Que la constellation du Chasseur guide tes pas, jeune Verbena ! [Orion]
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Eirian Almasdóttir
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Lun 31 Déc - 18:20
[Highlands (Ecosse) - Village caché des Verbenae]
[Juillet 2003]



Tu es bien silencieuse, ma Petite...

C'est vrai. D'habitude, les préparations de Sabbat ne se faisait pas sans ses rires, ses petits comptines enfantines, ses interminables discussions et sa spontanéité sans faille. Toujours prête à bondir de sa chaise pour aider quelqu'un et préparer à la petite communauté une nouvelle fournée de thés. Et pourtant, à quelques jours du Lughnasadh, le coeur de la fillette s'était asséchée. L'esprit n'y était plus, errant dans les méandres d'une éternelle réflexion obscur qui creusait la chair de son minois afin d'aborder un masque constant de mélancolie. Eirian n'était définitivement plus la même depuis cette fameuse lettre de Poudlard. Autant le dire tout de suite : personne ne voulait qu'elle parte. Mais la cause en était si noble qu'on serrait les dents et étouffait des jurons d'un autre temps. C'est vrai, ça aurait sans nul doute fait plaisirs à Almar et n'oublions pas que sa mère était une sorcière ayant fait toute sa jeunesse dans l'école de magie de l'ordre d'Hermès. Donc, par toute logique, l'enfant devait essayer, non ? Alors pourquoi tout le monde l'avait si morose ? On avait beau se lever avec le sourire, ne faire comme si de rien n'était avec Eirian, cette dernière s'était refermée sur elle-même. Et puis, personne n'était dupe, aussi bien chez les adultes que l'enfant : on savait tous qu'on essayait de se tromper et qu'on jouait sur les apparences pour sauver la face.

... C'est la fatigue... souffla-t-elle d'un murmure éteint.

Oui, depuis cette lettre, Eirian était fatiguée. Un soupir amère échappa à la Völva et la chaleur manqua à cette table malgré la grande cheminée. La demeure était grande, trop grande peut-être, mais chargée d'histoire. Une vieille édifice en pierre grise et de bois sombre sur deux étages ainsi qu'une grande cave. Les petits habitations de leur communauté avaient poussé autour. C'est ici qu'était disposé la grande bibliothèque avec ses ouvrages écrits dans des langues d'un autre âge et refermant des savoirs antiques. De ce fait, c'est en ce lieu que les enfants du village venaient pour s'instruire à leur tradition. De part sa grande taille et des chambres à dispositions, c'est dans ce domaine qu'on recevait les autres Verbenae du pays et qu'on préparait les Sabbats, comme aujourd'hui. L'immense table en bois massive de chêne trônait fièrement dans la pièce principale à la lueur du feu dans l'antique cheminée de pierre où des créatures inquiétantes étaient creusées dans la roche. Des esquisse de salamandres se dissimulaient entre les flammes et semblaient jalousement gardé l'accès à quiconque userait d'une poudre-de-cheminette sans être de sang de Verbena. Il y avait une odeur de bois calcinée, mêlée à de l'encens tandis que l'âtre dans la cuisine expulsait une odeur de breuvage chaud en chauffant la grande-marmite suspendu. La lumière était tamisée ; dans ce village, pas d'électricité, juste les flammes pour réchauffer et éclaircir les pièces sombres. Mais malgré cette faible luminosité, les femmes travaillaient aisément sur cette table, à tisser les feuilles de blés, pétrir la pâte, broyer les graines, étoffer des bouquets de plantes médicinales, chantonnant des chants antiques, sous la protection des Oghams et Runes reposant sagement sur la surface boisée. La terre et le feu se mêlaient dans une union primaire où les volutes de fumées semblaient dessiner l'histoire de la magie celtique et nordique au travers des visages de ces femmes.

Le rouge vint aux joues d'Eirian, le coeur attendrit par ce cocon d'illustre magie. Est-ce qu'elle sera aussi comme l'une d'entre-elle en grandissant ? Aura-t-elle une si belle voix pour porter les récits des anciens ? Son visage se creusera-t-il des rides de la sagesse ? Sera-t-elle aussi entourée de cette aura mystique bénie par la Toute-Mère et ses runes ?

Eirian, ma chérie, peux-tu nous servir, s'il te plait ?

C'était Hedda, jumelle d'Elin, qui l'avait sorti de sa rêverie. Les deux grands-mères herboristes étaient sans nul doute les membres les plus respectées du petit village juste après le Druide et la Völva. Parce qu'elles étaient d'un âge plus qu'avancé - trop avancé ? - mais parce que leurs puissances ne pouvaient être égalées. Elles avaient sur leur peau cette aura obscur de ces femmes qui avaient donné à maintes reprises la mort sur leur sillage. Leurs passées étaient troubles, mais marqué jusqu'à la plus petite parcelle de chair par leur héritage de sorcières. On les craignait, par leurs timbres secrets qui portaient toutes vérités, par leurs regards qui voyaient tous mensonges et par leurs sourires qui trompait tous esprit. Et pourtant, pour cette enfant, elles endossaient leurs rôles de deux petites grands-mères-gateaux, toutes charmantes au dos recroquevillé. Mais il suffisait qu'on ait le dos tournée pour qu'une lueur sombre se ravive au fond de leurs iris...

Eirian sauta aussitôt de son siège pour aller récupérer la théière dans la cuisine. Une brûlure se fit sur la nuque ; on l'observait partir et chaque mouvement qu'elle émettait était minutieusement décortiqué. Petit Trésor sur-protégé dont les derniers événements ont renforcé la garde sauvage des quinze louves assises autours de la table. Étrangement, cela ne faisait que renforcer le mal-être de la petite qui, lorsqu'elle se retrouva seule devant le feu de cuisine, eut bien du mal à étouffer un soupir douloureux. Elles vont la manquer. Toutes. Leurs amours, leurs protections, leurs chants, leurs voix, leurs présences...  Et qu'en était-il de son Tonton adoré ? Se mettant sur la pointe des pieds, Eirian tenta de voir par la fenêtre les hommes faisant la récolte pour le Lughnasadh. Bien évidemment, elle ne le pouvait, mais elle n'eut aucun mal à se les imaginer s'affairer à leurs taches et son coeur se tordit douloureusement. Les larmes l'étrangla et l'enfant se hâta de couvrir son visage d'eau froide pour se passer l'envie. Elle ne voulait pas qu'elles la voient dans cet état. Prenant garde à ne pas se brûler près de l'âtre, Eirian en profita aussi pour vérifier si la soupe se portait bien, et se saisit précautionneusement de la grosse théière.

Elle revint pour servir les dames, sous le regard vigilent de sa Völva Raghnild. Celle-ci voudrait tant qu'elle se confie à elle, mais l'enfant demeurait muette, gardant pour elle ses inquiétudes, sa colère, son chagrin... La Maîtresse des Runes soupira. Peut-être qu'Orion pourrait lui arracher quelques confessions ? Ce gamin avait intérêt à rappliquer si sec avant la rentrée de la Petite ! Ragnhild comptait bien lui faire cracher tout ce qu'il avait connu à Poudlard !

La porte s'ouvrit. C'était les hommes qui revenaient de la cueillette. Les petits commérages entres les deux sexes prenaient fin et on sortit d'autres chaises, on déposa sur la table une partie du butin, on se fit crier peur leurs maladresses : attention aux offrandes m'enfin ! On commence à se charrier, à hausser la voix, les voix tonnèrent, les rires s'entrechoquèrent avec les mauvaises-langues, on se chamaillait, on remettait de vieilles rancoeurs sur la table - c'est fou comment certains pouvait se souvenir le détail d'un bol renversé lors d'un petit-déjeuné il y a trois mois et dix-sept jours - et on se poussa pour faire place à la grande table. Alors ensemble on prépare pour Lughnasadh tandis que le vieux Orwenn descendit de l'escalier pour chercher un peu de thé. On tenta alors de le kidnapper avant qu'il retourne dans ses écrits anciens.

Eirian, qui rejoignit les genoux de son Oncle, souriait, enfin. Malgré le fait que sa vie de Verbena ne tenait qu'à un fil, la chaleur du lieu la saisit au coeur. Si seulement elle pouvait rester ici. Pour toujours. Au diable Poudlard et les Sorciers de l'Ordre d'Hermès !
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Orion Fleury
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Mar 1 Jan - 18:34



 
@Eirian Almasdóttir  ϟ  Orion Fleury .

Eirian a reçu sa lettre ! Fou de joie, Aldric Fleury tend la lettre à son fils. Un courrier venu des Verbanae des Highlands, expliquant à la famille du libraire et au véritable parrain de la jeune fille qu’elle a reçu sa lettre d’entrée à Poudlard. Tous les jeunes sorciers du Royaume-Uni reçoivent ce courrier, mais les Fleury se sentent très émus quand même. Ce n’est pas le papier à en-tête de l’école de sorcellerie qu’ils ont entre les mains mais une lettre manuscrite des tuteurs de l’enfant, expliquant qu’ils comptent bien l’envoyer là-bas. Ils en ont douté jusqu’à réception de ce bout de papier. Il leur semble que la communauté Verbanae d’Ecosse a toujours été quelque peu traditionnaliste, et c’est un euphémisme. Quelle impérieuse nécessité de se séparer d’une adolescente de onze ans alors qu’elle possède déjà les oghams lui permettant de contrôler sa magie ? La mauvaise réputation du château, depuis le passage d’Harry Potter et la traque de Voldemort, avait de quoi décourager les sceptiques. Elèves stupefixés, chien géant à trois têtes dans l’établissement, araignée monstrueuse juste dehors, directrice par intérim violente et liberticide … Sans parler du décès de Cédric Diggory. Orion, en tant que meilleur ami du garçon, ne s’en est pas tout à fait remis. S’il avait pu prévoir cela, Aldric Fleury aurait peut-être, lui-même, réfléchi avant d’envoyer sa progéniture. Il fait pourtant partie de ceux pour lesquels Poudlard a été une merveilleuse expérience.

Orion finit de lire la lettre qui lui a été tendue. « C’est toi le parrain mais c’est à moi qu’on demande d’assister au Sabbat ? » Son père hausse les épaules et explique que ce doit être une raison de type « les jeunes parlent aux jeunes » pour rassurer la gamine. Orion indique qu’il est hors de question de parler verlan, mais que sinon, il veut bien se rendre là-bas. Il paie de ses deniers personnels un exemplaire de l’Histoire de Poudlard et entreprend de l’annoter. Arriver au Château paré de ce livre l’a beaucoup aidé. Il a proposé à ses meilleurs amis d’explorer les recoins du bâtiment et n’a pas subi les foudres de ses professeurs en arrivant en retard à cause du dédale de couloirs. Pour un lecteur, c’est un incontournable, et l’ouvrage fait toujours partie de leurs meilleures ventes.

Le jeune homme calcule avoir encore le temps de se rendre chez les Verbanae avant sa prochaine mission pour la banque sorcière. La poudre de cheminette permet de se téléporter loin, mais il aime encore prendre son temps. Il décide qu’il pourrait rester plusieurs jours pour profiter de l’air pur des Highlands. Ensuite, passage rapide en Angleterre pour prendre ses affaires et il saute dans la première cheminée pour Gringotts. Le hibou familial prévient qu’il sera là deux jours plus tard et Orion s’empare de post-its qu’il colle à divers passages de l’Histoire de Poudlard. Pas question d’abîmer le livre, et Eirian pourra s’en débarrasser si elle juge ses commentaires peu pertinents.

Deux nuits passent et Orion se rend par poudre de cheminette au point de chute le plus proche en dehors de la communauté dans les Highlands. Il a emporté quelques affaires dans un sac à dos, et chaussé de quoi marcher assez longtemps. Il veut profiter de la beauté de ces paysages avant d’arriver à destination. La raison qu’il garde plus secrète, c’est une légère gêne de sentir qu’il s’impose dans cette communauté en autonomie, ce microcosme qui lui donne parfois l’impression qu’il est toléré sans être accepté. Ses grands-parents paternels sont morts, sa mère a coupé les ponts avec sa famille, il ne connaît en guise de famille que ses sœurs et ses parents. La famille que forment les Verbanae des Highlands est structurée autrement, il a le sentiment de passer à côté de liens de confiance et d’histoires entre les membres de cette communauté et craint de mettre les pieds dans le plat. Comment, il l’ignore, mais cette impression désagréable le poursuit quelques heures à chaque fois. Il y était indifférent quand il était plus jeune. Maintenant qu’il en a pris conscience et que son air gêné doit se voir, les Verbanae les plus fins en matière relationnelle lui font boire un coup. Une méthode efficace, un traitement de choc dont il est loin de se plaindre. Il s’accorde une dernière cigarette, profitant depuis la colline où il a grimpé d’une belle vue sur le village. S’il arrive avec cette invention moldue au bout des lèvres, on lui jettera un regard noir. Quel exemple donnerait-il à la petite ? Il remballe le mégot dans un étui à cigarettes et descend le tumulus, peu à peu gagné par l’impatience.

Orion ne pensait pas s’épanouir autant à s’occuper des plus jeunes. Il a déjà eu une vague expérience avec ses sœurs, mais vivre sous le même toit crée des rapports familiaux très différent. On connaît les mauvaises habitudes les uns des autres, et on les supporte parfois difficilement. Il a emporté des sucreries de chez Honeydukes pour les gosses Verbanae, un traitement auquel ses sœurs n’ont pas souvent eu droit.

Le soir commençait à tomber quand il atteignit les maisons les plus éloignées du village. Le soleil disparu, Orion prit conscience qu’il ferait, une fois de plus, plus froid qu’à Londres. Le feu de cheminée provenant de la plus grande habitation lui indiqua que c’est bien là qu’ils devaient se rendre. Orion sentit une légère crispation dans ses épaules, s’imaginant tout le groupe réuni. Il avait toujours trouvé plus simple de les voir individuellement, en tout cas pas tout d’un coup. L’oncle d’Eirian par exemple a déjà tout du colosse dont les yeux sombres semblent vous jauger. Les trois petites vieilles aussi, les deux jumelles et la Völva, l’impressionnent toujours. Il frappa la porte et on vint lui ouvrir presque aussitôt. « C’est toi, le Verbanae de Londres ? » demanda un type dont les bras étaient plus épais que ses cuisses. « Orion, pas Aldric. C’est la Völva qui m’a invité. » précisa-t-il aussitôt, comme s’il fallait montrer patte blanche ou risquer d’être chassé manu militari. Angoisse de gosse. Ca irait mieux dans un moment, et il se permettrait peut-être de faire preuve d’humour. « Reste pas dans le passage, entre ! » Il ne demandait pas mieux. Il eut à peine le temps de suspendre sa veste à un porte-manteau qu’on s’empara de son sac en lui expliquant qu’on allait l’emmener dans sa chambre. Laquelle, c’était une bonne question mais il pourrait la poser plus tard.

Un rapide coup d’œil dans un miroir le rassura. Il n’avait pas l’air trop échevelé et ne regrettait ni d’avoir mis une chemise ni de s’être rasé le matin. Son pantalon chino dans lequel il avait glissé les oghams dans une poche et la baguette dans l’autre, ses chaussures de marche le rendaient moins fringant que pour une virée en ville, mais il faisait suffisamment gendre de bonne famille. Il commença à saluer les différents Verbanae, récoltant des bises parfumées ou de grandes claques dans le dos. Il échange un regard de détresse amusée avec le vieux-aux-parchemins, son acolyte aussi craintif que lui de ses grands rassemblements. Orion finit par arriver près d’Eirian et son oncle, à qui il adresse un grand sourire. Il a le sentiment qu’Osgeir vient de lui broyer la main au lieu de lui serrer mais n’ose pas faire une plus blague. Il s’approche d’Eirian qu’il embrasse sur le front. « Bonjour Eirian ! Tout le monde t’embrasse, à Londres. Il paraît que tu as reçu du courrier et que ce n’était même pas une nouvelle suggestion littéraire de ton parrain. » On laisse à peine à Eirian le temps de le saluer. Quelqu’un a approché une chaise et une autre main lui tend un verre d’un liquide ambré. Que pourrait-il demander de plus ? Il bafouille quelques remerciements et prend place près du colosse et de la petite.





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Eirian Almasdóttir
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Mar 1 Jan - 22:01
D'un homme, les têtes se tournèrent vers l'imposante porte en bois et avant même que l'invité ait pu prononcer le moindre mot, on sut qui se présentait à eux ; les non-Verbenae ne pouvaient atteindre le village et puisque Ragnhild avait demandé la présence du jeune Orion Fleury :

Bróðir !

L'enfant ne se priva pas : descendant des genoux de son oncle, Eirian se jeta dans les bras de son grand-frère-de-coeur, passant ses bras frêles autour de son cou, décidée à ne plus le lâcher de la soirée. Une once d'espoir lui enserra le cœur ; peut-être que son Bróðir pouvait l'aider, lui. Lui aussi était parti à Poudlard quand il avait son âge alors, peut-être qu'il pourra l'aider à l’apaiser de son choix, à la guider, à la rassurer. Car à quelques mois de la rentrée, elle en avait bien besoin. La fillette resta ainsi lové contre lui, se faisant embarquée par la même occasion à la tablé où on lui servit un verre d'hydromel fait maison. Son petit minois se cacha au creux de son cou, profitant de son étreinte réconfortante tandis que celui-ci allait devoir survivre à la première vague :

— Comment vas-tu ?
— Et ta famille ils vont bien ?
— Tu viens pour Lughnasadh ?
— Et tes voyages ?
— Quand on reverra les autres Fleury ?
— Ils vont venir pour le Sabbat ?
— Tu as mangé ?
— Au fait, ton père aurait-il...
— Tu étais où récemment ?
— Tu reste pour ce soir, hein ?
— Ho ! Je peux en placer une ?
— Pourquoi tu es venu à pieds ?
— Arrête de crier !
— Orion ! J'aurais besoin...
— Mais vos gueules on ne s'entends plus !
— Toi ta gueule ! On n'entends que toi !
— Laissez Orion parler !
— Faudrait d'abord que toi t'arrête de parler !
— Ho pour l'amour de...
— Ho ! Fais gaffe avec les offrande !
— Mais arrêtez de pousser merde !
— Astrid ! Tu me marches sur les pieds !
— Il y a plus de thé !
— Dis donc Orion, passes moi l'hydromel veux-tu !
— Quelqu'un s'occupe de la soupe ici ?!


Et voilà, repas de famille à la coutume. Heureusement, il y en avait quelques uns qui restaient parfaitement silencieux, notamment Osgeir, mais cela, il n'y avait rien d'étonnant. Ragnhild aussi était bien silencieuse, appliquée sur son tissage de blés. Nul doute à son visage ; elle était bien habituée à cette agitation familiale, de même pour Orwenn ; lui qui désirait reprendre ses écrits qu'il devait préparer pour le Sabbat, le vieil homme alla à la rencontre d'Orion, frappant le sol de son long bâton entrelacé et orné de pierres, avec ce sourire typique des papi-gateau.

Ha, Orion, mon enfant... Comment va ta famille ? J'espère que tu n'oublies pas de t'exercer...

Le calme se fait peu à peu ; quand les Maîtres parlent, la foule se tait. Et un léger sourire apparu sur les lèvres de la Völva:

Toujours sur son dos, vieux fou...
— Bien sûr,
dit-il d'une voix chaude en se plaçant derrière le jeune homme, posant ses mains ridés sur ses épaules. Je vieille sur tout mes enfants, mais particulièrement sur ceux dont je ne peux veiller... La tradition doit perdurer... Tu me montreras tes progrès avant de te coucher, Orion.

Une main se tend, la paume levée vers lui : comment d'habitude, il voulait ses Oghams afin de vérifier si elles se portaient bien. Les discussions à table reprirent un peu plus calmement. Eirian, quant à elle, leva son petit minois vers son frère-de-coeur, lui lançant un regard plein de détresse. Elle avait besoin de lui, là, maintenant, des mots pour la rassurer comme quoi elle n'allait pas droit à la gueule du loup.

Bróðir... C'est bien Poudlard... ?

La voix se brise, les discussions s’affaissent, ne restant que des murmures ; un moment de suspension, une tension, une gêne et on fit comme si de rien n'était. Mais pas la petite fille qui sentit sa gorge se serrer. Les yeux d'Osgeir étaient vitreux.

698 mots
Orion Fleury
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Mer 2 Jan - 20:40



 
@Eirian Almasdóttir  ϟ  Orion Fleury .

Savoir que les enfants réagissent souvent ainsi n’empêche pas que l’enthousiasme d’Eirian soit une merveilleuse surprise. Orion se sent fondre comme neige au soleil lorsqu’il la prend dans ses bras. Dans les moments comme celui-ci, ses rêves de fonder une famille se font plus présents que jamais. Quitter un foyer aimant pour Poudlard a été déstabilisant mais il savait qu’il serait accueilli avec le même enthousiasme à chaque vacances scolaires. De manière moins démonstrative. « Doucement, citrouille, je reste quelques jours. » rit-il.

On l’assaille de questions sitôt qu’ils sont assis. Orion ne sait plus où donner de la tête et répond tant bien que mal aux bribes qu’il attrape au vol. Lui qui est si volubile a du mal à retenir son attention et s’exprimer plus que dans quelques phrases hachées. « Moi ça va. Mes parents aussi. Ma mère est repartie en expédition en Europe de l’Est. Je ne sais plus la bestiole. » Il partage dans une moindre mesure la passion des créatures magiques mais sa mère montre presque autant de joie devant des bestioles monstrueuses qu’Hagrid. Autant dire qu’il a abandonné l’idée de se souvenir de ce qu’elle fait exactement. Ils se laissent de l’espace. « V’là l’hydromel. » répond-il en tendant la cruche et en essayant de se souvenir de ce qu’on lui a demandé. « Je ne pense pas qu’ils viennent. Ca commence à être la période haute. Tous les gamins et leurs parents vont acheter leurs livres, incapables de prévoir de nos jours. » Chaque année, ils passent des heures à ficeler des packs de manuels scolaires première année, deuxième année … Il est de plus en plus rare qu’on donne au petit dernier le manuel de ses aînés. Une bonne nouvelle pour les affaires, qui ne nécessite qu’un peu de main d’œuvre. Orion est suffisamment âgé pour reconnaître les effets de la guerre et du souffle économique qu’elle apporte une fois retombée. Ils ont perdu de très gros clients, qui étaient un peu tournés vers la magie noire. « J’aime bien marcher. Ca m’a fait une balade. La vue est jolie. En plus, on passe son temps sur un balai avant d’atteindre les lieux de fouilles. » Vérité pas tout à fait exacte, les briseurs de sorts se téléportent le plus près possible du lieu, mais le voir depuis quelques dizaines de mètres d’altitude permet d’opter pour la trajectoire la plus courte et la moins escarpée. Quand c’est encore possible. Orion qui aime les grands espaces et les paysages somptueux y trouve son compte. « Et je … C’était quoi déjà ? Ah, oui. J’ai été en Amérique du Sud récemment mais j’ai des chances de repartir en Russie, en Islande ou dans un coin un peu froid. Pas qu’il fasse très chaud à Londres. Sale contraste quand je suis sorti de la cheminée. »

Orion n’estime pas avoir une mauvaise mémoire, mais il est incapable de savoir s’il a répondu à toutes les questions. Il s’est adressé à presque tout l’auditoire, tournant la tête comme il le pouvait parce qu’il n’avait pas une fichue idée de qui avait demandé quoi. Le vieux-aux-parchemins, l’un des doyens frappa le sol et fit venir un silence qu’Orion accueilli avec gratitude. Il se garda de répondre la première chose qui lui passait par la tête (« pas de souci, vieille branche »). « Bien sûr. » lui sembla une option nettement plus respectueuse. Le sorcier leva la tête vers l’aïeul, fasciné par les marques du temps sur son visage. Il lui rappelait Dumbledore, et Orion ignorait si c’était un souvenir heureux. Le rôle trouble de Dumbledore pendant la guerre … une autre idole de jeunesse déchue. Il sortit les oghams de sa poche, en veillant à ne pas déséquilibrer Eirian. L’affection démonstrative des enfants ou des chats implique de ne pas les fuir quand ils viennent vers vous. Combien de fois s’est-il lui-même endormi dans le canapé du chemin de Traverse, blotti contre un de ses parents ? Il se réveillait quelques heures plus tard, vêtu de son pyjama et transporté dans son lit comme par enchantement.

« Qu’est-ce que tu as dit, mon bouchon ? » demande-t-il à Eirian. Il reconstitue le fil. « Oh. » souffle-t-il. Il n’espérait pas donner une conférence sur Poudlard maintenant. Il comptait sur un moment en comité plus restreint. Il faut que quelqu’un la mette en garde contre les luttes entre maisons, la dangerosité de certains coins du château … Mais devant cet auditoire qui craint déjà de la laisser partir, l’effet serait désastreux. Comme pour créer un Patronus, il se concentre sur ses meilleurs souvenirs. « Mais c’est formidable, Poudlard ! » Il prend une gorgée d’hydromel et quelques secondes pour ordonner ses idées. « C’est là que j’y ai rencontré mes meilleurs amis, et on est encore très proches maintenant. » Sa voix s’est un peu enrouée et il simule une quinte de toux. Ils seraient encore très proches s'il était en vie. Difficile de parler de ses meilleurs sans penser à Cédric, dont il revoit le visage en cauchemar régulièrement. Cédric comme à son habitude, et Cédric pâle, livide, inanimé. Orion s’efforce de reprendre rapidement son babillage, et la chaleur revient peu à peu dans sa voix. « Je sais que je peux compter sur eux et ils sont toujours heureux quand je rentre de voyage. C’est là que je suis tombé amoureux pour la première fois … » il ne précise pas que ça dure encore et que ça vire à l’obsession. « … Mais ça, tu as bien le temps de le vivre dans les années qui viennent. » Il lui semble que l’assistance se rassure. « J’ai vraiment vécu de bons moments et j’ai appris plus de choses que je ne le pensais. Il y a de très bons enseignants à Poudlard. Tu savais que l’actuel directeur est un maître des potions ? Quand je te dis un maître des potions, c’est qu’il est vraiment doué. De toi à moi, je suis sûr qu’il arrive à réaliser l’ensemble des potions connues à ce jour. J’ai une amie qui y est professeure de divination, ce sera Mme Irvine pour toi. Tu ne suivras pas cette matière tout de suite et je sais bien qu’on fait beaucoup avec des oghams, mais c’est inattendu. » Il marque une pause. « Si c’était à refaire, je le referais. Mis à part ça, il y a une surprise pour toi dans mon sac, en rapport avec Poudlard et emballée dans un papier bleu nuit. Tu crois qu'on va la chercher maintenant ou on attend demain ? »






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Eirian Almasdóttir
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Sam 5 Jan - 17:31
Étrangement, cela ne suffisait pas pour Eirian. Son coeur ne se contenta pas de ses paroles, continuant à saigner de douleur de devoir quitter son petit village. L'enfant baissait misérablement de la tête, son front contre le torse de son très cher Bróðir. Cela ne rassurait pas non plus la petite assemblée ; les visages étaient fermés, sourcils sévèrement froncés et ce fut Ragnhild qui exprima tout haut ce que ses confères pensaient tout bas : un Tsss méprisable. Elle posa sèchement son offrande tressée. Des amis ? Réellement ? Mais cela les importait peu ça ! Et devait-elle lui rappeler qu'il avait perdu son meilleur ami au sein de cette école ?! Ho, elle avait envie, comme tout le monde autour de cette table, mais par respect au petit qui avait que trop souffert de cette mort, ils ne pipèrent mot. L'amitié, c'est une idylle de benêts, car la réalité, c'est que l'amitié est une notion futile et éphémère : ça s'en va et ça revient. Et bien souvent, il y a toujours un serpent qui attend tapis dans l'ombre son moment propice. En réalité, ce qu'ils pouvaient les rassurer, c'est de savoir que malgré la différence d'Eirian, loin d'avoir les même moeurs que les enfants sorciers de l'Ordre Hermès, elle ne sera pas rejeté et sera en sécurité entre les quatre murs de l'école. Pour l'enfant, c'était surtout devoir s'éloigner de sa famille qui la rendait amère et sa petite voix étouffée s'éleva alors :

Je m'en fiche des amis... et de l'amour...
— Mhmm, j'en connais un que ça fera plaisirs...


Nul doute, au vu des visages qui se sont braqués sur la mauvaise langue, le bruit sourd qui en suivit, la table ayant fait un bond et le cri de douleur qui fut étouffé par le jeune homme en s'affalant sur la table : il venait de se prendre des coups dans les genoux ! Le Tonton protecteur, quant à lui, aurait pu le tuer sur place de son simple regard. Pourtant, lorsqu'il prit la parole, ce fit d'une voix chaude, malgré son timbre caverneux : un géant au coeur d'or.

Trésors, et si tu montais avec Orion pour voir la cadeau ?

Malgré sa tendresse, la petite secoua négativement la tête, le visage toujours cachée contre le torse d'Orion. Elle ne voulait rien savoir de cette école.

Eirian...

Sa main de colosse lui saisit précautionneusement le col de sa tunique de laine et, sans le moindre mal, la souleva. La fillette émit un petit couinement animal, les jambes repliés sur elle-même comme le faisaient les petits quand leur mères les attraper par la peau du cou. La déposant au sol, il l'encouragea à partir d'une légère pression sur le dos. Eirian ne regarda pas la petite assemblée, de peur qu'ils voient les larmes accumulées sous ses paupières, et s'en alla rejoindre les escaliers la tête basse et rentrée entre ses épaules. Elle ne vérifia même pas si Orion la suivait et ouvrit la voie jusqu'à la chambre qu'on lui avait prêté - comment savait-elle que c'était celle-ci ? -. Elle se hissa alors jusqu'au lit et s’affala à côté de son sac, visage enfouis dans le coussin.

En bas, on soupirait et l'ambiance s'était alourdis d'une certaine mélancolie. Ragnhild n'échangea pas de paroles avec Orion, mais son regard suffit à lui prévenir qu'ils auront une petite discussion après. Dans toute cette histoire, seul Orwenn semblait calme et serein et cela se ressentit dans sa voix :

Allons, mes enfants... Il fallait bien qu'un jour ce petit corbeau rejoigne les pas de ses aïeuls...

Son regard se posa sur Orion et Osgeir, d'un de ses regards qu'on percevait mal les intentions et tout aussi dérangeant à porter. Comme si les iris pouvaient lire votre âme.

... Et le mieux qu'on puisse faire, c'est de préparer son envol... Nous, nous serons toujours en dessous pour la rattraper et l'encourager à réessayer de s'envoler...

Le grognement d'ours qui vibra dans la cage thoracique de l'Oncle Osgeir démontra que le colosse avait déjà réfléchi à tout ça, qu'il avait abdiqué à la laisser partir mais qu'au fond de lui cela lui coûtait. Tout comme certains gémissements des Verbenea autour de la table. Le bâton du vieux Druide frappa le parquet comme pour redonner du regain aux âmes en peines :

Allons... Depuis quand enfermons-nous les oiseaux dans des cages ?

La Völva émit un soupir d'agacement. Ça l'horripilait toujours de se faire sermonner et de recevoir la morale de ce vieil homme comme si elle était qu'une enfant alors qu'ils étaient égaux à leurs titres. Les vieilles personnes ont toujours eu ce droit d'être au-dessus de tout avec leur sagesse, surtout les Druides, même si vous avez du sang bleu dans les veines !

Orion, avant de monter, va te servir deux bols de soupes dans la cuisine, ça vous réchauffera tout les deux...

Ha ben, comme quoi, une Ragnhild, ça avait aussi un coeur sous cette carapace de glace.

838 mots


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Orion Fleury
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Lun 7 Jan - 19:32



 
@Eirian Almasdóttir  ϟ  Orion Fleury .

Il était trop tard pour se demander s’il avait bien agi. Orion resta pétrifié devant le sifflement méprisant de l’aïeule et, pis encore, la détresse d’Eirian. Ce n’était pas du tout ce qu’il avait imaginé. Il ne comprenait pas. Qu’est-ce qu’il leur fallait de plus ? Aux anciens, surtout. Il fronça les sourcils en surprenant le regard de Raghnild. Qu’attendait-elle de lui ?
Eirian peut avoir toutes les craintes du monde, c’est sa vie. Il fut reconnaissant à l’oncle de l’enfant d’apporter une diversion bien méritée. Il n’osa rien faire en voyant la manière dont il s’occupait d’elle. Lennie dans Des Souris et des Hommes est une brute et tue les rongeurs qu’il affectionne à vouloir les garder dans sa main, mais Osgeir est un cœur tendre et connaît sa nièce. Orion suit des yeux cet étrange ballet et se lève à son tour pour accompagner l’enfant. La froideur de l’assemblée lui aurait de toute façon passé l’envie de rester avec eux. Il est là pour elle. C’est son devoir, en tout cas par procuration et par volonté personnelle.

Orion coule un regard de gratitude éternelle pour Orwenn qui semble avoir parfaitement compris ce que tous ressentaient. Il accepte ce soutien bienvenu. Il en espérait de la part des autres. Il ne peut pas s’empêcher de se dire qu’il y a du communautarisme dans leur réponse, pas le trait distinctif qu’il préfère. La moutarde lui monte au nez mais il ne voudrait pas faire de vagues. « Merci » lui souffle-t-il et Orwenn lui rend un sourire. Le regard qu’Orion jette à la Völva est plus ambigu. Il n’est pas sûr de comprendre toute la signification de son soupir mais a bien compris qu’elle désapprouvait ce qu’il a à dire. Elle l’entendra quand même, si elle lui demande à nouveau son avis. Il s’est exprimé avec sincérité, et peut imaginer un débat intellectuel passionné. En revanche, il n’accepte pas les arguments ad hominem. Ses parents ont mis du temps à apprendre à leur progéniture que leurs sentiments étaient légitimes et devaient être exprimés. Dans la mesure où il a suivi ces instructions, le jeune homme comprend mal d’être rabroué ainsi. Ca ne se fait pas. Il garde pour lui les paroles amères qui scelleraient quelques jours de tension. Il est là pour Eirian.

Armé de deux bols et d’un monticule de fromage râpé qu’il a tous ensemble disposés sur un plateau, Orion monte les marches quatre à quatre. Les sanglots étouffés de l’enfant le guident mais il aurait préféré se perdre. Il pousse la porte comme il le peut et se débarrasse du plateau en le posant sur le premier meuble venu.

Il s’approche précautionneusement et juge que le mieux est de s’asseoir sur le lit. Il caresse les cheveux de la petite fille, comme il s’y prendrait avec un animal blessé. Lui-même préfère qu’on l’approche doucement quand il est tout entier à son chagrin. « Eirian ? Je suis désolé que … Ca ne soit pas ce que tu attendais. Et qu’ils soient un peu grognons, en bas. » Il lutte contre lui-même pour ne pas s'excuser plus. Ce n'est pas sa faute. Avec une grande délicatesse, il écarte une longue mèche de cheveux pour apercevoir un œil rougi par les larmes. Si elle avait été plus jeune, il l'aurait prise dans ses bras sans hésiter. Mais cette méthode est bonne pour un genou écorché, le décès d’un petit animal de compagnie, un gros chagrin d’enfant … Pas la détresse d’un choix important. Il reste à distance respectueuse. Faut-il encore qu’ils s’apprivoisent, comme le Petit Prince et son renard ? Lequel est-il dans les deux ? « J’aimerais comprendre ce qui te fait peur. A toi. Je ne te jugerai pas, ça peut être n’importe quoi, je ne vais jamais te dire que c’est ridicule. Je suis là pour toi. C’est mon rôle de Bróðir, non ? »







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Eirian Almasdóttir
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Lun 14 Jan - 18:54
Qu'est-ce qui avait dans ce petit coeur meurtris ? De la colère ? Du chagrin ? De la rancune ? Un peu de tout sans nul doute... Et un peu d'amour aussi, quand cette main chaude se déposa sur sa chevelure. Elle aimait ce geste attentionné ; tous les adultes du village lui tapotait comme ça sa petite brune. Cela avait une véritable valeur affective pour cette fillette et, de ce fait, cela l'aidait quelque peu à calmer ses sanglots étouffés. En plus, comment résister à l'appel du Bróðir ? Son petit minois s'extirpa du coussin, le regardant avec de grands yeux rougis et les joues trempées. Le coussin lui aussi était trempé. Les petits reniflements se firent presque comme une symphonie, elle commençait même à avoir de la morve qui lui coulait du nez, qu'elle essuya dans un geste typique enfantin et peu hygiénique : un coup de manche. Ha, elle avait envie de quelque chose de chaud aussi ; ça réchaufferait son petit coeur. C'est toujours plus facile de parler avec un breuvage fumant entre ses mains. Tirant les bras vers sa soupe, accompagné de petits couinement, Eirian fit comprendre à Orion qu'elle voulait sa part et le remercia après un nouveau coup de manche sous le nez. La première gorgée fut salvatrice. Cela faisait tellement du bien et ça aidait à remettre ses idées en place. Parce qu'il y avait tant de choses à dire sur ce qui stagnaient au fond de son petit coeur qu'Eirian ne savait guère par où commencer, ni quels mots utilisés.

Je ne veux pas y aller...

Première pierre à l'édifice, la base de tout.

Bróðir... Je ne veux pas y aller... Parce que... Je suis bien ici... C'est ici chez moi... Mais... Papa et Maman... Je suis sûr qu'ils seraient contents... Parce que Papa a toujours voulu y aller et Maman... Maman était comme eux... Mais...

Son visage exprima un agacement. Elle peinait à trouver les mots. Eirian reprit donc une gorgée, puis une autre. Ça commençait à s'éclairait dans sa petite caboche.

Si Papa et Maman étaient en vie... J'y serais allée et je pense... Que j'aurais été contente ? Mais Bróðir... Je suis une Verbena maintenant... J'ai grandi ici et je me plais beaucoup... Beaucoup, beaucoup, beaucoup... Je ne veux pas aller ailleurs. Je veux continuer ici... A travailler mes runes... A grandir avec tout le monde... Si je pars, je ne vais plus les revoir... Et je m'en fiche de la magie de l'Ordre d'Hermès... m'enfiche complètement...

La fillette prit une grande inspiration, tapotant nerveusement sur son bol chaud.

J'en ai parlé à Ragnhild... Elle a dit que ce choix m'appartient, que je suis la seule qui doit décider de ce que je veux faire de ma vie... En même temps, je me dis... Je pourrais retrouver les traces de Maman ? Être proche d'eux... Je sais que ça les aurait fait tellement plaisirs et puis... Je suis aussi à moitié Sorcière... C'est un héritage, tu voies ? Mais j'ai peur... Ragnhild à peur elle aussi... Tonton aussi à peur... Même s'ils le disent pas... Je sais qu'ils ont peur parce qu'ils m'aiment beaucoup... beaucoup, beaucoup, beaucoup... Et parce que cette école est dangereuse...

Eirian n'en dit pas plus, le regard qu'elle coula à son Bróðir en disait long ; elle savait peu de choses de Poudlard, mais elle savait qui a eu des choses graves. Comme la mort du meilleur ami de son grand-frère de coeur. Comment vouloir aller dans cette école dans ce cas là ?

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Lun 14 Jan - 22:09



 
@Eirian Almasdóttir  ϟ  Orion Fleury .

Orion ne se fit pas prier pour tendre son bol de soupe à l’enfant. Il hésita – très fort – à lui proposer illico un mouchoir et du désinfectant, parce que manger alors qu’on a le nez qui goutte … c’est moyennement hygiénique. Il lui sembla qu’il y perdrait en crédibilité et en coolitude, si bien qu’il fit ce qu’il faisait le mieux : rester imperturbable. D’un point de vue extérieur. Il mourrait d’envie de prendre Eirian dans ses bras, la faire se moucher, la consoler, lui dire qu’il y avait des solutions.

« Allons, allons » murmure-t-il pour l’inciter à parler plus. Il mange sa soupe en silence, assimilant aussi bien le potage que ces peurs qui jaillissaient dans le désordre. Quelque chose en rapport avec ses parents. Elémentaire, mon cher Holmes. Une phrase que personne ne prononçait dans les livres de Conan Doyle mais qu’on retrouvait dans tous les mauvais romans évoquant le sujet, il avait, disons, fait une étude comparative personnelle. Le sorcier repoussa bien vite son bol, se rapprochant d’Eirian qu’il ne quittait plus des yeux. Comme si rompre le contact visuel avait rompu le flot de paroles. Il s’attendrit pour la petite. Il peut imaginer la peur de quitter ce qu’elle connaît. Ses parents l’ont toujours poussé à découvrir le monde extérieur, tout en étant persuadés qu’ils devaient faire de leur fils un homme compatissant (et de leurs filles, des femmes autonomes). Est-ce pour cela qu’il retrouve à la librairie l’insouciance d’antan ? Ont-ils raté quelque chose dans son éducation ? Il les voit différemment, l’âge passant, il leur trouve des défauts qui n’étaient jamais apparus avant, pas même pendant la période de la crise d’adolescence … Qu’il n’a pas connue. Un genre de dépression à la mort de Cédric, mais ça, c’est plus une histoire de contexte que de jeunesse.
« Mais bien sûr que tu es la seule à décider, mon bouchon. Personne ne va te forcer à faire ce que tu n’es pas sûre de vouloir faire. Il y a un moldu … Bon, ça ne te dirait rien mais il a écrit un premier livre, très long, genre trois cent pages, et bon, on pouvait tailler dans le tas. C’est ce qu’il a fait avec un autre livre. Le titre est affreusement compliqué, ça s’appelle l’existensialisme est un humanisme. » Il mâchonne ces deux derniers mots du mieux qu’il peut, mais en en rajoutant pour la faire rire. Il n’est pas suffisamment parti dans le pays des Lumières pour bien articuler, il se réserve la France comme voyage de noces, ou voyage de la quarantaine s’il est toujours libre, histoire de ne pas mourir sans connaître les champs de lavande dont il a lu maintes descriptions.

« Mais ce qu’il faut retenir, à part que ça pourrait te rapporter beaucoup de points au scrabble – tu ne connais pas, je te ferai essayer, c’est génial – c’est que c’est une bonne chose que tu puisses choisir, et que c’est entièrement à toi de choisir. Il n’y a pas d’Eirian déjà écrite. Tu peux devenir qui tu veux. Je crois à la voyance et aux prophéties, mais je ne crois pas que tout soit écrit quelque part et qu’on soit juste destinés à jouer une pièce de théâtre sans la connaître et sans pouvoir faire ce qu’on veut. Tu peux décider de rester ici, de devenir une manieuse d’oghams très talentueuse. Tu peux décider de partir à Poudlard et faire de nouvelles connaissances. Tu peux encore décider de partir d’ici seulement quand tu seras majeure et d’aller découvrir le vaste monde, mais alors j’aimerais bien que tu me mettes dans la boucle pour que je te donne deux-trois conseils de voyage, d’accord ? » raconte-t-il en lui pinçant furtivement la joue. « Je sais que c’est une grosse décision. Je ne sais pas trop ce qu’il advient une fois qu’on n’est plus de ce monde, mais tes parents ne t’en voudront pas, quoi que tu fasses. »

C’était sûrement un peu pédant de citer un philosophe français. Autant acheter des lunettes à monture d’écaille, porter des blazers en tweed et des cols roulés, pendant qu’il y était. Il se laissa tomber sur le lit, les pieds sur le sol, mains derrière la tête. « Je le sais bien, va, que Poudlard est dangereux. Tu sais ce qui est arrivé à Cédric ? » demande-t-il. Une lueur dans le regard le lui confirme. « Oh, chaton … Cédric était mon meilleur ami. On a partagé quelque chose qui est très différent de la relation que j’ai avec les membres de ma famille. C’était une amitié très forte. Je suis heureux d’avoir vécu ça, même si je pense toujours beaucoup à lui, plusieurs fois par an, parfois par mois … Et même si ma dernière année à Poudlard était complètement irréelle. Mais c’était tellement formidable de le connaître ! » Il y pense encore. Evoquer ce souvenir suffit à faire trembler sa voix et brouiller sa vision. C'est long, un deuil. Il a appris à vivre avec les symptômes de sa tristesse, il ne s'est jamais caché d'être sensible. Ca lui réussit. Que serait devenu Cédric ? Aurait-il dû mettre son propre nom dans la coupe ? Que ce serait-il passé si on avait écouté les prophètes ?


«Et Dahlia, et Alys, et Livia, et … Tu pourras toujours revenir ici, poussin. Personne ne va fermer la porte derrière toi et jeter la clé.  Ils seront toujours heureux de te voir. Tu auras plein de choses à leur raconter. Tu seras devenue une personne différente. Peut-être que ça les surprendra. » Il n’ose pas envisager que les verbanae la rejettent. S’ils le font, rien à faire, il demande la garde. Il faudrait prendre ses périodes de bureau ou de repos pendant les vacances scolaires, au moins les vacances d’été. Ce serait n’importe quoi, courageux mais idiot. S’il fallait le faire, il a lu bien assez de romans pour se sentir sincèrement prêt, il espère juste que ça n’arrivera pas. Il engueulerait toutes ces vieilles chouettes. L’oncle d’Eirian ne ferait pas ça, allons. « Mais si tu veux mon avis, et peut-être que je suis un peu pour l’ordre d’Hermès, allez, d’accord … Si tu veux mon avis, j’aimerais bien rencontrer cette nouvelle Eirian qui se fait des amis, qui a parfois des peines de cœur ou des difficultés, qui trouve ses manières de les affronter. Poudlard n’est plus aussi dangereux qu’avant. Si tu as peur d’être en danger, tu vas te priver de tellement de choses dans la vie.  Quand ton père est parti d’ici, il était plus âgé que toi, il devait avoir moins peur. Il a découvert tellement de choses, tu imagines ? Et puis c’est comme ça qu’on peut se connaître. Il n’aurait jamais mis les pieds chez Fleury and Bott, et on sait très bien qu’Aldric aurait été incapable d’entreprendre un long voyage alors qu’il peut faire l’inventaire, pas vrai ? Moi je n’aurais jamais connue ma petite Eirian. Et puis je vais te confier un secret. Tout le monde a peur. Les profs ont peur d’avoir l’air ridicule devant leurs élèves. Les élèves ont peur d’être ridicules devant leur famille ou leurs camarades. Moi j’ai peur de finir seul et malheureux. Je ne peux pas toujours m’empêcher de ressentir cette peur, alors je fais ce que je peux pour qu’elle ne décide pas à ma place. C’est dangereux de voyager partout, mais il pourrait arriver n’importe quoi d’autre. Je suis un peu ridicule parfois, mais c’est mieux que de ne pouvoir m’en prendre qu’à moi parce que je suis passé à côté de quelque chose ou quelqu’un.
Fais ce que tu veux, bouchon, les gens qui t’aiment seront toujours là.
»




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Eirian Almasdóttir
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Mar 15 Jan - 1:37
Eirian avait oublié à quel point son Bróðir était un moulin à parole ; elle peinait à le suivre. Dans ses délires, dans ses références, dans son débit de parole, dans son optimiste... Parfois, elle ne le trouvait pas assez sérieux. Qu'il pensait trop à des choses futiles. Ouais, une petite gamine de onze ans pense que son Bróðir de quinze ans son aîné manque de recul. Ou alors, ce n'est qu'une façade et en réalité, ce qu'elle regrette, c'est qu'il lui parle trop comme une enfant. Oui, elle était une enfant pourtant. Mais pas réellement. Elle n'aimait pas beaucoup quand on lui parlait avec des mots d'amours, du faux optimisme, tout ça parce qu'elle était soit disant trop jeune pour comprendre. C'est pour ça qu'elle aimait parler avec Ragnhild, car elle n'a jamais pris de pincette avec elle, elle lui a toujours tout expliqué comme si elle était une adulte. Comme si elle pouvait tout comprendre malgré son jeune âge. Oui, elle savait que les gens qu'elle aimait l'aimeront toujours quelques soit sa décision : pour sûr qu'ils ne vont pas la renier pour si peu. Elle savait aussi que les adultes ont peur, c'est normal, c'est humain, mais faut pas non se mettre volontairement en danger, car on ne sait pas au fond si Poudlard est vraiment sécurisé. Elle n'allait pas quitter sa famille pour une école même pas capable de veiller sur ses élèves. En plus, il avouait lui-même qu'il savait que Poudlard était dangereux. Génial. Et lui dire tout ce qu'elle pouvait faire autre que suivre une scolarité à Poudlard ou simple Verbena dans son village, ben en fait, ça ne l'aidait pas beaucoup, au contraire, ça la rendait que confuse et angoissée... Alala... C'était ça aussi son Bróðir adoré : il a tout plein de pensés d'un coup ! Et il parle un peu trop aussi... Est-ce que c'est pour ça que Dahlia, sa non-petite-amie ne voulait pas être avec lui ? Mhmm, à voir. Mais ne lui en voulait pas, elle aimait comme ça son Orion.

L'enfant eut un soupir et un sourire triste. Elle voudrait avoir l'optimisme de son Bróðir, pouvoir se tromper comme lui quand tout va mal. Ou plutôt, pouvoir croire en ses paroles pleines de bonnes volontés. L'amour, l'aventure, « l'amitié c'est magique », tout ça elle n'y accordait pas d'importance. Ce ne sont que des futilités, ça ne dure pas, ça s'en va et ça revient et parfois le bonheur pouvait se trouver simplement au creux d'un bon fauteuil au coin du feu. Les racines, la famille, il n'y a que ça de vrai. Votre sang. Votre héritage. Maudit ou non. Désiré ou non. Mais profondément ancré dans sa chair. Et cette réflexion fut comme une révélation pour la fillette dont son propre reflet lui semblait soudain bien attrayant sur la surface de la soupe. Qui était-elle ? Fille d'une Sorcière de l'Ordre d'Hermès. Enfant Verbena. Héritière d'un héritage d'une famille antique Islandaise. On lui avait inculqué cette valeur. La valeur de l'héritage. Le principe même d'un Verbena repose sur ce principe d'accomplir, de perdurer, l'héritage de nos aïeuls, ce trésor sanguin. Eirian croyait en la destiné. Peut-être était-ce là, sa destiné ? Perdurer leurs existences et respecter ce qu'elle était : une demi-sorcière. Elle ne pouvait le renier. Tonton Osgeir et Ragnhild lui avaient dis un jour que c'était un cadeau d'être enfant de deux mondes malgré toutes les difficultés d'identité qu'il en découlait. Parce qu'elle avait plus de trésors dans son sang que n'importe quel Verbena de son village. Parce que son monde, son héritage, était bien plus grand encore. Et qu'elle devait en être fière et le choyer... Même si cela impliquait de devoir partir loin de sa famille ? Pour devenir ce quelle était : une Sorcière Verbena ?

Eirian soupira. Qu'il était difficile de faire ce choix du haut de ses onze ans. Elle aurait tant voulu vivre dans l'insouciance de l'enfance encore des années. Peut-être qu'Orion avait raison ; ça allait peut-être bien se passer. Cela l'aidera à grandir, à se forger peut-être. Peut-être que ça sera une grande expérience, une nouvelle aventure ! ... Loin de son petit cocon douillet des bras bien chaud et réconfortant de son Tonton Osgeir d'amour. Petite douleur au coeur et un nouveau soupir de désespoir. Que c'était douloureux de quitter le réconfort, l'amour de ses proches et ses repères. Bref, dans tous les cas, la petite tapota le front d'Orion de sa petite paume, car il fallait lui faire comprendre qu'il lui avait quelque peu répondu à côté de la plaque tellement il s'est laissé entraîné dans son long monologue.

Respire, Bróðir... Faut rester concentrer... Si on ne se concentre pas, on fait des bêtises et on dit des bêtises... Tu parles trop... et tu te disperses... Tu es parti dans tous les sens ! Alors, faut re-spi-rer... D'accord ? Tu es trop sur les nerfs. Tu as besoin de vacances. Est-ce que tu penses à prendre bien tes trois repas par jour au moins ? Tu sais, c'est important de bien manger, c'est bon pour le morale et pour le corps pour qu'il soit bien fort et tout plein d'énergie. Et ne fumes pas trop. Tu pues la cigarette. Si tu fumes trop, c'est pas bon pour tes p'tits poumons, d'accord ? Et n'oublie pas de bien t'hydrater, surtout quand on est en été. Un litre et demi par jour. Au moins !

Eirian avait posé son bol sur la table de chevet et s'étais approché de lui pour lui prendre ses deux joues entre ses mains et de le sermonner avec ce timbre enfantin autoritaire et plein de mignonitude. On voit l'influence des adultes la couvrant comme un trésors. Elle ne pouvait pas s'en empêcher, ça commence toujours pas une petite remarque et pouf ! Un flot de recommandations et de sermons s'en suivaient. Ses sourcils se froncèrent, accentuant sa petite bouille d'enfant et reprit son petit ton autoritaire :

Bróðir, s'il te plait, reste sérieux... J'ai peur moi... Et je m'en fiche des amis, de l'amour et tout, ça on s'en fiche, ce n'est pas ça le plus important... J'ai peur d'y aller. Parce que si j'y vais, je ne vais plus revoir ma famille avant longtemps... et j'ai peur de ne plus être moi... J'ai peur de ne plus être une Verbena... Leur magie me fait peur... Les sorciers de l'Ordre d'Hermès me font peur car ils ne comprennent rien à la magie... La véritable magie... Et parce qu'ils se croient les plus forts... Je ne les aime pas. Je ne veux pas être comme eux. Tu es le seul de ma famille à y être allé alors... Dis-moi... Dis moi ce qu'on t'apprend là bas... Est-ce que ça vaut le coup de partir pour ça ? Et restes concentré, Bróðir !

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Orion Fleury
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Mar 15 Jan - 22:04



 
@Eirian Almasdóttir  ϟ  Orion Fleury .

Orion éclate de rire. Il a vraiment essayé. Rire nerveux. Bien sûr qu’Eirian a raison et ses conseils ne sont pas dénués de sens, mais il se fait sermonner par une petite fille de onze ans.

Il éclate de rire pour garder une contenance mais si le flot de pensées est interrompu, ses pensées se déversent encore en raz-de-marée. Retour d’une grande question.
Est



Ce



Qu’il



Est



Dingue


?



Il y a déjà réfléchi sérieusement. Cela le hante parfois. Et s’il ne se rendait pas compte ? Et s’il commettait quelque chose de vraiment stupide un jour ? Il ne sait pas mais est sûr d’avoir un terreau fertile pour ça. Il a déjà lu l’Attrape-Cœur, Martin Eden et bien d’autres romans d’amour. Il ne devrait pas trop s’emballer. Tout ce côté-là de sa personne est dédié à Dahlia. Mais s’engager dans quelque chose qui l’obsèderait ? Une grande cause sociale, politique, un combat perdu d’avance ? Il a lu La Ferme des animaux et Les Misérables. Sa sœur l’incite régulièrement à se manifester. Il ne peut pas rester concentré sur des ruines toute sa vie. Il connaît ses défauts, il a les mêmes. Ce côté où il s’emballe. Cette volonté de ne voir que le meilleur des autres, là où tous lui disent de se faire une écorce, une armure. Il est régulièrement déçu et se relance avec autant d’insouciance qu’avant dans ses relations, refusant de tenir grief aux nouvelles têtes des blessures causées par les anciennes. Vraiment, est-ce qu’il est dingue ?

Il range cette pensée comme on ferait sa valise. Sauf à prendre encore et encore de l'hydromel, elle lui sautera au visage dès qu’il l’aura rouverte, soit dès le moment où il sera seul. Mais il a encore cette force de résilience qui lui permet de ne pas laisser tout transparaître. Il plaint le legilimens qui essaierait de se mettre dans ses souliers.

« Comment diable veux-tu que je parte en vacances ? Ca me rappelle le boulot. » plaisante-t-il.

Bon, la petite lui donne une idée. S’il ne peut pas la convaincre en parlant, elle a raison, il va lui faire des démonstrations. Il se garde de lui dire qu’un ton autoritaire s’accorde mal avec une voix si aigüe. Déjà parti sur une nouvelle idée, tandis que tourne en fond sonore la pensée qu’il est peut-être dingue et pas dans un sens poétique, Orion bondit sur ses pieds. Il ravale poliment le fait que les sorciers de l’ordre d’Hermès sont certes imbus d’eux-mêmes, mais les Verbanae du coin ne lui ont pas réservé un accueil très poufsoufflesque une fois qu’il a commencé à proposer d’éloigner leur petit trésor.

En se prenant pour un révolutionnaire, il sort une cigarette de sa poche. Un peu plus, un peu moins, il n’est déjà plus odeur de sainteté pour le moment. Merde, hein. Il a vingt-cinq ans. Il ne se laissera pas taper sur les doigts. Sa mauvaise habitude se rappelle à lui, le geste par lequel il porte la cigarette à son visage et sort sa baguette d’une autre main n’a rien à envier aux pas de danse d’un ballet. « Incendio » murmure—t-il, et le bout de la cigarette rougeoie tandis qu'il prend une grande bouffée d'air impur.

Comme il n’est pas tout à fait idiot (dingue, c’est en délibération), il se rapproche de la fenêtre, qu’il ouvre d’un «  alohomora ». Il s’installe confortablement sur le rebord de fenêtre, ramenant une cheville sur le genou de la jambe opposée. C’est une des trente-deux positions qu’il aime bien pour lire. Il faut le voir le dimanche, se déplaçant toutes les demi-heures sans quitter son ouvrage des yeux. Il regarde par la fenêtre quelques instants, se disant qu’il pourrait aller courir ou nager le lendemain, ses affaires doivent bien traîner dans son sac sans fond. Ca le défoulerait. Si on ne l’a pas viré d’ici là. Il ne sait même plus si ce serait une bonne chose de convaincre Eirian. Il hausse les épaules. Il lance un dernier mouvement de baguette vers la fenêtre. «  Avis » prononce-t-il et aussitôt, une nuée d’oiseaux reprend sa course dans le ciel noir, à grand renfort de piaillements. Selon certaines théories, les oiseaux sont téléportés. Pour d’autres, ils sont crées de toutes pièces. Pas un sortilège très éthique dans tous les cas. Il aurait peut-être dû opter pour un patronus. Il ne manque pas de souvenirs heureux. «  Tu veux voir un patronus ? Non, je sais pas, moi, ce qui te plairait. Que je transforme un bouton en scarabée ou l’inverse ? Je te proposerais bien une démonstration devant une créature malfaisante mais je ne pense pas qu’il y en ait à moins de dix lieues à la ronde. »




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