« Pour un peu d'humour » ft. Severus Rogue
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Ven 23 Nov - 10:52
31 août, veille de la rentrée. Début de soirée.
J’adore ce moment. Commercialement parlant, je veux dire. Quand les élèves de Poudlard débarquent avec leurs parents sur le chemin de Traverse, pour sagement acheter leur matériel scolaire, et qu’ils font un détour par la boutique. Plus ou moins incognito, d’ailleurs. En général, pendant le mois d’août, l’endroit est bondé et je dois embaucher une ou deux personnes en renfort.
J’adore aussi ces jours de liesse et d’allégresse, parce que j’ai tellement de boulot que je m’empêche de penser. Je me sens moins seul, autant entouré. Je ris plus spontanément. Et on ne va pas se mentir, avoir un coffre plein de gallions à Gringotts, c’est plaisant.

Pour cette raison, je sifflote en passant vérifier l’état des allées. J’agite ma baguette pour remettre l’un ou l’autre objet à sa place, sur la bonne étagère. Je regarde l’enclos des boursouflets, complètement vide. Ils partent plus vite qu’ils ne naissent mais j’ai un projet d’élevage de plus grande ampleur. J’en ai discuté avec Charlie. Bon, sa spécialité, ce sont les dragons, mais il en connait un rayon sur les créatures magiques. Il va passer bientôt, pour qu’on en parle autour d’un thé.
D’un whisky pur feu.

Le magasin ferme, j’indique à une silhouette qui vient de pénétrer dans le seuil de la boutique.

J’ai parlé machinalement, sans même tourner la tête vers le ou la concerné(e). J’ai juste entendu la sonnette d’entrée et je sais que ce n’est pas Ron. Il fait l’inventaire en ce moment même, pas question que le cas « boursouflet » s’étende à une autre marchandise ! Peu importe l’heure, d’ailleurs, comme il me l’a si bien grommelé en me traitant de tyran. Quand je lui ai fait remarquer qu’un elfe de maison serait aussi efficace et beaucoup moins pénible à supporter que lui, il a ravalé ses protestations.
Même si on sait tous les deux que je ne virerai pas mon frère. Pas tant qu’il travaille à peu près correctement. La famille, c’est important. C’est tout.

Je sors de l’allée où est exposée divers philtres et potions. Certains ont plus de succès que d’autres. Je n’ai plus que trois flacons d’Amortentia, ce qui je trouve passablement désespérant. Je jette un œil vers le seuil, parce que je n’ai pas entendu le carillon… Et je me fige. Je dois ressembler à un poisson mort avec ma bouche en « o » et mes yeux écarquillés.

À ma décharge, Severus Rogue n’a rien à faire dans ma boutique.
Je me reprends vite, pour faire bonne figure. Une petite blague tient :

Ah, j’avais l’oreille qui siffle, je comprends pourquoi !

Je suis à un bout du magasin et lui, à l’autre. On se regarde. Je ne sais même pas quoi lui dire. J’ai détesté chaque heure de potions, de ma première année à ma dernière. Je n’étais pas du tout mauvais pourtant, la preuve dans mon dos, mais Rogue s’acharnait toujours gratuitement contre les Gryffondor. Je le détestais par principe. Puis j’ai perdu une oreille à cause de lui. Bon, si ça me tourmentait tant que ça, je me serai greffé une oreille à rallonge. Ça aurait eu un côté pratique et drôle à la fois. Je chasse ces pensées parasites.

Pourquoi est-il là ? C’est ce que je dois demander. Hormis ça, j’en rajoute une couche. Avec un air faussement grave, je commence :

Je savais que ce jour arriverait… Je laisse une pause. Je savais que vous viendriez me réclamer les seize heures de retenue pour avoir trafiqué le chaudron de Callaghan. C'est trop tard pour réitérer ma contestation? Parce que c'était vraiment pas moi.

Bon, d'accord, c'était moi.

Severus Rogue

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Dim 2 Déc - 22:07
POUR UN PEU D'HUMOUR

L’étouffante brûlure d’un soleil art les ruelles du Chemin de Traverse. Poudlard délaissée dans la lointaine Ecosse pour une confrontation ô combien redoutée. Les meilleurs fantômes sont ceux qui s’estompent avec le temps, celés dans un placard à côté des remords et des squelettes : je ne puis plus y prétendre désormais. Il me faut affronter les démons infernaux de la guerre, et ceux plus insidieux encore de mes propres exactions. Lever baguette et tailler dans la chair d’anciens élèves. Fol serait celui qui me croirait capable d’indifférence glaciale lorsque j’ai blessé plus que je ne l’aurais voulu celui que je m’apprête à revoir. Weasley a été un fauteur de troubles : géméllité maléfique si prompte à ébranler les fondements de Poudlard et à faire exploser les chaudrons. Génie coiffé de rousseur sur deux têtes inséparables. Il ne reste de ce bienveillant et maléfique tandem qu’un survivant, amputé par mes soins de quelque morceau.

Le héros de guerre a le coeur trop gros pour mener cette expédition avec insouciance. Je me suis passé la main dix fois, ou peut-être cent sur le visage avant d’oser quitter le repaire où je me terre dans l’allée des embrumes. Maisonnée abandonnée, vieille boutique d’ingrédients désaffectée occupée par une sombre silhouette que l’on ne voit jamais. L’enseigne craque dans le silence, grince sur des gonds déshydratés. Et je m’échappe d’un lieu si quelconque qu’on n’y prête plus attention, préférant de loin l’étroitesse des briques fumées de noir à la criarde façade de la boutique Weasley. Couleurs, mouvements. Tout y capte l’oeil et plus encore le tourbillonnement de jais qui y entre. Une voix connue tinte mécaniquement à mes oreilles, roulure mercantile d’un avisé commerçant.

« Le magasin ferme. »

Stupeur et tremblements. J’aurais sans doute préféré tomber sur l’impétueux Weasley junior plutôt que sur la victime défigurée par mes soins. Le silence consterné flotte quelques instants, autorisant le piaillement fantôme d’un boursouflet disparu dans les hauteurs d’une étagère. Échappée belle d’une petite boule de fourrure dissimulée derrière un flacon bloblotant d’une inquiétante lueur rosâtre. L’énamourée créature semble apprécier la liqueur fumante enclose en un flacon dont l’ornement n’a d’égale que la désuétude splendidement kitsch.

« Ah, j’avais l’oreille qui siffle, je comprends pourquoi ! »

Je ne sais comment prendre le trait d’humour, mais il allège quelque peu l’étrange angoisse qui m’a empesantie le coeur d’un étrange carcan. Ce doit être cela que l’on appelle la culpabilité. J’étiole un spectre de sourire à l’encoignure d’une bouche soudainement asséchée de verve. Mouvement du poignet vers les cimes de l’étalage.

« Êtes-vous certain que le sifflement n’a rien à voir avec le boursouflet échappé là haut ? A moins que ce ne soit votre familier ? »

Pas l’ombre d’un sarcasme pour une fois… Je me fais vieux et la coutume passe. Les ans lessivent la hargne d’une indifférence étrange. Moi qui avais, jadis, été le premier à me coiffer du cimier des serpents pour m’en aller bouter le lion hors des cachots, me voici devenu Directeur, oeuvrant à résorber ces mêmes inimitiés que j’ai contribué à exacerber des années durant. L’ironie de la situation ne m’échappe pas une seule seconde.

« Je savais que ce jour arriverait… Je savais que vous viendriez me réclamer les seize heures de retenue pour avoir trafiqué le chaudron de Callaghan. C'est trop tard pour réitérer ma contestation? Parce que c'était vraiment pas moi.
- J’ai toujours su que c’était vous, Monsieur Weasley, je n’ai juste jamais réussi à vous prendre la main dans le sac. »

Billes de tourmaline roulées dans leurs orbites jusqu’à rencontrer le plafond : j’ai levé l’oeil au ciel, un rictus amusé sur les babines. L’impertinence des Gryffondor m’aurait presque manquée après ces deux mois de calme. Tête secouée dans une gesture étudiée.

« Ce n’est pourtant pas pour cela que je viens vous voir à cette œuvre tardive, Monsieur Weasley. Je viens me… renseigner. Vous n’êtes pas sans savoir que vos produits sont interdits dans l’enceinte de Poudlard... »

Une pause.

« Par conséquent, tout le monde en utilise. »

Une pause.

« En directeur avisé, je me dois donc de me tenir au courant de votre catalogue. »

Un sourire de mauvais augure. Quoi de mieux qu'un bon retour à la normalité pour dissiper les effluves d'un trouble ?

« Qui sait, je pourrais peut-être trouver moi-même quelque… utilité à vos inventions ? »

715 mots


PUTTING DEATH IN BOTTLE

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Mar 4 Déc - 10:11
Comme si vous aviez besoin de ça pour nous coller des retenues.

Les preuves, Severus Rogue ne s’en inquiétait pas trop. Surtout quand il s’agissait de privilégier les Serpentard. Avec lui, on menait une guerre assez déséquilibrée puisque la vieille McGo tenait à sa froide rigueur. Enfin, la plupart du temps. Je chasse ces pensées. Mon sourire, en proférant cette accusation, dément toute forme de rancœur. C’est du passé, tout ça. Un passé plutôt heureux. Celui qui occupe désormais la fonction de directeur a été un ennemi coriace pour Fred et moi. Toutes les bonnes histoires se construisent face à un adversaire de taille. Aussi cruel qu’injuste.

Quand il m’interroge, je lève les yeux sur le boursouflet arc-en-ciel. Unique en son genre, celui-là, capable de changer sa couleur à volonté. Une expérience ratée, en fait. Une expérience de Fred, offerte avec le doux nom de Paillette. La bestiole, ni vraiment mâle ni vraiment femelle, arbore présentement une couleur d’un magnifique rose petite fille. Je roule des yeux.

Familier, je n’irai pas jusque-là. Mais c’est mon boursouflet. Paillette. Paillette, viens dire bonjour au directeur Rogue. Allez, n’aies pas peur, tu n’as même pas d’oreilles toi !

Une exclamation proférée en roulant des yeux. L’animal hésite, remue son petit postérieur pelucheux et s’élance. En quittant le flacon à demi vide, il le déséquilibre et la catastrophe manque d’arriver. Heureusement, quand on travaille, quand on a créé Farces pour sorciers facétieux, on développe de fabuleux réflexes. Baguette en main, j’arrête les deux avec un sortilège informulé appris pendant ma sixième année. Fred et moi avions immédiatement décelé le potentiel ravageur de cette évolution magique dans nos plans machiavéliques pour répandre le chaos. Le flacon retourne à sa place et le boursouflet atterrit dans ma paume. Là, Paillette ne peut pas s’empêcher de poser avec sa bouille toute mignonne.

Si ça peut vous rassurer, Paillette est le seul dans son genre. Au fait, un client qui est aussi élève m’a montré la nouvelle lettre d’admission où on mentionne qu’en animal de compagnie, les élèves ont aussi droit à un boursouflet en plus du traditionnel hibou, chat, crapaud. Je pose ma main libre sur mon cœur. Je suis touché. Vraiment.

Comme en témoigne mon petit sourire satisfait. Avant, on interdisait les farces et attrapes de chez Zonko. Vendre et représenter un produit interdit dans ma chère école est une consécration suprême. J’aurai aimé que Fred soit là pour profiter davantage de notre succès. Il aurait adoré. Il faudra que je le lui raconte.

Je dois avoir l’oreille bouchée. Vous pouvez répéter ?

Je feins l’incrédulité assez grossièrement. J’ai bien entendu Severus Rogue parler de trouver une utilité à nos inventions ? Il me semble aussi l’avoir aperçu sourire, mais c’est son rictus habituel qu’il arbore à présent. Un frisson conditionné parcourt mon échine et je tempère comme à l’époque, d’une voix qui se veut embobineuse. Celle qui accompagne généralement le discours « c’est pas moi et je peux (pas) le prouver ». Pendant ce temps, Paillette a grimpé sur mon épaule et prend la même teinte moutarde que mon veston, dans un éternuement.

C’est que… Il faut penser au respect du client, vous comprenez. Si les élèves de Poudlard apprennent que je travaille pour l’ennemi, enfin pardon, pour le corps professoral, pire, pour la direction, en vendant la mèche sur toutes les jolies surprises qu’ils se sont procurés pour mh animer je crois que c’est le mot, votre morne quotidien scolaire, ma réputation est fichue. Même la réduction de 10% spéciale Gryffondor s’ils jurent de se servir de nos produits pour faire perdre des points à Serpentard ne me sauvera pas. Ô rage Ô désespoir vous assassinez les humbles commerçants, directeur.

Je manque de riper à chaque fois. J’ai envie de l’appeler professeur, par habitude.

Mais bon, si vous êtes un client, c’est différent. J’ai d’excellentes potions pour vivifier le teint, vous paraissez pâle. Enfin, plus pâle que d’habitude. Ça vous changera, le bureau de Dumbledore. Il est bien lumineux, une petite cure de vitamine et de l’Éclateint tous les matins !

Un flacon de 30cl apparait dans ma main, assez simple, semblable à ceux qu’on peut trouver chez les moldus en réalité. Il contient une potion à l’apparence laiteuse et un joli bouchon rond en liège.

Rassurez-vous, j'ai aussi d'autres produits. Qu'est-ce qui vous intéresse vraiment professeur?

Ça y est, je l'ai dit. Flûte !

Severus Rogue

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Lun 10 Déc - 19:12
POUR UN PEU D'HUMOUR

Tacites accords passés, pressés sous la carne, figés dans les os. Blackout. Lui comme moi convoquons les souvenirs terribles qui nous unissent pour nous en gausser. Je lui ai ôté une oreille. La guerre lui a arraché son jumeau. Écartèlement d’un myocarde encore trop sensible sous le coup des émotions contradictoires qui s’y mussent. Qui s’en exhalent. A la place des douloureuses rémanences d’un passé commun, d’autres souvenirs jaillissent. Presque supportables.

« Comme si vous aviez besoin de ça pour nous coller des retenues. »

Piètre professeur, terrible dictateur pour les jeunes âmes emprisonnées dans mes cachots le temps d’un cours. Ce n’est qu’en m’allégeant de la charge enseignante pour coiffer les oripeaux de la direction que je me suis rendu compte que j’aimais la présence des jeunes gens, leur répondant, la scénographie du cours et la subtile rhétorique de la leçon. Faut-il abandonner ce que l’on adule pour enfin retrouver le sens de son adoration ? L’étiolement d’un sourire. Imperceptible. Bouffée de tendresse pour ces têtes rousses qui se sont succédées dans les couloirs.

« Disons avec une parfaite mauvaise foi que j’ai compensé ainsi toutes les fois où je n’ai pu vous saisir sur le vif, Monsieur Weasley. Vous fûtes le cauchemar de nombreux membre du personnel de Poudlard, le saviez-vous ? Argus Rusard parlait encore de vous l’an dernier avant de prendre sa retraite. »

‘Vous’ au pluriel. Raclement d’une récrimination contre les « jumeaux Weasley ». Je choisis d’épargner savamment cette mémoire-là. Rappeler l’absence au survivant endeuillé n’est jamais chose bénéfique. L’adolescent de jadis est devenu chef d’entreprise, homme respectable. Un homme qui tient désormais une boule de fourrure minaudant dans la paume.

« Familier, je n’irai pas jusque-là. Mais c’est mon boursouflet. Paillette. Paillette, viens dire bonjour au directeur Rogue. Allez, n’aies pas peur, tu n’as même pas d’oreilles toi ! »

Encore. Le rire est-il la seule politesse qui demeure pour celer le ressentiment et la haine ? Je suis plus accoutumé à l’expression de ces derniers qu’à ce type de pique à la délicatesse incisive. Je ne dois qu’au voile d’impassibilité coutumier jeté sur les traits d’un espion trop longuement en service de ne pas paraître désarçonné et contrit. Culpabilité. Derme, chair, muscle, nerf, profondeurs des entrailles grignotées par le vorace monstre.

« Si ça peut vous rassurer, Paillette est le seul dans son genre. Au fait, un client qui est aussi élève m’a montré la nouvelle lettre d’admission où on mentionne qu’en animal de compagnie, les élèves ont aussi droit à un boursouflet en plus du traditionnel hibou, chat, crapaud. Je suis touché. Vraiment. »

Passer du rire aux larmes. De l’affliction à la gouaille. Ce doit être cela que l’on appelle l’hystérie. J’égrène un sourire plus franc devant les simagrées d’un théâtral commercial.

« Nous avons dû nous résoudre à les autoriser, ces créatures infernales ont fait flancher les élèves, leurs parents, et même le corps professoral… Notre nouveau professeur de sortilèges se pavane avec l’une de vos créations sur le crâne. Même loin de ces murs, vous continuez de semer le chaos, Monsieur Weasley… avec une redoutable efficacité, je dois dire. »

Feinte d’incrédulité se dessine sur le visage de mon vis à vis lorsque je lui annonce tout de go le motif secret de ma présence.

« C’est que… Il faut penser au respect du client, vous comprenez. Si les élèves de Poudlard apprennent que je travaille pour l’ennemi, enfin pardon, pour le corps professoral, pire, pour la direction, en vendant la mèche sur toutes les jolies surprises qu’ils se sont procurés pour mh animer je crois que c’est le mot, votre morne quotidien scolaire, ma réputation est fichue. Même la réduction de 10% spéciale Gryffondor s’ils jurent de se servir de nos produits pour faire perdre des points à Serpentard ne me sauvera pas. Ô rage Ô désespoir vous assassinez les humbles commerçants, directeur. »

Je lève un sourcil, un air mortellement sérieux sur le visage. Je ne peux résister à la bonne humeur toute commerciale du jeune homme. Je m’efforce de ne laisser filtrer sur mon faciès le moindre stigmate de l’hilarité grandissante. A mesure que le babillage se déroule, l’allégresse gagne les zygomatiques, rendant presque douloureuse l’impassibilité à laquelle je m’astreins. Tout professeur devrait connaître un bon magasin de farces et attrapes pour le salut de son âme. Surtout si ladite boutique est tenue par un chevelu rouquin.

« Mais bon, si vous êtes un client, c’est différent. J’ai d’excellentes potions pour vivifier le teint, vous paraissez pâle. Enfin, plus pâle que d’habitude. Ça vous changera, le bureau de Dumbledore. Il est bien lumineux, une petite cure de vitamine et de l’Éclateint tous les matins ! Rassurez-vous, j'ai aussi d'autres produits. Qu'est-ce qui vous intéresse vraiment professeur ? »

Esquisse d’une liesse sarcastique peinte sur le visage.

« Mon teint va très bien, Monsieur Weasley, je vous remercie de vous en préoccuper. Cependant… j’avais quelque chose de plus… animé en tête. Supposons, tout à fait par hasard, que j’ai engagé dans mon personnel un ancien camarade de Serpentard, lequel était, dans ses jeunes années, un trublion à votre hauteur et qu’il lui soit arrivé, de temps en temps, de se fendre d’une plaisanterie à mon égard avec son compère de coup fumeux… Si je voulais rendre la pareille à ces deux ouailles qui n’ont jamais manqué d’inventivité en matière de farces et de taquineries, aujourd’hui, pourriez-vous me conseiller quelque chose de mémorable à la hauteur de l’attente ? Cela fait, après tout, quelque trente ans qu’ils attendent ma réplique. »

Sourire en coin entendu. Puisque je me dois de découvrir le nouveau catalogue de cette auguste enseigne, autant mettre à profit cette expérience d’infiltration pour ramener un petit quelque chose ou deux pour Nott… Ne l’a-t-il cherché ? A la réflexion, Rosier pourrait sans doute bénéficier par ricochet d’un suave traitement issu de l’expertise des jumeaux… Non ? Le sourire s’élargit le temps d’une boutade : je n’ai jamais résisté à l’envie d’asticoter un vis à vis, plus encore si celui-ci a eu le malheur d’être l’un des poulains de Minerva…

« Et question essentielle : la cible étant l’actuel directeur de la maison Serpentard, est-ce que la réduction de 10 % est valide ? »


1023 mots


PUTTING DEATH IN BOTTLE

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Ven 14 Déc - 15:15
Vil flatteur !

Une exclamation du fond du coeur, main sur la poitrine pour rajouter un peu de théâtralité. Pauvre Argus Rusard, traumatisé au-delà des mots. En grandissant un brin et en prenant un peu de plomb dans la tête, j’admets volontiers que Fred et moi allions souvent beaucoup trop loin… Mais sans malice véritablement malfaisante. Il manquait juste cruellement de sens de l’humour.

Je suis presque tenté de retourner à Poudlard terminer mes ASPIC. Je plains ce pauvre concierge qui n’aura jamais le plaisir ou l’honneur de nous connaître.

Le « nous » est sorti tout seul. Parfois, souvent, j’oublie qu’il n’y a plus qu’un « je » mais ça ne me cause pas de douleur. Pas visible, en tout cas. Il me suffit de croiser mon reflet dans la vitre de la boutique, au-dessus de l’épaule de Rogue, et j’ai presque le sentiment que Fred me sourit. Mon cœur s’apaise un peu, ce qui me permet de dignement présenter Paillette. Si mon boursouflet s’enorgueillit de l’attention qu’on lui porte, je ne suis pas en reste quand j’entends cet aveu de la bouche de Severus Rogue. Parce que c’est un aveu, celui de la réussite qu’il me répétait sans arrêt inaccessible. Vous êtes un cancre, monsieur Weasley. Un bouffon qui ne fait rire que les aussi bouffons que lui. Il me donne l’impression d’observer un nouvel homme. Un nouvel être. Malgré mon appartenance à l’Ordre, je ne connais pas les détails de tout ce qui a pu lui arriver et je ne m’y suis pas intéressé, trop tourné autour de mon propre chagrin, de ma propre perte. Certains évènements changent les hommes, mais qui aurait cru qu’un jour, le terrible, le cauchemardesque Severus Rogue, entrerait tranquillement dans ma boutique pour requérir mes conseils en matière de farces ? Et qu’il se permettrait même de plaisanter ?

Je ne peux pas me retenir. Je me pince le bras, à travers le tissu de ma veste en peau de dragon. Je cligne des yeux, exagérant à peine le choc qu’il vient de me provoquer. Sur mes cheveux, Paillette feint de s’évanouir.

Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait au professeur Rogue ? Je vous jure de ne pas vous dénoncer.

Je rigole un peu plus franchement puis je retrouve un brin de sérieux. Juste un brin. Le sourire est présent.

Ah je dois vous confier qu’il y a une règle particulière, un peu ancienne, elle date de l’ouverture de la boutique, vous comprenez. Une règle instituée quand vous étiez encore à ce poste, en réalité. Quand l’un de nos produits prend le directeur de la maison Serpentard pour cible, c’est 25%. Sans rancune, évidemment ? Évidemment. Bien, voyons, j’ai encore des marécages portatifs, c’est un classique mais j’ai renforcé le sortilège, il ne disparait plus aussi facilement. Si votre professeur en sortilège est de votre côté, ça peut durer un moment et j’ai même en supplément des petites sangsues à incorporer au marécage, parfait s’il se déclenche dans ses appartements privés pendant la nuit. Imaginez un peu ? Après, tout dépend du degré de plaisanterie et de mémorabilité que vous visez. Et à quel point vous désirez les humilier, aussi. J’ai également ceci…

J’agite ma baguette et une petite boîte vole jusqu’à nous. Je l’ouvre pour découvrir une attache de cape en or.

J’ai plusieurs modèles. En apparence, c’est un cadeau ordinaire qu’on peut recevoir de n’importe qui, en n’importe quelle circonstance. Même au travail, vous voyez ? Sauf que quand on l’attache, les vêtements deviennent transparents et on se retrouve nu. Évidemment, il faut réussir à enlever l’objet de sa cape mais il est intangible pour celui qui est l’objet du maléfice. Et encore faut-il penser à demander à quelqu’un d’autre un coup de main.

Confidence assortie d’un clin d’œil. La boîte se pose sur une table basse où trônent des philtres d’amour. J’agite ma baguette et une bouteille, en apparence d’hydromel, arrive jusque dans ma main.

On a décliné la boîte à flemme en version adulte. J’ai de l’hydromel nez-en-sang, de l’hydrogerbe aussi, celui-là c’est le petit dernier, de l’hydromel pousse-rikiki. Constipation garantie ! Je travaille sur celui du furoncle mais je dois changer de plante, celle que j’utilise pour la boîte à flemme réagit mal avec l’alcool. J’ai rajouté un avertissement sur la notice d’ailleurs. Enfin, j’admets, c’est plus classique. J’ai aussi décliné le télescope frappeur avec d’autres objets. Je l’ai en baguette, en livre, pour la version deluxe l’objet poursuit la victime désignée pendant une demi-journée entière, impossible à arrêter. Si on tente de lui jeter un sort, ça déclenche un maléfice du bouclier. Bon, évidemment, ça concerne les sorts mineurs.

Tout en parlant, Paillette saute de mes cheveux pour aller d’objet cité en objet cité et les montrer en effectuant un petit pas de danse amusant devant chaque.

@Severus Rogue

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Mer 9 Jan - 21:31
POUR UN PEU D'HUMOUR

Roulement d’une conversation déjà longuement entamée, ponctuée des plus éclatantes facéties de George Weasley. Impression étrange que celle de plaisanter avec un ancien élève si sévèrement malmené de ma baguette. Une oreille pour une vie. Le duo Weasley fut amputé des deux par les flambées de haine nées des intolérances de notre monde. Quel plus terrible destin pour les deux forces vives de Poudlard ? Malgré moi, l’esquisse d’un sourire naît sur les lèvres aux espiègleries de mon vis à vis.

«  Je suis presque tenté de retourner à Poudlard terminer mes ASPIC. Je plains ce pauvre concierge qui n’aura jamais le plaisir ou l’honneur de nous connaître.
– Faites-moi plaisir, Monsieur Weasley : prévenez-moi l’été qui précède votre reprise de service à Poudlard. Je veillerais à prendre un congé sabbatique pour laisser à Minerva l’entier bénéfice de votre inventivité redoutable ! »

La présence de George Weasley est étonnamment rafraîchissante. Débarrassés du carcan scolaire et de son étouffante hiérarchie, il ne reste guère plus que la rencontre et l’amiable affrontement de deux humours aussi opposés que complémentaires. Lorsqu’on rentre les crocs, pour ne laisser virevolter qu’une bienveillante morgue, les conversations tournent bien moins vite court. Je l’ai toujours su. Toujours.

«  Ah je dois vous confier qu’il y a une règle particulière, un peu ancienne, elle date de l’ouverture de la boutique, vous comprenez. Une règle instituée quand vous étiez encore à ce poste, en réalité. Quand l’un de nos produits prend le directeur de la maison Serpentard pour cible, c’est 25%. Sans rancune, évidemment ? Évidemment. Bien, voyons, j’ai encore des marécages portatifs, c’est un classique mais j’ai renforcé le sortilège, il ne disparait plus aussi facilement. Si votre professeur en sortilège est de votre côté, ça peut durer un moment et j’ai même en supplément des petites sangsues à incorporer au marécage, parfait s’il se déclenche dans ses appartements privés pendant la nuit. Imaginez un peu ? Après, tout dépend du degré de plaisanterie et de mémorabilité que vous visez. Et à quel point vous désirez les humilier, aussi. J’ai également ceci…
– Sans la moindre rancune, Monsieur Weasley : c’est de bonne guerre. Mais n’avez vous pas peur que pareille promotion ne tue votre commerce ? Je vous suggère de ne pas les multiplier. Vraiment, laissez tomber l’idée de la réduction de vingt-cinq pourcents concernant le directeur de Poudlard, ça n’en vaut pas le coup. S’en prendre au directeur, c’est surfait, surtout depuis qu’il n’y a plus de chaudron à faire sauter. Concentrez plutôt vos efforts sur Monsieur Camille Nott. Je lui ai confié mes responsabilités de directeur de Serpentard, il n’est que justice qu’il en reçoive tous les honneurs, ne pensez-vous pas ? »

J’entends déjà les mauvaises langues crier à la veulerie teintée de couardise. Point de lâcheté, pourtant : il s’agit surtout d’assurer mes arrières et ma survie. Un simple sens de conservation élémentaire. Pourquoi encaisser les blagues lorsque l’on peut indiquer d’autres cibles que soi, détournant ainsi l’ire farcesque de son auguste personne ?

J’écoute néanmoins avec la plus grande attention les recommandations de ce cher George Weasley. Excellent homme d’affaires, à n’en pas douter. J’ai toujours eu à coeur de m’entourer des meilleurs et Monsieur Weasley l’est, à n’en pas douter.

« J’ai plusieurs modèles. En apparence, c’est un cadeau ordinaire qu’on peut recevoir de n’importe qui, en n’importe quelle circonstance. Même au travail, vous voyez ? Sauf que quand on l’attache, les vêtements deviennent transparents et on se retrouve nu. Évidemment, il faut réussir à enlever l’objet de sa cape mais il est intangible pour celui qui est l’objet du maléfice. Et encore faut-il penser à demander à quelqu’un d’autre un coup de main. On a décliné la boîte à flemme en version adulte. J’ai de l’hydromel nez-en-sang, de l’hydrogerbe aussi, celui-là c’est le petit dernier, de l’hydromel pousse-rikiki. Constipation garantie ! Je travaille sur celui du furoncle mais je dois changer de plante, celle que j’utilise pour la boîte à flemme réagit mal avec l’alcool. J’ai rajouté un avertissement sur la notice d’ailleurs. Enfin, j’admets, c’est plus classique. J’ai aussi décliné le télescope frappeur avec d’autres objets. Je l’ai en baguette, en livre, pour la version deluxe l’objet poursuit la victime désignée pendant une demi-journée entière, impossible à arrêter. Si on tente de lui jeter un sort, ça déclenche un maléfice du bouclier. Bon, évidemment, ça concerne les sorts mineurs. »

L’oeil se voile le temps du songe, sourcil plissé dans une intense réflexion : c’est qu’il ne faudrait pas se rater avec ce cher Camille.

« Dites-moi, Monsieur Weasley… Votre boite à flemme, là, elle est customisable ? Ce cher Camille Nott adore tout ce qui est sucré, et en particulier des petits bonbons moldus nommés « dragibus », je crois. Il peut s’empiffrer de ces machins là à longueur de journée… Vous pensez que vous pourriez piéger ces bonbons avec des maladies à déclenchement retardé ? Histoire que Camille Nott puisse… hm… disons manger plusieurs bonbons avant de se sentir une petite faiblesse passagère ? »


Doigt sous le menton, tapotant la blême joue. Est-ce qu’une boite à flemme spéciale Camille Nott sera suffisante pour le châtier au besoin ? Hm… non, sans doute pas. L’idéal, en outre, serait de piéger ses dragibus au compte-goutte afin que l’effet du produit fasse peser sur Camille Nott une pression psychologique : quel dragibus sera piégé, lequel sera sain ? Mais les seules friandises corrompues ne sauraient châtier convenablement des années de doigts baladeurs et de remarques salaces ; les deux en même temps, parfois. L’adolescence fut difficile pour tout le monde. Il faut donc un petit quelque chose supplémentaire.

« Je vais sans doute vous prendre aussi un livre farceur ou deux version de luxe. Juste pour le sport ! Ce n’est jamais perdu. Et un marais portable en espérant que notre nouveau maître des sortilèges ait le bon goût de laisser Monsieur Nott gérer lui-même les désastres s’apprêtant à déferler dans ses quartiers de Poudlard. »

Un temps de réflexion.

« Dites-moi, Monsieur Weasley : vous prenez des commandes personnalisées ? »


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