Hérisson funambule en hypoglycémie (sevy)
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Camille Nott

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Dim 4 Nov - 18:46
Bouquet de lavande



L’escarre avait grignoté la chape du monde, macérant patiemment la dernière intensité diaphane dans un coi borborygme. La fraîcheur qui conjuguait la sorgue s’encourageait doucement jusqu’à la carapace de l’école, léchant avec une insatiabilité issante ses berges. L’heure du couvre-feu tintinnabulait dans la moindre artère de Poudlard, inclinant pressement les embryons d’élève à se concilier avec leur paillasse.

Minuit coqueriquait sur la comtoise pâlie dans l’ombre d’un contour qui suçait la carcasse de sa niche. L’engourdissement se faisait judas, dodelinant son état d’éveil dans une fébrilité qui lui écorchait son endurance. La volition de révolte à l’encontre de son stupre pour la gnôle s’était spontanément étiolée dans un désir d’accalmie. Il avait au moins la cachectique consolation d’être dépareillé de tout public dans sa pandémoniaque glissade. Ni Archibald, ni Remy n’était là pour emmieller ses maux de délicatesse.  Une première gorgée d’un ‘Crown Royal Nothern Harvest Rye’ papillonnait jusqu’à son gosier dans une étreinte convoitée. Nott estimait les alcools moldus depuis son carambolage avec Rosier. On pouvait au moins leur accuser cette unique compétence. Suffisance d’un nobliau sang-pur. La morsure de la rinçonnette contre sa luette le lacérait d’une térébrante, mais exquise palpitation.

Manifestement, Morphée le refusait. Malgré l’indolence qui baisotait chacun de ses membres sous l’ascendant de l’eau-de-vie, Nott n’appréciait la grâce du sommeil que dans lointaine fantaisie. Décidant de se dédier à une noctambule baguenaude, il épousait son humble moule d’animagus dans celle d’un hérisson, tripotant la précaution s’il devait malencontreusement surprendre quelques trimardeurs. Il aurait davantage distingué un loup ou une panthère pour sa forme d’animagus mais avec les saisons, il avait cueilli le profit de cette matrice détrempée de mignardise.

La dégaine crapoussine, Nott musardait, dans l’ouate des craquètements, dans les boyaux de l’école, en quête d’un épuisement soupiré. Après une oblongue cavalcade qui avait eu le mérite de le courbaturer, le professeur regagnait ce qu’il pensait être ‘ses’ appartements. Outillé d’un maigre sens de l’orientation, le cornichon n’avait même pas déshabillé son ‘soit-disant’ nid d’un soupirail accusateur devant l’ébranlement dont avait été la cul-de-jatte l’enjolivure intérieure. Harassé d’aveulissement, la bestiole flageolait jusqu’au mollet berceau. Une fois enlisé dans le liquoreux effluve de lavande qui peignait l’étoffe du plumard, il soupirait de bénédiction devant l’étreinte languide qu’il ceinturait doucement avec Morphée. Sa petite truffe bécotait l’étoffe imprégnée de générosité pendant que ses pattes se déployaient dans une jérémiade étouffée. Il n’avait plus qu’à ronronner de plaisir.


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Severus Rogue

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Lun 5 Nov - 11:41
NOCTAMBULE HÉRISSON

Les dernières journées se sont avérées bien remplies… presque trop pour les épaules désormais affaissées d’un seul homme. Je me suis assis à mon bureau, repoussant presque avec désespoir la pile de documents qui continue de croître inlassablement de jour en jour. Sollicitations diverses du Ministère, de Narcissa, des autorités, du conseil des parents d’élèves. Pressions multiples, affaires financières de l’école, plaintes diverses des élèves. Et les cours des sixièmes et septièmes années à préparer. J’ai voulu continuer à enseigner envers et contre la tradition… je commence à comprendre pourquoi tous mes prédécesseurs ont abandonné leur casquette de professeur.

« Ce n’était pas faute de vous l’avoir dit, pourtant, mon petit. »

Phineas Black m’observe du haut de son portrait. Il a été le premier à me faire part d’une désapprobation courroucée de ma volonté de conserver ces charges de cours, arguant que je me berçais d’illusions. Douces rêveries, sans nul doute maintenant que j’ai du travail par-dessus la tête.

« Vous pourriez confier les sixièmes et septièmes années au petit jeune que vous avez recruté, là. Il semble faire un boulot plutôt décent auprès des autres années, non ? 
- Il paraît que ses cours sont corrects en effet.
- Correct ? Oh, allez, Severus, les étudiants l’adorent ! »

Je lève les yeux au ciel. Les iris bleus pétillant d’Albus Dumbledore qui vient d’intervenir ne me lâchent pas. Foutu vieillard… avec tout le respect que je lui dois, naturellement. Le voici qui renchérit.

« En plus, je vous rappelle que j’ai un portrait dans cette salle de cours, je sais donc ce qu’il en est ! Ce garçon semble très cultivé et très au fait de la matière qu’il enseigne… Un peu comme Camille Nott, je dois dire.
- Albus, vous m’avez déjà fait part trois fois depuis le début du mois de votre théorie fumeuse concernant mon professeur : je puis vous assurer que ses états de service à Durmestrang sont parfaitement corrects, je les ai fait vérifier. L’Intendant Vasiliev comme lui sont, de plus, sous étroite surveillance. Je m’assure personnellement qu’ils ne soient des partisans ni du Seigneur des Ténèbres ni de Grindelwald.
- Si vous êtes si certain de vous, Severus, qu’est-ce qui vous empêche de lui confier vos classes ? »

Un silence se fait. Je détourne le regard, vaguement empourpré.

« Alors ? Insiste Dumbledore d’une voix aussi joyeuse que pressante.
- J’aime enseigner, voilà. Content, vieux fou ?
- Quel dommage que je n’ai vécu assez longtemps pour vous l’entendre dire, cher Severus. »

Je grommelle quelque chose ressemblant vaguement à un « oui, bon, ça va » et me sens soudainement très inspiré par le paquet de missives urgentes sur mon bureau. Mon ventre se tord toujours sous le poids d’une certaine culpabilité. Le portrait a hérité de l’espièglerie cruelle de son modèle et ne cesse jamais de me rappeler le sang sur mes paumes. Son sang. Il y met tant d’application que même Phineas Black a fini par s’en offusquer. Mon double bougonne dans son cadre. Des mois que je tente d’obtenir son retrait de mon bureau… il est extrêmement déplaisant d’avoir à se faire la conversation à soi-même.

Pensif, je parcoure les parchemins. Une requête du Ministère attire mon attention. C’est une proposition de soutien psychologique émanant du bureau de la Vie courante. Certains de mes septièmes années étaient présents à l’Attentat du Ministère… Une infamie. J’ai vu revenir, paniquée, la jeune Ollivander et le jeune O’Niallain. Deux Gryffondor… Même après le départ de Potter, cette maison semble avoir le chic pour se mettre dans les situations les plus rocambolesques… Je lève les yeux au ciel, agacé. Foutus Gryffondor. Comme s’il lisait dans mes pensées – peut-être le fait-il ? – Albus Dumbledore reprend la parole.

« Alors, mon garçon, qu’ont encore fait vos petits lions ?
- Comment savez-vous que je peste contre les Gryffondor ?
- Vous pestez toujours contre les Gryffondor, Severus.
- C’est absolument faux, Albus. Je peste aussi contre mon prédécesseur, parfois.
- Et quelle était ma maison à Poudlard ?
- Gryffondor... Mauvais exemple.
- C.Q.F.D., Severus.
- Je peste aussi contre Minerva !
- Mon petit...
- Et contre Potter !
- Vous vous enfoncez, Severus...
- Pas du tout, Potter est à moitié Serpentard, si j'en crois le Choixpeau magique ! Je peste donc aussi à moitié contre ma maison ! ... Et dites donc, Albus ?
- Severus ?
- Je vous trouve bien bavard et bien taquin ce soir. Vous vous ennuyez à ce point ? Vous savez que ma proposition de déplacer votre portrait dans les archives pour avoir la paix tient toujours.
- Je ne vous savais pas si pincé, Severus.
- Je ne suis pas… Oh et puis merde ! »

Je remets le nez dans les documents, réprimant à grand peine un petit sourire. Malgré les menaces, j’apprécie assez, je dois dire, ces joutes verbales… Albus me manque, plus que je ne pourrais le dire. Et je sais n’être pas le seul à me languir du vieux Gryffondor. Minerva vient assez fréquemment discuter avec son portrait, les yeux perpétuellement un peu plus brillants et humides qu’à l’accoutumée, traversés d’une émotion profonde. Les mirettes palpitent quelques instants, soudainement piquantes de fatigue. Je jette un œil au phénix roulé sur un coin du bureau, le bec sous l’aile, la respiration paisible… Il semblerait qu’il soit temps pour moi de rendre les armes auprès de Morphée. Quelle heure est-il, d’ailleurs ? Deux, trois heures ? Je ne veux même pas le savoir. M’étirant, flattant d’une dernière caresse le plumage de l’oiseau, je me lève pour rejoindre mes appartement situés dans la pièce adjacente en marmottant un « Bonne nuit » déjà ensommeillé. Quelques pas, une ablution vespérale et un pyjama plus tard, me voici le nez dans l’oreiller, la couette remontée jusqu’à la nuque, ronflant comme un directeur éreinté autant que bienheureux.

A quel moment un impromptu visiteur se glisse-t-il dans la chambrée, je ne sais le dire. Tout aux bras de Morphée, je n’entends pas le bruissement des petites pattes claquant sur le pavé, pas plus que je ne sens la plume légère se lover sur un pan de couverture dans un voluptueux ronronnement… Il faut dire qu’un hérisson dans mon lit est la dernière chose à laquelle je puisse m’attendre… Aussi me retourné-je dans mon sommeil et posé-je la main, aux premières lueurs du jour, sur une petite boule endormie hérissée de piquant. Et c’est le drame. L’une des aiguilles hérissonne s’enfonce dans la paume, m’arrachant un sursaut prompt à me réveiller tout à fait. La douleur irradie der la blessure emperlée de quelques gouttes carmines.

« Peste ! »

Me tenant la paume de l’autre main pour juger de l’étendue des blessures, j’observe le petit animal, sans doute tiré du sommeil par les cris matinaux autant que par l’impromptue caresse dont il a été la victime.

« Si je tiens l’élève qui n’est pas foutu de surveiller son hérisson, il va m’entendre! » Marmoné-je à mi-voix avant de me pencher pour examiner l’animal…. Bon sang, c’est mignon un hérisson… Et qu’est-ce que ça mange, d’ailleurs ? Et… avais-je autorisé les hérissons comme animaux de compagnie ? Tant de questions, si peu de réponses tant que je n’ai avalé mon thé matinal.

1150 mots


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Camille Nott

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Dim 11 Nov - 15:40
Bouquet de lavande



La conscience broyée dans les nimbes de l’inertie, Nott s’était rapidement enlisé dans sa pudibonde amie qu’était l’indolence. Elle se faisait désirer, la coquine. Ses pattes s’embourbaient doucement dans la tépidité d’un duvet capiteux, écartelant sa douillette carcasse en astérisque. Cette mignardise hypocalorique lui était presque étrangère. Ses nuits étaient toujours ébrouées d’épouvantails qui lui grignotaient le moindre accoisement, à l’exception des fins de semaine, dulcifiées par ses deux poussinets, Remy et Archibald.

Alors qu’il se sentait complètement amignonné dans les bayous de Morphée, un tumulte féroce l’en sarclait sans préliminaires. Hoquetant de confusion dans une partielle narcose, l’hagard petit hérisson inspectait rapidement la détresse de la situation. Après le fougueux réveille-matin qu’il venait d’écoper, Camille dénonçait une fébrile émotion fleurir. Pelotonné dans l’étoffe veloutée de ses draps, tentant de s’y dérober vainement, il jugeait enfin de l’odyssée scabreuse qui se faisait deviner devant l’entité bien familière et inébranlable de son directeur. Par les couilles de Salazar ! L’espérance de vie grièvement amputée devant les lugubres prévisions qu’il élucubrait déjà dans les cellules de sa conscience, il tripatouillait les draps de ses rouflaquettes avant avec fébricité. Les yeux noirs entaillés d’une détresse halitueuse, la lilliputienne créature dépeignait la moindre gesticulation dans les flétrissures éculées du visage de Snape. A priori, la confusion matinale se disséminait lentement mais sûrement.

Leur dernier tête-à-tête s’étant circonscrit sur une note criarde, il n’était pas des plus élastiques pour lui d’être naturel. La perspective de rhabiller sa paillasse d’un visage familier n’était sûrement pas la stratégie la plus pondérée. Il étreignait encore un peu la grâce que sa génitrice lui avait octroyée. Sujet d’inspectorat, l’animagus constatait l’étalon des soupiraux inquisitifs du directeur sur sa myrmidone défroque. « T’choûs » Il ne pouvait s’empêcher d’épousseter sa truffe, ébrouée dans un atchoum messéant, picotée par le relent de lavande qui pignochait la soie de la literie, sur la main flâneuse du sorcier pour en occire les derniers picotis. Appréciant la tiédeur inopinée de son épiderme, il ne pouvait s’empêcher de solliciter à nouveau ce contact. Petit hérisson entreprenant qu’il était. Avec un peu de chance, il parviendrait à épouser son singulier artifice jusqu’au bout.


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Severus Rogue

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Dim 25 Nov - 17:23
NOCTAMBULE HÉRISSON


Je ne me suis probablement jamais senti aussi con qu’en cet instant, à demi-éveillé, un hérisson mignon dans la paume. Et ces grands yeux noirauds avec lesquels il me fixe… Pour un peu, on dirait qu’il veut des câlins… Non, ressaisis-toi, Severus, tu ne sais même pas d’où il vient. Ce pourrait être une mauvaise blague, un familier, un animagus… Je songe que la paranoïa me joue des tours ces derniers temps. Entre Dumbledore qui soupçonne mon corps professoral et moi qui soupçonne un innocent petit animal… J’agite le doigt à la surface des piquants, prenant soin à ne pas me blesser à nouveau. Petite caresse, je suis foutu.

« C’est bon, j’ai compris… Tu as faim parce que tu n’as pas pu te nourrir la nuit dernière, et tu veux des câlins. Voyons ce que le vieux Severus peut te trouver. »

J’emporte précautionneusement le petit bout de chou et me lève. La démarche est chaloupante au réveil. J’appelle un elfe de maison, demande un petit déjeuner et un petit quelque chose pour le hérisson. Quelques instants plus tard, voici le mignard apposé sur un couffin à même le bureau tandis que je me sers une tasse de thé.

« Nouvel ami, Severus ? »

Il ne manquait plus que ça… Je ne prends pas même la peine de lever l’oeil vers le portrait d’Albus Dumbledore. Nul besoin pour deviner la gouaille narquoise peinte sur le minois.

« Un hérisson s’est perdu dans mon lit cette nuit… Je ne vais pas le tuer quand même… Si c’était un Gryffondor, notez bien que j’y aurais réfléchit, mais ce pauvre animal n’a rien fait.

- Dans votre lit, hm ?
- Albus, sérieusement ? »

Je croise le regard pétillant de malice derrière ses lunettes en demi-lune. Toujours aussi agaçant… ce doit être par nostalgie et par esprit de sacrifice que je m’évertue à laisser en place ces portraits dans l’obscur bureau directorial. Figures tutélaires, prisons passéistes. J’ai déjà envisagé, maintes fois, le décrochage de tous ces ancêtres glorieux. Qu’est-ce qui m’en empêche, sinon le poids d’une culpabilité alanguissant le cœur et amollissant les esprits belliqueux ? Prenant une nouvelle gorgée de thé, je hausse les épaules.

« Je ne suis pas encore désespéré au point de chercher l’affection d’animaux plutôt que celle des humains, Albus… Outch ! Fumseck, non ! Ne me picore pas la tête, tu sais bien que c’est pas pareil, toi ! »

L’oiseau a quitté son perchoir en un coup d’aile pour venir se poser sur l’épaule et me faire part de son mécontentement quant à mon dédain pour la gente animalière. Je lui gratouille le crâne, perdant mes doigts dans ses plumes. Je remarque le regard courroucé qu’il jette au hérisson. Le même genre de regard qu’il avait jeté à Nott lorsqu’il avait été stupefixé par ses soins, je continue de le cajoler.

« Tu sais bien que tu auras toujours une place spéciale, Fumseck. Tu m’as sauvé la vie, comment pourrait-il en être autrement ? »

J’égrène les flatteries à la surface de ses plumes tout en reposant ma tasse. J’avise le bocal d’insectes posé sur la table à l’attention du hérisson… Si je tiens le petit imbécile heureux qui n’a pas surveillé son animal… Ah ça, un Severus Rogue en pyjama, un Fumseck sur l’épaule, une tasse de thé sous le nez, un petit déjeuner à côté, tentant de nourrir un hérisson insectivore, de toute évidence, ça allait promettre de l’anthologie… Je dévisse le bocal et saisit quelques vers du bout des doigts que je pose devant le petit hérisson en lui flattant le dos.

« allez, mange ! On tentera de retrouver ton imbécile d’humain ensuite. »

615 mots


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Camille Nott

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Hier à 16:09
Bouquet de lavande



Dénouement podagre en perspective. L’écorce pignochée de moiteur, Camille soupesait le ricochet de sa transformation sur son directeur, guindé d’érection sévère quant à ses singularités. Une thèse promptement rengainée dans les crevasses de son kobold devant la prédiction macabre qu’elle décalquait. Il fallait considérer une autre chausse-trape. C’était donc gorgé de verve qu’il recensait dans les cumulus de son gnome les différents croquis qui crayonneraient son évasion. Enfin, c’était avant que Severus ne se mette en tête de nidifier dans son bureau, superbement fagoté de sa laine des vêpres. Appliqué sur un coussinet de velours, le branle-bas assai vécu n’était plus qu’une chtouille dans l’onctuosité de son nouveau trône. L’empressement s’était mué en flaccidité. Ses bourgeons charbons d’ordinaire allants s’étaient plissés de sérénité, lui-même chapardé d’un agrément narcotique. Le professeur d’arts obscurs se retrouvait logé dans la croûte d’un marmouset hérisson boursouflé de cagnardise, écrasé par la volupté de son nouveau couvoir. Ainsi donc, le simulacre de fixité qu’esquissait généralement Severus confessait en réalité une accorte inclination. Déshabillage suggestif de ce personnage à la coquille calleuse. Il n’en était que plus saisissant. Cette concentration irréfléchie que Nott nourrissait à son égard depuis le berceau de leur jouvence trouvait son exégèse dans l’abscons qui le gorgeait.

L’écho de Dumbledore avait chatouillé l’accalmie du nid, écorchant le bestion de son atonie. Ce vieux pendard présentait le nez creux même dans son repos éternel. Fichtre crapule ! Jaugeant le rococo d’une diatribe étranglée, Camille considérait leur transaction avec précaution. Comme si cela ne suffisait pas, la satanée volaille, avec qui il avait disloqué précédemment une escarmouche orale, s’était mise en tête de l’aborder de front, les bourgeons densifiés de grondement. « Fssschtttt » grognassait l’hérisson à l’encontre de l’oiselet. Oups (…) Une négligence qu’il ravalait bien vite dans un gloussement mugissant. Inutile de soulever plus de controverse chez notre directeur. D’une lorgnade en coin, il mesurait Fumseck avec prud’homie, non sans une farouche lichette.

Quand Severus lui soumettait des insectes sous la truffe, celui-ci caracolait de son bourrelet cotonneux en soufflant contre l’innommable pitance. « Fssschttt » Qui pouvait manger ça ? Juste, il était encore un hérisson. Son mécontentement n’avait sûrement pas passé inaperçu mais la becquée était sacro-sainte, hérisson ou pas. Notre ‘archiduchesse bestiole’ se braquait plutôt sur la croûte engageante du directeur, non sans une prunelle gouailleuse pour la boulette à plumes. Les petits encas sucrés qui flagornaient autour de son thé abusaient Nott d’une impérieuse convoitise. C’était donc sous le piaillement objurgateur de Fumseck qu’il flattait ses papilles, le promontoire délicieusement cajolé par le bouquet mignard de sa ribote. C’était bien mieux que ses pouacres d’insectes ! Sa gourmette peccadille galvanisait encore une hardiesse. Par tous les dragibus ! Il était temps de prendre congé.

Tel un wapiti, le petit fuyard galopait sur les rotules de Severus pour reconquérir le sol même, avant de décaniller vers la sortie. C’était sans compter l’initiative de son rapace qui s’était interposé. « Fsschhhtt » Je vais te l’empailler nom d’un boursouf ! Nott se pelotait en boule, guère enclin à se faire castagner par le volatile furibond.



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