EVENT #1 | CRIME SORDIDE
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Sorcellerie

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grand maître
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Jeu 13 Sep - 21:25
Crime Sordideélèves et personnel de Poudlard



L’ombre rôde dans les couloirs de Poudlard à l’insu de tous. Dangerosité sans précédent, s’il en est : en ces temps troublés, il ne fait pas bon laisser proliférer les menaces. Par ce beau dimanche soir, l’ambiance est détendue dans la grande salle : les étudiants de Poudlard ont fait fi des tables de leur maison pour s’installer où ils le désirent, en groupe, avec leurs amis, fratrie ; l’on bavarde en toute insouciance sous l’oeil bienveillant des enseignants. Innovation du nouveau directeur qui veut, plus que tout, œuvrer au rapprochement entre les maisons, même si chacun sait qu’un petit serpent bat au fond de son cœur. D’ailleurs ? Où est l’auguste chauve-souris ? Pas de directeur à l’horizon pour présider le dîner. Ses collègues s’en inquiéteraient bien un peu, installés sur la haute estrade depuis la table professorale. Chacun sait que c’est là le petit plaisir, la petite fierté de Severus Rogue que d’être présent à chaque repas, surtout le Dimanche. Il trône d’ordinaire, balaie les assemblées de l’acier tranchant de son regard. Inflexible, dangereux, voilà ce qu’on se dit de lui repas après repas. Son absence n’en est que plus éclatante. Quelques murmures, sans doute, n’auront pas manqué de flotter dans l’air. Une partie des élèves aussi a remarqué la désertion du terrible fantôme noir des cachots… qui loge désormais au sommet d’une tour.

Personne ne sait, ce soir, ce qui est prévu. Dans les ténèbres du bureau directorial, une haute silhouette noire s’enivre du forfait commis. Il est temps... Il est temps de faire résonner sa voix dans la quiétude du château et d’annoncer à tous son méfait. L’intrus agite baguette magique. S’en extirpe la forme délicate d’une biche bleutée. Un patronus. L’animal s’élance, forme seulement devinée de quelques trop proches amis ; personne ne pourra découvrir la supercherie à moins d’intimement connaître le directeur de Poudlard. Parcourant les couloirs, traversant les murs, happant sur son passage l’intérêt des fantômes de l’établissement, le gracieux animal arrive enfin dans la salle. Quelques tours de piste, le patronus vole au dessus des élèves avant d’atterrir d’un bond gracieux devant la table des professeurs. A sa suite, le Baron Sanglant et Sir Nicolas de Mimsy-Porpington dit « Nick quasi-sans-tête », les fantômes attitrés de Serpentard et Gryffondor, venus observer les réactions. Naturellement, il avait bien fallut quelques complices dans les murs, et quels meilleurs complices que des fantômes pour une histoire de meurtre ?

Le pas de Severus Rogue résonne dans des couloirs si éloignés de la Grande Salle que nul ne l’entend. Ce soir, il compte bien resserrer les liens entre maisons… A sa façon. Son patronus doit être présentement en train de traumatiser toute une génération d’étudiants en leur annonçant sa mort. Le rictus plaqué sur les lèvres du directeur ne trompe personne : il s’amuse comme un gamin !

Une voix androgyne, profonde, réveille les consciences.

« Jeunes étudiants et étudiantes de Poudlard, personnel de l’école, l’heure est grave ! Quelqu’un a tué Severus Rogue, le directeur de notre établissement, dont le corps sans vie a été retrouvé dans le bureau directorial. L’école a été scellée à l’instant où son coeur a cessé de battre, mesure de précaution, à l’exception de quelques pièces, le coupable doit donc encore se trouver parmi vous. La bibliothèque et l’infirmerie où repose le corps seront, avec le bureau directorial seront les seuls espaces du château auxquels vous pourrez avoir accès au cours de la durée de l’enquête. Que les plus jeunes restent dans la grande salle sous la supervision d’une partie du corps enseignant, que les professeurs et les élèves majeurs volontaires mènent l’enquête. N’oubliez pas, le temps tourne… il pourrait y avoir d’autres victimes ! »

Manifestement, Severus Rogue a décidé d’instaurer une nouvelle tradition dominicale : le jeu de société trafiqué. Les élèves nés-moldus n’auront pas manqué de reconnaître le célèbre Cluedo… Main dans les poches, sourire satisfait au creux des lèvres, il ne manquera pas de surveiller de très près la suite des événements.



Note à l'attention des joueurs
Vous avez une semaine pour poster votre première réponse (soit jusqu’au 22 septembre 2018) ; tout post au premier tour de jeu équivaut à une inscription à l’event ; vous vous engagez alors à participer à l’intrigue sur le long terme. Vous pouvez, ce faisant, être désigné par tirage au sort comme étant l’assassin. L’information ne vous sera pas communiquée, comme dans un Cluedo classique. Le rythme d’une telle intrigue étant assez soutenu, il serait bien avisé de produire des posts n’excédant pas les 1000 mots (peu ou proue, nous n’irons pas compter les mots de vos RP) afin de permettre un jeu dynamique. Merci à tous et toutes de votre compréhension.
Il vous faudra enquêter dans trois lieux : bureau directorial, infirmerie et bibliothèque pour trouver les informations nécessaires à l’élucidation du meurtre. L’Event est ouvert aux étudiants de Poudlard comme au personnel de l’établissement. Le MJ Severus Rogue passera régulièrement faire avancer l’intrigue !

Eirian Almasdóttir

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Ven 14 Sep - 19:42
Dimanche. Premier dimanche sans son Tonton Osgeir. Demain, ça fera une semaine qu'Eirian rejoignit les rangs des apprentis de l'Ordre d'Hermès. Sept jours, cela passait vite dans les Highands, dans la demeure familiale. On récupère feuilles médicinales ou d'infusions avant que l'automne les emporte. On commence à sortir les couverture de peau pour bien se tenir aux chauds, on dépose les marmites sur le feu pour préparer les soupes au potiron et on ressort les tenues de laine que donnait gracieusement le vieux Fergus. L'odeur de ces bêtes était encore incrustée dans les mailles. Bientôt l'Automne et dans son petit village on commençait à s'y préparer. Mais elle, pour la première fois depuis qu'elle était chez les Verbenae, elle ne pourra assister aux préparatifs. Ici, sept jours lui paraissaient une éternité. C'est beaucoup trop pour ue petite bout de chou qui n'a jamais quitté les jupons de son oncle. Beaucoup trop pour une fillette qui peinait à comprendre ce nouveau monde qui s'ouvrait à elle. Ces sorciers étaient si... compliqués, la plus part du temps. Par exemple, ce système de « maison » et de tables assignées. Où est l'intérêt ? N'était-ce pas caprices et frivolités ? En quoi ça les aiderait à apprendre la magie et à la comprendre ? Et pourquoi le Dimanche soir, et seulement pour ce repas, toutes les couleurs s'y mêlaient ?

C'est en tout cas les questionnements qui se tramaient dans la petite caboche d'Eirian. Perdue. Confuse. Seule. Son regard observa l'assemblé quelque peu chaotique qui se présentait sous ses yeux. Des rires et des sourires, des railleries et des taquineries, ce repas était des plus animé et la petite écossaise ne savait où se situait sa place. Même les Poufsouffles s'étaient mélangés. Par instinct, comme un repère qu'on craint d'être privé au risque de se perdre, la fillette rejoignit les couleurs de sa maison. Point stratégique, elle resta en retrait mais assez proche de ses camarades pour ne pas se faire remarquer : une élève en bout de table est très voyant. Oh, non pas qu'elle détestait ses camarades jaunes, mais disons qu'elle se sentait... intimidée. Pas à l'aise. C'est difficile de se sociabiliser quand on était si timide. Et puis, au'est-ce qu'il faut dire pour plaire ? Qu'est-ce qu'il faut faire pour être acceptée ? Quels points en communs fallait-il partager alors que la seule culture qu'on détenait était une vieille tradition islandaise, enfermée à l'époque où on brûlait les sorcières avec toute l’austérité et la modestie d'une vie en forêt. Heureusement, les Poufsouffle n'étaient pas bien méchants et se montraient tout de même avenants avec elle. Dans tous les cas, soit ils venaient vers elle, soit elle restait dans son coin. Comme à cet instant. Et puis, tout le monde semblait si réjouis en cette soirée de retrouver des connaissances en dehors de sa maison. Et elle dans tout ça ? Est-ce qu'elle finira par créer quelques liens avec ses camarades ?

Un soupir lui échappa et ce fut d'une triste mine qu'elle observa ces mets succulents. Ils avaient l'air tout aussi appétissant les uns que les autres et pourtant, rien ne faisait chavirer son petit estomac. Pas très faim. Comme chaque repas depuis une semaine. Elle se contentait parfois de soupe, du pain et du fromage, mais rien de bien consistant en sommes. Si c'est le « Mal du Pays » qui était en parti responsable de son manque d'appétit, il y avait aussi une toute autre raison, bien plus pesante :

Eh... regarde... C'est elle... la petite Verbena...

Le rouge embrasa ses joues. Un petit groupe sur la table voisine l'avait repéré. Elle se sentait comme... une bête de foire. Leurs regards étaient lourds à porter pour une petite Pouffy' si sensible. Gênée d'être un sujet de discussion, qu'on parle d'elle dans son dos, qu'on la désigne discrètement d'un geste de doigt ou de menton, Eirian essayait vainement de se donner du courage notamment en leurs procurant des excuses à leurs comportements : c'est normal, c'est parce que les gens comme elle ne sont pas fréquents à Poudlard. Et puis, ils sont habitués à utiliser leurs baguettes comme focus, alors c'est sûr que ça doit les intriguer une enfant qui fait de la magie par le biais des runes. Ça va aller. Il faut juste faire comme si de rien était et continuer tranquillement le repas, tête basse, à compter les minutes qui la sépare jusqu'au moment du coucher. Son corps tout entier criait au malaise, crispée, recroquevillée sur elle-même : si seulement elle pouvait se cacher d'eux au fond d'un trou de souris. Et c'est dans ces moments pareils qu'on regrette son petit cocon d'amour et cette nostalgie se mua en une boule d'angoisse au fond de sa gorge.

Il arrive qu'elle puisse prendre son repas avec plus au moins de tranquillité, sans qu'il n'y ait de disputes, d'apparitions étranges de fantômes ou d'interventions magiques quelque peu farfelues. Ça ne sera pas pour cette fois avec l'entrée de cette biche brumeuse. Bon, d'accord, la magie de l'Ordre d'Hermès pouvait réserver quelques belles surprises, il fallait le reconnaître... D'un simple regard, toutes ces émotions négatives qui enserraient son coeur se dissipèrent en un sentiment de béatitude. Ça pétillait dans son regard et un flot de questionnements resta accrochée à ses lèvres. Que faisait cet animal ici ? On pouvait la caresser ? C'était gentil ? Joli rêve éveillé qui se transforma en cauchemars lorsqu'une voix d'outre-tombe s'éleva dans le Hall devenu silencieux. Ça parlait de Severus Rogue. De meurtre. De corps. D'enquête. Le silence gronda dans les rangs. Un temps suspendu. Une respiration perdue. Un battement de coeur opprimé. Et puis le chaos. Ça criait, ça s'agitait, ça geignait. On a tué le directeur ! Ils étaient tous en danger ! Quelle terrible nouvelle !

Et pourtant, le visage de la fillette fut de marbre, minois blafard et fermé. Elle avait bien entendu les nouvelles de cette biche, elle voyait la discorde qui régnait sous ses yeux. Mais elle resta figée sur son siège. La psychologique humaine pouvait être fascinant ! L'homme usait bien souvent des stratagèmes pour se protéger mais il n'était pas question d'arme ou d'armure, mais bien de psychique. Le déni était étonnant en cela ; un mensonge ancrait dans l'esprit et la chair capable de chasser toutes informations pouvant mettre en danger le mental et le coeur. Et à cet instant, la sordide nouvelle buta contre Eirian. Elle savait que c'était grave. Très grave. Voir inquiétant. Mais elle était comme dans un flottement, une sensation de ne pas être là et d'assister à un rêve. Tout ceci n'était qu'un chaos inutile, car Severus Rogue ne pouvait pas mourir, ce n'était qu'une simple rumeur et la fillette posa un regard qui se voulait réconfortant auprès de ses camarades jaunes. « Ca va aller, ne vous inquiétez pas » semblait-elle vouloir dire de ses yeux candides, mais c'était bien une sueur froide qui secoua son échine rigide.
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Connor O'Nialláin

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Sam 15 Sep - 12:53
Event # 1 : Crime sordide
ft. Trop de gens.
« Enfin mort ! C'est pas trop tôt ! » ▬ CONNOR.

Le ciel étoilé couvrant la tête des jeunes gens, l’Irlandais regarda d’un air circonspect l’allure des lieux. Stupéfié devant les rangées de couleurs qui s’étaient éparpillées dans la plus grande ignominie. Traditions éventrées pour permettre aux verts de s’asseoir à son banc. Le lion s’offusquait de cette audace, procédée en toute impunité de la part des serpents pour venir polluer son territoire - son espace qu’il considérait, avec son exagération caractéristique, vital. Il plissa ses orbes, nez froncé dépréciateur. Encore de la parfaite connerie distillée dans le crâne de Rogue ça.

Le jeune homme était, et ce depuis longtemps, président de l’opposition au directeur. Estimant la figure du chiroptère bien trop orgueilleuse de son pouvoir pour se permettre d’ébranler les ordres de toujours. Comme s’il en avait la totale légitimité, en plus. Pouffement amer ressortant de la gorge du jeune O'Nialláin. A croire que cette tête de con oubliait avec le départ des autres générations ce qu’il avait fait. Au point d’avoir atteint l’insouciance d’un colibri sur cette dernière année où résidaient cependant encore des témoins. Et victimes même. Sa cicatrice à la naissance de son crâne lui brûlant vivement l’arrière du cou.

Car oui, Connor, lui, n’oubliait pas. Ces images horribles des terribles épisodes de tortures revenant en boucle pour juste alimenter sa rancœur. Les échos de ses propres cris résonnant dans son crâne. Ces fantômes de la douleur galopant le long de son échine. Il n’était plus apaisé. Marqué en somme à vie par les mauvais traitements. Une cruauté au nom d’un mage noir, d’idéologies purement gangrenées murissant dans des esprits pas finis. Cependant ayant pris assez de recul pour garder en conscience le caractère inexpérimenté des sévices qui s’étaient immiscées dans la silhouette de l’enfant qu’il était à douze ans. Ce n’était qu’un entrainement de bizus. Des mains tremblantes et vierges. Impardonnables ressortant faibles, par moments même non voulus mais obtenus sous la contrainte et la peur. Maitres de tortures terrorisés eux-mêmes face aux grands yeux de leurs benjamins sur lesquels ils braquaient leurs baguettes, mais cobayes dont on retira jusqu’à l’essence de vitalité. Son corps d’enfant n’ayant même pas pu se redresser après ça. Il n’était pas le plus à plaindre mais aucun gamin n’aurait dû connaitre cette expérience.

Surtout qu’on ne pouvait effacer les injures pour cette jeune âme qu’il fut, bien qu’il avait réussir à fuir. Gardant depuis seulement en tête ce besoin de vengeance. Appel devenu plus urgent par la présence de la Chauve-Souris qui n’embrasait que l’ombre de ces temps noirs. Il n’était pas prêt de lui pardonner. Comme de son culot de se dresser encore à cette place honorifique. Tête droite alors qu’il aurait dû courber sous le poids de son orgueil. Rogue après tout avait été, lui aussi, un cancer de ce monde. Maintenant maillon à pouvoir en extérieur mais pourtant défaillant à l’intérieur. Le lion n’en démordait pas. Et ne l’excuserait jamais, même s’il avait été blanchi. Même si on criait au courage de ce couard qui avait laissé les Carrow s’amuser – oui, ces ordures y avaient pris plaisir, comme certains des élèves qu’ils entrainaient d'ailleurs. Même s’il était un agent double. Pensée railleuse déchirant les commissures des lèvres du Gryffon en un rictus de même caractère. Il était persuadé qu’une part de Rogue se serait ravisée au camp gagnant qu’elle que fut la finalité de toute façon. Serpent – après tout n’oublions pas sa nature - dormant dans sa sournoiserie pour ne nourrir que ses propres intérêts. Il n’avait pas de principe ce con, et encore moins de réelles fins pédagogiques. L’Irlandais était buté dans ses idées – et purement répugné de l’entité entière de ce foutu Directeur.

C’est pourquoi en cette heure il ne fut que ravi d’observer le siège vide de l’homme qu’il exécrait. Bien qu’en compagnie de petits bouffons de vert et argent à sa gauche qu’il fit partir sans scrupule dès le repas dressé. Bien prêt à leur faire regretter d’oser s’aventurer en ses terres félines. Rien que de siéger à sa table les rendait criminels. Les blâmant de moqueries salées en les chahutant quelque peu, non sans oublier de garder un œil sur Vasiliev – beaucoup trop vigilent ce nouveau pion, trouvait-il, il fallait s’en méfier. Mais atteint rapidement ses fins en observant les morveux reptiliens s’enfuir à une autre table. Lèvres moqueuses étirées alors qu’il savourait le pouvoir qu’un septième année pouvait avoir sur des bleus. Gavé et ravi de cette finalité, suite à quoi il entreprit finalement un bon repas en compagnie de ses proches – à l’écho de sa palette pour leur cas. La troupe composée de plusieurs figures lionnes dont plusieurs de ses joueurs de Quidditch et amis des années supérieurs. Dans lesquels siégeaient une petite batteuse qu’il était un des rares à accepter de l’avoir dans sa proximité à ces réunions digestives.

Le repas se laissa ainsi bercé dans diverses histoires – contes de leur période estivale pour la plupart. Ambiance chaleureuse pour ces retrouvailles entre frères et sœurs de cœur qui avaient finis par fortement se lier au cours des années à se côtoyer nuits et jours. Ponctuée cependant par les chamailleries obligatoires entre le Poursuiveur et la brunette à ses côtés qui ne cessait de jacasser, les bras étendus pour lesquels il ne tarda pas à la menacer de les briser si elle continuait – dont elle fit fi bien entendu. On ne changerait jamais Siobhán après tout. Mais finalement profitant de l'intérêt du petit bout de femme plongée dans ses récits pour venir par piocher dans l’assiette de sa camarade quand la sienne fut vide. Voleur sur le moment qui fut démasqué trop tard, le regard pluie du lémurien découvrant sous son étonnement sa propre assiette à moitié boulottée ainsi qu’un voisin de gauche à la mine bien trop fière pour ne pas être suspect. S’en suivirent les répercussions composées de quelques noms d’oiseaux, d'admonestations qui ne l’inquiétèrent guère – il en ria même dans la plus belle provocation qui fut, récoltant pour tout dernier mot un poing dans l’épaule. En somme, un repas habituel pour ces jeunes gens.

Mais auquel une forme bien particulière vint tenir rôle de péripétie. Vapeur galopante sur le sol de pierre, trônant dans sa beauté animalière au milieu de la Grande Salle pour obtenir en un rien de temps l’attention de tous. Le viride des yeux du jeune homme louchant lui-aussi sur cette apparition inusuelle, surpris en reconnaissant là un Patronus – ayant déjà sorti le sien l’année précédente pour se retrouver face à un gros Saint-Bernard qui l’avait totalement dérouté dans sa banalité et l’image absolument pas à la hauteur de ce que le jeune O'Nialláin était vraiment, selon lui. Vexé dans son égo par son propre totem, fallait le faire.
Le brun haussa un sourcil, et se tût immédiatement. Captant dans une poigne ferme les mains de sa voisine pour qu’elle arrête de lui molester l’épaule à répétitions.

Et vint l’annonce... Sublime. Délicate. A l’image de cette biche qu’il aurait bien embrassée sous l’émotion tandis que ratèrent quelques battements de cœur dans sa poitrine. Pouvait-on vraiment dire qu’il était salaud de penser du bien d’une mort ? Peut-être. Mais c’était bien le cadet de ses soucis. Rogue était mort, enfin, merde quoi ! Unique information qu’il retint en premier lieu. L’imprimant en couleurs festives dans son crâne alors qu’il vint poser ses prunelles sur la place vide du Directeur. Laissant son visage s’éclairer de pétillements. Il l’avait bien mérité cet abruti, pensa-t-il. Et visiblement, un esprit avisé s’était enfin chargé de son cas – bien que la jeune âme fut quelque peu déçue de ne pas avoir pu voir ça. Surement l’une des seules mines par ailleurs qui tranchaient dans la foule, non horrifiée pour un sous mais galvanisée par la morbide annonce. Se promettant même dans le plus grand irrespect d’envoyer fleurs et chocolat à l’assassin. Et ne sortit que de sa félicité quand les murmures se firent trop importants pour qu’il ne les ignore encore.

Surtout quand l’un de ses frères chuchota « L’assassin est encore présent ? C’est quoi ce bordel ? ». Ramenant l’Irlandais sur la Terre ferme en papillonnant un peu des yeux.

« Hein ? s’exclama-t-il, bêta. »

Et récolta d’incrédules regards de la part de ses confrères, jugeant tous sans se cacher de sa stupidité. Mais une âme charitable accepta pourtant de lui répéter le discours de la forme argentée qui s’était évaporée dorénavant. Déchirant son visage d’un superbe sourire – sans même qu’il ne vit la supercherie ni l’incongruité qu’on laisse les élèves enquêter ou se risquer dans les couloirs alors qu’un meurtrier rôdait -, il n’attendit pas plus pour se lever. Revenant trancher la foule de sa hauteur pour se tourner vers les autres avec une énergie bien vive. Gueule d’ange sans gravité marquée dans ses traits, mais plutôt l’étincelle de la curiosité et du défi de savoir en premier qui avait fait ça trônant dans ses iris. Il ne perdit même pas le temps de constater de l’effarement des autres à son enthousiasme qu’il estimait pour sa part tout à fait justifié.

« Alors qu’est-ce qu’on attend ? Vous venez ? »

Surtout il n’avait qu’une hâte. Une flamme malsaine flambant dans l’esprit passionnel : il voulait voir le corps de Rogue. Témoigner lui-même que son dernier souffle avait été signé. Qu’il avait bien crevé, ce con.


Credits : Gasmask



Défis écriture effectués:
 


Casadh bean-tsí dom thíos ag Lios Bhéal an Átha, d`fhiafraigh mé di an scaoilfeadh glas ar bith grá.  Is é dúirt sí os íseal i mbriathra soineannta sáimh « Nuair a théann sé fán chroí cha scaoiltear as é go bráth. ».

Charlie A. Davidson

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Dim 16 Sep - 10:50
Crime sordide
Event Poudlard
Poudlard, le dimanche soir. Moment préféré de la semaine : on peut s’installer où on veut, manger avec qui on veut, et aller explorer de nouvelles tables à sa guise. Béni soit le directeur de me permettre officiellement d’aller me poser une fois chez les Serpentard, une fois chez les Gryffondor, une autre fois chez les Pouffsouffles. Civet sur l’épaule, je gratouille sa petite tête entre ses oreilles. Mes parents me l’ont offert d’une animalerie moldue, mais j’ai l’impression qu’il est plus serein et moins craintif depuis qu’il vient à Poudlard. Est-ce qu’il commencerait à devenir un lapin magique ? Genre, il pourrait apprendre des vrais tours et botter des culs ? J’suis pensif en cherchant du coin de l’oeil une place vide. Y’a du peuple, ce soir !

Bien sur, les plus jeunes de Prima Sapientia sont rentrés chez eux. Ils rentrent chez leurs parents le weekend. Mais il reste tous les élèves de Poudlard. Je suis à peu près sûr que ça doit déprimer de ne plus voir ses parents. Moi aussi je déprimais aux USA à Ilvermorny. Pour ça, je suis quand même bien soulagé d’être revenu au Royaume Uni, on va pas se mentir.

Je m’apprête à aller squatter la table des Serpentards, pour le fun, lorsque je croise le regard perdu dans le vague d’une petite tête brune. Première année, sans doute… Eh merde, je vais encore jouer les grands frères ! Chaque année, ça rate pas, je ne résiste jamais ! Je m’approche de la table et m’installe à la place en face d’elle juste à temps pour entendre un groupe de gamins la désigner comme « Verbena ». Je suis né moldu, j’ai aucune idée de ce que ce mot veut dire… Enfin, si. Je sais que c’est une tradition différente de magie, mais à part ça… J’attrape Civet et le pose sur la table devant la gamine. « Allez, souris ! Mois aussi ma famille me manquait les premiers weekend ! Tu veux lui faire un câlin ? Il s’appelle Civet ! »

Si elle résiste à l’ironie de ce nom et n’éclate pas de rire, c’est qu’elle est perdue pour l’humour, définitivement ! Et puis le petit lapin blanc qui la contemple avec de grands yeux, c’est censé la faire fléchir, non ? Moi, en tous cas, j’aurais fléchi, mais je fléchis toujours face à cette petite pomme d’amour.

Je lui tends la main pour qu’elle la serre. « Moi c’est Charlie, j’suis en sixième année à Serdaigle, mais ma vraie passion secrète, c’est la pâtisserie ! Tu es déjà allée dans les cuisines de Poudlard ? »

Que ne faut-il faire pour amuser la galerie et détendre l’atmosphère. Mais j’ai jamais aimé voir des gamins avoir le mal du pays. Je l’avais moi-même un peu trop en première année par-delà l’océan.

C’est à ce moment là qu’une biche surgit dans l’assemblée. Un patronus. Plutôt classe, d’ailleurs, même si, définitivement, un lapin angora c’est plus chou. Civet et moi échangeons un regard, je lui gratouille le museau pour le rassurer. Les lapins ont besoin de sentir un contact sur leur front lorsqu’ils ont peur. Instinct de conservation, toujours.

J’interromps mon geste en entendant la nouvelle. Rogue est mort. Faisant fi de la petite nouvelle à côté je lâche un « ho putain... » du plus mauvais effet. Non mais Rogue, mort. On parle du mec inflexible et flippant dont j’ai quand même tenu à suivre les cours. Du gars qui a permis le meilleur moment de la semaine : le repas du dimanche soir. Et là, bam ? Il est mort ? Comme ça ? Juste… Comme ça ?

Je suis tellement sous le choc qu’il me faut quelques instants de réflexion pour me rendre compte qu’il y a des trucs qui ne collent pas. Et les cris de joie à la table des Gryffondor aident pas vraiment à se concentrer. Attends, des cris de joie ? Je vois un rouge et or qui semble visiblement très pressé d’aller constater le forfait… Son forfait ? Et pourquoi permettrait-on à des ados d’aller enquêter ? On devrait tous être bouclés dans nos dortoirs non ? Ou consignés dans la Grande Salle. Je fronce un sourcil et j’avise la petite bouille devant moi.

« ça te dit qu’on aille voir ce qu’il se passe ? Je pense pas qu’il y ait de danger, sinon ils nous auraient mis à l’abri dans nos dortoirs. Je commence plutôt à soupçonner une sorte de… jeu ? » Définitivement, ça me fait penser à tous ces jeux vidéos d’enquête et à toutes ces heures passées sur le cluedo familial. Je lorgne du côté du personnel de Poudlard : qui donc est au courant ?

784 mots
☾ anesidora

Regulus Black

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Dim 16 Sep - 16:27
Event # 1 : Crime Sordide
C'était l'un de mes premiers soirs à Poudlard, et si l'atmosphère était clairement à la détente, ce n'était pas aussi évident pour moi.

Les élèves allaient et venaient à leur guise entre les différentes tablées, s'affranchissant avec plaisir des restrictions qui leur étaient imposées habituellement en semaine. Un petit grain de folie souhaité par le directeur de l'école, Severus Rogue. Ce dernier était pourtant réputé pour la sévérité de sa mise, l'austérité de ses préceptes, et le strict regard de la tradition. Pourtant, et il m'avait prévenu avant que je ne débute ma mission d'enseignement, il autorisait quelques périodes de liberté pour ses élèves, afin de tenter de rapprocher les élèves entre eux et de limiter les effets des ravages des conflits externes à l'école. Une manière comme une autre de préserver le havre de paix que constituait ce lieu d'étude et d'éducation.

Mes muscles étaient contractés. Je ne connaissais plus grand monde à Poudlard d'une part, et d'autre part, la guerre contre le Seigneur des Ténèbres avait initié toute une série de mesures qui avaient changé le mode de fonctionnement de l'école. Poudlard accueillait, par exemple, une section d'études anticipées pour jeunes sorciers, Prima Sapientia, censée inculquer quelques préceptes permettant aux enfants sorciers qui leur seront utiles pour la suite de leur scolarité.
Mais Prima Sapientia n'était pas de mon ressort. Je n'enseignerai pas à ces jeunes novices, mais étais dévolu à enfoncer, de gré ou de force, dans les crânes adolescents les rudiments de l'Art des potions. Une tâche plus compliquée qu'il n'y paraissait : dans la masse de ces jeunes gens innocents traînaient mes propres enfants. Je guettais leurs visages, mais ces petits malins devaient se cacher de mon regard, car j'avais eu grand peine à détecter la cascade blonde qui appartenait à ma fille. Quant à son frère, il aurait revêtu une cape d'invisibilité que ça ne m'aurait pas étonné. Avoir des enfants doués pour la dissimulation, c'était l'horreur.

Je portais un verre de vin des elfes à mes lèvres, peu d'humeur à l'apprécier en vérité. Mon regard traînait sur un groupe de Gryffondors parmi les plus vieux dont la particularité majeure était de refuser le mélange avec les autres maisons, en particulier les Serpentards. Severus avait beau dire, certains clivages existeront toujours. Moi-même avait du mal avec le principe, sans le remettre en question, mais incapable d'en vouloir à ces jeunes gens de ne pas se montrer enthousiastes face à ce petit jeu des libertés dominical.

Mes pensées furent interrompues par l'apparition spectrale d'une biche magnifique, nimbée d'un hâle argenté. Elle trottina jusqu'au centre de la Grande Salle, avant de délivrer son message funeste.
Severus Rogue avait été assassiné. Mon sang se glaça dans mes veines, mon souffle s'était aussitôt ralenti et mes sens étaient aux aguets. Mais la suite du message me laissa hautement perplexe. D'une part, de qui venait-il ? Ensuite, ne devait-on pas consigner les élèves dans les dortoirs pour leur sécurité ? Enfin, le personnel de Poudlard ne devait-il pas être convoqué pour décider des mesures d'urgence et de tenter de faire une enquête préliminaire qui pourrait mener rapidement au coupable, ou au moins préserver les éléments de preuves qui seront utiles aux enquêteurs du Ministère de la magie ?
Cela paraissait hautement illogique et je suspectais une macabre mise en scène. Mais venant de qui ? Mon regard se posa instinctivement sur mes nouveaux collègues, et leurs propres visages incrédules et méfiants me répondirent. Aucun d'eux ne semblait plus au courant que moi.

Mes oreilles captèrent l'effroi de la plupart des élèves, ainsi que le ravissement à peine dissimilé des autres, Gryffondors pour la plupart. Dans un réflexe typiquement Serpentard, je fronçais les sourcils, prêt à sortir une réplique cinglante à ces jeunes sots, avant de me rappeler que mon statut de professeur m'appelait à la dignité et à l'équité.
Ce qui m'inquiétais, c'était de savoir ce que signifiait "le temps tourne, il pourrait y avoir plus de victimes". Tout ceci ressemblait à un jeu. Dangereux, macabre... Mais pour quelle finalité ? Je chuchotais en direction de mes collègues :

- Il faudrait emmener les plus jeunes élèves dans les dortoirs. Tout ceci est en train de les traumatiser.

J'en voyais beaucoup se mettre à trembler en lançant des regards inquiets en direction des ainés et des professeurs. Ils ne devaient rien comprendre.

- Pour le reste, qu'en pensez-vous ?


Personnellement, j'étais tenté pour que nous nous organisions. Mais d'un autre côté, je trouvais déplaisant de me soumettre aux exigences farfelues de notre interlocuteur mystère.


Défi : 755 mots
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Hieronymus P. Vasiliev

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Dim 16 Sep - 21:02


Crime SordideEvent #1 Poudlard

Le dos droit, les épaules souplement relâchées, je guette. Comme le reste du personnel, je suis attablé sur l’estrade, en hauteur. J’observe toutes les tables, déjà prêt à bondir à la première incartade. Pour le moment, tout se déroule bien. Il y a bien quelques Serpentards qui semblent comploter, ce garçon qui a ramené son lapin en plein milieu de la table des Pouffsouffles et ces Gryffondor qui semblent bien décidés à rester coûte que coûte entre eux, mais de façon générale, tout est calme.

L’absence de Severus Rogue, en revanche, je ne me l’explique pas. Il m’a vanté ce repas du dimanche soir avec beaucoup d’insistance et de conviction. Comment ose-t-il ne pas venir ? Que m’avait-il dit, déjà ? Ah oui : « une mesure visant à abolir de trop vieilles dissensions ». Là, clairement, en brillant par son absence, il n’abolit rien du tout. Les lèvres pincées, je scrute la foule, répond brièvement lorsque l’on m’adresse la parole. Mon voisin est plutôt discret. Black, le nouveau professeur de potions. Son nom ne m’est pas étranger : la haute société londonienne a été toute ébaudie de savoir un héritier de cette illustre famille encore en vie. L’annonce de son recrutement à Poudlard n’est pas vraiment passée inaperçue dans certains milieux… A commencer par la maisonnée de sa cousine. Le sait-il qu’il a désormais l’attention pleine et entière de Madame Malefoy ?

Je me pose la question en regardant brièvement son profil. Il paraît pensif. La décence m’interdit de le troubler pour engager la conversation. Ce serait d’ailleurs de mauvais goût un dimanche soir de de deviser de politique.

Une biche jaillit avec fracas au milieu de la pièce. Je n’ai jamais vu pareil patronus et ne peut m’empêcher de me demander à qui il pourrait bien appartenir. Les nouvelles sont mauvaises. Severus Rogue assassiné. Ridicule, enfin ! Je l’ai croisé encore plus tôt dans la journée, il ne semblait pas redouter quoi que ce fût… Et ces instructions. Etranges instructions. Mon voisin s’ébroue, ses pensées ont probablement suivi le même chemin que les miennes.

« Vous avez raison, Monsieur Black. Il n’est pas convenable que cette jeunesse soit ainsi exposée à la découverte d’un cadavre ou d’un piège. Nous ne savons rien de la sécurité des dortoirs. Peut-être pourraient-ils demeurer ici sous étroite surveillance de l’un ou l’autre d’entre nous pendant que le reste du corps enseignant tire cette histoire au clair ? »

Je secoue la tête.

« Dans tous les cas, permettez-moi au moins d’empêcher les premiers élèves de se disperser tant que nous n’aurons pas tranché. »

Sans ajouter mot, je me lève et contourne la table en m’époussetant une épaule. Baguette magique sur la gorge, je murmure un « sonorus ». Voix implacable.

« Mesdemoiselles et messieurs, veuillez vous calmer et vous rasseoir s’il vous plaît. Aucun d’entre vous, j’en suis certain, ne désire se précipiter contre l’avis du corps enseignant ici présent. Ce serait terriblement dommage d’écoper de retenues impromptues en raison d’un goût morbide pour le crime, n’est-ce pas ? »

Je me suis placé devant les portes de la grande salle en remontant l’allée et me tient droit devant l’entrée, prêt à empêcher tout élève de sortir sans avoir reçu l’assentiment du corps enseignant. J’ai levé le menton vers mes collègues, signifiant que j’attends leurs indications.
555 words (c) Fortuna

Hilde Paderna Ollivander

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Mar 18 Sep - 21:08


Crimes sordides

Event 1 Poudlard

Serpente l’ombre par delà les étoiles du plafond ensorcelé de la Grande Salle. Bénis soient ces instants de réconfort où tombe le masque des maisons. Je suis accoutumée, désormais, à la réticence de mes collègues à cette idée, somme toute novatrice, du Directeur. Cela me fait sans doute un peu de peine de le reconnaître dans le fort de mes lèvres scellées, mais l’idée n’est pas mauvaise. Elle est excellente. J’ignore si mon amitié avec Veredis fut déterminante dans ce choix, mais je m’en accommode plus que volontiers. Mains lovée dans celle de ma meilleure amie, je l’attire, un petit sourire aux lèvres jusqu’à une place libre. Une place loin de Connor à la table des Serpentard. Je sais toute la réticence du capitaine de l’équipe de Quidditch à cette tradition, j’ai pu déjà observer ses furieux coup d’oeil vers d’autres élèves à l’occasion de ces repas dominicaux. Quelle tristesse.

Je m’installe à un bout de table avec ma meilleure amie. La lumière des étoiles scintille sur la pâle blondeur de mes nattes. Austérité et sérieux sont de mise, comme toujours. Quand donc laisserai-je tomber le doux masque de ce sourire paisible ? Jamais, sans doute. Jamais en public, en tous cas. Face à face, je puis me perdre dans l’éclatante exubérance de mon amie.

« Cela me fait bizarre d’être assise à la table des Serpentard » lâché-je dans une mine qui se voulait badine.

Le coeur n’y est pas. Il n’y est jamais. Les ridules de joie ne sont qu’affection dans le monde. Délicatesse de l’étiquette apprise à Beauxbâtons. Respect des convenances. Un masque si pratique pour prendre assurance et délaisser les blessures de son âme. Je me plais et me repais de voir la tromperie si bien prise. Si bien prise, sauf avec elle. Veredis est la seule moitié de mon âme à qui offrir sincère sourire et chaleur de l’étreinte. Tendresse s’égare un instant avant la tourmente.

Élégante Cervidé jetée en pâture dans l’âtre des terreurs. Une biche jaillit sur le pavé de marbre, sabots immatériels enfumant de brumes magiques le silence stupéfait de la salle. Voix androgyne, qui parle? Cela ressemble fort à un méchant piège. La panique me gagne, et j’entends si peu, si peu tous les intervenants extérieurs. Je ne suis que crainte, toute prête à me jeter sous la table pour y être oubliée. La terreur cogne à mes tempes et délite mon masque poli. Traits s’affaissent, retentit enfin une voix amplifiée.

Je n’ai pas bougé, suis restée médusée, et me tourne enfin vers la table des professeurs où tous, Severus Rogue excepté, se tiennent. Je n’avais même pas noté l’absence du Directeur. J’enserre de ma paume la main de Veredis, pont jeté par-delà la rivière de la tablée.

« Tu crois qu’il y a un danger ? Un vrai danger ? Les consignes ne sont-elles pas étranges ? »

La crainte vibrant dans ma voix est sincère. Je redoute à nouveau les affres de la guerre. Soudainement, j’ai à nouveau douze ans, et tressaille sous le doloris porté.

507 mots

Veredis S. Beurk

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Ven 21 Sep - 21:15
Crime Sordide
Tu soupires d’aise. Enfin le Dimanche. Le meilleur moment de la semaine, selon toi : non seulement il n’y a que peu d’obligations, mais, de surcroît, les élèves peuvent profiter librement de leur soirée et s’asseoir où ils le désirent. Personne ne te regarde bizarrement si tu vas t’asseoir chez les Serdaigles ou Pouffsouffles, et l’immense majorité des Gryffondor semble à l’aise avec ta présence aussi. Oh, il y aura toujours bien un réfractaire ou deux, mais qui s’en soucie ?

Ce soir là, tu te laisses guider par Hilde. Tu apprécies de la voir décidée et un peu moins glaciale qu’à l’ordinaire. Elle sort de sa chrysalide, c’est bien. Lorsque ses yeux pétillent de cette nuance de bleu pur, tu te revois à Mahoutokoro, lorgnant le ciel en attendant l’ondée. Tu apprécies ce regard là et cette présence là. Te voici dans ton fief : ton amie t’a amenée à la table des Serpentard. Cela ne te dérange pas, tu connais bien l’endroit.

Vos conversations roulent, badines. Tu observes la salle, note l’absence du Directeur. Qu’est-ce que cela peut signifier ? Tu n’en as pas la moindre idée. Ton amie te fait part de son sentiment. Tu sens alors que cette joie qu’elle manifestait n’était que factice. Ta bouche se tord en un sourire désolé.

« Tu sais que tu es partout chez toi, Hilde. Partout. Je t’ai déjà dit que si tu voulais visiter nos quartiers... »

Tu t’interromps en lâchant un éclat de rire. Quelle exaltante perspective ce serait : Hilde et toi, seules contre le monde dans le repaire des orvets. Et puis tout bascule. Tu sens la panique gagner la salle, et ton amie en particulier. Tu as écouté les grondements de la foule et les murmures anxieux de la Gryffondor. Tu te lèves alors que le concierge se dirige devant les portes pour empêcher tout le monde de sortir. Tu passes ta main sur l’épaule de Hilde pour l’encourager à se lever et te suivre, puis, sévèrement, tu toises les premières années de ta maison.

« Assis Perkins ! Vous n’avez pas entendu ce qu’a dit Monsieur Vasiliev ? »

Ce disant, tu remontes jusqu’à la table des professeurs et tu poses la question que tout bon préfet en chef poserait.

« Peut-on faire quelque chose, professeurs ? »

Sorcellerie

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grand maître
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Sam 22 Sep - 14:00
Crime Sordideélèves et personnel de Poudlard



L’ombre se meut avec la délicatesse toute féline de l’espion avalé par les ténèbres. L’annonce a dû résonner dans la grande salle, parfait, parfait. A l’encoignure d’un corridor, Severus Rogue s’est posté, tapi dans l’obscurité avec une satisfaction évidente. Il n’a pas prévu de traumatiser des générations d’étudiants par sa seule maîtrise des remarques acerbes. Non. Le jeu de société est également un excellent moyen. Il faut juste que ce soit un peu spectaculaire, indolore, et amusant. Pour le spectacle, il a déjà frappé un grand coup avec son patronus. Reste à mettre en place la suite des réjouissances : faux cadavre à l’infirmerie accepté de mauvaise grâce par le personnel infirmier qui a jugé un peu « révoltante » cette farce. Indices disséminés sur la scène du crime, son bureau, et dans la bibliothèque. Il est temps de choisir qui et surtout pourquoi on l’a prétendument tué.

L’ombre grise de la Dame de Serdaigle s’avance vers lui, entourée de l’aura spectrale de sa condition. Sa voix glisse avec douceur dans le couloir désert. Vénus venue lui rendre des comptes sur sa demande.

« Les professeurs sont en alertes, les élèves consignés dans la grande salle : ils soupçonnent quelque chose et redoutent un piège. Les plus jeunes élèves sont très effrayés, bien sur. Les plus âgés sont avides d’action.
- Bien, très bien. »

Murmure appréciateur. Le directeur ne peut s’empêcher d’éprouver vive fierté à la réactivité de son personnel prêt à tout pour veiller sur les oripeaux de jeunesse que des parents leur confient avec une certaine nonchalance. Vraiment, son équipe a été recrutée avec grand soin et se charge de mille promesses pour les combats à venir. Mais en cette soirée, l’heure est au délassement. Un sourire braillard sur les lèvres tel que nul fantôme n’en vit jamais sur le minois de Severus Rogue, celui-ci lance la phase deux de son plan.

Secouant baguette, il fait apparaître un nom, au hasard, parmi les présents dans la Grande Salle et retient un rictus d’amusement en le découvrant. Comme c’est surprenant ! Au même instant, tous les indices magiques disséminés dans le château pour le jeu se transforment, liés à ce nom. Un lambeau d’uniforme scolaire dans le bureau, un cheveu sombre égaré sur le corps, une vague odeur de bois ciré flottant autour du cadavre. Menus indices qui pourraient être découverts à la suite d’examens des lieux. Mais ils ne sont pas seuls. D’heure en heure, le mystère s’éclaircira pour quiconque joue le jeu…

Et le jeu, il faut le jouer : nul n’arrivera à quoi que ce soit en tergiversant dans la grande salle. Sourire sardonique aux lèvres, le Directeur agite baguette. Aussitôt, le plafond magique se met à libérer quelques gouttes claires. De bruine en bruine, c’est une véritable averse qui s’abat sur les occupants de la Grande Salle, soufflant bougies, détrempant vêtements. Le ciel magique s’est teinté d’orage et tonne et gonde le tonnerre enchanté. Quelle ironie : la soirée au dehors est splendide.

« Vous êtes vraiment retors, monsieur le directeur. »


Sourire sardonique pour répondre à l’accusation à peine voilée de la fille Serdaigle.



Note à l'attention des joueurs
L’assassin a été tiré au sort parmi les présents du premier tour : réjouissez vous ! Si vous êtes personnel de Poudlard ou élève et que vous n’avez pas eu le temps de répondre présent pour le premier tour : pas d’inquiétude, vous pouvez encore venir rejoindre nos petits enquêteurs.

Le prochain post du maître du jeu aura lieu le 3 octobre. D’ici là, vous pouvez répondre autant de fois que vous le désirez dans l’ordre de votre choix ! Bon jeu !

Quatre lieux sont ouverts au rp : la Grande Salle (sous la pluie), le Bureau du Directeur, l'Infirmerie et la Bibliothèque ~

Connor O'Nialláin

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plume d'argent
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Sam 22 Sep - 16:39
Event # 1 : Crime sordide
ft. Trop de gens.
« Enfin mort ! C'est pas trop tôt ! » ▬ CONNOR.

La barbe. Voilà ce que pensa le Gryffondor qui ne prit par ailleurs pas la peine de venir répondre aux exigences de leur nouveau pion. L’ombre malachite scellant un ses regards emplis d’ondes d’insolence sur la figure d’autorité qui remontait les tables. Cette dernière le dépassant même mais ne réussissant à faire courber la jeune âme enflammée de curiosité malsaine. D’envie de vengeance au bout de ses doigts. Le cœur empoisonné ne voulant entendre d’autres raisons que ce que ses yeux d’enfants avaient vus, et vécus, des années auparavant. Sous cette brise sulfureuse, il était impossible de faire du lion un chien obéissant. Bien qu’il laissa l’homme, pincé au balais enfoncé dans le cul - mais pas un de ces bons balais qu’appréciaient le jeune homme – prendre place devant les portes. Comme maitre du sceau de l’unique sortie de la pièce qu’il semblait bien avoir l’intention de garder intact. Les orbes clairs se plissèrent sur la gueule d’ange. Il allait devoir le faire dégager de là.

« Pour qui il se prend le petit concierge là ? marmonna-t-il sous le regard éberlué de ses camarades face à la stupidité de sa réaction – et le mépris de sa voix. »

Toquade trop forte au creux de son âme imbécile. Le rouge et or n’aimait pas être contrarié dans ses projets. Perdant le rictus à la commissure de ses lèvres. Pétillement de l’iris métamorphosé en voile protestataire qui n’arrangea rien quand les foudres du ciel décidèrent de s’abattre sur les épaules. Gouttelettes s’épaississant en une ondée qui lui glaça la peau autant qu’intima son désir d’action. Le lion en cage suivit son instinct sans plus attendre, venant à la rencontre son geôlier d’un pas affirmé qui frôla tel un souffle chaud la sévérité glaciale de l’homme qui lui faisait face. Ne brisant aucunement les chaines qui les coinçaient tous dans cette pièce mais appelant rien qu’en sa présence à un futur duel où deux forces contraires allaient venir se confronter.

Par ailleurs, il se moqua de la réprobation dans les traits de son aîné, portant surement la même dévotion sur son propre visage. Et n’eut pas plus d’intérêt pour les regards de ses camarades sur sa silhouette, comme il l’avait fait suite à son enthousiasme découlant de l’annonce. Elève s'affranchissant de toutes les convenances sans la moindre gêne, allant de sa position dans la hiérarchie scolaire à simplement les devoirs de la civilité. Assumant même ses actes jusqu’au bout. Surtout : on ne le tiendrait pas ici avec les autres, et encore moins sous cette putain de pluie, merde à la fin ! – bien qu’elle lui offrit, en détrempant les chemises blanches de ses camarades des visions de leurs dessous assez plaisantes où il laissa se balader l’iris viride dans sa marche avant d’arriver à la hauteur de leur gardien.

La lutte allait débuter. L’Irlandais souhaitait sortir d’ici sans finir malade, mais aussi – et surtout – il voulait jouer, comme la voix les y intimait. Il voulait voir Rogue mort. Il voulait constater que justice avait enfin sonné. Une personne censée ayant accompli un travail qu’il estimait juste.
Ainsi il cueillit l’enseignant assez rapidement pour que la vivacité de la panthère ne vienne mordre à la jugulaire le cabot. Félin contre canidé où la force brute ne comptait baisser l’échine sous l’élégante sournoiserie à coussinets. Se jugeant l’un et l’autre de leur hauteur. L’avantage d’être dans les ainés de la sphère poudlarienne, bien que la rencontre, sous la pluie, parut quelque peu ridicule.

« Vous comptez vraiment nous garder coincés dans ces conditions ? aboya-t-il immédiatement, avant d’intimer : Laissez-nous sortir avant qu’on chope la crève. »

Il ne perdit pas même une seconde le contact visuel avec son interlocuteur - unique obstacle à la volonté cette tête brûlée bornée et impertinente enfiévrée par l’annonce du héraut inconnu. Il ne pouvait pas rester inactif, ou coincé de la sorte. Il devait agir. Pourtant, l'oubli clair dans ses actions qu’il n’était qu’un petit poisson de la chaine alimentaire, et allait peut être s’en brûler les nageoires.


Credits : Gasmask



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