la prospection magique ; et Eugenio Pisaro, qui était partisan de laisser les lieux inviolés.

Plusieurs sorciers d'Autriche-Hongrie avaient entrepris un chantier important pour construire un palais. Ils ont détruit plusieurs artefacts qui auraient appartenu à une communauté nomade magique. On raconte que la perte est inestimable pour l'histoire de la magie, le clan étant déjà éteint depuis plusieurs décennies.

L'Europe a été prise d'un regain d'intérêt pour ses vieilles pierres, et de nombreux coureurs d'or ont vendu à des prix mirobolants des couvertures sales comme étant des capes d'invisibilité, des bouts de bois comme des spectres au rayon destructeur et j'en passe. Fariboles et effet de mode. On raconte que Catherine de Médicis avait elle-même une belle collection d'objets magiques.

Dans une lettre ouverte rédigée en latin, De curiositae, Pisaro appelle responsables politiques magiques à cesser cette folie. Il demande de laisser reposer dans leur dernière demeure les défunts et leurs possessions. Il évoque l'Egypte Antique, dont on pensait que les objets aidaient les âmes à passer d'un royaume à l'autre : quel genre de sorciers deviendrons-nous si nous ne laissons pas le repos éternel ? L'idée est païenne, mais elle a le mérite de l'hygiène. Nous sommes aujourd'hui bien plus à même de nous prémunir de maladies enfermées avec les défunts, et pour partie encore mortelles.

Il y a cependant une logique territorialiste qui n'échappe à Hildegarde. Pisaro est un personnage controversé à l'époque, comme de nos jours. Il est proche d'une frange de sorciers militant pour une reconquête de l'Europe aux mages. Il se méfie des moldus, dont il prophétise -à juste titre- la persécution de la magie. Il se préoccupe moins de repos éternel que de garder le pouvoir dans une élite sorcière. Rappelons-nous que Poudlard n'existe pas, le savoir magique se transmet par clans ou par lignées. Les parias doués de magie deviennent au mieux des obscurus, ou sont traqués par des moldus aussi peu vertueux que les autres mages qui ne les recueillent pas.

Dans sa lettre ouverte, Hildegarde avance la thèse du bien commun. C'est en rendant accessible le savoir magique au plus grand nombre qu'une communauté magique, pacifique, juste et assez forte pour résister aux troubles des politiques moldues, pourra émerger. Rendre accessible le savoir, dans une époque sans reproductibilité industrielle, c'est rendre accessible les textes, sur n'importe quel support. Vélin, bois, argile ... L'imprimerie est interdite au sud de la Méditerrannée, l'Orient trop loin pour que les échanges soient courants. Les sorciers ne peuvent se fier qu'aux copistes dissidents. Dans ces conditions, faire disparaître incantations et recettes de potions avec leurs riches possesseurs est une perte pour tous les sorciers vivant dans les environs.

Les mages de la conférence de Paris prennent un compromis : quiconque est libre de se mettre en recherche des artefacts magiques enterrés, à ses risques et périls.

Je vous épargne plusieurs péripéties politiques sur les siècles suivants.
Lors de la création de Gringotts, le Royaume-Uni a déjà des velléités d'expansion. Dans les territoires conquis, on s'empresse de faire ramener des objets magiques locaux par quelques sorciers embarqués dans les expéditions moldues. Jusqu'à former des briseurs de sorts pour les envoyer. Le métier est dangereux. Tous ne survivent pas à la traversée. Beaucoup périssent dans les tombeaux, faute de formation. A leurs risques et périls, selon la volonté des sorciers de la conférence de Paris. Enfin, tous n'ont pas l'envie de revenir. Certains s'établissent sur ces nouveaux territoires, et forment des communautés d'élèves passionnés comme moi d'archéologie.

Différentes banques sorcières se forment, par ce biais ou par des volontés locales. Elles se consolident autour des grandes communautés magiques. On a retrouvé des baguettes de sourcier magique, vous savez, ces baguettes qui permettent de se diriger vers une forte concentration de magique, un peu partout dans le monde. Quand les foyers sont assez nombreux, la société se structure et finit par se doter d'une banque telle que Gringotts. La française, la germanique, la russe depuis quelques décennies seulement, la japonaise, l'états-unienne et j'en passe sont des institutions-soeurs. Elles autorisent l'ouverture de tombeaux sur leur sol par une autre banque. Tous les briseurs de sorts de part le monde sont soumis à l'obligation réglementaire d'établir la liste exacte de ce qu'ils dénichent. Lorsqu'il y a plusieurs pays en jeu, c'est cette liste qui permet que le butin soit ensuite réparti selon différents intérêts entre la banque du briseur de sorts et celle du territoire sur lequel ont été pris les artefacts. C'est une variante de serment inviolable, qui nous empêche si j'ose dire d'emporter le secret dans la tombe. Nous connaissons tous les conséquences d'un oubli intentionnel. Le pillage de tombes sauvage est d'ailleurs interdit.

Depuis l'orientalisme des moldus et leur propre notion d'archéologie, les expéditions sorcières ont redoublé. On a d'ailleurs fêté le quadricentenaire de la mort d'Hildegarde, vous avez peut-être vu les banderoles « pour le bien commun » partout en ville il y a quelques années. Si nous n'ouvrons pas les tombeaux et les demeures magiques avant les moldus, nous prenons non seulement le risque de perdre à jamais des objets inestimables, mais aussi que le secret magique finisse par être découvert. Un bon sortilège survit des siècles à son auteur, mais sans doute pas jusqu'à la fin des temps. Leurs découvertes en cartographie, leur utilisation des robots progressent de jour en jour. Ils seront un jour capables d'égaler nos possibilités, et qui pourrait leur vouloir d'être passionnés par leur passé ?

Vous devez vous dire que prendre le parti d'Hildegarde est commode pour un briseur de sorts. Je suis moi aussi dans une optique de partage des richesses : à quoi bon conserver par devers sa dépouille un objet qui pourrait être utile à d'autres … Dans une simple optique de se dire qu'ils ne l'auront pas ? Quand il y a un attachement sentimental, c'est bien sûr différent. Mais les découvertes de ces artefacts ont permis d'éradiquer plusieurs maladies, la boursoufflure, notamment. Une histoire de gonflement des extrêmités, un genre de goutte sorcière. Ils ont permis de protéger des trésors nationaux, d'améliorer la formation des étudiants en études supérieures. Les langues de plomb en ont beaucoup profité. Sur un plan politique, c'était aussi une œuvre de coopération et de valorisation des cultures nationales entre différentes nations. Un projet qui met de l'huile dans les rouages, qui fait coopérer. On ne peut pas cracher sur ça, pas vrai ?
 »

Il finit par s'arrêter là et prends plusieurs gorgées de sa boisson pour se réhydrater. Il y a tant, oh, tant de choses qu'il pourrait encore expliquer ! Mais cette histoire géopolitique, c'est suffisamment touffu pour un profane. Connaît-il assez Pavel pour présumer de son intérêt théorique ? Un doute l'assaille : a-t-il s'agit d'une simple question pour faire la conversation ?

Eh bien, la conversation est faite, au moins.
 
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To dream the impossible dream
To fight the unbeatable foe ; to bear with unbearable sorrow ; to run where the brave dare not go ; to right the unrightable wrong ; to love pure and chaste from afar ; to try when your arms are too weary ; to reach the unreachable star

Pavel D. Monroe

Pavel D. Monroe
ADMINISTRATRICE & MJ
hiboux : 785
Ven 26 Juil - 14:35
VISITE À GRINGOTTS



C’est avec surprise et une pointe d’amusement bien poliment celée sous le masque d’un courtois intérêt que j’ai emboîte le pas à l’étrange briseur de sorts dont j’ai croisé la route tantôt. Je l’avais croisé quelques fois dans le monde de la magie, mais nous n’avions jamais vraiment pris le temps de converser. Or je dois dire que sa passion comme sa spontanéité sont rafraîchissants. J’ai rarement croisé quelqu’un de si enthousiasmé par ce qu’il raconte à part quelques maîtres poussiéreusement engoncés dans leurs disciplines respectives.

Pourtant, il y a quelque chose qui bout au fond de moi. Curiosité mêlée d’effroi : l’Ordre d’Hermès a toujours beaucoup aimé ramener des choses empruntées aux autres cultures. Bibelots, sortilèges, rituels, jusqu’aux livres, légendes et pratiques qui sont souvent phagocytées par cet ordre qui ne rêve que d’éradiquer les autres traditions. Il y a si bien réussi que les runes sont enseignées à Poudlard, et l’ont souvent été par des maîtres de l’Ordre plutôt que par des Verbenae. Je me souviens encore que ce fut là un des arguments jetés au visage de Minerva McGonagall lorsqu’elle vint proposer à mes parents de confier mon éducation à l’école.

« Oui. Notamment personnellement. J'avais mes raisons.
- Le tourisme ? »

Une question amusée. L’air soudainement grave, secret, presque, d’Orion Fleury aurait de quoi mettre la puce à l’oreille. Nous voilà ressortis de Gringotts, devisant toujours. Je laisse le flot de la voix d’Orion me bercer, rêver à la normalité inacessible d’une vie au sein de l’Ordre d’Hermès. Séduisant ennui.

« Qui sait quels systèmes de sécurité Gringotts renferme ? Et vous n'avez pas vu la salle de pause ! Si vous daignez prendre un café, je vous explique les subtilités de ce grand débat entre récupération et bien commun. Je suis intarissable sur le sujet, et par égard pour vous, il me semble que vous trouverez plus confortable d'être assis pendant ces explications.
- Avec plaisir. Un café n’est jamais de refus, et vous m’en voyez très curieux.  »

Quelques instants de marche nous mène dans les ténèbres nouvelles d’une nuit tombée vers les cafés encore ouverts dans cette jeune soirée. Les flammes crépusculaires se sont éteintes dans les frimas nocturnes. Nous nous installons, et Orion se met à parler. Je l’écoute en sirotant mon café : il n’avait pas menti lorsqu’il s’est présenté comme intarissable sur le sujet.

« La question que vous posiez est celle qui a permis de poser les bases de la profession de briseur de sorts et du réseau de banques sorcières dont Gringotts est la cheffe-de-file. Plusieurs pays, parmi les grandes nations sorcières de part le monde, disposent de leur propre institution centralisée. Elles se sont regroupées lors de la conférence de Paris, en 1562, au terme de deux ans de débat menée en public dans la communauté sorcière par deux grands mages.

Hidelgarde de Westphalie, considérée comme maîtresse à penser des partisans de la prospection magique ; et Eugenio Pisaro, qui était partisan de laisser les lieux inviolés.

Plusieurs sorciers d'Autriche-Hongrie avaient entrepris un chantier important pour construire un palais. Ils ont détruit plusieurs artefacts qui auraient appartenu à une communauté nomade magique. On raconte que la perte est inestimable pour l'histoire de la magie, le clan étant déjà éteint depuis plusieurs décennies.

L'Europe a été prise d'un regain d'intérêt pour ses vieilles pierres, et de nombreux coureurs d'or ont vendu à des prix mirobolants des couvertures sales comme étant des capes d'invisibilité, des bouts de bois comme des spectres au rayon destructeur et j'en passe. Fariboles et effet de mode. On raconte que Catherine de Médicis avait elle-même une belle collection d'objets magiques.

Dans une lettre ouverte rédigée en latin, De curiositae, Pisaro appelle responsables politiques magiques à cesser cette folie. Il demande de laisser reposer dans leur dernière demeure les défunts et leurs possessions. Il évoque l'Egypte Antique, dont on pensait que les objets aidaient les âmes à passer d'un royaume à l'autre : quel genre de sorciers deviendrons-nous si nous ne laissons pas le repos éternel ? L'idée est païenne, mais elle a le mérite de l'hygiène. Nous sommes aujourd'hui bien plus à même de nous prémunir de maladies enfermées avec les défunts, et pour partie encore mortelles.

Il y a cependant une logique territorialiste qui n'échappe à Hildegarde. Pisaro est un personnage controversé à l'époque, comme de nos jours. Il est proche d'une frange de sorciers militant pour une reconquête de l'Europe aux mages. Il se méfie des moldus, dont il prophétise -à juste titre- la persécution de la magie. Il se préoccupe moins de repos éternel que de garder le pouvoir dans une élite sorcière. Rappelons-nous que Poudlard n'existe pas, le savoir magique se transmet par clans ou par lignées. Les parias doués de magie deviennent au mieux des obscurus, ou sont traqués par des moldus aussi peu vertueux que les autres mages qui ne les recueillent pas.

Dans sa lettre ouverte, Hildegarde avance la thèse du bien commun. C'est en rendant accessible le savoir magique au plus grand nombre qu'une communauté magique, pacifique, juste et assez forte pour résister aux troubles des politiques moldues, pourra émerger. Rendre accessible le savoir, dans une époque sans reproductibilité industrielle, c'est rendre accessible les textes, sur n'importe quel support. Vélin, bois, argile ... L'imprimerie est interdite au sud de la Méditerrannée, l'Orient trop loin pour que les échanges soient courants. Les sorciers ne peuvent se fier qu'aux copistes dissidents. Dans ces conditions, faire disparaître incantations et recettes de potions avec leurs riches possesseurs est une perte pour tous les sorciers vivant dans les environs.

Les mages de la conférence de Paris prennent un compromis : quiconque est libre de se mettre en recherche des artefacts magiques enterrés, à ses risques et périls.

Je vous épargne plusieurs péripéties politiques sur les siècles suivants.
Lors de la création de Gringotts, le Royaume-Uni a déjà des velléités d'expansion. Dans les territoires conquis, on s'empresse de faire ramener des objets magiques locaux par quelques sorciers embarqués dans les expéditions moldues. Jusqu'à former des briseurs de sorts pour les envoyer. Le métier est dangereux. Tous ne survivent pas à la traversée. Beaucoup périssent dans les tombeaux, faute de formation. A leurs risques et périls, selon la volonté des sorciers de la conférence de Paris. Enfin, tous n'ont pas l'envie de revenir. Certains s'établissent sur ces nouveaux territoires, et forment des communautés d'élèves passionnés comme moi d'archéologie.

Différentes banques sorcières se forment, par ce biais ou par des volontés locales. Elles se consolident autour des grandes communautés magiques. On a retrouvé des baguettes de sourcier magique, vous savez, ces baguettes qui permettent de se diriger vers une forte concentration de magique, un peu partout dans le monde. Quand les foyers sont assez nombreux, la société se structure et finit par se doter d'une banque telle que Gringotts. La française, la germanique, la russe depuis quelques décennies seulement, la japonaise, l'états-unienne et j'en passe sont des institutions-soeurs. Elles autorisent l'ouverture de tombeaux sur leur sol par une autre banque. Tous les briseurs de sorts de part le monde sont soumis à l'obligation réglementaire d'établir la liste exacte de ce qu'ils dénichent. Lorsqu'il y a plusieurs pays en jeu, c'est cette liste qui permet que le butin soit ensuite réparti selon différents intérêts entre la banque du briseur de sorts et celle du territoire sur lequel ont été pris les artefacts. C'est une variante de serment inviolable, qui nous empêche si j'ose dire d'emporter le secret dans la tombe. Nous connaissons tous les conséquences d'un oubli intentionnel. Le pillage de tombes sauvage est d'ailleurs interdit.

Depuis l'orientalisme des moldus et leur propre notion d'archéologie, les expéditions sorcières ont redoublé. On a d'ailleurs fêté le quadricentenaire de la mort d'Hildegarde, vous avez peut-être vu les banderoles « pour le bien commun » partout en ville il y a quelques années. Si nous n'ouvrons pas les tombeaux et les demeures magiques avant les moldus, nous prenons non seulement le risque de perdre à jamais des objets inestimables, mais aussi que le secret magique finisse par être découvert. Un bon sortilège survit des siècles à son auteur, mais sans doute pas jusqu'à la fin des temps. Leurs découvertes en cartographie, leur utilisation des robots progressent de jour en jour. Ils seront un jour capables d'égaler nos possibilités, et qui pourrait leur vouloir d'être passionnés par leur passé ?

Vous devez vous dire que prendre le parti d'Hildegarde est commode pour un briseur de sorts. Je suis moi aussi dans une optique de partage des richesses : à quoi bon conserver par devers sa dépouille un objet qui pourrait être utile à d'autres … Dans une simple optique de se dire qu'ils ne l'auront pas ? Quand il y a un attachement sentimental, c'est bien sûr différent. Mais les découvertes de ces artefacts ont permis d'éradiquer plusieurs maladies, la boursoufflure, notamment. Une histoire de gonflement des extrêmités, un genre de goutte sorcière. Ils ont permis de protéger des trésors nationaux, d'améliorer la formation des étudiants en études supérieures. Les langues de plomb en ont beaucoup profité. Sur un plan politique, c'était aussi une œuvre de coopération et de valorisation des cultures nationales entre différentes nations. Un projet qui met de l'huile dans les rouages, qui fait coopérer. On ne peut pas cracher sur ça, pas vrai ? »


Sa voix est agréable, son propos bien formé. Pourtant chacun de ses mots transpire de l’arrogance hermétique que décriait mon oncle, Jack, lorsqu’il parlait des membres de l’Ordre d’Hermès. Sous la mesure de son propos, l’hydre bicéphale des dérives possibles de ces positions s’enflamment : le vol. Le larcin. L’irrespect. La gorge s’est humectée de café dont les âcres arômes brûlent le palais. De quoi éveiller l’esprit. Le rôle du cracmol se fendille. Une demi-vérité sur le bout de la langue.

« Je crois qu’il est heureux que ce soit à moi et non à d’autres membres de ma famille que vous faites la conversation. »

La lampée de café est prélevée presque avec volupté. Ce n’est pas un mensonge, après tout : ai-je dit que j’étais un cracmol ? Non.

« Les Monroe appartiennent, après tout, au petit nombre très fermé des anciennes familles Euthanatoï du pays. Je crains que mes proches ne vous diraient qu’il y a une faille majeure dans vos raisonnements. Dans le cadre de cultures disparues, votre position est tenable, bien entendu. Mais dans le cadre de cultures existantes encore… ne serait-ce de l’irrespect que de venir retourner les tombes de leurs ancêtres, s’arroger les objets de culte de leurs cultures, et s’abreuver de sagesses qu’ils choisissent de savamment celer ? Croyez-vous que nous soyons favorables, par exemple, à la récupération de documents sur notre tradition par ceux-là même qui ont décimé nos ancêtres : l’Ordre d’Hermès ? Car en excavant des biens ayant appartenu à des euthanatoi, des verbenae, des choristes célestes, ne vous appropriez-vous pas des biens ayant appartenu à autrui ? Des savoirs que nous ne voudrions peut-être pas partager avec vous ? Vous ne le savez peut-être pas, vous qui êtes en bas de l'échelle de l'Ordre d'Hermès, et pétri des connaissances reçues à Poudlard, mais chaque tradition a ses secrets savamment gardés, ses pratiques prohibées, ses expériences dangereuses. L'Ordre est hégémonique, cela tend à s'oublier, mais pour moi qui vient d'une famille pétrie d'autres idéaux et d'autres pratiques, je puis vous dire qu'aucun euthanatos ne révèlerait volontairement l'étendue de ses capacités à autrui, qu'aucun Verbena ne vous apprendrait volontiers à manier ses runes, qu'aucun Choriste ne vous initierait à l'art délicat de son chant. Et ne parlons même pas de laisser entre vos mains des objets de pouvoir. »

Le dernier coup est jeté avec ravissement et un sourire amusé.

« C'est aussi pour cela que certains de ma famille ont choisi de devenir briseurs de sorts : pour s'assurer que d'autres ne puissent s'arroger les biens d'une culture certes désormais déchue, mais non pas encore éteinte. »

Et la tasse de café est vidée.

1838 mots


SWEETNESS & MURDER

Orion Fleury

Orion Fleury
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Ven 16 Aoû - 15:42

@Pavel D. Monroe & Orion Fleury


Vieux réflexe, Orion gonfle les joues et retiens un soupir qui serait malvenu.
Qu’a-t-il à répondre à pareille accusation ?

Il plaisanterait bien qu’il se doutait qu’il avait le plus sympathique des Monroe en face de lui. Se vexerait qu’on lui dise qu’il est en bas de l’échelle de l’ordre d’Hermès mais il n’a jamais couru après de tels honneurs. Être une petite fourmi dans la masse lui va assez bien tant qu’il a le sentiment de conserver son équilibre et sa liberté. C’est le propos d’Huxley et tant d’autres moldus d’expliquer que notre libre arbitre est bien peu de choses. Il relèverait bien encore qu’il n’est pas qu’un petit manieur de baguette, Merlin sait que les Verbana de la communauté d’Eirian le titillent assez sur ce point. Sa maîtrise des oghams est un peu dilettante, il ferait bien mieux de parler plus à la jolie @Hekate R. Murphy. Il lui proposera une balade, à l’occasion.

Entendre qu’il y a des Euthanatoï parmi ses collègues n’est même plus une surprise. Il en a connu. La curiosité le brûlait de leur demander ce qu’ils ont fait au juste pour obtenir leur tatouage, combien ils en ont, comment ils ont géré cette culpabilité. Il a refusé tout net lorsque les membres de la famille de sa mère ont émis l’idée que peut-être … Il est sûrement trop entier pour tout cela. Il n’y a pas de légitime défense dans ces pratiques, c’est un meurtre voire un assassinat. Il peut à peine se résoudre à lancer un sortilège offensif, ce n’est pas pour tuer le premier venu. Fut-il d’accord.

Il est en revanche déboussolé de voir Pavel dans cet état. Ils ne sont pourtant pas encore amis, à supposer qu’ils le soient un jour. Orion n’aime pourtant pas cette idée d’avoir blessé par ses paroles. Est-il si présomptueux que cela ? Ce n’est pas le reproche qu’on lui fait le plus, vient avant cela le fait qu’il soit fougueux, emporté, naïf …

D’ailleurs, Pavel est un Euthanatoï ? Ca, c’est inattendu. Le moment est bien mal choisi pour poser des questions. L’idée fugace qu’il n’est peut-être pas Euthanatoï lui-même passe par là. Pour se dire que son interlocuteur n’a pas de sang sur les mains ? Parce qu’il le pense cracmol en jugeant que seul l’un d’eux occuperait cet emploi de balayeur ? Pour l’ouverture d’esprit, il reviendra. Il se renfrogne.

Bien. Il prend un café et vient de vexer son interlocuteur. Une remise en question s’impose peut-être. Dont ce n’est ni le lieu ni le moment.
Sourire candide. Il lui tend la main à travers la table, geste d’apaisement presque universel.

« Je suis désolé, Mr. Monroe. »

Que mon propos ait été offensant, que vous l’ayez perçu comme tel.  Il ne juge pas nécessaire d’en faire plus, les excuses les plus sobres restant les meilleures. Orion hésite quelques instants sur la conduite à tenir. Ce serait vulgaire de dire qu’il paie le café, cela ressemblerait à acheter des excuses. Tout au plus fait-il remarquer, dans une tentative presque désespérée d’alléger l’atmosphère « Vous buvez votre café plus vite que moi, ou j’ai bien trop parlé. » Une autre gorgée de café, et toujours sincère, pas plus pour ne pas se répandre en excuses : « Encore désolé. Sincèrement désolé. » Voilà entre autres pourquoi il aurait été incapable de devenir Euthanatoï.

 
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