O f f i c i n a l i s. flore rebelle [ft. Snejana C. Andersson]
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Dim 14 Oct - 19:07
O f f i c i n a l i s. flore rebelle
ft. SNEJANA C. ANDERSSON
« En effet, on ne peut pas dire que vous ayez la main verte. » ▬ DARIUS.

Lenteur et minutie. La distillation s’effectua sur le chapiteau de sa paillasse. Mortier tapissé encore des divers extraits que la mangouste avait eu à sortir de diverses plantes. Dictame, Eschscholzia, Fenugrec et Nigelle. La croisée officinale en attente des derniers éléments. Le regard bestial lorgna les carreaux de la vieille étagère qui dressait de toute sa hauteur à sa gauche l’arche gothiques de ses boisements. Beauté des siècles qu’un ancien mage salvateur avait mis à l’abandon en les lieux. Délitant tout scrupule chez l’animal de l’investir, quartier dorénavant de ses aises. La paume de sa main d’homme vint caresser la poignée forgée en tronçons recouverts de leur frondaison luxuriante pour cueillir le contenu entreposé avec soin. Berceau d’odeurs de margotin sec, poussière et d’un pêle-mêle à la même complexité que les différents artéfacts qui ornaient les compartiments, il pencha la tête sur le côté. Les doigts tapotant divers flacons dont le cristal résonna de quelques trémolos.

« Sang de dragon… sang de dragon… répétait-il dans sa barbe, comme une petite comptine oubliée. »

Papille caressant l’ourlet inférieur de ses lèvres dans un réflexe inconscient, l’herpestidae laissa brasiller l’iris alezane de sa concentration. Ecartant un à un ses échantillons pour tomber sur son bonheur avec un intérêt qui illumina le faciès. De nouvelles étincelles dans les orbes brunes qui s’intensifièrent en extirpant quatre petites fioles remplies de liquides marronnâtes.
De ses pattes, il les ramena à sa place de travail en les alignant avec perfection. Maniaque. Soin apporté à les pivoter de façon à faire face aux étiquettes savamment centrée sur la surface amorphe. Targuées chacune de gribouillons ressemblant plus à la houle et ses danses qu’à la moindre science calligraphiée. Il pausa. Un rictus soulignant la commissure droite de la mandibule. Avalant dans l’étirement d’un zygomatique la joue adjacente. Il n’y avait pas à dire, il écrivait vraiment très mal.

L’anecdote pouvait être imaginée fortement insignifiante. Pourtant rythme et virgule au gré des jours du quotidien du mammifère. Incapable de faire des notes de service sans qu’on ne vienne, yeux béants d’incompréhension, l’intimer d’un déchiffrage. Communication difficile aussi avec le Guérisseur en charge de sa formation. Vieux crouton croulant dissimulant mage à la connaissance profonde qui le lorgnait d’yeux cristallins par-dessus de fines lunettes. Le vieillard suppliant régulièrement à la bestiole inférieure d’aller s’enquérir d’une plume à papote pour le suivi des dossiers. Paraissait-il qu’il perdait le double du temps habituel consacré à la tâche lorsqu’il vérifiait les différents traitements de son apprenti. Historique illisible avait-il parfois annoté, décochant un sourire fautif à la jeune âme dont il était en charge. Gêne et excuses polies s’en suivant mais auxquelles le métis ne remédiait jamais. D’ailleurs, il avait remarqué, amusement en bout de trouvailles, que l’homme ne quémandait plus après les bilans de son protégé dernièrement. Pourtant, aucun investissement dans l’artéfact de papèterie, ni fait d’efforts à sa plume étaient à relater. Indice subtil qu’au final son supérieur lui avait attribué sa confiance pour ne plus laisser l’œil curieux juger de son travail.

Award stupide dirait-on mais qui avait ravi le Guérisseur à en devenir. Certain de ses capacités approuvées muettement par l’âme formatrice, ainsi qu’en parallèle de son choix de carrière. Avenir et orientation décidée dans des périodes troubles de fin de Poudlard. Les ténèbres grappillant ses chevilles, le cœur dévasté, mais en corde de sortie la main tendue africaine. Tambour ougandais dont il ne regrettait aucunement la rencontre. Suture de tant de blessures comme moyen habile d’en avoir évité tant d’autres s’était-il rendu compte. Fuite par avance des guerres clamées dans leur violence une fois Dumbledore en terre. Il avait eu la chance de se faire revenant en simple spectateur de la cacophonie qui en résultait. Museau en image du passé portant le crédo de s’annoncer drapeau blanc du corps médical. L’unique combat qu’il estimait au final maintenant comme sa propre guerre. Offrir à chacun les soins nécessaires, qu’ils soient du côté du mage noir, des insurgés en quête de leurs privilèges ou alors d’utopistes convaincus des éclaircis annoncés par le ministère.

En vérité, il avait bien trop d’empathie pour laisser sur le carreau une pauvre âme, de même pour en renier une partie de leur population. Digne héritier de ses ancêtres Sardaigniens, qui à leur image favorisait la solidarité entre gens de leur genre. Après tout, personne ne lui avait rien fait à lui, et même s’il n’ignorait pas que certains combattants n’avaient aucune noblesse à leur curriculum vitae, il avait toujours espoir que la lumière brillerait dans leur âme assombrie. Un être humain assimilé à un tableau recouvert de craie, dont on pouvait effacer la blanche poussière pour y retrouver l’ardoise. Certes, jamais totalement vierge, mais qu’on pouvait quand même moduler. Ré-orner de nouveaux traits pour la festonner d’astres bienveillants.

Sa vision au final du mal et du bien avait toujours été décorée d’angles abrupts. Dents de scies asymétriques mais se compensant pour l’inonder de neutralité. Monsieur en quotidien s’attelant juste à sa profession. La vie ponctuée par diverses sorties, travaux sur sa beauté de bécane ainsi qu’organisations et planning du prochain levé de voiles quand résonnait dans les couloirs de Sainte Mangouste la carotte de jours de congés. Animal intelligent et vif à la stratégie d’enchainer de lourdes et longues journées. Epuisantes pour la plupart, mais libératrices par la suite d’heures à effectuer sur l’addition. Soustraction de ses devoirs bien plus rapide pour vêtir ses pattes de l’accès à la providence de sa jeunesse. Sa mère hurlant dans ses accents latins qu’il allait se tuer à ces rythmes éreintants. Mais à qui la mangouste désobéissait délibérément. De toute manière, personne ne l’attendait chez lui, il n’avait des comptes à rendre qu’à sa propre entité, si ce n’était certes ses géniteurs. Mais là encore, trouvant accord - en cohabitation à son besoin de s’écarter de toutes chaines ainsi qu’à l’amour maternelle étouffant - par l’acceptation de diners ou déjeuners hebdomadaires avec le couple qui l’avait mis au monde. A vrai dire, ayant imposé plutôt cette décision sous le joug de la douce mélodie d’aboiements antipathiques.

Soupir s’extirpant de ses babines, l’animal pencha sa tignasse remontée dans un chignon rapide par-dessus un des bouquins de la réserve du département. Les Douze Propriétés du Sang de Dragon, par Albus Dumbledore. Un traité qui était pris pour Bible depuis le siècle dernier. Certes très intéressant, la reconnaissance de la mangouste sur ce trait ne pouvait s’avérer biaisée. Mais le métis avait aussi pris part à en souligner le caractère incomplet. Cheval de bataille en l’axe de différentes espèces existantes des magnificents reptiles pour établir une réelle échelle égalitaire justement dans les propriétés curatives de chacun notamment contre les allergies ou empoisonnements. Après tout, les races ne se signaient ni de comportements semblables, ni de physionomies équivalentes. Loin de là. Ce qui endiguait sans contexte des natures de vie aux nuances significatives pour fondamentalement prédire qu’un impact véritable serait à comptabiliser sur les propriétés résultantes.

Alors, louchant longuement sur les flacons en sa possession, il ne pouvait pas être plus convaincu de ces différences. Les échantillons pouvant se comparer par leur viscosité ou encore couleur. Et encore, il n’en avait que quatre sur une dizaine : Vert Gallois, Dent-de-vipère du Pérou –petit souvenir de sa dernière escapade en Amérique latine -, Pansedefer Ukrainien et Cornelongue Roumain. Ses travaux d’aujourd’hui étant fruit d’une longue discussion sur ses suspicions avec son formateur dont il avait perçu l’éclat malicieux au travers de la grisaille de ses iris. Solde de la conversation s’apparentant à la quémande à l’âme curieuse de s’essayer. Il était vrai que Dumbledore était un grand homme, mais ses recherches pouvaient encore être étayées.

C’est donc au nom de la science qu’il se mordit les lèvres et commença ses études. Choisissant en premier levier d’expérience le produit du Vert Gallois – le plus courant et moins cher de la région - pour en pipeter à l’aide d’une petite seringue de verres quelques gouttes. Précis dans chaque mouvement. Les arrière-pensées pourtant pullulant du devoir de rassembler le maximum d’échantillons qu’il pouvait avoir à sa portée pour vraiment établir un bon tableau comparatif de ses études. Blasement en façade lui échappant en automatisme. Cela voulait dire aussi devoir attraper des échantillons des Noirs des Hébrides… Il en grogna d’avance.

Se procurer pareil élément était difficile. Conscient qu’il n’aurait de main mise sur un tel flacon qu’au travers de voies plus personnelles et frauduleuses. Par avance le sourire blond d’un camarade le jaugeant avec espièglerie en pensées pour cet appel à la contrebande alors qu’il allait signer le bon de commande. Mais surtout sa fierté quelque peu annihilée de part ce devoir. Genou plié face à cette famille qu’il avait appris à déprécier. Il leur en voulait encore. Ses valises en retour d’Afrique ayant porté la griffe de cette ancre brune aux arabesques dont il se souvenait encore. Hérissement du poil le long de son dos où revenait tiqué au carreau de sa mémoire l’homologue précédente de papier et d’encre de cette surprise. Les deux missives de l’arrachement de son cœur.

Cependant, et même avec du recul, l’animal ne pouvait encore crachouiller laquelle fut la plus poignante. Deux fins, mais les postscriptums et autres clauses du contrat dévoilées seulement dans la seconde. Mettant sous les feux des projecteurs ce jeu perfide avec lequel l’un de ses plus vieux piliers avait joué. Filtre de vérité en prisme pour émettre le spectre d’une lumière décomposée décriant enfin le sacrifice de leur lien dissimulé jusqu’à présent. Mais aussi amputation des ailes de cet ancien ange au nom de traditions grotesques et arriérées. Son père l’avait vendu pour des lois instituées il y avait plus d’un siècle. Et elle s’était laissée faire. Rancune grattant le fond de sa gorge qu’il la racla par automatisme. Tapis de déception où il ne reconnaissait plus l’ancienne la figure d’or du passé. Il ne prit conscience immédiatement de la rage soudaine marquant ses gestes, venant briser dans un excès de force un bézoard. Stoppant pourtant rapidement tout mouvement à la vue à la poudre granitique. Constat de l’accès de colère en transporteur de dégout s’en suivant. Ce qui était fait, était fait ; ça ne servait plus à rien de se ressasser ces histoires. Il devait avancer.

Ce fut alors que le gong sonna. Prenant l’allure d’une petite infirmière ouvrant sans qu’il n’en donne la permission la porte sur laquelle elle venait de toquer. Son visage parsemé de jolies couleurs rosâtres alors qu’elle éclaira la teinte de sa voix.

« Excusez-moi de vous déranger mais, heum… Une patiente vient d’arriver et le Guérisseur-en-chef a demandé à ce que vous vous en chargiez. »

Il lorgna sur l’arrivante, trogne impassible bien qu’en fond bienveillant avant d’hocher la tête.

« J’arrive. »

Mots marquant tout dépôt de ses instruments d’expérimentaliste alors qu’il appela de sa main la robe vert citron à l’écusson de l’hôpital posée sur la chaise de bureau derrière lui. Il détestait cet accoutrement, la couleur divertissant dans ses teintes horribles la petite mangouste. Ainsi débarrassant son dos du tissu dès qu’un retrait était permis dans ses quartiers professionnels. Ses doigts ensuite quémandèrent à une cloche de verre sur l’une des tables voisines de venir recouvrir ses préparations – en prévention d’une pollution par la poussière ou impuretés présentes dans l’atmosphère - avant d’enfiler promptement l’uniforme et évacuer la pièce. Au passage récupérant sa baguette qui trônait sur son bureau.
C’est ainsi qu’il se rendit dans la salle d’auscultation de l’étage. Ses pas tenus dans un certain flegme où il se permettait d’avancer en terrain connu. Chaque visage rencontré receveur d’un sourire ou signe de tête en guise de salutations avant qu’il ne prenne le virage et passe l’entrebâillement d’une porte.

« Bonjour, avança-t-il en réflexe poli. »

Apercevant enfin les exquises esquisses féminines dont une longue cascade ornant avec élégance le dos de la demandeuse de soins. Se tourna ensuite le minois pour lui faire face, où le damoiseau au brun regard flirta un instant dans de grands iris clairs. Découverte de traits à la fois en adéquation avec la beauté du sexe faible mais en arrières teintes d’un vague souvenir sous lequel il tiqua. Sans remettre pourtant exactement l’origine de l’impression. Déléguant cette dernière plutôt finalement à son devoir de soin où il s’approcha tout en faisant invitant de sa télékinésie le bloc note qui coinçait la fiche de patiente de la dame. Constat de ce dernier une fois dans ses mains des informations à moitié complétées par le personnel infirmier. Très bien, certains faisaient toujours aussi bien leur travail, râla-t-il intérieurement.

« Alors, qu’avons-nous là Mademoiselle… il tourna la feuille, puis hocha la tête en ajoutant : Andersson c’est ça ? »


Credits : Gasmask



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Sam 20 Oct - 13:08


O f f i c i n a l i s. flore rebelle Darius G. Belby L'omniprésence des druides était une des seules constantes de la mythologie Celtique. Ils étaient à la fois théologien, philosophe, gardien du savoir, historien, juriste et conseiller militaires. Une multiplicité de casquettes qui les faisaient intervenir tout au long de la vie galloise, en devenant l'unique intermédiaire entre les divinités et les hommes. Si ces croyances passées semblaient contraintes à l'oubli, désuète dans ce monde ancré au réel, hérétique de toute religion, ces vestiges persistaient encore dans les méandres de certains esprits, avide de pouvoir. C'était le cas en Écosse, plus précisément à l'Île de Skye, sa destination du jour. L'archipel du Nord des Hébrides semblait cacher en son sein un mystère intrigant. En effet, nombreuses étaient les visions de moldu désœuvrés, perdus, où légèrement blessés, à narrer la même histoire à partir du moment où ils avaient mis les pieds sur une des pentes verdoyantes de la plus haute montagne du lieu, Fairy Pools. La synthèse des faits était commune : C'était une puissante magie qui était la cause de leur déroute. Un enchantement qui n'était pas sans rappeler les compétences légendaire de la redoutable sorcière, Scáthach Uanaind, dont de nombreuses œuvres évoquent sa possible présence en ces lieux. Guerrière aguerrie, maitresses es magie, les littératures anciennes étaient unanimes, ses capacités étaient tels qu'elle fut déifiée, rejoignant ainsi le panthéon gaéliques. Hors, la répétition excessive de ce schéma, inquiétant, finit par pousser Gringotts à mener sa petite enquête, pour conclure sur la possible découvert de sa sépulture. Une promesse pleine d'engouement et de possibles richesses. Alors, derechef, les gobelins avaient décidé de dépêcher une équipe sur place, un duo dont Snejana faisait partie, ainsi qu'une jeune probie, encore toute tremblante, répondant au doux nom d'Ellena.

Une mise en paires qui avait fait décroitre son optimisme. Habituée à exercer à sa guise, la brune avait finit par apprécier sa solitude, toute relative, et sa liberté d'action. Un point dont elle ne pouvait plus jouir en sa compagnie. Sa magie se voyait donc cloisonnée, emprisonnée dans ses filigranes sombres qui ornaient sa carne. Celle-ci devrait se contenter de jaillir aux travers d'un catalyseur boisé, vaste retours en arrière, souvenir de Poudlard. Tant pis, elle ferait avec. Elle n'avait pas le choix. Sachant que son associée n'avait rien demandé à personne, elle ne pouvait lui en tenir rigueur. Le duo cent pour cent féminin prit donc la route, pour atterrir aux abords de ce point culminant, par l'entrefaite d'un portoloin, savamment dosé par les représentants de la banque. Retenant l'élan nauséeux remontant du tréfonds de sa gorge, l'euthanatos se redressa de toute sa splendeur, l'œil aux aguets. À partir d'ici, tout était à observer avec prudence et minutie. L'inconnue leur faisait face, la duplicité des enchantements aussi. Parce que si son tombeau se trouvait réellement dans les environs, les difficultés qu'elles allaient croiser ne feront qu'empirer dans une spirale infernal, une montée en puissance inéluctable. Reprenant ses esprits, tout enserrant d'un geste expert sa baguette entre ses doigts, 'Jana porta son regard vers l'océan. La vue était splendide, impressionnante. La verdure était si luxuriante que la seule image qu'évoquait ce paysage était celle d'une forêt sauvage. Les falaises, la mer, les courants maritimes, tout y étaient. Autant dire que leur progression fut ardue jusqu'aux premiers sortilèges. Rien d'extrême, juste des classiques tels le repousse-moldu et d'autres sécurisations de bases. Une aisance presque décevante. Une désinvolture nonchalante qui aurait dut lui mettre la puce à l'oreille....Enfin, après moult chemins sinueux, elles approchèrent de ce qui devait ressembler à un pan de murs, complètement envahis de lierre. La faune y était d'ailleurs exubérante, presque trop. Un détail qui ne fit tiquer qu'elle, sa coéquipière étant occupée de déboiser l'ensemble à coups de sortilège cuisant. Comme si cela allait la sauver. Déprimant. Désespérant...

Un coup de coude dans les côtes et Snejana montra la première piste. Une légère brèche se dessinait dans cet amas rocailleux, juste derrière la couche végétal. L'ancienne rouge et or venait de trouver la faille. Parfais. Ne prenant garde, elle voulut écarter les branches d'un coup de main. Grave erreur. Immédiatement, une douleur proche de la brûlure au fer rouge irradia de sa main, tout en venant électrocuter ses nerfs. La décharge se répandît dans ses veines, aussi vivaces qu'un feu ronflant, lui arrachant une bribe de cris. Saleté. Par Morgane qu'elle détestait les plantes. Bien trop occupée à ramener sa cadette à la raison, elle n'avait pas pensé à l'évidence : Un piège! Voilà pourquoi elle aimait composer seule, elle n' était pas dérangée! Elle aurait du le voir venir, elle aurait dut comprendre que cette protection végétale était plus retords que prévus. Une erreur de débutante et elle venait d'en faire les frais. Enserrant sa paume droite, elle pressait la mâchoire, espérant la dissolution de ces élancements, en vain. Décidant de ne pas y prendre garde, têtue maintenant que le but était en ligne de mire, un sortilège coupant vint sectionner la racine de ces fausses lianes, les faisant choir au sol, inoffensive verdure. La blonde s'enquit de son état, cependant seul le silence lui répondit. En proie à la douleur, elle était de mauvaise humeur. C'était sa faute. Un geste rageur de la tête, la poussa à avancer, à pénétrer à l'intérieur. Elle s'y élança avec un entrain débordant, proche de la stupidité. Voulait-elle vraiment mourir ?  Usant d'un aplomb dont on ne croyait pas ce corps frêle capable, elle la bloqua nette, d'une poigne féroce, main de fer dans un gant de velours, la sommant de prudence. Une novice pour une piste aussi excitante, s'était bien sa vaine... Tentant d'ignorer les remoud de pulsions qui agitaient toujours le creux de sa paume, elle s'avança à son tour, prête à affronter ce nouvel environnement hostile. Ses iris noisette papillonnaient en tout sens, regardant chaque détails de la caverne. La grotte était humide, des filets d'eau suintaient des murs sans discontinuer, rendant le sol glissant, presque inadapté à la marche. Des parpaings de granite jonchaient les murs, ils étaient élimés à outrance, prêt à transpercer la chaire ayant la malchance de s'y frotter. La mise en garde était claire.

La lenteur était de mise. Ce fut finalement un sigle runique qui agrippa ses pupilles. La rune ᚢ urus était cachée dans le noir, profitant des recoins sombres. Elle étaient reliés avec d'autres : ᚲ kenaz et ᛉ Algie. Les sens avaient beau être double, ce triangle magique, érigé dans la glaise, était une véritable menace, un danger mortel. "Ne fais pas un pas de plus !" Sa voix avait muté en ordre, sa main venant agripper sa robe. Geste instinctif qui fit contempler le désastre de son être à Ellena. "Merlin ta main. Snejana, qu'est-ce qui t'arrive?". Obligée par la blonde, son attention se reporta vers sa main, ne pouvant que constater le poison à l'œuvre. La majorité de ses veines avaient prit une teinte noir. Eh merde. La toxine avait envahis son corps, remontant lentement, au gré de ces battements, vers son cœur. A ce stade, ce supplice bullant n'avait atteint que son poignet, mais la suite était courue d'avance, rendant l'épreuve de plus en plus difficile à ignorer. Son visage, pourtant, était exempt d'émotion. 'Jana ne se laisserait pas arrêtée par cette malchance. Il n'en était pas question. À chaque piège déjoué, elles s'approchaient du but, alors sa blessure attendra. Préférant ne pas répondre à l'interrogation de son alliée, elle jeta un morceau de bois, qu'elle avait fait léviter, vers l'espace placer juste devant la briseuse de sort, lui prouvant son erreur première, montrant le destin qui aurait pu être le sien. A peine, l'écorce franchissait-elle cette ligne invisible qu'il fut purement et simplement réduit, anéanti, désintégré. L'effet fut escompté car la surprise, le choc et la peur de mourir dilatèrent les prunelles de la jeune femme. Lui donnant un air paniqué, bien loin de celui assuré que requérait leur métier. Elle ne l'avait pas vu venir et Snejana lui montra les runes. "Il va falloir les contourner. Scatasch, dans les légendes celtes, était une puissante magicienne. Il ne faut pas la sous-estimer." Effacer les runes aurait put être une solution, mais cela ne suffirait pas, elle supposait que les écrits étaient protégés. Essayer de les détourner était la technique la plus viable, il ne restait plus qu'à comprendre comment.

Mais malgré ses efforts, il lui était impossible de rester concentrée sur ses plans, dessiné dans cette poisseuse boues. Ses cours de runes anciennes avaient beau repasser en boucle, ainsi que ces connaissances, la douleur y faisait toujours irruption. Le mal avait atteint son coude et elle n'avait nul besoin de regarder pour savoir que la couleur noirâtre en était à la même hauteur. Son bras droit avait même commencé à trembler de manière incontrôlable, des impulsions qu'elle ne pouvait refréner, à son grand damn. Ses soubresauts devenaient visibles, faisant augmenter d'un cran l'inquiétude d'Ellena, qui la poussait à rejoindre Sainte-Mangouste, au plus vite. Une requête impossible, elle la refusait en bloc, continuant de nier son besoin urgent de soin. Le poisson attendra. L'euthanatos ne voulait pas rejoindre l'hôpital pour la même raison qu'elle réfutait l'idée de remonter sa manche. Ces tatouages y étaient logés et les questions pourraient rapidement devenir gênantes. Si elle n'avait aucune honte à faire partie de cette classe restreinte, elle n'avait guère envie d'essuyer foudre et critique. Surtout après les remouds engendrés lors de la soirée ministérielle, où ses compatriotes de cultes avaient été payé pour semer le trouble. Alors le temps passa et bornée comme pas permis, elle finit par trouver le moyen de dérouter l'enchantement, de créer une légère brèche dans cette magie, d'avancer jusqu'au prochain défis. Malheureusement pour elle, elle avait de plus en plus de mal à bouger son côté droit. Le feu brulait jusqu'à sa carotide, attaquant sa clavicule. Sa souffrance transperçait dans ses actes, la preuve de trop pour la blonde. Profitant de sa capacité de réaction amoindrie, elle la prit par surprise et transplana à Londres, Sainte-Mangouste. Plantée au beau milieu du service d'admission, pâle comme un linge, la sueur perlant de son front, Snejana n'était pas au mieux de sa forme. La fièvre la gagnait. La bile était dans sa gorge, ses jambes ne portaient plus son poids, transplaner lui était toujours aussi horrifique, qu'il soit d'escorte ou non...

Elle la détestait. La colère pointa des ses iris dans une menace à peine voilée. Comment avait-elle osé passer outre son autorité? La cadette préféra ne pas rester, prétextant devoir prévenir leur supérieur hiérarque, la laissant seule. Qui plus est, elle ne pouvait plus reculer, la femme de l'accueil l'avait en ligne de mire. Voyant rien qu'à sa posture stoïque, coincée, que quelque chose clochait. En un rien de temps, elle se retrouvait acculée par une myriade de question et sans avoir eu le temps de dire Quidditch, un médecin avait été quémandé. Ne se départissant pas pour autant de sa fierté et de son ego, elle se redressa fièrement sur ses jambes. Reprenant contenance, 'Jana pouvait encore être impressionnante. Seule son flanc droit, parfaitement immobile et une légère crispation de sa mâchoire, faisait comprendre le calvaire interne contre lequel elle voulait lutter. Elle avait bien essayé de se soigner par sa magie, de faire appel à ce don couvrant son derme, en vain. Elle détestait la botanique, et de toute évidence, celle-ci le lui rendait bien. Peut-être aurait-elle du voir que ce qu'elle avait pris pour du lierre, n'était qu'une version de la plante vénéneuse plus connue sur le nom d'Ellébore? Mais cela n'avait pas été le cas. Coincée, prise au piège, ayant déjà des arguments sur le bords des lèvres, elle fut surprise quand une voix masculine, pourtant chaleureuse, s'adressa à elle. Un vague souvenir sembla émaner à son esprit, ancien, vieux et pourtant bien vivace. Sa réflexion était en route. Néanmoins, mu par un réflexe millénaire, telle la clochette pour le chien de Pavlov, la brune avait fait volte-face, pour lui tendre la main, la politesse faisant.

-Bonjour.

Nouvelle erreur, ce geste lui étira une grimace, avant de bloquer sa bienséance. Ça devenait de plus en plus intenable. Ses prunelles accrochèrent sa silhouette, élancée, agréablement masculine, avant de remonter jusqu'à ses traits fermes, la naissance d'une barbe et sa chevelure étirée. Un physique qui lui fit, l'espace d'une fraction de seconde, froncer les sourcils. Sans savoir pourquoi, l'image d'un garçonnet dansa sous ses yeux. La ressemblance était frappante et probablement concordante, si elle prenait en compte qu'il avait changé, vieilli, tout comme elle. L'employée de Gringotts ne finalisa pas sa réflexion, se faisant prendre au piège de sa seconde question. Celle-ci l'arracha à son introspection, la forçant à se raccrocher à la réalité : La Douleur...

-C'est exact... Eh bien, je crains avoir côtoyé une plante beaucoup plus vicieuse que je ne l'aurais cru, Monsieur...?. Tentative comme une autre de savoir qui lui faisait face, d'avoir au moins le privilège d'user de son patronyme. Je ne sais malheureusement pas vous en dire plus, mis à part que la douleur est lancinante..

Aveux de faiblesse initié, sa résistance commençait à s’effriter. Alors lentement, le geste lui coutant, l'élégante brune releva sa paume, laissant entrevoir au médicomage toute les nuances d'ébène incrustés dans sa peau. L'effet charbonné des sillons sanguins donnait au reste de son bronzage, un air cadavérique, inégalé. Pour une fille partageant du sang nordique, c'était presque un euphémisme. L'équité de son timbre pouvait être déstabilisante, mais elle refusait de montrer plus de faiblesse. Pour être parfaitement honnête, la brune ruminait le sale coup que lui avait fait sa collègue, elle n'espérait d'ailleurs qu'une seule chose, retourner au plus vite sur cette piste brulante de ces légendes celtiques. Aucun défi ne lui avait résisté et si nombreux avait été ceux à l'avoir mis aux défis -et au tapis-, il avait tous finit par céder sous ses assauts répétés, celui-ci en ferait tout autant. Ce n'était pas la cigüe dans ses artères qui l'arrêterait. Elle était tenace à outrance, un véritable danger. Baissant sa paume, la ramenant contre sa hanche, elle regardait le médecin avec attention. Elle ne pouvait plus reculer, mais étrangement, elle était surtout intriguée par cette impression persistante de déjà-vu. Sa voix, son être, son attitude, tout allaient dans le même sens, aiguisant sa curiosité, la faisant docilement le suivre.

©️ Justayne

2379 mots

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Dim 21 Oct - 19:33
O f f i c i n a l i s. flore rebelle
ft. SNEJANA C. ANDERSSON
« En effet, on ne peut pas dire que vous ayez la main verte. » ▬ DARIUS.

L’éclat d’Aphrodite se déforma d’apparents reflets de peine. Bref. Retenus dans leurs premières ébauches. Mais éphémère capté de son acuité affinée. Bistre latin en tiquant. Il en conclut. Fille d’Eve pudique ou sévère sur les failles de sa carcasse. Petit laisser-aller en leçon. D’apports au schéma de son cahier des charges. Elle avait mal. Evidence décriée mais déjà calculée par sa présence sous le halo sacré des Mangoustes. Hôpital allié du Guérisseur. En ajout d’un point novateur : ne pas la brusquer. Rien n’était pire qu’un patient peu coopératif. Etoffe féminine aux soieries à l’honneur de son genre, ainsi qu’au tempérament alcide. L’expérience italienne savante assignant au protocole d’approche le besoin de gants de velours sur pattes de petit bagnard. Il se refusa pourtant à rendre la politesse. Cherchant du fond de ses cordes le timbre le plus chaleureux, ni jugement dans les pupilles ou sur faciès. La paume tendue en sa voie, signe d’ajournement poli :

« Ne le prenez pas mal, mais si c’est cutané je préfère ne pas être contaminé par mégarde. Ce ne serait pas très productif. »

En ses jours alcyoniens, l’herpestidae mena sa barque au vis-à-vis. Acquiescement de la barbe au récit qu’il compléta en temps voulu de son patronyme :

« Belby, guérisseur-stagiaire. »

Détaché en forme et surtout loin de toutes surprises suscitées par les nouvelles. L’art botanique restait une niche. Peu d’initiées avaient la capacité d’évaluer toute flore en contre-bas de leurs sentiers. Menant malheureux ignorants à agrandir les rangs de sa patientèle. Métis en simple avocat d’accusé qui défendait et guérissait dans le procès face à la sage science. Curatifs pouvoirs en plaidoirie. Au moins, dans le cas de la nymphe militaire il avait avancé d’une case : la nature de l’agresseur. Pas d’étrange concoction, mais frondaison belliqueuse dans le box. Maintenant était à établir le profil exact du curare.

Moment opiné pour la malade de présenter ses dermabrasions. Les œillades prolongées alors vouées à la partie endolorie menant à l’amputation sans délai du panel des potentiels acteurs pathogènes. Sillons sanguins déguisés de noir, douleurs invoquées même par d’infinitésimaux remous. L’essence d’un maléfice végétal particulièrement spécifique en marquage. Signature d’anciennes traditions. Quelques notes de bagpipe s’élevèrent au-devant des sols des tourbières.

« Pourriez-vous me dire où vous étiez ? »

Osant un bref détour aux perles de noisettes. Le doute à la curiosité en cigüe. Si les suspicions étaient exactes, la beauté humaine avait tenu poigne à rareté sauvage. Intrigué de cette rencontre que lui-même n’avait eu l’occasion de faire qu’une unique fois, dans des végétations reculées de toute activité humaine. Sauvages plaines et sapinèdes ceinturant les enclos des majestés Noirs des Hébrides. Le fils d’argent de souvenirs gambadant, aux reflets d’or et de marbre. A croire que ces bêtises le poursuivraient toujours.

L’incertitude pernicieuse l’intima de vérifications. En claquement de l’index par son frère, l’appel d’une assise trônant jusqu’à présent dans un coin. Sans l’urgence de sa baguette.
Il s’assit aussitôt que la ferraille eut grincé de nouveau sur le carrelage. Alluvion de son propre postérieur sur le bois pour parquer sa vision à hauteur des phalanges meurtries. Il était devenu presque naturel pour lui, connaisseur de la fourmilière et de ses antichambres, d’invoquer de par ses dons quelqu’objet que ce soit. S’ignorant de tout étonnement à son don. L’offrande de son intérêt entier aux givrures de carbone. L'examen s'étira.

Mais évidence en dictature, confirmation s’abattit. Les escients druidiques drapés des plus beaux apparats flirtant avec ses iris. Fascination du botaniste dans son cœur. Le beau buisson de Cliodna.

« Selon toute vraisemblance vous avez croisé un plant de Rosée-de-Lune. Une ancienne variété plus être précis. Très utilisées par les druides à l’époque, et botanistes et potionnistes expérimentés de nos jours. Je dois avouer être surpris d’ailleurs. Ces espèces ne supportent pas les pollutions moldues. C’est d’ailleurs pour ça qu'il est plus courant de trouver des spécimens plus résistants qui sont utilisés dans l’élaboration de Philtre de Mort Vivante en contribution à l’endormissement. Un curare encore peu puissant mais qui, comme vous pouvez le constater, dans d’anciennes versions était plus… agressif. »

Cessation. Le smalt tâcha le parchemin étiquetée du blason de la néréide, avant un renvoi rapide de l’administratif à la table d’auscultation plus loin. Propulsant ensuite sa masse sur ses pattes arrières. L’ondoiement lime de sa robe en accompagnateur. Play pressé pour que le barrage de ses dents cède à la prose d’épistémès. Bien qu’il n’y avait pas foule à ses printemps, le guérisseur prônait l’honnêteté sur le cas de ses malades. Rassurer les vies postées sur l’échiquier des stratégies opératoires. Il leur devait au moins ça. Glissant dans les lettres la prévention à leurs maux.

« Si vous avez mal au moins mouvement c’est à cause des feuilles et épines de la Rosée-de-Lune qui sont recouvertes de petites organites. Des sortes de microscopiques aiguilles hypodermiques pour faire court. Et qui contiennent du venin. Un mouvement et la cellule se brise. Je vous déconseille donc de bouger la partie infectée au risque de juste plus vous contaminer qu’autre chose. Ni de toucher quiconque pour le moment. »

S’introduit alors la convenance d’une modèle favorisant asepsie avant guérison, sans quoi ils accouraient de Charybde en Scylla.

« La plante a-t-elle touchée que votre main ? Je sais que ça peut paraitre très intrusif mais il faut retirer toutes les organites, sans quoi le traitement anti-poison ne servira à rien. Au premier mouvement vous allez vous ré-empoisonner. Surtout que ce venin est malin et se repend comme de la poussière derrière une fée à travers votre système sanguin. »

A l’image de ses mots, il suivit de son auriculaire le chemin du marbre bigarré. En garde ne serait-ce que d'effleurer la surface. Ébène contagieux à contenir de toute urgence. Nécessité alors d’un garrot au minimum, bien qu’il avait encore à juger de la propagation des toxines. Les phalanges élancées au carrick de sa souffrante.

« Et… il me faut un accès au haut de votre bras. Observer jusqu’où le poison a déjà filtré. »

Toute débauche en exil de la trogne, sous le règne d’impassibilité. En quête de sa confiance. Des corps il en avait vu, mais par sa pudicité toujours non révolue, il conservait l’idée que ce n’était pas dans les généralités. Dévoiler sa coquille à un parfait inconnu pour ne pas être mince affaire. Délicate demande. Surtout dans leur configuration. Lui homme, elle femme ; et loin des moins charmantes.

« Je peux ? »

L’approbation primordiale à son éthique. Après tout, on ne déshabillait pas les hyades sans consentement.


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Sam 24 Nov - 17:53


O f f i c i n a l i s. flore rebelle Darius G. Belby Digne représentante des plus anciennes émotions animales, la peur était universelle. Ce sentiment oppressant d'angoisse, cette appréhension face au danger, se manifestait toujours de la même manière : Hausse du rythme cardiaque, écarquillement des yeux, cris et sueurs froides. Cela pouvait même aller jusqu'à la paralysie, voir l'évanouissement, dans les cas les plus extrêmes. Autant dire que l'apparition de l'un où l'autre de ces signes physiologiques ne trompait personne, surtout pas dans le milieu hospitalier. D'ailleurs, Snejana ne pourrait le nier, bien au contraire, vu que lors de son arrivée, involontaire, à Sainte-Mangouste, elle en arborait une belle panoplie. De quoi mettre la puce à l'oreille à l'intendante qui s'était chargée de la prendre en charge, croyant que sa panique première n'était dû qu'à un état de santé légèrement dégradé. Une erreur. La brune n'était en rien phobique concernant les représentants des blouses médicales. Oh que non. Sa seule source de frayeur se révélait être le mode de transport qui l'avait amenée dans ces locaux : Le transplanage. Depuis l'école et son désartibulage, elle en avait une sainte horreur. Rien que le faite d'en parler finissait par lui provoquer la nausée, c'était au-dessus de ses forces. Ici, la conjureuse de sort n'avait pas eu le choix. Sa collègue avait pris les devants et ses responsabilités, pour l’amener de force à se faire soigner, tant elle voyait son attitude crispée, se détériorer. Si elle avait su le camoufler au départ, maintenant ce n'était plus possible.

Le carcan dans lequel elle souhaitait enfermer ces lancinantes douleurs se disséquait au rythme de ses pulsations. Son bras droit était immobile, alors que la jeune femme devait reconnaitre son échec, face à cette cigüe envahissant ses veines. L'algie était pointue et pourtant, au lieu de remercier Elena pour sa jugeote, "Jana la fusillait du regard. Abandonner, baisser sa garder, poser un genou à terre n'était pas dans son habitude. Férue d'histoire, acharnée suicidaire, il n'était pas question de perdre du temps, elle voulait continuer, en vain. La standardiste ne lui avait pas laissé choix, requérant avec rapidité les services d'un medicomage passionné. Tentant de faire bonne figure, l'ego ressortant aux galops, son mètre soixante-cinq se redressa, tout en lissant son visage. Sa mâchoire crispée et son côté immobile devenaient les seuls dépositaires de son désarroi. Distingué malgré tout, le réflexe de bienséance prit naissance dès l'arrivée de son nouvel interlocuteur. Sa main s'était avancée avant de se bloquer, tant le geste semblait éprouvant. Sa clavicule était en feu et la grimace n'échappa à son œil expert, elle passait au crible. Prenant conscience de sa possible contagion, elle hocha la tête, alors que son côté observateur prenait le relais, accrochant sa silhouette pour l'imprimer à son esprit. Sans vraiment savoir pourquoi pas, le médecin faisait comme un rappel au passé, il lui disait quelque chose. Curieuse de cette ébauche, elle chercha à en savoir plus. Belby. Belby, où l'avait-elle déjà entendu?! Une poussée plus forte qu'une autre, ramena son attention, la faisant répliquer par automatisme de cette voix assurée, qui collait assez bien à cette apparence froide, du premier avis.

-Enchantée.

La formulation n'était pas tout à fait exacte, l'intention sous-jacente, elle, était par contre bien réelle. Ne pouvant plus faire machine arrière, placée au pied du mur par un binôme fuyarde, elle trouva le moment opportun pour montrer la raison évidente de sa présence : Sa main. Après tout, plus vite ceci serait fini, au plus vite elle retournerait en chasse des merveilles celtes et du tombeau de Scáthach. Relevant son dextre, l'euthanatos montrait les dégâts. Sa paume était striée de sillons noirs, agité de tremblement incontrôlable. Des soubresauts désagréables et électriques. Se drapant de décence, elle le suivit dans une cabine éloignée, alors que la question de sa provenance arrivait sur le tapis. Pour la néophyte en botanique qu'elle était, elle avait presque du mal à comprendre le lien. En effet, il était difficilement imaginable pour l'ancienne Gryffondor qu'un simple coup d'œil puisse apporter le diagnostic de son affliction et pourtant, sa question prouvait le contraire. Auquel cas, son charmant vis-à-vis lui aurait plutôt demandé des détails sur cette mystérieuse et indigeste plante. Horribles végétaux. Confortablement assise sur la table d'auscultation, elle se laissa aller à la confidence. La mission était peut-être sous-scellée au sein même de la banque Gringott's, ce n'était pas pour autant qu'elle devait garder le lieu comme un secret éternel. Rien ne signalerait dans quelle optique elle avait arpenté ces terres.

-J'étais sur l'ile de Skye dans le nord des Hébrides. Ce n'est pas très loin de l'Écosse. Un paysage magnifique et luxuriant, presque sauvage dans les zones reculées. C'est à voir, vraiment.

Sa réponse aurait convenu à un novice en géographie, elle ignorait qu'elle commettait là une erreur imparable et qu'il n'avait besoin de ses détails. Devenu curieuse, Snejana n'osait plus bouger. La position immobile en devenait pourtant harassante et énergivore. Tous ces ligaments tendus à l'extrême faisaient pâtir leurs compagnons de galère, rendant toute démarche d'échappatoire inutile, ce ne serait que futile souffrance. Acceptant sa réponse, le jeune medicomage s'absorba à sa tâche, en conjurant un siège, sous son regard ébahi. Magie sans baguette ? Était-il adorateur d'un autre culte que celui d'Hermès, ou juste un habitué à cette manière de faire? La diversion devenait une véritable récréation pour son esprit, saturé d'informations, mais malheureusement pour elle, l'entourloupe n'était pas faite pour durer. L'introspection du brun se clôtura, elle aussi, le poison était apparemment identifié. Statufiée, son regard noisette venu agripper ses pupilles, alors que l'inconnu résonnait sous son crâne. Madame Chourave pourrait lui en tenir rigueur, pour ne pas changer, mais Rosée-de-Lune, ça ne lui disait rien. Eh si tel était le nom de cet agresseur verdâtre et bien au vu de ces répercussions salées, il ne méritait point une appellation aussi douce. Quelle ironie. Néanmoins, Belby, vu que c'était tout ce qu'elle connaissait de lui, obtient son entier et total intérêt en expliquant plus précisément la variété et son utilisation de l'époque. Une plante druidique extrêmement ancienne, collait tellement à l'archimage déifié que s'en était troublant. La piste était tellement brulante qu'elle aurait bien sauté en bas de sa place, pour y retourner, quitte à y laisser un bras.

-Sauf votre respect, Monsieur Belby, j'aurais préféré éviter de croiser son ancienne version. Sa voix se voulait impassible, imperméable au tourment de son être, mais son souffle légèrement saccadé, sortant trop rapidement, exprimait à lui seul les failles grandissantes de son organisme. La lutte devenait inégale entre son esprit inflexible et son corps, le second l'emportait. Néanmoins, vu que vous semblez passionné par ses propriétés, je pourrais vous en amenez un sac rempli, si vous le souhaitez? J'ai malheureusement dû faire plus de dégâts sur ce plant que l'ensemble des moldus présents.

Un fin sourire se dessina sur ses lippes, relevant le coin de ces lèvres. Son visage était toujours pâle, hermétiquement fermé, mais la touche d'humour voulait se dessiner sous le masque. Les gobelins se moqueraient éperdument de ces végétaux et de ses propriétés recherchés, à moins de savoir en faire de l'argent, alors venir les lui donner ne la dérangerait pas. Tout tant qu'elle mettait à jour ce célèbre tombeau! S'en était devenu une priorité et elle irait jusqu'au bout. Rassuré par son développement clinique, il prit les choses en mains, tout en se redressant. L'homme lui expliqua la raison de ces violentes trépidations : Des minuscules aiguilles. Celle-ci avait transpercé sa chair et couru le long de son derme, ce jouant de ces nerfs et usant de son sang et de ses mouvements comme vecteur de dispersion. Du coup, sa collègue lui avait surement sauvé la vie, dans le sens ou a moins d'être incapable de se mouvoir, la brune aurait continué vaille que vaille. La dangerosité de ces passions était équivoque. Mais ne pas bouger était une plaisanterie. Elle avait visiblement été à l'encontre de toutes les règles de soin avec cette Strychnine....Eh bien s'il devait retirer chaque organiste, un à un, merlin, ils allaient y passer la nuit. Consciente pourtant de la nécessité de ne pas omettre de détail, elle prit une seconde pour réfléchir, avant de reprendre la parole.

-Eh bien dans ce cas, je redoute de devoir vous annoncer que je n'ai pas écouté vos conseils. Enfaite, je serais toujours là-bas si on ne m'avais pas fait transplaner dans vos locaux. Autant dire que je n'ai cessé de bouger mon bras qu'au moment où ce geste était devenu trop dispendieux. Le ton était donné. Par cette explication, il devait comprendre que cela ne se limitait pas à sa main. Je ne crois pas l'avoir touché avec autre chose que ma main droite. J'ai marché dessus, mais je pense que mes semelles sont suffisamment épaisses que pour avoir évité l'infection. Par contre, j'ai retenu quelqu'un en l'attrapant par le bras. Croyez-vous que cela aille pu transpercer la barrière de ses vêtements?

Oh sur ce point, elle ne s'inquiétait par pour elle. Si elle arborait toujours des vêtements sombres -que nombres prennent pour de l'excentricité-, ils avaient bien d'autres utilités, outre celle de camoufler les stigmates de son appartenance au mouvement euthanatos, comme de la protection. Son regard se posa sur sa main, écrin blanchâtre griffé au charbon. Ses pupilles agrippèrent à nouveau ce faciès agréable, alors qu'il signalait avoir besoin d'un accès à son bras. Voici donc arrivé le moment le plus redouté, la raison pour lequel un passage à l'hôpital sorcier était devenu calvaire. Si elle remontait ses manches, il allait voir les marquages de son passage initiatique. Ces entrelacs gravé jusqu'à dans sa chair, l'étui de sa magie, le vrai et non celle émise par le biais d'une baguette magique. C'était personnel et inquiétant, surtout après tout ce qui s'était passé au ministère et la fuite de l'exécuteur de la jeune Malefoy.

-Au vu du feu brûlant au niveau de ma carotide, je dirais tout le bras. N'y a t-il pas un moyen plus efficace et rapide que de retirer ces aiguillons, un à un ?

Gagner du temps était sa seule et unique option. Il ne paraissait pas méchant, il était même charmant, ma foi, sa réponse n'y coupa pas, il en demandait plus. Sa mâchoire se crispa et son regard partit un peu plus loin. Elle avait l'impression que toute sa peau tressaillait d'un seul geste, que la magie venait à serpenter comme une protection inutile, tout en remontant le long de sa colonne vertébrale. Elle respirait à fond, retenant une grimace, espérant ainsi se calmer, la calmer. À tous les coups, il allait la prendre pour une prude à l'esprit fermé. Merlin seul sait à quel point il serait loin de la vérité. Simplement, il y avait une différence entre des gens déjà bien trop prit dans ces filets que pour s'en inquiéter et un esprit aiguisé, prêt à scruter la moindre parcelle de son être. Tant pis, elle n'avait pas le choix, encore une fois.

-Je vous en prie...

'Jana ne pouvait faire autrement, vu qu'elle était contrainte de ne pas bouger. Son regard l'observait, anticipant ces prochains mouvements, alors que son esprit, lui, fonctionnait à toute allure. Éloigner les pistes, ne pas le laisser se fixer sur ces spirales, arabesques et autres dessins abstraits, à tous non initiés, qui allaient s'inscrire sur sa peau, semblait devenir une autre possibilité, l'unique. Surtout que celles-ci prenaient naissance à la fin de son poignet et remontaient vers son épaule, en serpentant. Ils disparaissaient ensuite dans son dos et vers son torse. Se forçant à l'immobilité, dans une situation qui pourrait à bien des égards être équivoque, sa réflexion en profita pour continuer son manège. Refusant de lutter contre elle-même, elle laissait les images de ce garçonnet venu de nulle part lui revenir, tout comme sa voix. Difficile pourtant de s'y accrocher tant elle devait avoir muté par rapport à sa verve enfantine. Pourtant, maintenant qu'elle le voyait de si prêt, il ne devait pas être beaucoup plus vieux qu'elle, il devait même être dans sa tranche d'âge... Il était apprenti, c'était donc possible. Ses sourcils se froncèrent.

-Je sais que c'est totalement hors contexte, mais je suis certaine que l'on s'est déjà rencontré quelque part. Dans quelle maison étiez-vous à l'école ?

Comme la majorité des étudiants anglophones se retrouvaient affiliés à Poudlard, il y avait beaucoup de chance qu'il y aille fait ses classes. Puis qui sait, découvrir sa maison d'appartenance pourrait l'aider à provoquer le déclic et à raviver sa mémoire. Bien que sur ce point, l'élément le plus probant serait sans doute d’obtenir son prénom. Mais ils restaient deux inconnus et ce n'était pas vraiment le moment de le déconcentrer. Quoique, si il devait vraiment passer son temps à retirer ces micro-aiguilles une à une, ils allaient avoir l'occasion de ressasser leur souvenir scolaire.

©️ Justayne

2129 mots

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Lun 26 Nov - 21:58
O f f i c i n a l i s. flore rebelle
ft. SNEJANA C. ANDERSSON
« En effet, on ne peut pas dire que vous ayez la main verte. » ▬ DARIUS.

Opale de patientèle irisée sous divergentes nitescences d’idiosyncrasie. Du cornichon rabougri et son acrimonie enfantée pour toutes syllabes, à l’agouant hypocondriaque piailleur élucubrant après une feinte faucheuse. Singulier éventail exhaustif auquel ne s’escamotait l’Artémis trempe. Colonel de ses maux. Cependant papillon militaire dont élytres s’estropiaient par catalepsie. Plaques chitineuses striées de nègre. Onction de curare à l’obole de carnassière phlogose. L’opiniâtre Amazone sous son panache bien que félonie de diathèse n’apostasiait d’équivoques. Alors précepte sanctifia l’animal : ne la rudoyer d’aucune manière.

En revanche, étymologie de l’acariâtre échauffourée glanant fiel typhon de bile. L’olympien placide muchant une belliqueuse exacerbation. Accointance muée au stoïcisme. Ces îlots en thésaurus du prodige de leur planétoïde. Bottin de pétulants herbiers et bestiaires. L’abondance de tant clavé dans d’agrestes scénographies. Inhospitalières, en majorité. Apologue catéchisé aux dépends de la marquise.

Branlement de trogne pour euphonie à ses cloches. L’écueil n’ôtait l’éclat des abîmes. La mangouste guère pourvue de tant de mauvaise foi. Chuintement oignit ses lippes :

« En effet, à voir. Mais où il ne pas trop aller n’importe où au risque de tomber sur un Noir des Hébrides ou une Acromentule. Les locaux sont en général assez cruels, si vous voyez ce que je veux dire. »

Mais elliptique trop absconse pour trappeuse. Acescence en hétéroclites louages envers anhélation des museaux brasillant. Dépiautant trop docile archange. Les écailleux contre dot des rictus et de ses songes.

Cependant sacerdoce d’Asclépios hucha sa clinique. Salvateur immatriculant l’inusité chancre. Exceptionnel relique celtique. Des vestiges de trépassés escients. Désuets pour l’examen de la pluralité. Pourtant almanach du parfait arpète botaniste ou dévot des mixtures.
Riposte de cacochyme tanagra d’où se rocoua sa truffe de rictus.

« Personne ne voudrait tomber sur un plant pareil, je vous rassure. Quelques férus de botanique ou des vendeurs vénaux peut être, et encore j’ai quelques doutes sur cette seconde option. »

Acuité de bistre s’alloua à l’égrotant thorax. S’en suivit adjuration du turbin de panacée. L’armoirie de longanime allure au buste d’herpestidae. Scient de son pensum. Ne crosser guère le lustre de l’élégance. Ainsi farda notification par assaut de rictus redevable sur ses babines.

« Si cela ne vous dérange pas ce serait un véritable plaisir de pouvoir les étudier. Il s’avère que votre malchance ravirait toute une communauté de botanistes expérimentés. Brocard dont bagnard assagit sa gausserie. J’en connais même certains qui s’efforcent d’en faire pousser depuis des années. Mais échouent. Les conditions environnementales nécessaires sont à l’heure actuelle très difficiles à obtenir. Notamment le fait de faire évoluer le plant dans un espace hermétique à toute pollution moldue. »

Empirisme d’existence épreignant le cantique. Non sien, mais celui de matrone. Herborisatrice irréfragable de l’Allée des Embrumes. Oremus de l’ausonienne vouée à ses lopins. Vaste peuplade éclectique bâfrant son orgueil. Efforcée à l’acquisition d’une diamantée garniture à ses joyaux. Nombreux solstices étrenne pour Rosée-de-Lune. Nullement péremptoires encore.

Ainsi, le corollaire des prohibés enrôla bulletin peu mirobolant. Abdiquant pianissimo de bobèche. Moue somme toute quinaude. L’agrément probe d’accommodante cependant dans ses grâces altruistes. Si inoculation était à supputer, corvée était d’obvier.

« Malheureusement je ne peux me prononcer. Je ne connais pas l’épaisseur des vêtements de cette personne. De ce fait, il serait préférable que vous m’indiquiez son nom, par mesure de précaution autant que pour sa sécurité et celle de ses proches potentiels. Je vais demander à ce qu’elle soit immédiatement convoquée ici. Dès qu’elle sera là nous irons vérifier de nous-mêmes. »

Affabilité d’acajou. Mascarade choyant sur débonnaire. Travestie d’étoffe d’entérinement, pupille ovale s’avina de l’artifice. La conviant au souper. Au menu, bachot des écorces où bisquain à sillon seraient cartographiés. Le bilan de cigüe. Lynx s’aventura pour n’effaroucher coucou. Méticuleux.

Cependant, coussinets capitonnés ne feutrèrent pèlerinage du prédateur. Essor d’oisillon. L’exode pour marne de dénégation. Rebuffade aux bagages d’aliénation des bronches. Le pendulier endémique en sa poitrine. Supplique s’échoua sur mousse d’Hippocrate. Transi. S’étiolant de la litanie.

Alors, penché à de bizut printemps pour profane confiteor de sagesse, oraison baguenauda bestiau. Jusqu’à digue fouinarde. Circonspect, baroudeur s’égrappa des esquisses d’exhortation.

« Gryffondor. Arcades busquées pour singularité. Obligeance déférant à la suite : Vous étiez à Poudlard ? »

Pourtant, chicots d’illégitime monarque animalier ligaturant son manifeste curatif. Son devoir. Rhétorique fieffée sur fond de lactescence patte. Au fond, fauve s’équivalant uniquement par blason. Trop modique selon son humble glose.

« Ecoutez, même si vous me dites que le poison n’a touché que votre main, cela reste des suppositions. Le corps de tout humain – sorcier comme moldu - a la fâcheuse tendance d’occulter l’ensemble des douleurs au profit de la plus forte. De même que des corps chaque Guérisseur pourra vous témoigner en voir tous les jours ici. La nudité ne nous fait plus rien à force. Et je me déplais à vous dire que vous serez certainement plus de la millième femme que j’ai vue dans ce cadre. Sans vous offenser. »

Fourvoyé qu’était besogneux mammifère, avant d’aviser plus sectaire :

« Ne me poussez pas à devoir attendre que le poison n’atteigne votre langue pour vous venir en aide. »


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Dim 13 Jan - 18:03


O f f i c i n a l i s. flore rebelle Darius G. Belby Partie intégrante de toute économie qui se respectait, le tourisme n'avait pas que des bons côtés. Certes, il emmenait du mouvement, un brassement de galions, une véritable bouffée d'air, pour de petites entreprises sectorielles, mais ces étrangers, sous leurs airs impérieux, saccageaient également tout sur leur passage, détruisant sans vergogne la magnificence de site millénaire. Écrasant ces écrins de verdures, sabotant la reproduction de la faune, le tout pour leur bon plaisir, alors qu'il était tellement aisé d'être respectueux de ces flores et du monde. Un principe dont la brune avait toujours usé lors de ses nombreux voyages, espérant ainsi y découvrir les trésors et les richesses, tels que les yeux de l'époque les voyaient. Évidemment, elle avait dû faire exception, en ce qui concernait l'affreuse plantaison qui lui avait causé tant de souffrance, mais ça, c'était pour la bonne cause. Légèrement prise par cette distraction d'exode, Snejana se laissa à aller à une description intensive de son lieu de villégiature, celui-là même où elle résidait avant d'être emmenée, de force, entre ces murs. Un point qu'elle n'avait toujours pas digéré. Cependant, la cigüe qui pulsait sous ses veines devenait de plus en plus virulente, puissante, venant pourlécher ses défenses, les usant sans discontinuer, ne laissant à son organisme d'autre choix que d'abdiquer, malgré son ego volontaire et cette envie ridicule de ne pas se montrer faible, sans protection. Crainte de jugement, encore une fois...

Accrochant irrévocablement son esprit au détail de l'ile de Skye et à sa probable découverte du tombeau de Scáthach, elle tentait d'occire l'obsédante poussée coercitive qui battait dans ses veines. L'immobilité était devenue inconfortable, énergivore et insupportable. N'ayant d'autre distraction que la verve, juste et scientifique du jeune médicomage, l'employée de Gringott's s'y focalisa, laissant transparaitre un sourire tendu, sur le coin de ses lippes. Amusée par son intention de la prévenir du danger. Têtue, elle ne craignait point l'acromentule, ou le dragon, mais c'était faite terrasser, stupidement, en écartant un épineux massif feuillu. C'était presque une honte. Cependant, si l'homme en parlait ainsi, c'était qu'il avait quelques connaissances sur le sujet et intrinsèquement, cela déclenchait son intérêt, aussi disproportionné soit-il, au vu des circonstances les ayant faits s'acoquiner. Les questionnements, pourtant, restèrent interne, opinant du chef, se concentrant sur ses actions, pratique et assuré. Là où la britanico-suédoise aurait dû passer des heures en recherche intensive, le charmant brun en venait déjà aux conclusions, ayant trouvé quel était ce mal, ce curare, qui serpentait le long de son système nerveux, lui envoyant des myriades de décharges, à la moindre utilisation musculaire. Autant dire, absolument tout le temps. Prenant sur elle, la mâchoire parfaitement serré pour lui permettre résister à l'aconitine, elle l'écouta reprendre, tentant de ne pas laisser son engouement prendre le dessus.

Qu'importait le nom du monstre, aux picots acérés, le simple faite d'énoncer son utilisation à l'époque druidique semblait être la preuve universelle du passage de la célèbre magicienne, en ces lieux. Autant de protection, n'était administrée qu'à une zone importante, comme son caveau. Il fallait absolument qu'elle y retourne! Cependant, sa main tressautant hors de tout contrôle, lui rappela l'urgence de ses soins, si elle ne voulait pas se retrouver, elle-même, entre quarte planche avant de pouvoir mener à terme, la demande des Gobelins. Restant pragmatique, malgré la pâleur déconcertante de son derme, qui tranchait horriblement avec la noirceur de ces veines, elle lui proposa de lui amener les vestiges, gisants, de ce plan aux propriétés si rares, qu'il requérait leur intérêt. Évidemment, elle voulait donner le change, mais sa voix heurtée, hachée par l'effort déployé pour la contrôler, ne donnait guère d'illusions sur sa souffrance, dissimulée. La pique humoristique, tranchant avec son approche froide, eut elle-même du mal à passer. Ou pas, vu que son charmant médecin se fendit d'un sourire. Sa gausserie, lui redonna envie de rire, elle aussi, parant son minois d'une teinte plus jolie. Malheureusement pour elle, l'échappatoire ne dura pas, le cuisant coup remonta jusqu'à sa carotide, lui ravissant son envie de se joindre à son hilarité. Optimiste pourtant, ne pouvant rien faire d'autre que de subir son bon vouloir, elle resta matérialiste.

-Autant faire en sorte que ma malchance ne soit pas inutile. Je viendrais vous les amener, dès que cela sera possible. En espérant qu'elles ne souffrent point du transport, ni du laps de temps écoulé, depuis leur déracinement? Après tout, c'était lui l'expert. Elle et les plantes, c'était une histoire impossible. La preuve était d'ailleurs sous ses yeux, car même sa magie y semblait inefficace, ne pouvant extraire ce poison de son organisme. Toutes n'ont pas subies le même sort, je devrais trouver de quoi fasciner vos collègues. Elle attendit un instant, puis cette subtile évocation du début lui revient en tête et cette fois, elle ne put s'empêcher de poser la question. Parler était, après tout, devenu son seul exécutoire, tant qu'elle se réduisait à l'ankylosement. Vous me parliez de sa faune exotique, vous vous y êtes déjà rendu ?

Hors de question, cependant, de lui décrire avec plus de précision l'endroit. À tous les coups, ces radins de gobelins, lui en voudrait de sa trop grande éloquence, tout comme cela lui ferait mal de ne pas être la première à découvrir ce mausolée à la gloire de cet archimage défiée, surtout après tout ce qu'elle aura dû endurer pour y parvenir. Tendu, son corps, au bord de la rupture du côté droit, la rappela à l'ordre, tandis que l'homme de science, promulguait les méthodes de bonnes conduites, qu'il aurait fallu adopter. Autant dire, qu'elle les avait à peu près toutes outrepassés, avec allégresse qui plus est. Prenant conscience de l'importance de la question, au vu du vecteur de transmission de l'intoxication, Snejana se devait de se creuser la tête, revivant au fils de ses pensées, son trajet jusqu'aux runes protectrices. Non, elle n'avait rien touché, même pas elle-même avec sa main droite, mais elle avait retenu sa collègue, lui évitant de périr, radiée de la terre. Une vie pour une vie, un remerciement pour un ennui? Aller savoir... Usant de prudence, Belby, requerra l'obtention de son nom dans le but de la convoquer, illico presto, et de vérifiez son état de santé. Un petit côté revanchard, une lueur sombre, vient animer ses prunelles, ainsi donc la fuyarde n'allait pas pouvoir lui échapper bien longtemps, surtout si elle se trouvait dans les mêmes locaux. Vous avait-elle déjà dit qu'elle était butée à outrance et que nulle ne pouvait la résonner, si tel n'était pas son désir?

-Elena Rieforth. Vous devriez pouvoir la contacter à Gringott's. Avec cela, il ne subsisterait plus aucun doute quant à son métier. Et si tel n'est pas le cas, j'ai l'infime espoir qu'elle viendra, d'elle-même, pour me récupérer...

Le rictus était léger, tordu, presque difficile. En effet, tout mouvement venait solliciter l'appui de ses muscles dorsaux, là où ceux-ci s'adjoignaient à ceux de son épaule. Au vu du ressentit, l'ensemble d'aiguilles alcaloïde y avait déjà fait son nid. Une urgence qui requérait soin et par conséquent un accès libre. Qui disait espace de travail dénué de vêtement, signalait aussi qu'il allait pouvoir voir les nombreuses gravures inscrites sur sa carne. Preuve irréfutable de son affiliation autre qu'à cet ordre d'Hermès, si habituelle en Angleterre. Une idée qui ne l'enjouait pas. Stoïque, impassible, ou autant que faire se peut, tant chaque respiration semblait créer la brèche qui provoquerait son effondrement total, elle scrutait le fasciés du brun. Il faisait évidemment son travail et elle n'avait aucune pudeur à ce sujet, surtout qu'on parlait à présent de son épaule, pas de son entière anatomie. Mais cette non envie d'être jugée, de créer une réaction face à l'accident provoqué par les membres de son culte, la poussa à tenter sa chance, en discussion inutile, tentant de reléguer ce moment inconfortable, à plus tard. En vain. L'homme la renvoya dans les cordes, sans comprendre que son assentiment premier n'était point une supplique à la pardonner de son côté maniéré, pour lui trouver une autre solution que celle de les retirer manuellement unes à unes. Mais bel et bien l'invitation à réaliser son activité professionnelle, sans entrave de sa part. L'immobilité requise ne lui donnant guère le loisir d'ôter seul la parure de ses vêtements, tant elle pourrait s'infecter à nouveau. Une situation cocasse qui malgré son côté indubitablement tendu, par l'apparition involontaire de sa magie, devenait amusante, quand il la remis à sa place, parlant d'attendre qu'elle ne puisse plus réfuter sa demande, une fois sa langue engourdie.

-Risquée est l'idée de me mettre au défis de patienter, jusque-là, je pourrais m'y résoudre. Sa voix semblait plus douce, taquine, bien qu'emprunt d'un tréfonds de douleurs. A ce stade, la pulsion atteignait la base de son coup et cela devenait insupportable, même pour elle. Néanmoins, je crains que vous vous trompiez sur mon intention, Monsieur Belby. Ce n'était point une supplique, mais un assentiment. Je vous en prie, allez-y. Vu que je ne puis bouger selon vos propres recommandations. Reformulation faite, tout en plongeant son regard dans le sien, avec l'espoir fou de réussir à faire passer ses marques, en devenir, pour une passionnée irraisonnée de tatouages. Après tout, de nombreux moldus en étaient friands, pourquoi pas les sorciers? Puis lui-même avait user de magie sans utilisation de ce vecteur boisé, il y avait peut-être autre chose à creuser. Quoiqu'il en soit, elle cru bon d'ajouter : Quant à ma nudité, elle ne me dérange pas. Je suppose, effectivement, qu'elle fait partie de votre travail et que cela ne doit pas être une partie de plaisir, tout les jours..

Contrairement à beaucoup, elle n'en faisait pas un secret de polichinelle et n'était pas non plus fixée uniquement sur le sexe masculin, si d'autres opportunités se faisaient sentir. Puis à défaut, l'homme n'était pas déplaisant, cela aurait pu être franchement pire. Papillonnant, son regard partit s'accrocher ailleurs, ne se fixant pas sur ses gestes futures alors que son appartenance à Gryffondor semblait déclencher quelque chose dans sa mémoire. Des réminiscences de flash-back surgirent de nulle part, faisant danser devenant ses pupilles, figées, l'image d'un jeune garçon dans un coin de la salle commune. Le kaléidoscope se poursuivit avec un échange de paroles, une discussion de Quidditch, et un traité à disserter en classe de métamorphose. Vive, sa tête se redressa, lui arrachant une plainte involontaire. Impossible à camoufler, ni à retenir. Elle cédait.

-Belby, Darius Belby? L'interrogation était réelle, tandis que son corps, lui, l'acculait de force. Par Morgan que cela cesse! J'étais à Gryffondor, moi aussi. Souffle murmuré derrière une crispation de mâchoire. Redressement brusque de son dos, sous le martyr. Si mes souvenirs sont exacts, nous nous sommes croisés en salle commune, non? Un devoir de métamorphose?..Oh et sans y voir aucune tentative, je trouve que les années vous vont plutôt bien.

Un léger rire fut tenté, mais il mourût dans sa gorge. Idée idiote. Stupide même. Sa main valide se crispa immédiatement sur le rebords de la table, sur lequel son postérieur siégeait, allant jusqu'à faire blanchir ses jointures dans une ultime tentative de contrôle de son être.

©️ Justayne

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