à l'heure où blanchit la campagne
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Dahlia Prewett
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Sam 12 Jan - 17:50

   
à l'heure où blanchit la campagne.
La guerre a marqué beaucoup de gens et tu en fais partie même si certains s’interrogent sur la durée de ton deuil. Cédric a été une des premières victimes de cette seconde guerre sur les îles britannique, une victime collatérale car il se trouvait juste au mauvais endroit et au mauvais moment. Tu étais redevenue une simple amie à l’époque, il sortait avec Cho et pour certains, essentiellement des Serdaigle d’ailleurs, c’était plus elle qui aurait dû porter un deuil aussi long. Peut-être, tu n’en sais rien, tu sais juste que tu n’arrives pas à accepter l’idée qu’il soit mort inutilement, à cause de Potter, d’une stupide prophétie qui a vrillé l’esprit du Seigneur des Ténèbres. Tu as pris l’habitude avec Orion de venir fleurir sa tombe à deux reprises dans l’année, lors de l’anniversaire de sa mort et lors de la fête des morts. L’anniversaire de Cédric est proche de la fête des morts, avec ton métier et tes occupations à côtés, tu n’as pas vraiment la possibilité de t’absenter deux jours aussi proches dans l’année pour te rendre sur cette tombe. Quittant ton appartement, tu repense à ton rapide crochet de la veille au bureau pour t’assurer que tout était en ordre, un de tes collègues n’a pas pu s’empêcher de lâcher une remarque à propos de cette sale manie que tu avais. Ton regard noir, le sifflement de Mat’ à son encontre et le silence tendu dans la pièce lui ont fait comprendre qu’il avait dépassé les bornes. Mais voilà, le crétin avait visiblement décidé de passer ses nerfs sur toi et de ne pas tenir compte des signes avant-coureurs d’une tragédie. L’ouvrant une seconde fois, il tenta un trait d’humour en te comparant avec Orion à la dame grise et au baron sanglant, fantômes de Serdaigle et Serpentard loin de la joie de vivre du moine gras que tout Poufsouffle se doit de respirer. Matholwch s’interposa entre toi et ton collègue, pas assez rapidement toutefois pour bloquer ta main finissant droit sur sa joue et lui arrachant un cri qui te fit reculer autant que ta cible. La réalité durant la nuit s’était muée en un rêve où Matholwch avait poussé un hurlement et non un simple cri, choquant l’ensemble du bureau. Baguette tremblante dans ta main, tu te repris en quelques secondes et désarma l’idiot qui tenta cette fois de tout simplement t’arrêter pour usage de doloris. Attrapant sa baguette au vol, tu t’assuras que Mat’ allait bien après le doloris que tu venais de lui donner en pétant les plombs. Le fait que ton idiot de collègue ait osé faire une blague douteuse en ce jour difficile pour toi mais en plus parler d’Orion après ce qui s’était produit entre vous, t’as fait perdre tout sens communs. Un de tes collègues, visiblement le moins effrayés, se dirigea doucement vers toi, main tendue pour récupérer la baguette que tu venais d’acquérir avant de te souffler de partir, que l’incident ne serait pas ébruité. D’une grimace, d’un murmure au creux de l’oreille, ton amant régulier te rassura sur son état, tu n’étais pas une mage noire aguerris et ton doloris l’avait surpris, désagréablement certes mais pas causé tant de douleur que ça. En tant qu’auror, tu sais qu’il faut vouloir la souffrance de l’autre et beaucoup d’entrainement pour bien maitriser ce sortilège mais le fait que tu aies pu en faire usage aussi promptement ne te rassure pas. Même s’il s’agissait d’un rêve, le réalisme, écho de la scène de la baffe de la soirée t’avais réveillé avec une nausée te faisant courir dans les toilettes où tu avais évacué ton mal à être. Tu n’es pas une mage noire, tu les combats et le provocateur pointe ce paradoxe alors que tu fuis le bureau rapidement, il le pointe en tentant de s’allier tes collègues. Tu entends Mat’ lui dire de se la fermer, que s’il n’avait pas tenté le diable, rien ne se serait produit, que tu prenais peut-être du temps à faire ton deuil mais que tu n’étais pas la seule. Le rêve et la réalité se mélange au-dessus de la cuvette des toilettes jusqu’à ce qu’une main froide passe dans ton dos pour tenter de savoir ce qui se passe. Tu te relèves, croise le regard de ton collègue, la joue moins rouge après ta baffe, un sourire aux lèvres et un regard inquiet pour toi, tu soupires et marmonnes à propos d’un cauchemar avant de retrouve la chaleur de ses bras.

Sortant de l’appartement, au petit matin, tu penses à nombres de tes collègues qui ont perdu un proche durant cette guerre, eux, te comprennent et ne remettent pas en cause ton besoin de te rendre sur cette tombe deux fois par an. Beaucoup d’autres acceptent ce besoin que certains d’entre vous avaient de prendre un ou deux jours par an pour se rendre au cimetière et une poignée seulement s’en agacent ouvertement. Une minorité peu entendue, tu sais que l’incident de la baffe sera étouffé mais ton rêve te travaille même s’il est éloigné de la réalité tout simplement parce que tu n’as jamais envisagé ou rêver un seul jour de ta vie de faire usage de ce genre de magie, au contraire tu fais tout pour la bannir de ta vie. Tu es trop à cran en ce moment et tu hésites un instant à louper ton rendez-vous au cimetière pour te réfugier auprès de ton grand-père, tenter de trouver une solution à tes problèmes. Soupirant, tu lèves les yeux vers le ciel gris et transplane vers un lieu sombre que tu connais que trop bien, un lieu grisâtre où même au printemps l’herbe n’est jamais réellement totalement verte. Tu ne veux pas fuir tes actes, tu comptes bien assumer les conséquences de tout ce que tu as faits et tu es une personne profondément loyale à tes proches. Tu ne peux donc pas fuir ce rendez-vous, tu t’y refuses, tu retourneras plus tard au bureau, parler avec ton directeur, recevoir ton sermon et ta potentielle mise à pied, présentera tes excuses à ton collègue qui vicieux et stupide cherchera sûrement à t’humilier après la peur qu’il a eu. Tu finiras la soirée chez ton grand-père aussi, il faut que tu parles à Thésée, tu as besoin de t’ouvrir à lui, il a vécu ce que tu as vécu et il a toujours su te conseiller de manière juste. Ton grand-père ne t’a jamais fait défaut et tu sais qu’il ne le fera pas à nouveau. Il sera là pour t’offrir ces meilleurs conseils et t’aider, te soutenir même s’il risque d’être déçu quand il apprendra ce que tu as fait. Le fait de décevoir cet homme ainsi que ton propre père t’observant surement de là où il est te fais mal. Tu as parfois l’impression de ne pas être à la hauteur de l’héritage que tu dois porter et cela te blesse profondément.

Poussant la grille du cimetière, tu tentes de te reprendre, de laisser derrière l’incident du matin et tes projets pour tout réparer afin de te concentrer sur ce qui est à venir. Une confrontation surement contre Orion et la vision de cette tombe avec l’image d’un Cédric, jeune, bien portant, un Cédric qui aurait dû vivre. Face au marbre, tu te prends à rêver de ce qu’aurait été vos vies s’il était toujours vivant, Cédric aurait pu devenir joueur de Quidditch même s’il aurait surement opté pour le ministère, il t’aurait surement fait les gros yeux en voyant ta relation avec Matholwch et Orion. Ensembles, vous auriez combattus le Seigneur des Ténèbres et vous auriez continué à former l’ancien trio d’or des Poufsouffle. La froideur du marbre gravé est loin de la chaleur du garçon que tu as connu et tu sens à peine cette même froideur du vent, tu ressens juste le vide au fond de toi en voyant l’image animé d’un sourire que tu ne verras plus. Tu as l’impression d’être amputé d’une partie de toi face à cette tombe, le vide laissé par Cédric ne sera jamais comblé pour toi ou pour Orion, tu le sais bien et quand tu te prends à te rêver à ses côtés, tu vois souvent un petit garçon. Un gamin, mélange parfait de vous deux, qui court devant la campagne de la maison du jeune Fleury, un garçon qui se retourne quand tu cries son nom. Cédric. A défaut de pouvoir un jour être le parrain d’un de tes enfants ou d’un d’Orion, tu ne doutes pas que l’un d’eux portera son prénom, écho à lui, à cet ami perdu qui ne pourra jamais vous revenir. Sortant ta baguette, tu laisses la magie noire, te concentrer sur les souvenirs heureux dans la chaude salle commune des Poufsouffle pour faire apparaître une couronne de fleurs sur la tombe en attendant Orion et sa propre couronne.
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Orion Fleury
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Sam 12 Jan - 19:11

   
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Orion a obtenu beaucoup de réponses aux questions qu’il se posait du temps de Cédric. C’était la première amitié qu’il ressentait aussi intensément. Le lien qui l’unit à ses sœurs est différent, distendu par leur différence d’âge et plombé par les grands discours sur la famille selon lesquels on ne  peut pas en vouloir à son sang. Pour leur part, ils décideront de ce qui leur plaît, merci. Cédric a été un confident, un modèle, une présence soutenante.

Il a fallu à Orion des mois pour comprendre ce deuil. Il a lu tout ce qu’il pouvait. C.S. Lewis, prenant pseudonyme et évoquant la mort de son épouse, parce qu’après tout, une amitié de jeunesse est bien aussi forte quand on est adolescent.  Il était reconnaissant aux nombreux incultes du monde sorcier en matière de littérature moldue pour ne pas comprendre ce dont il était question et qu’on se garde de lui faire des plaisanteries sur le deuil qu’il portait comme un étendard grâce aux cernes sous ses yeux. Il avait lu aussi lu Sylvia Plath parlant de sa dépression, car il lui semblait bien que c’était ce qu’il vivait. Ce voile noir. Cette sensation d’être aussi loin. Ces tentacules huileux de la dépression qui le clouaient au lit. Il se réveillait comme dans une paralysie du sommeil, capable de reconnaître où il était mais pas de se lever et d’affronter sa journée. Il repassait des heures durant ce qu’il s’était passé, cherchant à ancrer la certitude que Cédric était mort. S’il ne regardait pas le dortoir Poufsouffle, vide d’un lit, il pouvait encore se convaincre que la voix de son ami se ferait bientôt entendre. Il attendait jusqu’à trouver le courage d’amener son corps en salle de classe. Son esprit était ailleurs.

Il planquait les couvertures des livres par des couvertures de romans plus légers. Il l’avait aussi fait avec quelques livres empruntés dans la réserve familiale. Le genre pas loin de la magie noire, auxquels il n’avait pas le droit de toucher, qui n’étaient vendus que sur commande voire avec une autorisation. Le genre d’autorisation que ses parents possédaient pour la revente. Personne n’avait soupçonné les gamins Fleury. Les sortilèges dont ils ont entouré la librairie ne laissent pas venir dans leur réserve ceux qui ne respectent pas les livres et ne sont pas connus du lieu. Autant dire qu’il a eu toute latitude faire ses recherches. Orion a griffonné des carnets entiers de recherches sur l’alchimie, la vie après la mort, les morts-vivants. Il avait bien conscience d’être encore bloqué dans l’étape de la négociation, juste apprès le deuil. Est-ce que cela l’empêchait d’y penser sans cesse ? Pas le moins du monde.

Le temps a fait son œuvre, un peu trop lentement aux goûts du jeune homme. L’absence de Cédric est devenue chaque jour moins lourde à porter. Un jour, il a pu se lever de son lit aussi rapidement qu’avant. Il n’était plus entravé par son deuil. Il ne l’a pas compris tout de suite. La guerre est passée comme un cauchemar. Les périodes où il partait en expédition pour Gringotts étaient une bouffée d’oxygène. Il n’a jamais demandé à vivre dans tout cela. Il y a des gens qui ont tiré quelque chose de la guerre, de grandes leçons sur le monde ou sur eux-mêmes. Des carrières se sont faites en récompense des vainqueurs. Mais voilà, il n’aspire qu’à cultiver son jardin -de manière plus ou moins littérale. Il a mieux compris ses auteurs préférés parlant du deuil de leurs proches, mais il se serait passé de ce degré de compréhension.

Cédric avait disparu. D’une autre manière. Il pouvait se remémorer son souvenir très rapidement et avec une persistance qui l’étonnait lui-même. Son sourire, ses mimiques. Le timbre de sa voix. La manière dont il posait les mots et essayait de vous faire vous sentir mieux. Il avait le sentiment de pouvoir faire appel à ce souvenir chaque fois qu’il était troublé, perdu, avait besoin d’un meilleur ami.

Il avait commencé à lui écrire des lettres. Dans un but thérapeutique, pour s’essayer à écrire aussi. Lui qui s’absorbait de mots s’est mis à les produire. C’était brouillon, désordonné. Il ressortait plus léger de ces séances d’écriture. Il se rendait au cimetière deux voire trois fois par an. Il n’osait pas s’y rendre plus, craignant de ne plus distinguer la frontière entre réalité et chimères. Il imaginait Cédric lui donnant des conseils dans sa vie, s’enthousiasmant pour ses relations amoureuses, n’osant pas demander où ça en était avec Dahlia. Il se donnait la réplique. Il ne parlait de ses dialogues informulés à personne. Pas envie de passer pour un dingue. Il lui semblait que Dahlia avait mis du temps à tourner la page, elle aussi. Ils n’osaient pas s’entraider, se laissant un espace qu’ils ne comprenaient pas. Orion n’osait pas plus demander à Cho comment elle vivait les choses, mais après tout, ce n’est pas comme s’ils avaient été proches.

De la même manière dont ils n’ont pas vécu leur deuil différemment, le sorcier sait que Dahlia ne gère pas la pause dans leur amitié de la même manière. Il a demandé de l’espace, il en a, belle affaire. La possibilité d’une relation plus qu’amicale entre eux s’émousse petit à petit, de la même manière dont il a fait son deuil. Il se pense plus résilient que l’image qu’il renvoie souvent. Ce n’est pas parce qu’il vit intensément qu’il est condamné à être une victime. On le trouve un peu ailleurs au travail, sa famille le trouve un peu plus tactile mais moins causant. Il fait ce qu’il peut.
C’est un poème moldu qu’il relit tous les ans, voire plusieurs fois par an. Il a recopié sur une grande feuille la version originale, et établi une traduction en dessous, grâce à un manuel de français emprunté à la librairie et la relecture attentive de Florian Fortarôme qui n’a pas posé beaucoup de questions. Orion prend peut-être les choses au pied de la lettre, comble pour un grand lecteur, mais il en a tiré l’équivalent d’un manuel pour ce rituel de fleurir la tombe de son meilleur ami. Il part de chez lui à l’heure où blanchit la campagne. S’il roule une bonne partie du trajet dans sa voiture désillusionnable, il garde les derniers kilomètres à pied. Et en effet, il est tout entier à son chagrin, à sa perte, il n’entend plus autant ce qui se passe autour de lui. Le bruit de la voiture n’a pas couvert le bruit de ses pensées, alors pensez-bien, les branches qui craquent sous ses pieds ne le perturbent guère.

Il entre dans le cimetière, une couronne de bruyère et de houx à la main. Il n’a pas eu besoin de plisser les yeux pour reconnaître la silhouette de l’être aimé, dont il cherche à se détacher. Pincement au cœur. Il ne peut pas la retenir contre son gré. S’il doit n’y avoir rien de plus, eh bien, cela fait des années qu’il s’y prépare. Ce n’est pas parce qu’on dirait que toute sa cage thoracique est vidée d’air qu’il doit le lui reprocher. Il n'essaie même plus. Son air grave, ses yeux un peu rougis lui importent peu. Il a renoncé, ou s'y emploi autant qu'il peut. S'éloigner de Dahlia fait disparaître son énergie. Ils sont là pour Cédric. Le jour est comme la nuit, il s’efforce de courber un peu moins le dos après avoir déposé la couronne. « Bonjour Dahlia. »  
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Sam 12 Jan - 20:43

   
à l'heure où blanchit la campagne.
Tu ne ressens pas le froid, ton corps est engourdi pendant que tu fixes cette tombe te rappelant les souvenirs que tu as pu passer avec Cédric et la vie que tu aurais pu avoir. Tu te souviens de la manière dont tu as surmonté le choc de sa mort, les heures passés et trier les photographies que tu avais faites de lui, à les classer dans des albums sans un mot, muette tout simplement. Le choc t’avait poussé à fuir, à hurler, à t’ouvrir puis à te fermer comme une huitre notamment suite au discours de Dumbledore. Tu avais froncé les sourcils, serrés les poings et la mâchoire, fixant ce vieillard sénile d’un regard noir en l’insultant mentalement. Tu savais quel manipulateur le grand Dumbledore pouvait être, Norbert et Thésée le savait et il n’avait jamais caché ce fait, il n’avait jamais caché que le grand Dumbledore n’hésitait pas à se servir des autres pour le plus grand bien. Tu l’avais cru pourtant et tu lui en avais voulus encore plus, non seulement d’avoir permis que Cédric meure mais en plus d’avoir permis que l’autre face de serpent revienne pour créer une seconde guerre. Tu avais cru Dumbledore et Potter mais tu t’étais réjouie de les voir traîner dans la boue, tu avais refusé de soutenir Potter et de rejoindre son petit groupe stupide contre Ombrage. Tout simplement parce que tu ne voulais pas ruiner tes chances d’avenir au sein du ministère en te mettant à dos Ombrage et aussi parce que tu ne supportais pas Potter. Jalousie maladive envers un gamin attirant un peu trop la lumière à tes yeux, tu as conscience que ta haine pour Potter n’est pas vraiment motivée par autre chose que des sentiments peu glorieux et indigne de toi. Pourtant tu ne peux pas t’empêcher de le blâmer pour la mort de Cédric, s’il était mort étant bébé, Cédric serait encore en vie et tu ne serais pas dans ce cimetière mais avec lui autour d’une bonne bièraubuerre à discuter de vos vies et préparer Halloween. Tu repenses à l’album que tu as ais et donner aux parents de Cédric, cadeau dérisoire face à la perte cruelle qu’ils vivaient mais cadeau fait avec soins et patience pour combler le vide dans ton cœur et ne pas oublier le sourire de ton ancien ami. Tu n’avais mis que des photos habillées dans l’album des parents, gardant précieusement celle que tu avais où Cédric était plus dénudé, dormant à tes côtés sous un draps ou prenant la pause dans la salle de bain des préfets. Il avait accepté d’être ton modèle pour des photographies un peu moins classiques et personne après lui n’avait eu le privilège de pouvoir devenir ce type de modèle pour toi. Dans un coin de ta tête, tu penses au fait qu’une seule autre personne pourrait prétendre à ce genre de photographie avec toi, une autre personne qui te rejoint et dont tu respectes le silence.

D’une certaine manière, Orion et toi, vous êtes déjà un couple, un couple uni dans la douleur de la perte d’un être cher, un couple uni dans un deuil long et un couple uni par des sentiments réciproques. Tu vas devoir évoquer cette question avec ton grand-père ce soir quand tu le verras, après être repassé au ministère pour la baffe et ton coup d’éclat de la veille, il faut que tu en parles avec cet homme. Tu as besoin de te confier à ce sujet, à une personne t’aimant mais ne pouvant pas être un rival pour Orion, quelqu’un qui ne te jugera pas non plus ou ne tentera pas de t’influencer contre ton gré. Thésée coche toutes les cases, ton grand-père a toujours coché toutes les cases quand tu as eu besoin d’obtenir des conseils de vie et il ne t’a jamais déçu alors tu ne comptes pas changer tes habitudes. Tu l’observes se relever, fourres tes mains dans tes poches pour résister à l’envie de prendre sa main pour le soutenir dans l’épreuve de faire face à cette tombe. « Bonjour Orion. » Tes mots résonnent dans le silence, souffle d’une voix enrouée par l’émotion de le revoir ici malgré votre dernière entrevue, tu te mords la lèvre laissant un silence lourd, remplis de tensions entre vous. Ton regard se perds vers l’horizon, le paysage ne fait qu’accentuer ton mal-être, tes questions beaucoup trop nombreuses dans ta tête, tu es perdue, tu ne sais pas quoi faire, tu as la nausée. Tes yeux retournent sur la photo de Cédric sur le marbre, ses yeux rieurs te rappellent ta rupture avec lui, sa manière diplomate de te faire comprendre qu’il sait pour tes sentiments, qu’il sait que quelque chose te retient mais qu’il ne peut pas, qu’il refuse de t’aider à briser le cœur d’Orion. Tu inspires un grand coup, ce n’est pas la nouvelle année mais pourtant tu prends une résolution, celle de faire un aveu à Orion. « Il n’a jamais voulus te briser le cœur en étant avec moi… Il a compris tes sentiments, il… Il a rompu avec moi pour te préserver et je ne lui en ait jamais voulus… Je savais pourquoi il faisait ça, tu étais important pour lui et… Je ne sais pas encore quoi te répondre à tes sentiments, Orion, je suis perdue… » Tes mots se nouent dans ta gorge, tu fixes la photo et te remémore d’autres souvenirs plus heureux, certains teintés de regrets comme ce jour funeste où il a mis son nom dans la coupe ou la fête quand vous avez appris qu’il était champion, enfin un des champions de votre école. « Tu te souviens que jour où on a gagné notre premier match ? Tu as pas pu t’empêcher de faire référence à un livre et Ced’, il t’a pris dans ses bras en disant qu’il pouvait pas rêver de meilleur frère que toi pour écrire sa vie un jour… J’ai encore toutes les photos de lui… Si un jour, tu l’écris ce bouquin, enfin non, même si tu l’écris pas mais que tu veux que je t’en fasses des copies, dis-le moi. Je te l’ais jamais proposé, je l’ai fait pour les parents de Ced’ et j’aurais dû faire aussi pour toi un album… Vous… Tu n’as jamais été son ombre, pour lui, tu n’as jamais été son ombre, Orion, tu as toujours été son double… Plus que ça même… » Tu t’interrompt, tu en dis trop, tu vas trop mal et tu finis par sortir tout ce que tu aurais dû dire à l’époque sans le faire, par peur. Tu sais que tu t’enfonces, tu n’oses pas t’excuser, à quoi bon ? Alors tu te mures dans le silence laissant la plaie dans ton cœur s’agrandir au rythme des rafales de vent sur ton corps, tu ne dors pas assez, trop de cauchemars, la guerre semble lointaine et si proche. Tu t’enfonces à nouveau au risque de mettre en danger ton avenir et tes relations avec tes collègues.
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Orion Fleury
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Sam 12 Jan - 22:31

   
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
S’il voulait un défi, Orion n’est pas déçu. Il lui faut de la maîtrise pour ne pas prendre Dahlia dans ses bras pour la consoler. Il ne sait pas quoi faire devant sa tristesse et se résout à enfoncer ses mains dans ses poches pour cacher le fait qu’il plante anxieusement ses ongles dans les paumes. Il la regarde changer plusieurs fois de point de mire, visiblement mal à l’aise, complètement déboussolée. Il aimerait être son guide mais il s’est promis de la distance. Sinon, il n’en sortira jamais. Fier de sa résolution, il n’est même pas sûr de réussir bien longtemps.

A l’impossible, nul n’est tenu.

Il ne l’avait jamais entendue s’exprimer à ce sujet. Oh, bien sûr, il s’est toujours douté qu’il avait, d’une certaine manière, saboté l’idylle entre Cédric et Dahlia. Pas intentionnellement, ou en tout cas pas en souhaitant sincèrement qu’ils rompent. Il avait été soulagé que ça arrive, et honteux de ce soulagement. On n’aime pas en gardant dans une cage. Comment peut-il être avide de liberté s’il essaie de contrôler les autres ? Détournant le regard à son tour, il l’écoute. Presque une déclaration, en tout cas ce qui s’en rapproche le plus depuis qu’ils se connaissent. Ce serait mentir que de dire qu’il encaisse cela avec aplomb et détachement. Il n’a aucune envie d’être détaché, il préfèrerait la prendre dans ses bras, caresser ses cheveux, la garder contre lui et lui dire qu’ils n’ont pas à souffrir ainsi. Aucune main sortie des nuées ne va faire s’abattre la foudre sur eux. On ne pourra pas leur reprocher d’avoir fait dix ans de deuil et de finir par sortir ensemble, au nom de quoi ? Elle n’est même pas sa veuve et il n’y a pas de concept lié à la perte d’un ami.

Il avait presque oublié ce que c’était que d’être le second couteau. Le rappel est presque cruel. « Je … C’est très gentil, Dahlia. » Il y a des bancs plus loin, les propriétaires de cimetière savent que les visiteurs ont parfois bien besoin de s’asseoir. Avec beaucoup de douceur, il fait signe à Dahlia de l’accompagner. Ils ne se touchent pas, à vrai dire il n’a sorti qu’une main d’une poche, pour un mouvement ample vers le banc, sans la toucher. La peau de la jeune femme serait-elle empoisonnée ? De crainte que même ses vêtements portent un certain maléfice pour lui, il se tient à distance respectable sur le banc également. Il meure d’envie – affreuse pensée ici – de s’offrir une cigarette. Vraiment impoli. Il n’en fait rien. Son pied gauche se soulève et s’abaisse, battant la mesure imaginaire de son état de stress. « Ca me ferait plaisir de voir une photo de Cédric. C’est sûr. Tu sais, je pense encore à lui, régulièrement. J’essaie d’imaginer ce qu’il serait devenu. On peut jamais prévoir mais ça m’est utile. J’imagine. Par contre, je me vois mal écrire. C’est jamais moi. Il y a des écrivains qui ne sont pas de grands lecteurs, alors tous les passionnés dans mon genre ne doivent pas être destinés à briller et dédicacer leurs ouvrages. » Il garde quelques instants de silence. « Tu sais, t’as pas à me répondre. Sur … La conversation du chaudron baveur. Je ne veux pas te forcer, Dahlia. Je t … » aime. « Te respecte, et je ne veux pas te forcer à quoi que ce soit. Ca vaut aussi pour l’album. T’as pas à avoir les mains pleines de colle à papier si tu ne le sens pas. » Il lui adresse un sourire comme une offrande vers une paix durable. « Si Cédric était là … bon, j’imagine qu’on n’aurait rien à faire là.  J’imagine qu’on passerait du temps tous les trois. Il serait peut-être déjà marié, c’est vrai qu’il a du succès. On serait partis en voyage de fin d’études ? Enfin, c’était la guerre et moi je brinqueballais déjà pour Gringotts. J’imagine qu’il m’aurait aidé pour les travaux de ma maison, c’est le genre de cause perdue qu’il aimait bien. »

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Dim 13 Jan - 14:40

   
à l'heure où blanchit la campagne.
Tu fixes le marbre, tente de rester forte malgré le fait que tu sens le sol qui s’ouvre sous tes pieds pour t’avaler. Le monde sorcier ne tourne toujours pas rond, ou peut-être que justement il tourne trop rond et que les cycles ne cessent de se rapprocher de plus en plus. Tu n’en sais rien, tu doutes, tu es de nouveau perdue, comme lors de la guerre, comme après sa mort. Tu aimerais retourner en arrière, t’empêcher de débarquer dans le salon en hurlant, en exigeant d’aller à Poudlard et accepter d’aller à Beauxbâtons. La France n’a pas été marquée, tu aurais pu rester sur ces terres pas si lointaines et t’y épanouir, ne pas souffrir de voir ta famille paternelle se déchirer sans que tu ne puisses rien y changer et tout simplement souffrir de l’avoir connu. Tu hoches la tête face au mouvement de main d’Orion et le suit, à bonne distances, distances de sécurités surement, pour vos deux cœurs plus que vos corps. Pour un visiteur extérieur, vous devez paraître deux inconnus marchant dans la même direction et le fossé entre vous ne fait qu’agrandir la plaie à vif que les battements de ton cœur ne peuvent soigner. D’un côté du banc, tu fixes la tombe de Cédric que tu distingues toujours, tu t’empêches de te rapprocher d’Orion, statue de glace, figée dans une posture de détresse. Les mains enfoncées dans tes poches, tu serres ta baguette et fait en sorte de prendre le moins de place possible. Tu ne veux pas le gêner même si tu crèves d’envies de te réfugier dans ses bras, sa chaleur, découvrir son corps, le goûter comme tu as pu le faire avec Cédric. Tu imagines d’ailleurs le regard de Cédric face à ton comportement, s’il était encore là, il t’aurait surement déjà dit tes quatre vérités avec son tact habituel pour te faire comprendre que tu allais trop loin. En faites, tu as l’impression d’être réellement devenu impulsive quand Cédric est parti comme s’il avait toujours su tempérer tes ardeurs en tant que capitaine et ami. Tu sais que c’est faux, que tes souvenirs se brouillent, que tu es devenu réellement ingérable à cause de la guerre où il s’agissait avant tout de se battre et de survivre pour un demain meilleur. Sauf que voilà, ce lendemain n’est jamais arrivé, tu en prends conscience aujourd’hui, il n’y aura jamais de lendemains heureux remplis de paix et il faut être idiot pour le croire. Après tout, en amour comme à la guerre, tous les coups sont permis et pour avoir la paix, il faut préparer la guerre.

Assise sur ce banc, tu ne vois pas d’espoir, tu ne vois pas de rayon de soleil lumineux pour ton avenir et tu ne tiens assise que pour lui, car tu le lui dois bien ça. Tu l’écoutes, fronces les sourcils à certains passages, tu te fiches pas mal de la colle sur tes doigts, il t’arrive souvent d’en avoir alors cela ne te dérange pas d’en avoir pour lui. Surtout qu’avec le temps, tu as appris à maitriser l’art d’user de ta baguette pour coller les photographies correctement. Tu souris quand il parle de ce qui se serait passé si Cédric avait survécu, tu es heureuse de voir que lui aussi imagine ce que vos vies auraient été, qu’il a cette même manie que la tienne. Au fond, tu as conscience que c’est un peu glauque de penser à cela mais tu ne peux pas t’en empêcher et tu es persuadés qu’Orion aussi ne peut pas s’en empêcher. C’est une manière de remuer le couteau dans la plaie que de penser à cela mais c’est aussi une manière de le garder auprès de vous, égoïstement mais tu l’es et tu l’as prouvé à plus d’une reprise. « Il t’aurait aidé, il aurait même motivé des gens pour la retaper et proposer des tas de choses pour l’améliorer aussi. Et il nous aurait cassé les pieds pour ce voyage au tour du monde, s’il l’un de nous deux avait voulus se défiler, il aurait trouvé tous les arguments possibles pour qu’on parte ensembles… Il aurait mentionné les vieilles ruines à découvrir pour toi, le réseau auprès des ministères étrangers que je pourrais me faire en plus de celui de ma…mes familles. Et puis… Il serait revenu pour la bataille, avec toi, avec moi, on aurait combattu là-bas ensembles… Le trio d’or de Poufsouffle, le trio… » Tu te mords la lèvre inférieure, incapable de dire le dernier mot : inséparable, vous étiez censé l’être et pourtant vous l’aviez été. Tu te concentres sur la seconde omission pour ne pas fondre en larmes, le fait que Cédric aurait profiter de ce voyage pour te caser avec Orion, pour vous voir heureux. Tu ne doutes pas qu’il aurait fini par vous faire marier, avant lui parce que c’était sa mission en tant qu’ami et futur témoin, parrain de vos enfants. Tu arrives à ne pas laisser les larmes descendre le long de tes joues, à te montrer forte pour ne pas le pousser à te prendre dans tes bras. Tu as conscience que tu ne mérites pas une étreinte et que tu ne peux pas paraître faible devant lui au risque de lui briser encore plus le cœur or tu refuses de le faire à nouveau.
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Orion Fleury
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Dim 13 Jan - 16:21

   
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Il ne sera pas dit qu’Orion est impoli ou de marbre. Il fouille un long moment dans ses poches. Pantalon, poches extérieures de la veste, poches intérieures de la veste … et finit par mettre la main sur un mouchoir. Il se sent ému lui aussi, mais Dahlia en a plus besoin que lui. Par exemple, il ne craint pas que son maquillage se mette à couler, ce qui lui paraîtrait embarrassant, même devant un vieil ami. Est-ce qu’elle en met tous les jours ? Est-ce qu’elle n’en met que pour les jours où elle sort de chez elle ? Le collègue avec qui elle entretient une relation l’a-t-il déjà vue sans ? Il fait de son mieux pour ne pas y penser. Il s’est promis de ne pas être obsédé par Dahlia, et ce n’est certainement pas le bon endroit pour ça. C’est comme s’il entendait Cédric lui demander s’il est sérieux avec cette histoire. Il pense, comme pour s’excuser, qu’il a déjà tenté ce qu’il pouvait. Elle ne veut, elle ne veut pas. Merde. Il y peut quoi, lui ?

D’un geste maladroit, Orion entreprend de passer un bras autour de la jeune femme tout en gardant une distance bienvenue. C’est bien plus dur que ça n’en a l’air. Il se sent ridicule et un peu engoncé, avec son bras tendu alors que son autre main reste dans sa poche. Il s’efforce de rendre la situation plus légère, mais c’est difficile en entendant les pleurs de Dahlia qu’il essaie de ne pas regarder. « Des vieilles ruines, des vieilles ruines … Merci bien de dénigrer mon important travail de recherches, mademoiselle Prewett. Tu sais qu’il y a des moldus qui écrivent des séries de bouquins entiers sur des gens qui vont chercher des artefacts magiques ? Et eux ne peuvent se débrouiller qu’avec des trucs moldus, genre sacoche à contenance ridicule, instruments de mesure en tout genre et j’en passe. »

Il s’interrompt. Ils savent tous les deux qu’ils tournent gentiment autour de leurs problèmes, et font des pas chassés de politesse pour s’en éloigner doucement. Aucun des deux n’a envie d’être celui qui dirait qu’ils ont peut-être un problème et de parler de ce qu’il s’est passé. En partie parce que ce n’est pas le bon moment, en partie parce qu’ils semblent transis de froid. Le contact avec la jeune femme le gêne, même par vêtements interposés. Est-ce une si bonne idée que ça d’être venus se recueillir ici. Orion meuble la conversation pour ne pas laisser un silence gênant s’installer, mais il ne peut s’empêcher de se dire que c’était sûrement une mauvaise idée de venir ici. Devraient-ils même continuer à venir fleurir la tombe de Cédric ? Est-ce que ce n’est pas une manière de mettre en pause leur deuil sans jamais se préparer à en sortir ? Il se demande si cela leur apporte encore quelque chose, ou si, comme leur relation, cela les retient dans une époque passée.

« C’est sûr. J’aurais bien voulu savoir ce qu’il arrivait ensuite au trio inséparable des Poufsouffle. On aurait peut-être été déçus, on aurait pu se brouiller pour une broutille. Peut-être que la bataille de Poudlard se serait passée différemment ? On n’en sait rien … » Il pose la question qui lui brûle les lèvres. « Tu crois qu’on fait bien ? De continuer à venir ici ? Je ne sais pas … J’ai aucune idée de ce qui se passe après la mort. C’est à moitié mon métier d’enquêter sur ce que les gens ont laissé, et quelque part, on peut survivre parce qu’une partie de notre esprit a formé un sortilège qui nous survit. Y a rien qu’à voir pour … Tu-sais-Qui. Mais Cédric, pourquoi … Je veux dire, pourquoi est-ce qu’il n’est pas devenu un fantôme ? Est-ce qu’il reste quelque chose de plus de lui que nos souvenirs et … ici ? Tu crois que c’est un sort enviable, d’être un fantôme ? Ou un portrait ? Est-ce qu’ils ressentent la peine, la mélancholie, ou le temps qui passe ? J’imagine que c’est mieux, que s’il avait été coincé et avait regretté d’être devenu un fantôme, mais … J’aurais voulu lui parler une dernière fois. C’est bête. »


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Dahlia Prewett
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Dim 13 Jan - 18:33

   
à l'heure où blanchit la campagne.
Tu prends le mouchoir pour essuyer les larmes qui finissent par couleur, grimaçant à l’idée de ce que tu imposes à nouveau à Orion. Tu ne peux pas t’empêcher de le faire souffrir et tu te dégoutes de plus en plus de lui faire subir tout ça. Des fois, tu te demandes si le plus simple serait pas de prendre une potion pour t’empêcher de l’aimer ou trouver une fausse excuse pour ne plus jamais à le voir mais tu sais que c’est lâche. Or, s’il y a bien une chose que tu ne supportes pas c’est l’idée que tu puisses être lâche, de refuser de faire face aux conséquences de tes choix, de modifier les choses simplement pour fuir tes responsabilités. Tu n’es plus une enfant, tu es devenu une adulte depuis longtemps, la guerre t’a aidée à prendre en maturité aussi et tu dois accepter les conséquences de tes actes, toutes les conséquences même si cela te fait souffrir. Tu tentes de te faire le plus silencieuse possible, de ne pas gêner Orion et de ne pas trop t’appuyer sur son bras derrière toi. Tu ne veux pas le faire souffrir plus, tu l’as déjà suffisamment faire souffrir pour ne pas en rajouter une couche même si tu ne peux guère empêcher le chagrin de te submerger. Un chagrin qui reflue grâce à ton ami, quelques mots suffise pour t’arracher un rire, lourd, difficile, étranglé même mais un rire tout de même. Orion a toujours été un peu susceptible sur son travail et le fait qu’il se vexe sur l’emploi du mot ruine te donne du baume au cœur. Tu imagines très bien Cédric, un sourire aux lèvres répondre qu’en effet Orion ne s’occupe pas de ruines, que son travail est beaucoup plus complexe et dangereux que de simplement visiter des ruines même s’il passe sa vie dans des ruines. Tu fronces les sourcils quand il parle des moldus, tu te souviens de comment les moldus font pour ton travail, c’est assez similaire, vous n’avez juste pas les mêmes armes mais le camp d’en face n’a pas les mêmes armes aussi. « Ils sont suicidaires, les moldus qui font ce métier… Je veux dire, le mien est beaucoup moins dangereux par rapport à ce qu’ils font, ils ont aucune connaissance de la magie et ils s’exposent à des malédictions… » Un constat à tes yeux, un simple fait, toi, tu connais les armes d’en face, les moldus équivalent à ton métier connaissent les armes d’en face mais ceux choisissant un métier semblable à celui d’Orion ignore tous des malédictions. Tu ne peux pas t’empêcher de frissonner en te disant que ces gens doivent être soit totalement dingue soit beaucoup plus malheureux que toi et Orion pour faire ce genre de métier où seule la mort les attends au bout.

La Mort, la Faucheuse, elle arrive bien vite dans votre discussion et tu fronces les sourcils face aux questions d’Orion. Tu sais que les tableaux et les fantômes sont différents, les tableaux ne sont juste qu’une peinture animée par de multiples sortilèges pour incarner la personne qu’il représente. Tu sais que leur personnalité ne peut plus changer, qu’elle garde celle de la personne au moment de la réalisation. Tu as eu vent du fait que deux tableaux de la même personne peint à deux périodes différentes pourraient ne pas réagir pareils. C’est complexe ces histoires de tableau, tu en as conscience et c’est d’ailleurs pour ça que tu préfères largement l’art de la photographie à celle de la peinture. Plus simple, moins prise de tête aussi selon toi. Pour les fantômes, tu te souviens du moine gras, tu étais venu le trouver après la mort de Cédric, tu lui avais posé des questions, toi aussi, tu avais voulu parler à Cédric encore une fois, tu avais espéré qu’il devienne un fantôme. « Ced’ aurait continué sa route… Le moine gras, il m’a dit qu’il fallait pas rêver qu’il revienne, que ce n’était pas son genre, qu’il n’aurait pas eu peur et qu’il aurait continué le voyage vers une destination qu’il ne peut pas connaître… Les fantômes, c’est ceux qui ont peur de continuer, qui ne veulent pas partir d’après lui… Et il reste plus que nos souvenirs, Orion, il y a son histoire, elle sera connue encore pour des générations puis je suis sûre qu’il est avec nous, qu’il veille sur nous d’une certaine façon… Je ne pense pas qu’il aurait aimé être un fantôme et un portrait… Bah, tu peux être un portrait et avoir continué ton chemin, c’est pas vraiment ton âme qu’on met dans le portrait, c’est plus des sortilèges qui te représente en tant que personne donc c’est pas vraiment toi, tu vois ? » Tu essaie de mettre des mots sur ce que tu sais, sur ce que tu as compris de tout ça, c’est compliqué pour toi et tu n’aimes pas vraiment penser à ça. Tu sais juste que tu as ce vide en toi de ne plus avoir ton ami prêt de toi, que cela te bouffe intérieurement deux jours par an. Tu ne sais pas si c’est une bonne idée de continuer, de t’accrocher ainsi à des souvenirs de lui, tu sais juste que tu en as besoin et que tu n’arrives pas à lâcher-prise. Quant à savoir si tu aimerais être un fantôme, l’idée de hanter les vivants pour l’éternité te déplait, tu préfères continuer la route, retrouver Cédric, Fred, ton père, ton oncle et la femme sur la photographie dans ton salon. Leur parler à nouveau ou pour la première fois, apprendre à mieux les connaitre et passer l’éternité avec eux. Oui, c’est un destin beaucoup plus enviable que rester bloquer parmi les vivants et voir les gens auquel tu tiens partir les uns après les autres en te laissant seul sur cette planète. Tu n’as pas envie de devenir un fantôme même si voir évoluer le monde est tentant, tu préfères et tu comptes bien continuer ta route le jour de ta Mort plutôt que de retourner en arrière.
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Orion Fleury
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Dim 13 Jan - 21:24

   
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Le sorcier hausse les épaules. Les archéologues moldus font un travail dangereux, en quelque sorte. La plupart des lieux ne sont pas vraiment maudits. Il estime que la plupart des malédictions sont des inventions destinées à servir d’épouvantail pour ceux qui n’ont pas envie qu’on ouvre leur sépulture. Ce qui peut se comprendre, mais il faut bien remettre ces objets en circulation. Orion touche du bois, rien ne lui est encore arrivé de grave dans ce travail. A part deux fois où il s’est retrouvé bien mal en point, il a échappé aux malédictions et à un paquet d’autres trucs. A commencer par une maladie contractée en touchant une saleté vieille de centaines d’années. La moindre coupure est prise très au sérieux, la formation en médicomagie de Gringotts est bien utile. Il aurait peut-être du faire ça, tiens, médicomagie. A ceci près qu’il a de l’empathie et se serait retrouvé complètement bouleversé devant la souffrance d’autrui, et sans doute incapable de mettre ses peurs de côté. C’est déjà compliqué de prendre émotionnellement soin des autres, alors …
Orion jette de fréquents coups d’œil à Dahlia, en faisant mine de regarder la tombe. Est-ce qu’il devrait faire quelque chose pour la consoler ? Il n’ose pas bouger. Il écoute patiemment une explication qu’il connaît sans l’aimer ou s’y résoudre. Bien sûr que Cédric n’aurait pas eu peur. Cédric a mis son nom dans la coupe. Est-ce que lui-même aurait peur ? La mort doit sans doute être une aventure. Mais il se garde loin de la souffrance, chat échaudé craignant l’eau froide. La souffrance intérieure, il a donné, merci. Les blessures de voyage sont placées sur un même plan que les périodes de déprime presque dépression. Le même sentiment d’être étranger à ce corps, et le même espoir désespéré de passer à autre chose, n’importe quoi. Il reste muet, et un silence désagréable prend place entre eux, comme s’il les poussait sur le banc, l’un loin de l’autre. Il intègre petit à petit ce dont Dahlia parle. Il s’imagine très bien pourquoi elle a posé la question au Moine Gras, peut-être pas le fantôme le plus populaire mais certainement le plus compréhensif. Elle a dû se sentir si seule. Que faisait-il à ce moment, pour ne pas pouvoir l’aider ? Il recollait ses propres morceaux. Même en sachant cela, Orion ne se sent pas très fier de lui. Il lui reste le sentiment d’avoir raté quelque chose.

C’est ridicule de penser ça alors que Cédric est là et déjà loin, à six mètres de là et six pieds sous terre. « Oui, oui … Bien sûr, ça ne l’aurait pas remplacé … » Il se serait peut-être contenté d’un fac-similé ? Personne n’a l’occasion de revenir en arrière, bien sûr, mais le monde magie ouvre tellement de possibilité que se résigner à ce que cette porte soit fermée n’était pas facile. « Tu sais où tu en es, toi ? J’ai rédigé un testament à toutes fins utiles, ce qui est pratique quand ton employeur qui t’envoie au-devant du danger est aussi ta banque. » Il essaie l’humour mais le cœur n’y est pas. Cédric aurait voulu qu’ils soient heureux, c’est une motivation mais elle ne pèse pas très lourd dans les moments comme celui-là. Il se garde de lui dire qu’elle figure sur le testament, quoi que pas toute seule. S’il doit disparaître, Orion aimerait savoir que ses biens sont utiles aux personnes qui lui sont chères. Il a prévu une somme d’argent pour qu’Eirian puisse prendre son indépendance le jour venu, sélectionné des livres pour chacun d’eux, fait en sorte que ses parents aient le moins de choses à gérer. Il ne sait pas ce qu’il devrait advenir de sa maison et s’est contenté d’une clause selon laquelle son elfe de maison peut y habiter jusqu’à son dernier soupir. Un jour, il aura sûrement l’occasion de préciser cette clause et laisser la maison à la personne qu’il aura épousée. Ce n’est pas demain la veille.

Il retire son bras du dossier du banc, ne se sentant plus à l’aise. Il s’est rappelé que Cédric n’avait rien eu à laisser derrière-lui. Des affaires d’adolescent, dispersées par le premier coup de vent. Il a gardé quelques effets personnels, dont les Diggory ne voulaient pas, il peut bien imaginer pourquoi. Il a mis beaucoup de temps à se débarrasser des quelques vêtements, convaincu que Cédric allait revenir et avoir besoin de cette paire de chaussures pour sa prochaine balade. C’était plus sain de s’en débarrasser. C’était plus sain … Est-ce que Dahlia a gardé autre chose que des photos ? Est-ce qu’elle a besoin de les regarder ? Il tourne la tête vers elle et la détourne aussitôt. Ils ont rarement été aussi isolés. Même quand l’un d’eux avait une relation amoureuse aux moments où ils venaient ici, il subsistait plus de proximité entre eux. Leurs conjoints ne les accompagnaient pas, les laissant seuls avec leurs souvenirs et leurs bouquets de fleurs. Ce n’est pas comme si un cimetière pouvait favoriser les rapprochements amoureux. « Faut croire que j’ai encore du mal à faire mon deuil », précise-t-il comme une excuse, le regard toujours fuyant. Dahlia lui semble plus forte, même maintenant qu’il la voit fondre en larmes. Il ne l’a jamais vue s’effondrer comme il peut le faire, devenant distant des semaines, privé de sa joie de vivre. A moins qu’elle ne le cache mieux. Ils ne se disent pas tout, certainement.

Orion laisse passer un nouveau silence gênant entre eux avant de changer de sujet. « Tu sais, c’est peut-être pas si dangereux que ça, briseur de sorts. Même pour les moldus. J’ai fait quelques recherches, la plupart du temps, ils passent leur temps à étudier toute leur vie ou plonger les mains dans la boue quelques mois l’été. Ils sont rarement populaires, souvent mal payés. Ils enseignent dans des universités, ça, ce doit être sympa. Une bonne partie d’entre eux n’a pas idée des objets à côté desquels ils passent. Alors finalement, je pense qu’ils s’exposent peu à des malédictions. C’est pas si fréquent que ça, les malédictions. On les brise plutôt bien à Gringotts. C’est surtout les plus subtiles le problème. Un peu comme les prophéties … » terrain miné. Sans le savoir, Orion parle du  sujet des tourments de Dahlia. Il s’est remémoré les quelques prophéties de la coupe des trois sorciers et se sent obligé d’essayer un changement de sujet. « Tu crois qu’il serait devenu quoi, notre Cédric ? »



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Dahlia Prewett
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Mar 15 Jan - 22:43

   
à l'heure où blanchit la campagne.
Tu laisses le silence s’installer entre vous ou plutôt un espace pour qu’Orion puisse parler, se confier, tenter de faire son deuil. Vous n’avez jamais vraiment parler de lui, de ce vide auparavant, vous êtes venus ici ensemble, vous avez veillé sur cette tombe dans un silence de plomb. Peut-être parce que vous saviez sans avoir besoin d’échanger des mots que l’autre ressentait la même chose, tu n’en sais rien au fond, tu sais juste qu’aujourd’hui, les vannes s’ouvrent. Peut-être à cause de l’aveu d’Orion, de la distance qui s’est creusé entre vous et que vous tentez d’ammoindrir avec ces mots ou de terminer de creuser pour partir sur des chemins différents. L’idée de laisser Orion derrière toi ne fait qu’accentuer la plaie dans ton cœur et tu sais que cela te tuera. Cela dit, peut-être que ce serait mieux pour Orion, il pourrait enfin être heureux sans danger, peut-être que c’est le mieux oui mais tu n’es pas du genre à pouvoir mourir facilement. Faut croire que c’est dans les gênes d’être des battants, de ne pas se laisser tuer facilement, et des deux côtés de la famille bien sûr car même si ton père a fini tuer, il aura fallu quand même cinq mangemorts contre lui et son frère pour l’abattre. Tu te perds dans tes pensées avant de revenir brutalement au monde réel à la question d’Orion enfin revenir pour quelques secondes car tu repars bien vite. Tu as fait le nécessaire dès ton entrée dans la formation d’auror officiellement à cause de la formation et de son débouché, officieusement à cause de la guerre et le besoin d’être en règle en cas du pire. Après, cela n’a pas été trop compliqué à régler le testament puisqu’en dehors d’un héritage de ton père comprenant ton appartement à Londres et un peu d’argent, tu n’as pas grand-chose en propre. Enfin, tu as bien ton salaire de plus en plus conséquent et quelques babioles mais la plus grande partie de tes biens appartiennent encore à ton grand-père et ta mère donc il t’est impossible de les léguer. Tu as surtout mis les photographies que tu voulais voir revenir à telle personne ou telle autre simplement parce que ces photos les concernent directement ou parce que tu penses qu’elle pourrait leur faire plaisir. « Je l’ai fait aussi… Avec la guerre, mon implication dans l’Ordre et mon métier… Ca me semblait important, essentiel même… Après, j’ai pas grand-chose à moi, tu sais… Beaucoup de choses sont à mon grand-père ou ma mère alors… » Tu hausses les épaules, te cale un peu mieux contre le banc après qu’Orion est enlevé son bras et observe le ciel. Tu es toujours perdu mais la conversation permet de chasser un court instant les nuages noirs au-dessus de ta tête. Bien sûr, le sujet n’est pas heureux et repose sur certains nuages noirs qui planent dans ton esprit mais au moins il te permet pendant un temps de te détourner de tes préoccupations autour du ministère, de ton identité et de ce fichu Potter.

Tes yeux en redescendant accroche de nouveau la tombe de Cédric alors que tu finis de sécher tes larmes. Tu te souviens encore de son corps froid, du cercueil descendant doucement dans la terre alors que tes vacances venaient juste de commencer. Tu te souviens aussi de la fin de l’enterrement chez les parents de Cédric, du fait que vous aviez pu vous servir, ton choix s’était porté naturellement sur les affaires liées au Quidditch. Tu avais hésité un instant vis-à-vis de Cho, elle aussi avait fait du Quidditch mais ce n’était pas vraiment ce qui la liait le plus avec Cédric, elle n’avait jamais vraiment partagé de moments avec lui dans les vestiaires et Dahlia était donc repartis avec la tenue de son ancien capitaine entre autres chose. C’était la seule chose qu’elle avait gardé précieusement avec les photographies de lui, la seule chose qui trainait toujours dans son placard et fait quelquefois tiquer les gens tomber dessus. Elle marmonnait toujours des trucs inaudibles à ce sujet jusqu’à tomber sur Matholwch, son collègue avait haussé les épaules en disant qu’il comprenait avant de refermer le placard pour aller lui préparer le petit-déjeuner. C’est une des raisons pour laquelle tu préfères garder Matholwch comme seul amant plutôt que de les faire défiler, ton collègue a ce tact que d’autres non pas et surtout il comprend beaucoup sans que tu n’aies un mot à dire. Si tu perds dans tes pensées, tu restes attentive aux paroles du garçon à côtés de toi. Orion a toujours été ton étoile dans la nuit, la lumière vers qui tu peux te tourner pour être apaiser, repartir de l’avant avec plus d’ardeur et tout ce que tu as su lui apporter c’est de la peine et de la destruction. Tu le sais alors si cela doit être la dernière fois que vous vous parlez, tu veux lui apporter un peu de réconfort, de cette douceur dont il a toujours fait preuve à ton égard. Tu l’écoutes donc, cherches le meilleur moyen pour l’aider à tourner la page alors que toi-même tu n’es pas fichu de le faire. Tu l’écoutes parler de son métier puis sent ton cœur se serrer en entendant sa question, tu réfléchis à ce qu’il serait devenu sans vraiment le savoir parce que tellement de choses se sont produites depuis sa mort. Le monde ne s’est pas arrêté quand il est parti, il a continué à tourner et il a tourné de manière brutale vous marquant tous au fer rouge. Tu ne sais pas si Cédric n’aurait pas changé dans la guerre, s’il n’aurait pas été marqué profondément au point de remettre en question son existence même, ses idéaux. Tu as failli sombrer plus d’une fois durant la guerre, te remettre en question, abandonner et tu as tenu sans savoir comment alors tu ne sais pas trop quoi répondre. Tu sais que Cédric était plus fort que toi, tu l’as toujours cru du moins donc tu te dis qu’il aurait surement réussi à survivre ou du moins à rester le même à peu de choses près. « Je pense qu’il aurait pris un job au ministère. Un truc utile pour aider les gens, il aimait bien ça, aider les autres… Surement un truc autour de la coopération magique, un truc où il pouvait aider tout en se démarquant, tout en existant par lui-même grâce à son travail et son talent. Je le vois bien là-dedans ou alors médicomage ou auror, je me dis qu’avec la guerre, peut-être qu’il aurait voulu bosser au même endroit que moi… Pour me protéger, s’assurer que je reste vivante pour… » Tes mots se coince, tu sais pourquoi Cédric t’aurais suivi sur ce chemin, assurer tes arrières, veiller sur toi pour tu puisses être auprès d’Orion un jour, lui revenir vivante. Au fond, Cédric aurait pu prendre n’importe quel job, il aurait réussi car sa force c’était pas ses capacités mais son travail, l’ardeur qu’il mettait dans son travail, c’était ça qui en faisant un grand sorcier.
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Orion Fleury
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Mer 16 Jan - 21:42

   
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Le sorcier reste le regard perdu, tourné vers l’endroit où gît leur ami. Cédric, médicomage, et pourquoi pas ? Il a toujours su aider et protéger les autres. Il aurait été à son aise. Il était bon en sortilèges, c’est ce qui leur a donné la piste de regarder dans des bouquins de cet art pour qu’ils puissent trouver une manière de le laisser concourir dans l’épreuve aquatique. Orion regrette de s’être tant impliqué dans le tournoi des trois sorciers. Si Cédric avait fini deuxième … Il ne peut pas aller plus loin. La culpabilité le rattrape aussitôt. Il n’en veut ni à Delacour, ni à Krum, ni à Harry. Ses yeux sont secs, sa colère tarie. Il n’avait plus de place pour ces encombrants bagages qui l’auraient entraîné dans un abysse. Il ne leur en veut pas. Il n’en veut pas plus aux devins qui n’ont pas su se faire entendre quand ils avaient prévu l’évènement … et à ceux qui ont été incapables de le prévoir. Il sait que la guerre aurait été plus sanglante si Harry y était passé. Et si c’était un autre champion du tournoi, alors une autre famille, d’autres amitiés auraient été brisés. Il ne vaut pas mieux que les proches des autres participants. S’il est encore nauséeux quand il y pense, c’est aussi pour Dahlia.

Dahlia et Cédric se seraient-ils remis ensemble ? Il aurait eu du mal à être la troisième roue du carosse mais pour sûr, il se serait (sans doute) (sûrement) (peut-être) fait une raison. Les voir ensemble aurait imprimé une persistance rétinienne. Il imagine sans mal Cédric au Ministère. Douce rêverie des jours où il aurait été retrouver ses deux meilleurs amis dans ce hall de marbre froid et austère. Repas qu’ils auraient pris tous les trois. Cédric passant à Gringotts et ne manquant pas de lui proposer un café. Il se serait consolé de les voir heureux ensemble. Avec ça, il aurait été bien placé pour être le parrain de leur môme. Il n’est pas brillant avec Eirian mais se serait sûrement rattrapé. Du moins l’espère-t-il.

A moins qu’ils n’aient tous les trois fait leur chemin différemment. Pourquoi pas. Il se serait bien laissé tenter par l’expatriation. Il a visité des endroits paradisiaques et parfois hésité à revenir. Il aurait envoyé sa lettre de démission à Gringotts depuis la plage. Sa famille serait venue le voir. L’amour qui le lie à Dahlia aurait fini par se rompre. Peut-être même qu’il n’aurait pas trop souffert dans l’opération. Il se tourne vers elle et a bien du mal à jauger ce qu’il en est.

Même maintenant, il peut percevoir la force de cet amour. Cette affection qui lui donne des ailes, le fait veiller tard quand il lit un roman d’amour et s’y reconnaît. Cette énergie qui lui donne envie de parcourir le monde et d’avoir quelque chose à lui raconter – il passe des heures entières à regarder les étals des boutiques lointaines et se demander comment il pourrait expliquer qu’il lui a ramené quelque chose, sans qu’elle se sente son obligée. Peut-être n’a-t-il plus qu’à vivre avec cet amour, voilà tout. Il sera un peu malheureux parfois mais vivra une relation de confiance, de sérénité et de désir avec quelqu’un d’autre. Ce sera tout aussi solide. Il ne sera pas tout à fait sincère et pour quelqu’un dont le patronus est une hermine, c’est plutôt mauvais signe. Mais ce serait une manière de tous sortir par le haut, comme on dit. Il ne sera pas aimé du mari de Dahlia, ils feront avec. Il espère qu’elle ne le rayera pas de sa vie s’il faut choisir entre l’un et l’autre. Ca ne serait pas arrivé si Cédric était encore là. Les deux joueurs de Quidditch se seraient tombés dans les bras une nouvelle fois, il aurait porté un toast grandiloquent à leur mariage et se serait barré loin, faire un truc extrême. Construire un orphelinat en Inde, vivre en autosuffisance alimentaire dans la Sibérie, ouvrir une réserve naturelle au Tibet. Il a peut-être un truc avec l’Asie. Non, il aurait aussi bien pu partir comme trappeur dans le grand nord Américain.

Le temps s’écoule lentement. Ils restent groggys par leurs pleurs. Orion n’a plus guère de notion du temps. Il finit par frissonner, lui qui n’est frileux. Un coup d’œil à sa montre lui apprend que la course du soleil dans le ciel est désormais bien avancée. Un réflexe tout à fait humain se rappelle à lui. Il est las d’être assis, il est fatigué, il a faim, il a froid. Il en marre. Ca n’a rien à voir avec son amour pour Cédric et le souvenir de leur amitié qu’il chérit comme un trésor. C’est quelque chose proche de l’instinct de survie. C’est toujours la fin qui vous réveille quand vous décidez de vous morfondre ad vitam aeternam dans votre lit. Il s’imagine sans mal que Dahlia doit être fatiguée elle aussi. Elle a pâli. On dirait l’héroïne d’un livre romantique, ne manquent que la tenue de deuil et la mouche qui viendrait rehausser son teint pâle de rousse. Sur la joue, ils appelaient ça une galante. Ca lui serait bien allé. Il ne va pas encore passer un bras derrière elle alors qu’il essaie de maintenir la distance. Il prend ses mains dans les siennes et profite bien moins de ce contact que dans ses rêves d’adolescent (qui le poursuivent, certes, encore de nos jours). C’est triste, de se rapprocher dans un cimetière. Il se jure solennellement que ses intentions sont pures. Les mains de Dahlia sont fragiles et tièdes comme un petit animal en leur centre, mais l’extérieur en est glacé. « On devrait rentrer. Ca ne sert à rien de rester là. C’est pas un concours. »

Maintenant qu’il l’a dit, le plus dur est presque fait. Orion se lève. Il a l’impression d’être assommé d’un coup de soleil. Il tend une main secourable à Dahlia. « Tu es venue en transplanant ? Ca me rassurerait que tu ne repartes pas le ventre vide. J’ai de quoi manger dans ma voiture. » Il n’est pas parti sans un peu de nourriture et a fait sembler de ne pas voir l’elfe de maison qui rajoutait des provisions, jugeant sans doute qu’avoir de la peine et le vendre vide l’aurait tué. « Ca n’a pas l’air vendeur comme ça, mais je suis certain que manger un rien te fera du bien. T’es pâle. Faut bien que quelqu’un prenne le relais et s’assure que tu restes bien parmi les vivants.»


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To fight the unbeatable foe ; to bear with unbearable sorrow ; to run where the brave dare not go ; to right the unrightable wrong ; to love pure and chaste from afar ; to try when your arms are too weary ; to reach the unreachable star

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