Grognements matinaux (Lucius)
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Camille Nott

Camille Nott
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Dim 2 Déc - 14:55
Aube singulière



Dégourdi dès potron-jacquet et encroûté dans la peau du ‘hérisson misanthrope’, on pouvait saisir dans l’écho lointain les aboiements épars de Nott. Guère disposé au petit jour, il s’était floculé sur son nectar chiadé, une variété ‘robusta’ qui était frais émoulu du monde moldu.  Décidément, ces dévoyés étaient empreints de quelques agréments !

Pendant que ses narines vibrionnaient sous la mofette inébriante du café, qui logeait dans la tasse « rose-licorne » à paillettes que Rosier lui avait ‘affectueusement’ disposé, Nott s’enharnachait d’une gabardine ‘bleu-nuit’ molletonnée d’un pilou indiscernable. Le personnage frileux qu’il reflétait s’assurait toujours de priser le confort sous un gandin attrape-nigaud. Dorloter son écorce était une véritable besogne.

La citrouille gîtée dans le fond de la cocotte, le professeur d’arts obscurs baguenaudait pensivement dans les boyaux de l’école, la tasse guindée ‘d’exclusivité’ en main. Malgré son galop lymphatique, l’ondoyante envergure qu’il arborait dissuadait les babillards de l’accoster. L’heure matutinale peignait les couloirs d’une discrétion duveteuse dont il se régalait, le temps d’un instant filandreux où les estudiantins jouissaient encore de leur couchette. L’accalmie était une denrée rare et lui, trop avare pour l’impartir avec un tiers.

La gueule enchatonnée par des épis révoltés, et les soupiraux embarrassés par deux coquards pochons œuvraient à pétrir sa contenance halbrenée. Il s’astreignait toujours à s’essoucher des bras de Morphée une heure avant l’éveil populaire, le temps de débroussailler son esprit de ses bêtes noires. Des croque-mitaines qui picoraient ses chimères de bourrèlement. Chaque sorgue était un conche de clair-obscur. Le relent graveleux du café apprivoisait doucement le grincheux. Les aboiements se dandinaient en marmonnements, entrelardé au claquement de ses tatanes, léchées de cuir noir, contre le sol. Ces dernières l’avaient machinalement convoyé jusqu’à la tour d’astronomie, un havre pour ouatiner ses fiels. Chacune de ses aubes était gargarisée dans cette tourelle,  déflorée par des aquilons hardis qui avaient la mignonnerie de le rafraîchir.



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Il grogne et boude, mais ne mord (presque) pas.

Lucius A. Malefoy

Lucius A. Malefoy
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Lun 3 Déc - 13:40


Frileuses Flambées
« Courtoises blancides égrenées au seuil des étoiles. Lambeaux d'aurore enfièvrant nuées. Se pavanent dans les ténèbres de fugaces échos des temps passés. »

Cruelle douleur retourne les os au jour levant. La main, hagarde, engourdie par les derniers vestiges d’un confortable sommeil, tâtonne sous l’oreiller. Fiel sous la pommette, la carcasse craque et de déploie. Goulot d’une fiole portée aux lèvres. Attente sépulcrale que tout rentre dans l’ordre. Un oubli malheureux lors d’une trop longue veillée, la potion s’est dissipée dans l’organisme. Liqueur rouge a coulé à nouveau dans le gosier. Malefoy n’est plus, vive Wilson. L’erratique souffle d’un vieillard endoloris répond au silence de la pièce. Ni cri ni exclamation. L’homme est accoutumé à la Mater Dolorosa du Polynectar. Dolentes étirailles des tripes et de l’ossature sous le coup d’une crise de manque. La fin du monde n’a tenu qu’à un cheveu noyé dans une flasque.

Le jeune corps se redresse, massant tempes sous lesquelles tempêtent un agacement de bon aloi : légèreté et infiltration ne font pas bon ménage. Que serait-il advenu si ce petit épisode avait connu spectateurs ? Cramer couverture si vite est une hérésie pour un homme aussi amaniéré que lui. Le prince des serpents est-il un fol éphèbe inconsistant ? Son imbécillité du jour tendrait à accréditer cette consternante thèse. Mouvement de rage, abattement d’un poing sur la mollesse du matelas. Reconstituer une face décente nécessite ouvrage et recueillement. Trop réveillé pour se rendormir, l’exhalaison d’un corps hors des draps marque l’irrémédiable début de cette auguste journée. Quelques instants clopinent à la surface de la clepsydre et voilà le badaud se coulant hors de sa tanière vers des hauteurs inoccupées. Mug d’un thé rosissant l’eau brûlante dans une main, brioche entamée dans l’autre, l’aristocrate s’offusque des mauvaises manières du professeur. Foutue jeunesse. Foutu américain. Foutu Potter. Ce mandat d’arrêt contre lui le réduit à de bien noires extrémités.

Volées de marches jusqu’à la plane ouverture de la tour d’Astronomie. Ultime talon claqué furieusement sur le dallage. L’écho diapasonne claquemuré dans un silence consterné. La silhouette découpée dans l’aube est par trop reconnaissable. Camille Nott, ancien mangemort, ancien amant. La déveine continue. Il eût fallu rester au lit et n’offrir pas au monde le prétexte de sa présence pour jouer de mauvaises farces. Froissement d’étoffe tandis que l’oeil détaille l’homme engoncé dans sa garbatine, une tasse à la main. Semblerait-il que la même idée ait germé dans les deux cervelas embués des dernières affres de la nuitée. Noctambules escapades métamorphosées dans le placide levant. Que ferait le jeune collègue ignorant tout de l’impressionnant professeur d’Arts obscurs ? Sa sulfureuse matière distillée dans l’oreille des blandices têtes devrait appeler méfiance et circonspection de la part d’un jeune prodige à peine sevré et langé de ses universités américaines. Voix douce faisant naître remous à la surface du thé. L’excuse s’épanche tandis que le masque affiche une surprise contrite emperlée de gêne. « Pardonnez-moi, je ne pensais pas que quelqu’un serait déjà réveillé si matinalement. » Deux besogneux n’ayant guère plus échangé que quelques courtoisies lors des réunions enseignantes, que pourrait faire le vieil aspic sinon ramper hors des hauteurs. « Mille excuses de vous avoir dérangé. » Les ampoulées roulures de vocabulaire sont difficiles à perdre au profit d’un vocabulaire plus simple qui siérait mieux à la jeune tête… Toutefois, jamais Malefoy ne s’est jamais hasardé à l’excuse mignardée, aussi ceci devrait-il garder loin de la toison blonde les vautours suspicieux.
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ARISTOCRATY

Camille Nott

Camille Nott
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Jeu 13 Déc - 20:40
Aube singulière



La diane défectueuse avait dilapidé les rogatons d’alacrité de la veille, dégrossant le moindre petit lusin de son visage dans une baboue vermoulue. Les guiboles percluses et l’ichor temporisé s’émoussaient au fur et à mesure que l’inconsistance tiédasse de son thé léchait le linceul halitueux de sa gargue. L’écho d’une flânerie haletante s’échouait jusqu’au pavillon de ses oreilles, l’épilant de ses introspections. Un arrivage messéant venait rudoyer sa tiédeur matinale. Il bisquait déjà intérieurement. Ses lucarnes contrariées déclinaient sur le malvenu qui n’était d’autre que le jeune Wilson, le professeur de sortilèges avec qui il n’avait échangé que des œillades volatiles depuis la rentrée. Loin d’être un bon grelot, Nott ne musardait que rarement dans des radotages postiches. Rosier avait eu maintes fois un avant-goût du gaillard taciturne qu’il était. Dévisager, cogiter, apprécier et enfin, vivifier ses desseins sans passer par les préliminaires des niaiseries. Un croquis qui ébauchait bien le personnage.

C’était donc sans l’ombre d’une timidité qu’il envisageait le damoiseau d’une ouverture pointue, ‘presque’ désireux d’approfondir le moteur de cette algarade matineuse. Imbroglio assidûment sollicité pour un clerc bêcheur comme lui. Le benjamin accostait prudemment ses rives, engloutissant le dernier périmètre qui l’obligerait ainsi à lacérer son observation pour un aparté de courtoisie. Sa gorge s’articulait dans une consonance balbutiante, presque flottante. Et pendant qu’il s’amalgamait dans des croquades d’excuse, Nott ne pouvait s’empêcher de détailler ce jouvenceau. Une sensibilité de ‘déjà-vu’. Il balayait presto cette nébulosité, concevant sa suspicion comme, un doigt, abusive. « Il faut croire que Morphée nous a tous les deux boudés… » Fracturant enfin son mutisme d’un organe guttural, il s’extorquait également de son inspection un poil malpolie. « Inutile de vous excuser, cette tour n’est pas mon bien propre. Même si je n’affectionne particulièrement pas la compagnie matinale…Maintenant que vous êtes là…» Sa dextérité pour l’art de la magie plongeait dans le cloup de l’étiolement son accortise. La langue calottait sèchement contre le palais. Une acrimonie qu’il incitait à sucrer dans les quelques pas à l’encontre du jeune professeur. « Hum …Il me semble que nous n’avons pas encore eu l’occasion de vraiment se présenter…au-delà des calinotades astiquées. » L’échine lombaire léchant la rambarde qui éployait le nichoir vers l’horizon, Nott se décidait enfin à faire face à son interlocuteur, épousant d’une œillade flâneuse le nouvel arrivage. « Prenez donc vos aises. Je ne vais pas vous manger… » Peut-être pas tout de suite. Les gigots entrelacés dans une étreinte coulante, Nott emmiellait sa luette du melliflu nectar qui glissait de sa tasse. Appelons ça plutôt du miel au thé. « Vous m’aviez l’air bien excédé pour une heure aussi pubère... » Fureteur spontané qui n’embrassait guère les prodromes pour agacer un chapitre. Les lèvres délayées dans une folâtre risette qui sollicitait pourtant la bienséance, il jaugeait le jeune personnage.


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Lucius A. Malefoy

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Lun 17 Déc - 20:52


Grognements matinaux
« Courtoises blandices égrenées au seuil des étoiles. Lambeaux d'aurore enfièvrant nuées. Se pavanent dans les ténèbres de fugaces échos des temps passés. »

Ô comme sont familières les cothurnes et la personna. Le marmoréen acteur déchu de son pied de marbre marche désormais dans les corridors. Pas claque tandis que palpite sous la glaise l’égarement d’un myocarde par trop emballé. Peau de lait, coeur où miroite l’iceberg alangui dans les eaux polaires. Le sépulcrale fantôme erre en ce bas monde, guidé par les émanations d’outre-tombe. Tour d’Astronomie. Là où s’échut le plus grand directeur de Poudlard. Albus Dumbledore trépassé sous un régalien coup de poignard. Les infernales incartades du destin étaient déjà en marche. Œil troublé, perdu dans la contemplation d’un ciel tandis qu’est miré le masque aux traits tirés du jeune Ernst Wilson. Spectaculaire spectateur. Deux songes se télescopent lorsque l’autre ouvre la bouche.

Années ont batifolé dans la grande roue du temps, mais il est resté même. Traits à peine soulignés de ridules d’âge, carne vaguement parcheminée par les clepsydres et sabliers. Cadran indique l’heure d’un rayon suave. Camille Nott est inchangé. Grand échalas dégingandé, silhouette féline et busquée. Profil caractériel, face caractérisée. Les pommettes hautes ripaillent sous des châsses flamboyantes d’intelligences. Les calots roulent dans les orbites, les mots entre les babines. Ingénu sourire dévorent la hure juvénile. Confortable apparence sous laquelle se musse le renégat. « J’ai toujours été plutôt matinal, mais je crains que mon horloge interne ne soit restée à l’heure de Boston. » L’accent scande le phrasé d’une hideuse joliesse et d’un exotisme si prompt à fouetter l’oreille anglaise. Lui-même en le disant maudit Potter qui le pousse à de si basses vilenies. « Une fois encore, mille excuse de vous imposer ma présence aux aurores, professeur… Nott ? C’est cela ? » Angélisme d’une hésitation, damnation d’un ton délibérément innocent. Donnez le bon Dieu sans confession serait encore gageur trop aisée. Il faut et s’emparer du Divin, et dévoyer son cortèges de saints.

La gloire précède la chute. L’anathème frappe le blasphémateur qui mieux que d’autres a su effiler la fourche de sa langue pour s’en aller la lover aux creux des plus délicates oreilles. Le patriarche a jadis murmuré ses blandices recommandations aux plus puissants de ce monde… Le voici bien récompensé. Au faîte, il s’est laissé rattraper par ses sombres ténèbres, et la factice clarté de son pouvoir s’en fut soufflée par les vents tournants. La girouette roule sur son pivot, Rota Fortunae, et s’écrase l’aveugle au fond du gouffre. Ignorer les signes a toujours été par trop aisé. Décillé et curé de son infâme cécité, la couleuvre tente de se refaire vipère. Circonspect, le charognard collecte information et se repais des débris d’indices parsemés à l’orée du jour. « Et vous enseignez les arts obscurs, c’est cela ? Une bien étrange option… n’y a-t-il eu quelques renâclements à votre entrée en fonction ? Je me suis laissé dire que c’était un cours tout neuf que vous dispensiez. » Mine d’un procès d’intention, d’une prudente suspicion mussée sous un poli intérêt. L’étranger, au contraire de l’autochtone, est autorisé à questionner. A ignorer. A ne pas comprendre. On le lui pardonnera toujours plus volontiers qu’au natif étourdi. Le naïf de lointaines contrées est un bien commode personnage pour se gausser des autorités et de son ancien amant. 
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Camille Nott

Camille Nott
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Dim 6 Jan - 14:24
Aube singulière



Boston. Pampéro allochtone picotait palladium de Poudlard. Âne bâté du monde amerloque, Nott ne s’était jamais invité sur littoral. Ce n’était pas le manque de convoitise qui avait grignoté cette infortune mais plutôt une indigence à l’égard de son sursis. « J’imagine que le décalage horaire ne devait pas être complaisant dans les premiers jours…Il doit être…environ deux heures du matin là-bas ? Je comprends mieux votre éveil prématuré… » Extrapolation sur des ébauches butinées dans des cailletages du chemin de traverse. Ça cocotait la volaille.

Caractérisant d’une mirette inquisitrice le benjamin, il ne pouvait éconduire cette ressemblance. L’ivoire léchait l’épluchure de sa binette anguleuse, mangeottée par une cascatelle dorée, presque diaphane. Ses dragées, où semblait continuellement dégouliner de l’indophénol, le liardaient avec une fraîcheur qui le distinguait de ‘cette personne’ ; _ ce dameret retors de cachet, un mêlé-cassis de dandysme et d’impiété. Nobliau dont il avait embrassé l’intimité. Pourtant, l’inflexion chancelante de sa luette, mouchetée par une lucarne exempte de cette luisance suffisante qui dépeignait le faraud, écornait l’ombre de sa méfiance. Monde artificiel où le physique se faisait picorer par une malacie cabalistique. « C’est bien cela mon cher Wilson »

Le jeune paon se fortifiait de curiosité. Nul blâme à lui rouspéter pour un fouinard comme lui. Fourberie allongeait sourire, la commissure licencieuse. Désarticulant sa charpente dans un grincement carillonnant, Nott flânochait avec négligence vers l’oisillon. Vieux renard friand d’indiscrétion. « Les mauvaises langues louvoient plus qu’on ne le penserait… » Agaçant le flanc gauche de l’éphèbe de sa présence, quelques phalanges flagornaient entre ses cheveux d’argent. Moelleux bouquet picotait sa truffe. C’était une essence à la fois piquante et douceâtre _ le concubinage du lys blanc avec l’égrillarde cannelle. En aveu aurait tenu ce simple parfum s’il n’avait pas été ponctué par une nuance méconnue. « Vous me rappelez quelqu’un… » Confidence frémie entre ses lèvres, l’air hagard. Ses doigts graciaient les quelques mèches captives, dessinant l’esquisse d’une prunelle grisante. « Pour répondre à votre question… j’ai rencontré quelques méchefs qui m’ont obligé à…quelques occultes pratiques…mais il semblerait que vous ayez déjà pris connaissance des grandes lignes… » Rictus désabusé. Ce bâtard de Rosier l’embourbait toujours dans des mouscailles indécrottables.
Il s’arrachait finalement de l’effluve onctueux de son cadet sans le dévoyer du regard. « C’est en effet une nouveauté à Poudlard. C’est triste d’en venir à cette réalité mais après les avatars qui ont soulevé l’ordre de notre monde, quelques précautions ont du être… improvisées ? Personnellement, je dormirais mieux sur mes deux oreilles en sachant ma fille capable de se défendre, mais également de lancer l’offensive, si besoin est. J’entends bien les parents houspiller pour conforter dans un monde d’accalmie leur enfant. Les enfermer dans une bulle d’insouciance est pourtant une mégarde de leur part. La lumière ne peut se délicoter aussi aisément de sa douce moitié. L’ombre, cette chimère qui ébranle les petites consciences. Il suffit de l’apprivoiser… » La dorsale arc-boutée contre un des pilastres qui moulait l’embrasure, point de débarquement des circulaires, Nott ravalait une salive d’acescence. « Qu’en pense donc ce jeune amerloque ? J’aimerais avoir votre point de vue… et j’aurais également quelques curiosités à combler…nous avons encore le temps avant le premier cours…» étincelle lutine.



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Lucius A. Malefoy

Lucius A. Malefoy
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Sam 19 Jan - 12:56


Grognements matinaux
« Courtoises blandices égrenées au seuil des étoiles. Lambeaux d'aurore enfièvrant nuées. Se pavanent dans les ténèbres de fugaces échos des temps passés. »

Par hasard, par chance, par calcul, la peau frissonne lorsque s’approche l’inquisitrice silhouette couronnée de tignasse noire, aux prunelles pâles, si limpides qu’elles en deviennent dérangeantes. Crainte d’être percé à jour, crainte du jeunot face à son aîné. Que peut inspirer le croquemitaine à l’enfant prodige, couronné des palmes académiques sans avoir vécu ni la guerre ni les affres d’une jeunesse difficile dans le giron d’une société sclérosée ? Le jeune homme n’est que garçonnet à la blondeur troublante lorsque son hôte renifle intérieurement avec dédain. L’apparence d’une angoisse méprise pour une autre. Rien n’effraie plus le grand Lucius Malefoy sinon la perte de cette confortable nouvelle jeunesse. Rien n’effraie plus le lumineux Ernst Wilson que le spectre sulfureux des arts noirs. Il acquiesce poliment, un reliquat de défiance au fond de l’oeil. « A peu près deux heures du matin, en effet… Le Directeur a eu l’affabilité de me recommander une goutte ou deux légère potion de sommeil le temps de m’habituer au diapason écossais. Cela fait miracle, je dois dire. »

Le sulfur flamboie au fond du gouffre. Infernale fragrance irradie de la bouche des enfers. L’haleine de Nott respire le café matinal et la prudente suspicion. Les doigts s’égarent dans la blancheur de mèches juvéniles, arrachant un sourire amusé au jeune maître ès sortilèges.Son œil, toutefois, n’est contaminé par aucune autre émotion que la curiosité teintée d’un vestige d’appréhension. « L’on m’avait toujours dit que les américains étaient plus tactiles que les anglais… vous faites mentir les racontars, à ce qu’il semble. » Geste familier, pourtant. Nott a toujours été tactile. Jeu dangereux s’est mis en place, tandis que la chaleur d’une paume s’égare sur le dos de l’envahissante main pour l’arracher aux mèches blondes. Douceur inflexible. Presque à regret. Camille Nott était jadis un appréciable compagnon de jeux. La voix jeune pétille d’une curiosité qui dissipe à peine la gêne légère et factice du professeur. « Vous seriez le sixième à pointer cette semblance avec un certain Lucius Malefoy depuis le début de la semaine… Je vais presque m’en intriguer. Mais vous êtes premier à réagir de la sorte. La plupart de vos prédécesseurs étaient plutôt défiants…. L’avez-vous bien connu ? Qui est-il ? Je ne sais de lui que son statut de fugitif, ne comprenant que trop bien la suspicion que cela peut éveiller. » Masque si soigneusement choisi pour exacerber cette folle similarité. Dissiper le doute par les flammes d’une inquiétude policée, savamment cultivée. Qui pourrais soupçonner le grand Lucius Malefoy d'oser se pavaner sous la douceur candide de ces traits ? Et quelque part en Terres de Feu, un jeune moldu sommeille, son existence ravie.

Tel un corbeau de mauvais augure, Nott tournoie autour de son cadet avant de s’en éloigner. L’haruspice le suit de l’oeil, tentant de décrypter le signe envoyé par les dieux. Seuls deux êtres sont susceptibles de percer à jour l’artistocrate mussé sous la souple et juvénile carne de l’américain. Severus Rogue. Camille Nott. Deux porteurs de l’infâme marque désormais fanée. Deux anciens mangemorts. Deux Traîtres. Le Malefoy imbécile, lui, a suivi jusqu’au bout cette folie. Sacrifiant pouvoir, destin, fils, femme à la déraison. Le glas de ses illusions a battu le pavé, et le voici caché, désormais, aux yeux de tous. Porte les déchirures de son âme comme on porte sa croix. Et le cimetière est tout proche. A cinquante ans, jamais il n’a vécu. « Je devine que votre réputation doit être plus qu’ambiguë dans ce pays si durement touché par les arts obscurs, et je comprends les préoccupations des parents d’élèves… dont vous semblez faire parti. Je crois me souvenir d’une ‘Remy Nott’ dans l’une de mes classes… »

L’homme joue au chat et à la souris. Sournoiserie questionne le freluquet. Les yeux du professeur d’arts obscurs se consument d’un cocktail bien connu. Les prémisses d’un intérêt. D’une curiosité. Aux temps jadis, pareille flamme était consommée jusqu’à la cendre. En pourrait-il être autrement ? Jouer sur d’autres terrains ? Le mignard Nott fut charmant amant, peut-il être autre chose pour cet mignon petit américain ? La frêle silhouette se ploie. Démarche souple, pas léger, imperceptible à l’oreille. Le mug si typiquement américain a refroidi entre ses mains. « Je n’ai jamais cru à la couleur de la magie. Lumières, ténèbres… les intentions colorent plus que les effets. Quelqu’un de prudent s’interrogerait donc sur les vôtres, et sur la nature des curiosités qui vous démangent l’esprit. » L’esprit, ou d’autres parts de son anatomie. L’ancien esclave servile s’est toujours méfié des inquisitions de Camille Nott.
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Camille Nott

Camille Nott
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Dim 27 Jan - 20:49
Aube singulière



Wilson. Sève de fraîcheur dont il faisait une expertise appliquée dans l’ourlet de ses mandorles. Faisandé par son étroite fragrance, il était découpé entre deux jugeotes. Incurable fouille-merde qui prospectait la moindre circonstance. Moutonnements léchaient le rempart du béjaune. Simple confusion ou affection absconse ? La première serait justifiée par une disproportion d’acquis, la seconde inviterait l’appétence d’une supputation chiadée, apanage exclusif de son ressort. L’escobar goupil se polissait les lèvres d’une langue gourmette. L’arcane qui étreignait le jeune homme affolait ses particules. Les blandices de l’insaisissable aguichaient ses sens, dilatait ses artères, picotait son échine d’un frémissement éployé, le tout dénudé par une décente plissure à la commissure droite de ses flâneuses lucarnes. Il se régalait déjà in petto de sa prospective investigation. Ronronnement délassé, tari contre la claire-voie de ses lèvres.

« C’est en effet une potion très gratifiante. Il m’est arrivé d’en abuser quelques fois…Je n’ai jamais aussi bien dormi… » Il avait néanmoins évincé le narcotique par son tendre brandy. Affection chronique pour la rinçonnette nocturne.

« A ce qu’il semble… » Mielleux chuchotis flétrissait sur le liseré de sa bouche, déliée dans un véniel sourire. Égal sourire qui demeurait à l’allusion de Lucius. Il n’était guère pléthorique d’identifier le professeur Wilson avec Malefoy. L’affinité physique qu’ils embrassaient était saisissante, et sans nul doute suggestive pour Nott. Fragments de quelques frivolités. Concubin de quelques crépuscules, esquissées d’équivoques légèretés. Il en avait apprécié chaque instant. Les amants comme le paon d’argent ne galopaient pas les ruelles. « Sixième ? En une semaine ? Je respecte votre calme » L’évidente similitude avec le réprouvé avait du fragiliser l’humeur de ses collègues. La considération de la cohue sorcière à l’égard de Malefoy n’avait jamais été aussi injurieuse. Gratin d’animosité qu’il devinait tout autant pour la sienne. « Disons que nous ne partagions pas des différends comme mes prédécesseurs avec lui » Demeurant élusif pour élaguer toute illusion, Nott cueillait les mots les plus idoines pour dépeindre le mangemort. Fresque d’un homme désapprouvé. « La famille Malefoy est déjà bien connue du monde sorcier pour la noblesse de son nom. Lucius l’est d’autant plus pour l’allégeance qu’il avait appuyée pour Lord Voldemort. Inutile de vous préciser l’envergure de son impopularité après la chute du lord noir » Sa propre réputation s’était prémunie d’une comparaison devant Potter grâce aux bons soins de Rosier. Ce cornichon pouvait bien préserver ses brioches après l’avoir enhardi dans le nid de médisance. Diable de bicorne à froufrou rose ! « Vous comprendrez maintenant le saisissement de quelques personnes à votre attention. Il sera bien vite dissipé au fil des jours. Les langues caquètent et se lassent. A l’évidence, vous n’avez pas le même ‘cachet’ que lui.» Mutisme succinct. L’accent dédaigneux que déployait admirablement Malefoy n’était pas toujours au goût de chacun. « Ce qui ne pourrait vous annoncer qu’une propice prospective… » Tranchait-il d’une moue séditieuse. L’apostrophe condescendante qui contournait le personnage n’était pourtant qu’un morceau d’écorce. La plèbe s’en suffisait pour se délecter d’inimitié. Nicodèmes esprits.

« C’est bien ça…Une vraie petite fripouille ! Je pense que vos cours ne seront pas monotones avec elle… N’hésitez pas à lui coller des punitions, je ne vous en tiendrai pas rigueur » Gaillardise allongeait sourire crapuleux.

Une main caressait la poche droite de sa redingote pour en déloger une cibiche. Onctueux nectar qui sacrifiait d’une macabre destinée sa convoiteuse ouaille. Une hardie s’était glissée entre ses lèvres, prête à s’empourprer devant l’inquisition gastrolâtre de son bourgeois. Les prunelles chatouillaient d’interrogation son vis-à-vis ; « Je vous en propose une ? »

Le galopin effleurait son intime horizon d’une assurance qui dénotait du flottement précédent, galvanisant un peu plus l’intérêt de l’inquisiteur. Convoitise d’un non-dit ? Peut-être même une leste intention à l’égard de ce dameret ? Son anastatique croquis avec celui qui avait partagé ses draps n’était sûrement pas négligeable. « Et, êtes-vous du genre prudent, mon cher Wilson ? » Les odeurs, elles, ne mentaient pas. Elles chatouillaient ses sens sans feintise. Ce dégagement cannelle fondu dans le lis blanc, brouillé d’une moyette clandestine, le remuait.

Un brin boutefeu, il mesurait avec incitation son jeune collègue.




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Lucius A. Malefoy

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Lun 18 Fév - 22:45


Grognements matinaux
« Courtoises blandices égrenées au seuil des étoiles. Lambeaux d'aurore enfièvrant nuées. Se pavanent dans les ténèbres de fugaces échos des temps passés. »

L’ondoiement d’un matin crame la rétine. Flambées d’aurore embrasent deux silhouettes accortes embringuées dans une langoureuse danse de verbe et d’attitude. Qui esquisse une caresse, qui s’en détourne. Pas avant, pas arrière, pas de deux. Étincelles lointaines d’une remembrance. Autrefois aussi, cette chorégraphie s’est jouée, en d’autres lieux, d’autres circonstances. La caresse d’un souffle piquant, l’étincelle gourmande dans les yeux de Nott. Voit-il au-delà d’un polynectar ? Danger. Le souffle s’arrête. La terreur s’époumone devant l’imminence du crash.

Un intérêt curieux s’affiche sur la mine indolente du jeunot. Gamin. Proie. Les traits prennent les agapes de la politesse courtoise tandis que s’ébroue le facétieux farfadet lutinant un peu trop près de la crinière. Tous deux jouent avec l’allumette embrasée. « Je n’aurais pas d’heure à m’agacer pour si petite méprise ; vous le soulignez parfaitement : cela finira par passer. » Entortillement d’un doigt autour d’une mèche pour mimer gêne d’avoir été mépris pour un mangemort. Les ongles ripent sur l’or mouvant d’un flot cramé par le levant. « Vieille famille de sang pur, je crois ? Le nom Malefoy ne m’est pas étranger. J’ai vu des placards dans les journaux d’une certaine N… comment s’appelait-elle encore ? C’était un prénom de fleur. Narcissa ? Narcissa Malefoy. Est-elle de la famille du ladre que vous me décrivez ? » Il se faut contenir pour ne laisser filtrer les accents d’une hilarité. L’amusement pointe. L’oeil pétille à peine. L’on se pourrait méprendre pour de l’intérêt poli. Le cachet. Excellent. Le caméléon se fera joie de le narrer à son épousée.

Paternité. La chaleur embrase le ton de Nott. Préoccupation pour sa chair. Emoi. Que n’a-t-il, le roi de glace, vibré de la même affection pour son garçon ? Pourquoi ? Obsédante ritournelle mâtinée d’énigme. Supplice de Tantale quand roule le poids d’un aveuglement par-devant les mirettes décillées. Blasphème fit-il en n’entraînant son rejeton que dans les sillages d’une superficialité. Pas plus qu’il n’a été aimé, l’homme n’a été capable d’exprimer à son tour quelque émotion de bon ton. Fraîcheur et rigueur. Distance. A-t-il seulement une fois tenu sur les genoux le poupon remuant ? Mémoire s’occulte, honte terrasse. « Et votre épouse ? Voit-elle d’un bon œil votre présence à Miss Nott et vous si loin de vos maisonnées ? Je ne crois pas avoir croisé de Madame Nott dans le personnel ? » Jamais les amants n’en ont parlé. Le paon trop accoutumé à pérorer ne savait pas même que sa conquête était père. L’était-il déjà quand leurs corps se fracassaient sur un matelas d’avoir trop éprouvé les tentations de la chair ?

L’élongation de fines phalanges sur une poche tirent le rêveur de son songe éveillé. Cigarette ? Radieux sourire. « Je ne fume pas, merci. Mais je vous en prie, l’odeur ne me contrarie guère. » Question dame le pion à celles que le jeune amerlock voudrait faire rouler de ses gutturales hérésies. Que cet accent est laid. « Très prudent, mon cher Nott ; je pèse toujours précisément le pour et le contre avant de me hasarder dans de nouvelles contrées, ou d’explorer de nouvelles terres. Les rencontres, surtout, demandent une précaution infinie. Il est facile de parcourir les monts et les plaines de pays soupirants, mais quelle tristesse, vraiment, si l’on n’y fait aucune trouvaille. » Intertexte grivois pointe timidement sous le sérieux du discours. « Mais enfin, vous ne m’avez toujours dit ce qui peut pousser un esprit comme le vôtre à se hasarder dans ces dangereuses arcanes. Vous ne me semblez pas homme à chercher le pouvoir. Curieux ? »
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ARISTOCRATY

Camille Nott

Camille Nott
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Sam 9 Mar - 18:59
Aube singulière



Narcissa. Simulacre d’une fleur chatoyante. Corolle éphémère guindé sur radicule musclé. Jadis, dans leur verdeur flétrie, la caresse d’une tendresse. Cerbère envers sa souche, la mère dragonne crachotait sa ciguë sur tout messéant. Suave confusion devant sylphide au ressort regimbant. Une bien trop noble plante pour ce cher Lucius. Maintes fois lui avait-il déjà frémi entre deux impudicités sous la soie. Il s’agissait parfois de la simple coquetterie pour chatouiller son amant.

« Ce nom passe difficilement inaperçu, surtout en ce moment … » Après les ictus lancinants du département des mystères, qui avaient infesté la piétaille d’un bourgeon de caponnerie, résonnait l’estime Malefoy dans un puisard estropié. « Épouse de notre cher galeux. Sa contenance à l’égard de son mari m’a toujours sensibilisé. J’ai toujours pensé qu’elle seule pouvait maintenir toutes ces paires de couilles, excusez mon langage, sans lever une syllabe plus haute que l’autre. Je me demande d’ailleurs si ce n’était pas elle qui portait la culotte dans le ménage… » Rieur. Le bélître léguait ses fables sur des croquades linottes du couple. Envisager le fier paon courber l’échine devant sa bourgeoise était un véritable délassement. Si seulement il avait pu ouïr ses outrecuidances mentales. «Et quelle culotte » Boutefeu qu’il était. Lécheuse satirique dans un gosier goulu de cautèle.

Lacérant sa funèbre amie d’un halètement briffaud, une brumasse cendrée s’en distillait en lascive nébulosité. Son épouse ? Pie-grièche. Gringuenaude étranglée d’autolâtrie. Cette salope. Asservi par une paire de glandes papillotantes, il s’était laissé pétrir par la rutilante gorgone. ‘Je ne l’aime pas. Méfie-toi frérot. Elle pue la pourriture’ lui avait déjà graillonné Archibald à l’égard de Viktoria. Pavillons enroués de dénégation. Sa seule qualité résidait dans l’hurluberlu brontosaure qui lui servait de marmaille. Le second printemps de Remy l’avait acquittée de son rôle maternel. Odieuse femelle s’était graciée de ses responsabilités. Malgré l’assiduité qu’il pouvait aisément cultiver derrière les coulisses de la grande galéjade, une lichette d’exacerbation dénaturait sa contenance. L’agacement creusait son abajoue droite. « Vous ne risquez pas de la croiser mon cher Wilson, ce qui était jadis madame Nott a pris congé depuis une petite quinzaine d’années, nous gratifiant tous d’une aubaine délicieusement expertisée » Chameau qu’il peinait à excuser. Girandole d’algarade à son égard tout autant qu’à lui-même. « Entorse de parcours… »

L’amerloque semblait imbibé d’une coquette prud’homie. A contrario de notre britannique qui empapaoutait d’un cru allant, nettement appesanti depuis sa croisade avec son biquet songe-creux, l’excentrique matador du département des mystères, Rosier. Foyer d’insanité. « Voilà ce qui nous différencie … J’ai l’inclination plutôt spontanée. Il n’empêche que je suis d’accord avec vous quant aux rencontres. Je triture plutôt la précaution. Un bêtassot d’apparence peut déguiser un mauvais génie. Les quelques maldonnes que j’ai percutées m’ont rendu plus averti à l’égard du gotha. » Inquisiteur galapiat. Il l’était tout autant. Ses commissures se défatiguaient, les mirettes retraçant les contours anguleux du masque, élagué du déclin de l’âge, de Wilson. « Peut-être une appétence inapaisable pour l’occulte… Un intérêt constamment claquedent… J’ai horreur de la routine, peut-être même de l’accalmie… ? Le pouvoir ? Je le laisse volontiers aux autres charognes. » S’il n’était pas un homme de pouvoir, il gondolait brillamment en badaud devant le macabre théâtre. Épandre fielleuse graine pour jouir du pandémoniaque ballet.





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Merry Christmas

Il grogne et boude, mais ne mord (presque) pas.

Lucius A. Malefoy

Lucius A. Malefoy
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Jeu 4 Avr - 8:59


Grognements matinaux
« Courtoises blandices égrenées au seuil des étoiles. Lambeaux d'aurore enfièvrant nuées. Se pavanent dans les ténèbres de fugaces échos des temps passés. »

Satine la tendresse dans la voix de Nott. Douceur troublante même lorsque les pires insanités sont proférées sur la noblesse froide de Narcissa gardant dans sa tenaille les paires de couilles de ses soupirants. De ses soldats. Icône sacrée. Belle et inacessible. Trône en majesté au milieu de ces vagues de testostérone. Femme dans un monde d’hommes. Reine discrète menant son monde à la baguette. L’époux mussé sous jeunot faciès se l’est toujours représentée ainsi. Il ne la mérite pas. N’était-ce que lui susurrait Nott à l’oreille lors de leurs ébats ? Fond de vérité clapote dans une choppe. Cristal se brise d’un sourire. « Vous paraissez décidément bien connaître le couple Malefoy. La Lady semble une femme fascinante, pour le moins. » Curiosité fait claquer l’oeil d’une étincelle. « Je suppose donc que je devrais accepter son invitation à dîner, un de ces soirs pour me faire ma propre opinion… »

Professeur d’Arts obscurs se rembrunit jusqu’à ce que sa trogne ait la noirceur du sujet qu’il enseigne. Houps. Corde sensible grattée, mise à nue. Nott se dévoile. Surprenant. Le corniaud s’était pourtant toujours piqué d’être clairvoyant même dans l’esclavagisme de ses pulsions affectives. Tendre sourire papillonne sur la jeunesse d’une bouille empruntée. Les amerlocks sont réputés pour la lisibilité extrême de leurs sentiments, lui a-t-on fait comprendre. Vieille Angleterre se guinde quand jeune Amérique se fait vif carnaval. Repoussant. « Elle vous a au moins donné votre fille, n’est-ce pas finalement l’essentiel ? La jeune miss Nott croise encore parfois sa mère ? » Curiosité mal placée.

Les échanges roulent. Culture martiale des piques guerrières mussées sous la politesse d’une plaisanterie titille. Mais ce n’est pas dans le personnage. Si peu. Le Malefoy gueule sous la carne du Wilson. Fade américain. Que soient maudits ces bellâtres d’Outre-Atlantique ! S’il pouvait, que dirait-il ? Doctement, sournoisement, jaillirait sa voix. L’accent américain frappe laidement, mais la saillie fuse avant qu’il ne puisse la retenir. Le masque étudié se cabosse. « La prudence est toute à votre avantage. Voilà sans doute une chose encore à porter au crédit de vos infortunées épousailles. » Peste. Le ladre reprend un peu de contenance. « La spontanéité ne peut toujours se refréner au profit d’une sage précaution, cependant. Le coeur et le corps doivent bien parfois faire entendre leurs impérieux appels. »

Appétence pour l’occulte suinte du labre de Nott. Noctis et sanguinis. Presqu’une hargne à défendre sa curiosité avide. L’infiltré se remémore soudainement les nuits à fréquenter l’impudique et dangereux personnage. Mélange de gouaille et de sulfur’. Voilà l’attrait, le charme étrange de Nott. Ce qui avait séduit, le temps de quelques passes, le flamboyant aristocrate. Temps de débauches, d’attraits inassouvis. Comme il est loin le temps de l’aveuglement. « Les arts noir ont ce pouvoir de fascination, je vous le concède. Dangereux attirail qu’il serait si aisé de méprendre pour une amie. Mais la magie noire est une pute. A la parfin, elle vous lacère toujours le dos, cher Monsieur Nott. » Et Lucius parle d’expérience, songe-t-il. Voilà que la noire gangrène lui gratte la côte.
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