C l e a c h t. premières initiatives [ft. Hilde Paderna Ollivander]
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Sam 8 Sep - 14:47
C l e a c h t. premières initiatives
ft. Hilde Paderna Ollivander
« Qui peut faire passer une foutue chorale avant du Quidditch ? » ▬ CONNOR.

Bureau du Professeur de vol, vingt-et-une heure moins deux. L’écho de ses pas rapides percuta les murs alors qu’il slalomait entre les élèves – ou plutôt poussait les réfractaires qui ne lui cédaient pas le passage sous un agacement profond, où il fut du fait de sa carrure vainqueur dans la rencontre. Il arriva finalement, non sans soulagement, à destination. Ses iris clairs frôlant le dessin de la porte implantée dans les lourds murs de pierres, qu’il la constata, à l’évidence, ouverte et s’y engouffra sans attendre ni même déclarer son arrivée en toquant. Accueilli aussitôt dans l’étroite pièce par les regards rabroueurs de trois élèves – sélection dans les âges les plus matures de la sphère scolaire de Poudlard – accompagnés de la silhouette de l’enseignant des arts aériens. Ce dernier semblant aussi peu ravi que ses visiteurs de cette entrée pour le moins brusque mais dont le jeune Irlandais ne se formalisa pas.

« A ce que je vois, il n’est pas la peine d’espérer de vous l’intérêt de la ponctualité, O’Nialláin, claqua finalement l’adulte. »

Provoquant railleries aux lèvres de ses homologues où dansait, maintenant à son union aux autres, toute la palette Poudlardienne autour de leurs cous. Mais encore une fois, le représentant Rouge et Or de cette rencontre ne fit preuve que d’impertinence tout en roulant ouvertement des yeux, déclarant à la suite d’un air dégagé et assuré qu’alimentait son orgueil :

« Je ne vois pas l’intérêt de donner un rendez-vous à dix-huit heures si c’est pour nous attendre plus tôt. »

Le sourcil de son interlocuteur s’arqua, bien qu’apparut aux commissures de sa bouche un rictus entendu. Gestuelle inconsciente affirmant à l’Irlandais que la figure qui le connaissait depuis assez d’année avait pu prédire sa réaction. Le jeune homme bien trop connu pour sa fierté pour ne pas s’autoriser l’audace d’une réponse, quel que soit le personnage avec qui il conversait, et surtout lorsque ses premiers adversaires étaient en premier public direct. Ces derniers ne tardèrent d’ailleurs pas à se manifester :

« Tout comme tu ne vois pas l’intérêt de manger proprement visiblement. T’as du chocolat, dans le cou, juste là, l’informa l’un d’eux, suffisant, en notifiant un endroit sur sa propre anatomie. »

Et les pouffements s’envolèrent alors que le grand brun se tourna vers l’une des vitrines adjacentes où rayonnaient divers trophées. Exaspération confirmée dans un claquement de langue sur son palais quand il constata l’évidence d’une marque brune tracée dans un ovale bien particulier présenté par son reflet sur le bronze. Putain Siobhán, merde quoi..!

Il avait croisé la petite tête brune à la sortie de la salle commune alors qu’il se rendait à son rendez-vous, raison d’ailleurs de son quasi-retard où le lilliputien n’avait cessé de jacasser entre deux éclairs au chocolat piqués aux cuisines justue avant. Son air mutin au visage qui annonçait à la manière d’une queue battante d’un chiot qu’elle voulait jouer – dans son cas la chose s’apparentant plus à faire chier son monde qu’autre chose. Ce à quoi il avait cherché à se dérober mais s’était finalement retrouvé avec un parasite sur le dos qui l’avait mordu lorsqu’il s’était adonné à la vaine tentative de l’en défaire. Pire qu’un macaque celle-là ! Et elle s’était même payée le luxe de presque le mettre en retard s’il n’avait pas plaidé autoritairement qu’il avait une importante réunion pour le Quidditch, puis indiqué en dernière chance une autre victime potentielle qui semblait avoir convenu au singe parti à la poursuite de cette dernière dans la foulée – mains dans les poches d’où, il pouvait être certain, sortirait quelques pétards très prochainement.

Un soupir s’échappa de ses lèvres. Passant sa main sur le flanc de son cou pour y retirer la marque, non sans crachoter un « Dégueulasse ! » dont les autres se moquèrent une nouvelle fois ce qui en appela à ses foudres. Il sentit sa langue venir s’aiguiser, prêt à répondre, mais fut coupé juste à temps que ne commence les inimités entre ces divers belligérants par le professeur qui devait avoir pressenti où les choses allaient mener. A vrai dire, il n’était pas rare de voir la moindre animosité entre les différents Capitaines des équipes de Quidditch relatives aux maisons de l’école, chacun en général s’avérant être un bon joueur dont les qualités ressortaient d’un vif esprit de compétitions capable de ne s’animait que par la présence d’un opposant. En somme une guerre d’égo somnolente s’en soldant, accentuée par leur non-maturité de jeunes adultes. Et comme il l’aurait fait avec des animaux, l’enseignant sortit d’un coup de baguette un planning géant, qui vient tapisser avec légèreté et élégance la surface du tableau. Des cursives en titre annonçant « Horaires d’entrainements ». Distraction qui visiblement porta ses fruits puisqu’évinça l’orage Irlandais et les trois autres prêts à gronder.

« Bon, je vous préviens : je ne veux pas que ça prenne trop de temps. En revanche par mesure de fairplay, vous choisirez à tour de rôle. Clair ? »

Sur ces mots, il souligna les élèves du regard, s’arrêtant un peu plus sur le lion qui s’en exaspéra ostensiblement encore une fois mais n’aspira pourtant à aucune protestation. Bien trop hâte d’en finir avec cette besogne tout en n’omettant pas le besoin de choisir judicieusement chaque créneau. Il se rapprocha même un peu plus du bureau, où il se permit de poser, sur l’une des bordures des largeurs, un petit bout de son derrière afin de surplomber au mieux les créneaux affichés. Il ne prêta guère attention aux airs consternés de ses compatriotes de par son insolence, bien trop interpelé pour sa part sur les choix possibles qui s’offraient à lui dont il cibla par avance ceux à éviter. Notamment le fameux créneau du dimanche matin. Pire horaire proposé dont chaque année aucune équipe ne voulait hériter de par l’amputation des grasses matinées des week-ends qu’il impliquait mais aussi de son inefficacité les lendemains de matchs où les joueurs ne conservaient que fatigue des efforts de la veille – sans compter leur état en cas de victoire avec les soirées endiablées célébrées par coutume.

Le jeune lion craintif plutôt de la seconde raison par ailleurs, bon vivant par excellence – dans le plus grand honneur porté à ses gênes, et un peu moins à son foie – où il tenait à vouloir amplement profiter de ses victoires le soir venu, en compagnie de sa seconde famille, et ce sans en faire pâtir les entrainements qu’il jugeait d’une importance capitale. Surtout en cette année où il avait fort à cœur de ramener à sa maison les gloires sportives, afin de signer son départ dans de grandes pompes tout en permettant aux Rouge et Or d’obtenir une avance considérable sur la seconde compétition en parallèle : la Coupe des Quatre Maisons.

Ainsi, visualisant ce qu’il avait à éviter à tout prix, ils procédèrent aux premières attributions. Changeant l’ordre des choix à chaque fois afin de ne pas avantager une quelconque équipe – le professeur sachant que les furies qui lui faisaient face étaient capables de déceler de l’impartialité même là où il n’y en avait pas pour crier par la suite au scandale. Et souhaitant de toute évidence éviter cela, il se fit silencieux arbitre avant que n’arrive rapidement le moment tant attendu du dernier choix. Quatre créneaux restants – tous reluctants mais dont trônait en tête de liste des horaires les plus chiants celui du dimanche matin. Prenant son souffle, l’enseignant annonça alors, sous leurs yeux belliqueux, le classement final des choix dont les Gryffondor furent par chance attribués avant-dernier.
Soulagé, Connor laissa tomber sa tête en arrière, avant de la remonter, un grand sourire drapant finalement ses lèvres qu’il dédia au poisseux quatrième, narguant par avance. Et ne s’en défit encore moins lorsqu’il réserva, la joie dans la voix :

« Le jeudi soir, à 20h30. »

Bien que conscient pourtant que même cette horaire-là lui vaudrait certaines foudres – notamment d’une petite batteuse de se voir imposer un entrainement au moment du dessert dont elle devrait se passer -, mais la satisfaction présente étant bien trop agréable pour ne pas s’en délecter. Et ce même après avoir été congédiés du bureau.

« O’Nialláin tu me revaudras ça, le menaça encore le malchanceux sous les dernières moqueries que lui offrit le brun avant qu’ils ne partent chacun pour leur salle commune respective. »

Voilà une bonne chose de faite, se gratifia tout seul le lion en chemin. Conscient maintenant qu’il devait prévenir le reste de son équipe de ce nouvel emploi du temps. Entreprise effectuée par ailleurs toute la soirée où il ne lui fut pas difficile de croiser la plupart de ses joueurs dans la salle commune. A vrai dire, il ne lui resta même qu’une seule et unique personne à tenir informée en la personne de sa gardienne partie dans sa chambre, là où sa nature d’homme ne pouvait aller l’y retrouver sans se retrouver victime d’un sublime toboggan. Mais bon, ce n’était pas grave, avait-il abandonné dans un haussement d’épaules. Et il décide de ne pas s’embêter à aller pêcher une autre fille pour aller la chercher. Cela pouvait attendre, n’ignorant pas en plus qu’Ollivander et lui partageaient le lendemain même au petit matin un cours de sortilèges. Et pouvait donc se faire patient et profiter de son côté de ses amis le temps de la soirée.

La nuit passée, et première sonnerie de fin du cours d’enchantements retentissant, le grand brun se leva parmi la foule d’élèves. Récupérant ses affaires, il aperçut du coin de l’œil sa cible qu’il interpella comme il l’avait prévu la veille alors qu’elle s’apprêtait à sortir de la salle de classe, livres sous le bras et surement se dirigeant comme tous leurs homologues, dans sa prochaine option.

« Ollivander, attends ! »

Plumes et livres portés négligemment qu’il coinça entre son torse et son bras, l’encrier fermé à la va vite dans la main, il la rejoint ainsi, l’air dégagé sur le visage - et sans vraiment se presser, parce que les potions, ça pouvait attendre. La jeune blonde attendant docilement tout en le couvant de son regard de glace et minois d’ange dont la beauté froide n’invitait pourtant aucun intérêt de la part du brun. Non pas qu’elle n’était pas à son gout, loin de là, même le plus grand aveugle du globe ne pouvait dire que de physique l’héritière du plus grand artisan de baguettes n’était pas ravissant – voire même plus. Mais le problème chez elle était plutôt son caractère, trop morne face à celui du brun qui avait toujours l’impression en sa présence d’invoquer l’affrontement du feu et de la gèle pour n’obtenir qu’une propre annihilation. A vrai dire, leur seul sujet de conversation possiblement capable de les rapprocher et de les faire converser plus de deux minutes était le Quidditch. Et là encore, leurs avis –et entrains – divergeaient tant qu’ils n’arrivaient à sortir des conversations usuelles impliquées par leur statut chacun dans l’équipe. Bien qu’ils en soient tous deux membres depuis des années maintenant.

Ainsi, arrivé à sa hauteur, il ouvrit –encore en prenant tout son temps - l’un de ses bouquins dont il sortit un parchemin plié en deux pour le lui tendre.

« On a convenu hier des horaires d’entrainements, expliqua-t-il. Tiens voilà le planning. Ça commence demain soir, même si les sélections ne sont pas encore faites. Je préfère avoir une idée de qui reste, et qui ne reste pas. Et d’un peu dérouiller tout le monde. »

Après tout, il n’était pas sans savoir que les vacances avaient impliqué pour pas mal d’entre eux une certaine pause dans leurs activités sportives sur balais – lui étant le premier à en pâtir, coincé dans son appartement de Dublin où il n’avait pour possibilité de monter sur un de ces engins qu’en allant chez des amis aux propriétés campagnardes. Il lui était de ce fait apparu important, selon lui, d’user à cet escient du temps perdu en attendant que la saison de Quidditch ne commence. Economie qui ne pouvait qu’être bénéfique par la suite, il en était convaincu. Et le rapprocher des victoires tant espérées.


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Dim 9 Sep - 11:29


C l e a c h t

ft. Connor ~
L’ombre d’une blondeur remontée sur la nuque, l’œil pâle et vif, j’ai revêtu l’armure qui me donne l’assurance nécessaire pour affronter, les unes après les autres, l’entrelacs de mes journées. Heures et secondes se confondent, s’étiolent jusqu’à ce que s’efface l’instant dans un flot continu d’absence. Je mène mes activités sans y être présente, je note par habitude, j’apprends par habitude, et je m’enclos dans un silence dangereusement intouché. Seule. Comme toutes les victimes. Seule avec le fantôme de mon bourreau. J’expire pour apaiser l’étrange battement de mon coeur. Son emballement mène au raccourcissement de mon souffle. La ratification des exhalaisons fait naître les larmes. Et lorsque s’ouvrent les vannes de la douleur, il n’est plus rien pour arrêter son expression poignante.

Une nuit trop brève a écorché ma concentration. Le faux-semblant est plus difficile à maintenir en cette matinée d’automne. Un défi, jour après jour. Je ne laisse s’approcher de mon âme que de trop rares altérités. C’est un mal, je le sais, que de s’enfermer dans la bulle protectrice érigée par ses habitudes afin de préserver les ultimes morceaux de son coeur. Trop jeune, c’est ce que l’on m’a toujours dit : « trop jeune pour avoir connu la guerre et la torture ». Ai-je choisi d’endurer la souffrance ? Ai-je mérité cette souffrance infligée à une enfant sous l’oeil catastrophé de ses proches ? Si je sais aujourd’hui que non, il me faut encore un temps pour l’accepter. Savoir n’est pas apaisement.

Je rajuste machinalement une mèche déjà parfaitement placée et sort enfin du dortoir, besace sur l’épaule, bille bleutée promenée sur la foule. Je ne puis m’empêcher de scruter mon environnement. Regarder vraiment ce qu’il y a autour de soi permet de se distraire, d’oublier un peu le vide enclos en sa carne. J’ai besoin d’oublier parfois. Lucide, je le suis, ou du moins essayé-je de l’être. Je ne suis qu’une adolescente qui a grandi trop vite et s’est murée trop profondément dans une doucereuse solitude que peu parviennent à briser. Veredis est de ceux-là. Lorsqu’elle s’échappe de la morne toile du quotidien pour venir m’emporter dans son monde et me départir de ma propre cuirasse, je ne suis jamais aussi heureuse qu’à l’occasion de ces brefs éclats de vie.

Un pas après l’autre, je dévale les degrés jusqu’au hall, m’enfonçant dans le tourbillonnement d’étoffe de la foule. Hébétée un instant, comme un enfant découvrant le monde pour la première fois, je me laisse surprendre par la vivacité de l’existence. Rythme de pas soutenu des élèves et membres du personnel s’affairant, soupirs sonores de bon matin, éclats de voix et émail de rire égrené par des lèvres entrouvertes. Quelques secondes à demeurer interdite en haut des marches avant de me fondre, à mon tour, dans le moule. Et je me fis happer par la vie pulsant au cœur du château.

Les hautes arches de la grande salle et son plafond ensorcelé abritent mon petit déjeuner tandis que se dilapident les conversations autour de moi, de fil en fil, d’aiguille en aiguille, mon cerveau en vient à tisser un tout autre motif et à s’égarer dans des dentelles de considérations toutes personnelles. Je rêvasse, encore. En bout de table, j’ai posé le menton sur la paume et je laisse flotter mes regards du côté de la table des professeurs. Le Directeur trône. Il m’est presque amusant de me remémorer que jadis, en d’immémoriales époques, je l’ai connu professeur. Du haut de mes onze années, il m’impressionnait autant qu’il m’effrayait. Lui et moi sommes pourtant liés par les séquelles qui subsistent dans mon âme : c’est lui qui m’a jadis, escortée hors des murs avant de m’y ramener après avoir été torturée. Aujourd’hui encore, je n’arrive à savoir si je le hais ou si je lui pardonne. L’eau coule sous les ponts sans lessiver tout à fait les sillons de la terre.

L’oeil caresse d’autres silhouettes. Nott, le professeur d’Arts Obscurs, Minerva McGonagall, la sous-directrice, et tant d’autres visages qui se mêlent et se confondent. Mon attention dérive doucement jusqu’à la table des Serpentard où j’accroche un coup d’oeil et un sourire de Veredis. Arts Obscurs en fin d’après-midi… ce sera décidément une bonne journée, mais il me faut, auparavant, affronter le cours d’enchantements. J’ai bien senti, au moment de choisir les matières préparées pour les ASPIC que mon grand-père y trouverait à redire si j’abandonnais cet enseignement. Après tout, un fabriquant de baguette magique se doit de savoir les employer convenablement. Ce n’est pas le cours qui me passionne le plus, mais il faut reconnaître que la présence de Veredis aide grandement à y trouver quelque intérêt. Sitôt arrivée, je m’installe à ses côtés, devise quelques secondes en sa compagnie, suis avec attention le cours, et m’apprête à sortir pour aller en Potions. Ne restera ensuite qu’à patienter un peu pour retrouver le cours d’Arts Obscurs du professeur Nott et y poursuivre l’étrange exploration de ce dont je fus jadis la victime.

« Ollivander, attends ! »

Une voix reconnaissable entre mille. L’exubérance faite Gryffondor. Un tourbillon d’ordres, d’exaltation et de passion qui vitupère sur le terrain de Quidditch. Connor O’Niallain, le capitaine de notre équipe. J’ai eu le malheur de m’éprendre de la sensation grisante du vol toute jeune, et d’y trouver dérivatif à mes tourments de jeune femme. Même à Beauxbâtons, j’ai continué à jouer au sein de l’une des équipes féminines de l’Académie, et, bien entendu, à Poudlard, j’ai finit par rejoindre les rangs que j’avais délaissés en fin de deuxième année… Cette fameuse année. Sourire poli de circonstance, je n’ai jamais eu d’affection particulière pour Connor, mais pas d’inimitié non plus. Il est aussi agaçant qu’attachant, et semblable à un ouragan partout où il passe. Je l’observe fouiller ses livres jusqu’à en extraire un parchemin plié qu’il me tend.

« On a convenu hier des horaires d’entraînements. Tiens voilà le planning. Ça commence demain soir, même si les sélections ne sont pas encore faites. Je préfère avoir une idée de qui reste, et qui ne reste pas. Et d’un peu dérouiller tout le monde. »

Je laisse les yeux couler sur les horaires d’entraînement, de bons horaires pour la plupart, sauf un. Je tapote du doigt sur un créneau, écoutant à peine les remarques du capitaine de l’équipe. Ma voix est posée, sans qu’un mot ne vienne empiéter sur l’autre. Le chant m’a donné une bonne diction et une maîtrise de ma hauteur de note. Deux éléments indispensables pour maîtriser parfaitement sa voix dans une mélopée ininterrompue dont les accents frappent chaque mot.

« Le samedi à cet horaire, ça ne va pas être possible ; j’ai chorale sur ce créneau là. Alors, à moins que tu ne souhaites faire cet entraînement sans gardienne ou que tu désires recruter quelqu’un d’autre à ce poste, il faudrait trouver un arrangement avec une autre équipe. »

J’ai exposé calmement les faits, sans le moindre affect. J’envisage sans mal qu’il puisse décider de recruter quelqu’un d’autre si un meilleur candidat se présente au poste. Je ne suis pas l’exceptionnelle gardienne que fut jadis Olivier Dubois, à ce que l’on raconte. Les récits de ses hauts faits en matière de Quidditch continuent de circuler de bouche en bouche dans l’équipe de Gryffondor, plus encore depuis son recrutement dans une équipe professionnelle.

Je fais quelques pas vers ma prochaine destination.

« ça t’ennuie si l’on en discute en marchant ? J’ai potions, et je n’aime pas être en retard. »

1239 mots

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Lun 10 Sep - 21:25
C l e a c h t. premières initiatives
ft. Hilde Paderna Ollivander
« Qui peut faire passer une foutue chorale avant du Quidditch ? » ▬ CONNOR.

Comme à son habitude, la belle héritière se positionna d’elle-même dans le maintien d’une certaine distance. Un sourire n’éclairant qu’en surface son minois auquel il ne perdit guère de temps à y répondre. Pas par animosité quelconque, juste l’Irlandais ne faisait rien simplement par respect des convenances en accord aux usages. Fervent partisan plutôt de la sincérité profonde dans ses émotions qui se répercutaient au quotidien dans sa gestuelle. Et ce même si cela devait venir irriter son interlocuteur, ou l’appesantir par la suite de quelques ennuis. L’éducation en cause, où l’on avait appris au petit brun qu’il était à observer l’hypocrisie avec remontrances. Bien entendu, principe qu’il avait, dans sa grande finesse d’esprit, exacerbé. Le mêlant au second axiome d’assumer chaque actes pour ne se faire que vérité vraie.

Ainsi, il se contenta simplement de tendre l’emploi du temps à sa gardienne qu’il avait gribouillé durant l’heure précédente – unique pic d’activité, selon lui, à vrai dire de toute l’entièreté du cours auquel ils venaient d’assister. Le lion procédant, comme toujours en Septembre au retour de son postérieur sur les bancs de classes, avec beaucoup de mauvaise volonté. Sentiment accroché à son cœur d’être ôté de sa liberté estivale où ne rien faire n’était que consensus sociétal, bien que l’émotion en contradiction totale avec son engouement de reprendre son trône de Prince des couloirs où s’activait sa coure à la clarté du viride de son œil. Monarque auto-proclamé qui revenait à de secondes racines pour se satisfaire dans l’attention d’une famille de cœur – et d’internat - constituée par ses camarades.

Après tout, malheureusement on ne pouvait prétendre qu’il n’avait pas plus vécu en le sein du Château qu’entre les murs de l’appartement de Dublin. Faisant de ses moments en Irlande, depuis qu’il avait quitté l’Amérique, des instants de parenthèse dans une lointaine maison de vacances, à l’écart des souvenirs de son enfance tiraillée encore par le fantôme de la guerre qui vivait encore dans certaines des pierres d’Ecosse. Avec en toute finalité en somme, la ferraille carmin du Poudlard Express garée à Pré-au-Lard devenue synonyme de sa réintégration dans son véritable quotidien, sa vraie maison – le travail en prime, bien qu’à son cœur de passionné primait toujours en avant le Quidditch, dont l’intérêt pouvait enfin être assouvi convenablement contrairement à Dublin.

Raison de sa présence par ailleurs face à la blonde, où la lacune de toute intimité entre les deux jeunes gens transparaissant avec évidence. Les deux Rouge et Or ne prenant, l’un comme l’autre, aucune peine de plus de politesse. Pas même un « Ca va ? » ou juste le bonjour, que le jeune homme estimait pour sa part tout simplement d’une inutilité aberrante puisqu’il n’avait qu’un seul objectif. Autant ne pas s’adonner à une foutue perte de temps pour s’égarer dans un copinage qui ne relayait sous ses iris aucun attrait. Sa curiosité évanouie dans la simple inefficacité des rapports qu’ils avaient eu jusqu’à présent, la ravissante blonde et lui – aspect d’ailleurs qu’il ne regrettait pas vraiment. Il y avait de ceux avec qui ça venait tout seul, et d’autres pas, c’est tout.

Surtout inconsciemment ressentant toute la subtilité encrée dans la petite nymphe en plus d’un certain mystère qui éteignait toute flamme naissante – autant pour sa beauté qu’en les termes d’une belle amitié. Opposés dans leurs caractères où le fougueux venait par moments à lorgner d’une œillade incertaine cette lionne qui n’avait rien de ses semblables. Pourtant un vilain petit canard sur lequel il n’avait à redire puisqu’elle conservait une utilité certaine sur le terrain. Bonne gardienne qui savait fonctionner en parfaite cohésion avec l’équipe – surement de par sa passivité face aux caractères des autres - tout en montrant tout une flopée de courage, sa frêle silhouette dressée en unique rempart devant les anneaux dorés. Habilité sur son manche venant juste parfaire son jeu. En tant lui-même que joueur, Connor lui-même ne pouvait que reconnaitre son talent. Et se satisfaire de cette équipière.

Quoi que révisa un instant cette dernière pensée à la remarque qui fusa directement à peine eut-elle lorgné sur les créneaux qu’il leur avait réservés avec minutie. Surprise la première seconde sur la gueule d’ange qui s’effaça à la rencontre de ses sourcils au-dessus de l’arête de son nez.

« Pardon ? avança-t-il, se renfrognant par avance. »

L’éclat de ses prunelles suivant l’élégante silhouette s’évader avec consternation mais surtout pour une première fois frustré de s’être fait mouché de tous leviers qu’elle lui avait en une simple réplique retirés. Ce petit bout de femme franc – ce qu’il apprécia – mais qu’il trouva bien étrange tout en la dévisageant sans se confondre dans la moindre envie d’avancer d’un poil malgré sa demande.

« Non ce qui m’ennuie c’est ce que tu viens de dire surtout. »

Sa voix était posée mais autoritaire. Casquette de sa capitainerie vissée sur la tête alors qu’il ne cacha aucunement le regard appuyé qu’il lui dédiait. Un peu troublé par ailleurs dans ses propres maximes où le sport magique relevait de l’importance numéro un mais qu’elle semblait mettre au second plan au profit d’une putain de chorale, merde quoi !

« T’as idée de combien ça va être compliqué de devoir échanger ce créneau ? s’agaça-t-il, avant un soupir d’exaspération appuyant ses propos. »

Surtout qu’il savait pertinemment que les autres Capitaines refuseraient toute négociation possible juste pour se délecter de le voir ramer. Poussé même surement par la suite jusqu’à accepter l’horaire du Dimanche – dont il avait échappé la veille dans des exclamations railleuses, très fier de sa chance. Soudainement voyant son égo chuter face aux trois autres qu’il s’imaginait par avance l’accueillir goguenards avant de ne jouer de son aboi. Il aurait mieux fait de garder sa langue, hier. Quand son homologue disait qu’il le lui payerait,… à le croire oracle maintenant. Ce qui en pinça les lèvres du grand brun, si peu ravi de cette finalité qui n’allait pas du tout dans son sens.

« Ils ne peuvent pas changer le vôtre d’horaire là ? C’est pas comme si c’était si difficile de trouver la première salle vide pour y chanter dedans quand on n’a pas entrainement. »

Condescendance apparue sur le bord de ses lèvres, où il pensa avec sincérité à chacun des mots avancés. Puis merde quoi, c’était une chorale ! Activité nettement incomparable au Quidditch selon ses vraisemblances qu’il imaginait commune à tout esprit sain. Il ne comprenait décidément pas comment un de ses joueurs ne pouvait y préférer le plus beau sport du monde, atterré alors qu’il n’existait pas meilleur honneur que de porter leurs couleurs sur le terrain à ses yeux, voyons !

Il frôla même intérieurement l’acceptation sous un coup de tête de sa démission. Raccourci plaisant pour préserver son image face à ses homologues de différentes palettes, mais aussi ses soirées intactes auxquelles il comptait profiter de ces consécrations une fois ses fesses – et gosier -rapportées à la salle commune. Bon vivant à la chope facile qui se savait un peu trop en sa dernière ligne droite entre ces murs pour y sacrifier les quelques retrouvailles un peu amusantes en compagnie de ses paires.
Pourtant il se ravisa subitement, apercevant de lui-même la bêtise qu’il était prêt à commettre. Cette dernière pouvant même, dans le plus grand affront, venir biaiser ses projets de victoire qu’il nourrissait d’un feu plus brûlant que celui de ses parents pour son succès aux ASPICs. Non assez fou, et plutôt même le contraire quand on parlait stratégies sportives, pour ne pas être conscient de tout le mal qui lui serait demandé pour former une nouvelle gardienne – surtout qu’en quelques mois c’était une mission impossible. Pari même particulièrement inconsidéré finalement s’il s’y était adonné, où il lui était incapable d’évaluer en des sélections par avance si les Gryffondor comptaient dans leur troupe un remplaçant à la mesure d’Ollivander pour vraiment adjuger cette décision. Surtout qu’il doutait beaucoup trop de ce dernier point.

Ainsi il revint aux autres options pouvant pallier à la conservation de la Sang racheté Pur dans ses rangs, tout en n’écorchant son orgueil. Mais dût se faire à l’évidence très rapidement en établissant les comptes : leur saison se déroulait par équipe en seulement trois matchs, donc en découlerait dans le meilleur des cas trois célébrations en bonnes et dues formes. Et par ce fait, un nombre identique d’entrainements possiblement – et très probablement - non productifs. Et en pesa alors tout le poids contre des entrainements hebdomadaires sans gardienne. Et les chiffres parlèrent d’eux-mêmes à son plus grand déplaisir. Cette nana le mettait vraiment dans une situation inconfortable.

Alors orageux mais contraint à sacrifier un mal pour bien, il avança enfin pour satisfaire ses attentes. Un dernier espoir – ou plutôt sa dernière carte lui restant en main après qu’elle lui ait ôté toutes les autres - qu’elle lui en serait aussi reconnaissante pour mieux l’assouvir d’une façon à sa cause. Après tout, peut être raviserait-elle ses priorités ? Un pas vers toi, un pas vers moi. Cherchant amèrement quand même à chuinter son reproche, ironie maitresse de sa gorge :

« Après, ça a l’air de tellement tenir à cœur d’être dans l’équipe. Ça m’émeut presque. »


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Jeu 20 Sep - 22:06


C l e a c h t

ft. Connor ~
Le froissement d’une aile de papillon ponctue le silence étrange qui s’est installé. Du battement de la délicate élytre peut naître la tempête, balayant tout sur son passage. Je ne puis m’empêcher de scruter les expressions de mon vis à vis. Contrairement au mien, son visage est un livre ouvert : l’ombrageuse ondée naît dans son regard aussi vite qu’en disparaît le sourire de satisfaction qui avait étiré ses lèvres jusqu’à présent. L’homme n’aime pas être contrarié. Ce n’est pas chose nouvelle, je m’y suis accoutumée. Sur le terrain comme dans la vie, le capitaine de l’équipe de Quidditch me fait l’effet d’un océan : calme ou furieux l’impérieux roulement de ses vagues porte les navires de récif en port et de grève en étoc jusqu’à l’écueil d’un naufrage ou la félicité d’une course rondement menée. Son œil se fait orageux, sa voix tonne avec la force du tonnerre. Il lui en faut décidément peu pour se couvrir de nuages de mauvais augure.

« Pardon ? »

Un coup d’oeil glissé à son visage m’apprend que le Gryffondor s’est rembruni : sa mine renfrognée est de mauvais augure. Elle ne m’effraie pourtant pas. Si je sais les tempêtes redoutables avec le capitaine, je sais aussi qu’il a un bon fond. Jamais il ne m’a paru auréolé de l’éclat dangereux que je pouvais deviner, luisant et noirâtre, autour de nos tortionnaires cette fameuse année là. Mon masque en place, je l’écoute avec attention. Se faire l’exégète de chaque mot.

« Non, ce qui m’ennuie, c’est ce que tu viens de dire, surtout. T’as idée de combien ça va être compliqué de devoir échanger ce créneau ? »

Je demeure impassible, marchant d’un bon pas, le laissant continuer à déverser sa bile quant à mon autre activité. Connor n’a jamais véritablement fait mystère de ce qu’il prise le Quidditch plus que tout au monde. Un dévouement qui en fait un bon et intransigeant capitaine, mais qui n’est sans doute pas la dédication de tous à ce noble art sportif. Je peux suivre sans peine les envolées de son esprit et les sinueux chemins de son âme. Pourquoi donc une de ses joueuses commettrait-elle l’affront de préférer chanter à voler sur un balai ?

« Ils ne peuvent pas changer le vôtre d’horaire là ? C’est pas comme si c’était si difficile de trouver la première salle vide pour y chanter dedans quand on n’a pas entraînement. »

Voilà. Cet argument là, j’aurais pu le prévoir. Je laisse flotter l’esquisse d’un sourire poli celant savamment une pointe d’agacement. La mine concernée élaborée avec soin dans les couloirs de Beauxbâtons vacille à peine tandis que je devine un flot de pensées contraires s’agiter brièvement sous la caboche du capitaine de l’équipe. Ses iris s’agitant follement en tous sens en sont de bons indicateurs. Je me demande ce à quoi il peut bien songer : pense-t-il à me remplacer ? A me demander de choisir entre mes deux activités ? Impulsif comme il semble l’être, je ne doute pas qu’il soit capable de se hasarder jusqu’à ces contrées. Les notes qu’il égrènent enfin confirment mon soupçon.

« Après, ça a l’air de tellement tenir à cœur d’être dans l’équipe. Ça m’émeut presque. »

Coup d’estoc dans la cuirasse. Le fer tinte contre l’acier. Lame se ploie, pénètre les plaques. Mon sourire est devenu douloureux. Ce n’est pas parce que je redoutais pareil argument qu’il glisse sur moi avec l’indifférence de l’ondée sur la pierre. De contrariantes émotions tourbillonnent un moment jusqu’à ce que je ne lâche soupire dans la quiétude du couloir. Nous voici non loin des cachots où se tiennent les cours de Potion.

« La chorale brasse presque cent élèves, tous issus de maisons différentes : tu te doutes bien que nous ne pouvons juste ‘entrer dans une salle vide et chanter’ quand cela t’arrange… franchement, déplacer une répétition pour cent personnes ou un entraînement pour sept personnes… »

Petit haussement d’épaule. La voix roule calmement dans le silence des corridors. Je ne m’énerve pas, ne me froisse pas, énonce faits comme on égrène des vérités avec la fluidité de l’évidence.

« Je tiens au Quidditch, O’Niallain, mais pas au détriment de la chorale… chorale dont je fais partie depuis deux ans et dont les répétitions ont toujours été à cet horaire, je m’étonne qu’en tant que capitaine tu ne t’en sois pas rendu compte… Et par ailleurs, si tu trouvais un meilleur gardien que moi, je sais que tu n’aurais pas d’état d’âme à me reléguer au rang de remplaçante. Alors ne me demande pas de sacrifier pour toi l’une de mes activités lorsque tu ne serais pas prêt à sacrifier pour moi une possibilité de gagner sur le terrain de Quidditch en recrutant un joueur plus compétant. »

Sourire en coin. Veredis a déteint sur moi. Sa roublardise Serpentard s’est manifestement infiltrée dans mes modes de négociation… Il faudra que je songe à l’en remercier. J’ajoute, d’une voix entendue :

« Encore faudrait-il que tu trouves plus compétent. »

Nous voici sur le seuil de la classe de potions. Le professeur Black est sans doute déjà dans les parages. Il ne faut jamais le faire attendre : que ce fût Severus Rogue jadis, ou son successeur Black, j’ai l’impression qu’il y a toujours eu un truc avec les enseignants de cette matière ! Je décide toutefois de faire un geste d’apaisement vers le capitaine que je devine déjà au bord de l’apoplexie.

« Si tu le désires, je peux négocier moi-même le changement d’horaire de l’entraînement auprès des capitaines des autres équipes ? »

J’attends, livre de potions dans les bras, sourire aux lèvres. La lisse attitude de la noblesse française triomphe toujours… ou bien j’aime à le croire. Après tout, ce ne serait que justice que le raffinement et la distinction mettent à bas l’emportement tempétueux des Gryffondor. Mais je devine combien est illusoire cette idée : si la délicatesse et le bon goût triomphaient toujours, nous n’aurions jamais eu certains événements à Poudlard...

1002 mots

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Ven 21 Sep - 21:17
C l e a c h t. premières initiatives
ft. Hilde Paderna Ollivander
« Qui peut faire passer une foutue chorale avant du Quidditch ? » ▬ CONNOR.

L’absence de la moindre émotion sur le visage opalin fut interprétée dans une dualité sans borne. Chance car il n’aurait pu en apprécier des traits contrariés. Il était le Capitaine, on le respectait et on ne s’emportait pas contre lui. L’autorité en poigne qu’il gardait comme la menace du martinet sur ses propres coéquipiers. Car un leader ne devait pas perdre la main, ou laisser l’occasion à la moindre insubordination de naitre dans ses rangs.
Mais dans un second temps mauvaise grâce, où il crut voir, sous son viride, une lacune totale de valeur pour le rôle que sa gardienne tenait sur le terrain. Confirmant ses premières idées qu’elle n’avait aucun intérêt à être des leurs. Comme si c’était un foutu passe-temps. Sacrilège ! hurla son cœur, peiné dans sa dévotion profonde au nom de ce sport tel un religieux face à un hérétique.

Dès lors, pour le lion, la compréhension de sa camarade sembla compromise. Stupéfait tout bonnement d’ô combien différait leurs ordres des priorités. Et pourtant ce n’était pas peine d’avoir espéré de ses joueurs l’attention au Quidditch à quantité égale de la sienne. Mais il fallait croire que certains le pratiquaient sans ce même feu au sein de la poitrine. Vérité l’assommant. Additionnant à la facture qu’il était connu que le Capitaine des griffons n’avait pas la subtilité évidente pour espérer comprendre un homologue comportant à son être une telle sécession de principes. La jeune femme arrangeant encore moins son cas en lui tenant ouvertement tête. Bien que cela au final, le fascina autant que l’agaça.

En fait, tout chez elle avait, semblait-il observer, une teneur contradictoire qui scellait dans la même nature leurs rapports. Le rendant à l’aise par l’honnêteté de ses mots. Elle ne cherchait pas forcément à avoir de tact, et laisser paraitre ses pensées, contrastant avec son minois d’ange d’un calme olympien, même si elles compromettaient les plans de l’Irlandais. Trait qu’il appréciait – et même attendait ! - chez ses interlocuteurs. Il savait au moins à quoi s’attendre. Mais justement, ce qu’elle annonçait revenait à remettre en cause sa sphère de confort. Or gamin capricieux qui avait toujours tout eu pour lui, il ne pouvait supporter ce dernier point sans une grande difficulté  – et agacement en seconde peau sur le visage. Pinçant ses lèvres alors qu’elle avançait de ses enjambées qu’il accepta de suivre à contrecœur comme un compromis à sa cause. Priant pour un retour quelconque d’une telle attention.

Mais elle n’en fit rien. Préférant garder son minois blafard d’où brilla faiblement un étirement de lèvres portant dans les commissures toute une bonté de bonne sœur qu’il l’exaspéra. Se tenant lui-même en laisse de ne pas complètement laisser s’emporter sa désinvolture et les mots accompagnateurs. Une patience si peu naturelle chez lui mais décrivant un certain respect qu’il accordait à la figure féminine pour ne pas la brusquer. Surtout aussi, pour ne pas qu’elle le plante et quitte l’équipe sur un désaccord. Intéressant ; la victoire avant son égo, alors ?

Pourtant veillait aussi en son fond le reflet d’une mince affection qu’il lui portait. Il n’avait jamais rien eu à redire sur elle – si ce n’était son acoquinement trop fréquent avec une rousse vert et argent. Ollivander s’était au fur et à mesure des années toujours concernée de ses semblables, accueillant poliment ses congénères de l’équipe, dont lui, et écoutant comme participant aux divers débats sur les stratégies. Un bon élément, cela allait s’en dire. Certes au quotidien effacée ce qui expliquait l’absence entre eux de tous liens hors Quidditch, mais au final osant mordre pour ses intérêts comme elle lui en avait fait démonstration quelques secondes plus tôt. On pouvait même oser dire qu’elle venait de gagner en deux phrases un peu de son estime, cette dernière gonflée par son jeu habile de gardienne. D’une certaine manière, il l’appréciait.

Cependant, victoire de courte durée pour la paix entre les peuples puisque tomba finalement la réaction de la créature d’ivoire et d’or. Cependant, il ne perçut pas la nouvelle nature de son rictus en réponse à ses propres mots. L’œil clair trop peu attentif pour ce genre de phénomène. Seulement alerté par son soupire en s’étranglant intérieurement. Comme si c’était lui qui emmerdait le monde à l’heure actuelle ! A ce qu’il sache, sa bouche n’avait pas formulé un refus de Quidditch en l’honneur d’une foutue chorale. La mince épaisseur de sa patience rabaissée soudainement, même mise juste après à nouveau à rudes épreuves quand elle compléta ses mots. Prenant dans ses syllabes le moindre élan pour venir percer d’un clou d’animosité le peu de tolérance qu’il lui avait confié. Et ce ton calme… il sentit le début de l’ébullition dans ses veines.

Cependant, il voulut, profondément, absorber chacune de ses lexies. Conservant silence bien qu’orage de ses contrées s’aventurant dans son être. L’aura s’en ressentant probablement. Il eut même grande peine à ne pas poser un regard sur ses douces épaules. De peur de perdre toute retenue face à ce qui pouvait l’attendre sur le masque laiteux de sa voisine. Que ce soit passif ou dessins de fourberies – il n’aurait au fond que tout interprété dans le faux. Echo en lui de cette casquette de chef d’équipe à laquelle il devait montrer son mérite, contre vents et marées – le plus dur étant les siens. Mais la tempête le poussa finalement, dans la sournoiserie qui habitait les vers de la blonde, à relâcher du lest. Insolence en prime sous laquelle qu’il mima de manière tout à fait caricaturale son interlocutrice s’exprimer, marmonnant avec des envolées d’yeux au plafond. Il n’arrêta son manège puéril que lorsqu’elle signa ses derniers mots sur laquelle il jugula ses âneries pour retirer la muselière dans une volteface inattendue, au pied de la porte de la salle de potions.

« Manquerait plus que ça tiens ! »

C’était SON rôle de Capitaine. Qu’elle reste où elle était, elle qui semblait ne même pas être enchantée d’être entrée dans l’équipe, pensa-t-il. Chien grognant sur son os, où il voulut montrer les crocs. De plus il n’avait pas confiance en ses semblables d’autres couleurs qui pouvaient arnaquer la belle blonde par divers procédés si elle était pêchée pour la course. Puis après tout, on n’envoyait pas de subordonné faire son propre travail. Egoïsme et orgueil se mélangeant où il n’ajouta pas plus de refus. Ses traits et le regard dans les yeux cristallins suffisant largement.
Mais le verrou de devoir de flegme tomba alors pour laisser place à l’animal.

« Tu veux savoir : tu as raison. Oui je te garde car tu es bonne et en cohésion avec le reste de l’équipe. Mais si j’avais mieux je n’hésiterais pas. Le truc étant que ça vaut pour ton cas et celui de tout le monde, l’avertit-il d’un doigt notifié en direction de la poitrine féminine comme pour appuyer ce point, avant d’hausser les épaules au ciel, paume tournée dans cette même voie comme sous l’impuissance de l’évidence de ce qu’il allait déblatérer : Et en même temps merde quoi ! Quel bon Capitaine ne le ferait pas ? Ce serait stupide. On ne fait pas la manche quand on attribue un post, hein ! C’est pas ta chorale ici. »

C’est alors qu’il prit connaissance de leurs camarades autour d’eux, leurs yeux curieux auquel il lança un majeur tendu, visage renfrogné, pour au final passer son bras autour de l’épaule de la jeune pousse et la tourner dans l’axe opposé à la leur. Volonté d’intimité plus pour la signification de leurs dires que par réelle envie de la toucher. Sur ce dernier point, à ce moment même, il s’en foutait comme de l’an quarante. Il s’abaissa par ailleurs un peu à la hauteur de la petite figure du sexe faible, reprenant d’une voix qu’il tenta de conserver plus posée.

« Puis t’es bien mignonne mais à ce que je sache t’es dans l’équipe depuis plus longtemps que ta chorale si on fait les comptes. »

Ajoutant un index tiré vers l’adorable visage à proximité, gestuelle la défendant de la moindre protestation. Il n’avait pas fini. Pourtant détachant son bras de ses épaules pour se redresser de toute sa taille. Les reflets malachites de ses iris définitivement plantés dans les céruléens de sa gardienne, où il remonta la main à nuque pour la masser.

« Et l’équipe justement est plus importante : c’est un fait, réel. Votre foutue chorale elle met autant l’ambiance que nous durant les matchs ? Non. Honnêtement vous la plombez même, on se dirait dans une église quand vous venez chanter aux repas. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien si le tournoi de Quidditch donne des points aux différentes maisons et pas vos comptines là. »

L’expectative que l’embrasement de l’esprit de compétition de la jeune femme fasse écho dans sa tête qu’il se demandait vide à ce moment-là.
L’inconvenance pourtant ne passa pas, et il relâcha ses yeux pour caresser de la paire à nouveau le plafond. Se dessina dans la courte pause un rictus goguenard.

« Quoi que ce serait beau : un point par syllabe chantonnées. Allez banco moi je te dis direct de devenir aphone, railla-t-il fier de ses propos, suite à quoi il ramena ses iris sur la Sang Pur. Mais ce n’est pas le cas. Dommage. »

Son honnêteté allait le perdre un jour. Ses mots raccordant le fil de ses pensées où venin avait fait tapis de velours sur sa langue. Le cabot était de retour, et aurait plus tard affaire au Capitaine.


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Jeu 27 Sep - 8:44


C l e a c h t

ft. Connor ~

Un soupir de lassitude exhalé par des lèvres carmines. Soudainement, je sens que la conversation va être longue, très longue. Le bouillonnement intérieur du Capitaine suinte de la moindre de ses pores, glissant sur la glace de ma froideur apparente. Prend soudainement tout son sens le conseil mainte fois répété de Veredis : « affirme-toi, exprime-toi ». Si elle perçoit les moindres subtilités de mes humeurs au-delà du masque protecteur, ce ne semble pas être le cas de mon vis-à-vis. Rien d’étonnant, nous ne nous connaissons presque pas. Je ne l’ai jamais laissé approcher au-delà du masque, tout comme je n’ai jamais voulu approcher au-delà du sien. Deux âmes qui ne communient pas et ne communiquent pas.

« Tu veux savoir : tu as raison. Oui je te garde car tu es bonne et en cohésion avec le reste de l’équipe. Mais si j’avais mieux je n’hésiterais pas. Le truc étant que ça vaut pour ton cas et celui de tout le monde. Et en même temps merde quoi ! Quel bon Capitaine ne le ferait pas ? Ce serait stupide. On ne fait pas la manche quand on attribue un post, hein ! C’est pas ta chorale ici. »

Un souffle.


« Puis t’es bien mignonne mais à ce que je sache t’es dans l’équipe depuis plus longtemps que ta chorale si on fait les comptes. »

Un souffle.

« Et l’équipe justement est plus importante : c’est un fait, réel. Votre foutue chorale elle met autant l’ambiance que nous durant les matchs ? Non. Honnêtement vous la plombez même, on se dirait dans une église quand vous venez chanter aux repas. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien si le tournoi de Quidditch donne des points aux différentes maisons et pas vos comptines là. »

Un souffle.

Le flot de ses paroles tombe comme un couperet, virevoltent d’un extrême à l’autre. Quel capitaine ne privilégierait pas son équipe ? Equipe d’ailleurs plus importante que la chorale à ses yeux. Les mots dansent, et mon esprit dérive loin de l’instant présent. Je fais mine d’écouter, mon cerveau tourne à plein régime tandis que monte en moi un agacement dont je suis peu coutumière. Jamais je ne me suis sentie autant au bord du gouffre avec Connor. Brèche dangereuse où l’agacement peut se muer en colère. Je ne perds jamais le contrôle de moi, jamais. Le contrôle de soi est commode pour masquer ce qui ne doit jamais ressortir. Les tortures, la peur, les angoisses, la guerre. Contrôle ses émotions permet de mettre à distance les ténèbres dangereusement proches de mon âme.

Et puis la voix de Connor me ramène à la réalité : dernière pique acide. Celle de trop, peut-être. « Quoi que ce serait beau : un point par syllabe chantonnées. Allez banco moi je te dis direct de devenir aphone. Mais ce n’est pas le cas. Dommage. »

L’agacement devient colère.

« Tu es un imbécile, O’Niallain. Tu te prétends bon capitaine, mais ne sais-tu pas que tu dois assurer la cohésion de l’équipe en tenant compte de chaque individu qui la compose et non pas en leur imposant ta vision de l’équipe et du Quidditch ? Cela te paraîtra peut-être étonnant, mais pour beaucoup de monde il y a d’autres choses, dans la vie, que les petites rivalités entre maison, la course aux points, le quidditch et que les murs de cette école. Je croyais que tu le saurais aux vues de ta première année ici. Mais peut-être les doloris t'ont-ils grillé quelques neurones? A se demander ce qui est passé par la tête du directeur en te confiant cette charge... »

Ma voix s’envole, grondement sourd d’ire contenue qui suinte de mes prunelles. Je n'ai jamais hurlé aussi fort de ma vie, et la profondeur grave de mon timbre de contralto fait tinter les murs de rage.

« Tu veux que je choisisse entre la chorale où je suis seule contralto et soliste et le Quidditch où je suis seule gardienne ? Tu veux me pousser à un ultimatum en me faisant quitter la chorale ? Tu espères peut-être que je te remercie de m'avoir recrutée alors que je volais déjà pour cette équipe quand tu étais un petit première année aux joues bouffies? Très bien je vais choisir : je quitte l’équipe, trouve-toi une autre gardienne, et fous la paix à la Chorale de Poudlard qui mérite sans doute mieux que ta ridicule condescendance. Et avant que tu ne répliques, on a cours de potions. »

Je tourne les talons, l’écho de mon cri encore dans les murs, et ouvre la porte de la salle de classe. J’ai tonné suffisamment fort, et me rends compte qu’une partie des élèves qui y sont ont du entendre notre dispute. Oeillades atterrées des Gryffondor, scintillement de satisfaction des Serpentard. Clin d’oeil de Veredis. Je m’installe à ses côtés, encore tremblante de colère.

699 mots

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Mar 2 Oct - 18:40
C l e a c h t. premières initiatives
ft. Hilde Paderna Ollivander
« Qui peut faire passer une foutue chorale avant du Quidditch ? » ▬ CONNOR.

Son agacement l’avait emporté sur sa bonne conduite. Honnête en toutes circonstances de là à ne savoir mentir ou se fausser quand il n’en voyait pas l’urgence. Selon lui, il valait mieux se vendre pour son prix réel plutôt que de laisser miroiter une image fausse de soi-même qui viendrait à se briser tôt ou tard de toute façon. Principe presque noble si on oubliait le peu d’ouverture d’esprit du tempétueux jeune homme, ou encore son autolâtrie qui venait souvent confronter de pauvres âmes innocentes à son imbécilité. Egocentrisme en vertu, lui modèle de tout homme qui ne tolérait la divergence des autres, comme cela en fut le cas avec la poupée d’or et d’ivoire bien trop éloignée de son entité propre – ce qui l’en déboussolait fortement. Il ne comprenait pas. Comment pouvait-on ne pas laisser le Quidditch à sa juste place, soit : avant tout. Le lion, roi des animaux, ne saisissant décidément pas par quelle audace avait le serf de ne pas embraser sa passion – ou tout simplement manque de finesse et de gouts étayés. Inhumaine calomnie. Presque aussi surpris qu’à Ilvermorny où il avait essayé avec force de réveiller l’âme sportive des natifs américains. Soldant la tentative qui s’avéra vaine par la certitude que l’Atlantique passé, une lacune évidente dans l’éducation de ses pairs était à noter.

Mais ici c’était pire : il était en les terres - berceau même ! - du souafle et des cognards. Ainsi, pour l’enfant d’Irlande, il semblait invraisemblable qu’un de ses joueurs ne prenne pas l’art athlétique avec autant de sérieux que lui. Pourtant, Hilde n’était pas la seule. Surement d’ailleurs, devait-il être l’un des rares à manger Quidditch, dormir Quidditch, respirer Quidditch. Mais n’en prenait conscience qu’en cette heure, directement confronté à la dure vérité au travers d’une demande de sa gardienne qu’il prenait sans conteste pour un caprice. Un comble lorsqu’on savait que des deux, il était plus celui qui s’attardait à ce type de mesure. S’attirant seulement les offuscations du minois d’ange à son comportement. Lui, gamin à la vie ponctuée depuis son plus jeune âge autour des balais, et de ses mondes relatifs. Il ne pouvait imaginer une seule seconde qu’il en soit autrement pour les autres tant à ses yeux cela était merveilleux.

Non sans parler des visions de lui-même que lui relançaient les autres. Envahi dans son égo pour la reconnaissance qui brillait dans l’iris du public suite à ses exploits au cœur de la voute céleste. Le grouillement des foules dans les gradins qui les guidait au pétillement certains lors des célébrations des victoires. Les rugissements quand les scores sont annoncés – consécration suprême. Tout le monde aimait le Quidditch, c’était évident ! s’offensa-t-il à cette image. De ce fait, il papillonnait avec incompréhension face aux étendues céruléennes qui lui firent face. Mais ne fut pas au bout de ses surprises…

Et la première douche des mots lui fouetta la joue avec vigueur. A la manière d’une règle s’abattant sur ses ongles, il écarquilla des yeux à la douleur quand le voix sembla plus sûre. Plus fougueuse. Il dévisagea un instant la jeune femme. Surement les traits de la gueule d’ange criant « Qu’est-ce qu’il lui prend à celle-là ? ». Il aurait même pu réellement se demander si elle n’était pas tombée malade. Ou sous l’emprise d’un charme. Prêt à héler son professeur de potions dans la salle derrière pour interpeller sur un possible philtre de confusion versé dans le jus de citrouille de la demoiselle ce matin au petit-déjeuner – c’était ça d’aller squatter chez les Serpentards de temps en temps aussi, fut-il prêt à déblatérer.

Mais se renfrogna aussitôt quand elle évoqua du sujet. A la manière d’un bec grattant une cicatrice fine pour laisser suinter la plaie. Petit à petit, le mépris avec lequel elle y fit allusion mettant à nue la chair qui ne tarda pas à saigner. Sa première pensée s’arrêta sur un sublime « Je t’emmerde ». Qu’il le garda pour lui. Surement désarçonné de voir la calme et fébrile Ollivander se retourner de la sorte sur le Prince des couloirs. Le maitre des airs. Son propre Capitaine. Le prasin couvert d’un voile ténébreux toutefois.

Et encore, elle ne lui servit aucune seconde pour réagir. Dernière couche assommant l’idiot cabot, pour remettre sa queue entre les jambes en appelant à la décision finale : il venait de perdre sa gardienne. Tout s’était passé si vite. En même pas cinq minutes. Il en fut un peu éberlué au départ, prêt à la rattraper pour lui demander de répéter. L’orage grondant sur des rythmes des bodhrán. Mais elle fila, gaie pour le laisser bête. Seul. Démuni. Face à son échec et sa bêtise qui lui sourit, railleuse. Encore même plus agacé et honteux sous les regards sur eux qui fuitaient de la salle non loin. C’en fut trop

Il s’ébouriffa les cheveux avec hargne. Prêt à se les retirer du crâne. Les poings se fermant pour se rouvrir sans période ni relaxation. Juste frustré et incroyablement énervé qu’il se doive de garder sa langue le brûlant de grossièretés face au culot d’Ollivander. Pour l’occuper il la passa lentement sur ses lèvres. Que faire maintenant ? Reconvoquer la blonde ? Non. Elle avait fait son choix. Baronne des baguettes qu’elle pouvait s’enfoncer là où il pensait avec ses jérémiades et sa chorale de merde. En vérité, extrêmement touché par les lames de ses mots ayant percuté avec justesse les coutures de son épiderme à jamais fragilisées. La marée se fracassant sur la falaise pour retirer dans son recul la moindre possibilité de maturité de réaction que son envie de victoire pouvait invoquer.

« Casse-couilles, maugréa-t-il entre ses dents serrées. »

Et puis merde ! Ses bras retombèrent le long de son corps avant qu’il ne décide finalement d’en enfoncer les mains dans ses poches. Lorgnant avec dégout l’endroit où s’était échappée la traitresse. Il venait de lui dire que ça lui tenait à cœur non ? A croire que lui devait se plier aux exigences de Madame mais sa volonté à lui c’était poubelle, c’est ça ? Tout ça pour des putains de vocalises, en plus.

« Dites-moi que je rêve… »

Rage dans le cœur, il tourna les talons et emboita le chemin loin de ces foutus cachots qui empestaient l’humidité. Non, il ne se rendrait pas dans ce cours de merde. Pas aussi proche d’une lâcheuse. Elle empoisonnait déjà du couloir son air. Il cracha simplement  en route :

« Elle sait quoi ? Des milliers de gens voudraient sa place. Alors merde, le monde va pas s’arrêter pour Madame ! »

Ce qui en soit n’était pas faux. Après il avait aussi pleinement conscience – et redouterait surement le soir-même, quand la colère serait retombée – que le niveau de la future recrue ne serait clairement pas à l’équivalence. Mais il ne voulait pas s’arrêter sur ce point. L’égo mis à mal. Il ne donnerait pas le plaisir de satisfaire miss Sang-Pur qui faisait du boudin, et irait assumer. Voire entrainer personnellement le futur nouveau gardien s’il le fallait. Promesse de ne quémander derrière l’autre fêlée à lui-même. Le mépris lové dans la gorge pour se protéger alors qu’au fond, elle avait su – même s’il ne le reconnaitrait pas ouvertement - le blesser.


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