dragibus noir (sevychou) FINI
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Camille Nott
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Jeu 20 Sep - 22:29
Berceau du sera, vestige de l'était...



Dyspnéique après avoir enjambé les sept étages de l’école, Nott engloutissait un énième ictus d’oxygène. Athlétique comme un crabe de feu, il n’avait jamais témoigné d’une grande culture physique, à l’exception des minauderies sous les courtepointes. Halètement éraillé, il oscillait en direction du bureau du directeur, ce singulier quidam gratiné de canitie, enrobé de chocolat noir trois-cents pourcents. Carcasse de reliquat. Les gouleyantes années qui avaient balancé sa verdeur d’antan semblaient le talonner. Son cursus à Poudlard avait été un bouquet de sapidités moirées, particulièrement avec Rosier. Houache dans le théâtre de sa vie, de Poudlard au Seigneur Noir pour faire une rétrospective à la première, Snape avait fait preuve d’une involontaire omniprésence. Non pour lui déplaire, lui qui avaient toujours eu les soupiraux circonspects à l’égard de l’amphigourique Pyrrhon.  

Bonace chyle devant le consentement de Snape dans le cénacle onirique d’éphèbes sorciers. Malgré son étiolement de l’écliptique étau des mangemorts, suceurs de noblaillerie, il n’était pas jeu d’enfant de passer en tapinois avec tout ce cortège de mouches-à-merde qui guettait le moindre contresens. Le créneau que lui avait accordé sa ‘cariatide des catacombes’ avait été une véritable chatterie.

Ils n’avaient pas vu que des pâquerettes au cours de leur maquignonnage à l’encontre de Voldemort.  Le fond était encore lézardé de repentir.

« Acromantula ? » Trop simple. « Doxycide Gryffondor ? »  Trop personnel. « Potter malheur ? » La même. « Poison de dragon ? » Ça lui seyait plutôt bien. Sépulcral à l’image de son papelard cachottier, mais malséant dans un encadrement scolaire.  

(…) Sa persévérance allait sûrement porter ses fruits, plutôt ses échardes. Le professeur d’Arts Obscurs se retrouvait boisé devant la statue, tel un saule cogneur résolu, qui flattait l’orée du ‘filet du diable’, véritable champ de mine. Snape lui avait sûrement déjà délivré le mot-de-passe pour perforer sa crypte de sa saumâtre présence, dans une rognure négligée.

« Nom d’un Griffon empaillé ! C’était quoi déjà… ? ! »  Costumé d’un croisé trois fois deux boutons demi-cintré en flanelle Vitale Barberis Canonico, bleu  de cobalt, chaperonné par un manteau gris anthracite qui léchait l’ove de ses rotules, il arborait le chic anglais dans son pantalon en coupe chino dans un haubert whipcord, gris anthracite également.

Il étanchait sa balsamine dans un premier dragibus noir.



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Il grogne et boude, mais ne mord (presque) pas.
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Ven 21 Sep - 9:48


Dragibus Noir

ft. Camille Nott
L’ivresse d’un début de soirée serpente entre les troncs de la Forêt Interdite. Hauts ramages, vastes cimes étêtées par les brumes, douceur d’un froid polaire frappant aux portes de l’établissement. Fenêtres ouvertes, le Directeur attend. Je songe avec amusement au tableau que cela doit donner pour un œil extérieur. Une haute stature noire perdue dans des pensées qui n’appartiennent qu’à lui et sont sans doute aussi sombres que la mise du bonhomme qui, s’il a renoncé aux cheveux longs et noirs, n’en a pas moins renoncé à sa vêture d’ébène. En réalité, un sourire en coin étire mes lèvres. J’ai achevé de prévoir les réjouissances qui auront lieu le dimanche suivant, au repas. J’ai eu à cœur, depuis que je suis à la tête de cet établissement, de rapprocher les maisons, en particulier les aspics et les lions. Je ne sais que trop bien quelle fut ma part dans l’entretien de la haine viscérale les opposant. Le rictus joyeux se fait étirement contrit des babines.

Le bureau directorial s’est adapté à son occupant, rayonnages chargés d’ouvrages anciens, lumière claire enclose dans des géodes dont s’échappent quelques flèches de quartz. Un enchantement qui n’a rien d’exceptionnel… Sans doute commencé-je à me faire vieux, moi aussi. Une trille virevolte dans les airs tandis que Fumseck entre dans la pièce. A peine ai-je vu le trait carmin fuser par la fenêtre que l’oiseau est déjà là, posé sur le bureau, une noix dans le bec.

« Je ne suis pas certain que tu aies le bec adapté pour ce type de fruits à coque »
commenté-je, le voyant s’échiner à ouvrir la noix. Il m’adresse un regard pénétrant me suggérant de laisser couler et de regarder faire le maître. Je croise les bras sur la poitrine en ne quittant pas l’oiseau du regard. Quoi que son bec ne semble pas adapté à l’ouvrage, les deux moitiés de la noix se séparent bientôt comme par magie.

« Je m’incline, j’ai été mauvaise langue. » L’oiseau semble satisfait… Je me dis parfois que mon caractère déteint manifestement sur le phénix. Volatile jadis calme et pensif dans l’espiègle sillage d’Albus Dumbledore, le voici devenu plus décidé, plus ombrageux, peut-être. En glissant le long du gourmand empenné de vermeil, j’aperçois l’heure avec un hoquet de surprise. Camille Nott est en retard ! Je m’en étonne et commence à soupçonner une mésaventure subie par mon collègue et ancien camarade de classe. Ancien Mangemort, aussi. Songeur, je laisse filer une minute encore avant de réagir. Doigts effleurant le phénix dans un geste devenu machinal, je sors baguette et quitte le bureau pour trouver plus promptement que ce que je redoutais l’objet de ma quête.

Camille Nott éructant « Nom d’un Griffon empaillé ! C’était quoi déjà ?! » tout en fourrant un de ses coutumiers petits bonbon dans la bouche. Je demeure de marbre face au spectacle bien que luise dans mon œil l’éclat de rire que je m’interdis de libérer en songeant au ridicule du mot de passe choisi pour l’occasion.

« C’était ‘Rosier en chocolat’, je pensais que ce borborygme sucré au nom de votre plus proche ami serait de nature à être aisément retenu par vous, Monsieur Nott. » 

Cadence d’une phrase rythmée au claquement sonore du talon dévalant l’escalier. Marches frappées, gargouille écartée. Étrange stature familière que celle de Monsieur Nott. Je le jauge une fraction de secondes puis l’invite à m’emboîter le pas jusqu’au bureau. Fumseck se débat avec les reliquats de son fruit tandis que j’indique d’un geste à mon professeur de prendre place. Mouvement de baguette magique, thé et biscuits apparaissent sur la table. Une vieille habitude prise de mon prédécesseur.

« Dites-moi, Monsieur Nott. Vous accoutumez-vous à vos nouvelles promotions ? Pas de faits notables ? D’élèves qui vous sembleraient à surveiller particulièrement ? »

630 mots


PUTTING DEATH IN BOTTLE
Camille Nott
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Ven 21 Sep - 22:18
Berceau du sera, vestige de l'était...



« C’était ‘Rosier en chocolat’, je pensais que ce borborygme sucré au nom de votre plus proche ami serait de nature à être aisément retenu par vous, Monsieur Nott. »

Comment avait-il pu faire litière du mot-de-passe ? Une gémination de son brindezingue sigisbée et de dragée ne pouvait être que superlatif pour une embouchure aussi équivoque. Un liard de suffisance ourlait ses lèvres dans une folâtre risette, champlevant sa bajoue droite d’un interstice guilleret.

Le lapis-lazuli de ses amandes soulignait les arabesques de l’estompe découpée que formait Snape, pour se terminer sur son couvre-chef dernier cri. Ce dernier avait fait capituler sa toison macassar pour une guirlande beurre frais. Ce nouveau fard le culottait plutôt bien. L’épreuve de précurseurs méchefs s’ânonnait sur les nouveaux trélingages de son portrait. Il manifestait une force de l’âge qui le rendait ‘presque’ accueillant.

« Quelle délicatesse ‘monsieur le directeur’. Je pourrais presque piquer un fard… » Gringottait-il avec agrément, la langue claquant avec malice contre son palais. Snape avait toujours été une récréation palpitante pour lui. Apprécier la moindre contraction de sa contenance pour en deviner le sentiment. Un jeu saisissant.

Talonnant le directeur d’un pas plus allègre, il appuyait son royal postérieur sur le siège qui embrassait du regard celui de Snape. Les pilons entrecroisés dans une sage embrassade, la tête arc-boutée sur l’omoplate de sa main éclusée, son regard papillonnait jusqu’aux mignardises qui venaient de se dessiner dans un horizon limitrophe. Ses papilles gourmettes s’émouvaient doucement. « Votre prédécesseur vous a contaminé d’un exquis rituel. Je m’inviterai plus souvent ici…» dégoisait-il en invitant une croquignole dans son gosier.

« Dites-moi, Monsieur Nott. Vous accoutumez-vous à vos nouvelles promotions ? Pas de faits notables ? D’élèves qui vous sembleraient à surveiller particulièrement ? »

Il délogeait sa tête de la main qui lui servait d’accotoir, considérant les interrogations du directeur.

« Oh je me familiarise assez bien avec l’endroit… loin d’être méconnu, il dérouille quelques vieux souvenirs… » Amorçait-il d’un air songe-creux. « Ce bureau était d’ailleurs devenu le Tea-Time saccharine à force d’heure de colle avec l’autre cornichon de Rosier… » Combien de fois n’avaient-ils pas été congédiés par les professeurs au bureau de Dumbledore après quelques cocasses galéjades.

Il épandait une digestible pause en picorant un second biscuit, l’air ‘roger-bontemps’.

« Vous ai-je déjà remercié pour cette promotion ? Je m’en acquitterai un jour, soyez-en sûr… » Engagement miellé de non-dits. « Sinon pour en revenir à nos chocogrenouilles, je n’ai pas encore distingué des turlupins parmi nos élèves…Bien que ceux à qui je donne cours ont déjà l’aisance des années précédentes…J’en ai juste brocardé deux hier soir, après le couvre-feu, en train de s’occuper coquettement dans les couloirs … » Songeur devant les quelques-fois où il s’était fait surprendre par un professeur ou le concierge dans des égards lascifs avec une étudiante, un demi-sourire pendard écrasait la commissure de ses lèvres. Nott, l’enjôleur de ces Dames, et ces quelques Messiers.




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Sam 22 Sep - 10:46


Dragibus Noir

ft. Camille Nott
Œillade amusée sur trogne impassible. Je n’ai côtoyé depuis longtemps Camille Nott avec l’ineffable régularité qui sera la nôtre. Autrefois digne jumeau d’un tandem de nuisances serpentines, je l’ai vu faire le même choix que moi en plaquant sur son avant-bras la Marque des Ténèbres, rompant de facto l’impossible duo. Archibald Rosier au Ministère, Camille Nott chez les mangemorts. La fin d’une ère ? Je n’en ai pas l’impression si j’en juge par la réponse de mon professeur, roulant entre grivoiserie et assentiment… Enfant et adolescent, cette débauche de mignardise me mettait plus que mal à l’aise. Il en aura profité largement. Sa voix roule, suave plaisanterie comme de coutume. Certaines choses ne changeront jamais.

« Quelle délicatesse ‘monsieur le directeur’. Je pourrais presque piquer un fard…

- Vous ? Piquer un fard ? Allons… je ne me souviens pas vous avoir vu rougir de quoi que ce soit depuis que nous nous connaissons. »

Voix tranquille. L’âge m’aura au moins donné quelque répartie et quelque contenance face aux folâtreries de mon vis à vis. Heureusement, toutefois, que je lui présente dos et qu’il ne peut voir le sourire en coin grignoter la commissure de mes lèvres. La jeunesse en aurait rougit, agacée. L’antre d’un bureau, domaine régalien s’il en est. Caresses égrenées sur la cime empennée d’une tête d’oiseau.

« Votre prédécesseur vous a contaminé d’un exquis rituel. Je m’inviterai plus souvent ici…»

Commentaire inopinément lâché en même temps que ne s’échouent thé et douceurs sur la table. Je lève œil vers le ciel, notant mentalement toute la justesse de cette remarque. J’élude filiation avec Albus Dumbledore et me concentre sur la dangereuse menace adressée par Camille Nott. Quelque secondes d’oeillades scrutatrices… Il en est capable, le bougre ! Bougonnement à mi-voix. Être Directeur et se faire encore posséder quelque part… Foutus Rosier et Nott ! Pire que les jumeaux Weasley !

« Rappelez-moi de changer mon mot de passe si je ne veux vous voir débarquer à toute heure du jour et, surtout, de la nuit, Monsieur Nott ! »

Roulement plus familier d’une conversation que je n’ai que l’illusion de mener. J’aurais aimé à croire que le flux et reflux des âges m’avait vacciné du feu de malaise qui embrasait mes joues dans cette folle jeunesse à éviter Rosier et Nott de peur d’être encore la cible de taquineries, mais il semblerait que cela ne soit pas le cas, aussi ne puis-je m’empêcher de toussoter à la réplique félonnement glissée par mon vis à vis.

« Oh je me familiarise assez bien avec l’endroit… loin d’être méconnu, il dérouille quelques vieux souvenirs… »

Par chance, le thé ne s’échappe pas de mes lèvres, et la gorgée vient apaiser mon bref malaise. J’ai beau être le supérieur hiérarchique, ici, il est évident que je ne suis pas le plus à mon aise. Reviennent souvenirs troublants de jeunesse. Rosier et Nott fourmillant dans les couloirs de Poudlard, Nott égrenant gouailles et plaisanteries, Nott badinant… Fols et fascinants Serpentard qu’ils étaient. Répulsion, attraction. Sentiments ambivalents pour cette paire d’aînés dont j’enviais la complicité mais dont je n’ai jamais accepté la main tendue. Douloureuse Solitude fut mon choix. Plongé dans mes réflexions, à peine ai-je ouï la voix du professeur égrener quelque mordants sourires. Son geste, en revanche, attire mon attention et me ramène à l’instant présent : patte plongée dans une antre de sucreries.

« Vous ai-je déjà remercié pour cette promotion ? Je m’en acquitterai un jour, soyez-en sûr… »

Cette fois, la contenance se délite, et une quinte de toux me prend la poitrine. Je pose tasse et enfouis bouche dans un carré de tissu sombre. Une trille aiguë me laisse entendre le rire de l’oiseau. Imperturbable bourreau, Nott continue sur de moins dangereux terrains, me laissant vaguement furieux contre moi-même de m’être, une fois encore, laissé décontenancer par ce déstabilisant personnage. A quarante ans passés, se conduire encore comme un enfant effarouché…

« Sinon pour en revenir à nos chocogrenouilles, je n’ai pas encore distingué des turlupins parmi nos élèves…Bien que ceux à qui je donne cours ont déjà l’aisance des années précédentes…J’en ai juste brocardé deux hier soir, après le couvre-feu, en train de s’occuper coquettement dans les couloirs … »


J’opine, soulagé d’enfin revenir sur un terrain de conversation moins glissant, bien que la complaisance pensive de Nott me laisse à penser qu’il fut lui-même, jadis, épinglé par quelque professeur dans de pareils instants d’abandon.

« Ah… les jeunes ! »

Soupire le directeur en prenant sa tasse avec détachement. La fin de la guerre m’a délivré du poids de l’attention perpétuelle au moindre de mes mouvements et m’a, je le sens bien, émoussé. Peut-être est-ce que je me fais vieux… Ou peut-être est-ce parce que c’est Nott. Rosier et lui étaient passés maîtres dans l’art de me déstabiliser avant que je ne parvienne à totalement blinder mon esprit, et il semblerait que, malgré mes évidents progrès en la matière, je manque un peu d’assurance face au duo. Dieu merci, je n’ai commis l’imbécillité de n’en engager qu’un seul.

« Je suis heureux de savoir que vous trouvez si aisément vos repères, Monsieur Nott. Vous n’êtes pas sans savoir que l’ouverture d’un cours d’Arts Obscurs ne fait pas franchement l’unanimité en haut lieu... »

Un temps de pause, une gorgée de thé.

« Aussi ne vous recommanderai-je jamais assez d’être particulièrement prudent : soyez attentif à ce qu’aucun de vos élèves ne devienne le prochain Mage Noir de sa génération, bien sur… Mais soyez tout autant attentif à ne pas recevoir de colis piégé. »


Petit sourire en coin, je sors d'un tiroir une pile de courrier ouvert et soigneusement conservé et classé par ordre de réception que je pose à côté de la théière.

« Avant de me remercier de vous avoir offert ce poste, assurez-vous d’y survivre. J’ai rarement reçu autant de lettres de menaces à l’attention de l’un de mes professeurs. Il me serait regrettable de devoir trouver un successeur à vous qui êtes fait pour ce poste en plus d'avoir bénéficié de l'appui sans réserve du Ministère... ou plutôt devrais-je supposer, d'Archibald Rosier. »

Un nouveau temps. Intérêt poli autant que réelle curiosité :

« Comment va-t-il ? »

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Camille Nott
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Sam 22 Sep - 20:15
Berceau du sera, vestige de l'était...


 « Vous ? Piquer un fard ? Allons… je ne me souviens pas vous avoir vu rougir de quoi que ce soit depuis que nous nous connaissons. »

Snape n’émettait rien d'apocryphe, le bourreau se régalait d'accouardir la pudibonderie de quelques jouvencelles. Il n’était que frugalement le tributaire de quelques graveleux baratineurs. Le seul éclat cinabre qui pouvait mûrir les pommes de sa binette était le ricochet de claustrales calottes de Célimènes courroucées. Vouivre de concupiscence, monstre de chair, il brûlait de lasciveté. Sa raison lui clabaudait d’être plus ‘chameau de vertu' dans son nouveau-né domino de professeur. Instant libellule d’entendement. 

« mhh ..j’en connais par contre un à qui les nuances andrinoples seyaient mieux qu’à la tripotée Weasley » 

L'œillade moucharde à l’égard de son vis-à-vis, Nott revisitait avec soulas les maintes fois où lui et Rosier avaient picoté la sculpture marmoréenne Snapienne.  Combien de fois l’avaient-ils déconfit entre deux asticotages. 'Qui aime bien châtie bien' se superposait acquêt à leurs frottements. Sans raison ostensible, le duo pandémoniaque s’était réjoui de chaque branle-bas d'émois qu’il avait soulevé chez leur benjamin. 

« Rappelez-moi de changer mon mot de passe si je ne veux vous voir débarquer à toute heure du jour et, surtout, de la nuit, Monsieur Nott ! »

Ses lèvres se paraient d’un relief gouailleur. 


« Qu'insinues-tu donc 'severus' ? » Le tutoiement prémédité écorchait une graine d'effronterie. Les prunelles débordant de canaillerie, Nott aspirait toujours à engager Snape dans une potée de contorsion, à l’exception de l'hégire comminatoire aux côtés du Lord noir, qu’on devrait plutôt baptiser Lord 'Blobfish’ _ une variété de poisson moldu qui se distinguait par sa plastique 'inqualifiable'.  

Il n’y avait pas à dire, il exultait devant le collapsus qui condamnait sa bouche d’une turlurette de quintes amorties. La contraction de ses masséters pour réprimer un sourire badin exacerbait une douleur au niveau de son occiput, grignotant jusqu’en amont de son crâne ses fariboles. Il l’avait bien mérité. 

« eh bien… ce thé ne devait vraiment pas être bon… » poursuivait-il néanmoins dans la lutinerie. Pire qu’un chiard ! «  tu es toujours aussi farouche... » Ce n’était pas grief. Camille ne crachait pas sur cette contenance cabrée qui peignait l’ancien serpentard. Cette révolte intérieure était comme le doux nectar d’une fleur, lui, l’abeille boustifailleuse ne se faisait pas prier pour accoster l'hostile garde-fou que formait sa gabardine de pétales. 

Vraiment. Échoir de nouveau à Poudlard était une excellentissime idée. 

« Ah… les jeunes ! »

Il ne pouvait porter préjudice à cette fraîcheur grivoise qui se retrouvait subreptice aux yeux de l'importun, ici le professeur en l’occurrence. 


« Je suis heureux de savoir que vous trouvez si aisément vos repères, Monsieur Nott. Vous n’êtes pas sans savoir que l’ouverture d’un cours d’Arts Obscurs ne fait pas franchement l’unanimité en haut lieu... »

Le contraire lui en aurait bouché un coin. Potter malheur _ il apostrophait quiconque d’un petit nom de guerre ; devait être moyennement enchanté par ce cours, et qui plus est allégué à un mangemort à la retraite. 


« Aussi ne vous recommanderai-je jamais assez d’être particulièrement prudent : soyez attentif à ce qu’aucun de vos élèves ne devienne le prochain Mage Noir de sa génération, bien sur… Mais soyez tout autant attentif à ne pas recevoir de colis piégé. »

Il acquiesçait d’une furtive nutation de la tête, peu enclin de désengourdir un nouveau despote, lucky luke de l'avada kedavra. L'aparté prenait une anfractuosité plus étroite, arrondissant sa foucade sucrée. Il s’apercevait trop tard que les derniers biscuits avaient pris la poudre d'escampette, ouil était-ce seulement son vorace gosier qui s’en était chargé ? La première probabilité paraissait corollaire _ mauvaise foi

« Avant de me remercier de vous avoir offert ce poste, assurez-vous d’y survivre. J’ai rarement reçu autant de lettres de menaces à l’attention de l’un de Mrs professeurs. Il me serait regrettable de devoir trouver un successeur à vous qui êtes fait pour ce poste en plus d'avoir bénéficié de l'appui sans réserve du Ministère... ou plutôt devrais-je supposer, d'Archibald Rosier. »

Nott convoyait d’une lorgnade délassée le pâté d'érudits, qui s’étaient enorgueillis à révoquer les initiatives du directeur, écrasée sur la caboche de son bureau. 


« tant de popularité ? Je suis flatté devant tant d'attention. Ces lettres seront parfaites comme berceuse du soir. » 

Le temps de grignoter incognito un dragibus. 


« Bien. Je tâcherai donc de leur faire vite ravaler leur bavarde divisée et ne pas réveiller une mauvaise graine parmi nos étudiants. Pour ma sécurité, je 'vous' fait entièrement confiance ‘directeur'. Je sais que vous ne serez jamais loin pour fortifier mon séant. » Un clin d’œil faquin sacrait ses dires.

« Comment va-t-il ? »

La prosopopée que Snape évoquait de Rosier lui arrachait le temps d’un bref instant un regard soucieux et câjoleur. Il ne niait pas l'appréhension qu’il discernait en imaginant son comparse de facétie endurer une semaine dans l'accalmie écrasante du manoir. Ses sourcils se rejoignaient dans une embrassade étranglée en concevant déjà l’idée totalement exécutable de le voir pointer son museau à Poudlard, déguisé de son cocodès pyjama rose-dragibus, pour chouraver sa couchette de sa présence sucrée. Un rire étouffé entre les lèvres, il s’en dilaterait presque la rate. 


« disons qu’il va mieux depuis qu’il a trouvé un but dans sa vie en persécutant ses employés. 'Tu' devrais le voir, un vrai autocrate. »  Le tutoiement avait été rallongé, le temps de quelques épanchements exclusifs.  «  Il va mieux…Remy lui fait beaucoup de bien depuis… »  Il ne bouclait pas sa phrase. Inutile d’enfoncer le poignard sur une brèche lancinante. « Je crains le voir débouler dans la semaine. Il ne supporte pas la solitude. »  Il clôturait le tout d’une risette hilare. Qu’allait donc faire Snape de non pas UN, mais DEUX guignols ? Paix à son âme.

(c) AMIANTE


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Dim 23 Sep - 10:42


Dragibus Noir

ft. Camille Nott

L’art de la conversation est un art dangereux : un seul mot glissant, et c’est la chute. La chose est d’autant plus vraie lorsque l’on se confronte à la veulerie d’un serpent un peu trop amaniéré lorsqu’il s’agit de déstabilisation. Je tente vainement de reconstituer les lambeaux de ma contenance, mais la vérité est que je manque d’entraînement. J’ai connu l’exubérant et folâtre Nott à Poudlard, le sombre et taquin Nott chez les mangemorts. Il semblerait que le Maître parti, les souris dansent à nouveau. Un temps d’adaptation semble nécessaire.

« mhh ..j’en connais par contre un à qui les nuances andrinoples seyaient mieux qu’à la tripotée Weasley » 

Subtile glissade vers l’embarras. Combien de fois ne m’ont-ils paré le visage de carmin sous le coup de l’embarras ou de la colère. Mon aîné – à peu d’années près, il est vrai – a toujours abusé de ces quelques années surnuméraires pour chercher à me faire réagir par tous les moyens possibles et imaginables. Et lorsque Rosier se mêlait de la partie, je n’avais que peu de chance d’en réchapper. Une fois encore qu’est-ce qui m’a pris de l’engager ? Je me force à un rictus parfaitement maîtrisé. Le masque revient doucement en place. Les lèvres s’étirent dans un petit sourire ironique.

« Je ne vous ai pas engagé pour vos galéjades, Nott, j’espère que le souvenir que vous laisserez à vos élèves et collègues n’aura pas à me faire rougir de vous avoir offert l’emploi. »

Piquer. Piètre défense du scorpion acculé, mais cela vaut mieux que le suicide, tradition courante chez ces fascinants petits insectes. La carapace se délite pourtant au tintement de mon prénom entre ses lèvres « Qu'insinues-tu donc 'severus' ? ». J’avais espéré que la distance imposée par la relation professionnelle me permettrait un commode retranchement derrière un vouvoiement de politesse et un « monsieur Nott » de circonstances. Manifestement… les vieilles habitudes ont la vie dure. Souvenance d’enfance. Le diabolique duo surgissait en se piquant d’un « hey Severus ! » ou d’un « salut Sevy ! » propre à faire cracher à l’adolescent que j’étais un acariâtre « Allez vous faire foutre, Nott et Rosier ». Le sourire s’étire, bien que je bouillonne intérieurement de l’envie de le secouer… Non, vraiment, avec l’âge, j’ai pris quelque assurance, mais elle demeure bien trop fragile face à ce loustic.

« J’insinue que ‘vous’ étiez plutôt noctambule avec ‘votre’ ami, monsieur Rosier. Je suppose que malgré ‘votre’ grand âge, désormais – ‘vous’ restez mon aîné après tout – ‘vos’ habitudes de virées nocturnes n’ont guère évoluées ? »

C’est à cet instant que se produit l’incident. Promesse de récompense dont la nature ne peut faire le moindre doute. L’équivoque grivoise serpente jusqu’à mon oreille, s’empare du tympan et remonte jusqu’au cerveau. L’effet est immédiat, je recrache thé, et peut-être mes joues s’empourprent-elles un peu. Les taquineries sur ce chapitre de la catastrophe Nott et Rosier ont laissé mille nuances de carmin et de vermeille sur l’albâtre de ma peau, et ont provoqué mille tentatives d’assassinat sur leurs personnes. Combien de fois n’ai-je levé baguette pour tenter de m’en débarrasser. vraiment, pourquoi l’avoir engagé, déjà ? « eh bien… ce thé ne devait vraiment pas être bon… tu es toujours aussi farouche... » Toussotement, yeux accrochant le firmament dans un mouvement exaspéré.

« Et ‘vous’ êtes toujours aussi décomplexé. Cela fera une bonne moyenne dans le corps enseignant… D’ailleurs, tutoyez-vous toujours vos supérieurs hiérarchiques ? Je n’avais pas souvenir de cette petite habitude auprès du Seigneur des Ténèbres pourtant... »

Sarcasme à mi-chemin entre la taquinerie et la verte remontrance. Ce Nott aura ma peau, c’est désormais une certitude. La question des lettres, pourtant, me permet de revenir sur un terrain plus commode. L’ironie mordante de mon professeur n’est plus dirigée contre moi mais contre les auteurs du courrier. Repos bienvenu et salutaire : « tant de popularité ? Je suis flatté devant tant d'attention. Ces lettres seront parfaites comme berceuse du soir. »  Espérons que l’armistice dure.

« Et je vous épargne la douloureuse rémanence des beuglantes explosant dans mon bureau depuis une semaine. »

Tasse portée aux lèvres, soupir intérieur de soulagement bien vite mis à mal par la reprise des hostilités. « Bien. Je tâcherai donc de leur faire vite ravaler leur bavarde divisée et ne pas réveiller une mauvaise graine parmi nos étudiants. Pour ma sécurité, je 'vous' fait entièrement confiance ‘directeur'. Je sais que vous ne serez jamais loin pour fortifier mon séant. » Thé recraché sans ménagement sur le bureau dans une gêne disproportionnée tandis que j’éructe entre deux quintes de toux :

« Nom de Dieu, Nott ! Tu veux vraiment me faire regretter de t’avoir engagé avant même la fin du mois ? Je me passerai de tes grivoiseries toutes les deux phrases ! »

Visage perdu une fois encore dans le mouchoir tandis que se racle la gorge. Les nouvelles de Rosier au moins ont le bon goût de me laisser reprendre une miette de contenance avant qu’elle ne s’effondre. « disons qu’il va mieux depuis qu’il a trouvé un but dans sa vie en persécutant ses employés. 'Tu' devrais le voir, un vrai autocrate. » Rien d’étonnant à cela… je plains en revanche sincèrement les pauvres employés sous sa férule. «  Il va mieux…Remy lui fait beaucoup de bien depuis… »  Remy… Remy… Le visage d’une élève me revient en tête, aussi excentrique que son père : Remy Nott. J’opine avant que le couperet fatal ne me tombe dessus. « Je crains le voir débouler dans la semaine. Il ne supporte pas la solitude. »
« Je crains le voir débouler dans la semaine. Il ne supporte pas la solitude. »

Un temps de silence mortel. Fumseck observe la scène avec intérêt, tout à fait réveillé. Je n'arrive à savoir si roule la plaisanterie ou si grondent les menaces lorsque je lacère la quiétude avec froideur :

«  Tu ne tiens vraiment pas à ton poste pour m’annoncer pareille nouvelle, Nott, n’est-ce pas ? »

Œillade de défi. Je n’en mène en réalité pas bien large. La perspective de voir le duo se reformer sous les voûtes du château n’est pas pour m’emballer. Si Nott est demeuré ainsi trublion, je ne peux que redouter ce qui est advenu de son jumeau de méfaits. Terribles personnages, j'aurais dû les tuer quand j'en avais l'occasion.

« Il aura prière de s’annoncer, une fois n’est pas coutume. L’école n’est pas un moulin, surtout pour un employé du Ministère de la magie, fût-il directeur du département des mystères.. » Laché-je un peu plus froidement que je l’aurai voulu. Ces dernières semaines m’ont vues incessamment sollicité par le Ministre, courrier ignoré après courrier ignoré. Je n’ai aucune envie de voir débarquer à l’improviste le redoutable Rosier, ne me souvenant que trop de son goût pour la proximité physique.


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Camille Nott
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Dim 30 Sep - 13:33
Berceau du sera, vestige de l'était...


C’était une indiscutable complaisance que turlupiner la chauve-souris des catacombes. Sa dégaine scandalisée et engoncée dégourdissait le poulpiquet de démonerie qu’était Nott. Ce n’était pas qu’un divertimento pour ce dernier, non _ c’était un culte manifeste. Il mangeottait la moindre de ses bouderies. Fringale sempiternelle. Pourceau bâfreur.

« Je ne vous ai pas engagé pour vos galéjades, Nott, j’espère que le souvenir que vous laisserez à vos élèves et collègues n’aura pas à me faire rougir de vous avoir offert l’emploi. »

Harangue arc-boutée de caractère. La charpente Snapienne semblait s’être étançonnée s dans une solide virole. Non pour lui déplaire. Il trouvait cette nouvelle parure esculente. L’hardiesse avait une sapidité aguichante.

Snape ? Aguichant ? Antonymes. Deux jargons antinomiques, dégrossissant un seul et même zig.

Gronderie pigmentée d’hégémonie, d’un néophyte personnage. Il se languissait déjà d’une déculottée à venir.

« Ne vous tracassez pas « directeur », je prédestine cette frivole liberté à votre exclusive entité… » Gargamelle mêlé-cass. L’apôtre d’agacerie dilapidait ses lèvres d’un sourire grivois. Indécrottable qu’il était.

« J’insinue que ‘vous’ étiez plutôt noctambule avec ‘votre’ ami, monsieur Rosier. Je suppose que malgré ‘votre’ grand âge, désormais – ‘vous’ restez mon aîné après tout – ‘vos’ habitudes de virées nocturnes n’ont guère évoluées ? »

Tic tac. Le têtard de d’évidence venait de caramboler contre l’ascétisme de Snape. Nouvelle gerbe de son chaud nectar. Nott s’employait ‘finement’ à boursicoter l’imperturbabilité de son higoumène.

« Un vieux singe, ça perd ses poils, pas ses vieilles habitudes… »

Malgré les dénouements ‘casse-poitrine’ qui avaient émaillé son existence, Nott cultivait toujours une lichette désinvolte. Les années taciturnes aux côtés du Lord vipérin n’avaient fait qu’escamoter son énergie mutine.

« Et ‘vous’ êtes toujours aussi décomplexé. Cela fera une bonne moyenne dans le corps enseignant… D’ailleurs, tutoyez-vous toujours vos supérieurs hiérarchiques ? Je n’avais pas souvenir de cette petite habitude auprès du Seigneur des Ténèbres pourtant... »

« Les réactions de notre échu Hitler n’auraient pas été aussi douillettes. Je ne suis pas encore suicidaire Severus. J’ai toujours un minimum de prud’homie »

Il remâchait intérieurement ses mots, absorbé, avant de rebondir avec gouaillerie ;

« Sauf quand Rosier est dans les parages… »

Il était démontré que lorsque son vieux renard était dans les parages, la déveine les cocufiait de front pour les enliser dans une barbotière d’anicroches. Leur espérance de vie était alors étriquée bésef.

« Moi qui pensais qu’il y avait assez de confort entre nous pour me permettre au tutoiement. Soit je me déploierai au salamalec si c’est votre bon désir.  Après tout, je trouve la chose séduisante… »  Il n’en dit pas plus. Inutile de violenter encore plus ce pauvre thé. Pas sûr que Snape s’éprouverait à le solliciter une nouvelle fois après ce tête-à-tête épicé.

« Et je vous épargne la douloureuse rémanence des beuglantes explosant dans mon bureau depuis une semaine. »

« Eh bien…je me dois de vous remercier pour avoir préservé mes petites oreilles de ces complaisances criardes.  Il me semble que votre nouveau poste est un vrai régal… Je vous laisse volontiers ces bourrasques… »

Guère lécheur de ce genre de colifichet, Nott se dégorgeait toujours de l’épidermique complication qu’il apostasiait aux foutriquets de passage, bien qu’il n’amalgamait pas Snape parmi eux. Qui venait encore d’expulser du thé de son gosier, à croire que cette tasse était un puits sans fond.

« Nom de Dieu, Nott ! Tu veux vraiment me faire regretter de t’avoir engagé avant même la fin du mois ? Je me passerai de tes grivoiseries toutes les deux phrases ! »

« C’était une simple mise-en-bouche »

Il sourit de plus belle, goguenard mais circonspect. Il étreignait son poste avec une dilection déjà patente. Le Limogeage n’était pas encore dans ses alternatives.

« Bien je prends congé de mes finauderies, le temps d’une journée. Je ne tiens pas à vous voir noyer votre bureau de thé.  Vous n’avez plus de biscuits ? » Sa malacie papelarde l’affriolait d’une nouvelle offensive, ses poches épuisées de ces confiseries.  Dialoguer exacerbait sa sitiomanie de sucrerie.

La mention d’une potentielle visite de courtoisie de son pair n’endiablait pas son directeur. Un maraud lui suffisait déjà amplement. Nott piétinait muettement son euphorie. Les baisers de Judas du piquant duettino n’avaient jamais gargarisé leur cadet dubitatif.

«  Tu ne tiens vraiment pas à ton poste pour m’annoncer pareille nouvelle, Nott, n’est-ce pas ? »

« Pourtant si. Ne vous tracassez pas, si Rosier vous importunait, je lui donnerai une double fessée. Quoique…non ça lui plairait trop »

Le bois-de-justice n’était pas loin. Il identifiait sans mal le grondement mitoyen. Maelström mortifère en approche. Frou-frou barbelé. Vibrion devant l’apostrophe draconienne de son supérieur, Nott se repaîtrait de paillardise.

« Il aura prière de s’annoncer, une fois n’est pas coutume. L’école n’est pas un moulin, surtout pour un employé du Ministère de la magie, fût-il directeur du département des mystères.. »

« Je ne peux malheureusement rien pour son spontanéisme. Je n’ai moi-même pas d’emprise sur ses humeurs.  Vous devriez le savoir pourtant, connaissant le « personnage »

Bien-fondé vérace. Rosier avait toujours été le belliqueux du duo. Fougueux et hâtif, il ne s’endolorissait pas dans des mélis-mélos pour extraire le convenable de ses combines. La moindre graine de dessein l’empressait dans son ‘à-coup’.  

« J’espère que vous avez travaillé votre griserie pour les chatouilles…Rosier se ronge toujours d’un besoin de contigüité… » Allez, encore un asticotage, rien qu’un.


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Dim 7 Oct - 15:27


Dragibus Noir

ft. Camille Nott

Pris dans une joute verbale à laquelle je ne peux me soustraire, j’abdique volontiers. La vérité est que la guerre a changé tant de choses en nous que je m’étais désaccoutumé de la turbulence de Nott. Le Mangemort qu’il a donné à voir au monde était folâtre et mortellement sérieux dans la même seconde. Dangereux et insouciant. Insoupçonnable trublion travaillant de concert avec son compère de toujours, Archibald Rosier. L’un au Ministère, l’autre chez les Mangemorts. J’aurais dû me douter dès la première seconde qu’ils fomentaient quelque chose.

Mais j’étais aveuglé par la hargne et la douleur. Un peu stupide, sans doute, aussi.

« Ne vous tracassez pas « directeur », je prédestine cette frivole liberté à votre exclusive entité… »

Je me crispe. Désaccoutumé de ses ribauderies, oui, je le suis. Je le sens pousser toujours plus avant sur les limites que je me fixe jusqu’à ce qu’elles n’implosent. Me faire perdre mon calme a toujours été leur jeu préféré à tous les deux. Il doit se délecter de sa madeleine de Proust en cet instant. Soupir.

« Je ne sais pas bien si je dois me sentir flatté de tant d’attention ou vaguement effrayé que vous ayez si peu changé depuis votre adolescence, Monsieur Nott. »


Il n’a pas perdu ses habitudes. Rien d’étonnant. Il me signifie que le vieux singe qu’il est se fera fort de continuer à fourrer le nez dans toutes les affaires, surtout si elles ne le concernent en rien. J’ai la vague sensation d’entendre Fumseck rire, mais je ne pourrais le certifier. Il s’est jeté à l’assaut d’un dossier de fauteuil et observe avec intérêt Camille Nott comme s’il cherchait à le jauger. Je laisse faire l’oiseau : avec un peu de chance, peut-être trouvera-t-il un moyen auquel je n’avais pas pensé d’embêter mon professeur. Le volatile descend de son perchoir pour venir sur l’accoudoir, fourrant le bec dans le vêtement de l’enseignant.

« Mon prédécesseur l’a mal élevé... »

Coup d’oeil courroucé du phénix.

« Si vous avez une sucrerie sur vous, il vaudrait mieux songer à la faire disparaître, faute de quoi il refusera de vous lâcher… Il est en manque de douceurs, je l’ai mis au régime sans sucre après qu’il ait tenté un audacieux cambriolage dans les cuisines de Poudlard, affolant au passage les elfes de maison. »

Trille cristalline de l’oiseau. Je ne sais s’il se moque de moi ou de Camille Nott, mais une chose est certaine, la gibecière de dragibus que l’homme arbore à la taille est grandement menacée par la gloutonnerie de Fumseck. Maudit soit Dumbledore avec ses ridicules bonbons au citron !

Le tour de la conversation redevient toutefois mortellement sérieux dès qu’est égrené le souvenir du Seigneur des Ténèbres.

« Les réactions de notre échu Hitler n’auraient pas été aussi douillettes. Je ne suis pas encore suicidaire Severus. J’ai toujours un minimum de prud’homie. Sauf quand Rosier est dans les parages… Moi qui pensais qu’il y avait assez de confort entre nous pour me permettre au tutoiement. Soit je me déploierai au salamalec si c’est votre bon désir.  Après tout, je trouve la chose séduisante…  »

Je lève un sourcil, faussement agacé. En vérité, je commence à prendre quelque aise dans cet échange de grivoises politesses.

« J’en déduis donc que vous me craignez moins que vous ne redoutiez le Seigneur des Ténèbres. Peut-être devrais-je faire disparaître mon nez pour inspirer un peu de respect au sein de mon personnel... »

Quelques instants de silence tandis que je remplis les tasses à nouveau en dispersant les éclats de thé égarés sur le bureau. Le visage demeure impassible tandis que l’esprit se reconstitue. Au désespoir d’être mené sur de bien dangereuses pentes succède la naissance d’une étincelle : pourrais-je me hasarder à prendre l’imprudent à son propre jeu ? Précautions, pourtant, doivent être prises… Imprudent, je le suis probablement plus que Nott pour avoir la saugrenue idée de l’engager.

« C’était une simple mise-en-bouche »

Avertissement on ne peut plus clair de Nott alors que je fais disparaître une fois encore les vestiges de ses traumatisantes gouailleries d’un coup de baguette. J’avise prudemment ma tasse et trouve plus sage de n’en pas boire nouvelle gorgée. Ce pauvre thé… Mon minois demeure de glace tandis que danse la pointe d’un amusement sous l’épiderme. La voix se fait aussi doucereuse que dangereuse tandis qu’un œillade plonge dans les mirettes de mon vis-à-vis :

« Peut-être devrais-je songer à sévèrement punir tout manquement de votre part, cher professeur ? »

L’équivoque obscène plane quelques instants avant que ne réponde le gai-luron dans une volonté farouche d’apaisement temporaire. Sans doute pour mieux contre-attaquer ensuite. Laisser un souffle de répit à son adversaire pour mieux porter l’estocade finale :

« Bien je prends congé de mes finauderies, le temps d’une journée. Je ne tiens pas à vous voir noyer votre bureau de thé.  Vous n’avez plus de biscuits ? »

Dangereux boulevard qu’offrirait cette remarque à tout directeur avide de retournement de situation. Je songe que manque de chance pour ce pauvre Nott, je suis précisément d’humeur à abuser éhontément de la fissure qu’il a laissée béante. Un fin sourire étire mes lèvres avec une certaine lenteur.

« J’apprécie Monsieur Nott. Et puisque je ne tiens pas à voir mon meilleur professeur décéder prématurément d’un sévère diabète, peut-être devrais-je songer à suggérer aux elfes de maison d’étendre le régime sans sucre de Fumseck à votre auguste personne ? Je ne doute pas qu’Archibald Rosier nourrirait quelques griefs à mon encontre lors de sa prochaine… visite de courtoisie…  si je ne daignais pas prendre soin de vous ? »

Je me suis toujours dit que jouer à l’imbécile pouvait avoir quelque efficacité avec ces deux-là, mais je n’ai jamais eu l’occasion de mettre en application la technique. Fumseck semble compatir au malheur à venir de Nott mais ne se courrouce pas. Je sais, de toute façon, qu’il trouve d’autres moyens d’assouvir ses habitudes alimentaires discutables. A croire que l’oiseau magique ne redoute pas les effets de cette terrible et addictive substance ?

« Pourtant si. Ne vous tracassez pas, si Rosier vous importunait, je lui donnerai une double fessée. Quoique…non ça lui plairait trop. Je ne peux malheureusement rien pour son spontanéisme. Je n’ai moi-même pas d’emprise sur ses humeurs.  Vous devriez le savoir pourtant, connaissant le « personnage ». J’espère que vous avez travaillé votre griserie pour les chatouilles…Rosier se ronge toujours d’un besoin de contigüité… »


Vague sourire résigné. Donner l’impression d’avoir perdu la partie pour mieux frapper l’inopportun. La victoire est proche.

« Ce cher Monsieur Rosier… Je plains ses subalternes au ministère… Je sais bien que même vous ne pouvez canaliser ses humeurs. Je ne doute pas que vous ayez essayé avec moult motivation. Donc ce régime sans sucre, nous sommes d’accord pour que vous le commenciez dès demain ? Je donnerai quelques indications en cuisine à votre intention. »

Le message est clair : trouve un moyen de tenir Rosier ou je trouverai bien une motivation suffisante pour t'y faire oeuvrer. Menace. Défi. A mon tour de m'amuser un peu à ses dépends.


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Dim 14 Oct - 18:15
Berceau du sera, vestige de l'était...


« Je ne sais pas bien si je dois me sentir flatté de tant d’attention ou vaguement effrayé que vous ayez si peu changé depuis votre adolescence, Monsieur Nott. »

‘Si peu changé ?’ Le polisson ne pouvait le disputer pour cette lapalissade. Les yeux courbés d’inconduite, Nott caquetait comme un fiérot coquelet. Les accusations étouffées par des naïades ‘pince-monseigneur’ de notre chère statue d’albâtre, consciencieux de jouer l’insuffisance, ne faisaient qu’encourager un peu plus notre guilleret luron. Les autistiques soupirs de Snape s’articulaient dans un moelleux cantabile, tartinant ses pavillons de miel. Régal benoît.

« Vous pouvez vous permettre ces deux sentiments…Je crains n’avoir aoûté que mon côté patriarcal au cours des dernières années…»

Soudain, la copieuse dévotion que lui destinait Fumseck l’épilait de sa complaisance à l’égard son ascèse cariatide. Fraisant ses paupières de cautèle, le professeur adoubait ses poches de l’égide de ses mains, convoyant ses raffineries derrière le garde-fou qu’elles formaient. Pouillerie de bestiole. Dardant le piaf d’un oculus patibulaire, Nott dégainait ‘pianissimo’ sa baguette pour la faire gambiller dans une volute insidieuse. « stupéfix ! » endimanché d’un « Sale bête ! » ‘Mes dragibus’. Quiconque canonnait ses rapines papelardes de concubinage voyait son horizon charbonné d’un funèbre prodrome. C’est donc avec une évidente complaisance qu’il exultait devant le volatile médusé, prophétisant déjà le prêche de son sectaire, mais néanmoins engageant, directeur.

« Mon prédécesseur l’a mal élevé... »

« J’ai remarqué. J’ai quelques méthodes de dissuasion qui devraient lui faire ravaler sa gourmandise … Celle-ci en est une. J’éduquais mes animaux comme ça, enfant …Je ne les ai pas gardés longtemps… » Intervalle méditatif entre ses constatations et ses arrière-pensées, le coquard vasistas évaporé. « Finalement c’était peut-être mieux que je n’en ai pas… » Seyante péroraison.

« Si vous avez une sucrerie sur vous, il vaudrait mieux songer à la faire disparaître, faute de quoi il refusera de vous lâcher… Il est en manque de douceurs, je l’ai mis au régime sans sucre après qu’il ait tenté un audacieux cambriolage dans les cuisines de Poudlard, affolant au passage les elfes de maison. »

‘Régime’ et ‘sans sucre’ talochaient d’irascibles élancements son bourrichon, lacérant son goulot d’une contorsion scandalisée. Comment pouvait-on astreindre une quelconque créature, aussi chiatique qu’elle pourrait être, à pareille supplice ? Dixit le bourriquet qui criblait ses bestioles de ‘Stupéfix’, ‘Reducto’, ‘Duro’ ou encore de ‘Bullitor’. Il n’avait cure du contexte discordant.

« Mais vous êtes diabolique Severus ! J’éprouverais presque une lèche de pitié s’il n’avait pas tenté ‘l’irréparable’… » Il n’était pas prêt de clôturer sa capucinade sur le, selon lui, blasphème de Fumseck. Certes, il méritait bien des pichenettes de sortilèges, mais pas ‘la’ punition suprême. C’était digne d’une schlague.

« J’en déduis donc que vous me craignez moins que vous ne redoutiez le Seigneur des Ténèbres. Peut-être devrais-je faire disparaître mon nez pour inspirer un peu de respect au sein de mon personnel... »

Une chose invraisemblable venait de se déplier sous ses pervenches baies. Un brouillard…d’humour ? L’exclusive entité Snapienne pantelait la compacité, et ce depuis le berceau de leur jouvence. Ce qui semblait tiré du fantasque prenait enfin de l’épaisseur. Dorénavant, Nott pourrait entériner les folâtres présomptions de Rosier sur les caleçons ‘rose-bonbon’, à paillettes et à fleurs, que mussait Severus dans l’abscons de son intimité. Tout ce qui, autrefois, conjuguait son directeur au rocambolesque n’était plus. Le caillou vivant était dégourdi d’humour ! Haché à la fois d’effarement et d’épatement, Nott ne calculait même pas à maquiller sa penaude risette.

« Eh bien eh bien Severus… Je ne vous savais pas doué d’humour. Si Rita Skeeter était là, vous auriez fait là une de la gazette des sorciers ! Je trouve que ça vous sied à merveille. Vous devriez plus souvent l’expérimenter…c’est une véritable friandise dans votre anhydre margoulette. »

La conscience ciselée de folichonnerie devant cette nouvelle fresque de Snape, il ne soupçonnait pas encore le degré de légèreté, et de gouaille, que ce dernier pouvait employer. Les jambes et les doigts entrelacés dans une balsamine haletante, Nott pavoisait déjà à l’idée de décolleter un peu plus la crypte de frivolité de son vis-à-vis. Quel enfantelet il faisait !

« Peut-être devrais-je songer à sévèrement punir tout manquement de votre part, cher professeur ? »

Glup

Il venait d’avorter une déglutition dans un étranglement interdit. Le rictus pantois s’enrobait instantanément de concupiscence. « Bien que je n’aie jamais été béni-oui-oui des heures de colle, vous titiller ma curiosité Severus… » Curiosité ou inconscience ? Le poulpiquet ne démêlait pas encore la singulière équation mathématique qui se combinait devant lui. Borgne écrasé par phantasmes, il ne renâclait pas encore le bouquet sardonique qui faséyait dans l’air.

« J’apprécie Monsieur Nott. Et puisque je ne tiens pas à voir mon meilleur professeur décéder prématurément d’un sévère diabète, peut-être devrais-je songer à suggérer aux elfes de maison d’étendre le régime sans sucre de Fumseck à votre auguste personne ? Je ne doute pas qu’Archibald Rosier nourrirait quelques griefs à mon encontre lors de sa prochaine… visite de courtoisie… si je ne daignais pas prendre soin de vous ? »

L’émulation bourgeonnante s’envasait instantanément dans une fange désabusée. Le bûcher qui prenait doucement n’était plus que brasier indolent. Mystificateur ! Le professeur s’était bien emberlificoté dans ses fantasmagories. Snape pourrait maintenant se targuer d’avoir embabouiné Nott.

« Ne vous prenez pas cette peine…Ma santé se porte à merveille ! Je ne voudrais pas chambarder l’organisation fraîchement disposée des elfes de maison dans les cuisines… J’insiste. Oubliez ça… » Nuancée d’abord de courtoisie, sa voix s’épaississait de bouderie.

Finalement, Snape était bien un esprit d’exaction. Bourreau ! Même Voldemort n’aurait pas ourdi ses plans d’un doigté aussi méphitique. Par les couilles de Salazar ! Il n’oserait quand même pas ?

« Je tiens juste à vous prévenir que Rosier a déjà tenté l’expérience et que, non pour lui déplaire à lui, je pondérais alors inconsciemment mon besoin miellé dans les …mhh comment vous dire ça… câlineries ? Je ne pense pas que vous discernez ce mot ? Pot-de-colle ? Plus ou moins…Disons que je deviens plus tactile…un peu comme Rosier…Pire ? Il m’a déjà repoussé une fois… Vous comprenez ? »

Tic Tac

Plus tactile ? Finalement, cette perspective pourrait presque l’emballer. Malgré un criailleur état de paupérisme, il se risquerait bien à cette conjecture.

« Ce cher Monsieur Rosier… Je plains ses subalternes au ministère… Je sais bien que même vous ne pouvez canaliser ses humeurs. Je ne doute pas que vous ayez essayé avec moult motivation. Donc ce régime sans sucre, nous sommes d’accord pour que vous le commenciez dès demain ? Je donnerai quelques indications en cuisine à votre intention. »

« Oubliez ce que je viens de dire. Ma foi, un peu d’impasse sur le sucre ne ferait pas de tort à ma santé… » Luisant de coquinerie, ses crocs se dessinaient dans sa gueule gastrolâtre.



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Sam 27 Oct - 16:19


Dragibus Noir

ft. Camille Nott

La nuit s’est tout à fait emparée d’un ciel désormais piqueté d’étoiles. Épinglées au firmament, elles veillent sur le château et ses habitants parmi lesquels deux imbéciles échangeant des politesses dans le bureau directorial. Je m’en trouve à la fois amusé et irrité de décocher ainsi badineries et joutes verbales avec Camille Nott, ne me souvenant que trop bien de nos années de folle jeunesse. Pourtant, la conversation s’apprête à prendre un tour particulier auquel je ne m’attendais pas. Touché par la grâce des crocs d’un serpent, j’ai frôlé la mort de si près que de nombreuses choses jadis importantes s’en sont retrouvées reléguées au rang de bagatelle. D’autres, à l’inverse, qui avaient toujours eu les couleurs de l’insignifiance sont devenues piliers de ma vie.

Quoi que je passe mon temps à vitupérer contre l’oiseau, Fumseck est l’une d’entre elle. Je ne suis assez prompt pour intercepter l’enchantement que lui lance Nott sur le ton de la politesse. Je me fige. Dos raidi. Je le laisse déblatérer ses réponses tout en observant l’oiseau paralysé, comme incapable de réagir au tout premier moment. Désemparé. Toute cette conversation semble soudainement vaine. Fumseck, immobile, me toise calmement. Je ne vois aucun ressentiment, aucune colère dans son œil. Non, il y a autre chose, une invitation. Il me faut choisir. L’impérieux appel résonne lorsque ma voix claque, quelques minutes après la stupefixion. Je ne me rends même pas compte que j’ai coupé mon professeur au milieu d’une phrase après être demeuré immobile, tout ce temps, ignorant les roucoulades et ribauderies de mon vis à vis dans une indélicatesse qui ferait frémir n’importe quel homme du monde. Absorbé par l’oiseau et les flashs de ma mémoire, je m’en suis trouvé happé dans une succession d’instantanés volés au voile de la mort. Flash. Les crocs de Nagini déchirent ma gorge. Flash. Deux yeux verts accrochés à la noirceur bienvenue de l’oubli. Flash. La flamme d’une caresse sur ma gorge. Flash. Les perles roulent le long du plumage de l’oiseau. Flash. Les larmes d’un phénix.

« Oubliez ce que je viens de dire. Ma foi, un peu d’impas...
- Camille. Teignous. Nott ! »

Voix basse, si basse que l’autre n’aura peut-être pas entendu, roulée d’une fureur inédite. Je sors ma baguette, la pointe sur l’oiseau et mets fin à l’enchantement. La tempête se lève, balaie mes bonnes résolutions de ne pas perdre mon calme avec Camille Nott. Je me suis redressé derrière mon bureau tandis que le phénix vient prudemment s’installer sur mon épaule. Le volatile semble avoir perdu sa gouaille habituelle et ne jette sur Camille Nott aucun regard narquois pas plus qu’il ne se permet de trille victorieuse pour narguer l’enseignant. Il demeure au contraire étonnamment calme, presque compatissant avec Nott qui ne pourra que sentir le vent tourner. Ma voix s’est faite glaciale, lente. La fureur coule dans mes veines, pulse dans mon crâne, me bat les tempes.

« Si tu lèves encore une seule fois la baguette sur ce phénix, si tu touches à nouveau la moindre de ses plumes, je te tue. »

C’est une promesse que ponctue l’explosion des tasses et théière posées sur la table. Ma magie a frappé sans que je ne le lui demande. Depuis combien de décennies n’avais-je été sujet à la magie accidentelle ? L’ambre d’un thé devenu glacial coule sur l’ombre vernie du bureau, goutte sur le parquet. Quelques secondes d’immobilité, de silence. Lorsque je reprends la parole, le frimas de ma voix ne s’est pas estompé un seul instant. Mon coeur heure bien trop rapidement l’étau des côtes, et même la rassurante présence de l’oiseau auquel je dois la vie ne parvient à m’apaiser.

« Va-t-en. »

Un ordre guidé par la colère, mais pas seulement. Je sens le frisson de la magie piqueter le creux de mes paumes, le bout de mes phalanges. Appuyé sur le bureau, les doigts entremêlés de flaque de thé dont la surface s’est mise à craqueler. La température de la pièce semble avoir brutalement chuté. Depuis combien de temps n’ai-je été sujet à l’accident d’une magie indomptée ?

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